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Podcast / conversationDépartement de Meurthe-et-Moselle· 8 mars 2026 30 minAutoproduitFond programmatiqueSolidarités & familleSantéJusticeÉducation & recherche

Après les silences #9 : Chaynesse Khirouni, présidente du Département de Meurthe-et-Moselle

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les liens entre un conseil départemental et la lutte contre les violences faites aux femmes ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Concrètement, quelle est votre ligne directrice et comment ça se traduit sur le terrain ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Si une femme est victime de violence, que se passe-t-il concrètement pour elle ? Comment ça s'organise ?

  • 17:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a des situations ou des rencontres qui vous ont particulièrement marqué ?

  • 19:00OuverteRéponse directe

    Quel message voulez-vous donner aux femmes, aux filles, aux mères qui nous écoutent ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Studio 54. Après les silences, on parle des violences faites aux femmes. Bonjour à toutes et à tous.

Vous écoutez après les silences le podcast dédié à la lutte contre les violences faites aux femmes. Aujourd'hui, un épisode un peu particulier puisque nous recevons la présidente du département de Meurmoselle, Shines Kirouni. Bonjour.

Bonjour. Quels sont les liens entre un conseil départemental et la lutte contre les violences faites aux femmes ? Me direz-vous ?

Et bien des liens, il y en a plein. D'abord parce que ça concerne directement des compétences du département. l'action sociale, la santé physique, mentale, la protection maternelle infantile, plus largement la protection de l'enfance et des familles, l'éducation dans les collèges par exemple, la prévention aussi d'un point de vue plus politique sur la place des femmes dans la société, sur l'égalité femme-homme et puis bien sûr en tant qu'employeur car si on a beaucoup parlé ici de violence au sein du couple, les violences sexistes et sexuelles au travail et bien ça existe.

Tout d'abord, Shines Kirouni, le département est engagé sur la lutte contre les violences faites aux femmes et l'égalité femme-hommes. Concrètement, quelle est votre ligne directrice et comment ça se traduit sur le terrain ? Sur la question de l'égalité femme homme, nous en avons fait, le département en a fait une priorité.

Nous engageons à ce que dans nos politiques publiques et l'ensemble de nos politiques publiques euh et bien euh les femmes puissent avoir un parcours professionnel équivalent à celui des hommes, prendre des responsabilités, se projeter aussi dans des responsabilités parce que on se rend compte que malheureusement il y a beaucoup de manque de confiance en soi chez les femmes, de manque de confiance en leurs compétences. Donc on travaille aussi à lever ces euh ses freins. Donc je dirais que ça c'est la question économique de faire en sorte que euh les femmes et les hommes dans notre collectivité puissent aboutir à des parcours professionnels égalitaires.

Et puis évidemment nous sommes confrontés et là c'est le rôle du conseil départemental de d'intégrer dans ses priorités la question de la lutte contre les violences. les violences intrafamiliales, les violences faites aux femmes et nous sommes engagés pour que euh se traduise la tolérance zéro h sur la question des violences faites aux femmes. C'est la tolérance zéro dans vos services, dans le service public du département, il y a eu ce plan été femme homme qui a été euh votée par l'assemblée récemment au-delà des agents publics euh puisque c'est une réalité aussi même s'il y a plus de femmes qui travaillent au département que d'hommes, il y a quand même des inégalités.

On peut imaginer aussi dans les services des routes, il y a encore des stéréotypes qui circulent sur certains métiers. C'est aussi imposer le principe de l'égalité femme-homme dans les partenaires, c'est-à-dire avec les partenaires du département, qu'ils soient associatifs ou du privé. C'est conditionner un petit peu leur partenariat avec ce principe d'égalité.

Bah disons que la question de l'égalité femme-homme, c'est une question éminemment politique et donc elle nécessite à différents niveaux de responsabilité, que ce soit dans une collectivité locale ou dans une entreprise, c'est de travailler et de faire en sorte que cette questionlà puisse irriguer un l'ensemble des politiques publiques et puis surtout puisse être un sujet, un axe prioritaire. de notre société. Et donc, comment est-ce que l'on s'assure que dans notre société et bien à tous les niveaux de responsabilité privé, public, associatif et bien nous puissions intégrer cette cette question là comme un axe prioritaire.

Donc il y a la question de l'égalité, elle est importante parce que la question de l'égalité femme-homme, c'est ce qui conditionne aussi, me semble-t-il en tout cas la question de la lutte contre les violences faites aux femmes. Plus nous projetons vers une société égalitaire, donc sortir de la société patriarcale, la société où nous vivons sur des stéréotypes de genre. l'homme travaille à l'extérieur, fait vivre la famille et euh la femme s'occupe des enfants.

Alors, elle peut maintenant travailler à l'extérieur, mais la question par exemple de la répartition des tâches domestiques aujourd'hui reste encore un sujet préignant même en France. Donc ma conviction, c'est que plus nous portons et nous traduisons en acte la mise en œuvre d'une société égalitaire, donc en terme de genre, voire de lutte contre les discriminations et toutes les discriminations, plus nous allons vers une société apaisée, plus nous allons vers une société où on a moins de violence parce que la société patriarcale est quand même basée sur une forme de domination, de rapport de force. force, le masculin, d'ailleurs même dans la langue l'emporte sur le féminin.

Voilà, si une femme aujourd'hui dans le département est victime de violence, que ça soit dans le sein de son couple, dans le cadre familial ou même pourquoi pas dans la rue ou travail, que se passe-t-il concrètement pour elle ? Comment ça s'organise derrière l'accompagnement que fait le département ? Je voulais peut-être juste euh préciser avant d'évoquer le fait que si nous parlons des violences faites aux femmes, c'est parce que c'est un fléo qui euh concerne euh toutes les femmes à travers le monde.

Plus de 800 millions de femmes à travers le monde sont euh victimes de de violence et c'est je dirais une des violences et une violation des droits humains les plus répandues dans le monde. Et quand on dit plus répandu dans le monde même en France c'est un vrai sujet. Et donc il a fallu quand même du temps pour prendre au sérieux cette questionlà qui relevait quand même de l'intime, qui relevait de la famille, qui relevait du h clos.

On ne s'occupe pas des affaires des autres. Donc on ne regarde pas ce qui se passe derrière les volets clos. Et derrière les volets clos d'une famille, il peut y avoir des violences de l'emprise.

Il peut y avoir des violences faites aux enfants, des violences faites aux femmes. Et c'est une réalité en France. C'est pour cela que c'est devenu une forme de cause nationale.

C'est pour cela que un travail de libération de la parole a été mené pour que nous puissions être attentifs à cette questionlà, que nous la prenions au sérieux. Et donc la prendre au sérieux, c'est en terme de politique publique pour le département et bien de pouvoir avoir une politique publique qui s'assure de l'accompagnement et de la prise en charge des des femmes victimes de violence, des femmes et des enfants victimes de de violence. Donc ça signifie que nos maisons des solidarités, nos travailleuses sociales et nos travailleurs sociaux ont la capacité d'accueillir, d'être à l'écoute.

Donc on a besoin aussi de les former parce que ce n'est pas toujours facile d'identifier la femme les femmes victimes de violence puisque quelquefois elle n'en parle pas. Donc il faut être très ouvert. C'est pareil pour les médecins euh les médecins de la PMI, les médecin euh généralistes doivent être aussi accompagnés, formés à la lutte contre les violences faites aux femmes.

Nous nous avons développé un programme de formation que nous avons ouvert justement à nos partenaires parce que la question de la lutte contre les violences faite aux femmes, elle est portée par le département mais le département seul ne peut pas agir. Il agit avec des partenaires. Donc nous avons des équipes, des professionnels qui ont capacité d'accueillir.

Nous avons la possibilité aussi de former nos équipes en interne, mais de travailler avec nos partenaires pour former nos partenaires à l'identification de ces violences faites aux femmes. Et puis très récemment, nous avons porté avec les associations, avec la ville de Nancy, une maison des femmes qui a justement comme objectif d'accueillir h24 24h/ 24, c'est dur sur 7 des femmes victimes de violence avec leurs enfants accompagné de leurs enfants pour pouvoir être prise en charge dans l'urgence et puis ensuite être accompagné. Et puis globalement, nous avons de toute façon des politiques euh publiques euh qui concernent justement les familles.

Je pense à la PMI, la protection maternelle et infantil. Je pense toute à notre politique publique de protection de l'enfance où là nous euh avons en responsabilité la prise en charge des enfants victimes de violence intrafamiliale. Et souvent les enfants victimes de violence intrafamiliale, leur mère est victime aussi de violence.

Peut-être dire un peu plus dans l'étail puisqu'on a parlé des maisons des solidarités assez rapidement. Ça parle peut-être pas forcément aux gens qui nous écoutent de redire que ce sont on peut le dire vraiment des maisons qui accueillent. C'està dire qu'on peut y aller à peu près tous les jours et refaire un peu le point sur les professionnels, les différents types de professionnels qui peuvent être un appui ou un relais pour un accompagnement dans le cadre de violence.

Il y a des assistantes sociales, il y a des infirmières. C'est ça aussi la particularité du département, en tout cas le choix politique qu'il a fait, c'est de faire en sorte que ces politiques publiques se déploient sur l'ensemble du département de meurtre etelle. Donc le PO, le bassin du Val de Laoren, le sud du département et nous avons des maisons de solidarité, des maisons du département, des équipes professionnelles sur l'ensemble du territoire.

Donc nous allons avoir effectivement des éducateurs et des éducatrices, des travailleuses sociales, des médecins, des infirmières, des infirmiers. Nous allons avoir des professionnels du social, des personnes qui sont en capacité par exemple d'accompagner les familles quand elles sont en difficulté économique et sociale. Parce que plus vous avez des difficultés économiques et sociales, plus vous êtes en difficulté socialement, plus euh vous avez des difficultés justement de parentalité.

Alors, les difficultés économiques n'entraînent pas toujours des violences intrafamiliales, mais en tout cas, elles insécurisent les familles. Donc on a une diversité de fonction de métier dans le social, dans le médico-social, dans la médecine et puis surtout nous avons des professionnels qui sont en capacité parce que formés qui sont en capacité justement de prendre en charge et d'être à l'écoute des personnes qui poussent une porte d'une maison de solidarité pour relater leurs difficultés économiqu social ou de violence de violence intrafamiliale. Après les silence, on parle des violences faites aux femmes.

Les violences faites aux femmes ne concernent pas que les classes les plus populaires, elles concernent hélas toutes les classes sociales. Évidemment, quand on a moins d'argent, les conditions sont souvent plus réunies pour créer des moments de de misère et et de doute. Zineb, la première victime qui a témoigné dans cette émission me disait qu'avant elle avait peur d'aller voir les services sociaux.

Il y a un peu cette mauvaise image qui traîne sur les sur les assistantes sociales ou les assistants sociaux sur les sur les travailleurs socials puisque il y a cette crainte de se faire enlever les enfants, d'être jugé. Par contre, elle nous a avoué que c'est ça qui l'a sauvé. quand un jour elle a été voir une assistante sociale d'un centre social de son quartier pour une autre question que les violences, c'est à partir de là que tout son parcours de reconstruction, de mise à l'abri a commencé. peut-être dire le rôle important qu' ces travailleurs sociaux et surtout leur rôle de neutralité et vraiment d'aide des personnes qui sont le plus dans le besoin.

Le département a des équipes de professionnels euh qui euh ont de l'expérience et la formation justement pour accueillir les personnes les plus en fragilité, les plus en difficulté. Et leur approche, elle est une approche bienveillante, elle est une approche d'écoute, elle est une approche de dialogue. Et donc je réitère ici à l'antenne le fait que il faut absolument avoir confiance et si on a un doute, si on est en difficulté et bien ne pas hésiter à j'allais dire ouvrir la porte soit d'un centre social, soit d'un d'une maison des solidarités, soit d'un CCAS.

Il faut absolument s'exprimer, il faut parler, il faut faire entendre les difficultés après que nous ayons besoin, nous tous et toutes, nos professionnels du département, mais comme tous les professionnels dans euh les associations, dans les collectivités locales, que nous ayons besoin de réinterroger des pratiques, de réfléchir à mieux accueillir, à mieux être à l'écoute, je pense qu'on a euh on peut le faire. et le travail de formation que nous avons nous déployé au département de de Meurtemelle avec nos partenaires encore une fois avec les partenaires, les associations, les professionnels de la justice, les médecins, les professionnels de la santé, et bien ce travail de formation vise aussi à adapter nos pratiques et à être plus à l'écoute, mieux à l'écoute et à prendre en compte ce que nous disent celles et ceux qui passent les portes de nos de nos structures, et bien il faut entendre le fait que il y a peut-être quelquefois besoin de faire évoluer les choses, même si nous dans le principe, dans les objectifs, nous sommes évidemment dans une ouverture complète d'écoute et de dialogue. On a parlé du rôle clé de la protection maternelle infantile, notamment dans le repérage aussi des cas de violence, que ça soit sur les enfants ou sur les femmes, hein, puisque on a parlé des violences faites aux femmes, il y a aussi les violences intrafamiliales qui concernent aussi les enfants.

On rappelle aussi euh la loi a changé heureusement que aujourd'hui quand un enfant est témoin de violence dans le cadre de sa famille, il devient automatiquement une victime. Ce n'est pas juste je suis témoin, privilégié, je suis une victime. C'est-à-dire que le fait d'être témoin de d'actes de violent a des conséquences sur sa construction, sur son éducation et doit être considéré comme une victime.

Ça c'est très important. Là aussi, le département a un rôle aussi en terme de prévention notamment, ça peut se faire via les collèges. La question, elle est quelle société nous voulons ?

La question politique, elle est quelle société nous voulons ? Moi, j'ai évoqué ma vision d'une société égalitaire, une égalité de genre, une société qui lutte contre les discrimination, une société qui permet à tous et toutes trouver sa place, quelle que soit son histoire, quel que soit son parcours, quelle que soit son orientation sexuelle, euh quel que soit son genre, peu importe, mais que chacun et chacune dans cette société trouve sa place. Et donc une société euh ça se construit mais une société elle se construit à partir de l'existant.

Et l'existence, c'est un chemin encore long pour arriver à l'égalité de genre, un chemin encore long pour faire en sorte que l'on éradique et on élimine les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes. Et donc ça nécessite de travailler sur ce qui détermine cette société de domination et cette société patriarcale. C'est aussi travailler sur des stéréotypes de genre.

C'est travaillé aussi sur la question culturelle de quelle place ont les hommes, quelle place ont les femmes, quelle place ont les enfants et de faire en sorte que très tôt au moment où les enfants sont sont petits à l'école et bien c'est de travailler sur la déconstruction de ces stéréotypes de genre. Et nous avons la chance de pouvoir travailler avec par exemple l'éducation nationale et faire en sorte qu'il y ait des interventions dans les collèges. Nous avons la possibilité de travailler avec l'éducation nationale pour faire en sorte que avec les équipes de professeurs, d'enseignants et bien il puisse y avoir des interventions au travers de modes de sensibilisation différents.

Je pense ça peut être par des expositions, par de la culture, du théâtre, bref des moyens qui permettent justement aux élèves, aux professeurs au sein de l'école de se réinterroger sur la question de la société et de la question de l'égalité femme homme. Et moi, je crois beaucoup au fait que nous ayons besoin à la fois de travailler la question de la prévention des violences. Mais ça ça se travaille sur la question de on déconstruit la société de domination masculine et du rapport de force, la question de l'emprise.

Donc ça signifie que l'école a un rôle important à jouer pour permettre l'autonomie et l'émancipation. Donc comment faire en sorte que les filles et les garçons et notamment les filles puissent réussir à l'école et elles réussissent plus que les garçons à l'école mais que cette réussite à l'école leur permette justement de s'émanciper, de trouver un travail, de s'émanciper économiquement pour pouvoir être indépendante et de ne pas dépendre économiquement de son conjoint ou de sa conjointe de manière plus générale. Et donc le département de Meurmoselle enfin où la société doit pouvoir travailler les questions de prévention, les questions de déconstruction de stéréotype de genre et faire en sorte que la question de l'égalité femme homme soit une réalité.

Ce n'est pas encore le cas même en France, même si nous avons parcouru un un bon chemin. Malheureusement, la question de l'égalité fam et notamment en politique, c'est souvent la loi qui l'impose parce que visiblement les hommes ont un peu de mal à laisser leur place, notamment dans des responsabilités politiques ou dans des responsabilités économiques. Et donc ça c'est un travail qui doit être mené.

Il est à la fois culturel mais il est à la fois au niveau de la loi. Donc au niveau de la loi, c'est aussi sanctionner de manière très forte les violences faites aux femmes, les viols, le harcèlement, l'emprise, l'emprise chimique. On a eu ces derniers temps un certain nombre de sujets d'actualité et le dernier concerne quand même un ex sénateur qui a voulu droguer son ami député pour la violer a priori.

Sinon, je je ne vois pas pourquoi il aurait mis dans son verre quelque chose pour l'endormir en fait. Et donc c'est c'est une actualité c'est une actualité prignante et et cet exemple que je donne puisque j'évoque un un ex sénateur et bien démontre que ça concerne aussi tous les milieux comme je le disais tous les milieux sociaux. Donc il y a la culture euh quelque chose de très culturel qui doit bouger mais la loi doit aussi faire euh bouger les choses parce que si on attend que les choses évoluent, on va dire naturellement, il ne se passera pas grand-chose.

Shines Kironi, présidente du département de Murtem Moselle, on a laissé parler la femme politique. On aimerait entendre la femme, la fille, la mère aussi. Je sais que c'est pas évident de sortir de son costume.

Est-ce qu'il y a des situations ou des rencontres qui vous ont particulièrement particulièrement marqué ? Et puis ensuite, vous nous direz quel message ensuite vous voulez donner aux femmes, aux filles, au aux mères qui nous écoutent ? C'est clair qu'en tant que femme euh j'ai eu moi-même dans mon parcours à m'interroger sur euh la place des femmes, la place que je pouvais avoir et euh quels étaient tous ces freins qui nous empêchaient euh d'être libre.

Et donc les premiers freins que moi j'ai identifié, c'est ceux de la société et de la famille dans la répartition des rôles, dans la façon dont on imagine la place des femmes dans la société. Quand on veut être libre, quand on veut s'émanciper, et bien la première chose des la première chose à faire, c'est de s'émanciper de ce carcan qui est extrêmement lourd et qui vous assigne à un rôle. Et en tout cas, pour moi, ça a été l'un de mes premiers combats, c'est de me permettre justement de m'émanciper et de faire en sorte que je puisse me projeter dans une société où je peux être libre.

Et donc être libre, c'est pouvoir économiquement trouver un travail, économiquement s'en sortir et ne pas dépendre de quelqu'un d'autre. H donc l'école pour moi encore aujourd'hui joue un rôle important queles que soient les formes d'émancipation d'ailleurs lorsque l'on veut être libre être un citoyen, une citoyenne éclairée, avoir le plus grand champ des possibles, et bien l'école continue à jouer un rôle, même si malheureusement je je déplore le fait que les moyens ne sont pas suffisants et que nous devrions avoir des moyens beaucoup plus forts et et réinstaller la question de la l'éducation comme une véritable priorité. la question de l'enseignement, l'université qui est en économiquement très fragile, manque de moyens et bien nous devons puisqu'on parle beaucoup de réarmement et bien si moi je devais réarmer quelque chose c'est l'école, l'université et puis euh je sais pas réellement enlever votre costume de femme politique, je trouve parce que vous faites l'erreur de dissocier la femme que je suis, le parcours cours de mon parcours politique.

En fait, tout est lié. Si je suis aujourd'hui présidente de département, si je me suis engagé dans la politique, c'est un prolongement de mon histoire familiale, de mon parcours personnel et de ce qui a fait mes combats. Et mes combats naissent de ce parcours très personnel.

Donc c'est illusoire, en tout cas me concernant, de vouloir scinder la femme politique de la femme ou de mon histoire parce que tout est euh tout est imbriqué. Hm. Et euh mes combats, tels que je les mène aujourd'hui en tant que femme politique, ils sont nés de des combats que j'ai mené en tant que femme dans cette société, soit au sein d'une famille, soit euh au sein de la société qui aujourd'hui, encore aujourd'hui, et bien vous avez des inégalités de genre.

Euh vous devez aussi lutter contre les discriminations. Euh vous devez lutter contre les discriminations euh liées non seulement à votre genre, à votre milieu social parce que ces discriminations-là existent aussi. Et donc euh lorsque vous avez je dirais un certain nombre de discriminations qui peuvent être des freins dans votre parcours, dans votre insertion et dans votre émancipation, et bien il faut les transformer en force.

Et donc moi, elles se sont transformées en combat et donc c'est ce combat que je mène. Donc aujourd'hui, oui, justement là où je voulais en venir, c'est que j'aurais voulu que vous me racontiez des histoires précises personnelles qui parlent de de ce combat. Je sais qu'il y a sur votre première entrée à l'assemblée parce que vous avez été aussi député de Mertoselle, votre entrée à à l'Assemblée nationale ne s'est pas exactement passé comme pour n'importe quel député notamment masculin.

Oui, parce queen fait euh euh lorsque j'ai été élu euh député de Meurtremo Moselle, donc en 2012, euh je me rends compte et c'est toujours le cas aujourd'hui euh que euh nous devons lutter contre les stéréotypes euh de genre et la façon dont les citoyens et les citoyennes se projettent ou projettent un costume, je dirais, sur des responsabilités. Et donc, il y a très peu de présidents de département. Nous sommes une vingtaine de femmes sur une centaine de départements.

Lorsque j'ai été élu député en 2012, de toute façon aujourd'hui l'Assemblée nationale n'est toujours pas paritaire puisque la loi n'oblige pas à la parité. Et donc finalement un homme en costume qui passe bah il peut être considéré comme un député, une femme qui arrive juste derrière et c'était mon cas. et bien elle était considérée comme j'ai été considérée peut-être comme une assistante ou une attachée parlementaire et non pas comme une députée.

Mais euh je dirais ça c'est une anecdote. qui euh est euh important pour moi, c'est euh de rappeler notamment si j'avais un message à passer aux femmes, c'est d'avoir confiance en elles, d'avoir confiance en leurs compétences, en leurs talents, de euh se projeter dans des euh responsabilités, de faire en sorte de ne pas, j'allais dire laisser leur place, mais justement prendre toute leur place dans cette société, quels que soient, je dirais les champs de responsabilité. Ça peut être économiquement, ça peut être dans des associations ou euh ou en politique, dans des responsabilités politiques, mais euh la question de la confiance en soi, elle est importante.

Et puis sur les questions de euh violence, je pense qu'il y a encore du chemin à parcourir. Euh c'est important d'en parler, donc de libérer la parole. Alors oui, ça percute un modèle euh un vieux modèle patriarcal euh parce que ce vieux modèle doit évoluer euh et nous devons euh porter un modèle plus égalitaire.

Donc ça euh ça perturbe un certain nombre peut-être de masculinistes ou de ou d'hommes et de femmes qui souhaiteraient rester notamment d'hommes qui souhaiteraient rester dans cet ancien modèle. Et puis je crois que la question de l'égalité et de la lutte contre les violences, elle permet aussi aux femmes, à nos filles de pouvoir se projeter dans un monde plus apaisé. Parce que la question des violences aujourd'hui euh et je peux aussi le vivre en tant que mère, c'est l'inquiétude que nous pouvons nous avoir en tant que parents par rapport à nos filles qui sont beaucoup plus victimes de harcèlement, de harcèlement dans la rue, de harcèlement sexuel qui peuvent aussi être victimes de viol.

Et donc c'est une société qui qui les met en insécurité. Et donc je crois que nous ne pouvons pas avoir une société apaisée et des femmes et des filles qui grandissent de manière sereine si leur appréhension c'est bah quand elles sortent comment elles doivent s'habiller parce que si elles s'habillent comme elles le souhaite et bien elles vont peut-être se faire harceler euh se faire insulter se faire violer et en plus on va même considérer que elles l'ont cherché. Donc la honte déjà, elle doit changer de camp et faire en sorte aussi que justement cette société qui enferme les femmes dans un rôle qui les empêche de s'émanciper, qui ne leur permet pas de disposer de leur corps, et bien c'est une société qui mène à de la violence.

Moi euh en tant que présidente de département, puisque là j'ai des responsabilités pour agir, etth bien euh je fais aussi en sorte que dans le rôle qui est le mien, nous puissions porter cette société de légalité de genre, cette société de lutte contre les discriminations, cette société de lutte contre les violences intrafamiliales, les violences faites aux enfants et faites aux femmes. Jeanes Roni, merci beaucoup. Merci.

Merci Simon. Vous écoutiez après les silences le podcast dédié aux violences faites aux femmes. Et surtout n'hésitez pas, un doute, une question, une alerte le 3919.

C'était après les silences, on parlait des violences faites aux femmes. Un programme proposé par le conseil départemental de Meurtroselle en partenariat avec la coordination des radios associatives de Lauren. À réécouter sur meurtre-moel.fr/studio54.

Une question, un doute, un appel à l'aide composé le 3919. C'est anonyme et gratuit. 3919.