Prix des carburants, travail le 1er-Mai... Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel
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Bonjour Fabien Roussel.
Bonjour à vous deux.
Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Donald Trump a mis sa menace à exécution. Le blocus naval du détroit d'Hormuz est entré en vigueur hier et le président américain menace de détruire tout navire qui le braverait. Un blocus qui vise les navires entrant et sortant des ports iraniens. Une façon de faire pression sur l'Iran qui verrouille le détroit d'Hormuz depuis le début de la guerre. On écoute Donald Trump.
On ne peut pas laisser un pays faire du chantage ou extorquer le reste du monde. Parce que c'est ce qu'ils font. Ils font vraiment du chantage au monde. Nous n'allons pas laisser faire ça.
Fabien Roussel, est-ce que vous comprenez la stratégie du président américain ?
Non, je ne sais pas s'il y en a encore qui la comprennent. En fait, tout le monde découvre que celui qui se prétendait être le défenseur du monde libre, on découvre aujourd'hui qu'il est une véritable menace pour le monde tout court. Celui qui prétendait amener la paix sur la planète et prétendait même au prix Nobel pour la paix est devenu le grand organisateur du chaos mondial. Et ils sont même venus en Europe défendre la liberté d'expression. Et j'ai découvert ce matin qu'il s'en prenait même au pape qui lui appelle à la paix et à la fin de la guerre. Et du coup, le pape lui-même est victime de Trump et de G.D. Vance.
C'est une menace pour le monde, Donald Trump ?
Donald Trump et la politique qu'il représente, une politique de guerre économique, impérialiste, est une menace pour les peuples, pour le monde. Et on voit qu'elle est à l'œuvre aujourd'hui, avec son allié principal, qui est aussi une menace, c'est le gouvernement Netanyahou, qui est un gouvernement d'extrême droite. Et on voit bien que cette idéologie-là, que représentent Trump et Netanyahou, aujourd'hui provoque le chaos dans cette région du monde. Je pense aussi au peuple libanais, au peuple palestinien, et une menace pour l'économie mondiale. Et les répercussions pour les Français sont immédiates. Le prix du carburant, le prix du gaz...
Et justement, on va en parler, mais Fabien Roussel, est-ce qu'on peut se satisfaire du fait que l'économie mondiale soit déstabilisée et que les prix flambent partout en Europe, justement à cause de ce blocage du Détroit d'Hormuz ?
Non, mais on ne peut pas s'en satisfaire. Mais qui est à l'origine de ce blocage du Détroit d'Hormuz ? D'abord, c'est le président Trump et le Premier ministre israélien qui ont fait le choix de déclencher une guerre contre les règles internationales, du droit international. Ils ont fait le choix de déclencher une guerre brutale, destructrice, qui provoque des victimes civiles en nombre. Je pense notamment aux Libanais, à ces enfants meurtris sous les bombes et à ce million de personnes déplacées au Liban. Et ce sont eux qui sont à l'origine de ça.
Et derrière, il y a le blocage du Détroit d'Hormuz, qui a été celui qui a été bloqué d'abord par l'armée iranienne, les gardiens de la révolution, mais aujourd'hui bloqué par... Soi-disant bloqué, on va voir s'il est capable de le faire, par l'armée américaine, mais on va aller jusqu'où ? Jusque où ils sont prêts à amener ce conflit ? Moi, j'appelle à une réaction forte de la communauté internationale. Justement. C'est-à-dire une coalition très très large, comprenant autant des pays de l'Union Européenne comme la France que des pays du Sud global. Il faut qu'il y ait aujourd'hui un stop, un appel à l'arrêt de la guerre immédiat de l'ensemble de la communauté internationale.
Justement, Paris et Londres vont organiser une conférence en vue d'une mission pacifique de plusieurs pays pour ouvrir ce Détroit d'Hormuz. C'est ce qu'a annoncé le Président de la République hier. Est-ce que vous saluez cette initiative du Président et à travers elle, la position de la France dans cette guerre ?
Alors, d'abord, s'il y a une mission qui doit être lancée, j'appelle à ce qu'elle se fasse sous l'égide de l'ONU et que, justement, cette mission internationale, cette coalition internationale, soit la plus large possible et dans les règles et dans le respect du droit international. Et c'est l'ONU qui est aujourd'hui garante de la mise en œuvre de ce droit et du respect de ce droit.
Ne pensez-vous pas que l'ONU est paralysé, justement,
au vu du Conseil de sécurité, de ce qu'on a vu ? Justement, l'ONU, c'est pas qu'elle est paralysée, c'est qu'elle est bafouée régulièrement par les grandes puissances.
Et là, aujourd'hui, il est temps, face à la crise mondiale qui est en train de frapper le monde, il est temps que l'ONU retrouve sa place, mais que, justement, les nations telles que la France, mais telles que d'autres pays, le Brésil, l'Afrique du Sud, la Chine, la Grande-Bretagne, les membres permanents du Conseil de sécurité, se mobilisent pour qu'enfin, il y ait une réaction forte de la communauté internationale appelant à la paix, au respect du droit international, du droit maritime et à la libre circulation des navires, des marchandises dans les zones internationales.
Et la France, elle a une position, je trouve, plutôt timide, puisque, par exemple, nous acceptons que des avions américains viennent se ravitailler chez nous, dans nos bases. J'aurais préféré que la France adopte la même attitude que le gouvernement espagnol, qui a refusé, clair et net, tout survol de son espace aérien. Je préférerais que la France appelle, aujourd'hui, à la cessation immédiate du commerce entre l'Union européenne et Israël, pour, justement, faire pression sur le gouvernement israélien qui continue de frapper violemment la population libanaise et bafoue tous les jours le droit du peuple palestinien à avoir un État.
Mais la France a quand même répondu non à Donald Trump quand Donald Trump a demandé à la France d'intervenir.
Oui, et j'admets que la France n'a pas fait le choix de suivre Donald Trump et de s'embarquer dans cette guerre. Mais je dirais, comme l'ensemble des nations du monde, heureusement, c'était le minimum. Mais ce serait l'honneur de la France, aujourd'hui, d'avoir une position forte, comme celle qu'avait su adopter Jacques Chirac en 2003, quand il avait exprimé, avec force et talent, le refus de la France de s'engager dans la guerre auprès des Américains.
Eh bien, aujourd'hui, j'aimerais que la France retrouve non seulement une voix aussi forte que celle-là, mais aussi qui appelle à l'union de la communauté internationale sous l'égide de l'ONU, pour faire respecter le droit international et le droit maritime.
Emmanuel Macron, en tout cas, est en train de mettre en place une mission internationale, justement, avec le Royaume-Uni, notamment. Vous parliez des conséquences de cette guerre. Le prix du baril est repassé au-dessus des 100 dollars, hier, après l'annonce de ce blocus américain. Et les prix n'ont baissé que de un centime, en moyenne, depuis le cessez-le-feu. Il risque de remonter. Qu'est-ce que vous attendez, aujourd'hui, du gouvernement ?
Mais j'attends que le gouvernement, là aussi, protège les Français, protège notre économie, protège le pouvoir d'achat de chacun de nos concitoyens et concitoyennes, mais aussi nos entreprises, nos services publics, nos communes. On est en train de voter les budgets. Il y a des aides ciblées qui ont déjà été mises en place
pour les routiers, pour les précheurs, pour les agriculteurs.
Les aides ciblées, on ne crache pas dessus. Une aide est toujours bonne à prendre. Mais c'est peanuts par rapport à ce qui nous tombe dessus. Je ne sais pas si tout le monde prend bien conscience, de la crise économique mondiale, mais qui va frapper la France, énorme, qui est en train de nous tomber dessus. Cette crise, elle est sans précédent. D'ailleurs, ceux qui sont dans l'industrie énergétique le disent. Même si la guerre s'arrêtait demain, la crise va durer et s'installer. Il y a eu 75 sites énergétiques qui ont été frappés là-bas. Des dépôts de pétrole, des raffineries, des sites gaziers. Il va falloir 2 à 5 ans pour les reconstruire. Donc, la crise va être forte.
Or, nous vivons dans un système financier, capitaliste, mondial, qui fait que l'énergie, le pétrole, n'est pas un bien commun, c'est un actif financier. On spécule dessus. Et c'est ça qui nous fait du tort. Et aujourd'hui, ils spéculent, les traders, les total énergie, spéculent sur le prix de l'énergie. Et donc, nous devons créer, nous, la France, créer les conditions de protéger notre économie, notre pays, de cette spéculation, des effets de cette guerre, protéger notre pays le plus possible. Et pour ça, nous avons des outils.
Parce que le gouvernement dit que les caisses sont vides et que cette guerre, par ailleurs, creuse encore plus les caisses de l'État.
Le coup de les caisses sont vides, on ne peut rien faire. Ça marche un temps soit peu jusqu'à ce que le peuple dise stop, on n'en peut plus. Ce n'est pas une réalité avec laquelle il faut composer. Non, ce n'est pas une réalité. Parce que ça, cet argument-là, il nous est sorti tout le temps. Je rappelle qu'en 2017, quand le président Macron arrive au pouvoir, il dit les caisses sont vides, il augmente la taxe carbone sur l'essence et ça fait une explosion qui a donné naissance à un grand mouvement populaire, les Gilets jaunes. Vous pensez qu'il pourrait y avoir un mouvement des Gilets jaunes aujourd'hui ? Aujourd'hui, moi, j'appelle à une réaction forte des Français, du monde du travail.
J'appelle à une intervention populaire la plus puissante possible, notamment le 1er mai. Parce qu'il faut que l'État protège le pouvoir d'achat, protège notre économie. Vous voulez plafonner les prix à 1,60€ ? Ça veut dire qu'il y a des mesures d'urgence à prendre, telles que le plafonnement des prix à 1,60€, 1,70€ et le blocage des marges des pétroliers, des raffineurs, notamment Total, pour pouvoir financer cette mission. Il faut supprimer les certificats d'énergie électrique que le gouvernement a mis en place le 1er janvier. Il nous ponctionne 2 milliards d'euros sur le prix de l'essence. C'est 16 centimes. 16 centimes sur le litre arrivés depuis le 1er janvier.
C'est l'État qui l'a mis en place. L'État peut le reculer, l'enlever du jour au lendemain. Et puis enfin, si on veut électrifier la France, si on veut inciter les Français à se brancher sur l'électricité décarbonée de nos centrales nucléaires, il faut tout de suite baisser le prix de l'électricité. Nous produisons notre propre électricité. Elle est décarbonée. C'est normalement la moins chère de l'Europe. Il est possible de la baisser de 30% immédiatement en retrouvant la maîtrise des prix de l'énergie grâce à notre entreprise publique EDF. Et ça, le gouvernement peut le faire immédiatement.
Vous plafonnez les prix pour tout le monde, c'est-à-dire même pour les Français qui n'ont aucun problème pour faire leur plein d'essence.
Mais il faut le plafonner pour tout le monde, c'est-à-dire, vous, vous allez me dire les super riches qui roulent en grosses voitures, en berlines, etc. Je préférais qu'on mette des taxes sur les grosses berlines qui polluent, mais que le prix de l'essence soit le même pour tous. Et je pense aussi à nos entreprises. Je pense à nos PME. Vous avez vu le chiffre de défaillance d'entreprises qui vient de tomber, le chiffre record, 19 000 entreprises en faillite sur le premier trimestre 2026. Vous ne pensez pas que nos PME, elles ont besoin d'être aidées ? Vous ne pensez pas que les communes, les collectivités ont besoin d'être aidées ?
Nous allons subir, nous aussi, moi je suis maire de Saint-Amand-les-Eaux, on est en train de faire notre budget, on est en train de tout réviser.
Mais l'exécutif vous dit que vous allez organiser la pénurie si vous bloquez les prix trop bas parce que les distributeurs n'auront plus envie de vendre. Est-ce que ça s'est aidé ?
De où le gouvernement nous parle de pénurie quand nous avons des réserves stratégiques de pétrole qui nous permettent de tenir 110 jours parce que nous sommes allés au-delà de ce qui est recommandé par l'Agence internationale de l'énergie, c'est 90 jours. Nous en avons, nous, pour 108, 110 jours. Donc on a largement de quoi. Et d'ailleurs, ces réserves stratégiques, on devrait les utiliser un peu plus pour faire baisser le cours du pétrole. Et puis enfin, Total. Mais parlons de Total. Vous voulez nationaliser ? Total qui se gave sur cette guerre.
Total qui, dans deux mois, quand ils vont afficher leurs dividendes et quand les Français vont découvrir qu'ils vont avoir fait 10, 15 milliards d'euros de bénéfices, tout le monde va hurler et tout le monde va voler à la nationalisation. Mais comment vous ? Est-ce que vous savez combien ça coûte ? J'appelle aujourd'hui à la nationalisation de Total. Si Total, si Total, n'accepte pas tout de suite de bloquer toutes ces marges et de baisser le prix de l'essence comme nous le demandons.
Mais est-ce que vous savez combien ça coûte ? L'État n'a pas les moyens aujourd'hui de nationaliser Total ?
Écoutez, à chaque fois que l'État dit ça, l'État se prive. Et on l'a entendu de la part de plusieurs chefs d'État qui refusent de mettre les mains dans les poches. L'État est déjà intervenu pour nationaliser des groupes quand il y avait le feu à la maison. Nicolas Sarkozy l'a fait pour Thomson. Nous avons su le faire. Nous l'avons fait quand il s'est agi de nationaliser des grands groupes industriels français en 1981. Thomson, Usinor, Sassinor, Villebanc. Mais ça ne fera pas
baisser les prix. Les prix sont dépendants des prix du marché même si vous rachetez Total. Se réapproprier... 5% de Total, ça coûterait 7 milliards d'euros à l'État selon un rapport du Sénat. Comment vous financez toutes vos mesures, Fabien Roussel ? Comment vous les financez ? Parce que là, vous dites on va plafonner les prix, on va nationaliser Total. Mais avec quel argent ?
Nationaliser Total, c'est faire appel à une avance, on s'endette pour nationaliser, pour pouvoir mieux gérer cette entreprise, ne pas se faire de dividendes... Vous pensez que l'État
la gérera mieux.
...ne pas se faire de dividendes et de bénéfices sur le dos des entreprises et des Français et pouvoir rembourser ensuite la dette que nous avons contractée. En fait, c'est un investissement que nous faisons pour pouvoir produire des richesses, pour protéger notre économie et permettre à ce que les Français vivent mieux, tout simplement. Ça s'appelle se réapproprier notre outil de travail, faire en sorte que la nation ait la main sur ses industries stratégiques. Il y a l'énergie, il y a l'acier, je pense à Arcelor, il y a les banques qui se gavent aussi sur notre dos. Eh bien, c'est la différence entre un gouvernement de gauche et un gouvernement libéral et de droite.
Nous, nous disons que l'économie, il faut pouvoir agir, l'État doit pouvoir agir pour faire en sorte que nous retrouvions notre indépendance, notre liberté et notre souveraineté. Aujourd'hui, nous ne l'avons plus, nous l'avons perdue et elle est entre les mains de grands groupes et d'actifs financiers, de fonds de pension qui spéculent sur notre dos.
Avec Fabien Roussel,
secrétaire national du Parti communiste, Paul, le gouvernement fait marche arrière.
Exactement, Agathe, Maureen le disait, le gouvernement renonce à faire avancer sa loi sur le travail le 1er mai. M. Roussel, vous dites merci M. le Premier ministre ?
Je dis que c'est une belle victoire, une belle victoire à l'initiative du groupe communiste qui a menacé de déposer une censure, des syndicats qui, à l'unanimité des huit organisations syndicales, ont dit que c'était ou le retrait ou cette motion de censure et donc les syndicats ont été unanimes. J'offrirais un brin de muguet au Premier ministre le 1er mai vendu par les communistes sur les trottoirs parisiens. Parce que vous, vous avez le droit de vendre du muguet le 1er mai mais les floristes ils n'ont pas le droit d'ouvrir tout ça. Oui, mais vous voyez, justement, je reviens sur ce que nous disions auparavant sur la crise dure qui s'abat sur les Français.
le pouvoir d'achat en berne, l'essence qui augmente, le gaz qui augmente, les factures qui flambent. Et la réponse du gouvernement c'est de dire on va vous faire travailler le 1er mai pour plus d'un million de salariés alors que c'est le seul jour, le seul jour férié mais si certains
le veulent Fabien Roussel comme vous si vous voulez vendre votre muguet si certains boulangers veulent ouvrir si certains fleurissent veulent ouvrir pourquoi vous leur refusez cette liberté-là ?
Que des artisans travaillent le 1er mai ils ont le droit de faire. Les chefs d'entreprise ont le droit de travailler le 1er mai. Ce qui est interdit aujourd'hui sauf dans les services publics pour au nom de la continuité de leur activité dans les hôpitaux dans la police etc. Mais dans le reste dans le secteur privé les salariés pour les salariés c'est interdit depuis plus d'un siècle c'est la défense du droit du travail et des travailleurs le 1er mai et le seul jour férié et chômé chômé et payé. Et donc ceux qui veulent travailler seul peuvent le faire sinon on achète son pain la veille pour le 1er mai c'est comme ça qu'on s'organise
mais ce gouvernement
la seule réponse de ce gouvernement à nos concitoyens aux travailleurs qui voudraient gagner plus qui voudraient vivre mieux c'est de dire travailler le 1er mai travailler plus or nous ce que nous disons c'est augmenter les salaires indexer les salaires sur l'inflation c'est ce que nous demandons depuis des mois indexer les salaires sur l'inflation
On va vous faire écouter un boulanger quand même parce qu'on parle d'eux un artisan boulanger Jacques-Edouard Dufour il était sur France 2 hier
On n'a pas de jour de fermeture donc on a moins de pertes ça permet aussi c'est des journées où il y a quand même beaucoup d'activité donc ça provoque quand même une hausse du chiffre d'affaires qui est certaine ça va représenter a priori entre plus 15 et plus 100% de chiffre d'affaires Vous entendez ce qu'il dit
ce boulanger entre plus 15 et 20% de chiffre d'affaires Pourquoi vous leur refusez
ce droit-là ?
Moi je refuse rien du tout je suis pour le dialogue le dialogue social et le Premier ministre a renvoyé au dialogue social et donc à des accords de branche c'est ce sur quoi ils se sont mis d'accord vous me dites que les salariés sont d'accord que les patrons le demandent et bien si c'est le cas ils vont réussir à se mettre d'accord branche par branche tout le monde sera content et on verra bien si c'est effectivement la réalité j'ai un doute moi j'ai un doute j'entends aussi je connais aussi des boulangers qui disent moi le 1er mai c'est sacré on travaille pas et ils sont pas obligés de travailler donc il faut respecter et justement il faut aussi empêcher ceux qui voudraient forcer leurs salariés à travailler on dit que c'est sur la base du volontariat
c'est ce qui est écrit dans la loi
mais on sait comment que ça se passe quand on a un CDD dans une entreprise et qu'on espère qu'il soit transformé en CDI et puis qu'on refuse de venir travailler un dimanche ou un jour férié ou un 1er mai et bien on a plus de chances que son CDD ne soit pas transformé en CDI et c'est comme ça le volontariat ça n'existe pas vraiment ça n'existe pas
dans le monde du travail c'est forcément une contrainte
encore une fois pas vraiment et pas généralement voilà je veux pas mettre tout le monde dans le même sac mais il faut écouter ce que disent les salariés
et des salariés j'aimerais qu'on écoute ce que dit un fleuriste Farel Lejean il est président de la Fédération française des artisans fleuristes hier sur France Info nos salariés ne s'opposent pas au fait de travailler le 1er mai ils sont même volontaires pour travailler le 1er mai dans la mesure où ils sont rémunérés double ce jour-là et qu'aujourd'hui ont donné des enjeux et du pouvoir d'achat en Berne pour bon nombre de nos concitoyens qui sont favorables pour travailler il est intéressant aussi ce dernier argument qu'est-ce que vous lui répondez ?
je réponds que le problème de notre pays c'est que les français sont globalement mal payés nous avons 3 millions de salariés qui survivent avec un SMIC 3 millions il y avait avant 12% de salariés au SMIC nous sommes à 17% aujourd'hui nous sommes une France un monde du travail qui est tombé au SMIC la solution je le répète c'est d'augmenter les salaires c'est de permettre aux salariés de pouvoir vivre de leur travail et de leur salaire sans être obligé de travailler un 1er mai sans être obligé de travailler jusqu'à 64 ans pour avoir une bonne retraite sans être obligé de travailler de nuit ou de faire des heures supplémentaires c'est ça donc si au départ nous avions un salaire correct on n'irait pas chercher à travailler un 1er mai ou à faire des heures le problème c'est qu'aujourd'hui on a des salaires qui sont excessivement bas et je pense à nos PME à nos commerçants à nos artisans qui sont aussi des entreprises qui ont besoin d'être accompagnées je ne les mets pas sur le même plan que les grosses boîtes que les grandes entreprises qui distribuent des dividendes elles ont besoin d'accompagnement
Fabien Roussel vous avez critiqué le concept de nouvelle France mise en avant par la France insoumise vous dites que Jean-Luc Mélenchon essentialise les citoyens en fonction de leur couleur de peau l'insoumise Mathilde Panot était à votre place il y a quelques jours elle vous a répondu
Fabien Roussel dit des choses sur Jean-Luc Mélenchon en n'ayant lui-même aucune chance d'accéder au second tour et je rappelle qu'en 2022 c'est lui notamment qui a empêché d'avoir les 420 000 voix qui permettaient à Jean-Luc Mélenchon et au programme l'avenir au commun d'arriver au second tour de l'élection présidentielle en 2022 vous étiez allé seul
à la présidentielle Fabien Roussel vous aviez obtenu 2,3% des voix on ne vous y reprendra plus comment ça on ne vous y reprendra plus c'est à dire que est-ce que vous êtes prêt à prendre le risque d'une élimination de la gauche comme le sous-entend Mathilde Panot à la prochaine présidentielle
vous me donnez beaucoup de poids beaucoup de responsabilité quand même c'est ce que dit Mathilde Panot aujourd'hui d'abord le problème de la gauche c'est qu'elle plafonne à 30% et que tant que nous en serons à ce niveau-là les espoirs de conquête du pouvoir sont plutôt faibles et donc l'objectif c'est de convaincre un plus grand nombre de nos concitoyens à voter pour un projet qui va véritablement changer leur vie et c'est ce à quoi nous nous attachons nous au Parti Communiste Français nous allons entamer un congrès qui va se tenir au mois de juillet à Lille et nous allons avoir durant les mois qui nous séparent de cette date le temps de travailler sur ce projet et sur l'ambition que nous avons pour la France moi je souhaite qu'on se rassemble sur un projet véritablement en rupture avec ce que les français vivent depuis 10 ans que l'on ait des moyens pour nos écoles pour nos hôpitaux que l'on puisse redonner justement de la dignité ma question portée
sur la candidature
justement moi avant de parler de candidature je veux parler d'ambition pour la France et de projet pour notre pays c'est de ça dont les français veulent que l'on parle c'est à dire je souhaite que l'on parle de ce que nous proposons plutôt que d'aller critiquer d'autres ou de parler de l'ambition commune parlons de ce que nous voulons pour la France
Fabien Roussel il est 8h57 c'est l'heure de la question qui aujourd'hui la question qui bascule Jordan Bardella va déjeuner lundi midi avec les dirigeants du Medef après un dîner la semaine dernière de Marine Le Pen avec des patrons du CAC 40 comment interprétez-vous ce rapprochement entre le monde économique et le Rassemblement National ?
C'est le choix que fait certains dirigeants d'entreprise de discuter avec le Rassemblement National et certainement parce que le Rassemblement National a des propositions très libérales d'ailleurs le Rassemblement National était favorable à la suppression du 1er mai ils ont voté la motion de rejet avec les macronistes mais mettons ça de côté encore une fois je ne suis pas pour parler des autres je suis pour parler de ce que nous nous proposons j'ai moi-même déjeuné avec les représentants du Medef à leur invitation pour pouvoir discuter de leurs propositions mais de notre projet pour la France et justement de la juste répartition entre le capital et le travail pour pouvoir financer les grands défis de notre pays
Merci beaucoup Fabien Roussel d'avoir répondu aux questions de France Info Merci Paul
Merci d'avoir regardé
Fabien Roussel