Le discours de Marine Le Pen, en meeting à Nice, en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je voudrais vous dire ces mots simples. Si vous saviez, chers amis, chers militants, chers élus, l'espoir que vous nous donnez, et surtout la grande, l'immense force que vous dégagez. Cette force ici à Nice, je la ressens tout particulièrement, pas seulement parce que cette ville incarne pour nous un incomparable joyau qui fait la fierté de tout notre pays. Mais aussi parce que désormais, elle est le point de départ de la grande Union nationale que nous appelons de nos voeux. Vous savez, chers amis, le courage est une vertu très rare en politique. La tambouille politicienne des derniers mois l'a tristement illustré.
En rejoignant notre coalition électorale, Éric Ciotti a indéniablement su en faire preuve. La recomposition qu'elle a entraînée est un fait politique. Voilà le regard que je porte sur l'alliance que nous avons nouée avec Éric Ciotti. Elle est tout sauf anecdotique. Elle est tout sauf simplement un symbole. C'est un événement majeur de la recomposition politique qui se dessine dans notre pays. Derrière l'écume de l'actualité, derrière les anathèmes, derrière les combines, derrière les arrangements médiocres. C'est cela aussi que nous devons retenir de la période que nous vivons. Si je vous dis cela, c'est parce que cette recomposition sera demain la condition de la victoire.
Une étape décisive. 11 millions de Français nous ont fait confiance. C'est sûr que c'est une étape décisive de cette victoire que les résultats des législatives. C'est trois fois plus qu'il y a seulement deux ans. C'est absolument immense. À ce résultat, le RN est désormais et de très loin le premier parti de France de député à l'Assemblée nationale. Depuis juin, la première délégation de toutes celles, toutes nationalités confondues représentées au Parlement européen doit susciter en nous confiance et espérance.
À titre personnel, cette progression me donne surtout un immense sentiment de reconnaissance pour vous tous et un sens encore plus aigu du devoir, du contrat moral qui me lie à vous. Nous, élus, représentants du RN dans le débat public, nous ne sommes après tout que vos mandataires, responsables de la mise en œuvre de votre volonté démocratique. Alors bien sûr, ces résultats et cet enthousiasme ne m'ont pas fait basculer non plus dans un optimisme béal. L'exaspération que vous ressentez et que ressentent nos compatriotes face à la gravité de la situation du pays, je la partage. Je la ressens. Je ne vais pas ici revenir sur les attermoiements et les combines de ces derniers mois.
Tout a été dit sur le sujet et je crois que les Français, lors des dernières échéances électorales, se souviendront avec acuité de la manière dont la classe politique leur a tordu le bras lors des élections législatives et cherchent à les invisibiliser depuis. Aujourd'hui, les aspirations des Français ont été ghostées, comme diraient les jeunes. Mais aujourd'hui, nous ne sommes pas rassemblés pour déplorer, mais pour continuer à agir, à convaincre, car la prochaine campagne a déjà commencé, ou plutôt elle commence ici, avec vous, à Nice. L'avenir est pour réaffirmer collectivement dans quelle direction nous voulons emmener la France, parce qu'elle vit objectivement des moments difficiles.
Et pas seulement dans un ou deux domaines, dans tous ou presque à la fois. Sécurité, migration, pouvoir d'achat, industrie et désormais finances publiques. Et partout, le navire France prend l'eau et semble promis, en l'absence d'alternance, à une course folle vers le déclin. Voilà pourquoi nous devons constamment rappeler, non pas seulement à nos détracteurs et à nos adversaires, mais à l'ensemble des Français, la pertinence de nos solutions, aussi bien pour le pays dans son ensemble, que pour les problèmes auxquels ils font face dans leur quotidien, à l'école, à l'hôpital, au travail. C'est cela qu'ils attendent de nous. Pas de l'idéologie, des remèdes, pas des paroles, des actes.
Car nous ne sommes pas un parti de protestation, de contestation, pas un parti de brutalisation sociale et fiscale. Cela, nous le laissons avec plaisir à Jean-Luc Mélenchon. Nous ne sommes pas non plus le parti du mépris et des décisions verticales prises en vase clos par quelques technocrates, et encore moins le parti des fractures entre ceux qui sont quelque chose et ceux qui ne sont rien. Cela, nous le laissons volontiers à Emmanuel Macron et à sa minorité hétéroclite. Non, décidément, nous n'avons rien en commun avec ce que j'ai appelé depuis le mois de juin dernier le parti unique.
Celui où l'on se co-opte avec délectation aux élections, avant de feindre, une fois la poussière de la campagne retombée, de se combattre dans l'hémicycle. Ce parti va de Laurent Wauquiez à Jean-Luc Mélenchon en passant par Emmanuel Macron. Parti de tous ceux qui se sont désistés les uns pour les autres aux législatives et se sont fait élire avec un seul objectif, empêcher une véritable alternance politique représentée par le Rassemblement National et ses alliés. Ce parti unique, il se moque de la démocratie même s'il en a en permanence plein la bouche.
Ce n'est pas le Rassemblement National qui exclut 11 millions d'électeurs des instances de représentation de l'Assemblée Nationale, c'est eux. Ce parti unique est irresponsable. Ce n'est pas le Rassemblement National qui promet aux Français une cure de matraquage fiscal et social pour réparer les folies budgétaires commises par Emmanuel Macron depuis sept ans, c'est eux. Ce parti unique est faible et irrésolu. Ce n'est pas le Rassemblement National qui prétend régler le chaos sécuritaire et migratoire en prenant des demi-mesures où la culture de l'excuse le dispute à la certitude de l'impunité, c'est eux.
Il faut dire que là-dessus, avec l'attelage improbable dont nous avons hérité à l'intérieur et à la justice, ils ont sans doute réussi à réaliser la quintessence du « en même temps ». Avec eux, la sécurité des Français est pour ainsi dire en garde alternée. En semaine A, elle est confiée à M. Retailleau, en qui, avouons-le, nous avons trouvé un ardent défenseur de notre programme régalien, ce qu'on ne peut d'ailleurs que saluer, après tout mieux vaut tard que jamais. En semaine B, changement d'ambiance, notre sécurité est confiée à la quintessence du gauchisme candide en la personne de M.
Migot, qui est allé jusqu'à parler, non pas d'un sentiment d'insécurité, or sinon ce serait déjà trop, non, avec lui, nous en sommes à l'étape d'après. Désormais, notre propre ministre de la Justice parle d'un sentiment de laxisme judiciaire. Je vous laisse quand même imaginer quel niveau d'aveuglement il faut avoir atteint pour oser prononcer de telles paroles dans un pays qui présente les statistiques sécuritaires et pénales les pires d'Europe. Et ces paroles, M. Migot, les prononce moins de dix jours après le viol et l'assassinat de Philippines qui a mis en lumière la faillite de toute la chaîne sécuritaire et pénale de France. Mais ne croyez pas qu'ils s'arrêteront en si bon chemin.
Dans quelques mois, ils nous parleront sans doute d'un sentiment d'inexécution des OQTF ou d'un sentiment de dépassement des records d'immigration en France. Et puis peut-être dans le trentième volume de ses mémoires, M. le maire nous parlera-t-il d'un sentiment de saccage des comptes publics. Face à cette mascarade, lorsque je vous dis que le temps qui nous sépare de l'exercice du pouvoir va passer vite, mes chers amis, c'est une conviction, mais c'est aussi, il faut bien l'avouer, un espoir. Un espoir auquel il nous faudra donner corps en travaillant d'arrache-pied chaque jour, militants, élus ou citoyens.
Cette grande alternance à laquelle nous aspirons, je la conçois non pas comme une déconstruction ou une disruption, je la conçois comme une grande œuvre de réparation de la France et au-delà de l'Europe toute entière. Et la tâche là aussi est immense. Je vous aime tous aussi et vous le savez en plus. On sait, puisque nous parlons d'Europe, un salut affectueux à notre ami Matteo Salvini qui tient en ce moment même son grand meeting traditionnel à Pontida, accompagné de nos amis Victor Orban, Premier ministre de Hongrie, et Gerd Wilders, vainqueurs aux Pays-Bas des dernières élections législatives. En votre nom, je les salue tous, ainsi que tous les Italiens patriotes chaleureusement.
En Slovaquie, en Hongrie, en Italie, en passant par les Pays-Bas, les peuples se lèvent, portés par des hommes et des femmes d'État capables de rétablir l'ordre des choses. La victoire éclatante de nos alliés autrichiens du FPO, arrivés en tête des élections législatives de dimanche dernier, démontre que ce mouvement d'émergence d'une Europe des peuples et des nations est enclencé. C'est avec ces hommes politiques exceptionnels de lucidité, de pugnacité et de courage que, sous l'impulsion de Jordan, et grâce à notre victoire historique aux Européennes, nous avons constitué un grand groupe au Parlement européen, « Les Patriotes pour l'Europe », aujourd'hui troisième groupe de cette Assemblée.
Les Européennes font face depuis des décennies à un double affaiblissement, contre lequel tous les dirigeants patriotes du continent s'emploient à lutter. Le premier résulte des mutations brutales qu'a imposé, souvent à marche forcée, le mondialisme économique, social et culturel. Ce mouvement de dérégulation des flux de biens et de personnes, l'Union européenne l'a impulsé, cajolé, cajolé encore et encore, et imposé à nos nations qui n'en finissent plus d'en payer le prix. Dépendance écologique, désindustrialisation, insécurité physique et sociale, l'échec de leur modèle est terrible, brutal et sans appel.
La grande transformation des sociétés qui en a résulté, nous la subissons aujourd'hui en France. D'abord à travers l'effondrement productif des 40 dernières années, plus de 3 millions d'emplois hautement qualifiés détruits, et une part de l'industrie dans le PIB désormais inférieure à 10%. Ensuite, à travers l'explosion des flux migratoires, qui ont atteint un niveau sans précédent au cours des 20 dernières années, avec un triple effet désormais parfaitement documenté par les statistiques publiques, hausse exponentielle de la délinquance et de la criminalité, creusement des déficits des comptes sociaux, dégradation du niveau de qualification de la population.
Mais la mondialisation dérégulée, elle seule, n'est qu'une des deux dimensions, si l'on peut dire, du problème. Si elle a pu produire des effets aussi délétères sur les nations européennes, c'est parce qu'elle a été encouragée et facilitée par la mise en place d'un ordre juridique autonome en Europe. C'est en vérité à une rupture civilisationnelle majeure que nous avons assistée de ce point de vue. Là où les notions de souveraineté et d'État découlaient jusqu'ici de la volonté démocratique des peuples, nous avons peu à peu constaté l'émergence d'un véritable ordre juridique hors les murs, émanation non pas des peuples, mais d'une technocratie supranationale non élue.
C'est de cela, mes chers amis, que résulte la folie normative européenne. Lorsque l'écologie punitive condamne notre agriculture, lorsque la dérégulation des marchés de l'énergie fait exploser les factures des ménages et des entreprises, lorsque les États se voient contraints d'accueillir des quotas de migrants sur leur sol, décidés par la Commission européenne sous peine de payer des amendes exorbitantes, lorsque nous nous voyons condamnés à la vassalisation numérique face aux États-Unis et à la Chine, depuis 25 ans, nous assistons à un véritable continuum dans la confiscation progressive des leviers démocratiques qui constituent historiquement l'État de droit.
C'est de cela dont il est question, et dont il était question déjà en 2005, lorsqu'a été bafouée la volonté des Français pour soumettre notre Constitution au traité de Lisbonne. C'est de cela dont il était question, lorsque les Français étaient soumis en 2018 à une taxe carbone qui avait déclenché, souvenez-vous à l'époque, un immense mouvement de révolte populaire des Gilets jaunes. Et c'est encore de cela dont il est question, lorsque la Cour de justice de l'Union européenne, a affirmé qu'il existait un droit inconditionnel à l'asile en Europe pour toutes les femmes afghanes.
Bien sûr, nous sommes préoccupés par le sort terrible que subissent les femmes afghanes vivant sous le joug de l'obscurantisme le plus brutal qu'est l'islamisme. Mais accorder un droit global et inconditionnel à la moitié d'un pays à obtenir l'asile n'est ni sérieux ni raisonnable, surtout si l'on y ajoute le droit découlant du regroupement familial. Quelle tragique ironie par ailleurs.
Quand on sait la complaisance des institutions européennes vis-à-vis de l'islamisme, lorsqu'il a servi menace ou intimide des femmes sur le sol européen, mais aussi lorsqu'il représente le vecteur majeur de la diffusion d'un antisémitisme virulent qui touche directement dans toute l'Europe des citoyens de confession juive. A l'évocation du danger islamiste, comment ne pas se souvenir du dramatique attentat islamiste qui, un soir de fête nationale, a endeuillé cette belle ville de Nice ? Nous n'effacerons jamais les images de nos mémoires et la douleur de nos cœurs.
A la veille des commémorations des attaques terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023, je ne peux également que rendre hommage solennellement aux 43 otages français exécutés par le Hamas et y inclure les 1189 citoyens israéliens qui ont perdu la vie ce jour-là. Si, mes chers amis, nous ne pouvons faire qu'une seule promesse, celle de ne jamais abandonner le combat contre cette idéologie totalitaire et meurtrière qu'est l'islamisme.
Les femmes afghanes, ce sont sans doute l'ensemble des réfugiés climatiques qui se verront attribuer par la Cour de justice ou par la Cour européenne des droits de l'homme un droit automatique à l'asile sur notre continent sans que jamais vous n'ayez eu le droit d'exprimer votre avis démocratiquement. Cette dépossession démocratique, il ose l'affubler du nom d'État de droit. Là-dessus, d'ailleurs, je dois exprimer une divergence majeure avec notre ministre de l'Intérieur, M. Retailleau. Ce n'est pas l'État de droit en tant que tel qui doit être contesté. C'est tout le contraire. Nous en sommes les garants au sens que lui ont donné les plus brillants philosophes européens des siècles passés.
L'État de droit, c'est la soumission de tous aux règles démocratiquement définies et c'est l'une des immenses conquêtes de la civilisation européenne. Ce qui est contestable, en revanche, avec la dernière énergie, c'est la façon dont ils ont renversé cette notion pour en faire un instrument de soumission des peuples qui n'auraient plus la liberté démocratique de faire évoluer le droit. Cela, nous ne l'accepterons jamais. C'est précisément pour répondre à cet affaiblissement de la démocratie et de l'État de droit, chers amis, que je définis le projet du Rassemblement national pour la France comme une œuvre non seulement d'alternance, mais aussi de réparation, notamment de nos institutions.
Nous souhaitons le rétablissement des conditions de leur bon fonctionnement telles qu'elles avaient été initialement conçues et c'est pour cela, je l'ai rappelé cette semaine au Premier ministre, que nous demandons que soit mis en place ou plutôt le scrutin proportionnel. Et au-delà du mode de scrutin, nous continuerons à encourager le gouvernement à consulter directement les Français par la voie du référendum. Pourquoi pas au hasard, sur l'immigration par exemple. Mais toute personne douée de bon sens le sait, la première condition à toute réparation, c'est de faire le bon diagnostic.
Pour une fois, faisons un peu d'auto-promotion, on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, on est même parfois uniquement servi par soi-même. Depuis maintenant très longtemps, notre famille politique a toujours tenu, malgré le déchaînement du système, ce rôle si crucial en démocratie de lanceur d'alerte. Celui qui fait le diagnostic avant les autres et alerte le peuple. Il y a des décennies, nous alertions sur l'immigration et le mondialisme. Il y a des années, nous alertions sur l'islamisme et l'européisme. Il y a des mois, nous alertions sur l'état des finances publiques. Sur tous ces sujets, je ne peux que constater que nous avons très souvent vu juste.
Alors permettez-moi de m'arrêter un instant sur la question des finances publiques puisqu'elle fait la une de l'actualité. Ce fut d'abord 10 milliards. 10 milliards, puis 16, puis 20, puis 25, 40, et finalement 60 milliards d'euros d'économies dont les Français ont découvert la nécessité au fil des derniers mois. En réalité, l'effort budgétaire que notre pays va devoir faire pour redresser les finances publiques sera sans doute à terme de plus de 110 milliards d'euros, selon une note du Trésor, une somme considérable qui représente l'ensemble des budgets de l'éducation et de la défense réunie.
De tels montants donnent le vertige pour tout bon père ou toute bonne mère de famille qui veille aux finances de son ménage ou d'une entreprise. Cette litanie de chiffres inquiétants sonne comme le compte à rebours d'une vérité que la Macronie ne peut plus dissimuler par des artifices. Ils ont ruiné la France et ils ont menti aux Français. Par une étrange ironie de l'histoire, l'incompétence financière du Mozart de la finance s'impose aux yeux de tous alors que le budget de notre pays est en déficit pour la cinquantième année consécutive. Cinquante ans durant lesquels les gouvernements de droite, de gauche et du centre ont accumulé plus de 3 228 milliards d'euros de dettes.
C'est bien ce même parti unique qui a ruiné le pays qui s'est rassemblé pour empêcher le Rassemblement National de gouverner le pays. Le Front Républicain n'est qu'un syndicat de la faillite. Je ne disais pas à Emmanuel Macron d'avoir porté les impôts, les dépenses et les déficits à un niveau historique. Il lui fallait mentir. Nous savons désormais que toutes les annonces et prévisions de déficit public étaient fausses à hauteur, pardon, mais de plusieurs dizaines de milliards d'euros.
Sur ce sujet, comme sur tant d'autres, le Rassemblement National a été la seule force politique à alerter les Français, à dire la vérité à nos compatriotes et à tenter d'imposer dans le débat politique ce sujet majeur. Souvenez-vous, avant les élections européennes, c'est nous qui avons déposé une motion de censure pour exiger un projet de loi de finances rectificatives afin d'obliger le gouvernement à avouer la vérité aux Français. De LR à LFI, personne ne l'a voté. Avant les élections européennes, puis lors des législatives, nous avons dit aux Français que la Macronie préparait une véritable purge financière et fiscale.
pire, à chaque élection, les petits soldats du Parti unique ont sans cesse fait le procès imaginaire du programme du RN pour mieux cacher la catastrophe bien réelle du pouvoir en place. Je vous le dis clairement, nous n'accepterons plus aucune leçon de compétence de nos adversaires politiques, mais aussi de ces galaxies d'experts autoproclamés, de think tanks dont il suffit de tracer les financements pour comprendre leur propagande. Vous savez, mes amis, le temps révèle tout et triomphe toujours des mensonges. La crise budgétaire est par essence le bilan de toutes les erreurs des gouvernements successifs.
La facture amère de la submersion migratoire, des erreurs économiques, du laxisme sécuritaire, de l'effondrement de notre productivité, de notre soumission à la Commission européenne, d'une politique énergétique absurde, d'une bureaucratie étouffante. Mais n'ayez pas peur. À l'image de toutes ces politiques mortifères, la situation budgétaire est réversible, car nous saurons nous appuyer sur la richesse de la France, la force de nos entreprises et la compétence de l'administration. Bien sûr, la situation est si grave que le chemin sera ardu. Mais nous avons le courage, la détermination et les solutions pour rétablir les comptes publics et briser la chaîne d'incompétence du parti unique.
Nous attendons aujourd'hui que le gouvernement dévoile enfin le budget pour l'année 2025, mais j'ai l'impression qu'aucune leçon n'a été entendue. Pensez que, d'après les premiers éléments, la seule ligne budgétaire qui augmente est notre contribution à l'Union européenne. en contradiction totale avec le message clair et sans appel envoyé par les Français dans les urnes le 9 juin dernier. Migration, mondialisme, islamisme, européisme, finances publiques, nous avons toujours eu, grâce à notre travail, grâce à notre connexion à nos citoyens et grâce à notre vision du monde, exempte de toute idéologie, cette capacité à avoir en amont les grands enjeux pour notre pays.
C'est grâce à cela que nous pouvons aujourd'hui proposer à nos compatriotes un projet cohérent. À l'heure des postures, à l'heure des caricatures, se livre une concurrence acharnée que, en même temps, délétère, n'arrive pas à départager. Il est, je crois, utile et nécessaire de présenter sans relâche à tous nos compatriotes la quintessence du projet que nous portons pour la France. Un projet d'ordre, un projet de justice et un projet de progrès. Surtout, ce projet, il apporte une réponse politique à une situation politique qui est obligée à faire des choix politiques.
Nous ne sortirons pas de la crise sociale, de la crise sécuritaire, de la crise de l'immigration et bien sûr de la crise budgétaire sans des choix politiques clairs, tranchés et c'est normal en démocratie par le vote des Français. C'est d'ailleurs pour cela que non seulement nous pensons qu'il y aura des élections dans moins d'un an, mais surtout que nous considérons ces élections comme urgentes pour notre pays. La France a besoin d'un gouvernement avec une légitimité démocratique forte pour faire face aux enjeux majeurs qui touchent notre nation. Le gouvernement actuel ne peut répondre à ces enjeux car il a une légitimité démocratique extrêmement faible.
Il suffit de voir l'accueil réservé à Michel Barnier lors de son discours de politique générale. Jamais, je crois, dans l'histoire de l'Assemblée, un Premier ministre n'a reçu aussi peu de soutien à la fin de cet exercice. C'est bien au peuple français de trancher la politique qu'il entend voir mener et certainement pas aux technocrates de Bruxelles qui hier imposaient suite à des crises budgétaires une politique d'austérité aux Grecs ou aux Chypriotes. En conclusion, je veux vous assurer que nous avons vraiment, je le crois, une chance de relever notre pays. Je crois dans le génie français.
Je crois dans la force de notre peuple de se sortir de toutes les situations, même les plus difficiles. Nous portons l'espérance de millions de Français qui, en juillet dernier, après nos résultats aux élections européennes et législatives, ont compris que notre arrivée au pouvoir n'était que différée. Alors, soyez fiers du chemin parcouru. Soyez courageux pour celui qui reste à parcourir. Soyez forts pour demain participer au redressement du pays. Que cette cause, lorsque les obstacles s'accumulent, lorsque la résignation vous guette, lorsque la lassitude vous gagne, soit l'aiguillon, capable de décupler votre ardeur et de vous rappeler à l'enthousiasme de votre engagement.
Ce pays que nous aimons si profondément, si passionnément, va sous peu nous appeler au pouvoir. Nous serons là pour répondre à son appel. Vive la République, vive la France !
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Marine Le Pen