Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewyoutube.com· 17 mars 2021 7 min

Xavier Bertrand raconte son entretien avec Olivier Véran sur les mesures envisagées

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

On a entendu Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, se plaindre de ne pas être consultée à la veille de nouvelles mesures concernant justement sa région. Nous sommes avec Xavier Bertrand, qui lui est le président des Hauts-de-France. Monsieur Bertrand, merci, vous êtes avec nous par téléphone en direct ce soir dans BFM Story. Avez-vous reçu un coup de fil du gouvernement puisque les Hauts-de-France devraient peut-être être confinés et l'annonce sera confirmée demain ?

0:27
Xavier Bertrand

La réponse est oui. À la mi-journée, j'ai eu un appel d'Olivier Véran qui voulait avoir mon avis et qui voulait faire un point de situation. Et si vous le voulez en total transparent, je vais vous dire exactement ce que l'on s'est dit. Alors allez-y. Bon, le ministre m'a indiqué que compte tenu de la situation sanitaire, il fallait prendre de nouvelles mesures. Je lui ai demandé le choix était entre quoi et quoi. Il m'a donc dit soit un confinement le week-end, comme c'est déjà le cas aujourd'hui dans le Pas-de-Calais et sur Dunkerque, ou alors un confinement comme au mois de novembre.

Si le choix, parce qu'on est le dos au mur avec la situation sanitaire, est entre l'un ou l'autre, moi je pense que le confinement le week-end présente moins de conséquences dommageables. Ce n'est pas simple à vivre pour les gens et surtout il a porté ses fruits. Vous prenez notamment sur Dunkerque, on est passé d'un taux d'incidence de 1100, c'était énorme, à 700, ce qui est encore beaucoup, mais ça montre donc que ça produit des effets. Et en plus, personne n'a envie de revivre cette histoire du mois de novembre entre les commerces essentiels, non essentiels, il faut du bon sens.

La deuxième chose que je lui ai demandé, c'est pourquoi tous les départements des hauts trans seraient conservés de la même façon, sachant que l'Aisne, par exemple, et la Somme n'ont pas le même taux d'incidence. Est-ce qu'il n'est pas possible dans ces cas-là de faire un peu plus de surmesure ? Mais il faut tenir compte, ce qu'il m'a dit aussi, ce que je comprends totalement, du système de soins qui est dans une situation difficile, parce que c'est la question notamment du nombre de lits de Covid et de lits de réa qui sont aujourd'hui encore disponibles. Donc la décision, la réponse sera donnée demain soir.

Demain, nous avons une réunion avec le préfet où je demanderai exactement quelles sont les dernières données épidémiologiques. Mais ce qui est vrai aujourd'hui, c'est qu'on est à nouveau dans une situation où on est le dos au mur, la santé doit primer. Je suis comme tout le monde, je sais pertinemment ce que ça représente, surtout quand les décisions sont annoncées du jeudi soir pour le samedi matin. Mais il faudra bien aussi un autre aspect, et ça je le dis très clairement au ministre, c'est la solidarité nationale. Nous sommes une région qui est en première ligne face au Covid, où il y a plus de victimes, donc plus de risques de contamination.

Il nous faut absolument avoir un maximum de doses de vaccins. C'est une question de justice, c'est aussi une question d'efficacité contre ce satanivirus.

2:43
Présentateur

Le problème, c'est qu'a priori, les doses, on ne les a pas. C'est d'ailleurs, aujourd'hui, ça ne concerne pas seulement la région des Hauts-de-France, il n'y a pas assez de doses aujourd'hui.

2:52
Xavier Bertrand

Oui, mais vous savez, ce n'est pas des doses pour me faire plaisir, c'est tout simplement des doses pour éviter des victimes supplémentaires. Il y a des stocks nationaux, c'est sur ces stocks nationaux qu'il nous faut un maximum de vaccination, et pas seulement le week-end. C'est parce que nous sommes en première ligne.

3:07
Présentateur

Mais si je vous suis bien, vous préférez quand même le confinement week-end plutôt que le confinement 7 jours sur 7.

3:15
Xavier Bertrand

Écoutez, il a porté ses fruits, et on l'a vu notamment à Dunkerque. Moi, je n'ai pas, je le sais, j'étais au gouvernement par le passé, je n'ai pas les éléments dont dispose aujourd'hui le gouvernement. En fonction de ce que me dit Olivier Véran, si le choix est entre le week-end et la semaine, si ça porte ses fruits comme ça a été le cas à Dunkerque, alors c'est cette voie que nous préférons à tout prendre. Vous savez, ce n'est certainement pas de bêté de cœur. Je vois bien aujourd'hui que, comme tous les Français, on a le sentiment aujourd'hui que c'est un jour sans fin.

On n'en peut plus, mais qu'il nous faut faire preuve de résistance, parce que la vérité, c'est que ce virus frappe toujours. J'ai moi-même des amis qui me sont retrouvés en assistance respiratoire encore dernièrement. Il est toujours là, il frappe toujours, et il faut aussi faire attention à ce que notre système de santé ne soit pas submergé.

4:00
Présentateur

Oui, mais justement, c'est le hasard du calendrier, mais l'annonce peut-être d'un reconfinement partiel des Hauts-de-France ou de l'Île-de-France intervient un an après le premier confinement, ce jour sans fin. Est-ce que c'est une fatalité ? Alors, Emmanuel Macron a dit cette semaine, finalement, le virus nous domine. On ne domine pas le virus, on ne le contrôle pas. D'autres pays semblent mieux le contrôler. Israël, la Grande-Bretagne qui vaccine beaucoup plus. Qu'est-ce qu'on a loupé, finalement ?

4:28
Xavier Bertrand

Je n'ai pas envie de parler de ça ce soir. D'accord. Pourquoi ? Parce que c'est un moment difficile. Qu'est-ce que je me suis déjà exprimé début janvier, en disant clairement ce que je pensais de la stratégie de vaccination, on est un moment difficile, les Français en ont marre de tout, et ils en ont marre aussi des polémiques. Alors, ne comptez pas sur moi ce soir.

4:45
Présentateur

D'accord, mais vous dites quoi quand vous rencontrez un habitant des Hauts-de-France ? Parce que j'imagine qu'il y a la lassitude, parfois de la colère, et puis aussi le manque de perspective.

4:54
Xavier Bertrand

Eh bien, je pense comme eux.

4:57
Présentateur

Vous vivez la même chose.

4:59
Xavier Bertrand

Mais je n'ai pas envie de m'étendre là-dessus. J'ai envie de me mettre à la place. Et celles et ceux qui ont aussi des commerces, qui se demandent comment ça va se passer, et notamment ce week-end, si la décision est confirmée demain soir. Si la décision est confirmée demain soir, une chose est certaine, c'est qu'en ce moment, il faut qu'on fasse preuve de solidarité maximum avec l'ensemble des soignants pour qu'on continue à se serrer les coudes. Et il faut surtout qu'on mette bon sang, un coup d'accélérateur sur cette vaccination pour qu'on puisse le vaincre, ce virus.

5:24
Présentateur

Alors, Christophe Barbier, qui est sur le plateau, voulait vous poser une question. Xavier Bertrand, est-ce qu'il serait utile psychologiquement pour la population de faire un calendrier de réouverture, de dire si tout va bien côté vaccin, eh bien, à la mi-avril, le Louvre-Lens va rouvrir. À la mi-mai, les théâtres vont rouvrir. À la mi-juin, les restaurants pourront rouvrir.

5:41
Xavier Bertrand

Évidemment, Christophe Barbier. Nous savons tous que le plus difficile pour les hommes et les femmes, c'est quoi ? C'est de ne pas savoir et ne pas voir le bout du tunnel. Et c'est pour ça qu'il faut dire, en fonction des chiffres, en fonction de la vaccination, voilà quelles sont les perspectives. La pire des choses, c'est de ne pas avoir de perspective. Mais il faut dire les choses en totale transparence, dire la vérité sur ce qu'on a, sur ce que l'on n'a pas, sur ce que l'on aura le moment venu. Mais encore une fois, il faut bien considérer que les Français sont formidables depuis le début, formidables depuis maintenant plus d'un an. Mais ils respectent les mesures.

On est peut-être des râleurs, mais on est quand même sacrément disciplinés. Il faut faire confiance aux Français.

6:17
Présentateur

Il faut aussi, bien sûr, soutenir les soignants qui, une nouvelle fois, sont dans des situations parfois difficiles, avec ces tensions dans les services de réanimation. Les soignants, on les applaudissait il y a un an ? On ne les applaudit plus. Pourquoi ?

6:30
Xavier Bertrand

Tout simplement parce que le confinement n'est plus là, mais on leur doit toujours la même reconnaissance. Et je peux vous dire que dans notre système de santé, tel qu'il est aujourd'hui, c'est les hommes et les femmes qui permettent de tenir tout ça. Et puis aussi, il y a bien évidemment dans les hôpitaux, il y a dans les hôpitaux privés, il y a ceux qui sont dans les EHPAD, tous, même les médecins libéraux, les infirmières, ils sont tous sur le pont. Imaginez, imaginez leurs sentiments aujourd'hui. Et quand on prend une telle décision, ce n'est pas de gaieté de cœur. Et ce n'est pas seulement l'ancien ministre de la Santé qui parle.

On a sacrément de la chance d'avoir des soignants comme ça en France.

7:01
Présentateur

Mais je retiens donc que vous avez eu Olivier Véran au téléphone. Vous avez effectivement demandé à Olivier Véran qu'on vaccine davantage dans votre région, que le confinement, vous lui dites le confinement le week-end, c'est quand même plus supportable que le confinement semaine. mais vous ne voulez pas rentrer dans de polémiques inutiles, c'est ça ?

7:17
Xavier Bertrand

Vous avez tout résumé.

7:19
Présentateur

Merci Xavier Bertrand. Merci d'avoir été en direct ce soir.