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interviewBACKSEAT· 21 décembre 2024 50 min

C'est quoi le centre ? avec Erwan Balanant, fidèle de Bayrou

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Est-ce que tu connais le projet Terre Indigénat ? Ça se passe au Brésil, en Colombie et en Équateur. C'est un projet qui vise à protéger 18 communautés autochtones ainsi que 17 millions d'hectares de forêts amazoniennes. Ça représente à peu près quand même 3 fois la taille de la Belgique. C'est un projet incroyable qui est rendu possible par l'Agence Française de Développement qui est notre partenaire du jour. Je te mets en lien en description pour découvrir ce projet et plein d'autres qui sont absolument incroyables.

Erwann Balanant, on est très heureux de vous avoir ce soir parce que vous allez pouvoir nous aider à comprendre, notamment pour ceux qui ne le connaissent pas ou le connaissent mal, qui est François Bayrou et surtout, qu'est-ce que c'est que le Modem ? Si je vous demande à brûle pour point, c'est quoi l'ADN politique de ce parti politique, le Modem ?

0:37
Erwan Balanant

Alors, c'est peu connu, mais c'est un des partis les plus anciens de notre paysage politique. Je croyais que c'était le parti radical ? Non, c'est à peu près pareil. Le Modem, il a été le grand frère du Modem. C'est le parti populaire démocrate et qui a été créé en 1924. Donc, c'était les 100 ans cette année. Et c'est un parti qui, au moment de la montée du communisme et du capitalisme qui se mettait en contradiction au communisme, a créé une voie centrale, une voie centrale qui était portée par Marc Sannier. Marc Sannier, c'est le sillon. Et Marc Sannier, c'est l'inventeur des mutualités, c'est l'inventeur des coopératives.

Et donc, le mouvement démocrate, en réalité, il est dans cette lignée démocrate, c'est-à-dire un courant démocrate qui se met au centre. Mais moi, je n'aime pas tellement le centre. Je n'aime pas ce mot. Non, j'aime bien le mot démocrate. D'accord. Et quelle différence vous faites ? Pourquoi vous n'aimez pas le mot centre ? Parce que le centre, quand on parle du centre, ça veut dire qu'on met... On oppose, on met une place centrale, on met un centre et puis on met une droite et une gauche. Et moi, je pense que notre monde est un peu plus complexe que ça. Par contre, il y a des courants qui sont démocrates, humanistes.

D'ailleurs, par exemple, les sociodémocrates, le parti socialiste, on a une proximité avec eux. Même si souvent, on s'est un peu séparés. Et j'ai toujours trouvé ça dommage. Et d'ailleurs, dans le moment politique que nous vivons, j'espère qu'on va pouvoir se retrouver.

2:08
Présentateur

Alors, quand moi, j'explique à mes abonnés ce que c'est que le modem, je leur parle aussi...

2:12
Erwan Balanant

Ça doit être beaucoup de moqueries, j'imagine.

2:13
Présentateur

Non, alors détrompez-vous, parce que j'essaie au contraire d'expliquer ce que moi, j'en ai perçu. C'est l'importance de l'indépendance du centre. C'est le refus de l'UDF qui s'allie au RPR. C'est ça aussi, François Bayrou. Ce n'est pas n'importe quel centre.

2:29
Erwan Balanant

François Bayrou, une de ses grandes phrases, à un moment donné, quand l'UMP s'est créé, il a, au moment, après 2002, il a fait une sortie que moi, j'ai beaucoup appréciée à l'époque. J'étais jeune, mais je l'ai appréciée. C'était, si on pense tous la même chose, on ne pense plus rien. Et c'est ce qui fait un peu notre particularité. C'est qu'on se met toujours en liberté, en indépendance, et avec cette idée, justement, d'être un courant démocrate. Avec cette idée de mettre la démocratie au centre des préoccupations. Pour nous, la démocratie, c'est ce qui permet à chaque citoyen de, tout simplement, de prendre des décisions et des bonnes décisions.

3:17
Présentateur

Donc, effectivement, François Bayrou a refusé de soutenir Nicolas Sarkozy et sa droite décomplexée au pouvoir. Mais le modem a également refusé de soutenir François Hollande et les sociodémocrates, dont vous disiez que vous aviez pourtant des atomes crochus. Alors, pas tout à fait, parce qu'en 2012... Au second tour ?

3:35
Erwan Balanant

Au second tour. C'est vrai, vous avez appelé à voter Hollande. Contre Sarkozy. Contre Sarkozy. M. Bayrou, à l'époque, ne souhaitant surtout pas un deuxième mandat de François Bayrou. Il avait fait un livre qui s'appelait... De Sarkozy. De Sarkozy. Ça commence à tirer nos histoires-là. Il a donc, comment dire... Il a appelé à voter François Hollande. D'ailleurs, il l'a appelé à voter François Hollande sans vraiment de calcul, et peut-être imprudemment, parce qu'il n'avait rien prévu. Et il n'avait pas de délai, peut-être, ce qu'il aurait pu être un groupe. Oui, ça, d'ailleurs, François Hollande ne lui a rien offert. Ah ben, c'était même pire que ça.

C'est-à-dire que l'EPS, dans sa grande mensuétude, lui avait mis un candidat, une candidate, dans sa circonscription. Et en 2012, François Bayrou n'a pas été élu député. À cause des socialistes. À cause des socialistes. Exactement. Incroyable. Comme quoi, parfois...

4:25
Locuteur 6

Emilio ? Oui, M. Balanant, bonsoir. Bonsoir. Il se trouve que vous l'avez évoqué, on est dans une période politique où François Bayrou, donc, vient d'être nommé à Matignon. Il est le sixième ou septième, je ne sais même plus, j'arrive même plus à compte. Donc, il est le quatrième premier ministre de l'année. On a eu donc Elisabeth Borne, Gabriel Attal, Michel Barnier et François Bayrou. Et on nous dit, on entend la petite musique médiatique, il nous dit, François Bayrou, ce n'est pas la même chose. Ce n'est pas la même chose que les macronistes.

Alors, moi, j'aimerais que vous nous expliquiez quelle est la différence entre la politique que vous porteriez, maintenant que le modem est à Matignon, et celle, par exemple, qui a été proposée par Michel Barnier. C'est quoi, concrètement, la différence ? Ou est-ce que tout ça, à la fin, c'est qu'une question de personne ?

5:09
Erwan Balanant

Alors, je ne pense pas, parce que, déjà, il y a une question de... un premier point de posture, et je crois que François Bayrou a bien conscient qu'il est, aujourd'hui, premier ministre, non pas parce qu'on a gagné des élections, personne n'a gagné des élections, il est là parce qu'il est la personnalité et qu'un certain nombre de personnes, et le président en particulier, ces personnes ont pensé qu'il était le plus apte à créer une coalition qui serait suffisamment large pour tenir. La faute originelle de Barnier, c'est que son gouvernement, il penchait à droite. Moi, c'est pour ça que je ne souhaitais pas tellement qu'on s'y engage.

Bon, il y a eu des ministres qui y ont été, on a soutenu parce que le moment était grave, et parce que je pense qu'il fallait avancer. Mais François Bayrou a l'envie, et j'espère qu'il va y arriver, de faire un gouvernement équilibré avec des personnalités de gauche, des personnalités du centre et des personnalités de la droite modérée. Et sur le fond, ça se traduit comment ? Sur le fond, par exemple, aujourd'hui, François Bayrou a annoncé que sur les retraites, on relançait la réflexion et qu'on allait travailler à peut-être changer un certain nombre de points de cette réforme des retraites qui a tellement crispé les Français.

Nous, sur la retraite, à l'époque, vous savez, on ne l'a pas voté puisque c'était passé par 49-3. Vous savez, parfois, on ne connaît pas vraiment le système du 49-3. Le 49-3, soit on vote la censure, mais on vote pour une censure. Vous l'auriez voté ? La censure ? Non. Le texte ? La réforme des retraites. J'avoue que j'aurais aimé qu'ils s'amendent et qu'on puisse aller au bout du processus. Et on avait des amendements, nous, qui sont des amendements, d'ailleurs, qui sont portés aujourd'hui par la gauche modérée, par le PS. Et quand on sait que...

Parce que sur les retraites, qui a été un vrai point de crispation et c'est normal parce qu'on est dans un monde où se dire qu'on va travailler plus, deux ans de plus dans certains métiers, c'est compliqué. Moi, je l'ai toujours dit et je suis dans une circonscription où les gens, ils travaillent dur. Ils sont dans l'agroalimentaire et travailler deux ans de plus dans l'agroalimentaire, c'est compliqué. Donc, nous, on pense qu'il faut revoir ça, qu'il faut revoir les critères de pénibilité, qu'on a un certain nombre de choses à imaginer.

Et nous portions, mais on ne va pas remettre le débat là-dessus, mais je pense que c'est peut-être un débat qu'il faut ouvrir jusqu'à l'horizon de la présidentielle, c'est-à-dire comment on revoit notre système de retraite pour qu'il fonctionne. Il ne tiendra pas aujourd'hui, il faut le savoir. Il ne tiendra pas.

7:39
Présentateur

Erwan Balanant, vous avez dit que Michel Barnier, son gouvernement penchait trop à droite et c'est ce que ne ferait pas François Bayrou pour ne pas connaître le même destin. Pourtant, il y a quelques minutes sur France 2, François Bayrou a déclaré qu'il souhaitait que Bruno Retailleau reste au gouvernement.

7:53
Erwan Balanant

Oui. C'est ça la droite modérée ? C'est vrai que, je le dis ici et je le dis sur d'autres plateaux, on est peut-être sur un bord qui n'est pas vraiment la droite modérée, surtout si M. Retailleau revient avec des obsessions migratoires. Alors, je ne sais pas

8:12
Présentateur

quelle est la négociation, est-ce qu'elle a gardé dans le package sa loi ?

8:15
Erwan Balanant

Sauf que, moi, de ce que j'en sais et de ce que j'imagine, c'est qu'il y a des sujets, enfin, de ce que je pressens, il y a des sujets, on ne va pas les remettre sur la table. On est sur une recherche de dénominateurs communs. On ne va pas se mettre à travailler sur la question asile, immigration, aujourd'hui. Déjà, moi, je pense qu'il n'y a pas le besoin, c'est une lubie de certains. Par contre, on a un vrai sujet sur lequel M. Retailleau pourrait avoir une vision intéressante et avec le contrôle des parlementaires et justement avec le contrôle. C'est la question du narcotrafic et la question du grand banditisme. Voilà. Si M.

Retailleau, qui, quand on est un homme politique de droite, on aime bien, excusez-moi, j'espère qu'il le prendra pas mal, mais montrer les muscles et jouer un peu des coudes sur ce sujet-là, il pourra travailler, je crois. Mais avec modération et en respectant l'état de droit.

9:09
Locuteur 6

A priori, ce n'est pas trop son délire, l'état de droit et la modération. Mais il faut dire qui c'est, Bruno Retailleau, il vient de l'extrême droite. C'était le droit droit de Philippe de Villiers qui, aujourd'hui, soutient Éric Zemmour. Est-ce que vous voyez beaucoup de différences entre Bruno Retailleau et Marine Le Pen, aujourd'hui ?

9:22
Erwan Balanant

Oui, oui, il y en a quand même. Oui, oui, il y en a. Ce n'est pas sur la posture, sur la radicalité, mais justement, après, il faudra arriver à contrôler et moi, j'avoue que je le dis, je ne suivrai pas certains délires qui seraient bien trop à droite. Après, le problème, c'est ça, c'est qu'on est dans une configuration extrêmement compliquée politiquement pour arriver à un équilibre. Donc, pour arriver à cet équilibre, il faut faire un peu de concession, évidemment, et ce n'est pas facile et on n'a pas cette culture dans notre pays, c'est vrai. Namou ?

9:57
Locuteur 3

Vous venez de parler de la recherche de dénominateurs communs, mais une fois que vous avez cherché tous ces dénominateurs communs, on va se retrouver à nouveau dans l'impasse ? Comment ça va se passer ? Vous allez être bloqué ?

10:09
Erwan Balanant

Non, moi, je ne crois pas. Je crois qu'on peut faire un budget. On peut arriver à faire un budget qui soit un budget qui répond à un certain nombre de préoccupations. On peut lancer des chantiers qui sont des chantiers qui permettent de reposer des sujets qui ont été des sujets qui crispent, par exemple la retraite, parce que la retraite aujourd'hui, entre la droite n'est pas satisfaite du système de retraite actuel, la gauche non plus et le centre non plus. Personne ne dit la même chose.

Personne ne dit la même chose, mais à peu près, et ça, c'est quand même un point qu'il faut retenir, c'est qu'à peu près toutes les forces politiques démocrates, républicaines, modérées du pays ont cette envie de consolider ce système par répartition, de le sauver et d'offrir un système de retraite à tous les Français. Donc voilà, on pourrait avoir des familles politiques qui seraient sur des modèles complètement différents, une capitalisation totale, ça pourrait, mais il n'y a pas ça. Donc on peut travailler, on peut travailler. Moi je pense, je ne sais pas ce qu'il a annoncé là tout à l'heure, mais je pense que... Il a dit qu'il y aurait un budget qu'il estime pour mi-février.

Oui, c'est à peu près ça parce qu'on va reprendre celui qui était en cours et on va l'amender, le travailler et on va l'amender, le travailler avec justement les forces de gauche modérées, j'espère, j'espère. Vous savez, dans cet hémicycle, en réalité, quand on y est, quand on y travaille, beaucoup, on se rend compte que sur plein, plein de sujets, on est très proche, on est très proche sur plein de sujets et il y a plein de crispations parce qu'il y a des, comment dire, des horizons présidentiels en 2027. C'est une des parties, une des choses qui crispe les débats.

11:53
Présentateur

Mais on n'est pas d'accord sur tout non plus. Vous avez fait une proposition sur la présidentielle dont on parlera un peu plus tard.

11:58
Locuteur 1

Safia ? Alors du coup, j'ai peur d'anticiper, mais du coup, bonsoir monsieur, moi je vous écoutais attentivement et quand on vous écoute, il y a trois éléments qui reviennent, la question d'avoir des ambitions de conciliation avec un esprit modéré et aussi la question démocrate, de la démocratie et c'est comme ça que vous vous définissez et notamment le modem. Je vous avoue que face à ça, moi j'y vois une contradiction majeure.

Est-ce que François Bayrou, Premier ministre d'Emmanuel Macron, dont les deux quinquennats ont été marqués par la violence contre les Gilets jaunes, des yeux qui manquent, des mains qui manquent, des 49-3 à gogo et notamment pour le budget et c'est pour cela que le gouvernement Barnier est tombé ? Est-ce que pour vous, vous n'y voyez pas des contradictions avec ce que vous nous disiez sur le plateau ce soir ?

12:43
Erwan Balanant

Ben non, justement, il faut changer de méthode et nous on l'a toujours prôné ce changement de méthode. Le problème du budget dans notre pays c'est que c'est ce qui marque le positionnement politique. Vous êtes pour un budget, c'est-à-dire que vous êtes dans la majorité. Vous êtes contre un budget, c'est-à-dire que vous êtes contre la majorité. C'est comme ça dans toutes les collectivités de France et à l'hémicycle. Dans toutes les collectivités de France, à peu près 90% des bords d'euros et des délibérations passent à l'unanimité. Par contre, le budget, non parce que c'est un marqueur. C'est un marqueur qui parfois est un petit peu surjoué.

Et donc, ça va être très compliqué de ne pas faire un budget en 49-3. Il ne faut pas se tromper parce qu'il peut y avoir des conjonctions et des votes de partis très contraires qui peuvent voter ensemble sur un certain nombre de sujets qui déséquilibrent complètement le budget. Et donc, c'est ça qui va être très compliqué.

13:40
Locuteur 1

Mais alors, du coup, ce qui définit, à mon sens, moi, en tant qu'intervieweuse, le modèle, le modem, pardon, lorsque vous me répondez, ce n'est pas tant la question de la démocratie si le budget peut passer en 49-3. C'est la question d'objectifs qui sont plutôt austéritaires et rationnés, à votre sens.

13:54
Erwan Balanant

Non, parce que, bon, déjà, je crois que parler de budget austéritaire sur les années qui viennent de se passer, c'est assez, économiquement, je pense que c'est un petit peu tendu quand on voit les dépenses qui ont été faites.

14:09
Locuteur 1

Je parle des propositions de budget.

14:11
Erwan Balanant

Oui, mais aujourd'hui, on a un mur, un mur de la dette qui est un vrai mur. Il faut trouver des solutions. Mais qu'on fait plier

14:20
Locuteur 1

aux travailleurs et aux travailleuses et aux étudiants

14:22
Erwan Balanant

et aux étudiantes. Alors, je ne vais pas être loin de me rapprocher de vous sur cette question. Parce que je crois que dans notre pays, on a un vrai problème. C'est qu'aujourd'hui, on est un pays pas très jeune. Donc, on est un pays avec beaucoup de retraités. Est-ce que vous savez cette dette ? Sur les 1 000 milliards de dettes supplémentaires depuis 2017, 500, c'est les retraites. Ce sont les retraites. 500 milliards, c'est les retraites.

14:55
Locuteur 6

C'est aussi les prêts aux entreprises avec des... Non, c'est le reste. C'est aussi des aides publiques non conditionnées. Oui, mais sociaux, économiques, environnementaux.

15:02
Erwan Balanant

Moi, je vais vous dire, les aides publiques non conditionnées, ce n'est pas tout à fait vrai. Moi, j'ai suivi le Covid. Après le Covid, on a massivement aidé les entreprises qui avaient des difficultés. Ces entreprises, il y a eu un vrai rebond. Moi, je vais vous dire, dans ma circonscription, j'ai été élu en 2017. En 2017, il y avait 11, 12 % de chômage. Aujourd'hui, on est à moins de 6. Avec quel taux de précarité ? La précarité, c'est un vrai sujet. Mais je peux vous assurer, monsieur, que quand on ne travaille pas, on est plus précaire que quand on travaille. Parce que, vous voyez, parce que si vous dites le contraire, c'est que vous allez donner du grain à moudre à monsieur Wauquiez.

Je rejoins, je suis d'accord. Voilà. Et donc, avoir de la création de valeur, que cette création de valeur ensuite soit bien répartie. Et c'est pour ça que nous, au Modem, on a eu une réflexion sur les super profits. On était les premiers à l'avoir. Avant même que LFI reprenne l'idée en se disant tiens, c'est pas con ça. Enfin, excusez-moi, c'est pas mauvais comme idée. Et bien,

16:09
Présentateur

voilà. Erwan Balanant, avant de réussir à mettre en place une politique, François Bayrou va devoir composer un gouvernement. Avec quelle force politique est-ce qu'il va le composer ce gouvernement ? On a vu qu'aujourd'hui, le Parti Socialiste a déclaré que, suite à toutes les réunions qu'il y a eues, il voterait leur censure contre François Bayrou.

16:26
Erwan Balanant

Oui, je pense qu'il monte un peu les enchères. Mais à partir du moment où François Bayrou pose la question des retraites et met la question des retraites sur la table, il y a un moment donné, il va falloir arrêter d'être ridicule. Parce que c'est le... Ils n'ont pas arrêté de nous dire c'est le totem les retraites. Si ça ne bouge pas sur les retraites, il faut qu'il y ait un bougé. Et puis je crois qu'à un moment donné, moi je veux bien qu'ils censurent de nouveau. Ils censurent de nouveau. Mais vous voyez, moi je vois chez moi des gens de sensibilité plutôt de gauche qui ont été choqués par la censure d'un certain nombre d'élus. Ils voulaient garder Barnier vos amis de gauche ?

Ben, c'est pas qu'ils voulaient... Oui, c'est pas qu'ils voulaient garder Barnier mais c'est qu'ils voulaient au moins qu'on ait... Ils voulaient au moins qu'on ait un budget à un moment tendu. Heureusement, on a réussi à s'entendre sur le PLS mais le PLS, ça ne résout rien.

17:16
Locuteur 6

Emilio ? Non, mais je vous entends... Vous dites, il doit y avoir un bougé sur les retraites parce que c'était le totem. En fait, il y a quand même une réalité politique du pays. Vous vous souvenez, comme moi, vous l'avez évoqué de la crise au moment de la réforme de la retraite où 90% des actifs étaient opposés à cette réforme. 80-80. 90. En tout cas, on était autour de 70%, entre 65 et 70% des Français au global qui étaient opposés. Il n'y a grosso modo que les retraités qui étaient favorables... Évidemment, ça permet d'augmenter leur retraite.

Aujourd'hui, vous nous dites, on fait un bougé, mais en fait, ce n'est pas une négociation de marchands de tapis, je le dis assez brutalement, mais il y a quand même une majorité et à l'Assemblée nationale pour abroger la réforme de la retraite et on a vu vos collègues macronistes et ce qu'on appelle le socle commun si opposé à faire de l'obstruction parlementaire pour éviter de bouger justement. Pourquoi aujourd'hui, vous nous dites, on va bouger sur les retraites alors qu'il a été dit, parce que j'ai fait mes devoirs ce que je vous disais tout à l'heure. Avant, j'ai appelé les participants à la réunion à Matineau aujourd'hui.

François Béraud a dit qu'il ne gèlerait pas l'application de la réforme de la retraite. C'est-à-dire que pendant huit mois, on va faire ce travail sans gel de la réforme de la retraite et ensuite, à la fin, François Béraud a dit s'il n'y a pas d'accord on continuera avec la réforme actuelle. C'est ça que vous appelez bouger ?

18:28
Erwan Balanant

Moi, je pense qu'il faut bouger plus que ça, oui. Mais vous savez, quand on est personnalité politique, qu'on est parlementaire, on peut porter sa voix et moi, je l'ai souvent fait. Est-ce que vous êtes la bouche ? Et juste pour vous dire, moi, je veux bien qu'on abroge la réforme des retraites. Je veux bien. Mais qu'est-ce qu'on fait à la place ? Je suis désolé, ça ne tient pas. Il y a des propositions qui sont sur la table. Non, oui, mais les propositions qui sont sur la table, elles ne sont pas... Elles reposent sur la dette ? Ça repose sur la dette ? Non, l'augmentation du point d'indice. Mais ce n'est plus... 0,15%. Alors, dans ces cas-là, ce n'est plus...

Non, mais non, l'augmentation du point d'indice, ça ne va pas créer de la valeur. Le problème, c'est qu'il faut créer de la valeur pour la redistribuer et pour faire de la répartition. Donc, on a un vrai sujet. Moi, j'adorerais partir à la retraite à 60. Je rappelle d'ailleurs qu'avant Mitterrand, en 81, on partait à la retraite à 65 ans. C'est bien pour ça qu'ils ont fait la retraite à 60 ans. Et avec des métiers qui étaient bien plus durs qu'aujourd'hui, bien plus usants. Mais avec des emplois

19:41
Locuteur 1

qui étaient stables et en CDI. Et maintenant, on a un marché qui est d'emplois atypiques à temps partiel.

19:46
Erwan Balanant

Oui, alors, ça c'est vrai, mais justement, c'est aussi pour ça qu'il faut poser la question de la dette. Regardez, moi par exemple...

19:52
Locuteur 1

Mais c'est les patronats qui ont demandé cette flexibilisation du marché du travail d'ailleurs. C'est le patronat,

19:56
Erwan Balanant

mais vous n'allez pas tomber dans un truc complètement anti-patron.

20:06
Locuteur 1

Attendez, on a quand même un grand patronat qui a fait des bénéfices records et on vient nous dire...

20:11
Erwan Balanant

Vous expliquez sur du plateau la lutte des classes ou par ici ? Non, j'ai cru comprendre. Je lis le petit autocollant sur l'ordinateur de madame. Tous les riches sont des voleurs. Bon, je ne partage pas ça.

20:26
Locuteur 1

Quand on exploite des gens, en tout cas, effectivement, pour leur force de travail, moi j'appelle ça être voleur. Mais bref, c'est un autre sujet.

20:32
Erwan Balanant

Non, c'est un sujet important parce que justement, nous au Modem, on a une tradition historique complètement différente sur ça. Tout à fait. Je vous le rappelle, c'est nous qui avons inventé les scopes, tous ces mécanismes-là.

20:46
Locuteur 1

Pendant que nous, on revendiquait le contrôle ouvrier des entreprises par contre les ouvriers de diriger.

20:50
Erwan Balanant

Entre les scopes et le contrôle ouvrier, vous savez qu'il y a des convergences.

20:54
Locuteur 1

En tout cas, le fait est que les scopes n'ont pas fait prendre le pouvoir aux travailleurs.

20:59
Erwan Balanant

Moi, je veux bien le contrôle ouvrier mais à un moment donné, quand une entreprise et certaines entreprises ont un besoin de financement, alors effectivement, parfois c'est le riche et le riche, parfois c'est des scopes et parfois c'est des situations de rente et c'est ça qu'il faut lui dire. C'est souvent des situations d'action arrière. Et je suis entièrement d'accord et c'est là-dessus aussi qu'il faut avoir une vision de, je le redis, de partage de la valeur qui soit juste, équitable et qui permette la reproduction du modèle, c'est-à-dire qui permet de faire vivre notre modèle.

Mais je ne suis pas en train de vous dire que la vie qu'on a aujourd'hui dans ce pays est la meilleure au monde. Enfin, je peux vous dire une chose, c'est loin d'être la pire. Ça dépend pour qui.

21:39
Présentateur

Mais c'est intéressant, l'échange que vous avez eu sur le côté historique est intéressant. Il y a eu un moment où effectivement la démocratie chrétienne et les socialistes marxistes étaient prêts à marcher ensemble dans certaines directions. Comment ça se fait que le centre en France bascule systématiquement à droite ? Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai. Ces derniers temps, ces derniers temps.

21:57
Erwan Balanant

Non, ça a été, non, ce n'est pas vrai depuis 2007 et la création du modem, ce n'est pas vrai.

22:06
Présentateur

L'UDF avant

22:07
Erwan Balanant

avait quand même fini par faire... Il faut savoir ce que c'était l'UDF. L'UDF, c'était l'union de la démocratie française. C'était une... C'était le centre droit. Non, parce que l'UDF était une fédération de partis. Dans l'UDF, vous aviez le parti libéral, le parti de M. Madeleine qui effectivement était plutôt le centre droit libéral. Oui, c'est vrai. Et puis, vous aviez le CDS, le Centre des démocrates sociaux. Et le Centre des démocrates sociaux, dont François Bayrou a été président. C'était les radicaux de gauche qui n'étaient pas... C'était des gens qui étaient effectivement avec une sensibilité plus de gauche. Mais qui étaient dans un gouvernement de droite.

22:48
Locuteur 6

Ça lui dit d'Edouard Balladur et d'Alain Juppé, excusez-moi, c'est pas la gauche. Oui, oui. Sans forcément que le débat

22:54
Présentateur

soit sémantique, est-ce que vous me diriez qu'Emmanuel Macron depuis 2017 mène une politique équilibrée en même temps gauche et droite ? Est-ce qu'on peut encore maintenir ça ?

23:04
Erwan Balanant

Moi, je n'ai pas arrêté de dire qu'il fallait équilibrer les choses, oui. Vers plus de gauche et moins de droite ? Je ne sais pas si c'est plus de gauche ou plus de droite, mais vers une meilleure, par exemple, considération de la justice fiscale et la justice sociale.

23:23
Locuteur 1

En tout cas, ça a marqué votre parcours politique parce qu'il me semble que vous êtes effectivement retiré du modem trouvant qu'il y avait une sorte de droitisation au sein du parti. C'est quoi les justifications ? Parce qu'aujourd'hui, manifestement, vous y êtes retourné dans un instant où quand même le modem va s'aligner sur des budgets, des manières de réfléchir le monde qui sont par contre propres aux réunis.

23:44
Erwan Balanant

Mais vous n'en savez pas, vous n'en savez rien.

23:48
Locuteur 1

Si on fait

23:49
Erwan Balanant

une grande conférence de financement sur les retraites, qu'on revoit un certain nombre de choses. Moi, j'espère qu'on va pouvoir travailler par exemple sur la question de l'économie sociale et solidaire qu'on porte depuis très longtemps. Mais François Bayrou ne va pas pouvoir faire ce qui serait l'ADN total du modem. Ça n'existe pas dans cette configuration. Aujourd'hui, il faut qu'on ait... On ne va pas faire de grands pas et de grands changements politiques dans cette période.

24:12
Locuteur 1

Mais pourquoi vous êtes revenu au modem dans ce cas-là si on est dans une période de crise de la Vème République qu'on ne peut plus rien faire ? Vous croyez encore au modem dans ce cas-là ? Oui, oui, oui.

24:19
Erwan Balanant

J'ai le droit, non ? Vous croyez encore

24:21
Locuteur 6

à la lutte des classes ? Vous croyez encore à la lutte des classes ? Bien sûr. Ça ne relève pas d'une croyance. Ah, ça relève d'une foi, alors. C'est la fois du siècle, mais c'est avec mon honorace débat plus tard.

24:34
Présentateur

On a toujours du mal... C'est très intéressant de vous écouter, Erwan Balanant. On a toujours du mal à imaginer ce que va faire François Bayrou dans les prochains jours comme composition de gouvernement et comme budget qui pourra esquiver une motion de censure. Mais mettons ça de côté deux minutes parce que François Bayrou a annoncé sa volonté de revenir sur l'interdiction du cumul des mandats. Ça a fait beaucoup discuter, ça a fait beaucoup parler. Je ne vais pas vous mentir, je suis assez radicalement opposé au retour du cumul des mandats, mais j'aimerais bien savoir ce que vous en pensez. Ça tombe bien, moi aussi. Ok, cool. Voilà.

25:04
Erwan Balanant

Je vais vous expliquer. Non, mais je crois que François Bayrou, il a une préoccupation qui est une autre préoccupation qui est importante, qui est de comment les parlementaires et les élus de manière générale ont une connexion au terrain et un ancrage. François Bayrou, et c'est pour ça qu'il a fait ce choix dont j'ai entendu tout à l'heure que vous vous êtes moqué d'aller au conseil municipal de Pau, il voulait montrer en faisant ça que c'était un élu qui était issu des territoires. Ça a été mal compris, voilà, et il faut comprendre que ça a été mal compris. Ça a été très mal compris, il faut assumer.

Mais, François Bayrou, par exemple, sur le gouvernement d'Atal, était furieux parce qu'il avait constaté que ce n'était que des urbains et que des gens qui habitaient au-dessus de la Loire. Il y avait une seule personne, je crois, qui habitait en dessous de la Loire. et la répartition était très très mal géographiquement répartie. Et donc, quand il a parlé du cumul des mandats, moi qui me suis bagarré pour la loi pour le cumul du mandat, alors je n'étais pas parlementaire encore. La loi d'interdiction, en l'occurrence, loi d'interdiction 2013-2014, le vote final, je crois. Oui, c'est vrai.

J'entends aujourd'hui un certain nombre de personnes et je les entends parce qu'il faut savoir évaluer, il faut savoir entendre, qui nous disent « Moi, avant, j'avais plus de connexions avec mon territoire. » Bon, après, moi, je suis persuadé qu'on peut avoir d'autres manières d'avoir des connexions avec ce territoire. Moi, je suis tous les week-ends dans ma circonscription, je prends des rendez-vous, je vois des gens, je vois des chefs d'entreprise, je vois les syndicats, je vois tout le monde et ce n'est pas parce que je serais conseiller, enfin, maire adjoint ou maire d'une petite commune que je serais plus connecté.

Je n'ai pas cette conviction mais par contre, la conviction de François Bayrou et qui est une bonne intuition, ça j'en suis sûr, c'est comment on a ce dialogue avec les territoires. Parce qu'aujourd'hui, si par exemple, en plus, on imagine la question de la proportionnelle, suivant le modèle de proportionnelle, on pourrait en voir encore plus de déconnexions et je pense que c'est important de venir de quelque part, de sentir les gens et de se faire engueuler. Je vais vous dire, moi, pendant les retraites, ça a été difficile. Sur mon territoire, ça a été difficile.

C'est un pays où les gens vivent de l'agroalimentaire et moi, je connais, j'ai été président d'une association d'insertion pendant dix ans et pendant dix ans, on a accueilli des gens qui avaient des difficultés du fait d'accidents de travail, etc. Donc voilà, et ça, c'est important parce que si je suis un élu apparatchik parisien et c'est bien aussi qu'il y ait des apparatchiks parisiens, il y a plein de choses qui se passent à Paris qui sont importantes pour notre société. Ce n'est pas la même chose que d'avoir un lien avec un territoire, une maison dans un territoire. C'est déjà pas mal,

28:05
Présentateur

une maison. On verra si François Bayrou ira jusqu'à proposer l'abrogation de l'interdiction du cumul des mandats et on verra si on devra se battre vous et moi ensemble contre cette... On verra, non mais on verra. Il n'a pas annoncé formellement un projet de loi, on verra. Un autre truc par contre que vous avez proposé, c'était en mars dernier, vous avez déposé un amendement pour proposer la suppression de l'élection du président de la République au suffrage universel direct. Et en plus, je vous proposez de revenir au septena. Pouvez-vous nous raconter cette idée institutionnelle ? Quand on fait de la politique, à certains moments,

28:35
Erwan Balanant

il faut faire un peu de provoque. Ouais,

28:37
Présentateur

ça va, c'est sage encore.

28:40
Erwan Balanant

Non mais oui, oui et non. Non, parce que c'est... Non, non, non, ce n'est pas si sage cette idée mais qui n'est pas complètement... Le sujet, moi, je veux qu'on se pose la question et je crois que tous les Français on se pose cette question, c'est la question de l'hyper-présidentialisation. Et elle n'est pas... Et ce n'est pas la personnalité, ce n'est pas que la personnalité d'Emmanuel Macron. Avant, il y a eu des hyper-présidents et depuis qu'on a le quinquennat plus l'inversion du calendrier, effectivement, c'est assez... L'hyper-présidentialisation...

Les pouvoirs du président sont extrêmement forts et moi, je ne crois pas, malgré parfois le talent des uns et des autres, je ne crois pas à la... Je crois beaucoup au collectif et je crois beaucoup au travail qui se fait en intelligence collective. Voilà. Un homme qui décide seul de tout, déjà, on lui prête des... Comment dire ? Un espoir qui tombe ensuite. et vous avez l'homme providentiel qui devient l'homme pestinentiel et c'est un vrai sujet.

29:52
Locuteur 6

C'est-à-dire que vous avez finalement assez mal vécu les sept dernières années dans la majorité dans laquelle vous vous trouviez ? Non,

29:58
Erwan Balanant

parce qu'il y a eu des très belles choses dans ces sept ans. Il y a eu des très belles choses et il y a eu des très bonnes décisions et moi, je vois mon territoire qui économiquement va mieux, par exemple.

30:08
Locuteur 6

Tout à l'heure, vous parliez

30:09
Erwan Balanant

de la précarité parce que moi, par exemple, vous savez, jusqu'à maintenant et j'espère que ça va tenir, l'association d'insertion dans laquelle j'ai été président, il y a eu un moment, ils avaient des difficultés à faire tourner l'association. Vous savez, c'est une association intermédiaire qui met à disposition des gens qui ont des tâches à faire, du ménage, des gens qui sont en parcours d'insertion. Eh bien, ils avaient du mal à fournir des heures parce qu'ils avaient du mal à trouver des personnes en insertion. Voilà. Alors après, sur la précarité, il y a un vrai sujet parce qu'on a aujourd'hui des coûts de certains postes qui ont augmenté et sur lesquels il faut travailler.

On a un problème sur le logement, on a un problème sur, comment dire, le carburant et les coûts d'énergie dans notre pays. Voilà. Et pour ça, il faut faire aussi les transitions.

31:01
Présentateur

Le modem a toujours été un grand défenseur du mode de scrutin proportionnel. Il y a longtemps que j'entends François Bayrou le proposer. Ça y est, le voici au pouvoir. Il se trouve qu'il y a un alignement de planètes assez impressionnant puisque le scrutin, le scrutin proportionnel est demandé par la gauche, par l'extrême droite et par le Premier ministre. Oui, j'espère. Il y a un moment, on va réussir.

31:20
Erwan Balanant

Pourquoi ça serait mieux déjà ? Expliquez, que propose le modem ? Il faut mettre le chantier sur la table. C'est-à-dire que les proportionnels, il y a autant de proportionnels que, j'ai envie de dire, que, je ne sais pas quoi d'ailleurs. Il y a beaucoup de personnes qui la proposent. Voilà, que personne qui la propose. Très bien. Il y a différents types de proportionnels. Là, aujourd'hui, prenons le... Et en plus, le modem les a toutes proposées les unes après les autres. Non, non, ce n'est pas vrai. On a eu du mal à trouver. Non, non, non, ce n'est pas vrai. Peu importe. C'est faux. C'est faux, parce qu'on a...

Moi, j'atterris plutôt sur le modèle à revoir un petit peu parce qu'il y a des changements démographiques, mais au modèle 85, élection 86, c'est-à-dire proportionnel par département. Voilà. Parce qu'on garde l'ancrage territorial et on fait une répartition départementale plus juste. Ça devient un scrutin de liste.

32:14
Locuteur 6

C'est ça, il faut expliquer que ça devient un scrutin de liste. Voilà. C'est-à-dire qu'on a une liste par département, par formation, et ensuite, en fonction du score, on voit ensuite combien telle liste a délu. Ça se passe comme pour les européennes, en gros, mais par départemental. Juste pour être clair et expliquer comment ça fonctionne. Voilà.

32:29
Erwan Balanant

Et avec un système de répartition, enfin, c'est très compliqué les proportionnels parce que suivant le système de répartition des restes, enfin bref, c'est... Aujourd'hui, on a une assemblée morcelée qui serait... qui est identique à beaucoup de pays, c'est-à-dire toutes les familles politiques qui sont quasiment représentées. C'est nouveau. C'est nouveau, hein.

32:49
Présentateur

C'est vrai. Non, non, mais c'est vrai. Surtout quand on a connu l'EPS et l'UMP.

32:52
Erwan Balanant

Voilà. Avant, on avait l'EPS, l'UMP. Les communistes. C'était un coup l'un, un coup l'autre. C'était une culture qui a été d'ailleurs un peu la culture de la première législature, c'est-à-dire celui qui gagne prend tout. Celui qui gagne prend tout. Et celui qui gagne qui prend tout, moi, je pense que ce n'est pas satisfaisant parce que ça crée des oppositions. Ça ne crée pas la culture du compromis. Et il faut que dans ce pays, nous passions à la culture du compromis, la recherche du consensus. Et par la proportionnelle, c'est quoi la différence par rapport à ce scrutin ? La même composition, mais qui aurait été élue par la proportionnelle, c'est quoi la différence ? Oui, c'est quoi ?

Eh bien, tout simplement, quand vous êtes élu à la proportionnelle, vous êtes élu sur des projets, vous n'êtes pas élu contre quelqu'un. Vous n'êtes pas élu sur un deuxième tour où vous avez désisté pour être contre quelqu'un. Effectivement,

33:42
Présentateur

il faut le préciser, il n'y a pas, dans le cadre d'un scrutin proportionnel, ça efface, dans la plupart des cas, les votes barrages, les votes utiles, les votes blocages, les votes...

33:52
Erwan Balanant

On vote pour quelqu'un qui est de gauche ou d'extrême-gauche, qui va voter pour, par exemple, quelqu'un qui est de gauche ou écolo, surtout, c'est parce que ça marche bien. En même temps,

34:04
Présentateur

vous-même, vous avez été élu grâce aux voix de la gauche et au Front Républicain. Oui, oui.

34:08
Locuteur 6

Et de la gauche tout court. Moi, je ne connais pas d'extrême-gauche dans le nouveau Front Populaire, mais j'aimerais que vous définissiez... Ah oui, vous avez parlé d'extrême-gauche dans l'ONF. Pour être totalement honnête, on croit à l'Assemblée avec M. Balanon, on a déjà parlé. Mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi il n'y aurait pas d'extrême-gauche, vous êtes à l'extrême-gauche. Non, mais il y en a une. Je ne suis pas la France Insoumise ni... Moi, je suis journaliste. Oui, de gauche. De gauche. Vous voyez quand vous voulez, vous y arrivez.

34:31
Locuteur 9

Non, mais attendez.

34:32
Locuteur 6

Non, mais j'aimerais que vous définissiez ce que c'est l'extrême-gauche parce qu'en fait, c'est un anathème qui est lancé en général. Moi, ce n'est pas

34:37
Erwan Balanant

comme un anathème, c'est juste un positionnement politique. C'est ceux qui sont le plus à gauche de l'extrême-gauche.

34:42
Locuteur 1

Ce n'est pas ça la définition de l'extrême-gauche. L'extrême-gauche, c'est une culture communiste révolutionnaire en France. Et la gauche, qu'elle soit radicale ou non, quand elle est institutionnelle, réformiste et qu'elle souhaite réformer le capitalisme, elle est simplement de gauche. Il y a une différence entre vouloir révolutionner et abolir le capitalisme et vouloir réformer et réguler le capitalisme. Non, mais c'est de la culture politique. Merci pour la culture politique.

35:04
Erwan Balanant

Je crois avoir une petite culture politique. Non, mais bien sûr,

35:07
Locuteur 1

mais c'est important de relier ce que vous dites, extrême beaucoup dans le débat politique.

35:12
Erwan Balanant

Oui, mais voyez bien que dans l'attitude, et peut-être que c'est une vision aussi de la société, des gens, des électeurs. Moi, les électeurs me disent qu'il y a une extrême-gauche, des gens qui bordélisent dès qu'ils peuvent bordéliser tout le temps. Voilà, pour eux, c'est extrême. Et comme ils sont à gauche, ils la considèrent comme extrême-gauche. Mais c'est la définition, mais chacun...

35:39
Locuteur 6

Non, il n'y a pas d'extrême-gauche. Donc chacun met la définition... Pierre Serna, l'historien, par exemple. L'historien Pierre Serna défend, il théorise que les macronistes, pas vous, pas le modem, vraiment, ceux qui sont issus du parti d'Emmanuel Macron, c'est l'extrême-centre. Et après, on peut jouer avec les anathèmes comme ça. Est-ce que ça fait avancer le débat public ? Est-ce que ça participe à la culture du compromis ?

36:00
Erwan Balanant

Non, mais moi, si je dis extrême-gauche, alors pourquoi... Aujourd'hui, moi, je crois qu'il ne faut pas avoir peur d'assumer qu'il y a des gens qui sont un peu plus extrêmes que d'autres.

36:12
Locuteur 1

C'est de la radicalité, mais ce n'est pas des étiquettes politiques. Même le Conseil d'État s'est positionné sur...

36:17
Erwan Balanant

Non, mais le Conseil d'État, le Conseil d'État, j'avoue que je lis beaucoup les décisions du Conseil d'État sur à peu près tous les sujets. Je n'ai pas compris leur...

36:29
Locuteur 1

Parce que c'est en fonction de l'historicité politique. Oui, mais l'historicité politique, ça rechange. Ça peut changer.

36:34
Erwan Balanant

Ça peut changer. Mais indépendamment... Regardez... Mais la France Insoumise,

36:39
Locuteur 1

par exemple, qu'on dit d'extrême-gauche, ils ne sont pas pour abolir le capitalisme. Ils sont pour le réguler et peu importe...

36:44
Erwan Balanant

Ah non, il y a des...

36:46
Locuteur 1

Ah bon ? Je ne savais pas qu'il était pour le contrôle ouvrier des usines, la France Insoumise.

36:49
Erwan Balanant

Je ne savais pas

36:51
Locuteur 1

que Nathalie Arthaud et Jean-Luc Mélenchon c'était la même chose.

36:53
Erwan Balanant

Il n'y a pas qu'eux. Erwan Bollin, non. Il y a des gens qui dans la France Insoumise et qui ont été élus à la France Insoumise qui ont des positions extrêmement radicales.

37:01
Locuteur 1

Mais oui, mais qui sont radicales

37:03
Locuteur 6

même économiquement. Mais les programmes de gauche aujourd'hui sont moins à gauche que celui de François Mitterrand en 1980. Non, M. Bollin, non.

37:09
Locuteur 1

Si, c'est vrai.

37:10
Locuteur 6

Mais où est-ce que vous voyez des nationalisations dans le programme

37:12
Erwan Balanant

de la gauche aujourd'hui ? Mélenchon en a parlé plusieurs fois sur certains sujets.

37:16
Locuteur 3

Est-ce que c'est dans le programme ?

37:17
Erwan Balanant

Oui. C'est dans le programme, je ne sais pas, mais Mélenchon, ça lui est arrivé. Je vous le dis. Ça lui est arrivé de parler de...

37:23
Présentateur

Non, mais c'est bien parce que ça illustre vraiment le côté convention accordée ou pas de parler d'extrême, dit à Michel Barnier que vous êtes un Premier ministre socialiste. Eh bien, c'est le point de vue d'Éric Ciotti, celui que je vous dise. On peut tout à fait ne pas avoir

37:38
Erwan Balanant

la même définition du socialisme. Et en plus, la question... C'est pour ça que c'est... Pardon, le sujet est un sujet de relativité, de positionnement. Voilà. Non. Moi, je... Bah si.

37:51
Locuteur 1

Non, sinon, c'est démagogique dans ce cas-là.

37:52
Erwan Balanant

Mais non. Mais parce que vous avez visiblement, et j'aimerais bien en parler et comprendre, un refus de l'idée d'être extrême dans un...

38:05
Locuteur 1

Pas du tout. Moi, je veux dire, en mon cas, vous voulez me catégoriser d'extrême-gauche parce que je souhaite abolir le capital. Non, mais c'est un exemple. Je ne sais pas du tout la défensivité. C'est un exemple que je donne une illustration. Moi, dans mon cas, je suis marxiste révolutionnaire. Je souhaite, je ne sais pas moi, abolir le capitalisme. Je suis d'extrême-gauche. Je prends l'étiquette. En l'occurrence, me confondre par contre avec d'autres formations politiques, y compris radicales, qui peuvent illustrer, mettre en scène, et ce que je veux dire, c'est que la puissance des mots dans le débat public, elle est extrêmement importante.

Je vais donner l'exemple du centre et de la Macronie. En parlant des extrêmes, ça a eu pour fonction de s'élever et de se distancer des oppositions. Et c'est même en contradiction, je trouve, avec ce que vous prenez, y compris dans cette interview, à savoir la conciliation. Parce que quand on harangue comme ça deux oppositions qui sont vers sa gauche et vers sa droite et qu'on se positionne en élévation et qu'on discrédite son opposition, en parlant forcément d'extrême, vous voyez, dans ce cas-là, vous dites, c'est à chacun sa subjectivité. Vous voyez que ce n'est pas possible et que c'est en contradiction avec vos propres valeurs.

39:11
Erwan Balanant

J'ai travaillé avec Mathilde Panot. C'est avec Mathilde Panot que j'ai écrit... Vous vous contredisiez. Mais non. Mais non. C'est avec Mathilde Panot qu'on a écrit le droit à l'avortement dans la Constitution. C'est moi qui ai fait la rédaction qui permet le déblocage. et je l'ai fait avec Mathilde Panot, en accord avec elle et en coalition parlementaire

39:34
Locuteur 1

sur ce sujet. Mais ça répond pas à ce que je dis sur la cohérence des étudiants. Tout simplement que moi,

39:38
Erwan Balanant

je suis en capacité de travailler sur certains sujets. Mais par exemple, quand il y a des choses sur lesquelles on est en opposition avec certains... Et voilà. Il faut l'admettre aussi.

39:47
Locuteur 1

Et l'opposition. C'est autre chose, l'opposition. Et elle l'admettre.

39:51
Présentateur

C'est autre chose. Un dernier sujet, vous avez également travaillé sur les violences dans le cinéma. Le procès de Christophe Ruggia, le réalisateur jugé pour agression sexuelle sur Adèle Haenel, vient de prendre fin. L'actrice accuse Christophe Ruggia de l'avoir agressé sexuellement lorsqu'elle était mineure. Le procureur a requis cinq ans de prison dont deux fermes à l'encontre de Christophe Ruggia. Vous êtes également le rapporteur de la commission d'enquête relative aux violences commises dans le cinéma.

40:17
Erwan Balanant

Cinéma et culture en général.

40:18
Présentateur

Cinéma et culture en général. C'est quoi l'objectif de cette commission d'enquête, Erwann Malanant ?

40:21
Erwan Balanant

C'est changer l'impunité, l'omerta dans ce monde de la culture où encore trop souvent des personnes abusent de la situation dominante qu'ils ont parce qu'ils travaillent avec une jeune actrice ou avec quelqu'un qui est en autorité. Et au-delà de la question de la culture, c'est aussi transformer notre vision de la société sur ces sujets-là. Aujourd'hui, c'est la fin du procès de Mazan. On a beaucoup entendu la honte change de camp. Moi, je dis que maintenant, il faut que la peur change de camp et qu'on ait moins cette impunité et que ça change et que des femmes portent plainte, que les plaintes soient bien traitées, que ça avance.

Et aujourd'hui, on a beaucoup parlé de Gisèle Pénicaud qui est une femme extraordinaire qui a eu un courage. Elle a fait un choix d'une puissance incroyable de décider de ne pas faire de huis clos. Et c'est génial et il faut la remercier parce que ça a permis de médiatiser le procès. Ça a permis de voir des images complètement dingos d'hommes qui n'ont encore rien compris. Mais moi, je pense aussi à cette femme qui est à l'origine de l'histoire. C'est cette femme qui s'est fait photographier sous la jupe par Dominique Pénicaud. Et c'est parce qu'elle a porté plainte que tout ça a explosé.

Et donc, il faut que les femmes n'aient pas peur d'aller porter plainte, qu'elles soient bien accompagnées et qu'on avance et que l'on change. Voilà, tout simplement sur cette question. Namour ?

42:01
Locuteur 3

Avant la dissolution, cette commission, elle avait déjà commencé à avancer sur certains points. Est-ce que vous avez repris ces points-là parce que c'est vrai que c'était vraiment un des projets les plus importants compte tenu de l'actualité avec ces procès et tout ça ? Mais est-ce que du coup, vous vous êtes appuyé sur ce qui avait été déjà placé ? Alors,

42:23
Erwan Balanant

comment ça s'est passé ? Moi, j'étais avec... On a travaillé ensemble dans la précédente mandature avec Mme Pascuini, Francesca Pascuini, écologique. Elle était rapporteure et moi, j'étais président à l'époque. Et quand il y a eu la dissolution, durant l'été, j'ai déposé le texte, j'ai redéposé le texte, exactement le texte.

42:44
Locuteur 5

Elle avait perdu aux élections ? Elle a perdu.

42:46
Erwan Balanant

Francesca a perdu aux élections. Et je le regrette parce que c'était quelqu'un que j'appréciais beaucoup et on a super bien travaillé ensemble et peut-être qu'un jour elle reviendra, je l'espère. Est-ce que les travaux sont interrompus par la dissolution du coup ? Alors, les travaux, ils ont été interrompus parce que c'est une commission d'enquête, c'est une commission d'enquête qui appartient à la législature en question. La législature a été finie. Mais tous les travaux existent. Ok. Ce n'est pas pour rien. Et puis depuis, on a beaucoup avancé.

Dès le mois d'août, j'ai redéposé le texte et je le dis, et grâce à la présidente Yael Brown-Pivet que je suis allé voir et je lui ai dit, il faut le relancer tout de suite. Et ça a été le premier texte de cette mandature. Et symboliquement, c'était intéressant et c'était un texte qui a été voté à l'unanimité. Personne ne s'est opposé évidemment à ce texte et on travaille. Et aujourd'hui, la présidente est Sandrine Rousseau et moi, je suis le rapporteur cette fois-ci. Donc le rapporteur, c'est une personne qui fait le rapport et qui fera un certain nombre de propositions. Alors,

43:46
Présentateur

dans ce cadre-là, vous avez auditionné hier l'actrice Judith Godrech qui accuse de viol les cinéastes Benoît Jaco et Jacques Doyon. On regarde un extrait de son audition et on en parle après.

43:58
Locuteur 2

Dans cette lumière que vous me donnez aujourd'hui, je peux vous dire que les forces manquent parfois. Vous le savez, la plupart des victimes, des personnes victimes de VSS ne veulent pas venir vous parler au grand jour. Je ne vous apprends rien. Certaines petites filles pensent ne plus rien avoir à perdre. Elles ont tort. Il y a toujours quelque chose à perdre.

44:19
Locuteur 7

Merci Judith Godrech pour ce moment poignant qui sera sur moi.

44:30
Présentateur

Voilà, on vous sent très ému à la fin par le témoignage de Judith Godrech. Je précise que ce que vous avez vu, c'est une audition par une commission d'enquête. La salle n'était pas vide. Les personnes qui étaient derrière le bureau, c'est elles qui sont les membres de la commission d'enquête. Qu'est-ce que vous avez appris de ce témoignage de Judith Godrech ?

44:46
Erwan Balanant

C'était un témoignage qui vient après. En réalité, on a beaucoup auditionné et c'est en plus de tout le reste. C'est-à-dire que hier, non ça c'était hier, avant-hier, on avait auditionné un certain nombre d'actrices qui sont des actrices, on va dire bankable, qui sont des grandes actrices. Anna Mougladis par exemple. Anna Mougladis et d'autres qu'on a fait à huis clos. On a fait deux, deux machins. Et puis on a fait Sarah Forestier et puis on a fait Francis Renaud qui est un comédien qui a été broyé par le système. et moi j'ai cette... C'est terrible parce que je sens ces femmes, ces acteurs, ces comédiens qui ont une...

L'envie de créer, c'est leur métier, c'est leur passion, ça dépasse même la question d'argent, c'est la question de faire du cinéma. Et elles ont, toutes ces femmes qu'on a eues, des grandes actrices, elles ont tous été maltraitées dans leur vie. Et puis hier, j'avoue qu'elle a lu une lettre et j'ai pensé tout simplement à ma fille a 14 ans, j'ai un petit peu... Je suis fatigué et ça a un petit peu monté dans les tours.

46:05
Locuteur 1

C'est pas de la fatigue, c'est normal. Oui, c'est normal.

46:08
Locuteur 6

Je pense qu'on a pu avoir des échanges vifs au début de l'émission mais je pense que là, c'est pas une question que j'ai à vous poser, c'est tout simplement je pense au nombre de plein de gens de dire merci de permettre l'existence de cette commission d'enquête, de travailler main dans la main avec Sandrine Rousseau pour qu'elle ait pu à nouveau voir le jour, qu'elle continue de faire ses auditions, c'est recevoir les personnalités dont vous nous avez parlé parce que c'est extrêmement utile donc je pense que c'est important aussi de vous dire merci.

46:34
Locuteur 3

Oui, mais moi je m'étais engagé

46:38
Erwan Balanant

tout de suite et avec Francesca on s'était dit quoi qu'il arrive on continuera le combat.

Vous savez que les commissions d'enquête c'est des moyens qui sont pas anodins parce que ce matin avec mon équipe à un moment donné on s'est dit mais attends on est combien à travailler autour de cette commission d'enquête entre les préparations les administrateurs mon équipe à moi l'équipe de Sandrine Rousseau les membres du compte rendu tout ce travail qui est fait je me suis rendu compte qu'on est quasiment entre 15 et 20 personnes à travailler sur ce sujet pendant 6 mois 6 mois plein et on va faire du bon boulot j'espère parce qu'il va falloir le faire on va faire des propositions fortes on a déjà un certain nombre de pistes on réglera pas tout mais voilà et pourquoi on le fait c'est pas que pour le monde de la culture en réalité c'est parce que le monde de la culture c'est le reflet de la société et il faut que ça change pour que le reflet que l'on a de notre société et le miroir que l'on a de notre société change tout simplement

47:35
Présentateur

dans le quotidien Libération 130 personnalités demandent la suspension de la Légion d'honneur de Gérard Depardieu de Patrick Pavot d'Arvor et de Joël Guerriot il semblerait que ça bloque oui mais alors sous-entendu il y a quelqu'un là-haut qui le bloquerait sous-entendu il bloque

47:50
Erwan Balanant

j'ai vu Quémentine Autain moi j'étais à la on a fait l'audition du général Lecointre le général Lecointre et le personne qui dirige le comité enfin c'est pas le comité le directeur c'est lui qui gère la Légion d'honneur c'est lui qui gère la Légion d'honneur avec et c'est chapeauté par le président de la République qui est le grand maître de la Légion d'honneur il y a une décision qui a été prise et qui est voilà il faut s'y tenir c'est que quand il y a une procédure judiciaire en cours la Légion d'honneur est enlevée à la fin de la procédure quand quand toutes les voies de recours sont épuisées quand les condamnations ont été faites et c'est pour ça il n'y a pas de volonté de bloquer c'est un choix qui a été fait donc je trouvais un peu de mauvaise foi Clémentine Autain et d'ailleurs aussi Sandrine Rousseau je ne lui ai pas dit parce que comme on travaille ensemble on essaie d'éviter ce qui peut fâcher et c'est important aussi ça de parfois on peut avoir des différences avec des gens et puis on n'est pas obligé d'en parler parce que ça permet d'avancer sur d'autres choses mais voilà et par exemple normalement Nicolas Sarkozy qui est quand même le grade le plus haut Grand Croix Grand Croix tu as vu dans le chat

49:00
Locuteur 1

il va perdre quelle décoration

49:01
Erwan Balanant

normalement il va perdre sa décoration parce qu'il a été condamné à un enferme est-ce que vous le souhaitez ? c'est la règle moi je suis législateur et je n'ai pas et vous n'avez évidemment pas de volonté j'ai pas ah si j'ai des volontés de législateur j'en ai quelques-unes et je crois que je les ai parfois imposées sur certains sujets

49:18
Présentateur

François Bayrou a dit que ça lui faisait de la peine cette condamnation Nicolas Sarkozy je ne le crois pas François Bayrou je ne te crois pas je ne te crois pas non tu n'es pas peiné par ça arrête on arrive à la fin de cette interview je tiens à vous remercier du fond du coeur Erwan Balanon d'avoir accepté de venir

49:31
Erwan Balanant

ça fait super plaisir d'avoir des interviews un peu longues où on peut prendre le temps je suis d'accord et j'aime bien ça et bravo pour ça en tout cas c'est cool

49:39
Présentateur

merci beaucoup Erwan Balanon d'être venu sur le plateau de Backseat on vous laisse quitter le plateau merci beaucoup à vous d'être venu

C'est quoi le centre ? avec Erwan Balanant, fidèle de Bayrou — Erwan Balanant · Pourquijevote