Déconfinement, télétravail, aides à l'emploi des jeunes, candidate LREM voilée... Le "8h30 franceinfo" d'Élisabeth Borne
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Bonjour Elisabeth Borne, 100 000 c'est le nombre de salariés qui ont déserté le secteur de la restauration depuis le début de la crise sanitaire. Est-ce que ça va compliquer la réouverture des terrasses, des bars et restaurants la semaine prochaine ?
C'est effectivement important que cette réouverture puisse se faire avec des salariés en nombre suffisant et pleinement opérationnel. C'est un sujet sur lequel on travaille avec les organisations professionnelles depuis plusieurs semaines. En fait il y a deux choses, vous savez il y a d'une part des centaines de milliers de salariés du secteur qui étaient en activité partielle et donc qui n'ont pas travaillé depuis maintenant des longs mois. Donc on a prévu avec les organisations professionnelles des formations de réentraînement pour que ces salariés retrouvent bien tous les gestes métiers. Donc ces formations elles ont déjà démarré depuis la semaine dernière.
On mobilise 75 millions d'euros pour aider à financer ces formations. Et puis on a aussi effectivement un certain nombre de salariés qui sont passés à autre chose. Et moi j'ai demandé à Pôle emploi de se mettre en contact avec les organisations professionnelles dans chacune des régions, d'identifier les demandeurs d'emploi qui ont travaillé dans ces secteurs et de leur proposer là aussi des formations de remobilisation. Donc ces formations elles débuteront d'ici début juin. On va là aussi mobiliser les financements qu'on a prévus pour les demandeurs d'emploi.
C'est le plan d'investissement dans les compétences qu'on va mobiliser pour financer là aussi des formations pour que des salariés, des demandeurs d'emploi pardon, puissent revenir vers ces secteurs.
Mais les formations ça prend du temps, alors là ils ont besoin de main d'oeuvre tout de suite, le 19 mai.
Alors pour la reprise de l'activité pour les salariés qui n'ont pas travaillé depuis des mois, c'est des formations courtes, de 3 à 5 jours, qui ont démarré dès la semaine dernière.
Donc ils seront opérationnels et ça renflou le manque des 100 000 personnes qui sont parties ailleurs.
Voilà absolument, donc dans un premier temps, réentraînement des salariés qui étaient en activité partielle et puis travail avec les demandeurs d'emploi, formation des demandeurs d'emploi pour qu'ils puissent aussi revenir vers ce secteur.
Elisabeth Borne, il n'y a pas que les terrasses qui rouvrent la semaine prochaine. L'ensemble des commerces également et beaucoup réclament parmi les professionnels une autorisation d'ouvrir le dimanche qui soit élargi. Est-ce que ça va être le cas ?
Alors vous savez, il faut trouver le bon équilibre. Il faut à la fois bien accompagner la reprise de l'activité, donc permettre aux commerçants effectivement le cas échéant de pouvoir ouvrir le dimanche. Il faut aussi protéger les droits des salariés.
Les syndicats ont déjà fait part de leurs inquiétudes d'ailleurs. Il ne veut pas forcément qu'on ouvre totalement les vannes du travail le dimanche.
Donc c'est pour ça qu'on a mis en place une solution équilibrée. Il ne va pas y avoir une décision nationale depuis Paris sur ces réouvertures. C'est des concertations qui vont avoir lieu localement, menées par les préfets, avec les élus, les organisations patronales et syndicales pour permettre des dérogations exceptionnelles. Quand la concertation débouche sur effectivement le fait que c'est nécessaire dans un certain nombre de territoires, moi j'ai aussi demandé aux préfets de bien rappeler aux employeurs qu'il y a des règles qui s'appliquent quand on travaille le dimanche.
C'est sur la base du volontariat et puis il faut des compensations pour les salariés en termes de rémunération et de repos.
Mais les commerces qui souhaitent rouvrir le dimanche et qui auront l'autorisation des préfets peuvent espérer rouvrir combien de dimanche et à partir de quand ?
Moi j'ai demandé aux préfets de prévoir des dérogations exceptionnelles si c'est le résultat de la concertation jusqu'à la fin juin. Donc ça veut dire 8 dimanche si je compte bien jusqu'à la fin juin ? Ça peut être ça si les concertations débouchent sur un accord localement. Et au cas par cas. Et au cas par cas absolument.
Un mot sur les soldes qui débutent le 23 juin. Est-ce que vous allez permettre de les avancer, ces soldes, pour que les commerces puissent rattraper leur chiffre d'affaires et en plus liquider leur stock ?
Alors c'est une décision qui relève de Bruno Le Maire. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de demandes des professionnels parce que vous savez faire des soldes c'est aussi vendre moins cher. Et je crois que... Alors ils sont partagés mais il y en a quand même qui demandent de pouvoir liquider leur stock. Les discussions vont pouvoir se poursuivre avec eux et on prendra les décisions en conséquence.
Les discothèques sont fermées depuis plus d'un an maintenant, depuis mars 2020. Et elles resteront fermées au moins jusqu'au 30 juin. Il n'y a pas encore de date de réouverture. Ce qui étonne le député des Républicains, Philippe Gosselin, c'était hier à l'Assemblée.
On arrive à des choses complètement absurdes. Les clubs libertins, eux, vont pouvoir réouvrir. Et il est bien connu que dans ces clubs on pratique tous les gestes barrières. Bon, vous voyez bien l'incohérence. On va empêcher des jeunes d'aller éventuellement danser. Et on va permettre d'autres types d'établissements d'ouvrir et de réouvrir. Voilà en absurdis où nous en sommes.
Au-delà du petit trait d'humour, de l'anecdote, il y a quand même quelque chose d'un peu bizarre. Le fait que des clubs libertins puissent rouvrir, mais pas des discothèques.
Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'on est évidemment très attentifs à tous ces secteurs qui sont très pénalisés par la crise sanitaire. On nous dit aussi qu'on va trop vite. Et puis parfois qu'on ne va pas assez vite. Donc il faut trouver le bon équilibre. En tout cas, pour ce qui relève de mon ministère, ce que je peux dire, c'est qu'on continuera à accompagner les secteurs qui sont fermés aussi longtemps que nécessaire. Puis des discussions se mèneront au cours du mois de juin pour voir dans quelles conditions les discothèques peuvent rouvrir.
Le 15 juin, c'est ça, c'est la clause de revoyure. Mais il n'y a toujours pas de date de réouverture prévue pour les discothèques.
Vous savez, je pense qu'on veut à la fois retrouver le plus vite possible une vie normale et en même temps ne pas risquer une reprise de l'épidémie. Donc c'est un équilibre qu'il faut trouver. En tout cas, pour les secteurs qui sont fermés, il y a des aides qui sont là pour les accompagner.
Justement, pourquoi ne pas conditionner l'accès aux boîtes de nuit au pass sanitaire qui va avoir le jour au mois de juin, justement ?
Qui a été voté à l'arraché hier soir à l'Assemblée. Ça pourrait être une des solutions pour permettre ces réouvertures et qui pourra être abordée dans le point qui est prévu à la mi-juin.
Le 15 juin, ok.
Les commerces, les restaurants, les lieux culturels rouvrent donc à partir de la semaine prochaine, mais pas à plein régime. Bruno Le Maire, qui était à votre place avant-hier, a détaillé les aides aux entreprises qui vont évoluer, comme le fonds de solidarité en ce qui concerne d'abord le chômage partiel. Qu'est-ce qui va changer pour les salariés ces prochains mois ?
Alors vous savez, avec Bruno Le Maire, on travaille la main dans la main puisqu'il y a les aides qui sont proposées par le ministère de l'Économie puis les aides du ministère du Travail, donc l'activité partielle. Et on veut s'assurer que la combinaison de ces aides protège bien les entreprises et les emplois comme on fait depuis le début de la crise. Donc sur l'activité partielle, jusqu'à fin juin, on continuera à prendre en charge à 100% l'activité partielle pour ce qu'on appelle les secteurs protégés, c'est-à-dire ceux qui ont été le plus percutés, notamment salles de sport, lieux culturels, à 100% jusqu'à fin juin.
Ensuite, on aura une étape au mois de juillet où on passera à 15% de reste à charge pour l'entreprise, puis 25% au mois d'août avant de revenir aux conditions de droit commun à la rentrée. Je précise que pour les secteurs qui resteraient fermés, on continuera à prendre en charge à 100% et aussi pour ceux qui ont du mal à redémarrer, donc qui resteraient avec une baisse de chiffre d'affaires de 80% ou plus, ceux-là continueront à être protégés avec une prise en charge à 100% de l'activité partielle. Et puis, je rappelle aussi qu'il y a l'activité partielle de longue durée. Là, il faut un accord au sein de l'entreprise, entre la direction et les salariés.
Et ces accords d'activité partielle de longue durée, ils permettent d'avoir des conditions très favorables sur l'activité partielle, un reste à charge de 15%. La prise en charge de la rémunération à hauteur de 84% pour les salariés jusqu'à 24 mois.
Et pour les autres secteurs, est-ce qu'ils vont devoir mettre la main à la poche, les entreprises ?
Dans les autres secteurs, il y a déjà un reste à charge de 15%. On a prévu un palier à 25% au mois de juin, avant de passer à 40% en juillet. Mais je le redis, les secteurs dont l'activité baisserait, ou resterait en retrait au-delà de ces échéances, peuvent se tourner vers l'activité partielle de longue durée. Ça marche très bien. Vous savez, il y a plus de 13 500 accords et 800 000 salariés qui sont protégés avec l'activité partielle de longue durée.
Est-ce qu'une entreprise peut refuser de participer justement à ce chômage partiel ?
Est-ce que l'entreprise doit payer ce reste à charge ? L'entreprise, si elle veut bénéficier de l'activité partielle, et je rappelle que c'est des montants considérables qu'on mobilise depuis le début de la crise pour prendre en charge la rémunération des salariés, elle a, selon les circonstances, selon les cas, elle peut avoir un reste à charge qui évolue dans les conditions que j'ai évoquées.
Mais elle n'est pas obligée de le payer.
C'est-à-dire que pour le salarié, l'entreprise, elle a son reste à charge. Et donc nous, nous finançons 84% de la rémunération. Il y a des entreprises dans lesquelles il y a un accord qui finance jusqu'à 100% de la rémunération. Je voudrais aussi préciser que pour les salariés qui sont au niveau SMIC et un peu au-dessus, on continue à prendre en charge à 100% la rémunération sans reste à charge.
Donc pour les salariés, on en reste à 84% du net au minimum. Ou plus quand les entreprises le décident. On continue de parler de cette reprise à partir de la semaine prochaine, cette réouverture des commerces notamment. D'abord, un coup d'œil sur le fil info à 9h20 avec Diane Ferschit.
Pour ne pas désorganiser la logistique dans tout le pays, la deuxième dose de vaccin anti-Covid cet été devrait être injectée dans le même centre que la première. Et dès aujourd'hui, tous les plus de 18 ans peuvent recevoir le vaccin sans aucune restriction. Il faut simplement avoir trouvé un rendez-vous 24 heures avant. Une place sont disponibles par jour. Un accord en Provence-Alpes-Côte d'Azur pour les régionales. Le candidat sortant, Renaud Muselier, indique que des membres de la République En Marche d'Agir et du Modem figueront sur sa liste.
Il indique également que le maire de Nice, Christian Estrosi, qui a quitté les Républicains la semaine dernière, sera lui aussi sur cette liste et tête de liste au départemental dans les Alpes-Maritimes. Après un nouveau vote à l'Assemblée nationale, l'article sur le pass sanitaire finalement voté, concession notamment sur la date de sortie de l'état d'urgence fixé au 30 septembre. Le Modem s'était désolidarisé de la majorité lors du premier vote, jugeant le texte trop flou. La première demi-finale ce soir de la Coupe de France de football, Montpellier reçoit le tenant du titre, le PSG. Coup d'envoi à 21h, match à suivre sur France Info. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Laurent Sénéchal.
On est toujours avec Elisabeth Borne, la ministre du Travail. A partir de quand le télétravail ne devra plus être la règle ?
Alors, aujourd'hui, il reste la règle et c'est très important parce que ça permet de lutter contre l'épidémie. A partir du 9 juin, on va assouplir les règles sur le télétravail. On va redonner la main aux entreprises. Donc c'est entre la direction et les représentants des salariés qu'à partir du 9 juin, on fixera un nombre minimum de jours de télétravail par semaine.
Ça veut dire qu'à partir du 9 juin, une entreprise peut décider de faire revenir tous ses employés dans l'entreprise, dans les locaux ?
En fait, on continue à recommander le télétravail, mais par contre plus systématiquement. Je crois qu'il y a aussi beaucoup de lassitude parmi les salariés qui sont à 100% au télétravail depuis des mois. Et donc, voilà, dans ce cadre, c'est-à-dire le télétravail est fortement recommandé. Ça reste une bonne mesure pour limiter la propagation du virus. On demande aux entreprises de trouver le bon équilibre dans le dialogue social au sein de l'entreprise.
Et qu'est-ce qu'on fait si les clusters viennent à se multiplier, par exemple à la cantine d'entreprise, puisqu'on sait que c'est des lieux à risque ?
Alors, on a aussi des règles qui sont très strictes sur les cantines d'entreprise. Vous savez qu'aujourd'hui, on doit manger seul à sa table, à deux mètres de ses collègues.
Est-ce que ce sera le cas à partir du 9 juin ?
À partir du 9 juin, on assouplira aussi ces règles, puisqu'au même moment, on aura la réouverture des salles dans les restaurants. Donc, on se met sur le même calendrier. Sur les règles précises, on aura une concertation avec les organisations patronales et syndicales d'ici la fin du mois pour préciser les règles qui s'appliqueront dans les restaurants.
Donc, le protocole sanitaire va être revu à la baisse dans les entreprises ?
Le protocole bougera à partir du 9 juin. C'est une demi-jauge dans les salles qui sera mise en place à partir du 9 juin. Alors, ça peut être la même chose en entreprise ?
Ça sera le principe d'une demi-jauge. Ensuite, vous savez qu'on est à des tables de 6 dans les restaurants. On avait des règles un peu plus strictes dans la restauration d'entreprise. Et donc, on précisera tout ça en discussion avec les organisations patronales et syndicales.
C'est le retour aussi des pots en entreprise pour fêter des départs à la retraite, par exemple ?
On veut redonner de la souplesse sur ce sujet, mais plutôt en extérieur, parce que là encore, il faut rester très prudent et, évidemment, continuer à respecter les gestes barrières.
Elisabeth Borne, vous avez instauré en novembre dernier une aide exceptionnelle de 900 euros pour les demandeurs d'emploi qui n'ont pas pu recharger leurs droits l'année dernière. Combien de temps encore cette aide va être maintenue ?
Alors, effectivement, c'est une aide très importante qui permet à ceux qui, avant la crise, alternaient des contrats courts ou des contrats saisonniers, qui n'ont pas pu travailler en 2020 et donc recharger leurs droits, d'avoir une assurance d'avoir 900 euros au minimum par mois. Cette aide, elle fonctionne depuis novembre. Elle concerne plus de 600 000 demandeurs d'emploi et elle va être prolongée jusqu'à la fin août parce que je pense que c'est important de continuer à accompagner ces demandeurs d'emploi qui sont des travailleurs précaires le temps de la reprise de l'activité économique. Et après ? Après, vous voyez, je pense qu'on pense tous que l'activité économique va reprendre.
C'est notamment des demandeurs d'emploi qui travaillent précisément dans la restauration. Et là, on a des bonnes nouvelles du côté des employeurs puisqu'ils nous disent on veut recruter, on a besoin de trouver 100 000 salariés. Donc, je pense que d'ici là, ces demandeurs d'emploi auront pu retrouver du travail.
Donc, après, on leur dit « Allez travailler ». Justement, la réforme sur l'assurance chômage doit entrer en vigueur le 1er juillet. Sauf que selon l'UNEDIC, plus d'un million de demandeurs d'emploi vont voir leurs indemnités diminuer de 17% en moyenne. En plus, le nouveau mode de calcul va pénaliser, par exemple, les femmes parties en congé maternité ou les personnes qui ont travaillé de manière fractionnée. Comment allez-vous rectifier ça ?
Alors, effectivement, on a été alerté. Moi, j'ai été alerté tardivement sur le fait que les personnes qui sont en congé maladie, en congé maternité ou en activité partielle pouvaient être pénalisées par le nouveau mode de calcul. C'est évidemment pas ce qu'on souhaite. Qui peut penser qu'on veut pénaliser les femmes en congé maternité ou ceux qui ont été obligés d'être en activité partielle. Donc, dès que j'ai eu connaissance de ce problème, j'ai demandé à mes services de rectifier ce problème.
Donc, le mode de calcul va être favorable ?
Et donc, du coup, on va mettre en place un mode de calcul qui ne pénalise pas les gens qui sont en congé maladie, maternité ou en activité partielle. Je vous annonce que le décret rectificatif va être transmis aujourd'hui aux organisations patronales et syndicales et au Conseil d'État. Et vous le verrez, ça protège très bien ces personnes.
Ça veut dire qu'elles seront exclues de la réforme au même titre, par exemple, que les intermittents ?
Non, ça veut dire que jusqu'à présent, il y a un mode de calcul qui retire pour le calcul ces périodes. Ça peut, dans un certain nombre de cas, être pénalisant. Donc, on prendra en compte ces périodes avec un niveau de rémunération qui évitera de les pénaliser.
La réforme sera bien mise en œuvre le 1er juillet et elle ne sera à aucun moment retardée ?
Alors, je vous confirme que cette réforme, elle rentrera en vigueur au 1er juillet. Je précise qu'elle a été adaptée pour tenir compte de la crise. Je pense que c'était important et il y a un certain nombre de dispositions.
Pourtant, les syndicats demandent toujours son retrait.
Oui, j'entends bien. Moi, je suis toujours assez surprise, vous voyez, de voir que les syndicats défendent un système qui enferme des centaines de milliers de travailleurs dans la précarité et qui est injuste. Je pense que cette réforme, elle, est nécessaire. Mais en même temps, c'était évidemment nécessaire aussi de tenir compte de la crise. Donc, il y a des dispositions importantes qui ne rentreront en vigueur que lorsque le marché du travail sera revenu à la normale, c'est-à-dire notamment que le nombre de demandeurs d'emploi aura significativement baissé et que, par ailleurs, on aura pu constater qu'il y a une forte dynamique d'embauche.
Alors, une autre mesure qui est assez critiquée par les syndicats a été adoptée hier soir par l'Assemblée nationale. Un employeur peut désormais imposer à un salarié de prendre jusqu'à huit jours de congé aux dates que l'employeur a décidées et ce, jusqu'au 31 octobre. Ça veut dire qu'un salarié peut voir ses congés d'été refusés. On pourrait lui imposer de prendre ses vacances en septembre.
Alors, de quoi on parle ? Au printemps 2020, on avait prévu une disposition pour permettre aux employeurs d'organiser la prise de congé jusqu'à six jours par accord avec les représentants des salariés. Par accord avec les représentants des salariés. Donc, ça veut dire que si les organisations syndicales ne sont pas d'accord, il ne se passe rien.
Mais il se passe quoi dans les petites entreprises où il n'y a pas de partenaires sociaux, il n'y a pas de syndicats ?
Vous savez, il y a du dialogue social aussi, direct, avec les salariés. Et donc là, c'est deux jours de plus. Mais ça ne se met en œuvre que s'il y a un accord au sein de l'entreprise. Et pourquoi il peut y avoir un accord ? Parce que je pense que les salariés, ils sont bien conscients que quand leur entreprise a été fermée pendant des mois, que par exemple un restaurant rouvre, ce n'est pas la meilleure idée de prendre des congés au moment où le restaurant rouvre. Donc, si on peut anticiper, s'organiser pour que les congés soient pris avant la reprise, avant la réouverture, je pense qu'il y a des salariés qui peuvent trouver que c'est une bonne idée.
Et du coup, il peut y avoir des accords au sein des entreprises.
Il n'est pas question de prolonger ce type d'accord, c'est jusqu'au 30 octobre.
C'est vraiment des mesures qui sont liées à la crise et qui ne seront pas prolongées. Après le 31 octobre, on revient au droit normal.
Elisabeth Borne, ministre du Travail, invitée ce matin du 8.30 France Info. On jette un coup d'œil sur le fil Info à 9h moins 10 avec Diane Ferchit.
Les bombardements s'intensifient entre Israël et le Hamas. Des centaines de requêtes lancées cette nuit par le mouvement islamiste en direction de Tel Aviv après des frappes de l'État hébreu. 35 morts côté palestiniens, 5 côtés israéliens. La communauté internationale appelle au calme. À l'approche des régionales en PACA, Renaud Muselier indique que sa liste, les Républicains incluent des membres de La République En Marche, mais pas de ministres ni de parlementaires. Et selon le sondage, Ipsos Soprasteria pour France Info, la liste de rassemblement national de Thierry Mariani arrivera en tête, quelle que soit la configuration. Seule l'hypothèse d'un front républicain n'a pas été testée.
On voulait que la société reconnaisse que c'est un meurtre, c'est fait la réaction du père d'Arthur Noyer après la condamnation à 20 ans de réclusion criminelle de Nordal-le-Landais, une peine assortie d'une période de sûreté des deux tiers. Un moment libératoire, c'est ce que promet la Fédération Nationale des Cinémas Français avec la fête du cinéma. Elle aura lieu du 30 juin au 4 juillet. Les cinémas rouvrent le 19 mai. Ils n'auront plus de jauges à respecter à partir du 30 juin. France Info
Toujours avec la ministre du Travail, Elisabeth Borne.
Un jeune, une solution, c'est la plateforme que vous avez mise en place pour les jeunes de 16 à 25 ans afin qu'ils trouvent un emploi sans avoir nécessairement besoin de beaucoup d'expérience. Est-ce que vous connaissez aujourd'hui l'impact sur le chômage des jeunes ?
Écoutez, c'est effectivement un plan, un jeune, une solution qu'on a mis en place dès le mois de juillet dernier qui mobilise 9 milliards d'euros. C'est totalement inédit pour permettre à chaque jeune de trouver un emploi, une formation ou de bénéficier d'un accompagnement. Et ce plan, il porte ses fruits. Vous savez, il y a eu 1,5 million de jeunes de moins de 26 ans qui ont été embauchés en CDD de plus de 3 mois ou en CDI entre le mois d'août et la fin mars.
Il y a eu 500 000 contrats d'apprentissage qui ont été signés, 516 000 même grâce aux aides qu'on a mises en place et 300 000 jeunes qui sont rentrés dans des parcours d'accompagnement vers l'emploi, des parcours d'insertion depuis le début de l'année. Et on vient d'avoir l'évaluation des aides à l'embauche qu'on a mises en place qui montrent que ces aides, elles ont vraiment joué leur rôle. Elles ont non seulement permis d'éviter que les embauches ne s'effondrent puisqu'elles sont quasiment au même niveau qu'avant la crise mais en plus, elles ont incité les entreprises à proposer des contrats plus longs pour les jeunes.
On a entre 50 000 et 60 000 contrats de plus des CDD de plus de 3 mois ou des CDI qui ont été permis grâce à cette aide à l'embauche.
Et il n'est toujours pas question d'ouvrir le RSA aux moins de 25 ans ?
Vous savez, moi j'entends tout à fait qu'il faut accompagner les jeunes qui ont des difficultés financières. Mais je pense qu'on doit non seulement leur donner une aide financière qu'on doit surtout les aider pour qu'ils arrivent à trouver un emploi durable. Et c'est le principe que moi je défends. La garantie jeune, c'est cette réponse, c'est-à-dire à la fois un accompagnement vers l'emploi et une allocation pour ceux qui en ont besoin.
Elle va être élargie cette garantie jeune ?
À la demande du président de la République, on travaille sur un élargissement de cette garantie jeune, une forme de garantie jeune universelle pour que chaque jeune qui en a besoin puisse avoir un accompagnement personnalisé vers l'emploi et une allocation de près de 500 euros s'il en a besoin. Élargie à quel public ? L'objectif, c'est qu'aucun jeune ne soit empêché de rentrer dans un parcours d'insertion, dans une formation, parce qu'il aurait des difficultés financières. Donc tous ceux qui en ont besoin aient droit à cet accompagnement et à une allocation s'ils en ont besoin.
Je voudrais qu'on parle de la vaccination, Elisabeth Borne, puisque le gouvernement a pour objectif d'avoir vacciné 20 millions de Français avec une première dose d'ici samedi soir. Ça peut passer aussi par la vaccination en entreprise qui pourtant patine. Depuis le début, on en est à combien ? 70 000, je crois, première injection faite en entreprise.
Alors strictement, dans les services de médecine du travail, oui, un peu plus de 70 000. Mais vous savez, jusqu'à présent, la cible de la vaccination, c'était les plus de 55 ans. Maintenant, c'est les plus de 50 ans. Et puis aussi, tous ceux qui ont plus de 18 ans et qui ont des maladies chroniques. Donc il faut qu'on accompagne cette ouverture de la cible vaccinale. Moi, j'ai annoncé la semaine dernière qu'on allait accélérer, passer à la vitesse supérieure. Il y a 100 000 doses de vaccins AstraZeneca de plus qui vont être fléchées sur les services de médecine du travail. Et puis aussi, maintenant, les services de médecine du travail...
Hier, le premier ministre disait qu'il y avait 2 millions de doses d'AstraZeneca qui dormaient dans les centres de vaccination. Pourquoi pas en récupérer plus et les distribuer aux entreprises ?
Non, mais on a ces premières 100 000 doses. Si ça marche bien, et je suis très confiante sur le fait que ça marche bien, parce que les entreprises sont très mobilisées, les salariés très demandeurs de pouvoir être vaccinés en entreprise. On a aussi une autre chose qui est qu'on va permettre aux entreprises d'accéder aux autres vaccins, les vaccins AstraZeneca et Moderna. Alors ça suppose... Pfizer et Moderna, plutôt. Pardon. Pfizer et Moderna, ça suppose qu'ils s'organisent, parce que ça suppose des conditions de conservation très strictes.
On va commencer avec des entreprises pilotes, près d'une trentaine d'entreprises et de services de santé au travail qui vont pouvoir démarrer dès la mi-mai, la vaccination avec ce vaccin. On y est presque à la mi-mai, c'est-à-dire dès la fin prochaine. C'est demain, c'est demain, et je peux vous assurer qu'il y a beaucoup d'entreprises volontaires qui vont pouvoir démarrer avec 30 000 doses dans un premier temps. Mais moi, je suis convaincue que ça va bien marcher et que les entreprises vont jouer pleinement leur rôle dans cette vaccination, comme elles le font chaque année pour la vaccination contre la grippe.
Elisabeth Borne, est-ce que c'est discriminatoire, selon vous, d'écarter une candidate au départemental parce qu'elle porte un voile sur la fiche de campagne ?
Vous savez, moi, à titre personnel, je pense qu'il faut appliquer la loi, et rien que la loi, et toute la loi. Mais ça fait maintenant un bon moment qu'En Marche a annoncé qu'il ne souhaitait pas avoir des candidats qui affichent des signes religieux parmi les candidats de La République En Marche. Moi, c'est une décision que je respecte.
Il y a un débat, en tout cas, au sein de la majorité, un débat même houle sur cette question.
La loi, rien que la loi, ça veut dire que c'est légal de porter son voile sur une affiche électorale ?
C'est une proposition personnelle. En même temps, ce n'est pas une surprise. En Marche a pris position il y a un certain temps maintenant pour dire que les candidats ne devaient pas avoir des signes religieux.
Et vous dites qu'il faut respecter la loi. La loi, elle dit que c'est autorisé de porter un voile.
Donc si vous aviez été à la place de Stanislas Guérini, vous auriez maintenu votre soutien à cette candidate ?
Je vous dis ma position personnelle. Ensuite, les règles, elles sont claires. Ma position personnelle, c'est la loi, rien que la loi. Et toute la loi. Mais je respecte la décision d'En Marche, qui n'est pas une surprise, puisque ça avait déjà été annoncé au moment des municipales. Donc moi, je respecte cette position.
Est-ce que vous avez l'impression qu'En Marche court derrière le Rassemblement national en faisant ça ?
Écoutez, En Marche est très attachée au respect des valeurs de la République. C'est des sujets qui ont fait l'objet de débat.
Elle enfreint les valeurs de la République en faisant ça ?
Non, je vous dis, c'est des sujets qui ont fait l'objet de débat. C'est des équilibres qui ne sont pas simples. J'ai exprimé ma position personnelle. Ce n'est pas la position qui a été retenue dans le bureau exécutif d'En Marche, dont acte. Et donc maintenant, prenons la position qui a été adoptée par le mouvement.
C'est le Rassemblement national qui est en tête, selon le sondage France Info, en région PACA. Le scrutin, c'est dans un mois. Et ce matin, justement, le chef de file de la droite, le président actuel de la région, Renaud Muselier, annonce un accord avec la République En Marche dans la région. Vous n'avez pas peur que les électeurs soient un peu déboussolés ?
Écoutez, moi, ce que je pense, c'est qu'il ne faut pas banaliser le Front national, même s'il se donne maintenant des airs de respectabilité. Ça reste un parti qui dresse les gens les uns contre les autres, qui est toujours dans les solutions de facilité. On a l'impression que tout est simple quand on entend Mme Le Pen, qui ne propose rien, par exemple, sur l'accompagnement des jeunes ou sur l'accompagnement des entreprises dans la crise.
C'est un échec formation pour les jeunes.
Oui, alors c'est intéressant, vous voyez, c'est intéressant, parce que si vous avez de l'argent, alors on double la mise. Et si vous n'avez pas d'argent, vous n'avez rien. Voilà les propositions de Mme Le Pen pour les jeunes.
Elisabeth Borne, ministre du Travail en vitesse matin du 830 France Info. Merci beaucoup, bonne journée à vous. Merci.
Élisabeth Borne