"Les gens ont envie de s'évader" malgré les difficultés économiques, explique le producteur du "Roi Lion" et directeur du théâtre Mogador
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Questions et réponses
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Comment se portent vos affaires quand ça fait des années que le Roi Lion est à l'affiche ?
- 0:25OuverteRéponse directe
Toujours aussi nombreux malgré les problèmes de pouvoir d'achat, les difficultés économiques ?
- 0:57OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui fait que ça ne vieillit pas ?
- 1:41OuverteRéponse directe
Vous dites que ce show ne désemplit pas. Qui vient vous voir ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Vous voyez des changements dans votre public, en termes d'âge ?
- 2:32OuverteRéponse directe
Il dure longtemps ce show, à une époque où tout va plus vite. Pourquoi ça marche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« On ne change pas une équipe qui gagne, j'ai envie de dire, donc ça fait 5 ans, 5 ans de plaisir, de bonheur, de partage avec un public toujours aussi nombreux. »
- 0:33InvitéFait
« Je pense que plus c'est compliqué, plus les gens ont envie de s'évader, plus les gens ont envie de rentrer dans une bulle émotionnelle, une bulle de partage. »
- 1:21InvitéFait
« Avec des artistes polyvalents, multitalentieux, 200 costumes, 200 décors et des masques. »
- 1:33InvitéFait
« Mais aussi des influences balinéennes, asiatiques et autres. Donc, ça fait, c'est la richesse internationale de ce show. »
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« Alors, de plus en plus de gens de région. On a eu maintenant à 60% de nos spectateurs viennent en dehors de Paris et de la région parisienne. »
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« On a un public qui est vraiment divers et varié. Quand on dit 7 à 77 ans, ça peut vraiment s'appliquer au Roi Lion. »
- 2:48InvitéFait
« Il y a plus de deux heures et demie parce que chaque scène apporte une part d'émotion différente et que les spectateurs voyagent dans cette histoire. »
- 3:23InvitéFait
« On voit quand même que les gens veulent des spectacles un peu plus courts. »
- 4:25InvitéChiffre
« On est en moyenne à 70 euros. »
- 5:14InvitéChiffre
« Je pense que Paris a toujours été la capitale de la culture. On a 400 spectacles, 400 propositions de spectacles par soir. C'est l'un des chiffres les plus forts en Europe et dans le monde. »
- 5:28InvitéChiffre
« La comédie musicale, on doit être à une dizaine, ce qui est pas mal. Broadway, c'est 25 spectacles. »
- 8:04InvitéFait
« On a lancé pas mal d'expériences à travers le recrutement et les formations de techniciens qu'on a développées dans plusieurs théâtres, dans 14 théâtres, où on est parti chercher des jeunes en banlieue pour les former au métier du théâtre. »
- 8:22InvitéFait
« C'est le seul lieu où des gens qui ne se ressemblent pas se rassemblent. »
Temps de parole
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Bonsoir M. Bentata, vous êtes le producteur du Roi Lion, comédie musicale qui tourne depuis plusieurs années et directeur du théâtre Mogador. Alors, on a envie de vous poser la question, comment se portent vos affaires quand ça fait des années qu
'on
voit à l'affiche le Roi Lion
?
On ne change pas une équipe qui gagne, j'ai envie de dire, donc ça fait 5 ans, 5 ans de plaisir, de bonheur, de partage avec un public toujours aussi nombreux.
Toujours aussi nombreux malgré les problèmes de pouvoir d'achat, les difficultés économiques que l'on entend pour les ménages ?
Je pense que plus c'est compliqué, plus les gens ont envie de s'évader, plus les gens ont envie de rentrer dans une bulle émotionnelle, une bulle de partage. Et c'est pour ça que le spectacle vivant est là. Et dans un monde où on est derrière nos écrans de plus en plus, on a besoin d'un monde aussi et d'une rencontre sans filtre. Et c'est là où le spectacle vivant devient très intéressant.
Alors,
quand même, vous dites qu
'on
ne change pas une équipe qui gagne, mais le Roi Lion,
ça
fait des années que ça tourne. Qu'est-ce qui fait que ça ne vieillit pas
? Je
pense que c
'est
l'œuvre en elle-même. Déjà,
ce
que Julie Thémant, la créatrice, qui a créé ce spectacle il
y a
plus de 30 ans, a réalisé et a réussi, c'est transformer et adapter le dessin animé, qui a été quand même l'un des plus grands succès de Disney, dans un univers scénique, en réinventant des codes et en créant d'un univers esthétique avec des artistes polyvalents, multitalentieux, 200 costumes, 200 décors et des masques. Aussi, un travail qui a été fait avec une influence à la fois africaine, puisqu'il y
a
de
la
musique, bien sûr, on est vraiment au cœur de l'Afrique, mais aussi des influences balinéennes, asiatiques et autres. Donc, ça fait, c'est la richesse internationale de ce show.
Vous dites, ce show, il ne désemplit pas. Ça veut dire que vous êtes complet tout le temps. Qui vient vous voir ?
Alors, de plus en plus de gens de région. On a eu maintenant à 60% de nos spectateurs viennent en dehors de Paris et de la région parisienne, alors que ce ratio était différent au tout début. Donc, les gens viennent à Paris maintenant pour voir le Roi Lion, ce qui est pour nous quand même, en tout cas, une réalisation très importante et très intéressante.
Vous voyez des changements aussi dans votre public, je ne
sais
pas, en termes d'âge, en termes de...
On
a un public qui est vraiment divers et varié. Quand on dit 7 à 77 ans, ça peut vraiment s'appliquer au Roi Lion. Bien sûr, on a un public familial qui vient le week-end, mais en semaine, on a énormément d'adultes parce que ce show, il a plusieurs grilles de lecture et tout le monde peut voir le Roi Lion avec son analyse, avec son plaisir personnel qui sera rassasié.
Et il dure longtemps ce show, à un moment, une époque où tout va plus vite, où on voit qu'on est beaucoup sur les écrans, où c'est le règne de la petite vidéo qui dure deux minutes. Vous, c'est plus de deux heures et demie ?
Il y
a
plus de deux heures et demie parce que chaque scène apporte une part d'émotion différente et que les spectateurs voyagent dans cette histoire, qui est une histoire universelle, celle de... On est dans du Hamlet avec Simba qui va redécouvrir son royaume et qui va devoir reprendre son royaume. Mais c'est encore une fois, c'est une féerie de lumière, de couleurs, de costumes, de décors, de danses. Et les gens en prennent plein les yeux et à chaque fois, on voit des gens émerveillés.
Et
vous ne
voyez
pas les attentes du public peut-être changer au fil des années ? Il y a des tendances qui se dessinent
? Oui,
on voit quand même que les gens veulent des spectacles un peu plus courts.
Ils
veulent certains spectacles et certains théâtres programment maintenant des spectacles à 19h pour que les gens puissent sortir plus tôt. Nous,
on
est un peu à contre-courant, mais encore une fois, on est un spectacle singulier et on a un spectacle maintenant qui devient iconique. Et ce spectacle fait, j'ai envie de dire, met de côté toute la tendance actuelle parce qu'il s'impose comme un rendez-vous presque obligé. Je pense que c'est le spectacle à voir une fois dans sa vie.
Ok. Est-ce que vous voyez, pendant les périodes de crise, plus de monde qui vient vous voir ? Parce que vous dites, bon, les gens ont envie de s'évader.
Alors,
on l'a vu énormément après le Covid. Le Covid a été un déclenchement après. Les gens avaient tel besoin de se retrouver, de partage, de se retrouver dans une salle, de prendre de l'émotion encore une fois live après ce confinement.
Et en ce moment
? Et en ce moment, bien sûr, on ne peut pas faire abstraction de cette donnée économique.
Oui,
parce que rappelez-nous le prix des places.
On est en moyenne à 70 euros, donc
environ. Oui, quand même, c'est
une famille qui vient vous voir, c'est un budget.
Mais les gens préfèrent mettre un prix élevé, mais avoir derrière une expérience unique qu'on garde toute sa vie. Je pense que cette empreinte émotionnelle, elle est indélébile sur le Roi Lion. Et c'est ce que propose ce choix. Et les gens recherchent des titres forts, des spectacles qui vont les marquer à vie.
Et
est-ce que ça veut dire que Paris devient encore plus qu'avant une capitale aussi ? Alors on voit qu'il
y a
des concerts, on parle beaucoup en ce moment de Céline Dion, vous vous dites que ça marche très fort. Est-ce qu'on arrive sur, en plus, une comédie musicale, un genre un peu particulier ? Est-ce qu'actuellement, Paris est en train de trouver une place encore un peu plus importante qu'auparavant ? Je
pense que Paris a toujours été la capitale de la culture. On a 400 spectacles, 400 propositions de spectacles par soir. C'est l'un des chiffres les plus forts
en
Europe et dans le monde.
Et sur la comédie musicale ?
La comédie musicale, on doit être à une dizaine, ce qui est pas mal. Broadway, c'est 25 spectacles, en général, ou entre Londres et...
Et
vous parlez de Broadway, c'est ce qui vous a donné envie, parce que vous étiez jeune, vous m'avez raconté en préparant cette émission, c'est ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?
Ah oui, moi c'est un rêve d'être à Broadway, d'avoir vécu là-bas, de voir 25 comédies musicales proposées à l'affiche. Pour un passionné comme moi, c'est être comme un enfant dans un magasin de jouets, c'est un vrai bonheur. Et c'est là-bas que j'ai été contaminé par le virus de la comédie musicale. Mais encore une fois, le Roi Lion, on parle de comédie musicale, moi je parle d'expérience. C'est au-delà de
la
comédie musicale. Ce spectacle est au-delà de
la
comédie musicale.
Quelles sont les prochaines expériences, les prochaines tendances auxquelles il faut s'attendre ? Sur quoi vous travaillez ?
Alors, on regarde beaucoup l'immersif en ce moment, c'est très à la mode.
Ça veut dire quoi l
'immersif
?
Ça veut dire que les gens ont besoin d'avoir une expérience qui les touche personnellement, d'être un peu acteurs aussi, en plus des spectateurs d'être acteurs du spectacle.
C'est-à-dire
? D'être au cœur, et que le spectacle vienne autour d'eux,
et que
les embarquent.
Donc ça veut dire des
lieux un peu différents que le seul théâtre classique. En plus, vous êtes directeur d'un théâtre,
le Théâtre
Mogador. Donc ça, c'est voir comment on peut sortir dans d'autres types de lieux.
C'est-à
-dire
qu'on casse les codes. Il n
'y
a plus de barrières, de frontières entre la scène et la salle. Il y a un seul lieu unique où les acteurs et les spectateurs ne font qu'un, et échangent et partagent entre eux. Et c'est une vraie tendance. Alors, ça ne
veut
pas dire que le théâtre va complètement disparaître. Au contraire, mais c'est vrai que dans les mises en scène maintenant, les metteurs en scène essayent d'avoir quelque chose de plus interactif aussi.
Est-ce que l'IA vous percute ? On voit que ça percute tout un tas de métiers, de secteurs. Est-ce que vous, l'intelligence artificielle, a aussi de l'influence sur vos métiers ?
Je pense que c'est un moyen intéressant, un outil qu'on peut utiliser dans plein d'analyses.
Vous l'utilisez déjà ?
Sur les études marketing, sur pas mal de choses, pour voir des tendances. Mais sur le spectacle en lui-même, après au niveau technologique certainement, il y
a
peut-être des choses qui vont évoluer sur les lumières, sur le son. Mais l'écriture,
l
'essence même d
'un spectacle.
Dans l'écriture, on voit que l'IA peut produire des voix, des spectacles,
écrire.
Oui, mais il y aura toujours un être humain derrière.
Il y aura toujours un
créateur derrière. Et il y aura toujours une personne, un artiste, un metteur en scène qui sera là, ou même un technicien qui sera là. Bien sûr, il va falloir s'adapter. On ne
peut
pas faire abstraction de cette tendance. Mais il faut l'utiliser
pour
grandir et que le spectacle vivant grandisse.
Est-ce qu'il y
a
encore du travail dans votre métier, dans ce secteur-là ?
Énormément, notamment dans la technique. On a lancé pas mal d'expériences à travers le recrutement et les formations de techniciens qu'on a développées dans plusieurs théâtres, dans 14 théâtres, où on est parti chercher des jeunes en banlieue pour les former au métier du
théâtre.
Ce que
vous dites aux
jeunes,
c
'est que ça n'est pas bouché, pour en
parler clair. Au
contraire, au contraire. Et c
'est
un moment, c'est un lieu de vie, un lieu, encore une fois, de partage. C'est le seul lieu où il n'y
a
pas de différence. C'est le seul lieu où des gens qui ne se ressemblent pas se rassemblent.
Où
on ne parle pas ni politique, ni religion,
on participe
à une même expérience.
Exactement, et c'est ça qui fait la force d'un spectacle vivant.
Eh bien écoutez, vous nous avez donné envie d'aller voir des spectacles vivants. Merci d'avoir été notre invité ce soir sur France Info. Merci beaucoup Laurent Magata.
Merci
beaucoup.
Au
revoir.