Gabriel Attal : "Les syndicats étudiants vont rencontrer la ministre Frédérique Vidal lundi"
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Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Merci de nous être fidèles semaine après semaine. Notre invité ce dimanche, il n'a pas 30 ans et c'est l'un des visages qui comptent dans le nouveau paysage politique. Il est député des Hauts-de-Seine, porte-parole de La République En Marche. Gabriel Attal viendra nous rejoindre dans un instant. Vos questions, vos remarques, vos commentaires sont les bienvenus sur Facebook Live ou sur Twitter. Vous connaissez le mot-clé, Question Paul. Et avec moi en studio l'équipe du dimanche, Jeff Vittenberg de France Télévisions. Bonjour Jeff. Bonjour Ali.
Françoise Fressoz du journal Le Monde, bonjour Françoise. Bonjour Ali. Et Karine Becker de France Inter. Salut Karine. Salut. On va démarrer avec le tour de table traditionnel. Qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine Jeff ? Et bien ce qui a retenu mon attention cette semaine, ce sont les relations compliquées décidément
qu'entretient Emmanuel Macron avec les journalistes qui sont chargés de le suivre. Je résume, mardi soir, grande première, le président reçoit ou plutôt est reçu car ce sont bien les journalistes qui l'invitent dans un restaurant parisien pour une rencontre, en fait, une conférence de presse qui ne dit pas son nom. Emmanuel Macron répond sans notes, sans micro, mais il faut le dire aussi sans esquive, a toute une batterie de questions sur les sujets du moment, un ton sérieux, précis, peu de confidence. Même pour évoquer le rôle de son épouse, on est loin de l'exercice version François Hollande, volubile, friand de bons mots.
C'est disons plus austère, mais bon, chacun repart muni de pas mal d'informations pour nourrir ses lecteurs, et c'est déjà pas mal. Mais, mercredi matin, changement de pied complet, nous apprenons, une information en apparence anodine, que la salle de presse installée dans la cour de l'Elysée va déménager dans la rue d'à côté, officiellement pour des raisons pratiques, mais dans les faits parce qu'Emmanuel Macron ne veut plus que des journalistes, ceux des agences de presse, en l'occurrence qui ont leurs bureaux, qui sont à demeure, puissent surveiller les allées et venues dans la cour d'honneur.
Protestation des journalistes, réponse d'une attachée de presse de l'Elysée, c'est la fin d'un privilège. Un privilège, je le précise, qui existait depuis Valéry Giscard d'Estaing. Et pourtant, comme le racontaient par exemple Hervé Asquin et Sabine Vibault, les correspondants de l'AFP à l'Elysée sous François Hollande, être dans le palais, c'est constater une ambiance, un silence, un départ précipité du président, un jour d'attentat, un jour d'affaires Cahuzac ou de sortie de livres ravageurs, bref, c'est recueillir et donner de l'information.
Mais cette information-là, Ali, contrairement à celle de la rencontre avec la presse présidentielle mardi soir, elle n'est pas contrôlée et c'est la raison pour laquelle Emmanuel Macron n'en veut plus. Françoise ?
Eh bien, le fait de la semaine, c'est un homme pour moi. C'est Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, qui était un peu la vedette jeudi de l'émission politique sur France 2. C'est un personnage intéressant parce qu'il est à mon avis emblématique du moment politique que l'on vit. Jean-Michel Blanquer est moteur dans les réformes d'Emmanuel Macron. Maternelle, primaire, secondaire, réforme du bac, aucun sujet ne lui échappe et pour le moment, il agit sans faux pas, ce qui est quand même un exploit compte tenu du caractère éruptif du mammouth. Sa recette ? Il a une vision. Il connaît son sujet par cœur et il incarne une sorte de bon sens, comme le dit François Bayrou.
Bref, il fait de la politique. Mais en même temps, les Français ne le connaissent pas. Un Français sur deux est incapable de porter un jugement sur lui parce qu'il ne le connaît pas et l'émission dont il était la vedette n'a pas cartonné. Un million et demi de téléspectateurs, ce n'est pas beaucoup. Alors pourquoi ? Peut-être parce que Jean-Michel Blanquer manque d'aspérité, qu'il incarne jusqu'à la caricature ce gouvernement de gens raisonnables voulu par le Président de la République, lequel s'est acheté avec Jean-Michel Blanquer une paix royale. Pourquoi ? Parce qu'il veut rester cinq ans à son poste. Il ne guigne aucun poste.
Il veut faire la réforme de l'éducation nationale, alors qu'on comprend que ça facilite le management intra-gouvernemental et que tous les jours, Emmanuel Macron et Édouard Philippe se félicitent de l'avoir choisi. Carine ?
Ce qui a marqué la semaine aussi, c'est le petit dérapage de Laurent Wauquiez. Petit ? On va voir. Depuis janvier, quand même, ce Laurent Wauquiez nous avait fait quasiment une rentrée parfaite. J'ai envie de dire qu'il avait mille costumes de président du parti Les Républicains. Sur l'émission politique dont parlait à l'instant Françoise pour Blanquer, il l'a faite aussi. Laurent Wauquiez s'en était plutôt bien tiré. Sur le fond, en tout cas, il avait plutôt assuré. Et puis il avait même accessoirement gagné les deux législatives partielles, là récemment, au début du mois de février. Et puis là, crac !
Il intervient en fin de semaine devant des étudiants à Lyon et il se lâche à peu près sur tout le monde. Il se lâche sur Nicolas Sarkozy, il se lâche sur Gérald Darmanin, il se lâche évidemment sur Emmanuel Macron, etc. Alors, cette petite histoire révèle quand même sans doute le personnage. Pourquoi ? Parce que Laurent Wauquiez a donc demandé, au moment où il commence à s'exprimer devant ses étudiants, de ne surtout pas l'enregistrer. Et donc il a pensé que ça suffirait, qu'il suffisait qu'il dise qu'il ne fallait pas l'enregistrer pour que ça soit fait. Il a pensé que ces gens, que ces étudiants allaient évidemment l'écouter. Pourquoi ?
Parce que c'est lui, parce que c'est Laurent Wauquiez. C'est un politique, Laurent Wauquiez, qui est persuadé de sa supériorité, qui est persuadé de son autorité, qui est même jugé très autoritaire par son propre parti. Il a l'habitude que les élus, que ses adhérents, que ses courtisans, l'écoutent au doigt et à la lettre. Et donc, sauf que là, il était devant des étudiants et qu'il a fait là sans doute une erreur, oui, une erreur de débutant.
Merci Karine. Et pour lui, quel est le fait marquant de la semaine ? Le député des Hauts-de-Seine, porte-parole de La République En Marche, Gabriel Attal, s'installe dans le studio 221 de la maison de la radio. Bonjour à vous et bienvenue. Une heure ou presque pour mieux vous connaître. Vous êtes également pointe sur la réforme de l'accès à l'université. Beaucoup de sujets qu'on va aborder avec vous. Mais d'abord, qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité, Gabriel Attal ?
Forcément, l'adoption du projet de loi sur l'orientation et la réussite des étudiants, dont j'étais rapporteur, qui est une loi importante pour l'université, pour la réussite des étudiants, pour mieux orienter les jeunes au lycée, pour faciliter l'accès à l'université et puis pour mieux accompagner aussi dans le supérieur, pour réussir. Dans une université, aujourd'hui, on a 60% d'échecs en licence et donc il fallait réformer tout ça.
C'était vendredi. Vous étiez soutenu par le principal syndicat étudiant. Ça ne semble plus être le cas aujourd'hui. Vous allez nous expliquer pourquoi, mais ce sera juste après le zapping politique. Il est signé Laurence Perron.
Je fais ce que j'ai dit. Emmanuel Macron l'avait promis. Oust, les journalistes finissent la cour et le gravier de l'Elysée. Alors lui, il avait juré de tous les virer. Le président des Etats-Unis a sa prise de fonction. Alors il est là, la mèche rebelle, un Donald Trump qui refuse d'accepter une question du journaliste de CNN, journaliste qui proteste. Le président lui dit qu'il est le représentant d'une organisation de fake news. Finalement, il les a gardés à la Maison-Blanche comme quoi rien ne sert de crier, toujours sans tenir aux faits et non aux fakes. Dans le genre grosse colère, celle de Jean-Luc Mélenchon à la lecture du Monde qui s'est intéressé à ses dépenses de campagne.
Ne croyez pas que c'est un journal. C'est un parti politique. Ce n'est pas un journal, c'est un parti politique. Et la preuve, c'est le comportement politicien qu'il a. Parce que là, quand vous ouvrez les pages, alors il y en a pour Mme Le Pen et pour moi. Comme ça, vous voyez, pas un mot sur les comptes de M. Macron. Lui aussi, il a eu des dépenses qui n'ont pas été remboursées. J'ai fait la saison. L'ancée pointe, c'est pas l'hier.
Tiens, tiens, Marine Le Pen, le retour n'est pas seulement pour ses comptes de campagne, pour des règlements de comptes aussi, à l'heure où Florian Philippot lance officiellement son mouvement.
Je croyais que c'était déjà fait, moi. Il fait le lancement officiel.
C'est une menace pour le Front National, ce parti ou pas ?
Non, je crois pas du tout. C'est un mouvement qui a été morné. Je lui dis qu'il a commis une erreur, poussée par son orgueil et par son ambition.
Dans le genre petit meurtre, entre amis les insinuations concernant le peut-être futur patron du PS, Olivier Faure, obligé de se justifier sur son amitié avec Christophe Castaner et sur l'emploi de sa femme à l'Elysée.
S'il fallait reprendre François Rive Samen ou Stéphane Le Foll, vous pensez qu'ils n'ont pas d'amis chez Emmanuel Macron ? Donc ça, c'est ça, n'a aucun sens. J'ai aussi des amis chez les insoumis. Je vais même vous faire une confidence. J'ai même les amis d'extrême gauche et je vais vous faire une autre confidence. Je suis née dans une famille d'extrême droite.
Mais enfin, Marie-Thérèse, comment avez-vous pu rester cinq mois sans me dire la vérité ? Je voyais bien que votre ventre s'arrondissait. Mais madame, je vous jure. Marie-Thérèse, je ne jure pas, je vous en prie.
Mais madame...
Qui dit vrai ? Qui ment ? La nouvelle plainte contre le ministre des Comptes publics. Une femme accuse Gérald Darmanin d'avoir négocié des faveurs sexuelles en échange d'un logement. Dans la majorité, les bons soldats montent au front. Aurore Berger, porte-parole des députés La République En Marche.
Encore une fois, il n'y a pas de poids de mesure. Il y a une règle très claire qui a été dictée cet été par le Premier ministre qui est de dire que c'est la mise en examen qui prévaut. On passe du temps d'antenne là à commenter quoi ? À commenter une rumeur ? À commenter une plainte que je ne connais pas ? À commenter une affaire qui n'en est peut-être pas une ? Je ne sais pas. Marie-Thérèse, vous êtes bien allée au bal un soir ?
Mais non, madame, je vous jure, je vais jamais mieux. Il y a aussi le marcheur troublé. C'est le cas du député François-Michel Lambert.
Qu'il s'appelle Gérald Darmanin ou qu'il s'appelle n'importe qui que ce soit un député, que ce soit un ministre. Aujourd'hui, nous ne pouvons plus mentir à nos propres pères. Je serai derrière Gérald, évidemment, s'il confirme qu'il n'a rien à se reprocher. Parce que je pense que le précédent Cahuzac, il l'a bien en tête comme nous l'avons tous en tête. Nous ne pouvons plus mentir.
Alors on a envie de dire avec des amis comme ça, on n'a pas besoin d'ennemis.
Merci Laurence pour le zapping et pour la voix de Bachung, Gabriel Attal, qu'est-ce que vous retenez de ces images de la semaine ?
Écoutez, on a beaucoup parlé de mensonges et Karine Becker est revenue tout à l'heure sur l'enregistrement de l'envoqué. Je pense que c'est ça en termes de mensonges qui est important cette semaine. Pourquoi le mensonge ? Parce qu'on a un président d'un grand parti d'opposition qui assume de mentir quand il va sur les plateaux télé. C'est quand même ça. On entend, il s'est lâché, etc. Mais je veux dire, c'est quand même grave ce qu'il y a dans cet enregistrement. Il dit oui, quand je vais sur les plateaux télé, je mens. On n'attend pas ça du président du premier parti d'opposition.
Et il dit ensuite, c'est très grave aussi, il accuse Nicolas Sarkozy d'avoir mis en place un système d'écoute illicite de ses ministres. Moi, j'attends quand même qu'il nous explique un peu mieux ses propos, parce que là, on a eu un commentaire lapidaire. Soit il a mis en lumière un vrai système d'écoute illicite et à ce moment-là, il faut le dire. Soit il a diffamé Nicolas Sarkozy et à ce moment-là, il faut le dire aussi.
Il accuse également Emmanuel Macron d'avoir torpillé la candidature de François Fillon.
Oui, oui, c'est pas nouveau. On avait entendu déjà ce type de propos de la part de certaines personnalités des Républicains. C'est la théorie du complot en permanence pour essayer de se dédouaner d'un certain nombre de choses. C'est pas au niveau. Je veux dire, il y a un ramassis de bêtises là-dedans. Mais il y a des choses graves quand même. Et moi, je trouve que Laurent Wauquiez doit s'expliquer que pour l'instant, il l'a pas fait.
Vous ne vous dites pas, ah si les politiques parlaient enfin vraiment comme ils parlent en off, quand ils parlent quand les caméras ne sont pas allumées et les micros fermés ? Mais c'est ce qu'on fait.
Enfin, je veux dire, c'est aussi quand les... Mais ça ne vous est jamais arrivé d'entendre des propos plus outranciers hors micro ? Ça ne vous est jamais arrivé d'entendre ou de dire des propos plus outranciers que lorsque les micros sont allumés ? Attendez, qu'on se lâche hors micro, comme a dit Karine Bécard, qu'on ait un mot un peu maladroit, un peu vulgaire, ça peut arriver, on est des hommes et des femmes comme les autres.
Qu'on ait des propos comme ça, d'assumer de mentir sur les plateaux télé quand on est le président du premier parti d'opposition, qu'on accuse un ancien président de la République d'avoir mis en place un système d'écoute illicite ou alors qu'on le dit femme, on n'est pas dans des petits propos outranciers. Non, il faut assumer. Il faut assumer qu'il assume et qu'il s'explique sur ses propos. En tout cas, c'est quand même une bonne nouvelle pour La République En Marche et pour le président parce qu'il commençait à finalement prendre un peu ses aires, trouver vraiment ses marques, leur invoquer, il devenait dangereux peut-être même pour Emmanuel Macron. Donc ça le remet à sa place ?
Ce n'est pas une bonne nouvelle parce que ce n'est pas une bonne nouvelle pour la classe politique d'une manière générale. Parce que ça jette le soupçon et ça laisse penser que les gens vont mentir sur les plateaux télé, qu'on s'attaque, qu'il faut peut-être un peu redescendre d'un cran.
Mais est-ce qu'il n'y a pas d'un côté le loup et l'agneau et vous vous présentez comme on ne ment jamais, on est authentique, on est bien ? Est-ce que vous pouvez vraiment assurer que vous n'avez jamais menti ?
Écoutez, moi je ne mens pas. Ça peut arrêter de se tromper sur une date, sur un mot. Je ne mens pas. J'essaye de dire les choses quand même assez clairement. Je fais attention quand même à ma manière de m'exprimer aussi. C'est normal quand on est sur une radio, sur une télévision. Mais ce qui est sûr... On dit toujours le fond de votre pensée, c'est ça la question. Oui, bien sûr. Mais ce qui est sûr, c'est que La République En Marche, on a quand même procédé à un renouvellement très important des responsables politiques. Vous regardez aujourd'hui à l'Assemblée nationale, dans notre groupe, on est 312, il n'y a que 24 anciens députés.
Tout le reste, du renouvellement, c'est des personnes qui n'avaient pas été parlementaires avant. Forcément, ça amène aussi un peu de fraîcheur et un peu de nouveauté.
Vous êtes aussi des professionnels des éléments de langage et de la langue de bois. On va y venir parce que ça fait partie aussi de la manière de s'exprimer de ce groupe, La République En Marche, à l'Assemblée et ailleurs. Mais d'abord, votre portrait, Gabriel Attal, il est signé Karine Bécard.
Gabriel Attal, quand vous avez été élu député en juin dernier, dites-moi si je me trompe, mais vous avez tout de suite affirmé et cela avait l'air assez spontané d'Emmanuel Macron les 30 prochaines années à faire de la politique. Je confirme. Alors, les 30 prochaines années, peut-être, mais si vous acceptez de regarder un instant en arrière, vous lui avez tout de même déjà consacré les six dernières. Parce qu'à peine sorti de Sciences Po, Gabriel Attal, où êtes-vous allé ? Directement à l'Assemblée. Et c'est exactement ce que vous vouliez. Vous aviez 22 ans. Marisol Touraine, députée Strauss-Kanienne, future ministre de la Santé, vous a gentiment pris sous son aile.
Elle vous a gardé à l'époque lors de la précédente campagne présidentielle et puis vous êtes restée pendant cinq ans attachée à son cabinet ministériel. La preuve, avec un tel parcours, d'abord socialiste donc et désormais macroniste, que vous avez toujours voulu faire de la politique et devenir députée, Gabriel Attal, eh bien vous en rêviez. C'est amusant, vous savez, de vous observer dans l'hémicycle. Vous avez le sens de la réplique. Vous connaissez, à 28 ans, bientôt 29, assez bien vos dossiers. Et contrairement à d'autres, dans la majorité, vous êtes plutôt médiatique.
Pas étonnant finalement que le conseiller municipal de Venve, ce que vous êtes également, vienne d'être nommé porte-parole du mouvement La République En Marche. Simplement, si vous me permettez, vous vous méfierez de ne pas trop vite donner l'impression de cumuler les fonctions.
Réaction, commentaire, Gabriel Attal ?
Oui, moi, c'est sûr que dans le renouvellement qu'il y a à l'Assemblée nationale, il y a des personnes qui viennent de la société civile qui n'avaient jamais eu d'engagement politique et il y en a d'autres dont je fais partie qui avaient eu un engagement. Moi, j'ai toujours eu envie de m'engager. J'ai commencé au lycée, j'ai poursuivi pendant mes études, d'abord dans des associations, après en politique, j'ai rejoint le Parti socialiste qui était le parti le plus proche de mes idées et puis Emmanuel Macron a créé La République En Marche à l'époque et je les rejoins immédiatement dans les premiers jours de la création.
Mais du coup, quand vous dites voilà, je ne ferai pas 30 ans de politique, vous avez envie d'en faire quand même un petit peu longtemps. De toute façon, 30 ans maintenant, ce n'est plus possible mais vous auriez aimé que ça dure. C'est que là, j'ai envie de faire la politique, j'ai eu envie d'être député sinon je ne me serais pas présenté quand on sait à quel point une campagne est dure parce que j'ai envie de contribuer avec Emmanuel Macron au plan de transformation qu'il a proposé aux Français et pour lesquels les Français ont voté et j'ai envie de l'aider cumule des mandats dans le temps.
On va limiter ça à trois mandats et ça, c'est quelque chose de très important pour permettre le renouvellement. Et ensuite, parce que personnellement, je n'ai pas envie. Comme vous l'avez dit, j'ai eu d'une expérience politique avant, j'en ai vu des élus qui étaient là depuis 20, 30, 40, 50 ans parfois en politique et honnêtement, ça ne me fait pas envie. Vraiment pas.
Dont celui à qui vous avez succédé d'ailleurs à l'Assemblée puisque c'était André Santini qui était l'élu de votre circonscription depuis 30 ans quand vous l'avez remplacé ou quand vous l'avez succédé. Il est toujours maire d'ici les Moulineaux. Françoise Fresseuse.
On vous dit j'ai envie de transformer le pays mais est-ce que vous êtes vraiment armé pour le transformer ? Nous, on a l'impression en tant qu'observateur que tout se passe dans l'exécutif, gouvernement et qu'au fond au Parlement vous êtes un peu réduit au rôle de Godillot. Il faut dire que tout ce qui fait le gouvernement est bien.
Gabrielle Attal. C'est un débat qu'on entend quand même depuis un certain nombre de mois. On l'a entendu tout de suite après notre élection. Je pense que c'est parce qu'il y a un changement de paradigme et qu'il y a un changement de la manière de faire. C'est vrai qu'aujourd'hui en tant que député de la majorité on travaille beaucoup avec le gouvernement en amont de la présentation des textes à l'Assemblée nationale. Vous aviez été habitué en tant qu'observateur politique à voir de la fronde, à voir des chamailleries dans l'hémicycle à côté de l'hémicycle sur tel ou tel amendement tel ou tel article. Nous, parce qu'on veut être efficace on travaille en amont avec le gouvernement.
On prépare l'arrivée des textes au Parlement. Donc forcément ça change aussi votre manière d'observer les choses. D'accord, mais vous êtes un peu coincé quand même parce que vous lui devez tout Emmanuel Macron. Vos investitures, votre élection. Résultat, vous êtes un peu... C'est compliqué de contester. Le sujet, c'est pas qu'on doit tout à une personne. C'est qu'on doit tout aux électeurs qui nous ont fait confiance. Et pourquoi moi j'ai été élu à Issy-les-Moulinots avant, à Boulogne, à Meudon ? Pourquoi est-ce que les électeurs ont voté pour moi ? Parce qu'ils voulaient des députés macronistes. Parce qu'ils voulaient qu'on applique le programme du président de la République.
Gabriel Abdel, moi j'ai lu dans le journal Le Monde, cher François, que vous faites partie d'un petit groupe de députés qui forment un peu la garde avancée d'Emmanuel Macron à l'Assemblée qui ne dépendent que de lui, qui ne rendent de compte qu'à lui-même. Est-ce que vous confirmez cela ? Est-ce que vous avez un rapport privilégié avec le président ? Vous pouvez nous le dire. Il n'y a pas de garde avancée d'Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale. La garde avancée, c'est 312 députés. Mais les journées parlent des commandos, de snipers, et à chaque fois
on vous retrouve dans ces portraits ou dans ces gestions politiques. Vous confirmez cet accès privilégié ?
Non, il n'y a pas d'accès privilégié. Ce qui est certain, c'est qu'on est quelques députés à aller davantage peut-être dans les médias que les autres parce qu'assez tôt on s'est sentis plus à l'aise pour le faire. Ça ne veut pas dire qu'on a un accès privilégié ou qu'on est privilégié d'une quelconque manière que ce soit. Et moi ce que je souhaite et ce que j'observe, c'est qu'il n'y a plus de relations avec Emmanuel Macron. Vous pouvez nous dire juste l'état de vos relations avec le Président. Laissez-le répondre. L'état de mes relations avec le Président. Je suis député. Je suis chef de file de La République En Marche pour la commission Culture et Éducation. On y reviendra peut-être.
À ce titre-là, je suis membre du bureau du groupe à l'Assemblée et maintenant je suis porte-parole de La République En Marche. À ce titre-là, forcément, il y a des réunions de travail, il y a une réunion avec ma commission à laquelle j'étais, à laquelle on a échangé. Il y a des réunions où on peut le rencontrer à échanger avec lui. C'est dans ce cadre-là que les choses se font.
Il n'y a pas si longtemps que vous étiez au Parti Socialiste, vous étiez au cabinet de Marisol Touraine. Qu'est-ce qu'il reste de votre engagement au PS ? Est-ce que vous pourriez vous dire aujourd'hui encore de gauche ?
Oui, moi je viens de la gauche et je n'ai absolument aucun problème avec ça. Vous savez, moi j'étais au PS. Encore une fois, c'était le mouvement le plus proche de mes idées. Mais j'ai toujours considéré que les grands partis de gouvernement, comme on dit, les Républicains, avant l'UMP, le RPR, le Parti Socialiste, ils ont été créés à un moment qui n'est pas du tout celui dans lequel on vit aujourd'hui. Quand ils ont été créés, on ne se posait pas la question de la transition numérique et de son impact sur le monde du travail. On ne se posait pas la question de la lutte contre le réchauffement climatique et de la protection de l'environnement.
On ne se posait pas la question de la lutte contre le terrorisme comme on se la pose aujourd'hui. Des flux migratoires comme on se la pose aujourd'hui. Et tous ces nouveaux enjeux, ils appellent des nouvelles réponses qui ne peuvent pas être cantonnés dans un parti ou dans un autre. destinés à mourir. Non, je ne dis pas ça. En tout cas, moi, je ne souhaite pas qu'ils meurent. Moi, je souhaite pour la démocratie qu'on ait quand même des partis républicains qui soient suffisamment forts pour proposer une alternative et pour faire des propositions dans le débat public. Olivier Faure ferait un bon patron du PS ? Moi, je ne porte pas de jugement. Je ne sais très bien comment.
Il n'y a pas si longtemps, vous étiez engagé dans ces batailles. Je ne porte pas de jugement. C'est aux militants du PS dont je ne fais plus partie de décider qui sera leur nouveau chef. Françoise ?
Il y a un projet de loi en ce moment Est-ce que vous sentez à cette occasion ressurgir un peu tout le passé des députés, d'anciens députés socialistes qui se sentent mal à l'aise ? Et vous-même, est-ce que vous êtes en porte-à-faux avec ce texte ?
Non. D'abord, la première chose que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas de texte pour l'instant puisqu'il sera en Conseil des ministres le 21 février. Mais il y a une ligne qui a été donnée par le gouvernement et moi, je n'ai pas de difficultés avec cette ligne pour peu qu'on l'explique bien et qu'on la développe dans l'ensemble de ces dimensions. La ligne, c'est quoi ? En tout cas, moi, ce que je crois, c'est quoi ? C'est de dire que, d'abord, les migrations, les flux migratoires, c'est un fait. On ne peut pas être considéré qu'on peut les voir disparaître ou les mettre sous le tapis. C'est un fait.
Il y a des perturbations dans le monde entier et forcément, il y a des mouvements de population. À partir de là, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut regarder ce qui se passe pour la France. 100 000 personnes qui demandent l'asile en 2017, c'est deux fois plus qu'il y a 7 ans. C'était 50 000 avant. Et donc, il faut rendre à l'évidence, il faut avoir un constat qui est de dire qu'on ne peut pas accueillir tout le monde. Et ça, peut-être que des gouvernements précédents ont refusé de le dire. Peut-être que des majorités précédentes ont refusé de le dire qu'il y a eu une hypocrisie. Mais si on voulait accueillir tout le monde, il faudra créer une ville supplémentaire en France chaque année.
100 000 personnes. Donc il faut des quotas ? Non. Donc il faut se donner des priorités. Il faut fixer une ligne. Et la ligne, elle a été fixée par Emmanuel Macron qui est de dire que tous ceux qui fuient la guerre et les persécutions, les réfugiés, on les accueille, mais non seulement on les accueille, mais on les intègre. Parce que la réalité, c'est que jusqu'à maintenant, personne ne peut nier cette réalité. La France échouait partout. On échouait à intégrer et à accueillir les réfugiés. On échouait à donner des conditions d'accueil dignes aux migrants qui ne sont pas des réfugiés parce qu'ils ont le droit au ciel de la dignité. Et moi, c'est quelque chose sur lequel je veux insister.
On échouait à faire ça et on échouait à éloigner ceux qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire. Et on laissait tout ça dans une espèce d'hypocrisie avec des situations dramatiques, individuelles qui sont inacceptables. Aucun état d'âme,
Gabriel Attal, aucun état d'âme lorsque vous voyez des migrants triés dans des centres d'hébergement d'urgence. Aucun état d'âme lorsque vous voyez des CRS ou des policiers déchirés des matelas, des tentes, des sacs de couchage. Vous n'avez aucun sentiment, aucun état d'âme.
Moi, je vais vous dire, on peut prendre les sujets les uns après les autres. Je pense qu'il faut être clair sur tous les sujets. D'abord, sur les centres d'hébergement, on peut revenir sur ce sujet-là dont on a parlé quand même beaucoup. Il n'y a pas de tri. Il y a une information qui est donnée. Ça, c'est le premier point. Chacun se fera à son avis les associations qui viennent en aide aux immigrés de l'île. Sur les accusations qu'il y a sur certains policiers, moi, je reste sur la ligne. Évidemment que c'est insupportable d'imaginer qu'il puisse y avoir des agressions sur des migrants. Mais ce n'est pas de l'imagination.
À chaque fois qu'il y a un fait qui est constaté, il faut saisir la justice. Vous savez, il y a un policier, je crois que c'était il y a six mois ou un an, qui a giflé un migrant. Ça a été documenté. Il y a la justice qui est passée et il y a eu une sanction très ferme qui a été prise. À chaque fois, il faut saisir la justice. En revanche, ce que je sais, c'est qu'il n'y a absolument pas de demande d'aller pourchasser les migrants avec ce type d'acte. Ça n'est pas vrai. On ne demande pas.
Mais les associations délirent la CIMAD, Médecins sans frontières, Médecins du monde, toutes les autres. Elles délirent lorsqu'elles sont révoltées par la manière dont sont traités ceux qui sont sur notre sol.
Je veux dire, les associations, elles sont dans leur rôle. Elles défendent aussi les droits des personnes qui arrivent sur notre sol. Moi, ce que je refuse, c'est l'instrumentalisation. C'est quand il y a un dérapage, quand il y a quelque chose d'inacceptable, on n'en fasse pas une généralité parce que ça n'est pas vrai. Il n'y a pas de... Ce qu'on demande aux policiers, mais à tous les acteurs de l'immigration et de l'intégration, c'est de la dignité. Et c'est pour ça qu'on crée d'ailleurs des places d'hébergement supplémentaires pour que l'ensemble des personnes qui arrivent sur le territoire, qu'elles soient réfugiées ou pas, on puisse les accueillir.
Parce que moi, je vais vous dire quelque chose. On fait beaucoup la distinction entre réfugiés et migrants. C'est normal parce qu'il y a un fait générateur au départ de la migration qui n'est pas le même. Mais moi, en tant que jeune de bientôt 29 ans, je ne peux pas en vouloir à un jeune africain de 29 ans d'où qu'il vienne de vouloir venir chercher une vie meilleure en Europe. Je ne peux pas lui en vouloir par principe. La vraie différence, c'est ça quand même, depuis quelques années. C'est qu'aujourd'hui, on a Internet, on a le numérique qui fait qu'où qu'on soit dans le monde, on voit qu'on peut accéder à une vie meilleure si on se déplace. Le sujet, c'est la dignité.
La question de François, c'était ce qui se passe à l'intérieur de la majorité. On sent bien quand même que dans votre majorité, de 312 députés, il y a quand même quelques états d'âme. Il y a ce fameux pôle social qui essaye de se faire entendre et notamment également sur cette loi droit d'asile, immigration, droit d'indique, immigration et intégration. Est-ce que vous vous sentez proche de la part de certains ?
Juste d'abord, je me permettrais de dire que c'est assez cocasse d'un côté nous dire qu'on est godillot, nous accuser d'être godillot et de l'autre, quand il y a des propositions ou qu'il y a des dissensions, il peut y en avoir sur un point ou un autre, nous accuser tout de suite d'être dans une espèce de fronde. En fait, il y a un juste milieu entre ça. C'est juste d'exercer son droit de parlementaire et de proposer et de poser des questions sur un certain nombre de fronde avec lesquelles on est en désaccord. Ce pôle social existe et je veux savoir ce que vous en pensez si vous vous sentez parfois proche d'eux quand même.
Moi, je vais vous dire, je ne considère pas avoir à être dans aucun club que ce soit au sein de La République En Marche. Je veux dire, la force de notre mouvement, ce pourquoi les Français ont voté, c'est justement parce qu'on a des personnes dont certaines viennent de la gauche, dont certaines viennent de la droite, dont certaines n'avaient jamais été engagées en politique, se disent, à un moment de notre histoire, on peut se retrousser les manches et travailler ensemble sur un socle de réformes sur lesquelles on s'est mis d'accord et sur lesquelles les Français ont voté. Donc, il n'y a pas affaire de club social, elle-gauche ou quoi que ce soit. Il y a des sensibilités
malgré tout qui s'expriment.
Mais il peut y avoir des sensibilités individuelles et on les exprime et on l'a fait. Je veux dire, on le fait sur chaque texte, sur chaque texte. Il y a des évolutions au parlementaire.
Très concrètement, vous dites, exerçons notre droite parlementaire, très concrètement, qu'est-ce qu'il faudrait améliorer dans le texte de Gérard Collomb ?
Encore une fois, le texte n'a pas été transmis à l'Assemblée nationale. Il n'est pas passé en Conseil des ministres. Donc, sur le côté textuel, moi, je ne peux pas vous dire ce qu'il faut améliorer. En revanche, ce qu'on va faire, c'est renforcer le volet intégration pour les réfugiés. Parce que, si on revient un peu sur ce que je disais tout à l'heure, on a aujourd'hui un vrai constat d'échec sur l'intégration des réfugiés en France. La réalité, c'est qu'on met en moyenne entre un an et demi et deux ans à traiter la demande d'asile des réfugiés. Mais la réalité, c'est qu'Aurélien Taché a eu un rapport à écrire sur l'intégration et qu'il est sans cesse, toutes les semaines, reportées.
Normalement, il doit l'être demain remis au Premier ministre, mais visiblement, on sent que chez Gérard Collomb, ça bloque un peu. Non, je pense qu'il veut bien ficeler son travail. Ça sera remis. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on puisse avancer dans cette direction. Moi, par exemple, je vais vous dire... Ça veut dire quoi ? Très concrètement, moi, je trouverais ça positif qu'on puisse permettre à des demandeurs d'asile qui n'ont pas encore le statut de réfugiés de commencer à travailler avec un permis de travail et de commencer à avoir des cours de français.
En moyenne, aujourd'hui, en France, un réfugié, il commence à avoir ses premiers cours de français deux ans et demi après son arrivée sur le territoire. Considérer que c'est normal que quelqu'un à qui on dit vous avez vocation à rester sur le territoire, on vous intègre, on attende deux ans et demi avant qu'il puisse commencer à avoir des cours de français. On a un volume horaire de cours de français qui est limité à 200 heures. 200 heures, c'est ce qu'on appelle le niveau A1. C'est se présenter, dire bonjour, je m'appelle Gabriel, je suis député. Voilà, c'est ça le niveau A1. En Allemagne, c'est 600 à 900 heures de cours d'allemand. Il faut avancer aussi là-dessus.
Donc, il faut qu'on prenne de l'avance. On va réduire les délais pour que la réponse sur le statut de réfugié soit donnée en six mois. Et moi, je pense que, en tout cas, pour un certain nombre de pays d'origine...
Et il y a le problème des Dubliners puisque celui qui est sur le sol français qui est entré dans l'Union européenne sur un autre territoire, on va devoir le renvoyer. Donc, votre proposition, c'est un vœu pieux pour tout cela, tous les Dubliners.
Écoutez, il y a la situation des Dubliners, elle est réglée au niveau, elle est gérée au niveau européen. Il y a un texte qui est passé dans l'hémicycle. On y reviendra dans le cadre de la loi Asile-Immigration sur un certain nombre de points. Tout ça, c'est quand même une politique cohérente. C'est ce sur quoi je veux insister. Et il ne faut pas mettre en avant, en permanence, un bout de ce qui a été annoncé. Il faut aussi regarder dans l'ensemble ce qu'on veut faire et ce qu'on va faire.
Est-ce que vous partagez le constat qu'Emmanuel Macron et le gouvernement vont dans ce sujet sans barrière parce qu'ils savent que l'opinion publique soutient ces mesures de fermeté par rapport aux migrants et que même s'il y a des associations de gauche critiques, ce n'est pas un problème. C'est ce qui avait été dit notamment lors de sa visite à Calais. Je vais vous dire, si Édouard Philippe et Emmanuel Macron avaient le né rivé sur les sondages et sur les opinions des uns et des autres sur telle ou telle mesure, il y a certaines mesures qu'on n'aurait peut-être pas prises parce qu'il fallait être courageux parce qu'elles vont dans le sens de l'intérêt général.
Les 80 km heure, par exemple, on ne les aurait pas prises si on ne pensait qu'au son âge. Mais vous savez que l'opinion publique approuve plutôt la politique de Gérard Collomb. Mais pourquoi l'opinion publique soutient cette politique parce qu'il y a un constat d'inefficacité et d'échec que j'ai développé tout à l'heure parce que l'opinion publique elle voit bien qu'on n'arrive pas à intégrer des réfugiés, qu'on n'arrive pas à traiter les demandes des migrants qui sont sur le territoire et qu'on laisse se développer des jungles et des gens qui errent sur le territoire, y compris pour eux, sans savoir ce qu'ils vont devenir.
Elle le voit et donc forcément elle soutient l'idée qu'il faut avancer et aller vers plus d'efficacité.
Le député La République En Marche est l'invité de France Inter du journal Le Monde et de France Info ce dimanche.
France Inter Alibadou Questions politiques
Et parmi les questions politiques et d'actualité Gabriel Attal, il y a évidemment celle qui se pose autour du service national et après une cacophonie gouvernementale, Françoise.
Oui, alors là on n'y comprend plus rien parce que c'est un projet qui est voulu par Emmanuel Macron et depuis qu'il l'a voulu on entend tout est son contraire au gouvernement. Est-ce que vous, vous pouvez nous vendre le projet qui va être réalisé ou pas ?
Gabriel Attal. C'est vrai qu'on sort là d'une période où il y a eu des expressions à la fois au gouvernement à l'Assemblée un peu diverses voire parfois divergentes sur ce sujet et moi j'ai envie de vous dire c'est normal. On est sur un bouleversement structurel, un changement sociétal tel que c'est normal qu'il y ait des idées qui arrivent de part et d'autre et qu'il y ait une réflexion collective. Ce qui est clair c'est qu'Emmanuel Macron a pris un engagement pendant la campagne présidentielle qui ne vous aura pas échappé que depuis qu'on est là il n'y a pas un seul engagement qui n'ait pas été tenu.
Et que c'est la ligne de conduite de l'Assemblée 0 SDF dans la rue 0 SDF dans la rue ça n'a pas été tenu il l'a reconnu lui-même. C'est un objectif c'était un objectif c'était pas une mesure c'était un objectif il l'a reconnu C'était prononcé au futur et non pas au conditionnel Il l'a reconnu lui-même qu'il avait tort Il l'a reconnu lui-même. Sur l'école on y reviendra peut-être sur l'université sur tous ces sujets-là il n'y a pas une chose qu'on fait qui ne soit pas un engagement d'Emmanuel Macron pendant la campagne. Emmanuel Macron pendant la campagne qu'est-ce qu'il a dit ?
Qu'il faut retrouver un moment collectif pour permettre à une classe d'âge de se retrouver d'avoir un peu de mixité sociale de cohésion générationnelle d'avoir un point de contact avec les armées parce que c'est important pour renforcer le lien armée-nation pour transmettre un certain nombre de valeurs de citoyenneté Il avait fixé ce service national un mois il avait donné une classe d'âge 18-21 ans et il avait donné un certain nombre de détails A partir de là je l'ai dit on est sur un bouleversement majeur donc forcément il faut du travail et donc il y a un groupe de travail qui a été mis en place par le gouvernement un groupe d'experts il n'y a pas de politique dedans c'est des gens du terrain qui viennent des armées qui viennent des politiques de jeunesse qui sont engagés
Alors dites-nous vos convictions
Est-ce que ça doit être obligatoire ? Il va remettre une proposition opérationnelle fin avril
Est-ce que vous pensez que ça doit être obligatoire et de quelle durée ?
Oui Je pense qu'il faut que ce soit obligatoire Je pense que la durée d'un mois qui avait été annoncée pendant la campagne est une durée qui me semble satisfaisante on peut aller plus loin Mais parce qu'on peut aller plus loin si on considère qu'on lui fixe d'autres objectifs Moi ça ne me choquerait pas Encore une fois les objectifs Moi ça fait une différence de plusieurs millions d'euros Gabriel Attal Donc c'est quand même des notions extrêmement précises dans lesquelles on a plutôt du flou Mais moi je vais vous dire je trouve ça très bien que le président de la République et que le gouvernement laissent la porte ouverte et laissent le plus de marge possible au groupe d'experts qui va travailler pour déterminer ce qui est la meilleure durée et ce qui est la meilleure organisation Parce qu'encore une fois l'objectif c'est la mixité sociale c'est le renforcement du lien armée-nation c'est aussi l'engagement je ne l'ai pas dit tout à l'heure et c'est quelque chose qui me tient à cœur Aujourd'hui vous regardez les jeunes c'est une classe d'âge qui veut s'engager toutes les études le montrent elle veut s'engager plus peut-être que d'autres catégories de la population Mais dans les militaires plus que dans le militaire Oui dans le civique dans l'associatif mais il faut que ce moment ça soit aussi une porte ouverte vers le service civique vers l'engagement associatif
On va laisser aussi parler Françoise Fresseuse qui voulait intervenir sur le sujet
Vous ne trouvez pas un peu curieux que l'armée qui est quand même le principal ministère concerné dise non non nous finalement on ne veut pas que ce soit obligatoire puis on a même l'impression que ça les gêne parce qu'au fond maintenant on est devenu une armée de métiers et que finalement c'est peut-être plus leur mission d'intégrer des jeunes dans l'engagement voulu par le président de la République
Gabriel Attal
Je ne crois pas Ce qui est sûr c'est qu'il y a eu une inquiétude budgétaire ça ce serait mentir que de le dire l'armée a dit on ne veut pas payer et ce qu'on comprend parce qu'il y a des investissements importants à faire pour l'armée et d'ailleurs on met l'argent pour le faire donc Emmanuel Macron s'est engagé est-ce que ce ne soit pas le ministère des armées qui soit mis à contribution en revanche moi je n'entends absolument pas des militaires l'idée de dire qu'ils n'ont pas de vocation à être au contact des jeunes et à les former adaptés qui fonctionnent très bien qui ont été mis en place par l'armée et qui tournent extrêmement bien donc il faut avancer Karine On a une situation financière aujourd'hui qui nous le permet parce que Jacques Chirac en 96 quand il l'abandonne c'est pour des raisons budgétaires on sait que notre situation financière elle est quand même compliquée et donc financièrement on peut l'assumer Moi je ne compare pas ce service national avec le service militaire tel qu'il existait au moment où il a été abandonné ce n'est pas les mêmes missions ce n'est pas les mêmes objectifs on n'a pas besoin Vous laissez entendre que ça peut être encadré par des militaires Je pense qu'il faut Oui je pense qu'il faut un point de contact alors avec les militaires moi à titre personnel je pense qu'on peut l'étendre à l'ensemble des corps en uniforme c'est-à-dire y compris les pompiers les gendarmes les policiers parce qu'ils ont aussi un rôle de soldats de la République sur le territoire l'uniforme c'est aussi un des premiers symboles républicains qu'on voit quand on se déplace et donc ça me semble important qu'il puisse y avoir ce contact mais il ne s'agit pas de former 800 000 jeunes par an à manier les armes ça n'aurait pas de sens on n'en a pas besoin donc encore une fois je ne vais pas redire les missions mais c'est mixité générationnelle Oui vous l'avez déjà dit Oui mais je le redis parce que c'est important il ne faut pas laisser de doute Et pas de dortoir mixte
Gérard Collomb disait qu'il n'y en aurait pas il était assis à votre place il y a quelques semaines
Gérard Collomb a plus d'informations
que moi alors Ah non c'est un désir en l'occurrence Votre souhait
Ça vous choquerait ou pas ? Qu'il y ait des dortoirs mixtes Bah oui c'est ça la question Je pense qu'on peut garder des dortoirs des dortoirs Non mais je vais vous dire Il n'avait pas pensé à la question Je vais vous dire Je n'ai pas de problème à m'exprimer Je ne veux juste pas donner le sentiment alors qu'il y a un groupe d'experts qui se met autour de la table pour justement travailler sur ces questions de le bypasser en donnant des informations Pardon Gabriel Attal Mais est-ce que vous vous avez changé de sujet ?
Oui non mais évaluer quand même ce qu'une coupure de 3 ou 6 mois va impliquer pour les jeunes et Emmanuel Macron en a parlé lui-même qui ont entamé un cursus universitaire est-ce qu'on ne va pas assister à ce qui se pratiquait jusqu'à la fin du service national dans les années 90 à des catégories de jeunes qui feront leur service parce qu'ils ne pourront pas faire autrement et puis d'autres qui ne voudront pas bousculer leurs études ou tout simplement qui n'en auront pas envie et qui se feront exemptés est-ce que ce risque-là ne va pas revenir comme il existait pendant des années des décennies ?
C'est justement l'idée et moi je reviens quand je parlais du constat d'Echtek sur le service militaire c'est celui-là c'est quand même qu'à la fin il y avait quand même beaucoup de gens qui s'en faisaient exemptés donc l'objectif de mixité sociale n'existait plus Mais pourquoi ça ne recommencerait pas ? Ça sera toujours une couture ?
Non, parce qu'on va mettre en place les choses de manière à ce qu'on n'en arrive pas à là vous dites interrompre leurs études on ne sait pas encore exactement à quel âge ça aura lieu on ne sait pas comment ça va être organisé par ailleurs ce qu'on essaye de développer beaucoup avec Frédéric Vidal on y reviendra peut-être c'est quand même l'idée qu'on peut valoriser dans le cadre de son cursus et de ses études des expériences qu'on a eues typiquement aujourd'hui quand on fait un service civique on a des expériences de terrain de compétences qui doivent pouvoir être valorisées dans le cadre de son cursus est-ce qu'avec ce service national on aura une valorisation possible dans le cadre de son cursus universitaire c'est possible moi je laisse toutes les portes ouvertes pour le groupe de travail
Gabriel Attal vous étiez aussi celui qui portait le projet de loi sur l'orientation des étudiants texte important qui donc a reçu l'ultime feu vert de l'Assemblée cette semaine c'était jeudi dernier il y avait le principal syndicat étudiant la FAGE qui vous soutenait et puis là tout à coup on découvre que ce syndicat là ne vous soutient plus qu'est-ce qui s'est passé pour que vous perdiez le soutien d'un élément essentiel de ceux qui vont porter ensuite la réforme
le premier syndicat étudiant la FAGE a annoncé son soutien très tôt à la réforme du gouvernement il a soutenu tout au long de son examen au Parlement pourquoi ? parce qu'on s'attaque à des sujets majeurs l'orientation l'accès à l'université la réussite à l'université en donnant enfin des parcours adaptés des accompagnements personnalisés pour permettre de réussir face à un constat d'échec on a 60 à 70% d'échec en licence ça c'est le constat mais qu'est-ce qui s'est passé ?
il y a eu une discussion entre l'Assemblée et le Sénat le Sénat a adopté un texte qu'il a modifié sur un certain nombre de points qu'il ne vous satisfaisait pas pour revenir dessus qu'il ne nous satisfaisait pas nous en tant que députés on a beaucoup travaillé ensemble avec le sénateur Jacques Gropérin qui était rapporteur au Sénat à qui je veux rendre hommage parce que sans tabou sans sectarisme vraiment on s'est mis autour de la table et on s'est dit comment faire pour on adopte un texte à l'Assemblée au Sénat en se mettant d'accord alors qu'on ne vient pas de partis ou de mouvements différents juste parce que c'est l'intérêt des jeunes et qu'aujourd'hui les jeunes qui sont en terminale ils ont juste envie
le syndicat qui représente justement les jeunes et les jeunes étudiants en l'occurrence vous avez perdu son soutien pourquoi ?
dans le cadre de ce texte de compromis il y a eu une évolution sur un article pour être très clair le Sénat avait adopté un article qui disait on va fixer les capacités d'accueil dans les universités en tenant compte de l'insertion professionnelle des différentes filières en fonction des débouchés d'emplois absolument nous on a dit qu'on n'était pas d'accord et que ça ne pouvait pas être le seul critère au moment où on s'interroge on dit qu'il y a des nouveaux métiers que les métiers de demain ne sont pas ceux d'aujourd'hui ça n'a aucun sens d'avoir un adéquationnisme entre la première année de licence et le marché du travail donc pourquoi vous avez lâché ? donc qu'est-ce qu'on a fait ?
on a modifié cet article on est arrivé à une solution de compromis on a rajouté dans les critères qui permettent de fixer les capacités d'accueil le choix des candidats le choix des terminales des lycéens qui veulent aller dans le supérieur et le choix des universités elles-mêmes parce que dans leur formation académique universitaire elles sont aussi les mieux à même de savoir comment anticiper la société de demain et quelle filière il faut privilégier
vous ne répondez pas à Françoise et en l'occurrence pourquoi avez-vous perdu le premier syndicat étudiant ?
c'est important d'expliquer les choses donc là j'en arrive à là et la FAGE le premier syndicat est inquiète parce qu'elle considère que dans l'article tel qu'il a été adopté il y a un critère même si ça n'est plus le seul qui est les débouchés professionnels ils vont rencontrer la ministre Frédéric Didal demain ils vont avoir un échange moi je souhaite qu'on puisse lever ses inquiétudes et je pense qu'on peut y arriver parce que pour l'instant il menace de se mobiliser quand même il menace de manifester encore une fois je pense qu'on peut arriver à lever ses inquiétudes et je pense que la ministre est pleinement vous citiez Jacques Grosperin le rapporteur au Sénat qui est membre des Républicains il a dit je le cite la sélection est une chance elle représente une solution juste et égalitaire profondément républicaine gage de réussite pour les étudiants est-ce que vous êtes d'accord avec ces propos et pourquoi les syndicats étudiants ne comprennent pas ce langage Gabriel Attal chacun est dans son rôle Jacques Grosperin il a aussi envie de montrer à ses troupes aux sénateurs que le texte de compromis qui a été trouvé correspond aussi à leurs attentes la réalité c'est que ça n'est pas on l'a dit suffisamment de fois ça n'est pas une réforme de sélection réforme de sélection c'est dire qu'on met un principe général qui est de dire que les universités
ça ne veut pas dire que d'autres n'ont pas le droit de l'utiliser il y a une réalité derrière
on ne dit pas aux universités vous fixez vos critères et vous allez choisir vos étudiants on ne fait pas ça on met en place des attendus qui permettent de voir si les jeunes ont les capacités le bagage suffisant pour réussir à l'université et s'ils ne respectent pas les attendus on ne leur dit pas par principe n'allez pas dans l'université en question on leur donne un accompagnement pédagogique c'est quand même ça le cœur et le sens de cette réforme mais on ne les reçoit pas dans l'université qu'ils souhaitaient donc c'est une forme de sélection le principe général c'est de dire que tout jeune poursuit dans l'université qu'ils souhaitent ensuite il y a la situation des filières en tension où il y a plus de candidats que de places pour ces filières là on crée des places supplémentaires 22 000 à la rentrée prochaine on met les moyens au rendez-vous on renforce l'information parce que ce qui se passe quand même beaucoup c'est que dans ces filières en tension vous avez des jeunes qui arrivent et qui ne s'étaient pas du tout préparés à ces filières là et qui ne pensaient pas que la maquette pédagogique était celle qu'on leur propose et donc on les informe mieux et puis dans le cas où il y aurait quand même plus de candidats que de places et bien les universités avec ces attendus pourront voir ceux qui ont le plus de chances de réussir qui ont été les mieux armés leur permettre de poursuivre et pour les autres pour tous les autres il y aura une contre-proposition qui sera faite la plus proche de leur souhait pour aussi leur permettre de réussir voilà ce que c'est cette réforme Françoise puis Karine
vous dites il va y avoir une rencontre avec le ministre et la Fage et elle va rassurer la Fage mais concrètement comment vous rassurer alors que le texte est bouclé ça veut dire que dans les circulaires d'application il y aura
un petit peu plus de nuances je ne vais pas déflorer Gabriel Attal je ne vais pas déflorer ces discussions là oui il peut y avoir un certain nombre de précisions dans le règlement il n'y a rien à cacher franchement vous pouvez nous dire
ce qui va être décidé
je pense qu'il y a des choses à redire sur les capacités d'accueil aucune capacité d'accueil ne baissera dans aucune université que ce soit dans les années qui viennent c'est un engagement qui est très fort qu'il faut rappeler il n'y aura pas de baisse de capacité d'accueil au contraire on les augmente on est quand même dans une réforme du lycée dans une réforme du bac dans une réforme on est en train de discuter de l'université est-ce que vous n'avez pas la crainte la peur que la moindre petite étincelle malgré tout enflamme tout embrasse tout moi je ne crois pas vous savez il y a beaucoup de tentatives d'instrumentalisation politique je l'ai suffisamment dit je pense notamment à la France Insoumise qui raconte n'importe quoi sur cette réforme qui essaye d'envoyer les jeunes dans la rue comme des pions
pourquoi instrumentalisation politique ils ne sont pas d'accord
ils mènent un combat contre vous non mais ils mentent je veux dire moi dans l'hémicycle j'ai passé mon temps à leur répondre je veux dire il y a des contre-vérités majeures qui sont avancées sur cette réforme il y a un discours encore une fois extrêmement négatif qui est mis dans la tête des jeunes je t'ai déjà dit moi j'étais à Lille en réunion publique j'étais face à un jeune insoumis de 16 ans qui m'a expliqué parce qu'il avait lu visiblement une fiche sur le sujet que l'université ne devait pas être un lieu d'excellence moi je pense que ça doit être un lieu d'excellence parce que l'université c'est justement l'endroit où tout le monde peut être accueilli et on ne peut pas réserver l'excellence à des grandes écoles voilà mais néanmoins même s'ils écoulent ce qu'on vous appelait des contre-vérités si les étudiants rembrandt le 22 mars est-ce que ce qui n'a pas pris à l'automne contre Emmanuel Macron contre les réformes ne pourrait pas éclore au printemps est-ce que la légitimité à réformer la France à grande vitesse cas à Emmanuel Macron est encore intacte je veux dire si on n'avait pas légitimité à réformer la France profondément et rapidement Emmanuel Macron ne serait pas à l'Elysée je ne serais pas devant vous aujourd'hui il y a eu les EHPAD il y a eu les gardiens de prison on sent que des choses bougent dans le pays on avance on réforme pour ce qui est des jeunes ils ne se sont pas mobilisés à l'automne dernier au moment où la réforme a été présentée la réforme qui a été adoptée reste dans la droite ligne je ne vois pas pourquoi ils se mobiliseraient parce que comme tous les français ils sont attachés à la justice et avec cette réforme on sort du tirage au sort qui est pour moi la forme la plus injuste de sélection justement à l'université voilà on sort de ça et on fait en sorte de valoriser l'orientation l'accompagnement et les compétences de chacun
Le porte-parole de la République en marche Gabriel Attal est notre invité
Question politique sur France Inter
Question de Françoise Fresseuse
Ce n'est pas votre spécialité mais vous êtes quand même un député influent sur la réforme de la SNCF où on voit que la CGT commence à se mobiliser vous conseilleriez plutôt au gouvernement d'y aller doucement ou d'appliquer le rapport Spinetta tel qu'il a été donné Il faut y aller juste
il faut y aller efficace il faut de l'efficacité moi ce que je pense c'est qu'il faut que les français en aient pour leur argent sur le ferroviaire et sur le service public du ferroviaire on a des subventions publiques qui sont extrêmement importantes 15 milliards d'euros je crois pour le ferroviaire en France elles ont augmenté de 25% depuis 10 ans est-ce que la qualité de service pour les français s'est améliorée ?
non parce qu'on met l'essentiel de l'argent sur des lignes TGV moi je suis élu avant va ici les Moulineaux avoir un TGV qui fonctionne ça me bat très bien mais juste en fait je ne suis pas représentatif à ce niveau-là parce qu'il y a quand même 4 millions de français dans ce pays qui prennent le train tous les jours pour leur quotidien pour aller bosser pour aller voir leur famille et ces trains-là il faut mettre le paquet dessus c'est quand même dingue qu'aujourd'hui quand vous faites Nantes-Bordeaux vous mettez une heure de plus qu'il y a 40 ans quand vous faites Limoges-Paris vous mettez une demi-heure de plus qu'il y a 40 ans et pourtant on a augmenté les moyens d'un quart comment est-ce qu'on l'explique ?
ça veut dire qu'il faut réformer il faut bouger ça il faut mettre le paquet sur la proximité sur les transports du quotidien sur les territoires et c'est ce qui est prévu
mais est-ce qu'il faut aller au bras de fer avec la solidité notamment sur le statut est-ce qu'il faut casser le statut de la SNCF pour faire ce que vous dites ?
il ne s'agit pas de casser quand on dit casser casser pour casser pour un espèce de totem non il s'agit de faire évoluer c'est ce qu'eux disent il s'agit d'adapter les règles d'aujourd'hui à l'évolution de la société il y a encore des règles qui restent à la SNCF qui datent de l'époque où on mettait du charbon dans la locomotive voilà il faut avancer on a déjà commencé à le faire il y a des réformes qui ont été engagées ces dernières années sur le sujet il faut continuer à avancer mais il ne s'agit pas de brutalité ou quoi que ce soit c'est juste être pragmatique et regarder quelle est la situation aujourd'hui et quelle est la réalité du travail aujourd'hui le pragmatisme de Cyril Spinetta c'est quand même de dire voilà on va desservir essentiellement les grandes métropoles on va éviter de continuer à utiliser ces lignes qui ne sont pas très rentables dans le monde rural en l'occurrence c'est votre conception vous l'ancien socialiste du service public par exemple moi je vais vous dire ça ne vous dérange pas je viens de vous dire qu'on veut justement mettre le paquet sur les transports du quotidien donc justement là on est aussi c'est au sein des métropoles non pas du tout c'est aussi au sein du monde rural il y a 1 milliard et demi d'euros qui vont être investis sur les lignes justement dans le rural les lignes de proximité pour moi la question n'est pas celle de la rentabilité que vous posez c'est la question de l'efficacité voilà comment on explique que sur certaines lignes de très grande proximité il y ait 30 passagers par jour voilà comment on l'explique et comment on y répond moi je ne pense pas que la réponse ce soit uniquement de les fermer ça peut être aussi je l'ai dit tout à l'heure de renforcer l'efficacité la rapidité ça peut être de renforcer le service qui est donné dans ces wagons parce que parfois quand même on comprend pourquoi certaines personnes décident de ne plus les utiliser tout ça il faut le regarder et il faut le regarder au niveau régional parce que ce n'est pas depuis Paris qu'on peut juger de l'efficacité et de l'utilité d'une ligne dans les territoires il faut confier ça aux régions avec l'état en local pour regarder et mettre à plat toutes ces mesures-là moi je voulais vous questionner sur un autre sujet dans lequel on dit plutôt que vous voulez revenir à la locomotive à vapeur c'est celui de l'audiovisuel public sur lequel vous êtes un spécialiste et où certains vous prêtent l'ambition de revenir à l'ORTF puisque vous allez nous expliquer la ministre de la culture a expliqué hier qu'elle voulait une présidence commune à Radio France et à France Télévisions notamment il faut rappeler qu'en 1974 lorsqu'ont été créées les différentes chaînes et Radio France c'était pour donner de l'indépendance aux différentes structures en quoi cette réforme va donner de l'indépendance est-ce que ce n'est pas tout simplement une reprise en main par le pouvoir de son audiovisuel Gabriel Attal il y a une réforme il y a une réforme majeure de l'audiovisuel à mener il ne s'agit pas de revenir sur l'indépendance de l'audiovisuel ça c'est un acquis et évidemment le sujet n'est pas là pourquoi une présidence commune expliquez-nous cela vous parliez tout à l'heure de locomotive à vapeur est-ce qu'on considère aujourd'hui que l'audiovisuel public s'est pleinement et totalement adapté à la transformation du digital à la transformation numérique à l'évolution des usages comme toute autre structure il évolue à son rythme en tout cas expliquez-nous pourquoi la présidence commune sera un progrès la présidence commune sera un progrès si c'est une décision qui est prise au service de réformes structurelles voilà il faut se fixer des objectifs pour que tout le monde
comprenne une présidence commune à Radio France à France Télévisions et actuellement même à d'autres médias publics
mais je vais vous dire ça fait des années évidemment qu'on parle de réformes de l'audiovisuel à chaque fois on y rentre par le biais des personnes de la gouvernance savoir si c'est un tel ou un tel et des économies nous on commence par parler des missions on a mis en place un groupe de travail à l'Assemblée Nationale avec des collègues Aurore Berger Frédéric Dumas d'autres on travaille sur le fond qu'est-ce qu'on dit qu'on veut renforcer l'accès des jeunes à l'audiovisuel parce que la réalité c'est que le public
vous parlez des téléspectateurs
oui des téléspectateurs mais parce que vous regardez l'audiovisuel d'une manière générale à des téléspectateurs vieillissants la moyenne d'âge en France je crois que c'est autour de 42 ans les téléspectateurs sur toutes chaînes confondues je crois qu'on est à 51 ans sur l'audiovisuel public en particulier on est à 57 ans sur certaines chaînes c'est 63 ans comment on fait pour renforcer l'accès des jeunes et donc par exemple comment on fait très concrètement pour nos auditeurs et nos téléspectateurs là aujourd'hui en quoi après cette réforme de l'audiovisuel public leur télé leur radio va changer pour les jeunes en particulier on se dit que justement on peut arriver à unifier un peu les moyens entre eux notamment Radio France France Télé par exemple pour constituer un vrai média global digital en direction des jeunes aujourd'hui il y a Mouv diffuser les télétubbies à la télévision pour attirer vraiment un public très très très jeune c'est vrai qu'il y a plusieurs jeunesse non justement moi je pense que l'objectif ça doit pas être
ça ferait vraiment baisser la moyenne d'âge
l'objectif ça doit pas être celui-là de l'audience d'une manière générale à tout prix je veux dire il faut se fixer des objectifs et il faut dire que si les français payent 138 euros de redevance télé chaque année c'est parce qu'ils ont envie moi je pense qu'il y ait autre chose ils sont obligés de le faire oui mais je veux dire quand on paye c'est parce qu'on a envie qu'il y ait autre chose que ce qu'on voit sur les autres chaînes sinon ça sert à rien
c'est vrai que c'est un débat qui est extrêmement abstrait quelles émissions pour vous sont indignes du service public
alors moi je ne rentrerai absolument pas là-dedans ah bah qu'on comprenne de quoi vous parlez sinon ça reste un débat sur le sexe des anges je vais vous dire je sais que j'ai certains collègues qui rentrent là-dedans moi je suis pas chroniqueur télé je considère que j'ai pas à mettre le doigt sur telle émission en disant
et pourtant vous n'arrêtez pas de dire que vous avez des émissions qui ne correspondent pas moi ce que je regarde
c'est des indicateurs et c'est des objectifs c'est qu'il y a moins de jeunes qui regardent si je termine sur les jeunes c'est qu'on met 3 milliards et demi d'euros pour l'audiovisuel public la question c'est est-ce qu'avec un tel budget on peut réorienter les choses de manière à toucher davantage les jeunes et le digital là-dessus c'est quelque chose de majeur évidemment qu'il faut renforcer la présence sur le digital sur les réseaux sociaux avec des contenus qui s'adressent plus directement aux jeunes avec des missions qui doivent être pour moi l'éducation aux médias l'éducation à la société au monde du travail il peut y avoir ce type de contenu qui sont relayés vous savez que par exemple il existe une chaîne comme France 5 dont l'un des thèmes majeurs est l'éducation et c'est la chaîne du savoir ce qui n'existe dans aucune autre offre privée par exemple donc il y a déjà des acquis mais je ne dis pas qu'il ne se passe rien évidemment qu'il y a des acquis y compris à Radio France si on prend cette question des jeunes et de l'éducation aux médias vous regardez aujourd'hui toutes les sociétés d'audiovisuel public ont mis en place ont essayé de mettre en place des dispositifs pour donner des outils pédagogiques aux profs pour que dans les écoles justement on puisse faire de la vraie éducation aux médias ce qui est important on parlera peut-être des fake news la vraie éducation aux médias la vraie éducation aux mouvements sociétaux tout ça est très éclaté et très séparé il y a Éducarté il y a quelque chose à Radio France à France Télé est-ce qu'une présidence commune pour y revenir permettrait de lancer des chantiers pour unifier tout ça pour qu'on ait une vraie base solide en direction de tous moi je pense que ça mérite d'être regardé voilà pour la présidence commune pour y revenir ça doit être fait si c'est au service d'objectifs clairs qu'on se donne avec cette réforme
Encore une question là-dessus avant de changer de sujet qu'est-ce que vous aimez à la télé ?
Moi j'aime plein de choses j'ai plus trop le temps de la regarder
Qu'est-ce que vous regardez ?
Moi je la regarde beaucoup délinéarisée comme on dit c'est-à-dire que je la regarde pas forcément dans le direct
Que regardez-vous donc en délinéarie ? On n'y arriverait pas
Je regarde des séries télé je regarde des émissions d'investigation sur France 2 notamment il m'arrive de regarder des trucs sur TF1 hier soir j'étais devant The Voice si vous voulez tout savoir Et vous avez un candidat préféré ? Non je n'ai pas de candidat préféré
François Spressoz
Moi je voudrais changer de sujet
Oui allez-y il reste 3 minutes
Alors il y a une baisse de popularité de l'exécutif qui est très liée aujourd'hui à la question du pouvoir d'achat et notamment à la hausse de la CSG Est-ce que vous pensez qu'il faut une mesure de compensation et donner un peu plus de pouvoir d'achat parce que notamment la croissance est de retour ? Moi je pense deux choses
D'abord je pense qu'il faut expliquer ce qu'on est en train de faire et c'est pour ça que je suis là aujourd'hui et je vous remercie de me donner l'occasion de parler du pouvoir d'achat La deuxième chose c'est qu'il faut rappeler indiquer qu'on n'est pas là en train de s'applaudir et en train de considérer qu'on a fait le chemin sur la question du pouvoir d'achat On a les mains dans le cambouis En général quand on a les mains dans le cambouis on ne s'applaudit pas parce que c'est quand même pas le moment On est en train de mettre en place des mesures pour le pouvoir d'achat Vous parlez d'augmentation de la CSG La base c'est quand même qu'on a supprimé les cotisations salariales pour tous les salariés de ce pays C'est-à-dire que tous les salariés aujourd'hui voient leur net augmenté Et le verront encore plus Oui mais c'est important de rappeler pourquoi on le fait Et pourquoi on fait la CSG ?
Pour ça La CSG augmente sur les revenus du patrimoine et donc c'est vrai sur des retraités qui eux ne bénéficient pas de la suppression des cotisations salariales On parle des retraités qui ont en moyenne une retraite supérieure à 1200 euros Est-ce que ça veut dire que quand on a une retraite supérieure à 1200 euros on est riche ? Évidemment pas C'est pour ça qu'on met en place la suppression de la taxe d'habitation Dès le mois de septembre prochain Vous avez 80% des français qui paieront moins de taxes d'habitation Et qui en paieront plus dans 3 ans Patience Mais il y a la hausse
des taxes sur le diesel Il y a la hausse des taxes sur le tabac Si je peux terminer
parce que c'est important Ce que je dis aujourd'hui à des retraités qui voient leur CSG augmenter et qui évidemment s'inquiètent ce que je leur dis c'est que pour une grande partie d'entre eux ils auront la suppression de leurs taxes d'habitation dès le mois de septembre prochain pour une partie dans 3 ans totalement Dès septembre prochain en moyenne ça fera quand même près de 300 euros par an Et donc ça compense très largement la hausse qu'ils peuvent connaître aujourd'hui Il faut avoir tout ça en tête et moi je comprends qu'il puisse y avoir des inquiétudes Je comprends que certains puissent se dire mais attendez pour l'instant le compte n'y est pas quand je regarde mon porte-monnaie ou mon compte en banque Et on continue à travailler Et on continue sur toutes les réformes à essayer de voir comment on redonne des marges aux français On parlait de l'enseignement supérieur tout à l'heure Ce qu'on n'a pas dit quand même c'est qu'on supprime la cotisation qui était payée avant par les étudiants pour leur assurance maladie 217 euros par an qui était versé notamment des classes moyennes puisque les boursiers ne la payaient pas Voilà On redonne 217 euros de pouvoir d'achat sur ces français sur les familles sur les jeunes qui n'auront plus à payer cette cotisation C'est important de le dire aussi L'émission touche à son terme Karine Une toute dernière question Est-ce que vous apportez Vous apportez votre soutien le plus total à Hulot et Darmanin au sein du gouvernement ?
Moi je rappelle la règle qui a été fixée Non non je vous demande si vous apportez votre soutien le plus total Aujourd'hui je n'ai pas de raison de penser qu'il ne faut pas les soutenir Voilà
Merci Gabriel Attal Merci Merci à tous les trois Question politique se termine Merci à Mathilde Clad d'avoir préparé cette émission Je vous retrouve juste après le journal de 13h pour le grand face-à-face de France Inter et je vous dis donc à tout de suite
Gabriel Attal