Forum économique mondial de Davos : le discours du Président Emmanuel Macron.
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pour qu'on puisse aussi avoir un échange, mais je viens six ans après devant vous pour essayer de dire quelques mots et de vous dire où nous en sommes. Et je suis très heureux de retrouver beaucoup d'amis dans cette salle de visage familier. Il y a six ans, je vous disais qu'on allait faire beaucoup de réformes en France, essayer de faire beaucoup de choses en Europe pour qu'elles soient plus unies, plus souveraines, plus efficaces. Et donc je suis venu faire rapport nous l'avons fait. Et c'est fort quand même de l'exécution de ce sur quoi je m'étais engagé que je viens parler devant vous. Et je veux ici le dire et le porter.
En effet, ces dernières années, nous avons porté des réformes importantes pour le pays. On a réformé notre environnement fiscal en baissant les impôts de 60 milliards d'euros. Mais c'est la taxe sur les entreprises qui passait de 33 un tiers à 25%. Réduisant aussi la taxe sur les gains de capitaux en mettant en place une flat tax, allégeant la fiscalité des entreprises comme des ménages, créant un crédit d'impôt industrie verte pour essayer d'attirer aussi les clean tech dans notre pays. Nous avons simplifié beaucoup de secteurs, accéléré les procédures, investi également massivement dans des secteurs comme la santé, l'éducation, le travail.
Nous avons engagé des réformes inédites sur le marché du travail en passant les formes ordonnances travail en 2017, mener des réformes de l'assurance chômage pour qu'elles soient plus comparables à nos voisins et passer des réformes des retraites y compris l'année dernière dans un contexte politique qui était difficile mais parce qu'elle nous paraissait indispensable.
À côté de ça, nous avons conduit aussi des réformes pour décarboner notre énergie avec une planification écologique sur laquelle on a engagé tous les secteurs d'activité pour accompagner les ménages, les industries, notre agriculture et puis nous avons eu une politique très vigoureuse de développement de l'investissement public et privé, la création de nouveaux outils, d'un écosystème plus attractif et également en investissant massivement dans notre éducation nationale, notre enseignement supérieur et notre recherche avec un plan décennal où on a ajouté 25 milliards d'investissements et la formation des talents.
Tout ça s'est complété d'une stratégie européenne ambitieuse où nous avons ces dernières années tous ensemble eu à faire face à beaucoup de crises mais je veux ici défendre l'Europe qui a su agir ces dernières années parce que notre Europe a su bâtir les fondements d'une Europe de la défense, ce qui paraissait impensable il y a 6-7 ans, des fonds européens, une initiative européenne d'intervention, des facilités, le début de programme commun, France-Allemagne mais aussi avec beaucoup d'autres puissances. Nous avons su ensemble bâtir une réponse à la crise Covid.
Je veux réinsister sur ce point, on l'oublie toujours mais on a eu en deux moins un accord franco-allemand, en trois mois une réponse européenne qui a réussi à lever de la dette en commun et bâtir un programme pour résister, aider nos économies et les relancer. On a bâti des grands programmes dans la santé, dans les semi-conducteurs, dans l'hydrogène en européen avec là aussi un volontarisme pour avoir une plus grande souveraineté européenne et cet agenda de Versailles qu'on a bâti dès mars 2022, un mois après le début de la guerre en Ukraine, nous a permis de développer beaucoup plus de résilience dans nos secteurs économiques et d'avoir là aussi des programmes d'investissement importants.
Et puis nous avons su faire face en européen à la crise avec une politique monétaire qui a permis de juguler l'inflation en des temps records, de maintenir la croissance et de bâtir une gouvernance économique qu'on a réformée ces toutes dernières semaines qui nous a permis d'avoir un système qui est quand même plus favorable à la croissance qu'il ne l'était jadis. Tout ça donne des résultats et tout ce que je viens de vous dire très clairement me permet de dire que non seulement ce que je vous avais dit, on l'a fait, mais que ça marche. La France a créé 2 millions d'emplois durant les six dernières années. Nous avons commencé à réindustrialiser le pays.
Là où nous avions fermé 600 usines après la crise financière, nous en avons rouvert 300 en net durant les cinq dernières années. Nous sommes depuis quatre ans consécutivement le pays le plus attractif d'Europe, celui qui crée le plus de start-up et à les plus grosses levées de fonds, qu'il s'agisse d'ailleurs des start-up de services comme des deep take, qu'il s'agisse du spatial, de la santé, de l'énergie ou autre. Là où il y a six ans, on me disait mais n'allez pas trop vite pour décarboner votre parc automobile parce qu'on ne sait pas produire de véhicules électriques en Europe.
Nous allons produire d'ici à deux ans un million de véhicules électriques en France mais surtout nous avons installé quatre gigafactories dans notre pays et nous sommes en train de développer, de déployer tous les segments clés et avec l'ensemble des régions et plusieurs présidentes et présidents de régions françaises m'accompagnent aujourd'hui dans ce déplacement. Nous sommes parmi les leaders européens dans l'intelligence artificielle et le quantique et nous avons des talents formidables que nous continuons de former, qu'on nous envie dans le monde entier, on y reviendra peut-être dans notre discussion et sur ce sujet nous avons eu aussi des champions qui ont émergé.
Et tout ça nous l'avons fait en tenant nos objectifs et en revenant sur nos objectifs des accords de Paris. Là où nous n'étions pas dans notre trajectoire jusqu'en 2019, depuis 2019, sur la première période, on a réussi à doubler nos efforts et à réduire de 2 % par an nos émissions et l'année dernière, en 2023, nous les avons réduites de 4,6 % par an et grâce à la planification que nous avons mise en place qui va décarboner beaucoup de secteurs, on va retenir moins 5 % par an. Ce qui veut dire qu'on peut avoir une stratégie de croissance, d'innovation, de création d'emplois, de plus grande souveraineté et de décarbonation.
Et ça tombe bien parce qu'à mes yeux il n'y a pas d'autres modèles pour les grands pays européens et d'ailleurs toutes les démocraties développées, c'est de tenir ensemble la création d'emplois et la réindustrialisation, l'agenda climat et biodiversité et une approche de souveraineté, en particulier climatique et énergétique, car nous avons vu ce que coûtait la dépendance pendant la crise Covid et au moment de lancement de la guerre russe en Ukraine. Ambitions, réformes, investissements et résultats sont donc là. Maintenant, nous sommes à un tournant. On est à un tournant parce qu'on va rentrer dans une année qui va être décisive.
D'abord elle va être décisive parce que la France va pouvoir vous accueillir. Je fais mon moment de promotion française, professeur, mais l'année 2024, je le disais à nos compatriotes, sera un millésime français parce que j'espère accueillir beaucoup d'entre vous pour la célébration des 80 ans des débarquements en France, en Normandie et en Provence. Et le monde entier nous a aidés. Nos alliés britanniques et américains et canadiens et venant parfois aussi du bout du monde et beaucoup de nos alliés aussi africains pour le débarquement de Provence.
Et donc on va célébrer ce moment qui est la liberté, le fondement de l'ordre libre que nous avons aujourd'hui, en essayant d'en faire un temps diplomatique utile. Ensuite il y aura les Jeux olympiques et paralympiques dans notre pays durant tout cet été, qui sera là aussi une rencontre importante, sportive mais également culturelle, diplomatique, parce qu'elle porte les valeurs de l'olympisme, qui sont des valeurs universelles. Et puis nous aurons aussi à accueillir la francophonie pour son 19e sommet. Et ça faisait 33 ans que la France n'avait pas accueilli un sommet de la francophonie, en même temps que nous rouvrirons la cathédrale Notre-Dame cinq ans après l'incendie.
Mais 2024 sera aussi une année au cœur de tous nos défis parce que nous voyons bien le monde se recomposer sous nos yeux. Il y a une formidable accélération des innovations, il y a une accélération de tous les agendas et l'Europe est face à des très grandes difficultés dans cette réorganisation du monde. Difficultés parce que tout va plus vite. L'intelligence artificielle innove à vitesse forcée. Et aujourd'hui, on le voit bien, même si je vantais nos mérites, et c'est vrai que la France forme des talents, a des vraies capacités et nous sommes sans doute l'un des tout premiers pays européens. Les États-Unis d'Amérique investissent beaucoup, la Chine aussi.
Donc c'est un agenda auquel nous devons faire face sans naïveté. Ensuite, parce que après le lancement de la guerre russe en Ukraine, les conséquences sur les prix de l'énergie, l'Inflation Reduction Act aux États-Unis, l'Europe a un énorme sujet de coût de son énergie en même temps que de décarbonation. Et on voit bien, le monde se divise, il y a une très grande tension sino-américaine. Il y a le retour de la guerre en Europe et au Proche-Orient et un grand risque pour les Européens, au fond, d'avoir un agenda qui n'est pas tout à fait le bon, en tout cas qui ne va pas suffisamment vite.
Alors les quelques convictions pour les dix dernières minutes de mon propos sont pour l'avenir et pour vous dire comment je vois les choses et l'agenda que la France et l'Europe vont parter. Premièrement, nous allons tout faire pour essayer de tenir le monde ensemble, ne pas céder aux risques de division et essayer d'avoir un agenda efficace qui, un, assurera le fait que la Russie ne peut ni ne doit gagner en Ukraine. Parce qu'il en va de l'Ukraine, de nos valeurs, mais de notre sécurité collective en Europe, au Caucase, dans tout le voisinage. Et donc pour ce faire, 2024 sera une année clé pour les Européens.
Nous devons montrer que nous savons donner de la visibilité, réengager nos efforts, quoi qu'il advienne aux Etats-Unis. La deuxième chose, ce sera notre capacité à bâtir des solutions de paix au Proche-Orient. Nous portons un agenda paix et sécurité pour tous, lutte contre le terrorisme, contre tous les groupes terroristes, quels qu'ils soient dans la région, qui déstabilisent, on le voit bien, la sécurité, mais aussi le commerce mondial. On voit l'action des outils aujourd'hui, Bab el-Mandeb et ailleurs. Deuxièmement, action humanitaire.
C'est pourquoi la France appelle à des aides massives, ce que nous avons fait, à des interventions comme nous l'avons fait pour aider très concrètement à Gaza, pour soigner aussi sur les côtes, mais un cessez-le-feu immédiat pour permettre d'apporter l'aide humanitaire aux populations. Et troisièmement, une solution politique des deux Etats qui est la seule à permettre la stabilité et la paix pour Israël et dans toute la région. Et je crois que c'est un défi européen et les Européens auront des solutions à porter sur ce sujet partout. Et puis, sur le plan diplomatique, il nous faudra, nous, Européens, tout faire pour que le monde ne se divise pas et avoir un agenda.
Je crois que nous en avons jeté les bases en juillet dernier en France avec le pacte de Paris pour les peuples et la planète. C'est un agenda volontariste pour réconcilier la lutte contre la pauvreté et la lutte pour le climat et la biodiversité. Et ne laisser aucun pays à revenus intermédiaires, pays pauvres, pays vulnérables et parfois pays qui cumulent ces vulnérabilités en situation de choisir par un réengagement massif d'abord des financements internationaux publics et privés par un agenda défini avec les pays, qu'il s'agisse de leur transition énergétique, climatique comme de biodiversité.
Mais au-delà de ça, nous avons besoin d'avoir un agenda économique, d'innovation et industrielle encore plus ambitieux. Tout ce qu'on a fait ces dernières années, les très bons résultats que je vous ai donnés ne sont pas suffisants parce qu'il y a une accélération de l'innovation et du monde, parce qu'il y a eu une accélération aussi avec l'IERA et avec, en particulier, ce qui se fait sur le quantique. Et donc, pour ce faire, fort des résultats que nous avons obtenus et du fait que, quand il y a six ans, je suis venu vous dire quelque chose, on l'a fait, je vais essayer de vous dire ce que je voudrais, ce que je veux qu'on fasse en français et ce que je voudrais qu'on fasse en européen.
Nous allons ouvrir un temps 2 de l'accélération, de l'attractivité, de l'innovation en France. D'abord, en consolidant nos grands programmes, France 2030, notre programme d'attractivité avec Business France, pour continuer de faire davantage et rester leader européen sur ce sujet. Nous allons ensuite ouvrir un 2e temps sur la réforme de notre marché du travail, en durcissant les règles de l'assurance chômage, en ayant aussi beaucoup plus de simplicité sur les embauches et l'organisation et en favorisant tout ce qu'on peut transférer au niveau de l'entreprise dans les négociations.
Ensuite, nous allons à nouveau ouvrir un grand train de simplification et de réduction des délais dans de nombreux secteurs, je l'ai annoncé hier. Simplification, accélération, montée des seuils et décalage des seuils, réduction des délais pour les grands projets industriels, les projets agricoles, les projets dans le renouvelable, les projets dans le logement. Ensuite, nous allons poursuivre la dynamique de réindustrialisation avec de nouvelles mesures d'attractivité, en particulier pour attirer les financements et nous allons stabiliser le cadre réglementaire du secteur de l'énergie.
Sur ce point, les six derniers mois ont été consacrés à une négociation européenne qui nous a permis d'obtenir un marché européen qui sera beaucoup plus stable et mieux régulé, où on dépendra beaucoup moins des coûts marginaux, ce qui pour nous, français, est très important parce qu'on produit une énergie qui est pilotable et qui est stable et qui est décarbonée grâce au nucléaire. Et donc, nous allons, dans la loi, transposer ces équilibres et donner de la visibilité aux ménages comme aux entreprises sur une énergie qui sera l'une des plus décarbonées d'Europe, des plus stables et des moins chères, avec aussi des contrats à long terme que nous allons signer avec des industriels.
À côté de ça, on va continuer notre stratégie d'investissement dans le capital humain, en renforçant les incitations au travail, en formant mieux nos jeunes. On a fait une réforme très importante de l'apprentissage, on formait 250 000 jeunes par an à l'apprentissage, on en forme maintenant 1 million par an. Et on va poursuivre cet effort et on va le faire sur nos lycées professionnels. Et nous allons complètement enclencher une réforme du premier cycle universitaire pour mieux allouer nos formations aux besoins de la nation.
On va poursuivre l'accélération de notre recherche avec une série de réformes que j'ai annoncées il y a quelques semaines, en plus des investissements qui ont été décidés et d'un renforcement des investissements dans les secteurs clés, dont l'intelligence artificielle, le quantique ou le climat. Au-delà de cette stratégie française, nous allons pousser un agenda européen et continuer sur la base de ce qui a été fait dans cette année d'élections européennes, parce qu'évidemment, l'Europe est la bonne échelle pour mener une telle ambition. Et au fond, au moment où je vous parle, ma conviction est que l'Europe a fait beaucoup de choses très bien ces dernières années.
Nous avons ensemble été au rendez-vous de la crise Covid et nous avons ensemble été au rendez-vous de la guerre en Ukraine. Personne ne pensait que les Européens pourraient se mettre d'accord en trois mois face au Covid. Personne ne pensait que les Européens pourraient livrer des vaccins. Personne ne pensait qu'on pouvait en quelques jours avoir une position commune et sanctionner la Russie et tenir pendant deux ans. On l'a fait, tout ça. Et donc, forts des résultats, y compris monétaires, économiques que j'évoquais, je pense qu'on doit faire beaucoup plus. On a d'abord besoin d'avoir une Europe de l'investissement beaucoup plus forte. Pour moi, c'est une priorité.
Tout ce que je vous dis sur le quantique, sur les clean tech et même sur la défense, c'est beaucoup plus d'argent. Et donc, il faut une stratégie de l'investissement qui doit marcher avec deux moteurs. Il faut plus d'investissements publics européens. Et donc, nous devons ouvrir une phase de nouveaux réinvestissements, comme on l'a fait dans la crise Covid, et peut-être en osant à nouveau des eurobondes sur des priorités. La Première ministre estonienne a eu le courage, dans un pays qui était plutôt réputé pour être frugal, comme on dit, de proposer des eurobondes pour l'industrie de défense et l'Ukraine. Allons-y sur des grandes priorités d'avenir, mais on doit investir beaucoup plus.
Et puis, à côté de ça, il nous faut aussi approfondir l'union des marchés de capitaux. Nous devons absolument avoir une Europe financière qui soit beaucoup plus intégrée. Pourquoi ? Parce que notre continent a beaucoup d'épargne, mais cette épargne est mal allouée. Elle ne circule pas vers les bonnes géographies, elle ne circule pas vers les bons secteurs. Ce sont nos propres blocages. Alors, si on bloque à 27, la France va proposer d'avancer sur une coopération renforcée sur ce sujet, car on doit avancer absolument. Ensuite, l'Europe doit porter un agenda environnemental encore plus ambitieux, mais qui soit un agenda d'investissement et d'innovation.
On a fait beaucoup en matière de régulation. Nous sommes le continent, le seul continent qui a assumé la neutralité carbone, le seul continent qui a passé les règles au niveau européen pour le faire. Mais on ne peut pas être durablement. Le seul qui régule à ce niveau est celui qui investit le moins. Et c'est ce qui se passe. Les États-Unis d'Amérique ont décidé, sans tout à fait respecter les règles du commerce mondial, de sursubventionner les clean tech. Et les Chinois sursubventionnent l'ensemble des industries qui contribuent. Si nous n'y prenons garde, on sera un continent qui respecte toutes les règles, le seul même à les respecter.
Mais on n'aura plus que des consommateurs et plus d'industriels. Donc il nous faut absolument investir beaucoup plus dans les clean tech. Et il nous faut aussi investir beaucoup plus dans l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs de plus petite taille et les data centers pour pouvoir avoir une stratégie cohérente également en la matière. Et enfin, cette stratégie industrielle passera par une Europe sociale renouvelée. Et je considère que nous avons besoin de consolider notre modèle de concertation, de trouver des solutions pour les emplois durables, de relancer au niveau européen les concertations pour accompagner ces mutations technologiques.
Parce qu'il est clair que nous avons aussi besoin, je le disais à quelques-uns tout à l'heure, ça fait écho aux propos que j'avais eu avec vous il y a six ans. Si on veut avoir un agenda de soutenabilité, eh bien il faut investir plus, il faut aller plus fort sur le climat et l'intelligence artificielle, il faut faire plus de réformes. Mais il faut aussi qu'on continue de changer le modèle qui est le nôtre, en créant davantage d'emplois en Europe et des emplois mieux rémunérés. Au fond, il faut que vous m'aidiez, que vous nous aidiez à créer plus de good jobs. Parce que tout à l'heure, un intervenant me disait comment avoir plus de stabilité en Europe.
Je disais très simplement aidez-nous à donner de l'espoir aux classes moyennes. Pourquoi toutes les démocraties en Europe et ailleurs vivent des crises ? Parce que les classes moyennes et les classes populaires ne sont plus heureuses avec ce qu'on fait. Mais ce n'est pas que le problème des dirigeants, c'est aussi et surtout le problème de tous les corps constitués et en particulier des entreprises. On doit changer là aussi de modèle dans cette révolution complète où nous vivons. Et il faut créer beaucoup plus d'emplois et d'emplois mieux payés qui permettront d'adhérer à ces transitions.
Et surtout dans un contexte où on a mis beaucoup d'argent public pendant la crise Covid et on en met beaucoup pour accompagner les entreprises pour mener ces transitions. Et donc il faut un agenda de bons emplois, de good jobs bien payés. C'est le clé, la clé de cette Europe sociale. J'ai promis de tenir le temps. Je vais donc me confier à ma promesse. Mais voilà l'agenda tel que je le vois sur les années qui viennent, à la fois pour la France de manière sommaire et pour l'Europe. Je suis un optimiste. Je pense que l'Europe a beaucoup fait qu'elle est là.
Nous sommes à un temps de défi et l'Europe, cette année en particulier lors des élections, mais par les choix qu'elle aura à faire sur l'Ukraine, sur le Proche-Orient et sur sa stratégie climatique, économique et d'innovation et sociale, aura à dessiner son avenir. Nous avons les moyens de le faire si nous sommes lucides et ambitieux. C'est dans cet esprit que j'entame l'année.
Merci bien, Monsieur le Président, d'être à la disposition pour une discussion encore et j'ai reçu déjà certaines questions de l'audience. Mais je veux vous demander – I will speak English because we said the discussion can't take place in English now. You have spoken substantially about the agenda of Europe, the integration of Europe. But my first question would be, what is actually your vision long-term for the sovereignty and governance of Europe? Merci, Klaus. Pierre Moreau, c'est un des points critiques que j'ai toujours soutenu. J'ai toujours soutenu une Europe plus souveraine. Cela signifie quoi ?
Eh bien, cela ne signifie pas mettre fin aux liaisons que l'on peut avoir avec les autres, aux partenariats, mais c'est simplement éviter une dépendance trop importante. J'ai évoqué ce sujet il y a six ans. À l'époque, le point de vue n'était pas entièrement partagé. Mais avec la pandémie, nous avons pu voir le coût d'une trop forte dépendance. Les casques, les masques, pardonnez-moi, certains dispositifs médicaux. Et puis, pendant le conflit européen, en Ukraine, nous avons pu voir le prix d'une trop grande dépendance énergétique. Aujourd'hui, nous devons être certains d'avoir une production européenne, que ce soit des céréales, par exemple. Donc là, il nous faut de la souveraineté.
Il faut de la souveraineté dans le domaine de la technologie. Et dans la chaîne de valeur, que ce soit les processeurs, par exemple, que ce soit dans l'agriculture, que ce soit dans l'énergie, les énergies renouvelables, nucléaires, et puis dans l'industrie de la défense également. C'est absolument crucial pour éviter le coût d'une crise et de la fragmentation du monde. Il faudra une décennie pour ce faire. C'est pour cette raison-là que je pense qu'entre-temps, nous devons éviter tous les risques d'escalade. Nous essayons notamment de réduire ces tensions et cet escalade entre la Chine et les États-Unis. Notre stratégie consiste bien, non pas à découpler, mais à dérisquer.
Voilà, tout simplement. Et c'est accepté par la Chine. Cela devrait nous permettre de coopérer et cela nous empêchera, nous évitera d'être trop dépendants de certaines parties, de la chaîne de valeur. Et puis, sinon, vous créez une extraterritorialité du dollar, et l'Europe ne serait pas une réalité géopolitique. C'est donc la condition pour préserver l'emploi, la croissance pour le continent européen, et c'est essentiel pour préserver une voie, notre voie, dans le monde d'aujourd'hui. Et parler, pouvoir parler et échanger avec les différents pays, que ce soit en Asie, que ce soit l'Afrique.
Je veux pouvoir parler en tant qu'Européen, et je ne veux pas être perçu comme quelqu'un qui dépend complètement des États-Unis. Lorsque j'échange avec d'autres dirigeants, Alexandra en Serbie est exactement sur le même agenda. Voilà. Pourquoi ? Eh bien, parce que l'Union européenne est un projet. C'est un projet de non-dépendance, de ne pas être dépendant d'autres. Ce n'est pas un projet hégémonique, c'est un projet d'équilibre et de respect. Et c'est un projet que je partage. Voilà. Voilà la trajectoire. Cela appelle des réformes, des investissements. Cela appelle l'évitement de toute escalade.
Pour ce faire, nous devrons investir et être audacieux, comme je l'ai évoqué, pour le climat, pour les marchés financiers. Si nous sommes lucides aujourd'hui, eh bien, le risque, la faiblesse serait d'être trop fragmenté. Et puis, nous sommes un composant stratégique du monde. Nous nous régulons beaucoup plus que les autres. Et parfois, nous investissons moins que les autres. Cela n'est pas un business model qui tient. Monsieur le Président, j'ai un certain nombre de questions qui nous viennent de l'audience. Je vais donner la parole à Julie Sweet, qui est chair et CEO d'Accenture. Julie, je ne sais pas où vous êtes. Vous êtes là. C'est à vous. Merci, Klaus. Merci, M. Macron, d'être ici.
Merci de vos efforts permanents. Nous sommes très fiers, chez Accenture, d'être présents en France avec 10 000 employés. D'ici peu de temps, nous allons ouvrir l'un de nos hubs en IA générative en France. L'Europe a aujourd'hui une nouvelle loi sur l'intelligence artificielle. Beaucoup de questions se posent quant à l'adoption de cette loi. Comment voyez-vous l'équilibre ? L'équilibre pour avoir d'une part la bonne réglementation en place, une réglementation responsable, mais tout en permettant aux entreprises de continuer à innover. Merci beaucoup, Julie. Je repose la question.
Comment voyez-vous la réglementation de l'intelligence artificielle d'une part, tout en vous assurant que les entreprises, par ailleurs, pourront continuer à innover, afin que la France puisse être leader dans le domaine et dans ce domaine de la technologie ? Merci beaucoup. Je crois que c'est une question tout à fait essentielle. D'abord, je suis un fervent défenseur de l'IA. Je suis convaincu que l'IA peut apporter de nombreuses opportunités et de la croissance. Nous avons lancé une stratégie il y a 7 ans. Je voudrais insister sur le fait que la France se pose clairement comme un pays attractif pour l'intelligence artificielle. Notre point fort, c'est que nous avons énormément de talents.
Nous formons énormément dans le domaine, que ce soit Paris-Saclay, que ce soit d'autres universités. Je crois que nous avons des mathématiciens, des data scientists. Ces talents essentiels dont l'industrie a besoin, et de nombreux d'entre eux sont employés partout. Si vous allez dans la Silicon Valley, par exemple, vous y retrouverez de nombreux talents IA qui sont formés en France. Nous aimerions pouvoir les garder chez nous. Ça, je crois que c'est un premier point fort. Deuxièmement, nous avons, je crois, une stratégie et aujourd'hui un écosystème. Lorsque vous regardez la chaîne de valeur, que ce soit les modèles d'apprentissage, mais que ce soit aussi du côté du hardware, partout.
Et je crois que c'est un véritable avantage là aussi pour la France. Pour la France, nous pouvons mettre en place des énergies bas carbone qui sont pilotables. C'est important pour l'IA. Un des points critiques, c'est d'avoir énormément de capacités de calcul, de traitement, d'informations. Il faut pour se faire avoir des supercalculateurs, des calculateurs quantiques, des data centers, donc beaucoup d'énergie, mais de l'énergie à bas carbone. Les centrales nucléaires sont un actif formidable pour se faire et j'ai lancé une grande stratégie pour en déployer plus. Toutes les régions qui sont présentes ici sont aussi actives dans cette stratégie.
Donc, nous sommes compétitifs, nous créons des entreprises et nous avons de plus en plus d'investissements. On voit aujourd'hui de véritables initiatives en la matière. Je souhaite préserver cette dynamique pour la France. J'en parle souvent. Je dois vous avouer que j'étais un peu sceptique lorsque nous avons engagé les premiers pas vers une réglementation en la matière. Mais je pense que nous avons besoin de convergences. Nous avons besoin de synchronisation entre l'Europe et les États-Unis. En ce qui concerne les conséquences de la réglementation de l'IA, je vois un agenda qui doit être séquencé. D'abord, dans l'industrie, je pense que l'IA doit être accompagnée.
Nous avons besoin d'accélérer. Nous avons besoin de maximiser la croissance et les opportunités en la matière. Il m'apparaît clairement aujourd'hui que l'IA, peut-être encore plus que la robotisation, est une opportunité pour améliorer la productivité de travailleurs peu qualifiés ou moyennement qualifiés. Et c'est pourquoi cette stratégie pourrait véritablement améliorer la productivité dans de nombreux pays. Nous devons donc déployer des technologies équilibrées, une stratégie équilibrée en la matière. Et nous devrons évidemment accompagner cela avec de la formation, avec de la requalification. Deuxièmement, l'intelligence artificielle a et aura des impacts sur différents domaines.
L'éducation, la science, là aussi, nous devrons investir beaucoup plus pour innover et faire partie de ce mouvement. Nous allons voir énormément d'accélérations, je pense notamment au domaine de la santé, par exemple. C'est très important pour ce secteur et bien d'autres. Troisièmement, nous avons besoin d'une réglementation pour que les choses soient respectées. Nous avons évoqué l'innovation, mais je pense également au fonctionnement de nos démocraties. L'un des points critiques sur lesquels nous travaillons aujourd'hui, c'est la réglementation sur les deepfakes, la réglementation sur les impacts critiques sur nos démocraties.
Or, nous coordonnons avec un certain nombre de nos partenaires, j'espère d'ailleurs avoir une réunion au cours des mois qui viennent, pour précisément mettre en place un cadre pour réguler les deepfakes, les problématiques liées à l'intelligence artificielle, notamment en temps d'élection, dans les grandes démocraties, c'est essentiel. Je pense que c'est même une urgence critique. Un tout dernier point, cette année, nous allons accueillir la deuxième conférence sur l'intelligence artificielle. On y parlera de croissance, mais aussi sécurité. Je pense que ce sera la meilleure façon de voir comment nous pouvons correctement réguler le sujet.
Il me semble qu'il faut une réglementation internationale, pas européenne seulement. Il faut les États-Unis et l'Europe. Deuxièmement, nous devons faire des tests en la matière. Nous devons tester les futures réglementations. Il faut réguler les deepfakes, les contenus dits critiques. Nous devons également fournir de la réglementation par design. Et je ne voudrais pas faire de comparaison excessive. Nous avons pu apprendre avec les assureurs comment on peut réguler et créer des responsabilités indirectes. Vous régulez les grands acteurs. Et c'est un petit peu la même chose pour l'intelligence artificielle, finalement.
Créer de la réglementation par design, en faisant les tests en amont sur les grands acteurs. Voilà les quelques commentaires que je souhaiterais faire. Alors, je crois qu'il y avait une question sur l'Ukraine. Alors, encore une fois, certaines questions nous ont été posées. En ce qui concerne l'entrée dans l'Europe de l'Ukraine, on sait que tant qu'il y aura une guerre, l'Ukraine ne pourra pas être membre. Donc, c'est un peu une formule de guerre permanente pour Poutine. Tant que la guerre continue, l'Ukraine ne pourra pas rejoindre l'Europe. Comment pouvons-nous éviter cette problématique ? Excusez-moi, j'utilise le casque. J'ai un écho.
J'espère que vous n'avez pas ce même écho, dit le président Macron. Vous avez raison à propos de l'OTAN. Je pense que ce que nous avons démarré avec l'OTAN est essentiel et utile pour l'Ukraine. Nous sommes extrêmement coordonnés. Et c'est pour cette raison-là que ce que nous proposons, c'est d'avoir des membres critiques avec des accords bilatéraux avec des garanties de sécurité. Cela ne dépend pas de l'accession à l'OTAN. Le Premier ministre Sunak s'est déplacé, a signé un tel accord il y a quelques jours. Nous finalisons le même type d'accord avec l'Ukraine et c'est ce qui est important pour eux. Donc, vous avez raison en ce qui concerne une participation à part entière.
Mais je crois qu'il y a quelque part une pression aujourd'hui vis-à-vis du président Poutine. En parallèle, toutes les garanties bilatérales de sécurité sont garanties. Les efforts que nous faisons consistent bien aujourd'hui à aider l'Europe. Merci pour votre question. Je vais donner la parole à Toshiaki Higashiara, qui est président d'Itachi. Merci beaucoup. Bonjour, je m'appelle Higashiara. Je suis CEO d'Itachi. Vous savez que le groupe Itachi travaille sur de grandes infrastructures, notamment dans le domaine ferroviaire. Itachi a décidé d'investir, notamment en France. Nous avons hâte de travailler avec la France, avec Thales.
Alors, vous avez déjà répondu à certaines de mes questions, les questions que j'avais. Mais concrètement, comment allez-vous réaliser, arriver à la neutralité carbone et tout en continuant à utiliser l'intelligence artificielle générative. Comme vous le savez, l'intelligence artificielle générative a besoin d'énormément d'énergie. On pense évidemment aux datacenters qui, de plus en plus, sont nécessaires, mais qui consomment de plus en plus d'énergie, qui en consommeront énormément d'ici 2050. C'est un défi, me semble-t-il, qui est immense. C'est important pour continuer à pouvoir se développer de manière durable.
Et je pense que c'est important, évidemment, dans le contexte du changement climatique. Nous avons besoin d'innovation en la matière pour gérer la demande et pour gérer l'offre. Cela me semble absolument crucial, notamment du côté de la demande. Nous devons arriver à développer des semi-conducteurs moins gourmands avec des algorithmes plus sophistiqués. Nous devons arriver par ce biais à réduire la consommation électrique, notamment des datacenters. Du côté de l'offre, vous avez évoqué le nucléaire, l'accélération du nucléaire, je pense aux nouvelles technologies de fusion nucléaire qui peuvent et qui doivent contribuer à générer de l'électricité décarbonée.
J'aimerais vous entendre sur le sujet, M. le Président. Merci. Ce dont nous avons besoin, c'est une approche globale, une approche globale que nous devons prendre ensemble, l'intelligence artificielle, le changement climatique. Vous avez innové les différents points et je pense que vous avez raison. Vous avez raison d'insister sur le fait que l'intelligence artificielle consomme beaucoup plus d'électricité et d'énergie. Pardonnez-moi. Ce que nous faisons, ce que nous allons faire, nous sommes parmi les premiers pays développés à planifier le sujet. Nous avons démarré dans différents secteurs pour réduire notre consommation d'abord et réduire ensuite les émissions.
Nous avons mis en place une stratégie, secteur par secteur, afin de respecter les accords de Paris. La partie la plus compliquée, c'est entre aujourd'hui et 2030. Et puis, tout au bout pour arriver à cette véritable neutralité carbone. Nous avons donc en place cette planification dans le domaine de l'agriculture industrielle, l'immobilier, le bâtiment, en essayant de travailler avec les foyers pour atteindre les objectifs année après année. Nous avons mis en place des programmes d'investissement que nous accompagnons. C'est notre stratégie. Cette stratégie est adoptée. Nous sommes en train de la déployer sur le territoire, région par région. Les sensibilités ne sont pas partout les mêmes.
Nous devons nous adapter à chaque territoire. Pour les foyers, le grand enjeu, c'est de réduire la consommation, d'une part, et cela passe par la rénovation du bâtiment, les appartements, les maisons. Nous accompagnons les foyers sur les travaux de rénovation. Cela crée de l'emploi. Nous commençons à en voir les premiers résultats et nous allons accélérer. Deuxièmement, nous devons accompagner les foyers pour qu'ils puissent changer de véhicules, se débarrasser des véhicules qui consomment et qui émettent pour acheter des véhicules électriques ou hybrides, des véhicules nouvelle génération, dirais-je, à basse émission.
Et puis, il est important de, bien entendu, produire ces véhicules en Europe. Cela nous permet d'avoir une stratégie positive pour le climat et pour l'emploi. L'industrie, qui est un gros émetteur, là aussi, nous avons une vraie stratégie de décarbonation. Si nous arrivons à décarboner 50 % sites industriels, simplement 50 sites industriels, eh bien, nous aurons fait la moitié du chemin. Imaginons. On compare des aciéries, des cimenteries, du Havre jusqu'à Marseille, en passant par la région parisienne, c'est ce que nous faisons. Nous investissons des milliards en la matière dans le cadre de France 2030.
Nous avons commencé à signer des accords et nous finançons des contrats à long terme en matière d'électricité, des travaux de réingénierie, de la production pour y parvenir. Voilà. C'est ce que nous faisons et les résultats sont au rendez-vous. nous avons doublé les efforts. D'une part, il y a 6 ans, lorsque j'étais ici, devant vous, nous avons réduit d'un pour cent par an les émissions de CO2. Deux ans après, nous sommes passés à 2 pour cent par an. Nous l'avons fait pendant une période de 4 ans. L'année dernière, nous avons réduit nos émissions de 4,6 %. Donc, cela fonctionne.
Cela fonctionne grâce à des efforts combinés et nous avons une stratégie équilibrée pour l'ensemble des secteurs et nous devons travailler dans les différents territoires avec le peuple. Nos citoyens sont nos principaux partenaires dans cette stratégie. Nos citoyens souhaitent que chacun participe de manière égale et c'est ce à quoi nous veillons. En parallèle, sur l'énergie, nous avons une très bonne stratégie. Nous avions, je pense, un avantage historique. 70 % de l'électricité produite est de nature nucléaire. Nous avons une... avec zéro dépendance sur le gaz. D'ici 2027, nous allons nous débarrasser du charbon.
Nous avons encore deux centrales à charbon qui sont utilisées occasionnellement pour réduire notre dépendance. J'en ai déjà fermé deux. Dans les deux à trois années qui viennent, nous allons fermer toutes les centrales à charbon. Il n'y aura plus de charbon et nous serons donc en avance sur le calendrier 2030. En ce qui concerne l'énergie, notre stratégie est basée sur l'efficacité, comment réduire les émissions, plus de nucléaire. Sur ce sujet, nous avons annoncé un certain nombre de nouveaux réacteurs, au nombre de six, exactement.
Et d'ici juin, j'annoncerai huit réacteurs supplémentaires, c'est-à-dire l'équivalent EPR et potentiellement un misc entre des EPR, des SMR et un nouveau programme d'innovation que nous allons lancer. J'ai reconnu un certain nombre d'acteurs présents ici. Nous avons un nouveau secteur nucléaire. EDF est l'acteur principal, évidemment, qui produit les EPR et qui produira l'EPR2, en France et à l'heure, d'ailleurs. Mais nous souhaitons développer des start-up, notamment, qui vont nous permettre de déployer des offres complémentaires et d'innover, de continuer à innover, notamment dans le domaine de la technologie, que ce soit les SMR, que ce soit la fusion, la technologie laser, etc.
Nous aurons l'équivalent donc de six plus huit réacteurs supplémentaires à ceux que nous avons déjà aujourd'hui. Donc, bien évidemment, en parallèle de cela, de l'efficacité nucléaire, les renouvelables, bien entendu, nous déployons là aussi de nouvelles capacités en la matière. Je pense notamment à l'éolien offshore. Nous sommes en train de planifier de nouveaux sites. Ce que nous ferons au cours des six mois qui viennent, toutes ces stratégies, évidemment, ont été déployées pour être en phase avec l'électrification de la mobilité et les objectifs de neutralité carbone à 2050. Alors, aujourd'hui, ce que nous faisons, c'est que nous sommes en train de finaliser les scénarii.
Si nous allons au maximum, si nous déployons plus de data-stateurs, plus de supercalculateurs pour faire face à l'explosion de l'intelligence artificielle, l'idée est de savoir quels sont les besoins supplémentaires que nous allons avoir en énergie bas carbone. Et ensuite, nous allons adapter notre stratégie entre maintenant et les années qui viennent pour être complètement certains d'avoir une neutralité carbone, une stratégie carbone qui soit compatible avec l'IA. L'IA va nous permettre d'innover beaucoup plus vite pour décarboner certains secteurs et pour améliorer l'aspect efficacité.
Donc, grâce à l'IA, grâce à l'accélération de l'IA, nous allons être probablement plus efficaces quant à la réduction de notre consommation
et nous allons
probablement devoir améliorer ou avoir de nouveaux réacteurs et plus de capacités en renouvelables pour produire sur notre territoire de l'électricité bas carbone pour avoir plus de data centers et plus de supercalculateurs. C'est un peu technique, je m'en excuse, mais je pense qu'il était important de couvrir le sujet. Monsieur le Président, j'ai d'autres questions. Néanmoins, on vient de m'informer que nous n'avons plus de temps. Permettez-moi de vous poser une dernière question. Vous avez évoqué vos réalisations, vous avez évoqué votre présence ici il y a quelques années et ce que vous avez fait depuis, lorsque vous allez revenir dans quelques temps, de quoi allez-vous nous parler ?
D'après vous, quels vont être les progrès dont vous pourrez parler parler et dont vous serez particulièrement fiers la prochaine fois ? Je pense que c'est bien le sujet de la souveraineté. 2024, 2025 seront les années pendant lesquelles les pays européens et l'Union européenne dans son ensemble devront décider de leur souveraineté ou pas. Les décisions sont critiques et simples. Il y a d'abord la décision relative à l'Ukraine, la paix au Moyen-Orient et en Afrique, la stabilité et les bonnes conditions doivent être réunies pour créer de l'emploi dans une industrie décarbonée.
Nous avons besoin de nouveaux grands secteurs, l'intelligence artificielle, l'espace, le quantum, la défense également. Je pense que ce sont les piliers de cette souveraineté. si nous sommes en mesure d'être unis, si nous investissons lourdement dans ces secteurs, si nous sommes capables d'innover en tant que dirigeants, si nous sommes capables de déployer les bonnes solutions, si nous sommes audacieux au niveau diplomatique, notamment sur l'Ukraine, nous pouvons y arriver. C'est essentiel. Vous souhaitez tous un grand merci que vous soyez venus chez nous aujourd'hui et tout le succès pour achever tous ces buts audacieux mais nécessaires.
Merci, professeur. Si j'avais un mot, merci à tous pour avoir un mot de conclusion pour tous et toutes. Davos est toujours le lieu d'une conversation mondiale où les uns et les autres se retrouvent. Soyez des optimistes lucides. Si on regarde 2024, plein de gens qui vont dire c'est terrible. D'abord, il y a plein de choses importantes. On aura ces célébrations que j'évoquais, les Jeux olympiques, paralympiques, etc. Il y a évidemment les guerres qui sont là et des drames absolument terribles. Mais je pense que les décisions structurantes sont dans nos mains, collectivement.
Et je pense que nous ne sommes plus dans un temps où les décideurs, qu'ils soient d'ailleurs gouvernement, grandes autorités de régulation, leaders du secteur économique, associations, etc. sont en situation de commenter. Il faut recréer du consensus et je pense qu'il y a quand même un consensus qui est là. La Russie ne peut pas gagner la guerre en Ukraine. On doit tout faire pour rebâtir une paix durable au Proche-Orient et nous, on doit créer des bons jobs chez nous et décarboner plus vite. Il faut juste resynchroniser les agendas et les aligner. Et donc, il faut déployer notre énergie pour faire ça. Mais soyez optimistes sur l'année qui s'ouvre.
On a tous les moyens de réussir, on a énormément de chance dans nos mains et je crois qu'en particulier nous, Européens, on a énormément de force, de solutions à apporter au monde. Il faut simplement y mettre toute notre énergie, tout notre optimisme. Donc allons-y. Que l'année 2024 soit une année de succès parce qu'on aura pris les bonnes décisions. Merci à vous. Merci.
Emmanuel Macron