L'interview politique : Sébastien Chenu, porte-parole du RN
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
RMC, la matinale week-end, l'interview politique. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur.
Débutaire Rassemblement National sortant dans le Nord, vous êtes ce matin dans votre circonscription, vous faites campagne pour votre réélection, mais c'est en tant que porte-parole du Rassemblement National que nous souhaitions vous entendre. Sébastien Chenu, le climat de cette campagne d'abord, l'ancien ministre Jean-Michel Blanquer asperger de mousse, un candidat NUPES menacé, Marine Le Pen qui évite de peu un jet d'œuf, aucun candidat, aucun parti n'est épargné. Vous avez raison, j'ai d'ailleurs communiqué hier à ce sujet en disant que le degré de violence dans notre pays était évidemment alarmant, qu'il était compliqué de porter des idées, quelle que soit d'ailleurs la bannière sur laquelle on se plaçait à l'occasion de ces élections législatives, et que nous attendions aussi du gouvernement qu'il permette que la démocratie s'exprime pleinement, librement, dans ce pays, sans que des candidats soient sous tension.
Moi je condamne toutes les formes de violence, qu'elles touchent tout le monde, mais malheureusement nous n'entendons là encore pas beaucoup Gérald Darmanin, il faut dire qu'il est bien silencieux depuis le stade de France, il est bien peu flamboyant ce ministre de l'Intérieur, nous ne l'entendons pas beaucoup pour garantir aux candidats la possibilité de porter leurs idées de façon tout à fait sereine. Comment vous expliquez cette violence verbale et physique ? Vous savez nous le sommes dans, notre société s'est habituée peu à peu à une certaine violence, parce qu'il y a une certaine forme de laxisme qui préside désormais à ce qui se passe dans la société française, les voyous sont en toute impunité dehors dès qu'ils sont interpellés.
Sébastien Chélu pour Jean-Michel Blanquer c'était des enseignants, pas des voyous qui étaient à l'origine de ce fait. Oui mais enfin ce sont des comportements de voyous, à partir du moment où il n'y a pas de sanction à toute la voyoucratie qui s'exprime en France, et bien il y a des gens qui a priori sont censés éduquer nos enfants et donc avoir la tête sur les épaules, qui reprennent et qui ont des méthodes de voyou. A partir du moment où une société ne sait pas sanctionner ceux qui se comportent mal, et bien on ouvre la porte à d'autres types de comportements vis-à-vis de gens qui a priori ne devraient pas se comporter ainsi.
Donc effectivement le laxisme entraîne le laxisme, et comme l'absence de réponse pénale au laxisme en France depuis longtemps est la règle, et bien il ne faut pas s'étonner qu'à un moment ou à un autre des gens se considèrent eux aussi capables de franchir les limites de l'inacceptable. Est-ce que le rassemblement ne jette pas de l'huile sur le feu depuis des années avec son discours anti-système justement ? Non, vous savez nous nous dénonçons depuis des années, nous avons je pense contribué à ouvrir les yeux, non seulement évidemment de nos compatriotes, mais aussi d'un système politique totalement dans le déni, et on l'a vu, ce n'est pas fini.
Quand Gérald Darmanin dit que ce sont des britanniques ou des faux billets qui sont la cause des violences du stade de France, il est dans le déni, il ment aux français. Alors oui le rassemblement national sera toujours là pour dire la réalité, pour dire ce que nous voyons, pour dénoncer, et surtout pour y apporter des solutions. Et je crois que les français de plus en plus nombreux à nous rejoindre, on l'a encore vu aux dernières élections présidentielles, sont très conscients de cette réalité.
Il n'y a plus que ce système en fait qui n'est pas conscient ou qui refuse de voir la réalité en face. Ils sont les derniers à ouvrir les yeux. Depuis le début de cette interview, vous attaquez beaucoup Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, vous demandez même sa démission.
C'est ça votre angle d'attaque pour la campagne des législatives ? Non, notre angle d'attaque pour la campagne des législatives, c'est le même que l'élection présidentielle. C'est d'abord le pouvoir d'achat des français qui lui est attaqué par les politiques qui ont été menées depuis un certain nombre d'années, en particulier par Emmanuel Macron.
Parce que les décisions politiques, elles ont des conséquences dans la vie quotidienne. Alors le gouvernement a pris des décisions, elles ont des conséquences dans la vie quotidienne des français. Lorsqu'ils sont à la pompe à essence, ce sont les décisions du gouvernement.
Lorsqu'ils achètent des produits de première nécessité, ce sont les décisions du gouvernement. Et puis bien évidemment, lorsqu'ils vont au stade de France, c'est un gouvernement qui n'est pas capable de les protéger. Donc vous voyez, dans le quotidien, nous vivons et répercutons ce que fait le gouvernement.
C'est donc la raison pour laquelle nous nous disons aux français, allez voter aux élections législatives, aidez-nous à vous aider. Marine Le Pen prononcera un discours cet après-midi à Hénin-Beaumont pour cette campagne. Pourquoi a-t-elle t'entraîné à entrer en campagne, Marine Le Pen ?
Non mais vous savez, la campagne des législatives ne mobilise et n'intéresse finalement les français que depuis quelques semaines. Après, il a fallu digérer l'élection présidentielle. Mais surtout, il n'y avait en face personne sur le ring.
Le président de la République s'est planqué. Pas de son, pas d'image depuis son élection à l'élection présidentielle. Le président et le gouvernement n'ont pris aucune disposition sur le pouvoir d'achat des français.
Elisabeth Borne a déjà disparu. On n'a pas eu le temps de la connaître, qu'elle a déjà été totalement avalée. Elle était sur le terrain ce week-end, Elisabeth Borne.
Oui, une fois. Elisabeth Borne montre son museau une fois sur le terrain. Très bien.
Mais enfin, on attend d'un Premier ministre qu'il prenne des décisions. Et par exemple, le gouvernement a refusé de publier les comptes publics qui devaient être publiés avant le 1er juin. En fait, c'est l'esquive.
C'est sans arrêt avec Emmanuel Macron l'esquive totale. On ne parle plus de la retraite dans cette campagne législative parce qu'Emmanuel Macron n'a pas voulu en parler. On ne publie pas les comptes publics.
On ne prend pas de disposition sur le pouvoir d'achat des français. Ce gouvernement ne fait rien. Et donc, il attend d'essayer de passer entre les gouttes.
Nous, nous lui disons, vous ne passerez pas entre les gouttes. Vous aurez face à vous une opposition. Et on dit aux français que cette opposition soit la plus forte, la plus large, la plus déterminée possible avec le Rassemblement national.
Sébastien Chenu, est-ce que vous n'êtes pas phagocité par la NUPES, l'alliance à gauche dans cette campagne ? On entend beaucoup parler de Jean-Luc Mélenchon. Non, mais M.
Mélenchon fait un coup politique. Mais M. Mélenchon ne sera jamais Premier ministre.
Vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron ? Bien sûr, mais il sera peut-être éventuellement Premier mytho, mais jamais Premier ministre. Et je pense que les français ne veulent pas d'une gauche et d'une opposition qui soit pro-burkini, anti-flic, anti-nucléaire, liée à des antisémites comme Jérémy Corbyn.
Hier, les candidats d'extrême-gauche de Jean-Luc Mélenchon accueillaient Jérémy Corbyn à Paris, ce leader britannique, aux accents antisémites. Je pense que ce n'est pas la réponse à la question de notre société. Nous, nous avons des propositions sur le pouvoir d'achat.
Rien du côté Mélenchon. Des propositions contre l'avancée de l'islam radical dans notre société. Rien, puisque de l'autre côté Mélenchon en est le complice au minimum.
Des propositions sur la santé, rien. Des propositions contre la réforme des retraites. Parce que je vous rappelle que cette réforme des retraites, elle va taper dur.
Parce qu'Emmanuel Macron n'en dit pas un mot, mais ses alliés d'horizon proposent même qu'elle aille jusqu'à 67 ans. Il a quand même dit qu'elle entrerait en vigueur à l'été 2023. Oui, il a redit ce qu'il a dit pendant l'élection présidentielle.
Mais il ne nous dit pas qu'il fait élire des gens, qu'il veut faire élire des gens demain, qui veulent porter cette retraite, non plus à 65 ans, mais à 67 ans. Tous les amis d'Edouard Philippe, c'est dans leur programme. Donc nous nous disons qu'il faut des députés.
Quand vous avez moins de 15 députés, vous ne pouvez rien faire. Quand vous avez entre 15 et 150 députés, vous pouvez contrer Emmanuel Macron. Et on dit aux Français, aidez-nous à vous aider, envoyez 100 à 150 députés.
Et là, on va contrer Emmanuel Macron. J'allais vous poser la question, justement. Vous misez sur 100 à 150 députés dans 15 jours, dans 3 semaines ?
Oui, bien sûr, c'est tout à fait faisable. Ce vote utile, c'est-à-dire ne pas s'éparpiller dans des candidatures marginales ou des candidatures qui ne porteront pas, il est nécessaire. Si on veut avoir un bloc d'opposants qui ne soient pas des opposants pro-burkini et anti-flics, des opposants qui soient pour le pouvoir d'achat, des opposants qui soient pour la sécurité, eh bien c'est tout à fait faisable.
Je crois même que nous avons une chance historique d'entrer en grand nombre à l'Assemblée nationale, comme nous avons eu un résultat historique à l'élection présidentielle avec Marine Le Pen. Bon, ce n'est pas ce que disait Sondage, qui vous crédite de 20 à 65 sièges. Mais avec quel genre de personnalité vous voulez faire mentir ces sondages ?
On a l'impression que plus personne ne veut être député au RN. Écoutez, nous avons 577 candidats. On nous a fait même le reproche de mettre des candidats partout.
Un petit peu moins, 575, je crois, candidats. Nous avons à la fois des sortants, je vais vous épargner de les citer pour ne pas vous mettre dans la difficulté vis-à-vis de la législation. C'est gentil.
Nous avons surtout beaucoup de candidats qui sont implantés, qui sont des hommes et des femmes, qui sont conseillers régionaux, conseillers municipaux dans leur commune, des hommes et des femmes qui font de la politique parce qu'ils croient en des idées et parce qu'ils ne veulent pas laisser les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron. Et je peux vous dire que sur le terrain, nos élus sont désormais reconnus, sont désormais écoutés, sont désormais capables de porter un message politique et bien souvent bien plus implantés que les députés en marche. Louis Alliot, Ludovic Pajot ont chacun privilégié leur mandat de maire.
Gilbert Collard, qui était devenu député européen en 2020 avant de rejoindre Éric Zemmour. Les candidats qui se présentent aujourd'hui, on ne les connaît pas finalement. Si, d'ailleurs vous en connaissez un certain nombre.
Vous en avez déjà un devant vous. En tous les cas, moi qui suis en train de vous parler, je suis moi-même candidat. Donc vous voyez, vous en connaissez un certain nombre.
Mais surtout...
Mais la question que je vous posais, c'est est-ce que Marine Le Pen n'a pas échoué à ancrer localement ce parti ? Je ne crois pas du tout parce que c'est notre responsabilité que de faire monter une nouvelle génération. Vous savez, nous on a toujours fait lire par exemple les plus jeunes députés, les plus jeunes maires, les plus jeunes sénateurs.
Et là encore, on présente les plus jeunes candidats. Mais surtout, on a beaucoup de candidats, moi je le vois dans le Nord, qui étaient déjà là il y a cinq ans, qui retournent à la bataille dans un certain nombre de circonscriptions et qui vont gagner cette bataille parce que justement, ils se sont implantés. Je peux vous citer quelques noms, mais tous nos porte-parole sont candidats, par exemple.
Tous les porte-parole que vous avez vues sur les plateaux télé pendant les élections présidentielles sont candidats pour devenir députés. Revenons sur les annonces d'Emmanuel Macron hier dans la presse quotidienne régionale. Le Conseil national de la refondation, vous y participeriez si vous étiez convié ?
Non mais écoutez, je ne sais pas ce que c'est que ça. Pour être très honnête, moi je connais les institutions de mon pays. Et là, ce que je vois d'Emmanuel Macron qui nous dit « j'ai une nouvelle méthode », c'est en fait « j'ai une nouvelle arnaque » pour contourner justement une Assemblée nationale dans laquelle vont entrer bon nombre de députés Rassemblement national.
En fait, c'est ça qui est en train de se passer. Emmanuel Macron est en train d'essayer de se dire qu'à partir du moment où il voit des députés Rassemblement national arriver, il y a urgence pour lui de contourner le Parlement en créant des bidules et des machins. On a vu déjà ce que ça avait donné lorsque, sur le climat, ou les consultations des Gilets jaunes avaient été menées.
Rien du tout n'en est sorti. Ce n'est pas nous qui le disons d'ailleurs, ce sont les acteurs principaux de ces instances qui le disent. Et donc Emmanuel Macron essaye d'arnaquer les Français.
Un mot sur l'urgence climatique, c'est le débat de la matinée sur RMC. Est-ce qu'il faut des mesures radicales pour lutter contre le dérèglement climatique ? Sébastien Chenu.
Il faut surtout des mesures de bon sens. Il faut arrêter, un, de culpabiliser les Français. La France n'est pas mal placée en ce qui concerne le dérèglement climatique.
Elle n'est pas un acteur majeur du dérèglement climatique. Il faut des mesures de bon sens. Il faut aller dans des mesures d'avenir, comme l'hydrogène, on l'a déjà dit.
Des mesures de bon sens en arrêtant les éoliennes. Et puis des mesures qui nous rendent indépendants, de façon à ce qu'on ne soit pas nous-mêmes, les Français, les premières victimes des décisions qu'on prendrait en termes de protection du climat ou d'indépendance énergétique. Donc des mesures de bon sens qui nous rendent indépendants et qui permettent de voir l'avenir dans des mesures d'avenir, comme l'hydrogène.
Merci Sébastien Chenu, je rappelle que vous êtes porte-parole du Rassemblement National. Bonne journée.