Face aux experts du jeudi 5 septembre 2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18FerméeRéponse directe
Est-ce que vous êtes candidat ou est-ce que vous avez été approché ?
- 1:39RelanceRéponse directe
Est-ce que vous n'avez pas une responsabilité ? Poussez les murs !
- 2:27RelanceRéponse partielle
Vous dites, nous sommes responsables, mais qui êtes-vous ?
- 3:11OuverteRéponse directe
Ce que vous écrivez ce matin, c'est un NFP qui est mort.
- 3:38OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez, pour le bien commun, être en capacité de faire la synthèse, de faire une coalition autour de vous ?
- 9:21OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez, vous, pour le bien commun, être en capacité de faire la synthèse, de faire une coalition autour de vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« Je ne suis pas candidat pour être Premier ministre et je n'ai toujours pas eu de coup de téléphone du Président de la République. »
- 0:47Invité politiqueChiffre
« 51 jours de gouvernement démissionnaire. »
- 2:11Invité politiqueFait
« le ration d'endettement qui explose »
- 8:30Invité politiqueChiffre
« On est sur une trajectoire de 5,6 déficit budgétaire. Je rappelle que c'est 3%. »
- 8:35Invité politiqueChiffre
« Le rachet d'endettement n'a d'égal 60%. »
- 8:40Invité politiqueChiffre
« On est sur une trajectoire de 120%. »
- 12:58Invité politiqueFait
« je suis vraiment inquiet du manque de responsabilité. »
- 20:03Invité politiqueChiffre
« nous on récupère 1000 logements, le fameux village olympique »
- 20:09Invité politiqueChiffre
« On récupère une quarantaine de commerces »
Temps de parole
- Karim Bouamrane72 %
- Présentateur13 %
- Intervenant6 %
- Intervenant 25 %
- Intervenant 34 %
≈ 1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Il est 8h28, c'est notre invité ce matin face aux experts, c'est Karim Boimran. Bonjour M. Boimran, vous êtes maire socialiste de Saint-Ouen, tout près de Paris. Vous faites partie depuis plusieurs semaines des noms qui sont cités régulièrement comme potentiel prochain locataire de Matignon, Premier ministre de notre pays, en commençant avec une question simple. Est-ce que vous êtes candidat ou est-ce que vous avez été approché ?
Je ne suis pas candidat pour être Premier ministre et je n'ai toujours pas eu de coup de téléphone du Président de la République. Je pense que tous les jours ça change, c'est assez fluctuant cette histoire. Et comme je l'ai dit à plusieurs reprises, si c'était le cas, j'en référais directement à ma formation politique, parce que ce n'est pas une expérience individuelle mais collective. On ne va pas rajouter du chaos au chaos. Mais aujourd'hui, la question qu'on doit se poser au bout de, si vous me permettez, au bout de 40 jours... 51 jours de gouvernement démissionnaire. Qu'est-ce qu'on cherche ?
Est-ce qu'on cherche la discorde, le désordre, une crise de régime, et pousser Emmanuel Macron à démissionner ? Est-ce qu'on cherche à faire en sorte que l'expression des élections soit la plus conforme aux attentes des Françaises et des Français ? A savoir, si on a une lecture, parce que chez vous comme chez moi, 1 plus 1 ça fait 2, 2 plus 2 ça fait 4. Le camp qu'a gagné, c'est le bloc des Républicains, avec, en premier rang, la coalition du NFP, qui demande des mesures sociales, on demande des mesures sociales, des mesures environnementales, et derrière, la seule façon de sortir et d'éviter le chaos général, c'est de trouver les chemins du compromis,
qui ne signifie pas compromission. On a trop maintenant des mesures... Quand on répète tous les jours, c'est le programme, tout le programme, rien que le programme avec 190 députés, ça fait un peu chiche, non ? Est-ce que vous n'avez pas une responsabilité ? Est-ce qu'il ne faut pas négocier aussi de votre côté ? C'est le mot... Poussez les murs !
Vous avez complètement raison, c'est le mot responsabilité. Le souci actuellement, c'est qu'il faut faire preuve de responsabilité, et surtout de déchiffrage politique. On est sur deux agendas complètement différents. On a certains responsables politiques qui sont dans un agenda de faire démissionner le président Emmanuel Macron. Ce n'est pas le nôtre. Nous, on fait preuve de responsabilité, on le voit chaque jour, très concrètement, la rentrée, l'endettement du pays, les enjeux de la relance économique sur le plan européen, le ration d'endettement qui explose, très concrètement, la sortie de Bruno Le Maire, en voulant sabrer les collectivités territoriales et en les culpabilisant.
Je vous interromps un instant pour essayer de clarifier les choses. Vous dites, nous sommes responsables, mais qui êtes-vous ? Là, je reprends votre... À gauche, à gauche.
Pardon, mais le LFI veut la destitution du président de la République. C'est pour ça que je parle de deux agendas différents. Qu'est-ce qu'on cherche ? La clarification. Vous savez, j'adore le cinéma, et puis il y a une intervention de Tony Danplon dans Snatch, ne jamais sous-estimer le caractère prévisible...
Excellent film avec Brad Pitt.
Brad Pitt, exactement. Ne jamais sous-estimer le caractère prévisible de la connerie. Parce qu'aujourd'hui, on est dans une situation où on est légitime d'avoir un Premier ministre de gauche pour pouvoir appliquer au minimum, minimum, une partie des mesures. On est en train de se retrouver, on est en train de pousser le président de la République à prendre un ministre de droite qui aurait le soutien...
Ça veut dire que c'est à votre famille politique que vous parlez ce matin, M. Boimera.
Qui aurait le soutien du Rassemblement National. C'est à votre compte que vous parlez, c'est au NFP que vous vous adressez. C'est à notre formation politique. La responsabilité, elle est de notre temps.
Parce que ce matin, il y a un communiqué, vous l'avez peut-être vu de Lucie Casté, qui répète la même chose, qui dit, regardez la situation, elle est dramatique, nous n'avons d'autres choix, M. Macron a d'autres choix que de nous nommer, de nommer quelqu'un du NFP pour faire valoir notre programme. Donc vous, vous dites à vos alliés ce matin, attendez, gouvernons et négocions. C'est ce que vous dites.
Moi, ce que je dis, M. Boursier, j'analyse tous les échanges que nous avons pu avoir depuis 50 jours maintenant. L'analyse, tous les 90% des discours, c'était entre le jour de la dissolution et le 1er septembre. Nous, ce qui nous intéresse, moi, ce qui m'intéresse, en tant que responsable politique, en tant que maire, en tant que responsable politique national, c'est quelles sont les différentes sources de solutions pour éviter que nous tombons dans une crise majeure. Crise économique, crise sociale, crise environnementale.
Pour reprendre ce que vous avez évoqué, les propos, j'ai beaucoup de respect pour Mme Castel, je la soutiens, je l'ai soutenue, je continuerai à la soutenir, mais il va y avoir un principe de réalité aujourd'hui. Comment on arrive à sortir de ce blocage ? On a une crise institutionnelle.
Justement, il y avait un Bernard Cazeneuve qui aurait pu être plus soutenu à gauche. On voit bien qu'il y a une fin de non-recevoir même de la part des socialistes. Alors, on sait bien qu'il a quitté le Parti Socialiste en 2022, mais quand même, c'est un ancien Premier ministre socialiste. À partir du moment où même Bernard Cazeneuve, ça ne fonctionne pas, on voit bien qu'il y a une difficulté d'ouverture à autre chose que le NFP tel qu'il a existé pendant ces législatives.
C'est la raison pour laquelle le sujet, madame, c'est moins une histoire de nom, d'incarnation, qu'une histoire de stratégie et de vision et de progrès, de projet partagé. Actuellement, quand vous déchiffrez la situation, vous pouvez sortir tous les noms que vous souhaitez. Que ce soit Bernard Cazeneuve, que ce soit ma personne, que ce soit Lucie Castel, et que ce soit madame Tubiana, même Mélenchon au départ. Souvenez-vous au mois de juillet. La question, c'est quelle est la voie de passage ? Et aujourd'hui, lorsque vous analysez, la vraie question qu'on doit se poser, c'est qu'est-ce qu'on cherche ?
Il y a une partie des responsables politiques du NFP qui ne souhaite pas tomber dans un chemin de compromis. Pourquoi ? Parce que le calendrier, l'agenda politique, comme on dit dans les milieux autorisés, se limite à un seul objectif. Mélenchon est obsédé par 2027 ? Par 2025-2026. Pourquoi ? Parce que le sujet de destitution, le sujet appelle à manifester le 7 septembre, le sujet crée la discorde. On est dans une logique de concorde, de communion exceptionnelle pendant les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques. Vous avez vu l'ambiance qu'on avait dans notre pays ? Et on était en train de se réapproprier les valeurs de patriotisme.
Monsieur Boehmrad, ce que vous écrivez ce matin, c'est un NFP qui est mort. C'est un NFP qui n'existe plus en tant que coalition extrêmement solide. Vous, vous dites ce matin, ce NFP-là ne me correspond pas dans les aspirations que j'ai pour le pays. Ce que je dis et redis,
c'est la même ligne que je porte depuis plus de 50 jours maintenant. Quelles sont les solutions au regard de la situation inédite dans laquelle nous nous trouvons ? Si on continue à avoir exactement les mêmes réflexes pavleviens que nous avions pendant la Ve République, à savoir le groupe qui est sorti devant, il est majoritaire, et de facto nous nommons le Premier ministre le chef de parti, comme il était d'usage, cela est révolu. La situation a totalement évolué. Par conséquent, je ne suis pas en train de dire que le NFP est mort. Bien au contraire, je dis que le NFP est arrivé premier. Par conséquent, parce qu'il est arrivé premier, le Premier ministre doit être issu de ce rang.
En revanche, si on applique, si on dit, on part du principe, le mantra c'est le programme, rien que le programme,
c'est impossible. Premier, mais pas majoritaire, donc il doit être raisonnable. Exactement. Il faut négocier, c'est ça ? Exactement.
Il faut négocier à l'Allemande, il faut négocier à l'Espagnol, il faut négocier à l'Italienne. Le projet italien, c'est au regard de leur système institutionnel.
de faire plaisir à François Clémenceau qui prône la coalition et la négociation tous les jours dans cette émission.
Parce que c'est la seule voie de passage.
On voit bien, puisque vous dites, en gros, ne nous occupons pas du casting, mais de ce qu'on peut mettre sur la table. Vous voyez bien que, dans les propositions qui viennent de la gauche notamment, il y a cette idée que, de toute façon, il va falloir aller à Bruxelles et convaincre Bruxelles qu'on peut devenir raisonnable sur le plan budgétaire et trouver une autre forme de trajectoire. À droite, vous avez des formations qui disent on ira à Bruxelles, mais pour leur demander d'avoir une dérogation, notamment sur l'immigration, parce qu'on ne peut pas subir les injonctions de la Cour européenne des droits de l'homme. C'est d'ailleurs ce que voulait Michel Barnier, dont on a parlé ce matin.
Est-ce que, à votre avis, il ne serait pas tant que votre formation, vos camarades, disent exactement quelles sont leurs intentions vis-à-vis de l'Union européenne ? Qu'est-ce qu'on fait ? On sort, on reste, on demande des dérogations, qu'est-ce qu'on fait ?
C'est le point clé. Vous avez évoqué l'aspect immigration, j'ajouterais l'aspect budgétaire. Il y a également l'écriture de Maastricht. La trajectoire budgétaire évoquée par Bruno Le Maire il y a quelques jours est particulièrement alarmante, voire catastrophique. Signature de la France. Signature de la France. On est sur une trajectoire de 5,6 déficit budgétaire. Je rappelle que c'est 3%. Le rachet d'endettement n'a d'égal 60%. Le critère, on est sur une trajectoire de 120%. On alourdit lourdement la croissance européenne, au même titre que l'Italie. Donc, il y a vraiment des warnings, si je peux me permettre de m'exprimer ainsi.
sur l'aspect immigration, sur l'aspect droit d'asile, il y a des vrais sujets à discuter avec Bruxelles, mais on revient au début de notre discussion. Si vous n'avez pas cette discussion, cette recherche de compromis, si tout le monde reste bloqué en disant j'ai gagné, je ne bouge pas, la première victime collatérale, ce sera notre pays. Et moi, je suis patriote. C'est le sens des responsabilités
que l'on prévient. Vous devez être arrivé sur ce plateau, et on le comprend bien, la question n'est pas celle des personnes. En fait, je vais tenter de vous dire si. La preuve, c'est que vous, vous dites, moi je suis prêt à la négociation, je suis prêt à discuter, il y a des sujets qu'il faut ouvrir, il ne faut pas être obtus intellectuellement sur les propositions que l'on va faire. Est-ce que vous pensez, vous, pour le bien commun, être en capacité de faire la synthèse, de faire une coalition autour de vous, d'aller chercher des voix au centre, d'aller chercher des voix à droite sur une partie des propositions des NFP ? Est-ce que vous en avez envie ?
Depuis plus de 30 ans, depuis que je fais de la politique, je suis connu et reconnu pour chercher systématiquement le compromis, que ce soit dans ma ville à Saint-Ouen. Je donne une anecdote, quand je gagne en triangulaire en 2020, un an après, je pars pour les cantonales pour gagner contre la droite, je fais un rassemblement contre toutes celles et ceux qui m'ont combattu 12 mois avant. Pourquoi ? Parce que ce qui se doit prévaloir, c'était l'intérêt général. On parlait, on parle du RSA, on parle des allocations des personnes les plus faibles, on parle de solidarité, on parle des enjeux de nos collèges.
Si jamais j'en faisais uniquement à ma petite personne et à mon égo personnel, c'est longtemps que j'aurais été dans une logique hors de question que je travaille avec toutes celles et ceux qui m'ont combattu.
Donc vous dites oui ? Donc vous avez envie d'incarner ce déplacement ?
Personnellement, le sujet est totalement anecdotique. Ce qui doit prévaloir... Non, non, pardon, il n'est pas anecdotique.
Non, ce qui doit prévaloir... Parce que pour l'instant,
on ne trouve pas le nom. Alors justement, j'y viens. ce qui doit prévaloir, ce qui doit prévaloir, c'est la méthode. La méthode. Et nous sommes nombreux à pousser à une recherche de compromis. Pourquoi ? Parce que, encore une fois, la question clé, c'est est-ce que toutes les personnes qui constituent la gauche actuellement et qui nous ont donné la possibilité d'être arrivées au premier rang de ces élections partagent le même objectif ? Il faut que l'hypocrisie cesse. Alors est-ce que c'est pour ça que vous lancez votre propre parti ? Le mouvement, le mouvement. Le mouvement, oui. Dans l'entre que vous connaissez particulièrement bien, le stade Boer.
Pascal Péry a confessé en des hors antennes d'être fan du Red Star. Un vrai. Club de Saint-Ouart.
Un vrai. Un historique, oui. Comme dirait les inconnus, il y a chasseurs et chasseurs, mais là, c'est le canal historique. Là, c'est vraiment le canal historique. L'étoile.
Votre mouvement, la France humaine et force. Pourquoi, M. Bommard, est-ce que vous lancez un mouvement maintenant
si ce n'est pour envoyer un... C'était prévu dès le mois de juin, initialement, le lancement
de l'est-ce que le 28 juin,
bon, il y a eu des circonstances exogènes.
Vous envoyez tout de même un message. Je suis là, j'incarne quelque chose, j'ai envie qu'il y ait quelque chose autour de moi.
La fierté du nous. Qu'est-ce qui se passe actuellement ? Qu'est-ce qui a été l'élément déclencheur de ce mouvement à la France humaine et forte ? J'aime bien le mot humain, j'aime bien le mot fort. La France forte. Et encore une fois, et tout est vérifiable, ce mouvement devait être lancé officiellement le 28 juin. Vous savez, nous, on est fiers d'être français. À chaque cérémonie, à chaque initiative, on entonne la marseillaise. Parce qu'on ne voulait pas laisser les valeurs bleu, blanc, rouge, les valeurs de la République, les principes de la République aux Rennes, qui ont été galvaudées, qui ont été dénaturées. Je dirais même aux extrêmes. La France, elle est autour de cette table.
C'est une filiation sur une ou deux générations avec le peuple. Et la France humaine est forte, c'est ça, c'est le fruit de tous les déjeuners, les dîners, les rencontres, de toutes celles et ceux qui me disent franchement, je m'identifiais à la politique de solidarité, de sororité, de fraternité, mais j'en ai marre de monter les communautés les unes contre les autres. J'en ai marre que les périphériques, qu'elles soient urbaines, métropoles ou rurales, soient opposées aux hypersantes. Mais on aimerait bien, on aimerait bien avoir les mêmes chances. C'est un dispo de rassemblement, monsieur.
Mais est-ce que vous avez envie d'être Premier ministre ?
Quand je me lève le matin pour paraphraser un ancien président de la République, en me rasant, un jour sur deux, je ne suis pas en train de me dire que j'aimerais bien être Premier ministre. Moi, aujourd'hui, je vous le dis, avec vraiment un maximum de sincérité, je suis vraiment inquiet. Je suis vraiment inquiet du manque de responsabilité. Et ça m'attriste.
Ça m'attriste de voir qu'après cette parenthèse enchantée des Jeux Olympiques, cette parenthèse des Paralympiques, je vois le niveau, le spectacle qu'on est en train de donner à l'international et aux Françaises et aux Français qui ont du mal à finir les fins de mois, aux femmes victimes de violences conjugales, aux familles monoparentales, aux mères qui ont du mal à boucler les budgets. Des choses à faire, vous voyez ? Moi, c'est ça qui est... C'est pour ça que je fais de la politique.
Mais alors, la question, on voit bien, il ne travaille plus une hypothèse de gauche aujourd'hui, Emmanuel Macron. On est en train de regarder si c'est David Lissnard, si c'est Xavier Bertrand, ou aujourd'hui, puisqu'il y a un nouveau nom chaque jour, Michel Barnier. Michel Barnier, vous en pensez quoi ? Est-ce que c'est une des solutions au problème ? Vous disiez, il faut tendre des ponts entre les différents partis, négocier, peut-être penser à une coalition ? Est-ce que c'est quelqu'un avec qui on peut bâtir quelque chose ?
Regardez le sujet. Si ça avait été une histoire de nom, en dix jours, on aurait réglé le problème. On peut prendre Michel Barnier, on peut prendre Mme Tubiana, on peut prendre Karim Boimran, on peut prendre Lucie Castel, on ira toujours au même sujet. Est-ce que nous sommes en capacité de discuter ? A titre personnel, je ne pourrais pas accepter que le Premier ministre ne soit pas de gauche au regard des résultats. En revanche, en revanche, un ministre, une Première ministre de gauche ou un Premier ministre de gauche ne peut pas gouverner si jamais il n'y a pas au minimum, minimorum des discussions mesure par mesure par voie parlementaire. Ça, c'est le premier point.
Mais vous vous rendez compte, en tant que militant de gauche, je reviens sur le terrain dans une demi-heure et j'explique que le Premier ministre va être de droite avec un soutien sans participation du RN. Là, on deviendrait une coalition de gauche la plus stupide d'Europe, voire de la terre. C'est-à-dire qu'on a su se rassembler en moins d'une semaine pour pouvoir contrer l'arrivée du RN parce que ça nous aurait fait foncièrement mal au cœur si le Bardella aurait été Premier ministre en plein Jeux Olympiques dans notre fief en Seine-Saint-Denis, chez moi, à Saint-Ouen et là, on se retrouve avec un Premier ministre qui a pu négocier en catimini avec le RN
pour éviter une motion de santé. Ce n'est pas la même chose d'arriver en tête et de faire un tiers et puis de constater que les deux autres tiers, oui, sont plutôt à droite, voire à extrême droite. Donc, quand Nicolas Sarkozy ou d'autres disent la France est de droite, est-ce qu'un Premier ministre issu des rangs de la gauche peut au moins reconnaître qu'il s'adresse à une majorité de Français qui ne sont pas de gauche ?
Qui n'ont pas voté à gauche ? Aujourd'hui, l'alternative, c'est la suivante. Un Premier ou une Première ministre à gauche avec un soutien mesure par mesure du bloc centre ou un Premier ministre de droite avec un soutien passif ou actif sans participation du RN. C'est mathématique, c'est arithmétique et la conséquence politique peut être gravissime.
Mais que fait-on M. Bramoran ? Du coup, ça veut dire qu'on reste dans cette... Alors, vous l'avez dit vous-même, certains demandent la destitution ou la démission. On appelle la démission du président de la République en disant qu'est-ce qu'il cherche ? Vous ne pouvez pas gouverner. Qu'est-ce qu'il cherche ? Donc, vous vous dites ça, ça, il faut le laisser de côté. Mais c'est le chaos. C'est le désordre. C'est l'irresponsabilité. Ceux qui demandent ça parlent de clarification, au contraire, en disant M. Macron, constater que vous n'avez aucune majorité, partez. D'accord. Donc, ça signifie
qu'à partir du moment où il y aurait à chaque fois dans l'histoire de notre République un blocage politique, on le traduirait en blocage institutionnel et en chaos institutionnel et en décision. Ça s'est déjà produit ? Oui, en 1969, mais le contexte était complètement différent. C'est un contexte totalement différent.
Là, le sujet, c'est simplement, quand vous regardez de façon, quand vous analysez de façon extrêmement froide, la situation, en tant que telle, elle n'est pas gravissime le lendemain de l'élection législative, le président de la République a tenté un coup politique, il a essayé de renforcer sa majorité, il l'a affaibli, il s'en sort affaibli, il est obligé de se tourner vers un groupe et chercher le compromis. C'est les Français, ça.
Les Français ont voté, on ne leur a pas forcé la main. Exactement. C'est eux qui ont décidé. C'est eux qui attendent. Oui, mais l'une des... Alors, on voit bien le choix du président de la République et de l'autre côté, il y a le choix, justement, de pas de compromis du nouveau Front Populaire et pourtant, le nouveau Front Populaire, on pensait qu'il allait éclater. Pour l'instant, il n'éclate ça.
Ce n'est pas tout le Front Populaire qui est dans une logique de rupture. Regardez les différents débats qu'il y a pu avoir à Blois. Et encore une fois, ce n'était pas un débat de motion...
majoritaire. Il y a eu un vote mardi soir.
Oui, université d'été, pardon. Le vote de la direction du Parti Socialiste mardi dernier a été, comme on dit dans le milieu épique, 50-50. Ça s'est joué à quelques voix.
Ah oui, mais vous savez bien que c'est une logique majoritaire.
Je suis complètement d'accord. Je suis complètement d'accord. Donc, du ralex, c'est de l'ex. En attendant, ça signifie qu'il n'y a pas un bloc homogène dans la volonté de trouver un chemin de compromis. J'ai la faiblesse de croire que la raison va prévaloir les prochains jours, je vais dire les prochaines semaines, les prochains jours. Et j'espère vraiment qu'on va se mettre autour de la table et trouver les chemins.
En attendant, les Français souffrent. La France humaine est forte. Je le redis, c'est le nom de votre mouvement. Il y a qui à l'intérieur ? À part Karim Bouamran ? Est-ce qu'il y a d'autres personnalités susceptibles d'illustrer
votre positionnement pour le grand public ? Deux éléments. Premier, c'est que toutes les personnes qui s'inscrivent dans cette démarche, dans cette dynamique de discussion, de compromis, je pense à Carole Delga, je pense à Hélène Geoffroy, la maire de Vaud-en-Velin, je pense à Nicolas Méliès-Rossignol, le maire de Rouen, Raphaël Gloussman aussi. J'aurai l'occasion de venir à son week-end le 4-5 qu'il organise de débats et qui sera probablement présent dans notre initiative.
Vous voulez tous ces gens-là dans votre mouvement ?
Pas dans mon mouvement, je les inviterai. Moi, ce qui m'intéresse, ce n'est pas faire du name-dropping. Ça sert à rien, ça. Donc, nous, on a une approche totalement... Ça donne du poids politique. Ça donne du poids politique
au sein du Parti Socialiste pour arriver, pourquoi pas, avec une motion
au prochain congrès. Avec le respect que j'ai pour vous, M. Boursier, politique à l'ancienne. Quand je gagne Saint-Ouen, je ne fais pas une juxtaposition de logos politiques. Je suis fier de ma formation politique. Mais qu'est-ce qui fait que je gagne à Saint-Ouen avec mes camarades, avec mes amis ? C'est justement, c'est ce qu'on appelle la majorité silencieuse. Et c'est cette majorité silencieuse qui incarnera les figures emblématiques de notre mouvement, qu'elle soit citoyenne, qu'elle soit écologique, qu'elle soit intellectuelle, qu'elle soit sportive. Peu importe. En tout cas, ce qui apporte, c'est quoi ?
C'est l'espoir, l'espérance partagée, le progrès partagé et le côté Vietnam, on veut que ça change tout en respectant de la Seine-Saint-Denis.
Est-ce que ça peut changer en Seine-Saint-Denis ? C'est une question qui sort du débat politique. Est-ce que les Jeux Olympiques laisseront une empreinte économique et sociale utile à la Seine-Saint-Denis ? Très bonne question. C'est l'héritage économique. Très concrètement,
vous qui êtes un homme de chiffres, ce qu'on appelle la réversibilité, nous on récupère 1000 logements, le fameux village olympique, ça vient de 1000 logements, donc une grosse valeur ajoutée au niveau social. On récupère une quarantaine de commerces diverses, bons, accessibles pour tous. On a inauguré, et c'est une dynamique indirecte, le commerce Thierry Marx, le fameux Bouillon, le Maïda avec le grand chef Mohamed Tchèque. Et on fait venir Tony Parker dans le cadre de l'Académie. Tony Parker, donc une arena qui a été rénovée à hauteur de 14 millions et puis surtout un élément qui est énorme mais pas du tout mesurable sur le plan économique, on a redonné la fierté aux gens.
Donc on les a replacés au centre du jeu et ça c'est hyper important. C'est ça la France humaine est forte, redonner de la fierté aux gens. Merci beaucoup Karim Wommer d'avoir été avec tout ce matin en direct sur LCI. Merci.
Merci. Merci.