"Le RN est le seul parti qui fait sa primaire au tribunal." selon François Ruffin
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C'est-à-dire que le Rassemblement National est le seul parti qui fait sa primaire au tribunal. Et pourquoi ? Pourquoi ? Il faut rappeler les faits quand même. C'est une distribution par Marine Le Pen d'emplois fictifs comme des pains au chocolat.
François Ruffin, député debout de la Somme et candidat à l'élection présidentielle, est avec nous. Bonjour Monsieur le député. Bonjour. Bonjour François Ruffin. La Cour d'appel de Paris va dire cet après-midi si Marine Le Pen peut, oui ou non, se présenter pour l'élection présidentielle. Ce matin, Laurent Wauquiez disait que si jamais la justice empêche Marine Le Pen, ça sera une crise de la démocratie. Vous êtes d'accord avec ça ?
D'abord dire que le Rassemblement National est le seul parti qui fait sa primaire au tribunal. Et pourquoi ? Pourquoi ? Il faut rappeler les faits quand même. C'est une distribution par Marine Le Pen d'emplois fictifs comme des pains au chocolat. à sa sœur, à sa belle-sœur, à son chauffeur, à son garde du corps, jusqu'au majordome de son père pour 4,5 millions d'euros et est allé sur plus de 10 ans. Et le jugement de première instance, il parle non pas de petites erreurs, mais d'un système, d'un système qui a duré pendant une décennie jusqu'à temps que la justice s'en saisisse. Et moi je rappelle quelles étaient les déclarations. Qui disait ?
Qui disait quand allons-nous mettre en place l'inigibilité à vie pour les élus condamnés durant leur mandat ? Marine Le Pen. Qui disait je demande l'application stricte et entière de la loi via le principe de tolérance zéro ? Marine Le Pen. Qui disait les Français en ont marre qu'il y ait des affaires, ils en ont marre des élus qui détournent de l'argent ? Marine Le Pen. Qui disait il faudrait rendre inéligibles ceux qui ont été condamnés pour favoritisme, pour détournement de fonds, pour emplois fictifs ? Marine Le Pen.
Et la troisième proposition de son programme, en 2022, la troisième, troisième mesure, donc très haut, c'était supprimer toute possibilité de réduction et d'aménagement de peine. Donc ça veut dire qu'elle ne devrait même pas porter le prêt à l'électronique, vraisemblablement cet après-midi, elle devrait aller directement en prison. Ce n'est pas ce qui va se passer. Mais voilà, quels étaient les propos de Marine Le Pen. L'inéligibilité à vie. Donc la justice, là, elle fait son travail.
Et donc ce n'est pas grave si la favorite est empêchée ?
Je veux dire, elle a commis une faute, une faute dans la durée, que je viens de décrire. Ce n'est pas une petite erreur.
Il y a deux peines. Il y a la peine en elle-même et l'inéligibilité. C'est une double peine en fait, en quelque sorte. C'est l'empêcher de se présenter en démocratie. Est-ce que ce n'est pas le peuple souverain qui doit avoir le dernier mot ?
C'est elle qui souhaitait l'inéligibilité à vie. Oui, non mais d'accord. Mais vous, qu'est-ce que vous en pensez, vous ? Elle a une éligibilité qui n'est que très provisoire et qui pour moi, normalement, je veux dire, si jamais on appliquait la peine de manière stricte, elle serait en prison.
Oui, on n'applique jamais les peines de manière stricte.
Est-ce qu'on imagine un candidat en prison ? Non. Je vais vous dire ce que je ressens. Je vous ai écouté hier, j'écoute les radios. Je ressens finalement dans ce pays une acceptation de la corruption, dont Marine Le Pen est l'un des symboles, dont Nicolas Sarkozy est un symbole, à mon sens, beaucoup plus grave parce que c'est un crime contre la nation qui a été commis par Nicolas Sarkozy. Mais en dessous, il y a toute, pour moi aujourd'hui, une fusion entre l'argent et l'État. Et finalement, ce que je ressens, c'est que le corps social est en accoutumance de ça. En tout cas, c'est ce que j'entends. Je veux dire, côté politique, vous allez avoir aujourd'hui une grande loi du silence.
Ils vont très peu s'exprimer sur ce cas parce que finalement, ça va faire corps. Et je vois que du côté des médias, il y a plutôt une compréhension de la tolérance vis-à-vis de ça.
Vous parlez d'argent. Il y a une personne qui pourrait nous coûter des dizaines de millions d'euros une fois qu'il va quitter le pouvoir. C'est Emmanuel Macron. C'est ce que vous dites. Il aura 49 ans l'année prochaine. Et vous pensez que les avantages qui sont prévus pour les anciens chefs de l'État sont trop importants, qu'il faut réduire tout ça ?
Nous avons produit un cahier de campagne dans le cadre de la présidentielle pour une loi de séparation de l'argent et de l'État qui est finalement nos mesures en matière de probité. Et l'une de nos mesures, c'est de supprimer les avantages à vie, une nouvelle abolition des privilèges pour les anciens présidents de la République. Aujourd'hui, ils ont quoi ? Ils ont pour toute leur vie trois collaborateurs. Un logement, des bureaux. Ils ont un chauffeur avec le véhicule de fonction. Ils ont un majordome. C'est-à-dire que ça nous coûte à peu près 2 millions d'euros par an par président. Là, vous en avez deux.
Alors quand on a un président qui quitte le pouvoir jeune, ça va coûter cher sur la durée ?
On lui cède bien sûr une longue vie. Ça nous fera 6 millions d'euros par an pour les anciens présidents. Moi, je considère que quand on abandonne son mandat, quand on quitte l'Élysée, on redevient un citoyen ordinaire.
C'est pas un peu démago de s'attaquer à ça parce que ça va pas résoudre nos problèmes de dette ?
6 millions d'euros dans une école, ça fait du bien.
D'une part, c'est à ce que ça peut représenter pour les Français en termes de budget. Mais évidemment, ce sont des présidents, tous, ils ont dit qu'il fallait faire des efforts. Voir pour certains qu'il fallait faire des sacrifices. Et les prochains vont dire la même chose. Et je pense que c'est vrai, le pays en a besoin. Mais il doit y avoir un ruissellement de l'exemple qui doit venir d'en haut. On peut pas demander aux Français de faire des efforts. Et là, il faut mesurer à quel point il se serre la ceinture. Là, depuis quelques années, les salaires réels ont baissé dans notre pays. Les salaires sont devenus moins forts que l'inflation.
Est-ce que vous laissez au moins les officiers de sécurité ?
C'est dans la proposition de loi. Quand une menace est avérée, il y a une protection policière. C'est évident.
C'est une proposition de loi que vous avez déposée cette semaine.
Qui vient d'être déposée dans la foulée de notre cahier de campagne.
Et vous pensez qu'elle peut passer ? Parce qu'on a une assemblée un peu compliquée.
Non, mais il s'agit de la portée. En tout cas, vous savez, l'ONG Transparency International, dans son rapport, elle dit quoi ? La France dégringole dans le classement de la lutte contre la corruption. La France risque de perdre le contrôle contre la corruption. Et elle parle d'une léthargie politique. Eh bien, je suis là pour sortir la France de sa léthargie politique face à la corruption. parce qu'il y a de la loi du silence, parce qu'il y a de la coutumance, mais parce qu'il y a aussi des conséquences. Pas que morale.
Moi, payer les anciens présidents, ce n'est pas ce qui me choque le plus, mais je suis d'accord sur le fait que... Même si ils travaillent à côté ? Oui, non, mais ça reste des montants à l'échelle d'un État qui sont symboliques. En revanche, excusez-moi, moi j'ai travaillé dans le monde des affaires, dans le monde des médias et dans la politique. Et ce qui me choque le plus, c'est à quel point tous ces gens-là sont amis. Et on ne peut pas reprocher à des amis de se protéger, puisque moi-même, je protège mes amis.
En revanche, quand tout ce système-là, et ce n'est pas complotiste que je dis, je crois que c'est largement documenté depuis très longtemps, sont amis, comment on fait pour éviter qu'il y ait de la corruption à tous les étages ? Moi, par exemple, j'ai vu, on pourrait citer Castaner qui est sorti de son ministère pour aller travailler chez Chine. Excusez-moi, c'est hallucinant. Mais moi, j'ai vu aussi des conseillers de l'ombre qui partaient pour travailler chez Total. Donc, comment on fait ?
Quand on travaille avec le patron de Total et qu'on devient amis, qu'on travaille jusqu'à 3h du matin, je comprends qu'on ait envie de défendre ses intérêts, qu'on ait envie de le défendre, mais après, on ne peut pas retourner en politique, ça ne marche pas. Comment on fait ça ?
En tout cas, vous pointez le doigt sur ce qui n'est pas de l'ordre de la symbolique, mais qui est la véritable corruption de la nation. C'est ce qu'on appelle de manière gentille les pantouflages et rétro-pantouflages. Et ça a l'air sympa parce que c'est des chanrentaises, ça a l'air pépère. C'est ce qu'on appelle aussi les portes tournantes. Mais il faut bien voir que les gens qui franchissent la porte, ils le franchissent avec un bout de la République. Et c'est devenu industriel.
Ce sont en 3 ans, plus de 500 ministres aux fonctionnaires qui sont passés, pas seulement dans le privé, mais qui sont passés dans le privé au poste de lobbyistes, d'affaires publiques, c'est-à-dire pour vendre leur carnet d'adresse. Vous avez cité Christophe Castaner, mais c'est devenu une mode. Tous les ministres se mettent à former leur cabinet conseil à la sortie des ministères pour vendre leur numéro de téléphone. Et finalement, ils n'ont pas le droit de travailler dans les ministères.
Vous écoutez, comment ils font ? Parce qu'à la fois, vous voulez supprimer leurs avantages et vous les empêchez de travailler. Non, mais c'est compliqué.
Il y a plein d'autres choses à faire que de faire du lobbying et que de faire des affaires publiques. Et y compris dans le privé. Il y a des tas de choses à faire. On peut travailler dans l'industrie et monter des process industriels.
Ils sont compétents pour ça.
En tout cas, ils sont compétents pour une chose, c'est sûr. S'ils ne sont pas compétents pour grand-chose, pourquoi on les met au ministère ? D'accord ? Donc, en fait, ils accumulent des adresses et ensuite, ils vendent ça. Ils vendent leur carnet d'adresse. En fait, on est gouverné par des lobbyistes. Moi, je veux qu'on dise que ce n'est pas qu'une question de morale. Ça a des conséquences sur le pays. Quand l'industrie est vendue par petits bouts, Alcatel, Arcelor, Alstom, que l'ancien conseiller de Macron à l'industrie devient le directeur France de Général Électrique, voilà, là, pourquoi on a des data centers partout ? Pourquoi on a porte ouverte pour Amazon, Google ?
Parce que c'est l'avenir.
Non, pourquoi ? Parce que vous avez les principaux régulateurs, des hauts fonctionnaires qui sont tous passés à faire du lobbying du côté de... Tout le monde fait des data centers partout.
Non, mais Olivier, Olivier, moi, je voudrais intervenir.
Là, c'est un autre sujet, mais la France est le pays du monde, médaille d'or, où il y a le plus d'investissement des GAFAM sur son territoire. Nous n'ayons pas de la souveraineté numérique, nous sommes en train de construire une colonie numérique. Et je dis, on accepte la colonisation de l'État par des intérêts privés, par les intérêts multinationales, qu'on fait confondre avec l'intérêt national.
Moi, je vous écoute et c'est très intéressant, parce qu'en fait, ce que vous dites, c'est ce que les Français, dans leur majorité, ressentent et pensent. Parce qu'en fait, en France, en politique, on pense idéologie. Et en fait, les gens ne pensent pas idéologie. Nous, on se dit que tout ce qui peut faire du bien à la France, fera du bien aux Français. Et le problème, c'est qu'un François Ruffin, un David Lysnard et d'autres... Ils ne pensent pas la même chose, quand même. D'accord, oui, il ne pense pas la même chose, mais il y a des bonnes idées partout. Il y a des bonnes idées partout.
Et ce que dit François Ruffin, c'est la vérité, c'est que ce sentiment qu'il y aurait une monarchie, qu'il y aurait tous les privilèges, y compris de se recaser un an avant, un peu partout, d'être dans des postes qui ne servent absolument pas le pays, alors qu'ils ont prétendu être ministres pour servir le pays, que finalement, parfois, certains sont restés juste éphémères, trois, quatre mois, ils sont partis, et ils sont partis avec des carnets d'adresse qu'ils revendent.
Moi, je suis désolée, ça pose un problème quand on dit aux Français tous les jours, tous les jours que, bon, ça va, le carburant est passé de 2,20 euros à 2 euros, on a fait un effort, le caddie est moins rempli avec 100 euros, mais c'est juste une illusion. En fait, la France du réel, elle n'a plus voix au chapitre. On la traite de populiste à chaque fois, on la méprise et on la rejette à chaque fois qu'elle dit « je ne vis pas bien de ce que je travaille ». Et donc, c'est important que l'État commence l'exemple à dire « je vis autrement, je me désendette, et j'ai surtout la probité et l'exemplarité ». Donc, moi, je ne trouve pas... Et M. Ruffin... Ta question, parce qu'il reste plus tard.
M. Ruffin, c'est « comment répondez-vous au fait qu'à chaque fois, quand on défend ce que vous défendez, on vous dise « c'est une goutte d'eau et c'est populiste ».
Là, en l'occurrence, j'entends que sur les anciens présidents de la République, ça soit symbolique. J'entends que pour le président au SMIC, ça soit symbolique.
Mais l'addition du symbolique, ça fait combien ?
Et puis, à la fin, là, ce dont on parle, je le dis, c'était devenu un phénomène industriel. Et c'est le poisson qui pourrit par la tête. Et notre mesure face à ça, c'est de dire, il y a 10 ans, il y a 10 ans de frigo, un ministre sort de son ministère, pendant 10 ans, il a le droit d'aller travailler dans le privé, il a le droit d'aller devenir insécuteur, il a le droit de devenir éducateur, il a le droit de faire des tas de trucs, mais en revanche, pas de lobbying, pas d'affaires publiques pendant 10 ans.
Alors, un homme indigné avec nous ce matin, Ruffin, au début, c'était ce qu'on appelait un anard, pour dire anarchiste, mais maintenant, c'est un vrai homme politique, puisque vous avez été élu en 2017, en 2022, en 2024. Je me souviens, au soir de votre premier tour de 2024, vous aviez été assez touchant, même si je n'ai pas votre sensibilité politique, vous étiez avec vos militants enthousiastes, et vous leur disiez, attention, calmons-nous, c'est pas gagné, on peut gagner, et vous avez gagné.
Vous êtes un type attachant, vous avez de la sincérité, vous êtes un battant, vous avez pris vos distances avec LFI, tout ce qui peut affaiblir, Jean-Luc Mélenchon, évidemment, est apprécié de mon point de vue. Vous avez une certaine nervosité aussi, qui vous caractérise, et on ne peut que saluer votre authenticité. Maintenant, au-delà de l'homme empathique, pour moi, politiquement, vous êtes un faux soyeur. Vous devriez chanter, à la fin de vos meetings, la conclusion de Georges Brassens, avec le faux soyeur, tout le mal que m'a donné, la dernière pelletée, je suis un pauvre faux soyeur.
Alors, ma question est simple, François Ruffin, et on pourrait la poser à tous les candidats, au prochain scrutin présidentiel, est-ce que vous croyez vraiment, que vous pouvez être élu président de la République ?
Oui. Oui, il y a 53% des Français, qui aujourd'hui se sentent orphelins, qui ne savent pas, qui se disent, dans l'offre politique qu'il y a sur la table, ça ne me va pas. Et je prétends, oui, que les thèmes que je porte, vous savez, cette question de la probité face à la corruption, aujourd'hui, qui est pourtant un jour important là-dessus, vous n'en aurez pas d'autres pour venir les porter. Le statut, le premier... Le nouveau petit livre rouge. Le premier qu'on avait fait, c'était sur le statut des travailleuses et des travailleurs essentiels.
Parce que je sais que si je ne suis pas là dans la campagne, si nous ne sommes pas là pour parler des auxiliaires de vie, des aides à domicile, des accompagnants d'enfants en situation de handicap, des caristes, des camionneurs, de tous ces métiers-là, ces mots, pendant toute cette année, ne seront pas prononcés. Donc oui, je pense que nous avons vocation. Vous savez que vous m'avez décrit comme Anar. Je ne me suis jamais senti Anar. Même quand j'ai lancé mon petit journal à Amiens, je me suis dit, j'ai vocation majoritaire. Je veux convaincre la majorité. Je veux me faire aimer de ma ville et maintenant de mon pays.
Oui, mais moi je pense que vous allez opposer une délégation. Vous avez quitté Jean-Luc Mélenchon avec beaucoup de courage parce que vous êtes un type couillu et c'est en cela que chacun vous respecte. Mais je crains que dans l'hiver prochain, dans une logique à l'extrême-gauche, vous ne reveniez en soutien de Jean-Luc Mélenchon et de sa possible accession au second tour de la présidentielle.
Jamais je ne me suis reconnu dans l'extrême-gauche. Moi, ni gauche radicale, ni gauche de rupture. Moi, je suis de gauche, rien que de gauche, dans une tradition que vous pouvez ne pas aimer puisqu'elle part de la révolution française et elle passe par le Front Populaire et le Conseil National de la Résistance mai 68, mai 81.
François Ruffin, vous êtes un amateur de football, on le sait, vous suivez la Coupe du Monde. Là, on est tous derrière Kylian Mbappé pour le défendre notamment face aux attaques racistes de la sénatrice paraguayenne.
Je pense qu'il n'a pas besoin d'être défendu. Il se défend très bien tout seul et même que c'est un attaquant et je le vois qui attaque. Dire que les Paraguayens sont aussi lamentables en dehors du terrain que sur le terrain et ce n'est pas là-bas que j'irai passer mes vacances. Et par ailleurs, vous savez, je suis vraiment amateur de football et je vois qu'on est une équipe de France. Franchement, ça fait plaisir. J'ai grandi, moi, j'avais 6 ans en 82 au moment du quatuor Tigana, Jires, Platini, Fernandez. Et punaise, là, on a l'impression d'avoir un âge d'or. Ça ne veut pas dire. Alors, comme je suis de gauche, je sais que le panache n'amène pas toujours la victoire.
Mais bon sang, il y a du panache. C'est beau à voir. Et franchement, chaque fois qu'on a un moment à regarder cette équipe de France,
ça fait plaisir. Pour vous, j'ai du plaisir. C'est la mieux placée pour gagner ou est-ce qu'il y a une autre équipe qui vous fait peur ?
Il y a des bonnes équipes. Il y a l'Angleterre, il y a l'Espagne. Et je le dis, il peut y avoir un côté réaliste qui vient briser notre panache. Mais le panache, là, il est français. Et j'aime le moment. Pont d'Arcole, le drapeau tricolore. Et brandi haut et fort avec panache. Et là, on éprouve ça. Je pense qu'on éprouve... Vous savez, la politique, il y a le porte-monnaie. Mais il y a autre chose, c'est la fierté. La fierté d'être français. La fierté parce qu'on a un avenir ensemble, parce qu'on a un horizon commun. Et je pense que ce qui est le pire aujourd'hui, c'est... Il y a la crise matérielle. Oui, l'essence. Oui, les salaires. Oui, l'inflation.
Mais il y a pire, c'est la crise spirituelle.
La communion. La crise spirituelle.
Vous savez cette phrase d'Antoine de Saint-Exupéry qui dit, c'est mais ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction. Ce qui vaut pour un couple, vaut aussi pour une nation.
Vous rêvez d'un France-Argentine en finale ?
Je rêve de notre revanche. Oui, je l'espère bien que nous aurons cette revanche. Maintenant, il ne faut pas avoir de mépris pour les équipes que nous allons avoir sur notre chemin. Le Maroc est une grande équipe. Petite anecdote, je sortais de l'Assemblée nationale, il y avait un gars qui avait un tee-shirt marocain. Je lui disais combien ils avaient bien joué. Il disait, aujourd'hui j'ai le tee-shirt marocain et demain j'ai le tee-shirt français. Et voilà, c'est ça aussi la France. Et c'est ça notre équipe de France d'aujourd'hui.
Merci monsieur le député Ruffin. Merci d'être passé par les GG.
François Ruffin