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Audition parlementaireSénat (sur YouTube)· 18 février 2026 102 minFond programmatiqueDéfenseEurope & internationalÉconomie & entreprisesTransports

Enjeux stratégiques de la mer Noire

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 66 %Attaque 10 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 20:00OuverteRéponse partielle

    Quelle est la différence de coût entre le gaz russe et le gaz américain pour l'Europe ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la politique de la Chine dans la région sur l'énergie ? Et l'Inde ?

  • 24:00OuverteRéponse directe

    La zone est-elle en 2026 une poudrière ou une zone de coopération forcée ?

  • 35:00OuverteRéponse directe

    Quels impacts des sanctions américaines sur Lukoil et Rosneft en mer Noire ?

  • 40:00OuverteRéponse directe

    La mer Noire pourrait-elle servir à réexploiter des gisements pétroliers syriens ?

  • 45:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la politique américaine dans la zone malgré le retrait partiel des troupes en Roumanie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Locuteur 2Fait
    « La Roumanie a compté de 1859 après la guerre de Crimée. La Bulgarie en 1878. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bien mes chers collègues, je vous propose de démarrer notre audition. Donc le bureau de notre commission a décidé la création d'une mission d'information sur les enjeux stratégiques des rives européennes de la mer Noire qui devrait conduire en Roumanie, en Bulgarie et en Moldavie d'ici l'été une délégation de nos membres dont Pascal Alizard, Vivette Lopez, Loï Kervé et Mir Jouve. Cette mission prolonge les réflexions européennes que notre commission a engagé l'an dernier.

Je songe à la mission sur les enjeux stratégiques du nord de l'Europe avec nos collègues Philippe Paul, Vivette Lopez, Jean-Pierre Grand Aclimoui et Michel Grillum qui s'était rendu en Suède et en Norvège au printemps 2025 et celle sur les états d'Europe centrale de nos collègues Thierry Menien et Nicole Durant qui s'étaient eux rendus en République tchèque et en Slovaquie en juillet dernier. Il nous semble en effet que la politique européenne de la France n'est pas toujours facile à comprendre en raison d'abord d'une forme de presbici qui nous rend parfois inattentif à ce qui se passe chez nos voisins que nous croyons connaître parce que nos positions sont souvent préemptées par ou couler dans celle d'une européenne qui doit parler d'une seule voix parce que la cohérence de la politique du gouvernement actuel n'est pas évidente qui mêle traités bilatéraux ambitieux appel répété à la à une intégration toujours plus poussée création d'enceintes nouvelles extracommunautaires au contours parfois flou comme la communauté politique européenne et des virages inentendu récemment encore sur la possibilité d'un dialogue avec la Russie. Enfin parce qu'il est vrai que nous vivrons une période de bouleversement mondiaux qui nous fait légitimement hésiter entre souveraineté collective et retour à la diplomatie du 19e siècle.

Le bassin de la mer Noire a justement été un des laboratoires principaux dans lequel dans lesquels ont été cultivés les germes de l'Europe des États que nous connaissons puisque c'est le point de rencontre des puissances continentales avec les empires russes et turcs. Ce sont les affrontements qui ont donné naissance aux États actuels des bords de la mer noire. La Roumanie a compté de 1859 après la guerre de Crimée.

La Bulgarie en 1878. Le cas Moldave étant plus complexe. L'actualité de cette question saute aux yeux puisque la Crimée est à nouveau depuis plus de 10 ans maintenant le point d'éruption causé par ces mouvements tectoniques.

Il est frappant de constater que le dernier projet d'envergure du président Erdogan consiste à creuser un canal pour désengorger le Bosfort au risque de rouvrir une nouvelle question DD3. Laquelle question est depuis au moins 3 siècles la principale pomme de discorde entre Russie- Turquie et au titre des puissances européennes surtout le Royaume-Uni. Pour tâcher d'y voir un peu plus clair, nous avons choisi de commencer par un cadrage large des enjeux régionaux.

Nous recevons à cette fin deux chercheurs associés à l'Institut des relations internationales et stratégiques. Monsieur Igor de la Noé, historien spécialisé spécialiste de la présence russe en mer Noire et madame Noémie Rebière, politologue spécialiste des réseaux et de la politique énergétique turque. Madame Reière, monsieur de la Noé, nous serions heureux euh que vous nous aidiez à rendre intelligible la situation actuelle à l'est de l'Europe en nous présentant les moyens par lesquels Russie et Turquie conçoivent et mettent en œuvre la défense de leurs intérêts dans la région et les changements que la guerre en Ukraine a apporté à leur stratégie.

Peut-être vous donnerez nous donnerez-vous votre point de vue sur la relation russoau-tourc et sur la stratégie des européens dans la zone. L'Union européenne a présenté une stratégie pour la mer Noire en mai 25. Est-elle cohérente, suffisante et conforme aux intérêts français ?

En vous remerciant d'avoir su disponible. Je vous laisse la parole pour un proposiminaire que après quoi, je ne doute pas évidemment que les rapporteurs de la mission et les autres membres de la commission auront de nombreuses questions à vous poser. Je vous rappelle que cette audition est captée et retransmise sur le site internet du Sénat.

Et donc je vous laisse la parole dans l'ordre que vous souhaiterez monsieur et madame à vous. Monsieur le président, mesdames sénatrices, messieurs les sénateurs, je vous remercie de votre sollicitation pour cette séance. Je vais donc tenter de vous présenter quelques points saillants concernant la perception russe de intérêts de la Russie, donc dans cette région de la mer Noire. vous restituer un peu ces ces points de vue et les principaux enjeux et intérêts que la Russie prétend défendre ou promouvoir donc dans cette zone de de la mer Noire.

Donc mon propos va s'articuler principalement en trois temps. Je vais faire un court retour historique pour essayer de vous apporter une petite profondeur sur les derniers siècles. Je vais revenir ensuite dans un deuxième temps sur les aspects bien plus contemporains et notamment ce qui s'est passé à partir des du Vladimir Poutine les années 2000 et surtout les années 2010. euh quelles étaient les choses auxquelles les Russes se sont attachées dans la région avec l'annexion de la Crimée, ce que j'appelle la fortification en fait du flanc russe dans cette dans cette vaste zone.

Et je terminerai sur les bouleversements introduits par la guerre en Ukraine, ce qu'on appelle pubiquement en Russie l'opération militaire spéciale euh qui n'est pas finie au moment où nous nous rencontrons. Est-ce qu'on peut déjà donc en tirer en matière de de bilan et voir comment les Russes pourraient changer leur fusil d'épaule ou changer un petit peu certains éléments pour s'adapter à une nouvelle réalité ? Alors au plan historique très succintement époque impériale, époque soviétique, dès l'époque impériale, la région de la mer noire est perçue par les futurs tsars puisqueà l'époque il ont parlé de Moscovie et puis suite aux différentes extensions du territoire russe, on est arrivé à à période pétrovienne qui qui introduit donc la notion de d'empire qui est le premier de en tant que tel.

C'est une région qui est véritablement pétrie, j'allais dire de de conception historique et civilisationnelle puisque on y retrouve Byzance, Constantinople donc et Moscou à partir du 15e siècle se considère comme la 3è Rome puisque la première Rome est tombée sous les coups de boutoir des assaut barbares. La deuxième a été prise par les par les Ottomans en 1453. Et donc il y a cette notion de revendiquer un héritage greco-byzantin s'inscrit dans une continuité finalement de cet empire romain d'Orient. avec en ligne de mire euh vous parlez des D3 en introduction et bien la reconquête de de Constantinople et ce qui permet à la fois de de je dirais de de d'arriver à cet cet objectif civilisationnel revendiqué donc d'héritage greco-byzantin tout en complétant un objectif purement géopolitique géostratégique qui est celui de mettre la main sur les D3 et donc d'accéder à ce qu'on appelle les mers chaudes puisque finalement cette quête du désenclavement et de l'accès aux mers chaudes est vraiment une ligne ligne rouge, une file d'Ariane pour la géopolitique russe, pour comprendre la géopolitique russe depuis le 16e 17e siècle avec cette volonté de désenclavement du territoire qui est d'avant tout continental et via notamment les fleuves, alors Volga et autres et par une succession de guerres de conquête qui ont permis aux Russes d'abord de repousser les ottomans dans le sud, les Suédois plus au nord.

Bon, ils arrivent sur les rives de la mer noire et à la fin du 18e siècle euh prennent la Crimée, annexent la Crimée, fondent ses bastopoles et à partir de là entendre évidemment pousser davantage vers ces mers chaudes ou ou libre libre de glace. Euh c'est évidemment la région qui voit également euh la s'exprimer la ce qu'on appelait la question d'Orient 19e siècle qui est véritablement la clé de voûte de la géopolitique européenne jusqu'à la guerre de Crimé 1853 56 au cours de laquelle la Russie est défaite mais qui ne met pas un terme à ses ambitions historiques sur la région d'expansion de maintenir un accès à ses mers chaudes donc libre de glace de pousser même jusque vers la Méditerranée par une succession d'accord noué avec le sultan notamment sur la liberté de navigation à travers les D3. On en reparlera.

Tout ceci nous mène à l'époque soviétique où je vais m'intéresser surtout à la partie postgeride he post de 2è guerre mondiale. Au cours de la guerre froide, on a eu coutume de qualifier la mer noire de de l'acte soviétique. Autrement dit du fait du pacte de Varsovie et des différentes Républiques soviétiques qui sont dans la région.

Et bien, il y avait très peu finalement de bâtiments de guerre de l'OTAN qui s'aventuraient en fait en pratique quasiment aucun jusqu'à aux années 80 dans la mer Noire qui était considérée vraiment comme une chasse gardée de l'URSS. Donc une ligne de défense extrêmement profonde avec une profondeur stratégique qui permettait finalement de de qui s'exprimait sur tout le bassin pontique. Autre élément qu'on a tendance souvent à oublier au niveau industriel pour l'industrie de de guerre soviétique et bien c'est que les chantiers navales qui produisaient les principales plateformes auturière de l'escadra soviétique était situé en Ukraine not je pense à Kerson et à Nicolaev qui abritaiit là les cales des cales immenses qui permettaient de bâtir des destroyés des portes-avions et évidemment ces bateaux-là après quitteraient le le bassin pontique pour aller rejoindre leur flotte d'attache dans le nord ou en extrêmement Orient.

Et évidemment, c'est à travers ce déboucher qui est le plus méridional pour l'URSS que Moscou projet évidemment son influence euh en Méditerranée, Moyen-Orient, Afrique et au-delà jusqu'en Amérique du Sud via notamment donc ces ports de guerre de ce port de guerre de Sébastopol. J'en viens à la période beaucoup plus contemporaine avec évidemment au cours des années 2000 une perception de la de la menace qui qui évolue puisque la Russie constate euh son grand âme et bien l'expansion et différentes extensions de l'Union européenne et de l'OTAN autour de la mer noire avec la Bulgarie, la Roumanie. euh des ponts qui sont jetés par Bruxelles jusque sur la Geéorgie, l'Arménie avec des des accords sur des comment dirais-je des dialogues entre européens et les pays du Caucasse du Sud.

Euh tout ceci a tendance à être perçu spontanément comme étant au minimum euh dangereux, voire ensuite menaçant, en tout cas comme se déroulant au détriment de l'influence russe qui est refoulée de cette région-là au cours des années 2000 à la faveur de ces différentes vagues d'élargissement de ces de ces structures. Donc à la fois l'OTAN et l'Union européenne. Par ailleurs, il y a un autre élément qui pose très vite problème aux Russes qui est celui de l'édification par les États-Unis de leur bouclier antimissile euh avec un radar qui est installé en Turquie. et des éléments intercepteurs sur des bases en Roumanie euh où les États-Unis acquièrent donc des bases euh et en Bulgarie également, mais les éléments du bouclier antimissile sont installés en Roumanie et ça c'est évidemment d'abord un sujet bilatéral russo-américain mais qui par incidence concerne aussi les Européens puisque la Roumanie est membre de l'Union européenne mais de l'OTAN également euh et sur lequel vraiment une pomme de discorde, un sujet toxique sur lesquels Russes et Américains finalement ne parviennent pas à s'entendre et de facto euh ce bouclier antimicile est installé donc dans dans ces dans ces pays-là.

Qu'est-ce que cela a provoqué côté russe ? Alors, j'ajoute que sur la perception donc des des menaces et des donc de la vulnérabilité he qui est envisagée côté russe dans ce contexteel, il y a aussi des facteurs purement intérieurs, c'est-à-dire que le sud de la Russie est évidemment une mosaïque ethnoconfessionnelle. Il y a le Caucas qui est juste à côté avec toute l'histoire que l'on connaît de chamboulement hein du caucas, la Tchenie mais pas seulement.

Euh il y a également des disparités en terme de développement et de richesse entre les sujets de la fédération qui sont euh habissales parfois avec une région de Crassodard par exemple euh qui a des côtes sur la mer Noire avec la ville de Sochi que l'on connaît bien euh qui est plutôt riche, plutôt un sujet fédéral avec des bons salaires et un niveau de vie très correct. Et juste à côté, vous trouvez des Républiques comme la République d'Adigué par exemple ou des Républiques ncocasiennes de la Fédération de Russie qui en revanche ont des niveaux de développement bien plus bas. Et donc ça fait des disparités de richesse qui sont considérées comme étant évidemment euh des faiblesses par Moscou.

En tout cas comme étant susceptible le cas échéant d'être exploité par des forces extérieures pour affaiblir la Russie. C'est la lecture, j'allais dire classique et spontanée que l'on peut faire à Moscou. Euh ceci donc cette lecture des menaces a provoqué au cours des années 2010 ce que j'appelle un réflexe d'embastionnement, c'est-à-dire avant même l'annexion de la Crimée, les Russes entreprennent de moderniser leur flotte de guerre, la flotte de la mer noire.

Je rappelle que la marine de Guerus doit éclater sur plusieurs théâtres, sur plusieurs phases du globe en extrême orient dans le grand nord en mer noire, mer Baltique, mer caspienne euh et la flotte de la mer noire était arrivée à un niveau de décrépitude critique avec une hémorragie capacitaire qui était proche en fait de l'irréversibilité. Et dans le cadre du programme d'armement 2011-2020 et bien elle est particulièrement choyée comme la marine Negarus plus généralement et reçoit donc tout un nombre de plateformes des frégades des sous-marins classiques qui ont la particularité pour ces nouvelles plateformes donc d'être pratiquement toutes doté de missiles de croisière longue portée les fameux calibres que l'on verra à l'œuvre en Syrie lors de la campagne militaire russe à partir de 2015 puis en Ukraine depuis 2022. L'annexion de la Crimée permet donc de ce point de vue-là, j'allais dire d'homogénéiser le dispositif d'embastionnement avec j'allais dire la reprise en main sans aucune limitation contractuelle avec l'Ukraine et bien de des plateformes déployées à Sébastopol.

Il y a plus de limite en terme d'unité, il y a plus de limite en terme de tonnage. Euh les Russes reprennent possession, j'allais dire, de des lieux et fortifient donc la Crimée. Alors qu'en gens de fortification, ça va être le déploiement de système de guerre électronique euh et la conjugaison de systèmes de de défense antiaérienne avec des systèmes également de missiles antisurface pour créer ce qu'on appelle une bulle de dénis d'accès et effectivement dissuader d'éventuels compétiteurs de pousser un petit peu trop leur pion dans dans la région.

Euh ce qui est intéressant, moi en tant qu'observateur et analyste à partir de ce moment-là, c'est qu'on voit que les Russes en fait se mettent en place une dissuasion nucléaire non stratégique. C'est-à-dire que certains euh de ces missiles qui sont embarqués sur les nouvelles plateformes déployées à partir des années 2010 ont la capacité en théorie qui est duale et peuvent emporter du nucléaire tactique. Et d'autre part, j'ai mentionné déjà la capacité de missile longue portée et cette notion de dissuasion stratégique non nucléaire ou qui est est inscrite dans la doctrine militaire russe de 2014 et donc vise finalement à s'exprime principalement contre des compétiteurs régionaux qui sont pas forcément des grandes puissances dotées mais sur lesquelles la Russie souhaite manifester qu'elle a évidemment des intérêts à défendre.

Alors je pensais à la Syrie par exemple dans dialogue avec la Turquie. On peut penser à d'autres puissances qui sont dans la région. Et donc l'idée c'est de faire planer une menace missile latente euh grâce à cette combinaison de de système de missile de défense.

Et évidemment en mer noire partant de là, les Russes par estiment, revendiquent évidemment assumer une puissance enfin une suprématie navale qui va être évidemment contestée euh par l'Ukraine comme on va voir juste après. Je m'attarde pas sur le détachement naval russe en Méditerranée. Je pense ça s'éloigne un petit peu peut-être des horizons.

On pourra en parler pendant la question réponse. Ce que je constate comme rupture par rapport à la guerre froide, c'est qu'à partir des années 90 et depuis les Russes et les Turcs ont noué un dialogue qui est nouveau, hein, puisque la logique de bloc s'est quand même largement détachée, j'allais dire du rapport entre Russ et Turc par rapport à ce qui est plus pendant la guerre froide. Donc un dialogue assez singulier puisque les Russes ont tendance à considérer les Turcs évidemment comme membres de l'OTAN, mais aussi comme voisins.

Voisin, j'allais dire depuis plusieurs siècles et surtout comme euh j'allais dire coresponsable au niveau sécuritaire de la mer noire. Il y a vraiment une espèce d'accord tacite implicite entre Russes et Turc, en tout cas jusqu'à la guerre en Ukraine, sur le fait qu'il y a une forme de condominium russo-turc sécuritaire sur la mer Noire euh et dans lequel ni les Russes ni les Turcs ne souhaitent laisser entrer de j'allais dire de nouveaux euh cogestionnaires de cette cet ordre sécuritaire régional euh avec des convergences notamment très fortes qui s'expriment sur la convention de Montreux entre Russ et Turc. Euh la mer Noire est devenue une interface commerciale critique.

Je vais vous montrer un graphique juste après pour la pour la pour la Russie. Et il y a évidemment des continuités par rapport à l'époque soviétique, mais qu'on retrouve également par rapport à l'époque impériale, cette tendance à territorialiser la mer noire, c'est-à-dire à considérer finalement toujours cette région un peu comme sa chasse gardée euh avec un espèce de droit de regard sur les affaires des pays voisins et sur leur leur choix en fait en matière de de d'orientation politique étrangère avec évidemment une exception pour la pour la Turquie et la Méditerranée sur laquelle je ne m'attarde pas. Alors juste pour que vous ayez une idée de de l'ampleur en fait que représente l'interface mer noire pour le commerce maritime russe.

La mer noir c'est en gros 30 % du commerce maritime russe. Alors quand je dis commerce c'est importage en en millions de tonnes traités euh ça représente en gros 30 %. On voit que euh il y a une diminution depuis 2023 du fait de la guerre en Ukraine, la redistribution un petit peu des cartes au profit de d'autres terminaux portuaires en Baltique, en Extrême Orient surtout. et dans le nord.

Mais néanmoins, ça reste un interface évidemment critique pour les exportations d'hydrocarbur, de céréales, de potasse, de charbon avec des terminaux très importants à tamanorisque évidemment qui est un terminal énergétique critique qui exporte d'ailleurs aussi du pétrole du Kazakhstan. Euh ce qui fait qu'il y a là évidemment un enjeu me semble-t-il stratégique pour la Russie. Je termine avec évidemment depuis 2022 ce qu'on peut dire à ce stade, c'est qu'évidemment la flotte de la mer noire a été associé à l'offensive russe en Ukraine, même si elle avait un rôle qui reste jusqu'à aujourd'hui très subordonné par rapport aux opérations qui se déroulent essentiellement à terre.

Elle était censée, évidemment, elle le fait toujours fournir un appui-feu avec des tirs de missile. Mais ces tirs de missile de croisière sont désormais enfin depuis plusieurs mois réalisé pratiquement au large de la rate de Sébastopole, voire parfois dans proximité immédiate des côtes criméennes et non plus depuis des périodes des positions éloignées en mer noire ou en haute mer ou plus proche des des côtes ukrainiennes puisque les Ukrainiens sont parvenus évidemment à contester cette suprématie navale russe. L'épisode du Mosqua évidemment est là pour le pour le rappeler.

Il était projeté manifestement des opérations amphibie tout au début de la guerre contre Odessa qui n'ont pas eu lieu. Mais en revanche, il y a eu des opérations plus limité qui se sont déroulé en meras là où les Russes ont très rapidement pris le le contrôle de l'intégralité des côtes. Les Ukrainiens en fait se sont lancés dans une guerre asymétrique en opposant à la à la flotte de la mer noire une des des contesures qui se sont révélées efficaces principalement grâce aux drones aux drones de surface et au drones aérien face auxquels la marine russe était très peu préparée et face auquel elle s'est adaptée sous la contrainte sous le feu et il faut le dire plutôt bien puisque'à partir de 2023 on constate quand même qu'il y a une bonne gestion côté russe de cette menace des drones et cette menace de missile.

Ils se sont effectivement astrains un rayon d'action d'action beaucoup plus petit hein du fait de cette menace drone et missile qui pèse sur leur bateau. Mais néanmoins, ils sont arrivés à j'allais dire contrecarrer cette menace de de drone et de missile côté ukrainien euh tout en conservant une forme de liberté de de mouvement vraiment au large de la Crimée et des et des côtes russes et en continuant mener des frappes à distance avec leur avec leur missile. Il est très certainement à prévoir que à l'avenir la flotte de la mer noire sera une flotte beaucoup plus dotée de drones de drones de surface et de drones aériens qui seront embarqués directement sur les plateformes et compte tenu de l'expérience acquise par la Russie en matière à la fois de lutte contre les drones de surface et de lutte contre les drones anti-aériens mais aussi dans l'emploi des drones et bien il y aura là évidemment un élément à conservir à l'esprit et observer ce qu'ils peuvent faire de cette expérience notamment en terme de dissémination auprès de certains partenaires. extrégionaux ailleurs à travers le le la planète éventuellement.

Et je terminerai sur un aspect qui est celui de l'enjeu de la fin du conflit pour Moscou. On parle beaucoup de garanties de sécurité ces derniers temps. Les Ukrainiens veulent et on peut le comprendre des garanties de sécurité.

Les Russes aussi depuis le début parlent de garanties de sécurité. Et là évidemment sur l'aspect naval euh il y a un enjeu très clair qui est que de faire pour les Russes faire disparaître ce cette menace que font peser les Ukrainiens en permanence sur leur flotte avec des missiles ou des drones. Donc ce sera soit par j'allais dire un accord qui sera finalement on arrivera à cesser le feu un accord politique en bon et duuforme qui permettra de une régulation de part et d'autre peut-être on verra soit mais pour l'instant ça paraît évidemment totalement hors de portée vu du dispositif compte tenu du dispositif militaire russes sur la zone par tout simplement la prise de contrôle du reste des côtes ukrainiennes afin d'enclaver en fait l'Ukraine et de lui couper l'accès à la mer.

Mais je le répète, pour l'instant, cela paraît hors de portée pour pour les Russes compte tenu de leurs dispositifs militaires. Voilà. Donc conserver à mon avis à l'esprit que c'est un un espace qui historiquement dispose d'une très forte charge historique et mémorielle.

Euh comme je l'indiqué dans mon premier point, cette notion d'embastionnement, me semble-t-il est clé pour comprendre le positionnement russe dans la région avec une spontanéité sur la fortification et l'embastionnement qu'on retrouve d'ailleurs sur d'autres flancs, notamment dans le Grand Nord ou en Extrême Orient. et évidemment une plateforme de projection. Alors la Méditerranée, j'en ai très peu parlé volontairement pour en reparler si vous le souhaitez, mais au-delà de la Méditerranée, on parle de Moyen-Orient, on parle d'Afrique, projection évidemment d'influence et de force.

Alors en ce moment non puisque la navigation militaire est fermée à travers les D3 depuis le 28 février 2022 en accord avec les clauses de la la convention de Montreux. Mais en revanche, c'est toujours évidemment interface économique critique comme je je vous l'ai présenter et également un espace qui fait partie de ces régions qui sont au cœur de des yatus qui sont accumulés entre Russes et occidentaux au cours des années 2000 et 2010 et qui ont conduit dans la situation dans laquelle nous nous trouvons notamment aujourd'hui. Voilà, je vous remercie de votre attention et je suis à votre disposition pour les les questions.

Tout à fait. Je vais te mettre ton Ouais, je te mettre ton PowerPoint. Bonjour.

Parfait. Alors euh je veux bien déjà que tu ailles sur la la première carte. Ouais, merci beaucoup.

Euh alors moi je vais vous parler dans le temps en partie que que j'ai euh des enjeux énergétiques en mer noire. Et euh tout d'abord, bien évidemment, je vous remercie beaucoup pour cette invitation à à participer à cette audition sur euh sur cette région passionnante. Euh mon propos, il va se dérouler en trois temps.

Euh je vais d'abord revenir sur la reconfiguration des flux énergétiques en mer noir depuis euh le début du conflit ukrainien. Euh ensuite, je ferai un point sur le renforcement de la position géostratégique de la Turquie au sein de cette région. Et enfin plutôt à partir du cas de la Roumanie, je dirai un mot sur le développement du gaz offshore en mer Noire et sur les enjeux de de sécurisation de ces infrastructures.

Euh en en introduction, je je souhaite commenter très rapidement cette carte. Euh on voit que la mer noire euh c'est réellement enfin elle se positionne au cœur des interdépendances physiques entre la Russie et l'Union européenne euh qui sont euh des des des interdépendances historiques comme ça a été euh rappelé à l'instant par Igor. Euh d'un point de vue énergétique, à partir en gros des chocs pétroliers, l'Union européenne et la Russie vont créer tout ce réseau gazier extrêmement dense.

Et cette carte, elle date un peu. Elle date de 2007 et bien évidemment tous les projets ne sont pas à jour, mais voilà, elle montre bien cette interdépendance extrêmement forte et ces liens physiques qui vont structurer la relation énergétique entre la Russie et la Turquie, entre la Russie pardon et l'Union européenne, mais également avec la Turquie. Euh quand on parle des enjeux énergétiques en mer noire, euh en fait très rapidement euh on se tourne également vers la mer Caspienne euh et la et l'Asie centrale puisque l'ensemble des réseaux qui ont été construits depuis le début des années 2000 vont constituer une sorte de continuum territorial entre la mer Caspienne et et la mer Noire.

On a en gros deux grandes phases de construction de pipeline autour de de la mer noire notamment vers la Turquie. Euh c'est tout d'abord les années 2000-20 où on va avoir les premiers pipelines en provenance d'Azerbaïdjan qui vont être construits et qui vont du coup relier la mer Caspienne à la à la Turquie avec le Bakou Bilician, le Bakou Bilicier et simultanément et c'est là où on voit systématiquement une compétition entre le la Russie et l'Union européenne dans la construction de de ces réseaux. le Blue Stream, je veux bien que tu passes à la carte prochaine, s'il te plaît.

Euh le le Blue stream euh qui qui va être construit dans cette première phase, donc de de entre 2000 et 2010. On a une deuxième grosse phase de construction de pipeline où on va avoir encore une fois une compétition entre les projets russes et turcs et et européens avec la la construction du Tanap euh donc du du corridor sud-européen qui va venir relier le les champs gaziers d'Azerbaïdjan en Mer Caspienne à le sud-est de l'Union européenne en passant par la Turquie avec ce projet concurrent qui est le projet russe du Turkstream qui relie du coup le le terminal de Novorossisque à à la à à la Turquie en en trace occidentale. Donc à partir enfin avant le début de la guerre en 2022, la Russie constitue le premier fournisseur énergétique de l'Union européenne avec environ 40 % du gaz importé par l'Union européenne qui est en provenance de Russie et environ 27 % de ce gaz de et environ 27 % de pétrole pardon. concernant ce gaz, 70 % transite par l'Ukraine.

Donc on a réellement une position très importante du transit par l'Ukraine pour approvisionner l'Union européenne. À partir de de de l'invasion russe en Ukraine, l'Union européenne va poursuivre une politique de diversification qu'elle avait engagé dès le début des années 2000 et va annoncer la réduction d'arastique des importations énergétiques au courant de l'année 2022 avec des sanctions mises notamment sur le pétrole et un arrêt total des importations en 2027. La stratégie européenne de diversification, elle va générer une baisse des importations rustes de manière assez importante.

On passe entre 2021 et 2025 de 40 % de gaz à 11 % en 2025 et également pour le le pétrole où on a également une baisse très importante en tout cas officielle au début. ce ces importations énergétiques en provenance de Russie, elles vont être remplacées par l'Union européenne euh par du notamment du gaz naturel liquéfié euh américain qui va représenter environ 25 % des importations et par du pétrole également américain qui va représenter environ 14 % des importations européennes. les États-Unis vont se placer en 2è ou en premier, ça dépend les moments.

Du coup, en deuxème fournisseur européen. Donc, on voit que il y a une remplation, une un remplacement d'une dépendance par une autre. Euh côté russe, face à ces stratégies de diversification et de sanction, on va avoir également une diversification de ces exportations.

Donc les exportations vont se diriger vers la Chine. Il va y avoir un développement du gaz naturel des kéfié qui va lui apporter plus de flexibilité et enfin une stratégie de contournement des sanctions notamment pour pour le pétrole. Et donc voilà tout toute cette situation, cette évolution de la situation géoéconomique du à la guerre russ-rainienne va engendrer une reconfiguration des flux énergétiques mondiaux qui va se traduire en mer noire très concrètement, je veux bien du coup que tu passes à la prochaine slide, euh par un déplacement du transit gazier depuis le l'Ukraine qui était le l'épicentre de transit gazier de manière historique vers la Turquie.

Et sur cette carte, c'est assez intéressant puisque on voit justement le le rôle du Turkish stream du Turkstream pardon et du Blu Stream qui prennent une importance assez importante, une importance notable. Euh sur euh le la Russie avait quatre grandes routes fonctionnelles qui euh approvisionnaient l'Union européenne. En 2021, elles étaient elles étaient toutes en fonction et en 2025, il n'en reste qu'une qui est le Turkstream et qui aujourd'hui fonctionne à pleine capacité.

Euh sa capacité c'est environ enfin c'est 31 milliards de m c pour donner des ordres de grandeur la consommation euh de gaz global de l'Union européenne en 2025 c'est environ les les derniers chiffresat ne sont pas encore sortis mais c'est environ 270 milliards de mètres cb donc on voilà on est sur un peu moins de autour de de 8 à 9 % le Turkstream il a deux lignes qui font chacune 15 milliards de mètres cb il y en a une qui est destinée à la Turquie qui et l'autre qui est destiné à l'Union européenne. Euh donc quand on prend ce cette ce cette information là, euh le le importes résiduelles qui passent par le Turkstream représentent environ 5 % des consommations de l'Union européenne. Donc c'est pas massif, c'est pas si conséquent en terme de volume, mais par contre ça va être particulièrement stratégique pour l'Europe du Sud-Est, notamment pour la Bulgarie qui importe continue d'importer du gaz russe. la Hongrie, la Serbie et la Moldavie qui est très dépendante encore du gaz russe. pour à partir de 2027 quand l'Union européenne aura complètement arrêté ses importations en provenance de Russie.

La crainte, c'est que la la Turquie via sa position de hub énergétique, je vais y venir dans quelques instants, euh puisse envoyer du gaz blanchi sur dans les réseaux de l'Union européenne. Pour le pétrole, il y a également une situation de contournement de des sanctions qui est mise en place avec la flotte fantôme où la Russie va en fait exporté depuis le début de la guerre jusqu'en 2025, on voit que les sanctions contre la la Russie sur le volet énergétique se se durcissent fortement et vont commencer à avoir des des des impacts importants. La flotte fantôme permet également de continuer à la Russie d'exporter son pétrole et notamment vers l'Europe qui est un des premiers consommateurs de ce pétrole blanchi.

Euh ça passe bien évidemment par du coup le le la mer noire, par les D3 turcs et la Turquie représente une plateforme de transit et et de de raffinage pour redistribuer du du pétrole raffiné à différents états. J'en viens à à la au deuxième point de mon propos où en fait on assiste depuis déjà le début des années 2000 mais de manière très marquée depuis le début de la guerre en Ukraine au renforcement de la position géostratégique de la Turquie au sein de la région. Euh on voit des grandes tendances qui se confirment depuis le début des années 2000 sur le plan énergétique.

Euh je veux bien que tu tu mettes l'autre slide s'il te plaît. Euh la Turquie a développer euh des infrastructures énergétiques stratégiques qui lui permettent aujourd'hui après euh euh 25 ans de de politique à en ce sens euh de de enfin réellement se positionner comme comme hub énergétique régional. C'est des infrastructures, ce sont des gaz auc, il y en a cinq aujourd'hui qui traversent la Turquie.

Euh des oléoducs, des terminaux de gaz naturel lesquéfiés qui sont aujourd'hui au nombre de quatre. des terminaux pétroliers, notamment le le terminal pétrolier de Jhan qui est un des plus grands terminaux pétroliers de la Méditerranée orientale. Des centres de stockage de gaz, ce qui est extrêmement stratégique en terme de en position de hub, euh des infrastructures de raffinage et enfin des navires d'exploration offshore euh qui permettent à la Turquie de se positionner en mer noire et en et en Méditerranée orientale. l'ensemble de de ces infrastructures et comme je le disais de le développement depuis le début des années 2000 d'une politique de diversification portée par l'Union européenne et porté par la Turquie a renforcé des liens très importants avec la Geéorgie et l'Azerbaïdjan et également avec l'Europe du Sud-Est avec le passage de du corridor sud et du TANAP qui va qui va relier les deux parties. cette posture de de hub, elle va se renforcer, je passe la prochaine carte avec le le développement du projet du corridor du milieu qui va réellement bah alors conforter la posture de la Turquie comme comme plateforme et comme hub énergétique avec un le le corridor du milieu qui va aller raccorder l'Asie centrale jusqu'à la Chine et qui va développer les liens intercontinentaux sur l'ensemble du continent eurasiatique depuis la Chine jusqu'à l'Union européenne.

Euh donc voilà, on la la Turquie sur l'ensemble de notamment et sur sur ce projet du corridor du milieu, elle se pose réellement comme une porte de sortie vers l'Union européenne et vers les marchés internationaux avec son accès au au MER pour les pays très enclavés que sont l'Asie centrale et les pays du sudquest notamment l'Azerbaïdjan qui qui qui regorroge de ressources. Donc on pourra peut-être y revenir si ça vous intéresse dans dans les échanges mais là on va s'éloigner un petit peu de la mer noire si si je rentre plus en profondeur sur sur les enjeux de ce corridor du milieu. Mais en fait voilà ce ce qu'on voit notamment pour pour la Turquie mais également ces pays d'Asie centrale c'est que il bénéficient largement de la de la reconfiguration des flux euh énergétiques et de transport euh depuis enfin depuis le le début de la guerre en Ukraine.

Un petit mot sur la posture de la Turquie au-delà de la dimension énergétique. La Turquie se pose comme hub énergétique, hein, voilà, c'est on en parle très régulièrement, mais c'est également un hub multidimensionnel ou multisectoriel. C'est aujourd'hui un hub aéroportuaire avec Istanbul qui est la deuxè enfin le le le la deuxième zone d'aéroport la plus importante d'Europe après East Row.

Euh c'est également un hub portuaire et logistique avec l'ensemble de ces façades maritimes sur la mer Méditerranée, la mer Noire, euh la mer Ég et euh et les D3 bien évidemment. Euh la Turquie veut également se positionner en hub financier avec euh euh le la création de de l'Istanbul Financial Center qui est aujourd'hui en construction euh mais voilà qui qui veut se poser en hub financier régional. Sur le plan géopolitique, la Turquie euh c'est un acteur qui développe des alliances multiples.

Elle est membre historique de l'OTAN. D'ailleurs, le prochain sommet de l'OTAN se tiendra Enra pour l'année 2026. Euh elle est partenaire, euh membre partenaire, ça dépend les termes exacts, mais des BRICS euh et de l'organisation de la coopération de Shanghaiï.

Euh elle a également un rôle très important au sein de l'Organisation des États Turciques qui rassemblent justement les pays d'Asie centrale et qui va porter largement ce type d'initiative. euh de de corridor et en fait ce qu'on voit c'est euh un renforcement de sa position euh régionale mais également internationale avec des liens de plus en plus importants euh en Afrique et euh et dans le reste du monde. Et enfin euh un mot sur le volet militaire pour la Turquie.

On assiste à la montée en puissance très clairement de l'industrie de défense turque avec une capacité d'exportation qui a atteint 10 10 milliards de de dollars en 2025 et notamment avec ces cet objet très connu des des drones Bectard. Euh maintenant, je je change de carte, s'il te plaît. Je vais en venir à la Roumanie euh justement avec une lecture également énergétique.

La Roumanie, c'est un cas un peu moins spectaculaire que la Turquie, mais c'est un acteur extrêmement intéressant également, notamment si on regarde sur le plan énergétique. La Roumanie aujourd'hui, elle est quasiment autosuffisante d'un point de vue énergétique. Donc, elle est très très peu dépendante des importations russes.

Elle a un mix électrique qui est décarboné à 70 %. avec une majorité d'hydroélectricité, de nucléaire et d'énergie renouvelable. Et euh elle repose également sur du gaz euh que qu'elle produit notamment en offshore.

Euh ça fait quelques années que la Roumanie a développé ben de de la production de gaz offshore au large de de ses côtes de la mer Noire. Et récemment, il y a eu enfin il y a eu la découverte du gisement Neptune DIP euh qui est un gisement très conséquent qui représente environ 100 milliards de mètres c de gaz et avec en enfin qui sera qui aura une capacité de production annuelle de 8 milliards de mètres cb. Pour redonner les ordres de grandeur, le Turkstream c'est 30 milliards de mè c et l'Union européenne consomme environ 270 milliards de m c sur sur l'année 2025.

Donc voilà, ça donne un peu des ordres de grandeur. Ça représentera pas tant pour l'ensemble de l'Union européenne, mais notamment pour les pays d'Europe du Sud-Est qui reste dépendant du gaz russe, notamment la Moldavie. Ça permet enfin à la Roumanie bien évidemment d'être totalement autosuffisante sur ces consommations énergétiques mais également ça lui permet d'avoir des capacités de d'exportation vers la Roumanie et la Bulgarie et puis les autres pays limitrophes de l'Europe du Sud-Est.

Euh 30 milliards de cub la capacité pardon la capacité de Turstream 30 milliards cubes en par tout à fait tout à fait. Euh voilà, je veux bien que tu mettes la dernière carte et enfin je terminerai sur enfin compte tenu de la situation actuelle de sur les enjeux de sécurisation des infrastructures offshore en mer noire dans un contexte bien évidemment de de tension très importante dans ce dans cet espace maritime. Ce qu'on va un élément à noter, c'est que depuis l'indexion de la Crimée, la Roumanie a désormais de facto, même si c'est pas reconnu de manière bilatérale, une frontière maritime avec la Russie qui est que la que la Russie revendique depuis l'annexion de la Crimée.

Donc il y a bien évidemment des tensions entre les zones économiques exclusives des différents états au sein de de la mer Noire et ça a été évoqué largement par rigor donc je vais pas revenir dessus. euh il y a une militarisation euh de euh cet espace maritime donc qui va générer euh bien évidemment euh euh des risques pour l'exploitation de de de ressources euh en mer. Euh, on a par exemple le risque de mine dérivante.

C'est quelque chose qu'on qu'on voit là sur toute la zone grise sur la côte ouest de la mer noire qui c'est aujourd'hui assez difficile à estimer, mais c'est estimé autour d'une centaine ou plutôt des milliers de mines qui dérivent sur la côte enfin vers la côte ouest de la mer noire avec bien sûr des impacts sur les infrastructures énergétiques critiques notamment des plateformes offshore. Le le la mer noire est aussi soumise à des risques climatiques avec l'Ifré Mè qui note des des potentiels glissements de terrain ou des avalanches sous-marines qui sont d à des formations des formations d'hydrat de gaz dû à un dérèglement de l'écosystème de maritime dû au changement climatique. Il y a également des méga tempêtes donc avec des intensités extrêmement fortes notamment une tempête qui a été qualifiée de tempête du siècle en novembre 2023.

Euh donc voilà, le la production euh de de gaz en offshore euh est soumis à des risques multiples en mer noire et je je l'ai pas mentionné parce que je me suis concentré sur la Roumanie, mais la Turquie a également euh de des gisements de gaz en offshore, notamment le gisement Sakaria qui est en opération et la Bulgarie est à la recherche de gisement avec voilà rien de très concluant et l'Ukraine ça n'a pas été évoqué mais a également des des gisements en mer noir qui sont revendiqués par la Russie. Euh pour conclure ce propos et peut-être en ouverture dire un je dire un mot très rapide, on pourra y revenir pendant les échanges sur la relation russe au-urc qui est un partenariat stratégique bah très important notamment sur le plan énergétique avec bah une interdépendance très forte entre la Turquie et la Russie. On l'a vu hein aujourd'hui la la Russie et enfin pardon la Turquie est le dernier territoire de transit de ces pipelines allant vers l'Union européenne.

Il y a également un partenariat avec la construction d'une centrale nucléaire en Turquie euh par par l'entreprise Rosatome et et la Turquie joue un rôle important notamment dans le raffinage de de pétrole russe. Voilà, je vais m'arrêter là-dessus et puis je suis ouverte aux questions. Merci beaucoup.

Alors, j'ai pour l'instant j'invite mes collègues à s'inscrire et donc la première question Vivette Lopez. Oui, merci monsieur le président. Donc, j'aurais trois trois petites questions à vous poser.

Vous avez évoqué qu'actuellement le deuxième fournisseur de gaz était les États-Unis. Mais par rapport à la Russie, est-ce que vous pourriez nous dire quelle est la différence de coûte ? Est-ce que c'est pareil pour l'Europe ?

Est-ce que c'est le même ? Voilà. Euh notre question, la Chine a-t-elle une politique dans la région sur l'énergie par notamment et qu'en est-il avec l'Inde ?

Et compte tenu de sa position géographique de Hub comme vous avez évoqué, la zone est-elle en 2026 une poudrière ou une zone de coopération forcée ? Je vous remercie. Merci pour pour vos questions.

Alors, tout d'abord sur le le coût de de des importations, j'ai pas les chiffres exacts, mais le les importations par gazoduc qui sont des infrastructures que je première carte que je vous ai montré qui sont installées depuis très longtemps, le le coût du transport a été largement amorti. Donc ce qui le moins cher pour transporter du gaz et puis d'ailleurs différentes matières premières, ça va réellement paraître être par infrastructure terrestre. Donc il y a également un coût donc bien sûr financier quand quand ça arrive par méanier mais ce que ce que je souhaiterais souligner c'est le coût notamment environnemental des de des importations de gaz naturel lesqufi américain sur l'ensemble de la chaîne de valeur industrielle he depuis la production amont du gaz de de de chist jusqu'à son transport par métannier à travers du coup l'océan Atlantique.

Euh donc voilà, il y a un différentiel de coûts dont je j'ai pas les chiffres, désolé. La 2e question euh sur la Chine, oui, bien évidemment euh la Chine a des intérêts dans la région euh notamment au sein pour le corridor du milieu euh que que je vous ai montré également euh sur une carte qui relie la Chine à la Turquie par euh euh le l'Asie centrale. Il y a des financements en fait, ça fait partie de de son projet de Beltro initiative et donc il y a des financements très importants de la Chine pour le développement de ces infrastructures ce des ports georgiens, des des infrastructures notamment également en Azerbaïdjan pour développer ce corridor mais également en Turquie qui reçoit de nombreux investissements de la part de la Chine et qui ont pour le coup une convergence enfin des intérêts convergents communs sur le développement de de ce de ce corridor terrestre intercontinental qui permet de contourner également les routes traditionnelles du corridor nord qui passent par la Russie.

Et donc là, avec l'ensemble des sanctions et puis la la posture actuelle de la Russie, l'ensemble des acteurs régionaux, les pays d'Asie central qui sont très enclavés, mais également la Chine et la Turquie sont très frants de développer des interconnexions, voilà, qui qui permettent de contourner la Russie. Et enfin, la dernière question euh pardon, l'Inde ? Euh l'Inde est un pays qui va recevoir du du pétrole de de la de la part de la Russie.

Euh mais il y a bien évidemment également énormément d'infrastructures qui sont en train de se développer dans la zone, mais là on s'écarte tout à fait de de la zone mer noire et également de de mon expertise sur la dimension poudrière ou coopération forcée. Je pense qu'on n'est pas dans une coopération forcée hein. Il y a une expression qui dit qu'on a la on a la enfin avec notre géographie, on a la la pardon, on a la politique de de notre géographie.

Donc l'ensemble des acteurs de la mer noire euh bah ne sont pas forcés de coopérer. C'est naturel et ça a été vu de manière en revenant euh dans l'histoire, on on a des échanges constants comme dans tout espace maritime. Après, il y a bien évidemment euh diverses tensions.

Euh en terme de poudrière, euh bah il y a cette tension et cette crainte de du du d'une d'une invasion russe peut-être en Moldavie ou de tensions qui vont s'étendre. Euh mais entre les pays d'Europe du Sud-Est, on voit une réelle coopération, en tout cas notamment sur le le plan énergétique et la Turquie a a très largement euh euh enfin voilà développe ses alliances à une diplomatie euh multi multiaxe plutôt plus apaisée dans la région euh en ce moment. Merci beaucoup Olivier Sigalotti, pardon.

Juste peut-être quelques éléments de complément si si vous le permettez sur le gaz russe, il faut tenir aussi compte du fait que la Russie continue d'exporter du gaz naturel liquéfié y compris vers l'Europe et dans des volumes assez intéressants et qu'en fonction de la saisonnalité, il y a une augmentation parfois des piqus d'importation. Je songe à cet été par exemple avec un de nos voisins l'Espagne qui face aux très fortes chaleurs a eu besoin de se fournir très rapidement en volume sur les marchés spot et donc là commande des mètres cubes de gaz naturel liquéfi compris russe qui continue d'arriver quand il fait très froid aussi il faut faire faut chauffer et donc on commande aussi beaucoup de gaz donc et l'avantage du gaz naturelfié c'est qu'il a cette flexibilité cette agilité en fonction de la demande du marché évidemment que les infrastructures dont parlé de Noémi relèvent de de modèles d'affaires qui sont tout à fait différents. C'est des contrats de long terme avec des prix fixes euh qui sont pas donc comment dirais-je sujets aux fluctuations du marché mais qui d'une manière général est évidemment beaucoup plus bas au milieu de mètres cubes de gaz que ce qu'on achète à la commande sur le marché en fonction de de l'urgence de la de la demande.

Poursuivre sur l'aspect énergie, les États-Unis ont mis récemment sous sanction deux très grosses entreprises énergétiques russes, Lukoil et Rosneft. Et je vais dire un mot de Ly qui était une entreprise pétrolière russe qui avait beaucoup misé notamment sur l'étranger, qui disposait beaucoup d'actif à l'étranger euh en Europe, en Afrique et Moyen-Orient ailleurs et qui par conséquent du fait de se retrouver sur la liste de de l'OFAC est contraintte de vendre ses actifs à prix cassés et euh Louil était particulièrement présent en Bulgarie qu'une raffinerie notamment qu'elle qu'elle détenait mais également en Turquie, vous pouvez trouver des services fournis par LOL notamment pour les aéroports. Et pour le kérosène des avions, ce qu'on constate c'est que euh le repreneur a priori pressenti de ces actifs pour la partie bulgare et certainement pour la partie aussi allemande puisqu'il y a une raffinerie détenue par LOL qui a tout simplement assuré le le l'essence pour Berlin va être cette reprise doit être assurée par le fond Carlle. je pense qu'il est pas nécessaire de présenter et qui est donc américain et ce qui fait que les Américains voient leur volume d'exportation d'hydrocarbur vers augmenté mais aussi potentiellement ils vont mettre la main sur les structures qui permettent de raffiner en plus et d'acchal j'allais dire certains marchés donc en mer noire et ailleurs en en Europe.

Sur la Chine en mer noire sous l'aspect énergétique, j'ai pas grand-chose à ajouter. Moi, ce que je constatais avant la guerre, c'est que les Russes et les Chinois se livraient à des exercices conjoints en mer noire. Les bateaux de guerre chinois étaient invités dans les ports russes.

Alors les Chinois ne se rendaient pas en Crimé, il poussaient pas quand même jusque là. En revanche, ils allaient à Novorisque, à la base navale russe de Novorossisque. Et c'était un petit peu un jeu de, j'allais dire, de renvoi d'ascenseur puisque les bateaux russes, eux aussi évidemment faisaient des visites d'escal et dans des ports chinois et y compris dans des zones de tension à l'autre bout du globe.

Euh donc on voyait qu'il y avait un petit un jeu de de renvoi et où il s'est pollé sur notamment sur ces ces aspects là de donc de diplomatie navale et de de hisser le pavillon. euh mer noire poudrière ou coopération forcée. Pour l'instant, on constate une tendance à la militarisation qui est pas nouvelle.

Donc évidemment, quand on s'équipe en armement et que et qu'on achète de l'armement, c'est évidemment un élément qui pousse faire peut-être la la l'hypothèse de poudrière. Euh je pense que beaucoup dépendra de la fin et des modalités de la fin de la guerre en Ukraine. Où est-ce qu'on va arrêter les combats, comment ça va dans quelle mesure ça va tenir ?

Est-ce que ça va repartir ? Euh les garanties de sécurité et cetera. Mais pour l'instant, moi je constate que la mer Noire est surtout mise sous cloche du fait de la la convention de Montreux qui gèle notamment tous les aspects liés à l'introduction de nouvelles forces navales en mer noire.

Merci beaucoup Olivier Sigalotti. Merci monsieur le président. Madame, monsieur, vous avez évoqué la la zone d'influence que constitue aujourd'hui la mer Noire et vous l'avez parfaitement décrite et sur les aspects énergétique et diplomatique.

Il se trouve que notre commission va s'intéresser également cette année à la situation en en Syrie. Vous avez évoqué rapidement l'influence turcoor-russe, russe au nord et et turc au sud de la mer noire. Est-ce que vous pensez que dans l'hypothèse d'une d'une stabilisation de la situation en Syrie, d'une normalisation des relations, la mer noire pourrait constituer une potentialité dans la réexploitation ou ou la réouverture de certains gisements pétroliers en Syrie ?

Est-ce que les relations actuelles et et les relations futures pourraient permettre effectivement sur ces aspects énergétiques une reprise des des exportations du pétrole syrien ? à travers la Turquie et plus largement euh à travers la mer Noire. Merci de de donc pour cette cette question.

Le dans l'hypothèse où c'est gisement pétroliers qui sont donc situés dans la partie orientale hein de la de la Syrie. Euh dans l'hypothèse où le le gouvernement de de transition de monsieur Acchara parvient à remettre la main dessus, ce qui s'embête le cas à l'heure actuelle à la remettre en exploitation puisque il a repris la propriété, on va dire au CDE. Euh j'ai le sentiment que les besoins de la Syrie sont tellement immenses qu'il sera d'abord mis à profit pour électriser alimenter la Syrie en tout ce qui est nécessaire. essence, chauffage, électricité et et à l'issue de sa première année au aux affaires, monsieur Alchara a quand même eu le plus grand mal à comment dirais-je à stabiliser la situation puisque c'est on peut difficilement parler d'une situation calme dans dans le pays.

Donc, j'ai du mal à imaginer du pétrole syrien à ce stade qui rentrerait dans un mix énergétique quelconque ou dans des pipes quelconque, même si les infrastructures existent et notamment le terminal pétrolier de Bagnas qui était là alors mais qui a plus tendance à recevoir finalement des hydrocarbures et notamment des coups de pouce de la part de la Russie qui envoie des des du pétrole mais pas seulement pour dans sa logique en fait de péréniser son empreinte en Syrie. Je vais pas m'attarder dessus mais j'ai plus j'ai du mal à imaginer pour l'instant des exportations. servira à mon avis vraiment à la Syrie.

Pardon. Pour compléter aujourd'hui la Turquie envoie du gaz azerbaïdjanais à la dans dans le nord de la Syrie pour justement alimenter les besoins syriens. Donc je je je je souscris à l'analyse qui a été faite.

Voilà. Euh par contre, ce qu'on voit qui est intéressant, c'est que euh l'entreprise turque TPAO a signé euh là euh la semaine dernière un accord avec euh euh des une avec l'entreprise British Pétroléum pour aller exploiter du pétrole à Kirkook. Euh donc là voilà, il y a il y a plus un un un un un tournant vers le le l'Irak et avec la Turquie qui va se positionner effectivement euh à Kirkou dans la région Kurde.

Donc ça c'est un développement assez intéressant euh qui euh qui était là depuis longtemps mais qui qui se confirme très très récemment. Merci Mirou. Merci monsieur le président.

Je vous remercie pour cette présentation qui nous apporte de nombreux éclairages sur cette région avant notre déplacement dans les mois qui viennent. Trois petites questions. Tout d'abord, quelle est la politique des États-Unis dans la zone alors qu'ils semblent vouloir approvisionner l'Europe avec leur gaz naturel liquéfié, mais ont annoncé un retrait d'une partie de leur troupe en Roumanie.

Ensuite euh je voulais évoquer également le projet turc du Canal d'Istanbul. Euh le passage des D3 et la grande inquiétude stratégique russe depuis 3 siècles. Faut-il craindre une remise en cause de la convention de Montreux ?

Et puis enfin, quel regard l'historien porte-t-il sur la politique française dans cette région ? La mémoire de la guerre de Crimé de 1853 en particulier est très faible en France. Du coup, une question comment devrions-nous être accueillis en Moldavie, en Bulgarie et en Roumanie ?

Merci. sur la positionnement américain cool où je je réalisais un projet notamment sur la présence et intérêt américain dans la dans la région de la mer noire et c'est donc quelque chose que j'ai toujours tenu à suivre depuis pour voir un peu comment ils se positionnaient, quelle était la lecture qu'il faisaient de leurs intérêts et dans quelle mesure ça pouvait coïncider ou pas avec les intérêts européens et dans quelle mesure ça rentrait en compétition avec les intérêts des puissances régionales. Et ce que j'ai d'abord constaté, c'est que les Américains, contrairement à d'autres régions du monde, en ce qui concerne la mer Noire, n'ont pas de stratégie à une approche qui peut être autant.

Ils ont une approche bilatérale, ils discutent avec les Turcs, ils ont des affaires avec les Russes à l'époque, il y a le Caucase mais c'est pas forcément considéré comme un ensemble homogène. Donc ils peuvent avoir une approche qui paraît un petit peu comme ça parfois un petit peu déstructurée. Euh il y a évidemment des enjeux de sécurité qui les concernés au premier chef. du fait de leur présence à l'époque en Afghanistan dans le Caucas du Sud avec la coopération à une certaine époque qui était très poussée avec la Géorgie de monsieur Sakavili par exemple.

Euh tout ceci évidemment n'existe plus. Les Américains ne sont plus en Afghanistan. il se sont retiré d'Irax, ce qui a fait perdre de ce point de vue-là l'intérêt à leurs yeux de la mer Noire qui n'a a perdu un peu ce rôle de plateforme de projection si vous voulez ou de plateforme de hub avec les bases en en Roumanie par exemple ou les bases même en Bulgarie.

Euh en revanche, il subsiste toujours un intérêt euh lié à au aux intérêts d'affaires et donc aux intérêts pétro pétrogasier énergétiqu aux grandes firmes américaines évidemment qui euh qui ont qui ont l'oreille visible. C'est un projet alors qui est un qui est suivi côté russe pour des raisons que je vais vous expliquer mais on peut tout à fait imaginer que ça présente un intérêt direct pour la pour la Russie à plus d'un titre mais d'une certaine manière ça ne rentre pas forcément en contradiction avec la convention de Montreux. Je m'explique, la convention de Montreux 1936 porte sur trois objets juridiques.

Le D3 du Bosfort, la mer de Marmara et les Dardanel qui sont qualifiés dans leur ensemble de régions des D3 par on l'appelle par plus rapidement les D3 turcs d'Ardanel au sud mer de Marmara Bosfor au nord le projet de Canal Istanbul ça vise à relier finalement la mer de Marmara à la mer noire à travers un bras de mer artificiel qu'on va créer sous la corne d'or. Enfin, si vous connaissez la géographie d'Istanbul, vous voilà, vous voyez ce bras de mer, ce fiorde qui rentre un petit peu dans la ville et puis qui va ressortir un peu plus haut au niveau du nouvel aéroport d'Istanbul, donc sur la côte de la mer noire. Tantez si bien que les restrictions qui s'appliquent au bâtiments civils, au bâtiments de guerre, au bâtiments des pays riverins ou au bâtiments des puissances extrarégionale resteront les mêmes puisque ils sont soumis à ces restrictions dès lors qu'ils pénètrent dans les Dardanel, qu'il stationnent dans la mer de Marmara et ou alors à contrario dès lors qu'il quittent la mer noire et rentre euh dans la mer de Marmara si vous voulez.

Euh ça va pas forcément soustraire ces navires-là à ses restrictions en terme de franchissement, de tonnage ou autres. Les Russes en fait, contrairement à une idée un peu reçue, on pourrait certainement penser qu' il y a un intérêt pour eux à ce que ce canal Istanbou surgisse parce que comme vous dans le Bosfort, vous avez pratiquement deux navires par minute, mais quand je parle de navir, c'est des tankires qui franchissent le bosfort. Bref, vous avez un embouteillage.

Il y a eu des situations d'accident même parfois parce que je crois qu'à la partie la plus étroite, il y a il y a seulement quelques kilomètres en fait entre la rive asiatique et la rive européenne. Donc il y a pu avoir des situations même de d'accident et donc finalement pour les Russes dans la logique que je présentais tout à l'heure d'interface critique pour le commerce russe bah si jamais il y a quelque chose qui permet plus de fluidité qui a payé d'ailleurs un droit un peu plus élevé he pour parce que les Turcs vont monétiser dans l'idée canal Istanbou évidemment eux ça leur va puis ça leur permettra d'exporter plus vite et de pas attendre pendant plusieurs jours en mer de Marmara d'un côté pour recharger ensuite en mer noire ou au contraire pour sortir en en mer. Euh ce que je comprends après, c'est que c'était un projet canal Istanbul qui du point de vue de la politique intérieure turque et surtout la politique stambuliouliote était contesté par l'ancien maire monsieur Imamoglou qui qui entravait en fait le déroulement de ce projet pour tout un tas de raisons puisqu'il n'y a plus son opposant numéro 1 euh vu que celui-ci est en est en est évidemment en prison.

Euh, tu veux poursuivre sur la mémoire peut-être l'historique de la France et euh sur les les la politique américaine, d'un point de vue historique, justement les États-Unis ont très très largement soutenu l'ensemble du développement des corridors allant vers l'Azerbaïdjan qui permettait d'aller diversifier les les les importations européennes en terme de gaz et de pétrole. Donc euh les voilà, il y a un vrai soutien de cette politique énergétique en mer Noire euh qui est soutenue par les États-Unis avec euh euh des investissements de diverses entreprise notamment dans les champs gaziers en amont euh notamment en Mercaspienne. Euh voilà euh sur euh et puis il y a également euh le le Trump a lancé ce ce cette initiative trip de de de transport qui relierait l'Azerbaïdjan à l'Arménie, une initiative pour la paix.

Donc on verra ce que ça donne en terme de réalisation. C'était une annonce euh mais voilà, on voit qu'il y a quand même un investissement et notamment sur cette question des corridors euh dans dans la région. Euh il y a également enfin la Turquie est acheteuse de GNL américain en fonction de ses besoins.

C'est pas un de ses premiers fournisseurs mais il y a les capacités. La Turquie a divers terminaux GNL et puis du coup il y a cette flexibilité qu'apporte le gaz naturel les qufiers. Euh sur le canal d'Istanbul.

Juste un mot, c'est effectivement un projet dont on entend parler depuis depuis un moment. Euh ça fait maintenant plus d'une plus d'une dizaine d'années et euh là euh dernièrement effectivement ça revient sur la scène, mais il y a toujours d'un point de vue très concret, il y a pas euh enfin voilà, il y a il y a pas d'accord, euh il y a pas de de de le le le travaux n n'ont pas du tout commencé et on en est plutôt assez loin assez loin. Euh donc euh donc voilà, je petit bémol sur la réalisation réelle de ce type de très grand projet qu'on appelle des serpents de mer dont dont dont dont de nombreux existent.

Euh voilà, c'est c'est tout pour moi. J'avais pas spécialement de d'éléments sur les intérêts français plus spécifiquement dans la région. Merci Olivier Kedic.

Merci monsieur le président, merci pour votre présentation. Je euh j'aimerais parler de l'Union européenne par rapport à cette zone et nous avons trois pays candidats à l'accession à l'Union européenne qui sont Rivin, la mer Noire, l'Ukraine, la Turquie et la Geéorgie. dans le contexte des tensions accrues donc en mer noire de l'expansionnisme russe en quoi une réponse favorable de l'Union européenne à la candidature d'adhésion de l'Ukraine constituerait-elle un levier géostratégique majeur pour la stabilité régionale et la sécurité du continent européen ?

Ne pourrions-nous pas penser qu'au regard des tensions en mer noire, l'Union européenne devrait considérer la candidature turque avant tout sous un angle géostratégique malgré les divergences persistantes en matière d'état de droit et de valeur démocratique ? En gros, j'ai j'ai envie de vous demander si on faisait adhérer simultanément dans le même esprit que ce qui s'est passé dans les années 90 avec les pays d'Europe de l'Est. l'Ukraine, la Turquie, la Geéorgie, vous pourriez refaire votre carte et est-ce que vous pensez pas que ça serait une bonsuader la Russie, de poursuivre ces opérations ?

Merci. Je je bon euh alors question très intéressante. Euh d'un point de vue stratégique, ça pourrait effectivement être intéressant euh après dans dans la réalité des relations actuelles avec les différents pays, je pense que c'est difficile de traiter les trois de la même manière, notamment la question de de de l'Ukraine et de la Turquie.

Euh je vais commencer par la Turquie. Euh je je alors la Turquie est toujours officiellement candidate à l'Union européenne mais dans les faits, je pense qu'il y a plus le même engouement que celui qui avait il y a peut-être une vingtaine d'années de la part du gouvernement turc mais également de la population et de la société civile dans son ensemble. euh le le les nombreux refus euh qui ont eu lieu ont certainement menuisé les euh les le la détermination euh d'adhérer.

Euh et la Turquie aujourd'hui a une posture euh de de enfin voilà vraiment de d'alliance multiple. Je pense qu'aujourd'hui euh dans sa politique régionale et internationale, c'est quelque chose qui fait sa force se rattacher à l'Union européenne. Voilà.

En fait, je sais pas si c'est quelque chose aujourd'hui qui est encore tout à fait voulu et qui d'un point de vue stratégique sera intéressant pour la Turquie. C'est une question que je me pose euh concernant l'Ukraine. Je laisserai peut-être plutôt Igor dire un mot et et la la Géorgie semble peut-être un petit peu loin.

Si on avait pas d'adhésion de la Turquie, il y aurait pas de continuum territorial, ce qui semblerait assez compliqué d'un point de vue de la logique européenne et justement de cette question de de périmètre et d'extension au moment où l'Union européenne actuellement a déjà énormément de dissension en interne. Voilà. Et est-ce que aller intégrer la géorgiste en continuum territorial ferait sens ?

Et quand quand à quant à l'Ukraine, bien évidemment, ce serait un enjeu très stratégique pour pour l'Union, enfin pour l'Ukraine, mais certainement pas dans un contexte de conflit. Donc c'est c'est ça sera pas immédiat. Merci.

Alors pour pour qu'on faire quelques quelques ajouts, la question c'est effectivement de savoir dans quelle mesure ces trois pays souhaitent ou pas adhérer à l'Union européenne. C'est-à-dire pour l'Ukraine, c'est clair, ils sont preneurs, ils exigent même un fast track comme on dit euh compte tenu de la situation. Du point de vue de la Russie, je comprends que désormais le le paramètre de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne comme étant une des modalités qui permettrait de mettre fin au conflit ne constitue plus un obstacle.

Euh les Russes semblent avoir lâché là-dessus et être comment dirais-je favorable en tout cas ne pas s'opposer à l'idée que les que l'Ukraine rentre un jour dans l'Union européenne. Là-dessus, il y a pas je constate pas vraiment d'opposition comme on peut le constater par exemple sur l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN. Bon si tentait que les pays de l'OTAN s'entendaient sur une adhésion ukrainienne, ce qui est pas le cas aujourd'hui mais évidemment sur l'OTAN c'est une fin de non recevoir.

Et là c'est un paramètre bloquant et rédibitoire sur l'Union européenne en revanche non. Ils ont pu un peu fluctuer sur la question au début du conflit. Aujourd'hui, ils ont ils ont lâché là-dessus.

Euh sur la Géorgie, je rejoins ce qui a été dit, je constate à je doute qu'il y a une appétence à s'avancer davantage dans un processus de d'adhésion et même d'intégration au sein des structures européennes. Surtout que il y a quand même des zones grises qui subsistent en Geéorgie avec Abkasi au Céti du Sud. Alors ça nécessiterait de la part des Européens de se dire est-ce qu'on peut admettre un pays qui a des zones grises avec une présence de troupe russe d'ailleurs sur le territoire qui est contesté.

C'est encore un élément qui constitue, me semble-t-il plutôt un frein plus qu'autre chose et qui était d'ailleurs fait partie de la stratégie qui était employée par les Russes dès les années 2000-2010 pour enrayer ce mouvement que je décrivais tout à l'heure d'extension des structures euro-atlantiques à travers une logique de garde fou avec la transnistrie, laciléti du sud des conflits à la résolution gelée qui empêchaient certains pays bah d'aller plus en avant dans une logique d'intégration européenne ou euro-atlantique. D'autre part, dans l'hypothèse où ces pays-là, admettons étaient d'accord de son sont preneur de rentrer et puis pourrait rentrer indépendamment des échéance, la question va se poser d'ailleurs, on va constater, si vous voulez un déplacement du centre géographique de l'Europe plus vers l'Europe orientale, les Balkans. Alors, en tant que français, on peut se poser la question, est-ce que c'est dans l'intérêt de la France de voir ce centre géographique se déplacer un peu plus à l'est, sud-est ou pas ?

Peut-être que ça l'est, moi je je n'en sais rien. Mais ce qui pose aussi en question sous-jacente, celle des Balcans et des pays qui sont candidats à l'adhésion dans les Balkans. Il y a la Serbie avec qui a des discussions pas évidentes, question du Kosovo, d'autres pays.

Est-ce qu'il resterait dans l'angle mort ? Est-ce qu'ils ont vocation à rentrer avant ? Vous voyez donc il y a plein de de questions si on est dans une logique d'homogénéiser la zone finalement puis un petit peu le l'idée que vous aviez dans votre question de se dire qu'une logique plus homogène de bloc face à la Russie, on est peut-être plus crédible.

Et sur la crédibilité, mon dernier point, c'est donc la question de la sécurité puisque un élargissement de l'Union européenne, évidemment ça suppose des responsabilités supplémentaires notamment matière de sécurité. Alors la Turquie est membre de l'OTAN, la Géorgie ne l'est pas, l'Ukraine ne l'est pas dans l'hypothèse l'hypothèse d'une reprise d'hostilité en Ukraine sous je ne sais quelle temporalité, voir peut-être pourquoi pas d'un conflit en Geéorgie, là aussi une question question de crédibilité pour les Européens. Qu'est-ce qu'on fait ?

Comment ça se passe ? Quelle modalité ? Et on voit aujourd'hui les difficultés qu'ont les représentants européens à s'entendre sur ce projet de coalition des volontaires que le président Macron essaie de de pousser.

On voit que les Américains ne sont pas du tout intéressés par assurer la garantie de cette coalition là. On parlait tout à l'heure de d'amenuisement de l'empreinte américaine dans la région. Nous, on pousse, il se retire, on demande des garanties.

Enfin, vous voyez comment est-ce que tout ça ça s'agence. Merci beaucoup Michael Valet. Merci monsieur le président.

J'avais une question qui j'ai une question qui touche un peu au même sujet que que mon collègue Olivier Cadiic mais pas exactement du même point de vue et pas exactement du même point de vue temporel. le l'intérêt de l'audition de ce matin et puis de la mission qui va être menée, c'est considérer les enjeux non pas d'une manière macro ou à partir des grands des grands ensembles ou des grands blocs sur lesquels on a l'habitude de de réfléchir ou de pas réfléchir justement, mais en prenant la zone de friction, de contact, de transit de Carrefour et je trouve que votre présentation de ce point de vue-là est extrêmement intéressante et vous avez vous même précisé tout à l'heure que pour les États-Unis, enfin pour les États-Unis dans la vision États-unienne, on va dire pour faire simple parce qu'il y a des gens qui réfléent réfléchisse partout évidemment, mais que grosso modo cette zone là n'est pas vue de manière de manière homogène et c'était une bonne illustration de votre de votre propos. Euh ce que je vais dire n'est pas une justification de tout ce qui s'est passé ces dernières années en contradiction flagrante et tout à fait condamnable clodron international, mais simplement pour essayer de de comprendre le de comprendre les points de vue avec les nuances que vous avez apporté par exemple du point de vue russe sur la question de l'importance de l'héritage greco-byzantin, de l'histoire longue depuis 200 ans sur la question de cette zone, du rapport avec les ottomans et cetera.

Il y a plusieurs penseurs des relations internationales ou de gens qui qui travaillent là-dessus, il y compris y compris d'anciens ministres français des affaires étrangères qui ont l'habitude de dire que malgré tout en 99 2000 et en 2015 on n' pas affaire au même Poutine enfin n'a pas affaire au même au même régime russe que il y a des discours qui sauf à considérer qu'ils étaient totalement totalement insincères ne sont absolument pas les mêmes devant le parlement allemand enfin je dire quand on repend au discours de Poutine devant le parlement allemand et à ce qui s'est passé par la suite, il y a il y a un léger faussé, il y a quelque chose qui s'est qui s'est passé. Alors, ma question est la suivante : qu'est-ce qui aurait pu, même si c'est facile après coup, être fait différemment pour éviter la conflictualisation ? Alors, comme on peut pas poser la question aux russes parce qu'ils sont pas là ce matin et évidemment, ils en ont en premier lieu la responsabilité, je le précise, on peut aussi regarder un peu de notre côté.

C'est vrai que si on se place du côté de la zone de manière homogène, vous avez montré tout à l'heure, alors c'est parce qu'il y a la l'annexion illégale de la Crimée par la Russie, mais c'est vrai que on est quand même sur une zone de de comment dire de friction maritime. la non intégration de la Turquie à un moment où ça s'est fait pour dire les choses claires pour des raisons culturelles parce qu'une partie des Européens avec une vision de petit blancs occidentaux voulait pas d'un état dont il considérait que c'était un état culturellement musulman. En fait, c'est pour ça que la Turquie a pas pu avancer dans son intégration dans l'Union européenne et absolument pas pour des considérations géostratégiques ou économique rationnel.

Donc la nonintégration de la Turquie, le poids prix de la Turquie dans l'OTAN parce qu'on a quand même une frontière militaire, on va dire du point de vue de l'OTAN avec des pays qui sont pas des parengons de stabilité. Le fait qu'on élargisse, peut-être certains considèrent un peu vite ou en s'étant pas posé la question de la dilution de l'Union européenne avec la Roumanie ou d'autres États et la question qui qui continue à se poser qu'on a entretenu de l'élargissement de l'Union européenne dont on a le droit de considérer que les grandes déclarations sur l'intégration de l'Ukraine sont presque à la rigueur pas respectueuses pour les Ukrainiens eux-même parce qu'en fait les gens qui le disent savent quand même que c'est impossible à moyen un terme ou avec la procédure accélérée. Enfin, ça serait mentir.

Qu'est-ce qu'on peut nous de notre côté, sachant encore une fois que c'est quand même l'agresseur qui est le fautif, mais qu'est-ce qu'on pourrait avoir loupé dans la prise en compte de l'altérité et de la vision de l'autre sur le long terme entre 2000 et 2015 du point de vue de la zone ? S'adresse. Merci.

Oui. Euh vaste vaste question qui d'ailleurs nous ramène à une autre enfin souvent grille de lecture qui a à mon avis intéressante pour la mer noire qui est celle de se demander si c'est finalement un centre ou une périphérie. Souvent cette dualité centre périphérie.

Euh pour les Russes on aurait tendance à dire que bah géographiquement c'est c'est périphérique. Alors que je pense avoir démontré que pour eux il y avait des éléments de centralité quand même qui sont prant pour les Turcs. C'est quelque chose de très consubstantiel le lire à la mer noire dans même dans le discours national et cetera.

Ce sont des C'est pour ça que ces deux pays finalement ont à eux deux une vision relativement claire finalement de ce qu'est cette région pour eux, ce qu'ils en attendent et de qui ils veulent pas y voir notamment. Euh pour l'Union européenne, on a mentionné tout à l'heure l'apparution d'un document stratégique récent, mais l'Union européenne réfléchit depuis au moins une quinzaine d'années, si c'est pas plus, à la mer noire. et parfois ça reste quand même assez nébuleux, on va dire ça comme ça, avec des stratégies qui sont pas toujours d'ailleurs très euh enfin qui ont tendance parfois un peu à se marcher sur les pieds.

Euh ceci étant dit, le Poutine de 99 et le Poutine de 2015 sont assurment pas les mêmes. Euh 99 2000, lorsque le Vladimir Poutine arrive aux affaires, il a une approche de la relation avec les occidentaux qui est tout à fait différente. qui est au contraire très ouvert à une relation à une pas parler d'intégration mais en tout cas une forme de convergence avec les occidentaux.

On a coutume de rappeler sa prise de position sur après le 11 septembre où facilite l'accès je parlais tout à l'heure de l'Afghanistan, donc des Américains à l'Afghanistan en permettant la l'accession à des bases qui permettent des opérations. On discutait à très haut niveau de d'hypothèse d'intégration de la Russie dans l'OTAN quand même, faut en parler. Euh secrétaire général de l'OTAN de l'époque était reçu au Kremelin.

Euh on cherchait à voir comment est-ce qu'on pourrait faire adhérer, dans quelles conditions et là ma compréhension c'est que le Yatus a été un des Yatus était sui dans finalement la Russie se retrouvait en position de devoir être demandeur. C'est-à-dire que on expliquait à la Russie que le MAP donc le plan d'accès pour la l'appartenance à l'OTAN, c'était pas quelque chose qu'on offrait mais c'est quelque chose qui était demandé et donc à partir de là il y avait un concert entre les alliés et on on l'octroyait. Enfin, c'est de la subtilité mais c'est important sur un pays comme la Russie de Est-ce qu'on demandeur ou à quelqu'un à qui on va octroyer finalement les Russes ont le sentiment qu'on les mettait sur un pied d'égalité avec Pays Balt, avec les Polonais et les autres.

Et donc ils avaient ce sentiment bah de de voilà que leur le fait d'être membre du P5, puissance dotée et cetera était complètement mis sur le côté et qu' disait on leur disait de prendre un ticket, de faire la queue si je voulais résumer un petit peu les les choses. Bon, je dis pas que c'est la seule chose qui n'a pas fonctionné mais c'était un des éléments un des éléments du yatus. Il y en a évidemment bien d'autres.

Euh donc le premier mandat de de Poutine je pense de voilà jusqu'à 2004 et les désillusions ont commencé ensuite à à s'empiler. Donc on pour revenir sur la région de la mer Noire qui nous intéresse ce matin, les révolutions de couleur, je veux dire en Geéorgie, en Ukraine et cetera ont été imputés à tort au raison par les Russes effectivement à l'action de de puissance occidentale extrarégionale. Et donc c'est un des éléments aussi du Yatus.

Je disais que cette région était au cœur de des griefs, hein, euh entre Russes et occidentaux. Qu'est-ce qui a été loupé ? Qu'est-ce qui a pas bien fonctionner ?

Je pense que déjà euh il y a un premier élément qui est la logique de jeu à somme nul. C'est-à-dire c'est une région qui est structurée par le jeu à somme nul. Ce que je gagne, l'adversaire le perd.

Ce que je perds, l'adversaire le gagne. Il y a pas de de d'entre deux si vous voulez. Et cette logique de jeu à somnul a été très très comment dirais-je évidente.

Bah lorsque un pays rentrait dans l'OTAN, bah la Russie considérait que sa ligne de défense entre guillemets ou sa zone d'influence bah reculait d'autant. Voilà, il y a pas d' entre deux hein, c'est comme ça. C'est on plantait un drapeau, une logique de trophée quelque part qui s'est instauré finalement dans les capitales de ces pays de la de la région.

Donc je pense que le jeu de somnul a était mortifère pour la la stabilité de la région et d'une certaine manière mais on peut comprendre que les pays de la région est envie de rentrer dans l'OTAN et besoin d'une sécurité garantie compte tenue de leur trajectoire et et de leur histoire. Autre élément, c'est qu'il y a eu des tiraillements entre à mon avis ces intérêts de certains pays de la région, les intérêts peut-être européens ou autres parce que pour des pays comme la Roumanie ou la Bulgarie dans laquelle vous allez vous rendre, le lien aux États-Unis est vite à les considérer comme vraiment étant essentiel pour leur sécurité. Pour ça que les bases qu'ils accueillent sur leur sol pour les forces américaines et notamment la la le bouclier antimissile qui est présent sur le territoire de la Roumanie avec les éléments d'interception sont des projets au long cours hein évidemment et et depuis bien avant l'administration Obama mais euh pour eux c'est c'est des éléments de garantie de sécurité et à ce titre là ils ont parfois peut-être tendance à mettre en avant bah prioriser leur relation peut-être avec les États-Unis au détriment peut-être la relation avec d'autres bah avec avec les Européens ou autres do faire des arbitrages qui sont pas toujours compréhensibles pour peut-être pour nous sur l'intégration de l'Ukraine. rejoint votre scepticisme.

Je j'ai du mal à imaginer une intégration même à comment dirais-je avec un fast track entre guillemets compte tenu bon déjà il faudrait que les combats s'arrête mais même une fois que les combats sont arrêtés vu l'ampleur des réformes structurelles et du chantier euh ça me paraît assez illusoire de de vendre en fait aux opinions publiques une intégration accélérée ou alors il y aura des répercussions en terme d'image et de double standard pour d'autres pays qui seront à prendre en compte. Merci beaucoup. Et enfin Mouoli.

Merci pour toutes ces ces infos. Il y a des questions que mon collègue Michael peut poser que moi je pourrais pas poser dans les mêmes termes parce que c'est c'est dégalifié. Mais je vais revenir.

Moi, je j'ai vu je voulais effectivement revenir sur un d'ailleurs vous remercier. C'est vrai que c'était très intéressant. Il y a beaucoup de choses étaient dites donc je tombe un peu sur la fin donc c'est on risque dit.

Mais nous, on avait vu dans notre justement mission sur la Baltique et tout ça, le rôle de l'Artic et l'arrivée effectivement des Chinois dans le sillage des Russe. Je prends cet exemple là et d'où l'inquiétude des Américains, l'histoire du Groenland qui confondaient avec l'Islande mais comme ils confondent l'Albanie et l'Arménie, c'est pas gênant. Euh on va avoir des gaz qui vont fonctionner, c'est sûr.

Et donc moi elle est elle est c'estàd que en fait je voulais avoir votre regard sur les enjeux et le rôle effectivement avec ce retour des impérialismes. Est-ce que le paradigme est en train de changer ? et le rôle effectivement de de la Turquie justement dans cette dans ces négociations parce que vous avez parlé effectivement de la Turquie qui allait être un H central et tout ça mais elle a quand même un rôle assez particulier en étant à la fois dans l'OTAN et à la fois jouant avec les Russes et les Chinois notamment sur les investissements. un quand même quelque chose une un peu une inconnue qui se joue dans la mer noire et puis là-dessus donc j'avoir votre avis là-dessus et puis l'autre élément vous avez effectivement parlé donc on a parlé de la mer noire du contrôle de la mer noire et cetera alors effectivement depuis que la Russie a perdu son navire amiral tout ça on dit qu'ils ont perdu le contrôle de la mer noire moi je voudrais avoir aussi votre analyse là-dessus parce que on dit qu'ils ont perdu enfin on nous vend ça en terme de stratégie en disant qu'effectivement leur marine comme on avait dit que leur aviation était nulle mais que la marine était nulle et qu'il perd un peu le contrôle.

Et donc je voudrais avoir aussi votre regard parce que on voit bien que aujourd'hui il y a le fait notre rupture avec la Russie nous ferme quand même à l'Europe et à la France beaucoup de portes on le voit bien sur l'article les enjeux l'article sont des enjeux essentiels. Les portes comment elles sont fermées alors que les Chinois ont accès aux données y compris scientifiques. ce qu'on a plus le cas et à votre avis quel quels sont les enjeux aussi pour nous l'Europe sur la mer noire notamment de l'accès y compris scientifique à la biodiversité et cetera dans cette situation qu'on est en train de vivre et surtout ce changement de paradigme.

Merci. Oui, ça va me permettre de revenir un peu sur la relation russe au-ur qui est assez énigmatique à mains égards. Alors, il on a déjà donné des éléments sur lesquels je vais pas forcément revenir, mais euh c'est une une bonne une relation qui a été nouée depuis plusieurs siècles de voisinage, de guerres, multiples guerres russo-tures, plus d'une dizaine à travers l'histoire. qui se connaissent évidemment très bien, mais ce que je veux dire, c'est que la mémoire est toujours présente.

Notamment quand vous parlez avec des Turcs, avec des chercheurs turcs ou enfin des contreparties turc, c'est quelque chose qui est quand même toujours très sous-jacent. On parlait tout à l'heure de Tlon, j'aime bien faire dans Brodel, bon le Ton Brodélien, ça veut dire quelque chose dans cette dans cette zone là. Euh c'est un partenariat, je vais déjà géoéconomique parce que ils ont une une vigueur un commerce bilatéral qui a été démultiplié depuis 2022 l'éclatement de la guerre.

Aujourd'hui, la Turquie doit être le 3è partenaire économique de la Russie avec près de entre 55 et 60 milliards de dollars de commerce bilatéral. Évidemment, avec une balance commerciale structurellement prophicitaire pour la pour la Russie. euh des exportations de céréales d'hydrocarbure avec des comment des réexportations sur la Russie depuis la Turquie de toute toute commodité qu'on peut qu'on peut imaginer.

Euh évidemment des projets structurants extrêmement puissants. On a parlé de la centrale nucléaire d'Akuyu, la première centrale nucléaire construite en Turquie par l'opérateur atomic russe Rossatome euh qui donc est en train de de poursuivre ce projet. D'ailleurs dans les grappes d'entreprises qui se viennent se greffer sur ce projet là, il y a beaucoup d'entreprises étrangères et certaines qui sont très proches de de chez nous.

Donc c'est un marché aussi pour ces entreprises là. Il y a évidemment tous les tubes et relations énergétiques qui ont été présentées par Noémi et des convergences très fortes sur la convention de Montreux. Ça c'est vraiment un élément sur lesquels ils s'entendent, c'est-à-dire que ni l'un ni l'autre ne veulent voir à aucun prix la convention de Montreux remise à plat d'une quelconque réexamen de la sécurité régionale.

Parce que pour les Turcs, la conv la sécurité en mer noire, c'est la convention de Montreux et pour les Russes, la convention de Montreux est un des éléments de la sécurité régionale. Pour d'autres pays, c'est au contraire un facteur d'insécurité parce que les Ukrainiens préféré voir des bâtiments américains arrivés en mer noire. Et voilà, évidemment, vu les paramètres du texte, ce n'est pas possible.

Pour les Turcs, pourquoi c'est important ? Parce que ça garantit la souveraineté de la Turquie sur les D3. Ça c'est vraiment l'élément fondamental pour les Turcs compte tenu de l'histoire de la région et des guerres qu'il y a eu pour le maîtrise de CD3.

Et parfois la nombreuses fois la Turquie a perdu la souveraineté sur ces ces territoires là à la faveur de différents textes. Et pour la Russie, ça lui donne une visibilité, une compréhension sur qui peut rentrer, combien de temps, comment en mer noire y rester séjourné. principalement les bâtiments de guerre de l'US Navy pour pas les citer euh puisqu'il y a des limites en terme de de séjour et de tonnage euh en fonction évidemment du pavillon et la nationalité du bâtiment.

Maintenant ce qui est fascinant dans les relations russes au-tures, c'est que euh lorsqu'on prend l'arc de de crise qui s'étend, on va dire, de la Libye jusqu'à l'Asie centrale en passant par la Syrie, par Chypre, par éventuellement les Balkans, par l'Ukraine, par le Caucas du Sud, ils sont d'accord sur aucun des dossiers, c'est-à-dire ils sont part et d'autres détranchés chaque fois. Pour autant, la force de leur relation, c'est que ces multiples crises ne constituent pas autant de verrou pour la relation bilatérale. C'est-à-dire que ils arrivent à fonctionner en compartimentant les différents.

Finalement, ils ont fait l'inverse de ce qu'on fait les occidentaux et les Russes sur l'Ukraine. L'Ukraine est devenue le verrou pour toute la relation. C'est dire tant que l'Ukraine n'était pas résolue depuis 2014, on va dire Maidan 2013-24, on s'interdisait d'avancer sur le reste ou alors de manière extrêmement précautionneuse.

Les Turcs, c'est pas du tout ça avec les Russes. Ils sont pas d'accord sur la Syrie, sur la Libye et cetera. Pour autant, ils continuent de fonctionner, de se parler, de se rencontrer, de faire du business.

Il y a pas de sanction. il y a pu en avoir, ils elles ont été levées. Donc ils ont une approche, ce que je veux dire, qui est très pragmatique, euh désidéologisée euh et finalement il parle un peu le même langage qui suit effectivement des intérêts euh et notamment nos intérêts d'affaires, mais pas seulement.

Donc si je voulais caractériser leurs relations, je dirais que c'est de la compétition coopérative ou de la coopération compétitive comme vous voulez. Parce que évidemment que la question de la la confiance n'est pas nécessairement le paramètre structurel, c'est d'abord la question des intérêts et ils savent très bien passer des alliances comment dirais-je locales, tactiques, temporelles, faire des des manœuvres vraiment transactionnelles très très limitées pour pouvoir avancer même si la visibilité à long terme parfois est un petit peu voilà pas évidente à déterminer surtout au-delà de la personnalité d'Erdogan et de Poutine quit de la relation bilatérale lorsque ces deux leaders à poigne c'éont passeront témoin. Voilà, ça c'est une évidemment une une interrogation.

Sur l'Union européenne, il y a un élément souvent qu'on qu'on oublie sur la mer noire, c'est c'est le Danub. Le Danube, c'est quand même un point d'entrée sur la mer noire qui est extrêmement intéressant, qui d'ailleurs dans on parlait de la guerre de Crimé tout à l'heure et faisait partie des paramètres de règlement de la guerre de Crimé, une commission à l'époque qui était montée sur la navigation à travers le Danub. C'est un axe économique très important pour toute l'Europe centrale et jusqu'au Balcon.

Il y a des questions évidemment de pollution qui viennent se poser et ça c'est évidemment un débouché en tout cas un axe qui est euh qui est pour l'instant enfin vraiment enfin qui dépend de l'Europe. Je vais dire je reviens tout à l'heure mon hypothèse de tout à l'heure à laquelle je ne crois pas ce jour-là. Si les Russes poussent jusqu'au Danub, ça changera complètement le rapport de force parce qu'ils auront la ils auront un déboucher sur le déboucher si vous voulez.

Aujourd'hui, je n'y crois pas vu le rapport de force sur place, mais on peut imaginer qu'à un moment donné ça a été quelque chose qui était scénario maximal. Euh, imaginez à Moscou. Mais euh voilà, je m'arrête là sur cette réponse là.

Merci beaucoup. Pardon euh Rachid Tal pour terminer. Merci.

Euh merci président. D'abord saluer le fait que vous y citez Fernand Brodel. Donc c'est que déjà c'est une bonne chose.

Je pense que c'est important de le rappeler que le temps long a un sens et que l'histoire a un sens dans tout ce que nous nous évoquons parfois dans l'immédiaté et de l'actualité. Euh moi j'ai j'ai un pas de côté mais parce que beaucoup de collègues ont posé des questions qui sur le sur la partie euh j'ai deux questions. La première c'est sur la partie énergétique parce que on voit quand même que tous les projets sont autour de l'énergie fossile.

Et donc la question c'est euh justement comment par rapport à des enjeux de transition énergétique comment tout seul a un impact parce que plus on met de gaz auuc et moins on a tendance à à se dire qu'il faut transformer les choses donc qui a quand même un impact. Donc est-ce que là-dessus il y a des projets autour de de la moite sur notamment sortir de cette énergie fossile ? parce que là on est en train de structurer parce que vous l'avez montré avec des projets qui vont d'ailleurs demain reliés à la fois la Turquie et Pékin et donc on voit que cela va matricer.

Et deuxième question, vous l'avez dit rapidement mais pour juste vous permettre de développer un peu, sur la question du rapport de l'Europe à cet espace là puisque vous l'avez dit, il y a une il y a une stratégie mais qui vous paraissait un peu alors peut-être pas nébuleuse mais en tout cas qui mérite d'être clarifié si je veux être un peu voilà un peu il y a encore un peu de travail à faire si j'ai bien compris votre et la question c'est c'est quoi notre regard concrètement dessus au quotidien c'est c'est quoi la politique européenne si on pouvait la définir en quelques phrases c'est quoi la politique aujourd'hui de l'Union européenne vis-à-vis de cet espace politique là. Merci. Merci pour votre question.

Alors effectivement, j'en ai pas parlé mais il y a d'autres types de projets qui ne concernent pas que que des gazodau du que un câble électrique sous-marin est en projet pour justement traverser la mer Noire pour relier l'Azerbaïdjan, la Geéorgie et la Roumanie ou la Bulgarie de l'autre côté de la de la mer Noire. Ce ce câ intéressant parce qu'il s'agit également en fait toutes les quand quand on regarde la géopolitique des pipelines très souvent c'est des enjeux de contournement de territoire notamment parce que un territoire commence à avoir trop d'importance comme le transit de gaz en Ukraine et là en l'occurrence ce ce corridor électrique qui qui contourne la Turquie ce qui est assez intéressant et la l'Union européenne soutient ça parce que la Turquie commence à être un petit peu comme l'Ukraine un territoire où converge énormément de de pipeline. euh enfin de de d'infrastructure de manière globale.

Euh donc voilà, ça c'est un un un premier un premier élément où justement l'Union européenne cherche à sortir du du tout fossile. Et il y a une réglementation européenne également euh qui alors j'ai plus le texte exact en tête, mais l'objectif c'est de ne plus financer des infrastructures gazières. notamment ça pose une question dans le les véléités de l'Union européenne de diversifier leurs approvisionnements et de remplacer les importation russe par bah du gaz de qui qui viendrait d'ailleurs.

Il y avait la question de la du de la du doublement de la capacité du corridor sud-européen, donc le Transanatolan pipeline qui relie l'Azerbaïdjan à l'Europe du Sud-Est en passant par la Turquie. Sauf que vu que l'Union européenne ne finance plus à partir je crois que de 2027 euh des des infrastructures gazières, il y a la question du financement qui se pose. Euh il y a aussi la question de en face est-ce que l'Abaïdjan aurait suffisamment de capacité de production gazière pour remplir ce pipeline ?

Ça c'est c'est un autre sujet. Concernant le corridor du milieu, c'est pareil, j'ai j'ai pas développé mais en fait c'est un corridor qu'on qualifie de multimodal, c'est-à-dire qu'on n'est pas du tout que sur du gazoduc ou de l'oléoduc. C'est avant tout un système ferroviaire, donc quelque chose enfin c'est un des moyens les les plus décarbonés en terme de transport pour justement enfin voilà relier du coup la Chine à l'Europe et en fait on va avoir un ensemble d'infrastructures donc ferroviaires routières mais aussi portuaires et maritimes qui vont du coup constituer ce corridor du milieu.

Donc euh ce ce corridor du milieu, il permet également d'importer des matières premières nécessaires à la transition énergétique notamment en provenance du Kazakhstan, de l'Osbéistan et de Turkménistan. Euh par exemple, je sais qu'il y a il y a du nickel euh en au Kazakhstan et et d'autres terres rares et et minerais et il y a également de l'uranium. Donc potentiellement ça pourra ça pourrait permettre de transporter des matières premières qui soient non non fossiles.

Donc ça c'est voilà c'est quelque chose qui qui est pris en compte concernant les politiques de chacun de ces états. Il y a des des objectifs de réduction de de leurs émissions de gaz à effet de serre et de sortie des fossiles. Par exemple, la Roumanie, je l'ai évoqué, est un cas très intéressant avec un mix électrique quand même très décarboné.

Donc ça c'est c'est quelque chose d'intéressant. La Turquie, elle a une stratégie en terme de d'énergie renouvelable qui est qui qui qui est très importante, qui s'est développé au fil de ces dernières années avec une industrie euh nationale qui se développe également et qui qui voilà qui va rechercher l'autonomisation de de ben voilà pour ne pas être trop dépendant d'acteur extérieur. Donc voilà, l'Azerbaïdjan également de manière beaucoup moins importante mais va également avoir une politique de verdissement de de manière globale et puis va c'est aussi un moyen d'aller attirer les investissements européens pour voilà pour continuer à à financer des infrastructures.

Donc c'est pas du tout absent. Euh et puis d'ailleurs dans la stratégie euh européenne mer Noire là la la plus récente de 2025 euh il y a tout un enjeu enfin il y a tout un chapitre sur cette thématique et donc les financements vont certainement continuer à affluer notamment dans tout ce qui va être interconnexion électrique et dans l'électrification euh euh de voilà de de tout ça. Merci.

Alors euh qu'est-ce que représente la mer Noire pour l'Europe ? Je dirais que pendant longtemps, il me semble que la mer noire a été un horizon pour pour l'élargissement, ce qu'on pourrait appeler un réservoir de candidat puisquil y avait des pays qui souhaitaient adhérer, qui entre-temps sont devenus membres de l'Union européenne. Donc c'était d'abord un horizon, je parlais de centre périphérie, là je pense que c'était même un horizon avant donc forcément plutôt une périphérie.

Puis des accords de partenariat avec Geéorgie, Arménie, Azerbaïdjan. On voit, on sait qu'aujourd'hui on a quand même sentiment aujourd'hui que le train est un petit peu loupé avec certains de ces pays, des chapitres qui ne sont plus discutés. Il y a des choses plus prometteur prometteuses peut-être avec avec l'Arménie, mais bon, d'une manière générale, la grande époque de la fin des années 2000, début des années 2010 est quand même est quand même derrière nous en terme de de dynamique.

Il y avait d'autre part l'Union européenne avait la capacité à pourvoir enfin comment dirais-je à apporter à ces pays alors futur adhérant ou nous primo primo nouvel nouvel adhérent pourrait dire des éléments en matière de sécurité mais de sécurité entre guillemets légère la gestion des frontières par exemple la la lutte contre l'économie grise la criminalité internationale la corruption c'était des choses que qui étaient plutôt d'ailleurs bien faites mais on s' quand même aperçu très vite au fur et à mesure des années 2000 et surtout à partir des années 2010 que la région de la mer Noire était une région qui était surtout comment dirais-je enfin dépendante de dynamique de sécurité dure. On parlait d'élargissement de l'OTAN, de conflit gelés de je rappelle le conflit entre la Russie et la Geéorgie en 2008. Bon et là à ce titre là c'était pas tellement l'Union européenne me semble-t-il qui était attendue par les pays de la région ou qui était scruté par les pays de la région.

C'éta plutôt l'OTAN, les Américains ou les pays dans leur individualité, une aide britannique, une aide canadienne, que sais-je ? Et donc ce cette ce paramètre si vous voulez de sécurité dure pour moi, il reste encore très très présent. Aujourd'hui, la région de la mer Noire, c'est une zone déstabilisée et c'est une zone aussi qui exporte de l'instabilité.

En Baltique, dans le Grand Nord, vous parlez tout à l'heure du du Grand Nord, on voit que les tensions qui sont incubées et qui s'expriment aujourd'hui avec violence dans la région de la mer Noire en Ukraine sont en train de se répercuter jusque sur des fronts qui étaient calmes jusqu'à présent comme l'Arctique par exemple. Il y avait plutôt une logique de coopération, la compétition économique, on voyait des choses sous-jacentes. Mais là, on voit un durcissement des rapports.

Je parle même pas de la Baltique où là on voit vraiment des tensions s'exprimer très fortement. Donc c'est aussi cette cette dimension d'exportateur, je dirais, de de d'instabilité que l'on peut que l'on peut déceler. Euh dans la politique que les Européens ont tenté de façonner à l'égard de la mer noire, certains pays prétendaient, certains pays de l'Europe européens prétendaient incarner une forme de leadership du fait de leur géographie. parle, je pense à la Grèce qui pendant un moment euh se voyait bien incarner un petit peu la je dirais le voilà le fleuron de la politique européenne dans la région, du contenu de la géographie, de leur histoire, du commerce maritime qui est extrêmement puissant entre la Grèce et ces régions-là. ce qui a pas toujours été du d'ailleurs du coup de certains de d'autres pays, c'est un petit peu ce qu'on pu faire les Polonais ou les Baltes dans la le cadre du partenariat oriental si vous voulez être un peu à la manœuvre pour pour façonner les choses.

Bon euh donc si vous voulez ce que ça représente aujourd'hui, j'ai quand même le sentiment que ça reste toujours quand même plus une périphérie que un centre. euh que sur la sécurité dure qui est aujourd'hui structurelle, incontournable dans la zone. Bah les Européens tentent évidemment de comment dirais-je de de de pousser leurs intérêts, mais ça reste quand même tout ceci tourne quand même largement autour de l'OTAN, ce que l'OTAN peut apporter en tant que tout simplement machine pour sécuriser la zone.

Mais on voit une fois encore, je parlais la coalition des volontaires que président Macron et puis monsieur Starmer, donc même si les Britanniques sont plus dans l'Union européenne, mais essa de pousser ce projet parce que ce qui est en jeu aujourd'hui en Ukraine, c'est aussi la crédibilité de l'Union européenne en tant qu'acteur sécuritaire notamment, vu les positions politiques qui ont été prises depuis 2022, vu les sommes colossales qui ont été envoyées à l'Ukraine en matière d'aide, vu le matériel militaire lui aussi tout aussi colossal qui a été envoyé, euh si les choses se passent pas bien, il y aura un enfin il Il y aura un préjudice réputationnel pour dire les choses de manière un petit peu en rondeur qui va être cataclysmique. Et donc on comprend que pour les Européens, il y a évidemment un enjeu là qui qui est très important et qui est scruté, certainement scruté par des pays autour de la région qui voient voir comment est-ce que Russes Européens Ukrainiens vont se déptrer de cette de cette histoire. Pour compléter sur la vision de l'Union européenne sur la mer Noire, la dimension énergétique a quand même été très structurante dans la enfin la stratégie européenne au sein de la région depuis le début des années 90.

En fait, depuis la la fin de l'URSS, l'Union européenne soutenue par les États-Unis, d'un point de vue stratégique s'investisse très très largement pour justement aller diversifier ces ces questions d'approvisionnement et l'Asie centrale et la Caspienne étant particulièrement riche également en fait voilà la mer noire se enfin constitue réellement un pont entre les deux et notamment à la place de de la Turquie. Euh il y a également la question de la Méditerranée orientale. Euh là du coup on s'écarte un tout petit peu de la mer noire mais en fait ça ça va vraiment amener la euh la la stratégie euh euh énergétique européenne à regarder ces régions avec beaucoup d'intérêt parce que l'Union européenne, elle avait euh des ressources qui sont en train de diminuer drastiquement et donc on va aller vers de plus en plus d'importations extérieures euh sauf s'il y a un tournant vers une décarbonation très importante, mais là ce sera d'autres types d'importation et d'autres types de dépendance notamment vers l'Asie et la Chine.

Voilà vraiment la la dimension énergétique a été très très structurante dans les stratégies de la mer Noire et on voit quasiment tous les 10 ans ou tous les 5 ans des nouvelles stratégie et très régulièrement aussi des nouveaux projets de pipeline. Il y a eu le projet Nabuco qui a été très très important au début des années 2000 qui vont aller porter justement cette relation et cet investissement de l'Union européenne notamment en terme de financement également au sein au sein de ces pays. Bien merci beaucoup pour cette audition.

On a pour habitude d'avoir une vision géopolitique un peu globale euh ou en tout cas d'aborder ces questions de manière assez globale avec en ayant une vision des grandes lignes de fracture entre les grandes puissances et finalement cette audition que à laquelle vous venez de nous de nous intéresser. Elle nous permet d'avoir un prisme régional évidemment qui nous permet d'avoir une vision différente de ce que de ce que de ce qu'est la complexité en tout cas de cette région et la question énergétique évidemment et on s'en rend compte avec cette audition est absolument fondamentale. Donc merci beaucoup, ça nous permet de d'éclairer notre notre vision des choses et puis je pense que ça ça je dire ça justifie peut-être plus encore la mission que nous avons décidé de lancer autour de cette région de la mer Noire.

Donc merci infiniment pour votre vos interventions et puis merci d'avoir accepté de venir nous apporter ces éclaircissements. En tout cas, bonne journée à vous et merci. On vous retrouvera j'espère en tout cas prochainement.

Je une petite information pour mes collègues, j'ai quelques quelques informations paroissées à la faire. Donc si vousz quelques secondes, euh je vais le faire tout de suite, ça va être assez rapide. Euh donc nous devons donc procéder à la désignation Euh