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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 16 avril 2025 9 min

Comment couper dans les dépenses quand on dirige une petite ville ? Reportage #cdanslair 15.04.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Comment couper dans les dépenses lorsqu'on dirige une petite ville? On s'est rendu à La Ferté-Bernard, où le maire a réussi à diviser le montant de ses dettes de moitié en 7 ans. - Vendre l'ancien camping municipal après 15 ans de fermeture, une idée du maire pour redorer les finances de sa ville.

Le repreneur se souvient encore de leur première rencontre. - On avait un camping fermé depuis 15 ans. Il m'a dit qu'il voulait que le camping rouvre. - L'objectif était de revaloriser le patrimoine.

On l'a vendu à 120 000 euros. C'était le juste prix pour le vendeur et pour l'acheteur, pour lui permettre de démarrer dans les meilleures conditions. Derrière le prix de vente, c'était surtout avoir une dynamique supplémentaire dans l'offre touristique.

Ca se traduit par une activité supplémentaire dans le commerce. Quand le commerce se porte bien, la ville se porte bien. - De l'activité synonyme de recettes fiscales dynamiques.

C'est sur la maîtrise des dépenses que Didier Reveau est devenu expert, à commencer par l'indemnité des élus, réduite de 30 % en 2022. A la clé: 30 000 euros. - Bonjour. - Une façon de montrer l'exemple qui convainc cette commerçante. - La baisse des indemnités des élus, c'est un exemple.

Ca incite à l'effort collectif, comme quand les éclairages ont été réduits sur certains créneaux la nuit. L'effort, on le fait. On sait que derrière, au niveau de la municipalité, il y a eu des efforts individuels. - Demander des efforts à la population, aux services, si, soi-même, on n'en fait pas, ça peut interroger.

Je salue l'investissement de tous les entrepreneurs, de tous les habitants qui comprennent bien cette démarche, qui est une approche d'entrepreneur, de gestion d'une entreprise. On soutient l'investissement, on limite l'endettement pour l'intérêt général. - Les économies ne s'arrêtent pas là.

L'embauche récente d'un responsable informatique a permis de passer en revue tous les contrats et de faire drastiquement baisser la facture. - Changement de photocopieur, c'est environ 10 000 euros. Sur les modifications de la fibre, passage de fibre payante à une fibre privée, c'est 5000 ou 6000 euros.

Demain, il travaille sur un transfert ou un changement de ligne fixe qui va certainement amener une économie aux alentours de 20 000 euros. - Le maire est parvenu à conserver une masse salariale stable en questionnant la nécessité de remplacer ou non chaque départ. Additionnés, ces efforts ont permis de réduire de moitié la dette de la commune. - Janvier 2017, on était à 11,8 millions.

Au 31 décembre, 5,2 millions. - Moins de dette, c'est aussi moins d'intérêts. 200 000 euros de frais financiers économisés.

Mais la recette a ses limites. - Quand on était exigeants, les économies supplémentaires sont d'autant plus difficiles. Ca peut être de différer certains investissements.

C'est une réponse aussi. Mais c'est une réponse assez insatisfaisante. - La commune a reçu près de 80 000 euros de moins de la part de l'Etat cette année.

La perspective du budget 2026 inquiète encore un peu plus le maire. - A.de Tarlé: Alors, question.

C'est vrai qu'on a été frappés par l'Association des maires de France, qui a décidé de boycotter la conférence qui voulait poser le constat de F.Bayrou ce matin. - B.Boucher: Les collectivités locales ont été montrées du doigt dans le précédent budget, pour cause de dérapages.

On a eu 50 à 60 milliards de dérapages, essentiellement dus à la dérive des comptes publics et à de moindres rentrées fiscales. Mais B.Le Maire avait dit que 16 milliards étaient dus aux collectivités locales.

Elles avaient été montrées du doigt. Il y a un désamour qui s'est créé entre les élus locaux et E.Macron depuis qu'il est arrivé.

Tout simplement parce que E.Macron n'a pas suivi ce parcours initiatique du politique qui devient président en étant élu local, conseiller municipal, départemental, régional...

Il y a moins cet attachement au territoire. Ils se parlent mais ils ne se comprennent pas. Ils ont du mal à dialoguer.

Il y a eu beaucoup...

On leur a supprimé le levier fiscal, en supprimant la taxe d'habitation. Ca a été compensé à l'euro près par la dotation globale de financement. L'Etat donne de l'argent pour compenser, avec cette péréquation où les départements qui en ont le plus besoin de ceux qui en ont le moins besoin.

Mais ils se sont rendus compte qu'il y avait moins de levier fiscal et donc moins d'indépendance financière, moins d'autonomie. Les élus locaux se sentent brimés, quelque part. Ils sont mis à contribution, 2 milliards cette fois-ci, mais là, on leur demanderait 8 milliards.

Ils vont devoir contribuer encore. Il faut être prudent. Les collectivités locales, c'est 70 % de l'investissement public.

Ca veut dire les bâtiments, les travaux publics, les entreprises, les associations dans les territoires...

C'est de l'emploi local et de la croissance pour notre pays. - A.de Tarlé: On sait que les Français sont pour la réduction de la dépense publique, du nombre de fonctionnaires.

Ca vaut aussi pour les collectivités locales, dans les villes? - S.Hoibian: Je suis assez d'accord avec la remarque de votre téléspectateur.

Pour dire qu'il faut diminuer la dette mais personne n'est d'accord quand il est concerné. Il faut trouver un compromis. On n'est pas dans une situation très simple au niveau politique pour le trouver.

Sur les collectivités, il faut rappeler que les Français ont peu confiance dans le président de la République, en général, dans les députés, mais ils ont confiance dans les maires, les conseillers départementaux et régionaux. Il y a encore un lien qui est là, très présent, avec les élus locaux. Il faut faire attention à ne pas le détricoter, dans une situation où on a déjà un lien avec les institutions qui est assez fragile.

Il faut rappeler aussi que les dépenses des collectivités, c'est 20 % de la dépense publique. Ce n'est pas non plus le 1er volet de dépenses, et ce sont des dépenses très visibles, très concrètes pour les citoyens. C'est l'éducation, la voirie, les aides sociales, les aides à la dépendance quand on vieillit... - A.de Tarlé: On parle souvent du succès des maisons France services, où on peut se faire aider pour la carte grise et autre... - S.Hoibian: Oui, ça marche plutôt pas mal.

Ca rétablit du lien social. Une des grandes transformations, c'est la numérisation. Ca ne marche pas toujours.

Pour toute une partie de la population, c'est compliqué. Ces maisons France services recréent de la proximité. Ca augmente un peu le bien-être dans les territoires où elles sont installées. - A.de Tarlé: On a vu D.Lisnard boycotter la conférence de presse de F.Bayrou ce matin.

Dans les collectivités locales, le mot qui revient, c'est: "On est à l'os." - C.Barbier: Ce n'était pas une bonne idée de boycotter.

C'était le moment de partager un diagnostic. Ils ont un peu crié avant d'avoir mal. Maintenant, les collectivités locales font beaucoup de choses, ont des dépenses qu'elles ne peuvent pas réduire car cela augmente en fonction des besoins de la population.

Et ce sont en effet les collectivités locales qui investissent. Mais on a créé des intercommunalités, des regroupements, des grandes régions...