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interviewFrance Inter — Questions politiques· 14 décembre 2025 54 min

Maud Bregeon : la décision d'abattre les troupeaux touchés par la dermatose "est sanitaire, pas politique"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter. Bonjour à tous, bienvenue dans Questions politiques. Jeudi prochain, Sébastien Lecornu atteindra ses 100 jours à Matignon. Une remarquable longévité pour un Premier ministre qui avait remis sa démission moins d'un mois après sa nomination. Ce dimanche, la dernière édition du baromètre Ipsos BVA de la Tribune lui accorde 29% de jugements favorables. Une popularité en hausse et à front renversé. Ce sont les sympathisants de gauche qui l'aiment un peu mieux. Tandis que son camp, surtout les LR, lui reproche les concessions faites pour donner à la France un budget. Les prochains jours sont cruciaux, d'accord c'est un cliché mais c'est vrai.

Et en effet au Sénat, la droite place à son tour très haut le prix du compromis. La méthode Lecornu permettra-t-elle de trouver une voie de passage ? Que peut-elle aussi, face à la colère des agriculteurs, une nouvelle urgence qui vient s'ajouter à la pile à 10 jours de Noël ? La porte-parole du gouvernement, Maude Bréjon, est en direct sur France Inter, sur France Info, le canal 16 de la télé. Et c'est une émission en partenariat avec le journal Le Monde. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h. France Inter. Question politique. Alexandra Bensaïd. Bonjour et bienvenue, Maude Bréjon, merci d'avoir accepté notre invitation. Bonjour à tous et tous.

A mes côtés pour vous interviewer, je les salue, Alex Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour Alex. Bonjour Alexandra, bonjour à tous.

1:35
Invité

Avec vous tout à l'heure, on fera le portrait de Maude Bréjon. Oui, on va revenir sur votre itinéraire, Maude Bréjon, celui d'une femme qui incarne le macronisme de droite, qui est pourtant issu d'une famille de gauche.

1:45
Présentateur

Françoise Fresseuse du journal Le Monde est également en plateau. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et tous. Alors, la projection vers 2027, la grande question, qui sera aussi au cœur des débats ?

1:56
Invité

Le macronisme a-t-il encore un avenir ? Car quand on voit le bilan actuel, c'est quand même un champ de ruines. Politique de l'offre contestée, suspension de la réforme des retraites, tournant protectionniste, résultat plus que mitigé sur la réindustrialisation, que reste-t-il du macronisme ?

2:12
Présentateur

Maude Bréjon, pour ceux qui n'ont pas les images, lève déjà les sourcils en l'air. Vous avez envie de répondre, mais ça sera à 12h50. On va y finir, c'est plutôt vers la fin de l'émission, restez avec nous. On commence, si vous voulez bien, par 5 minutes entre 4 yeux. La colère agricole, elle ressurgit avec l'épidémie de dermatose bovine, qui conduit à des abattages de troupeaux aux entiers. 3000 bêtes déjà euthanasiées. Depuis jeudi, on voit des déversements de lisiers, des pneus incendiés, des blocages de routes. L'autoroute A64, 180 kilomètres bloqués aujourd'hui.

Et la ministre Annie Genevard annonce qu'elle sera demain lundi dans le sud-ouest pour le début de la vaccination du million de bêtes supplémentaires qu'elle a annoncées. Est-ce que ça n'est pas trop tard ? Ça a commencé jeudi, elle y sera lundi.

2:56
Maud Bregeon

D'abord, je voudrais vous dire que nous mesurons et nous savons à quel point c'est un déchirement pour les éleveurs qui sont confrontés à l'abattage de leurs bêtes. Pour autant, ils ne sont pas seuls. Annie Genevard travaille à ce sujet-là, elle est mobilisée depuis le mois de juillet dernier. Mais il y a un problème de gestion aussi, on en est là. Pardonnez-moi, l'ennemi, c'est le virus. Et la décision qui a été prise, et je sais qu'elle n'est pas toujours bien comprise, d'abattre les troupeaux lorsqu'ils sont contaminés. Ce n'est pas une décision politique. Ce n'est pas une décision politique.

C'est une décision sanitaire qui a été concertée encore une fois depuis juillet dernier avec le Parlement sanitaire qui comprend des vétérinaires, des éleveurs, les chambres d'agriculture, les organisations syndicales, les services de l'État, l'ANSES, des vétérinaires. Et nous le faisons encore une fois pour protéger le cheptel français. Je sais, je sais que c'est difficile. Je sais que c'est une épreuve extrêmement douloureuse. Mais c'est aujourd'hui nécessaire si on veut protéger les éleveurs qui ne sont pas encore touchés par cette maladie.

3:59
Présentateur

Je reste Maud Bréjean sur ma question de gestion de crise. Je vois le courrier, la lettre ouverte de Carole Delga, la présidente de la région Occitanie. Elle appelle le Premier ministre à intervenir pour instaurer un dialogue avec les éleveurs. Est-ce que Sébastien Lecornu va s'impliquer, doit s'impliquer ?

4:14
Maud Bregeon

Le dialogue avec les éleveurs, il est permanent. Et ce, depuis plusieurs mois. Et je m'inscris vraiment en faux vis-à-vis de ceux qui tiennent ce discours-là. Alors vous avez deux syndicats qui ne sont pas satisfaits de ce dialogue. J'entendais. Et pardonnez-moi, la FNSEA, qui n'est pas toujours tendre avec nous, s'exprimait par la voix d'Arnaud Rousseau il y a deux jours, en disant que la stratégie utilisée était la bonne. Encore une fois, cette stratégie, elle a été discutée, discutée avec les éleveurs et elle a fait ses preuves en Savoie et en Haute-Savoie. Ce protocole sanitaire a été éprouvé et il a donné d'excellents résultats puisque les 70 cas ont été éradiqués, si je puis dire.

4:56
Présentateur

Pourquoi ne pas vacciner ? C'est ce qu'ils demandent. Les protestataires, il y a en effet le principal syndicat, la FNSEA, qui est sur cette stratégie et il y a deux syndicats qui pourtant sont dans des bords totalement opposés, la Coordination Rurale et la Confédération Paysanne qui emmènent les paysans dans la rue, déversés, faire des manifestations. Eux disent qu'on pourrait juste ne pas faire d'abattage et vacciner toutes les bêtes. Pourquoi ça n'est pas possible de vacciner toutes les bêtes ?

5:20
Maud Bregeon

La stratégie sanitaire, elle repose sur deux piliers. Le dépeuplement, et encore une fois, on sait que c'est difficile. Dépeuplement, ça veut dire euthanasie. Et la vaccination seront vaccinées et sont déjà vaccinées toutes les bêtes qui se trouvent dans un rayon de 50 kilomètres autour des foyers. En plus de ça, huit départements vont être intégralement vaccinés. Les huit départements qui sont au-dessus de l'Espagne, en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie. Pour autant, il y a une chose qu'il faut comprendre, c'est qu'aujourd'hui, lorsqu'une région est vaccinée, lorsqu'un département est vacciné, vous ne pouvez plus exporter parce que le territoire est considéré comme contaminé.

Et donc, vous ne pouvez plus exporter ailleurs en Europe, ce qui est extrêmement difficile pour les éleveurs qui font vacciner leur bête parce que ça implique des répercussions sur leur travail, des répercussions sur leurs revenus. Donc, on a choisi de ne pas vacciner tout le cheptel pour pouvoir continuer à exporter ? On a choisi le protocole sanitaire le plus efficace, tout simplement. Et là encore, ça nous rappelle des débats qu'on a pu avoir il y a quelques années de ça, où on débat de phénomènes scientifiques et de décisions scientifiques. Le protocole sanitaire, c'est une décision scientifique, ce n'est pas une décision politique.

Annie Gennevard ne s'est pas réveillée un matin en se disant qu'elle allait prendre plaisir à faire de l'abattage de troupeaux entiers. Il y a 3000 bêtes qui ont été abattues depuis le début de cette maladie. Et on le sait, c'est un drame. Mais pour autant, c'est 0,02% du cheptel français. Et ça permet de protéger les autres. En termes d'anonymisation ? Là encore, je veux bien qu'on débatte de plein de choses. Je comprends la douleur des éleveurs qui sont confrontés à cette maladie. Mais on ne peut pas débattre des faits scientifiques. Et ce protocole-là n'a pas été dessiné par Annie Gennevard d'autorité dans son bureau.

7:07
Présentateur

Donc, pour vous, nous ne vous entendons bien ce midi. Pour vous, il n'y a pas d'erreur. C'est un protocole scientifique. Maintenant, la question, c'est comment on en sort ? Vous avez quand même des agriculteurs qui sont mobilisés. Sous la houlette en Occitanie de l'éleveur Jérôme Bale qui prédit que la colère va faire tâche d'huile en toile d'araignée sur toute la France, dit-il. Vous allez les laisser bloquer et manifester jusqu'à quand ?

7:29
Maud Bregeon

La première mission de la ministre de l'Agriculture, c'est de protéger les agriculteurs. Et c'est ce qu'on fait encore une fois depuis plusieurs mois maintenant face à cette dermatose nodulaire. On entend la colère des agriculteurs qui sont inquiets. Ils sont inquiets à cause de cette maladie. Ils sont inquiets à cause du Mercosur. Ils sont inquiets probablement à cause de la PAC. Et là encore, nous sommes pleinement mobilisés à l'échelle française et à l'échelle européenne. Mais qu'est-ce qui change là maintenant ? Ma conviction, c'est que ce n'est pas en bloquant des autoroutes ou en bloquant des ronds-points qu'on fera reculer le virus. L'ennemi, c'est le virus.

L'ennemi, ce n'est pas le gouvernement. Ce n'est pas Annie Gennevar. Ce n'est pas les services de l'État.

8:03
Présentateur

Mais donc, il faut débloquer les 180 km d'A64 ? Est-ce que c'est ça le sujet ? Quelle va être l'action du gouvernement maintenant ? Annie Gennevar, elle va aller voir des animaux se faire vacciner.

8:13
Maud Bregeon

Vous voyez bien que le gouvernement est déjà intervenu en Ariège il y a deux jours. Et donc, s'il y a besoin d'intervenir de nouveau... En envoyant les gendarmes mobiles... S'il y a besoin d'intervenir de nouveau, on interviendra de nouveau. Mais il faut le faire intelligemment. Encore une fois, on comprend la colère. On l'entend. On sait pourquoi ils sont inquiets. Mais nous, on apporte des réponses qui nous s'embêtent. Les plus efficaces et les plus rationnelles possibles. Là, encore une fois, sur le Mercosur, le président de la République a été très clair. Il s'est mobilisé à l'échelle de l'Union Européenne depuis des mois maintenant. Et on espère que tout ça puisse aboutir.

8:46
Présentateur

Alors, il faut mettre un peu de contexte, Maud Brugge.

8:47
Maud Bregeon

Nous, on est aux côtés des agriculteurs. On n'est pas face aux agriculteurs.

8:50
Présentateur

Sur le Mercosur, une des causes du malaise agricole. Le principal syndicat, la FNSEA, prépare, lui, une manifestation. Alors, pas en France, c'est à Bruxelles jeudi prochain, parce que la Commission veut obtenir le feu vert des États membres avant le sommet du 20 décembre. C'est samedi prochain. Donc là encore, on est dans une ligne droite. Ça se joue maintenant. Que veut voter la France ? Est-ce qu'elle vote oui pour le Mercosur ?

9:11
Maud Bregeon

Est-ce qu'elle vote non ? Notre position n'a pas changé. L'accord est inacceptable en l'État. Nous avons été clairs et transparents depuis le départ. Nous avons posé trois conditions. Les clauses de sauvegarde, qui protègent les agriculteurs. Les mesures miroirs, qui protègent plutôt les consommateurs, parce que les gens qui nous écoutent comprennent bien. J'imagine qu'ils n'ont pas envie de voir des végétaux, du poulet et du bœuf, arriver dans leur assiette, traiter avec des produits chimiques qu'on interdit en France. Et des contrôles. Enfin, contrôler les produits qui arrivent en Europe, et notamment au niveau des ports, on pourrait se dire, c'est quand même la moindre des choses.

Aujourd'hui, ces conditions ne sont pas remplies. Et c'est à l'aune...

9:47
Présentateur

Donc aujourd'hui, vous votez la France ? Paris, vote non ? Soyons clairs avec des mots. Oui, non, aujourd'hui, Paris, vote non ?

9:52
Maud Bregeon

Le président de la République aura l'occasion de s'exprimer. Mais c'est à l'aune de ces trois conditions, qui ont été posées sur la table depuis le début par la France, que le président de la République prendra sa décision. Pour autant, je le redis, aujourd'hui, ces trois conditions ne sont pas remplies. Il reste encore quelques jours. On verra comment ça évolue. Et en tout état de cause, à l'heure où je vous parle, cet accord reste inacceptable pour nous.

10:12
Présentateur

Donc c'est non. Une autre urgence à traiter pour le gouvernement, les mois après la liquidation judiciaire de Brande. Je passe à l'industrie. C'est la fin d'un grand nom de l'industrie française, des 30 glorieuses. Un groupe d'électroménagers centenaires, quatre grandes marques, deux diétriche, Brande, vedette, sautère, 700 employés, deux usines à Vendôme et à Orléans. On écoute le maire d'Orléans, Serge Grouard, qui ne décolère pas.

10:35
Auditeur

Ça va être vendu aux enchères pour quelques millions d'euros. Et ça va être acheté par les Chinois. Et j'en ai ras-le-bol de ce pays à la con. Voilà, c'est simple.

10:46
Présentateur

Le coup de gueule du maire d'Orléans, il fustige un pays à la con. Les administrations centrales, le temps qu'on ne lui a pas laissé. Bref, la France qui laisse disparaître ses fleurons. Question d'Alex Bouillaguet.

10:57
Invité

Est-ce que vous dites, comme le ministre Sébastien Martin, un nouveau projet industriel pour la région est possible ? Et vous pensez à quoi ?

11:06
Maud Bregeon

D'abord, ce que je voudrais dire, c'est que l'État a été aux côtés des employés, des salariés du site. Et il l'est aux côtés de l'ensemble des entreprises et des industries qui sont aujourd'hui en difficulté. Et on ne nie pas ces difficultés. Mais je ne laisserai pas dire que rien n'a été fait. Et je ne laisserai pas non plus dire que nous mettons un genou à terre. Nous continuerons à nous battre pour l'industrie française. Et nous continuerons à nous battre spécifiquement pour ce site qui, effectivement, doit pouvoir être de nouveau mis à profit de l'industrie. Peut-être pas pour la même industrie. Par exemple ? Pourquoi d'autres ? Mais ce site doit être préservé.

Ça doit être discuté avec les élus locaux. Ça doit être discuté avec les différentes filières. C'est un projet de territoire qui est à construire. Et donc, ce n'est pas à nous, encore une fois, d'autorité d'imposer les choses.

11:49
Invité

Vous dites un projet de territoire. Le président de la région, François Bonneau, se demande s'il n'y aurait pas la... Nous ne laisserons pas tomber les salariés. C'est ce que je veux vous dire. Oui. S'il n'y aurait pas la possibilité de mettre en place une fabrication de drones, est-ce que le gouvernement est aujourd'hui en train d'étudier cette hypothèse, une bascule des sites vers une industrie de la défense ?

12:05
Maud Bregeon

En tout cas, si une bascule des sites paraît opportune, qu'il y a des investisseurs, qu'il y a des entrepreneurs qui ont envie d'investir sur ce site, pourquoi pas ? Nous, encore une fois, notre objectif, c'est de maintenir de l'attractivité, de maintenir de l'industrie en France, ici et ailleurs, de maintenir de l'innovation.

12:22
Invité

Il y a les mêmes salariés et ça n'empêche pas les drames humains qu'on est en train de vivre.

12:26
Maud Bregeon

Mais je ne m'estime pas du tout ce que sont en train de vivre ces femmes et ces hommes. Il y a des dispositifs de formation qui peuvent être mis en place. Il y a des dispositifs d'aide pour retrouver un emploi qui seront évidemment mis en place. Et on sait que tout ça prendra du temps. Mais encore une fois, on voit bien à long terme l'impact que peuvent avoir des désindustrialisations dans certains territoires. Et donc, nous ne laisserons pas tomber ce territoire, tout comme nous ne laisserons tomber aucun territoire en France.

Et je voudrais aussi redire à quel point nous nous sommes engagés dans cette réindustrialisation depuis huit ans avec des moyens extrêmement clairs sur la baisse des impôts de production, sur la baisse de la CVAE, avec des résultats. Et je sais qu'aujourd'hui, on n'arrive plus à le dire quand on est sur les plateaux télé. Mais enfin, ce n'est pas un hasard si la France est devenue le pays le plus attractif d'Europe pendant cinq ans. Ce n'est pas un hasard si on a fait revenir... Pardon, je vais terminer.

13:16
Invité

Parce que les plans sociaux se multiplient. Je vais vous citer quelques boîtes, ArcelorMittal, Michelin, Tesserre,

13:21
Maud Bregeon

à chaque fois... Et il y a des industries qui sont en difficulté parce qu'il y a des contextes internationaux, parce qu'il y a des contextes européens. Vous parlez de la question d'ArcelorMittal. Quand on fait un plan pour l'acier à l'échelle européenne qui permet de protéger les aciéries européennes face par exemple à l'import d'acier indien, ça, c'est du concret et ça, c'est de la protection. Quand on fait revenir des usines de gigafactories, quand on fait revenir des usines de batteries électriques, quand on relance à l'industrie. Et donc, depuis 5 ans, il y a eu plus d'usines ouvertes que d'usines qui ont fermé en France. Et je ne veux pas, encore une fois, laisser dire le contraire.

13:55
Invité

Votre volontarisme n'est pas en doute. Mais vous voyez, le patron de la BPI France, Nicolas Dufour, qui se bat justement quotidiennement pour la réindustrialisation et pour éviter les fermetures de sites, il en est arrivé à la conclusion que si on ne ferme pas temporairement le marché européen aux produits chinois, le temps, dit-il, de remuscler en termes de production et de logistique, les PME françaises et européennes n'ont aucune chance de survie. A-t-on été beaucoup trop naïf

14:19
Maud Bregeon

vis-à-vis de la Chine ? Il y a un contexte qui a évidemment évolué et il y a des mesures qui sont travaillées, qui sont mises en place et le président de la République a été encore une fois la locomotive dans ce travail européen. Quand je parle d'un plan pour l'acier, nous y avons largement contribué et ça vise encore une fois à protéger les aciéries comme Arcelor d'un port, notamment indien ou chinois. Quand, pardonnez-moi, quand on revient sur l'exonération des droits de douane pour les colis inférieurs à 150 euros, ces exonérations prendront fin en 2026, ça nous protège de l'arrivée massive de produits et de colis en provenance d'Asie. Est-ce que ça suffit ?

14:58
Invité

Est-ce que c'est la hauteur ? Est-ce qu'il ne faut pas passer à la vitesse supérieure ? Et avec quel allié ? Emmanuel Macron a parlé

15:04
Présentateur

de droits de droits de douane en revenant de Chine à menacer ?

15:06
Maud Bregeon

Il y a aujourd'hui une réalité avec une concurrence déloyale qui est évidente et qui touche bon nombre de secteurs et on en parle régulièrement depuis plusieurs semaines avec des exemples qui se succèdent. Et donc moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est qu'il y a une double échelle sur laquelle il faut travailler. Il y a l'échelle nationale et il y a l'échelle européenne. Personne n'est d'accord au niveau européen, vous voyez bien que ça bloque. Mais ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. Quand on met fin à l'exonération des droits de douane, ce dont je viens de parler pour les colis inférieurs à 150 euros, c'est une décision européenne.

Quand on met en place un plan pour protéger les assieries européennes, c'est aussi une décision qui s'est prise avec l'ensemble de nos partenaires. Donc on y arrive et tous les pays européens vont être confrontés à ça. Donc si on ne travaille pas à cette échelle-là, nous n'aurons pas de toute façon suffisamment de résultats et tout le monde en pâtira. Et je reviens sur la question de ce qu'on fait à l'échelle nationale. Et ça fera peut-être la transition avec notre sujet d'après. On est en train de parler de budget en ce moment à l'Assemblée nationale.

Quand on défend les usines, quand on défend les salariés en difficulté, quand on prétend vouloir maintenir des moyens de production sur le sol français, on n'impose pas via des votes aberrants à l'Assemblée nationale des milliards ou des dizaines de milliards d'euros de taxes supplémentaires pour ces entreprises. Et il y a quand même un cynisme sans vouloir faire de politique politicienne, mais je dis ce que j'observe.

Il y a un cynisme qui moi me frappe et me choque entre les discours publics de la France Insoumise et du Rassemblement National qui se prétendent les grands sauveurs de ces salariés et de ces ouvriers et leur vote une fois dans l'hémicycle avec 35 milliards d'euros d'impôts supplémentaires qui viendront affaiblir profondément leurs moyens de production et leurs usines. Quand on aime l'industrie et quand on la défend, on ne l'asphyxie pas avec des impôts supplémentaires.

16:57
Présentateur

Maude Bréjean, vous avez dit et on va en parler du budget, mais avant cela, on est dans une séquence d'actualité et elle est en train de tomber. Emmanuel Macron vient d'évoquer l'attaque à Sydney, une attaque qui, c'est les derniers chiffres, a fait 12 morts, 29 personnes ont été transportées à l'hôpital pendant une fête juive sur la plage de Bondy. Emmanuel Macron, le chef de l'État, parle d'une attaque terroriste et antisémite. Quelle est la réaction du gouvernement ?

17:23
Maud Bregeon

Le gouvernement, comme le président de la République, partage la très grande émotion de nos amis australiens. On a évidemment une pensée pour les victimes, on a évidemment une pensée pour leur famille. Ce qui s'est passé est insupportable et le caractère terroriste qui semblait évident mais qui a été très récemment confirmé et antisémite et antisémite doit évidemment tous nous mobiliser. Ça fait écho à ce qu'on vit en France, ça fait écho à des drames, à des attentats antisémites, à des attaques antisémites dont le nombre n'a fait que croître ces dernières années. Et donc, face à ce fléau de France à l'Australie, nous devons, encore une fois, parler d'une même voie et agir dans le même sens.

18:12
Présentateur

Retour en France. À présent, avec le budget, le feuilleton continue mais le gouvernement approche de la date butoir. C'est la fin de l'année. Alors, à l'Assemblée mardi dernier, il s'est quand même passé quelque chose d'assez exceptionnel. Le budget de la Sécurité sociale a été adopté sans majorité absolue, 149,3 à 13 voix près, donc de justesse. Le vote définitif, ce sera mardi. Est-ce que vous retenez votre souffle ?

18:35
Maud Bregeon

Ma première réaction quand j'ai vu le résultat de ce vote, ça a été mais qui l'eût cru ? Ça fait trois ans que je suis élue à l'Assemblée nationale, je n'ai jamais eu l'occasion de voter sur un projet de loi de finances que ce soit pour la Sécurité sociale ou que ce soit pour l'État. Quand Sébastien Lecornu a été nommé et quand j'ai été nommée porte-parole du gouvernement, je n'ai pas croisé un seul responsable politique, un seul commentateur, observateur, journaliste qui misait un euro sur le vote positif d'un projet de loi de finances pour la Sécurité sociale et pourtant, on y est arrivé.

et je suis rentrée moi-hier dans ma circonscription, j'ai croisé des gens qui, pour une fois, m'ont dit du bien de ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale, de la capacité qu'on a eue à gauche comme à droite à faire un pas vers l'autre, à trouver des compromis. Je pense que c'est positif et je vais même aller plus loin. Je pense qu'il restera quelque chose de ce moment au-delà du débat budgétaire quand on se projettera en 2027 et pour après. cette capacité qu'enfin on a eue à dialoguer malgré nos différences doit perdurer dans l'avenir parce que c'est un changement de culture politique qu'on attend depuis longtemps.

19:49
Invité

On vous entend sur la forme mais quand vous dites qu'il eut cru ce budget c'est quand même une dérive des comptes de la Sécurité sociale ce sont des dépenses sociales en hausse le défi de la Sécurité sociale qui va grimper à près de 20 milliards on dépasse vraiment de loin les 17 milliards de la copie initiale est-ce que dans le contexte budgétaire c'est pas tout simplement

20:08
Maud Bregeon

de la folie ? De combien a été le déficit de la Sécurité sociale l'année dernière ?

23 milliards on va attendre un déficit inférieur à 20 milliards et donc c'est 24 milliards dans le fait vous avez fait un petit jeu comptable on arrive à réserver non on n'a pas fait de jeu comptable il y a eu un transfert il y a eu un transfert pour être précis merci à l'essentiel l'Etat rend à la Sécurité sociale ce qui lui est dû ni plus ni moins donc ce déficit commence à décroître et par ailleurs quand vous regardez le volume d'économie le volume d'économie réalisé dans ce budget de la Sécurité sociale est plus important que sur les trois derniers budgets donc on avance et ce budget je le dis n'est ni dégradé ni dégradant si j'avais été députée je l'aurais voté bien que j'ai été fermement opposée et que je suis toujours philosophiquement opposée à la suspension de la réforme des retraites non justement je pense que c'était un projet de compromis nécessaire

21:00
Invité

je vous rappelle vos paroles sur TF1 il n'y a pas si longtemps en octobre la suspension de la réforme des retraites serait absolument dramatique pour les générations futures et pour le maintien de notre système de retraite par répartition comment vous pouvez dire qu'il y a au fond une avancée démocratique et un résultat positif quand vous avez soutenu

21:19
Maud Bregeon

cette thèse là je ne défends pas la suspension de la réforme des retraites le premier ministre n'a pas défendu la suspension de la réforme des retraites pardonnez-moi et ce n'est pas nous qui l'avons demandé c'était le prix du compromis alors on peut estimer qu'on aurait dû camper sur nos positions et faire comme si on avait 350 députés mais pour ça il aurait fallu gagner les élections après la dissolution et il ne me semble pas qu'on ait gagné les élections après la dissolution donc on a fait avec l'Assemblée nationale que les français ont choisi et par ailleurs quel était le plan B s'il n'y avait pas eu de budget de la sécurité sociale de voter le déficit l'année prochaine aurait avoisiné pardonnez-moi les 30 milliards d'euros 10 milliards de plus que le déficit qui sera le cas l'année prochaine 10 milliards d'euros donc c'était un vote à 10 milliards d'euros et moi je pense qu'une majorité absolue de députés a préféré l'ordre au désordre et a préféré faire baisser le déficit plutôt que le voir augmenter est-ce que c'est fait mardi ?

non un vote

22:15
Présentateur

n'est jamais fait d'avance vous êtes sereine ou bien vous comptez les voix parce qu'il y a vraiment beaucoup d'appels en direction des écologistes notamment de la part de LFI pour dire que c'est Éric Coquerel qui dit qu'il espère que certains à gauche

22:27
Maud Bregeon

changeront leur vote les opérations de déstabilisation de la France insoumise à l'encontre du parti socialiste et des écologistes notamment sont quotidiennes depuis plusieurs semaines et moi j'observe avec une forme de stupéfaction que la France insoumise ne se lève plus le matin en se demandant comment il va protéger les français il se lève le matin en se demandant comment ils vont entraver l'action des socialistes qui sont quand même devenus pour eux une obsession de tous les jours

22:55
Invité

Édouard Philippe qui fait pourtant partie du socle commun il a émis plus que des réserves une charge violente contre ce budget menaçant même un vote contre finalement les députés enfin il a demandé aux députés plutôt de s'abstenir mais vous avez compris les états d'âme d'un premier ministre qui fait partie encore aujourd'hui du socle commun c'est quand même assez affront renversé

23:20
Maud Bregeon

sur le fond la position d'Édouard Philippe n'était pas une grande surprise Édouard Philippe a dit plusieurs choses depuis la rentrée de septembre il a dit un qu'il faudrait un budget à la fin de l'année nous sommes d'accord là-dessus il a dit deux qu'il fallait réduire le déficit ça tombe bien nous le réduisons de 3 milliards par rapport à cette année et de 10 milliards par rapport à une absence éventuelle de budget de la sécurité sociale et ensuite qu'a-t-il dit il a dit qu'il était opposé à la suspension de la réforme des retraites mais enfin c'est pas un scoop et moi je vais vous dire sur le principe je suis aussi opposé à cette suspension si on avait une majorité absolue on ne l'aurait probablement pas fait mais là encore nous n'avons pas à gagner les élections et donc nous devons nous devons écouter les différents groupes et je constate que les différents groupes entre eux se sont écoutés les socialistes ont écouté les républicains les républicains ont écouté les macronistes et les macronistes ont écouté les socialistes c'était la seule voie de passage alors ça c'est

24:12
Présentateur

la sécurité sociale maintenant il y a un gros morceau on dit qu'il est encore plus gros c'est le budget de l'État le sénateur Bruno Retailleau ancien ministre dit au Figaro il ne pourra pas y avoir d'accord sur un budget qui augmenterait considérablement les impôts et ne réduirait pas significativement la dette apparemment Gérard Larcher le président du Sénat veut aussi des gestes en direction de la droite que pouvez-vous offrir à la droite sénatoriale après avoir offert la suspension des retraites à la gauche

24:37
Maud Bregeon

d'abord c'est sans doute la semaine la plus compliquée c'est la plus compliquée parce qu'en fin de semaine se tiendra ce qu'on appelle la commission mixte paritaire donc c'est un terme un peu technique pour dire qu'on va mettre dans une même pièce des sénateurs et des députés de tous les groupes 7 et 7 voilà et que ces sénateurs et ces députés vont devoir se parler pour trouver un accord donc c'est la semaine la plus compliquée parce que des gens qui n'ont aucune envie de se parler vont devoir le faire et parce que dans le cas présent parce que le gouvernement ne sera pas présent en commission mixte paritaire nous n'allons pas pouvoir le faire à leur place donc ça veut dire qu'en attendant vendredi

25:11
Présentateur

la date de cette CMP vous allez pouvoir négocier et offrir des choses transiger qu'est-ce que vous avez qu'est-ce qu'il y a

25:18
Maud Bregeon

je vais vous le dire autrement le gouvernement ne sera pas présent en commission mixte paritaire mais avant oui il y a quelques jours et donc les groupes parlementaires les présidents de groupes de l'Assemblée et du Sénat vont devoir se parler sans que le gouvernement ne soit l'intermédiaire l'Assemblée nationale ne pourra pas faire comme si le Sénat n'existe pas mais le Sénat ne devra pas faire comme si l'Assemblée nationale n'existait pas

25:41
Invité

mais quel intérêt pour les socialistes de voter un budget on le sait voter un budget c'est appartenir à une majorité il n'y a plus de sucré entre guillemets le sucré c'était la suspension de la réforme de retraite c'était dans le PLFSS il y a quoi de sucré pour les socialistes dans le projet de budget

25:53
Maud Bregeon

mais l'intérêt de voter un budget c'est pas un intérêt partisan c'est l'intérêt pour les français qui vont voir qui vont voir pardonnez-moi un certain nombre d'avancées bloquées si on n'a pas de budget au 31 décembre quand on parle pardonnez-moi on entend votre discours mais concrètement soyons concrets si vous ne donnez pas à gauche

26:11
Invité

vous donnez à droite

26:12
Maud Bregeon

qu'est-ce que vous pouvez donner ? c'est pas un discours on a eu un vote sur le budget de la défense 6,7 milliards d'euros de hausse de crédit pour les moyens désarmés l'année prochaine si on n'a pas de budget au 31 décembre ces crédits seront bloqués mon collègue Vincent Jeanbrun pardonnez-moi le ministre du logement qui parle de MaPrimeRénov qui a un plan de transition énergétique extrêmement important avec des crédits alloués l'année prochaine pour permettre aux gens de changer de moyens de production ces crédits seront bloqués si on n'a pas de budget l'année prochaine et donc c'est pour ça qu'il faut un budget c'est pas pour les beaux yeux d'Olivier Fort ou de Bruno Retailleau

26:46
Présentateur

vous voulez leur tordre le bras avec l'armée la prime Rénov là vous êtes en train d'essayer de pousser on a l'impression

26:52
Invité

que vous êtes en dehors de la discussion il y a quand même je pense que vous avez quand même un souhait est-ce que par exemple sur les impôts vous dites stop ou encore ? nous on sera là pour faciliter la discussion

26:59
Maud Bregeon

pour éclairer les débats mais sur la question fiscale par exemple est-ce que vous dites

27:04
Invité

on peut encore faire des concessions

27:06
Maud Bregeon

sur les augmentations d'impôts ? on a dit une chose très simple depuis le début tout ce qui touche aux entreprises à l'industrie à l'innovation et à la création d'emplois pour nous c'est niet maintenant encore une fois c'est les parlementaires qui sont souverains en revanche est-ce qu'on peut demander un peu plus à ceux qui le peuvent le plus ?

la réponse est oui la question de la contribution exceptionnelle pour les hauts revenus c'est nous qui l'avons mis dans le budget la question de l'impôt sur les sociétés du sur-impôt pour les sociétés qui touche 450 grandes entreprises et je vais même aller plus loin c'est Michel Barnier qui l'avait mis dans son budget l'année dernière donc il n'y aura pas de plus quand j'entends Gérard Larcher et Bruno Retailleau pour qui j'ai beaucoup de respect et même de l'amitié Bruno Retailleau a été mon collègue au gouvernement j'ai quand même envie de leur rappeler qu'encore une fois l'impôt sur les sociétés ça vient du budget Barnier que la contribution exceptionnelle pour les hauts revenus ça vient du budget Barnier qu'à l'époque on proposait même de geler l'indexation des retraites c'était un gouvernement pardonnez-moi c'était un gouvernement sous un premier ministre de droite et le nouvel impôt sur la fortune qui a été remanié au Sénat vous êtes pour ou pas ?

nous on a encore une fois donné un avis négatif à l'Assemblée nationale comme au Sénat parce qu'on estime que ce n'est pas la bonne voie et qu'avant par ailleurs de taxer des richesses il faut commencer par les produire mais tout ça encore une fois sera soumis à la discussion entre les parlementaires et aujourd'hui personne ne répond à cette question absolument majeure qu'est-ce qu'on veut mettre dans le budget pourquoi je vous dis ça ? parce que j'entends les uns et les autres nous appelés au 49.3 donc ça il n'y aura pas ou pas ? notre position n'a pas changé gravée dans le marbre notre position n'a pas changé nous n'utiliserons pas le 49.3 ni cette année ni l'année prochaine

28:43
Invité

mais pourquoi c'est intéressant ? ni cette année ni l'année prochaine ?

28:46
Maud Bregeon

vous vous projetez dans quelque chose qui me semble bien lointain moi ce que je vous dis c'est que nous nous n'utiliserons pas le 49.3 nous laisserons la commission exparitaire se dérouler j'espère vraiment vraiment qu'on arrivera à trouver un accord et quand je dis un accord c'est un accord qu'embarquent aussi les socialistes parce que là encore une fois on est sur des sujets qui sont un peu techniques mais quand bien même cette commission mixte paritaire arrive à déboucher sur un point d'accord il faut bien que les gens qui nous écoutent comprennent qu'ensuite cet accord doit être voté dans les deux chambres et donc il va falloir

29:20
Présentateur

l'abstention de la gauche des socialistes des écologistes des communistes

29:24
Maud Bregeon

que la droite sénatoriale accepte de discuter avec les socialistes de l'Assemblée nationale avec le groupe de Gabriel Attal avec Edouard Philippe avec Hervé Marseille ça semble quand même

29:35
Invité

un peu mal parti si pas d'accord c'est une loi spéciale

29:38
Maud Bregeon

alors la loi spéciale s'il n'y a pas d'accord je vais vous le dire autrement s'il n'y a pas d'accord et qu'on doit continuer le travail en janvier prochain il faudra effectivement une loi spéciale mais là encore soyons clairs pour les gens qui nous écoutent une loi spéciale c'est pas un budget une loi spéciale c'est ce qui vous permet à minima sans hausse de crédit mais à minima de faire fonctionner l'Etat c'est une forme de sparadrap un pont qui vous amène du 23 décembre au 5 janvier pour pouvoir poursuivre la discussion mais c'est en aucun cas un budget donc quand j'entends ceux qui disent on préfère une loi spéciale pas de budget c'est un non-sens une loi spéciale n'est pas un budget et quand bien même vous faites une loi spéciale vous devrez revenir en janvier pour discuter d'un budget

30:16
Invité

ça veut dire que Sébastien Lecornu va faire du François Bayrou il y a de fortes chances pour que ça se déroule comme ça on reprend les discussions en janvier

30:22
Maud Bregeon

d'abord François Bayrou c'est pas une critique non non mais c'était juste François Bayrou a fait bien ce qu'il a pu l'année dernière dans un contexte qui était difficile nous on espère et on fera tout pour permettre à cet accord de se faire là encore on nous disait c'est impossible sur le budget de la sécurité sociale ça a été possible une chance sur 10 ça a été possible parce que les parlementaires ont été responsables nous on ne veut plus on ne veut plus du désordre et des crises on veut arriver à trouver des points de consensus qui permettent à la France d'avancer avec un budget pour un an pour un an et ensuite il y aura les présidentielles ça n'engage pas les programmes des candidats potentiels ou déclarés ça n'engage pas le programme des partis ça permet juste au pays de tourner avec des avancées qui nous semblent importantes et qui semblent importantes aux parlementaires pour un an puis ensuite le temps de la campagne viendra on avance

31:15
Présentateur

on avance si vous voulez bien Maud Bréjon après les propos de Brigitte Macron qui a qualifié de sale con les militantes féministes ayant protesté contre les spectacles de l'humoriste Harry Habitant la plaignante pour la première fois a parlé au journal Le Monde alors elle confie je cite ces mots violents ravivent des souffrances profondes entendre aujourd'hui des paroles blessantes prononcées par la première dame censée œuvrer pour la cause des femmes me fait me sentir abandonnée votre première réaction Maud Bréjon ça a été qu'on laisse Brigitte Macron tranquille vous lui dites quoi aujourd'hui à cette jeune femme ?

31:48
Maud Bregeon

Je suis dans une position qui est j'espère que vous le comprendrez très compliquée parce qu'il y a eu une enquête et qu'il y a eu une décision de justice c'est donc une décision de justice qui a été un non-lieu on a vu face à ça un spectacle qui a été interrompu par des militantes féministes qui portent une cause qui est indéniablement noble mais qui de par leur acte venaient s'opposer à une décision de justice et là ça me pose problème pourquoi ça me pose problème ?

parce que je pense que le féminisme ne se pose pas à la justice le féminisme la lutte contre les violences faites aux femmes a intrinsèquement intrinsèquement besoin d'une justice forte et respectée pour pouvoir avancer et donc défendre la cause des femmes se battre contre les violences faites aux femmes ça ne peut pas passer par ignorer des décisions de justice

32:39
Invité

certes Harry Habitant a eu un non-lieu vous avez raison de le souligner et un non-lieu pardonnez-moi ça fait suite

32:45
Maud Bregeon

à une enquête

32:45
Invité

un non-lieu ça veut dire qu'il n'y a pas assez de preuves

32:48
Locuteur non identifié

de preuves et oui mais la présomption d'innocence c'est quoi ? la présomption d'innocence c'est quoi ? on ne va pas refaire

32:53
Invité

le procès pour le coup c'est vrai qu'il y a eu une décision de justice mais est-ce que c'est quand même un bon signe d'aller voir un spectacle quand la grande cause du quinquennat d'Emmanuel Macron c'est justement les violences faites aux femmes est-ce qu'il n'y avait pas autre chose à aller voir Fabrice Lucchini enfin les salles parisiennes il y a plein de bons spectacles

33:11
Maud Bregeon

enfin vous vous rendez compte de ce que vous êtes en train de véhiculer en disant ça vous êtes en train de dire au fond que malgré une décision de justice qui encore une fois a statué sur un non-lieu sur un non-lieu on devrait maintenir une forme de soupçon permanent et de présomption de culpabilité on ne peut pas fonctionner comme ça et ça vaut pardonnez-moi pour les non-lieux comme ça vaut pour ceux qui sont condamnés

33:37
Présentateur

là c'est la première dame est-ce que la première dame elle doit diviser ou rassembler c'est ça la question de faux on n'est pas sur une procédure on n'est pas en train de discuter d'une procédure on est en train de discuter de la première dame

33:48
Invité

prenons une première dame Bernadette Chirac

33:51
Maud Bregeon

mais enfin est-ce que Bernadette Chirac aurait fait ça et est-ce que Carla Bruni aurait fait ça enfin c'est quoi ces questions toutes les premières dames ne sont pas les mêmes et les époques ne sont pas les mêmes je ne sais pas pourquoi vous répondez à ça mais je n'évacue pas je vous dis que Brigitte Macron elle a eu elle a eu non mais elle a eu une parole j'aimerais bien qu'on parfois vous voir comment vous êtes dans des moments privés aussi j'imagine qu'on utilise tous des mots qui peuvent apparaître comme ça comme un peu déplacés et je le redis encore une fois il y a eu une décision de justice on ne peut pas balayer une décision de justice et on ne peut pas laisser entendre qu'au fond ce soupçon de culpabilité serait plus fort qu'une décision de justice parce qu'en faisant ça c'est l'institution judiciaire qu'on affaiblit et on se met toutes et tous toutes et tous en danger on a trop d'exemples trop d'exemples dans lesquels des responsables politiques et des commentateurs ont remis en cause la justice on a été nombreux à le déplorer et c'est tant mieux mais il faut qu'on fasse attention à ça

34:45
Présentateur

Maude Bréjean vous êtes l'invité de Questions Politiques il est l'heure de tenter de mieux vous connaître France Inter Alexandra Ben Saïd Questions Politiques C'est Alix Bouillaguet notre spécialiste des biographies et des archives qui va vous dévoiler

35:03
Maud Bregeon

Ma responsabilité comme porte-parole sera humblement de dire ce que nous faisons de rendre compte de répondre à vos questions même lorsqu'elles déplaisent de dire aussi parfois et ce n'est pas toujours l'habitude en politique que je ne sais pas

35:20
Invité

On vient de vous entendre c'était le 1er octobre J'étais très stressée

35:25
Maud Bregeon

c'était mon premier compte-rendu de conseil des ministres C'était justement

35:28
Invité

effectivement votre premier compte-rendu de conseil des ministres entrant que porte-parole du gouvernement et pourtant votre route politique elle n'était pas toute tracée puisque vous étiez jusqu'en 2022 ingénieur nucléaire chez EDF devenir porte-parole est-ce que c'était quand même une forme d'évidence pour vous en tout cas faire de la politique et sur le porte-parole votre marque de fabrique ça sera quoi ? C'est quoi ?

35:53
Maud Bregeon

Alors d'abord non je ne me suis pas je n'ai pas grandi en me disant que j'allais devenir ministre dans la vie je pense que peu de gens font ça et d'ailleurs c'est assez sain j'ai toujours été intéressée par la politique pour autant on en parlait dans la famille je n'ai pas fait d'études politiques parce que mon père me disait que faire une école d'ingénieurs c'était la sécurité de l'emploi et donc j'ai tracé cette route-là j'ai beaucoup appris dans l'industrie j'ai beaucoup appris dans le nucléaire et puis un jour au fond comme beaucoup de jeunes macronistes qui se sont lancés en 2016-2017 la politique m'a rattrapée et le président de la République moi je ne vous dis pas qu'on a tout réussi mais en revanche le renouvellement de la vie politique et le fait de permettre à des jeunes femmes de s'engager et d'être élues quand elles ont une trentaine d'années c'était quand même

36:40
Invité

assez nouveau je vais quand même un petit peu refaire le fil de votre parcours vous êtes née à Poitiers d'un milieu modeste votre mère était secrétaire dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile votre père a arrêté l'école à 14 ans pour devenir bûcheron puis éducateur spécialisé et puis enfin prof de sociologie à la fac ce sont des cathos de gauche et pourtant ils n'aiment pas quand je dis ça mais je le pense alors c'est moi qui peux me permettre de le dire à votre place et pourtant vous incarnez l'aile droite des macronistes pourquoi finalement ce contre-pied

37:12
Maud Bregeon

à vos origines c'est pas un contre-pied à mes origines on n'a pas toujours les mêmes idées et les mêmes sensibilités que ses parents d'abord j'ai beaucoup appris moi du parcours qui a été celui de mon père qui encore une fois a arrêté l'école très tôt et qui grâce à la méritocratie républicaine a pu petit à petit s'élever et donc je crois que ça ça a profondément apprégné mon parcours ensuite j'ai beaucoup appris de mes premiers pas dans le monde de l'entreprise qui ont un peu changé ma vision des choses mes parents ne travaillaient pas dans l'entreprise et donc cette découverte de l'industrie c'était pour moi complètement nouveau et puis au fond je crois que depuis que je suis petite je suis attachée à l'ordre voilà et donc je le porte encore aujourd'hui mais on n'a pas forcément le même voilà les mêmes avis que ses parents c'est assez normal

37:57
Invité

alors vous êtes donc attachée à l'ordre et quand on pense ordre on pense Nicolas Sarkozy Nicolas Sarkozy pour qui vous avez voté en 2012 et donc vous l'avez dit vous rejoignez ensuite Emmanuel Macron en 2016 après la primaire de la droite remportée par François Fillon on a le sentiment quand même que vous tournez casac assez vite imaginons si ça avait été Alain Juppé le grand gagnant de la primaire de la droite est-ce que vous seriez aujourd'hui resté à droite ?

38:23
Maud Bregeon

en tout cas si ça avait été Alain Juppé je ne sais pas très honnêtement je ne sais pas si j'aurais rejoint Emmanuel Macron parce que la victoire de François Fillon a été pour moi une ligne rouge comme on dit aujourd'hui parce que il faut imaginer que j'avais 26 ans que je n'avais jamais fait de politique je n'étais pas engagée chez LR je n'ai pas participé à la primaire de la droite mais ce que portait François Fillon et je le dis sans mépris aucun c'était pour moi l'image d'une France qui était un peu rabougrie voilà comment je le vivais à l'époque là où Emmanuel Macron Emmanuel Macron donnait de l'espoir donnait de l'élan nous donnait de la perspective et quand vous avez 26 ans vous avez probablement plus que jamais besoin de ça

39:04
Invité

vous dites effectivement Fillon c'est pas ma droite c'est pas ma France mais du coup on se demande c'est quoi votre droite ?

39:11
Maud Bregeon

parce que François Fillon portait à l'époque notamment un discours très dur sur les sujets sociétaux on venait de passer le mariage pour tous moi j'y ai toujours été extrêmement favorable il y a peut-être quelque chose d'un peu générationnel là-dedans je ne sais pas mais donc je me retrouvais pas tout simplement dans ce discours et encore une fois dans cette vision qui m'apparaissait comme étant un peu noire pour le pays

39:35
Invité

mais si Alain Juppé avait été le grand vainqueur vous seriez peut-être tristée

39:39
Maud Bregeon

avec Desci et Desmets on pourrait mettre Paris en bouteille j'aimais beaucoup Alain Juppé à l'époque j'étais en stage de fin d'études chez Thalès à Bordeaux il avait fait quelque chose de magnifique de la ville j'avais une très bonne image de lui mais enfin encore une fois avec Desci et Desmets c'est très dur de se prouffer dix ans avant

39:53
Invité

une dernière question vous êtes proche de Bruno Le Maire vous appréciez vous l'avez dit tout à l'heure Bruno Retailleau mais vous vous définissez avant tout comme Darmaniste du nom de votre mentor Gérald Darmanin est-ce que vous lui voyez un avenir présidentiel ?

40:09
Maud Bregeon

d'abord arrêtez d'essayer de me mettre dans des cases on n'est pas forcément Darmaniste, Philippiste vous êtes proche de Gérald Darmanin Retailliste enfin bon Gérald Darmanin est d'une part très bon ami à moi et je suis en grande partie en phase avec la vision du pays qui est la sienne parce que c'est quelqu'un qui est à la fois très ferme sur le régalien et qui en même temps est sensible aux thèses sociales et du fait de moi c'est un bon président ?

du fait d'où je viens c'est quelque chose auquel je suis extrêmement extrêmement attachée je ne sais pas si ce serait un bon président il ne m'a pas semblé qu'il était candidat à l'heure où on parle en revanche c'est quelqu'un qui ça j'en suis certaine a beaucoup à apporter au pays et aura à compter et à faire entendre sa voix dans les temps à venir parce que plus que d'autres je pense qu'il il sent le pays moi je suis sensible aux gens qui n'ont pas grandi dans le 7ème arrondissement n'ont pas fait les grandes écoles n'ont pas fait Sciences Po n'ont pas fait l'ENA se sont un peu fait tout seul sont allés chercher des mandats dans des élections difficiles dans des territoires difficiles le nord de la France où l'ERN était historiquement très haut qui a fait baisser l'ERN dans sa ville de Turcoing dans son département dans son département du Nord et donc je ne sais pas si c'est un mentor parce que j'en arrive à un moment où je n'ai plus vraiment envie d'avoir de mentor mais en revanche c'est un modèle Maude Bréjon

41:28
Présentateur

avant d'être une femme politique vous êtes une ingénieure on vient d'en parler vous avez travaillé pour EDS spécialiste du nucléaire pour votre carte blanche vous avez choisi la sécurité vous avez choisi l'énergie

41:37
Maud Bregeon

avec quel message ?

avec deux messages d'abord j'ai été frappée dans des prises de parole que j'ai pu entendre ces dernières semaines de voir que la dualité entre les énergies renouvelables et le nucléaire était encore très tenace on a eu un moment à l'Assemblée nationale où une question au gouvernement posée par les écologistes demandait au Premier ministre de les rassurer quant à l'objectif maintenu de développement des énergies renouvelables et le Premier ministre les a rassurés et lors de la séance d'après on a eu une question d'un député UDR vous savez c'est le groupe d'Éric Ciotti allié au Rassemblement National qui fustigeait l'idée qu'on puisse continuer à développer les énergies renouvelables et du fait du parcours qui est le mien et de cette espèce de rationalité scientifique que j'essaie de porter dans le débat politique ça m'a encore une fois beaucoup interpellée parce que tous les rapports tous les rapports du GIEC et des différents scientifiques sont formels on a besoin des deux on a besoin de développer le renouvelable et on a besoin de développer le nucléaire à l'heure où je terminerai avec un chiffre 60% de l'énergie finale que l'on consomme en France provient encore du fossile et c'est constant ça veut dire qu'on n'arrive pas à diminuer ce chiffre et ça c'est mauvais pour le pouvoir d'achat c'est mauvais pour la planète et c'est mauvais pour la souveraineté

42:48
Présentateur

et nous sommes 10 ans après les accords de Paris et vous savez ce qui rassurerait beaucoup par exemple les industriels de la filière ça serait d'avoir justement la feuille de route de la France la fameuse la fameuse PPE qui dit alors je le dis pour les éditeurs donc qui raconte le mix qu'est-ce qu'on va faire sur le nucléaire sur l'éolien sur le solaire et que Sébastien Lecornu on l'attend depuis 3 ans Sébastien Lecornu l'a promis avant Noël d'ici Noël est-ce que vous allez tenir

43:12
Maud Bregeon

est-ce qu'il va tenir la promesse ma réponse elle est simple il faudra aboutir sur la programmation pluriannuelle de l'énergie votre réponse n'est pas précise en début d'année parce que vous ne m'avez pas laissé terminer ma phrase il faudra aboutir sur cette PPE en début d'année est sorti cette semaine un rapport absolument passionnant que je vous invite à lire c'est le rapport de RTE du réseau de transport d'électricité qui dit des choses très intéressantes et qui nécessite qu'on s'y penche probablement un peu avant d'actualiser la PPE ce rapport il dit essentiellement deux choses il en dit un peu plus mais je vais essayer de vulgariser il dit d'une part que cette stratégie d'électrification qui repose sur le renouvellement du réseau qui repose sur le développement des renouvelables et du nucléaire est la bonne et qu'elle va dans le bon sens qu'elle porte ses fruits mais ce rapport dit autre chose d'extrêmement important il dit qu'aujourd'hui l'enjeu ce n'est plus temps d'arriver en tout cas c'est presque moins de développer des nouveaux moyens de production que d'avoir une consommation suffisante en face je m'explique en matière d'électricité la production doit être égale à la consommation à tout moment

44:14
Présentateur

et là on produit trop d'électricité par rapport à notre consommation nous ne nous électrifions pas assez vite

44:18
Maud Bregeon

on développe des moyens de production il faut qu'on continue à le faire la durée de vie des centrales nucléaires doit augmenter on doit en construire d'autres on doit développer des nouveaux moyens de production à partir du renouvelable mais il faut aussi en face qu'on travaille à l'électrification et donc vous allez qu'est-ce que vous allez faire dans la PPE pour ça ?

ça c'est la décarbonation qu'on fait vis-à-vis de l'industrie avec tout ce dont on a parlé tout à l'heure c'est la question par exemple de MaPrimeRénov' de tous les moyens qui permettent aux gens de passer d'un véhicule thermique à un véhicule électrique de changer de moyens de chauffage c'est la question des transports et encore une fois c'est la question de l'industrie et donc ça ne tient pas uniquement à la PPE ça tient à toutes les politiques publiques qui permettent aux gens de changer de moyens de production et ça tient aussi

45:01
Invité

au prix de l'électricité parce que beaucoup disent en fait c'est vraiment une dépense contrainte qui pèse énormément dans le budget des ménages comment vous faites pour qu'au fond on ait envie de s'équiper en électricité ?

45:13
Maud Bregeon

Alors attention là-dessus parce que quand vous ne dépendez pas de l'électricité vous dépendez du fuel vous dépendez du pétrole et vous dépendez du gaz jusqu'à preuve du contraire la France n'a ni fuel ni pétrole ni gaz et donc ça crée un problème absolument majeur de dépendance géostratégique vis-à-vis de pays qui nous imposent leurs prix qui nous imposent leurs prix et on l'a vécu pendant la crise énergétique les conséquences sur les factures d'énergie des français ont été extrêmement importantes même si l'état a été présent en face donc ce que je veux dire c'est que si on ne si laisser penser que l'électricité serait plus coûteuse à terme pour les français est une erreur dépendre du pétrole qui provient du Moyen-Orient dépendre du gaz russe dépendre du gaz américain et dépendre du gaz

46:05
Invité

qui fait énormément son offensif là-dessus en disant le prix de l'électricité c'est trop important pour les budgets modestes

46:13
Présentateur

alors est-ce que vous êtes moi j'ai une question très précise pour continuer celle de Françoise est-ce que le gouvernement est en train de préparer une mesure pour faire baisser la facture d'électricité on se souvient quand même que le gouvernement Barnier est tombé sur le prix de l'énergie et notamment il y a deux façons il y a la façon recommandée par Jordan Bardella baisser la TVA à 5,5% ou alors la piste du Sénat taxer moins l'électricité et en compensation taxer plus le gaz est-ce que c'est votre piste ? il y a deux questions dans ma question

46:38
Maud Bregeon

alors sur la TVA ce n'est pas notre piste et pour une raison très simple c'est ce que ça coûte aux finances publiques on ne peut pas prétendre combattre le déficit d'un côté et en même temps faire comme s'il n'existait pas de l'autre en proposant une mesure qui pèse plusieurs dizaines de milliards d'euros de dépenses ou en tout cas de manque à gagner pour l'État sur la question posée par le Sénat est-ce que vous préparez une mesure ?

là en revanche pardonnez-moi là en revanche ce que propose le Sénat nous n'y sommes pas favorables mais ce n'est pas un débat inintéressant le Sénat dit baissons les taxes sur l'électricité et compensons par une légère augmentation des taxes sur le gaz avec une logique derrière qui se veut être une logique vertueuse disant l'électricité est décarbonée le gaz ne l'est pas bon sur le papier ça se regarde dans la réalité est-ce que vous voulez votre bréjou

47:28
Présentateur

est-ce que vous êtes en train de préparer quelque chose sur l'électricité ? dans la réalité

47:30
Maud Bregeon

je vais terminer il y a 12 millions de foyers qui se chauffent au gaz et donc leur expliquer que leurs factures vont augmenter pour que celles d'autres français puissent baisser ça me semble aujourd'hui inaudible quant à la question est-ce qu'on prépare quelque chose oui on réfléchit et Roland Lescur est missionné pour réfléchir à une mesure qui pourrait faire baisser la facture il y a en effet cette piste sur ce qu'on appelle la TICFE donc la taxe la taxe sur l'électricité pour la faire courte mais tout ça est encore à l'étude et donc ça fera partie des débats sur le projet de loi de finances de l'Etat

47:57
Présentateur

et nous en arrivons à 2027 la partie dirigée par Françoise Fresseuse une question qui sera au coeur du débat public et de la présidentielle dans deux ans Françoise alors

48:07
Invité

l'avenir du macronisme vous parliez de l'élan vous parliez de l'enthousiasme de 2017 et on voit bien quand même un délitement aujourd'hui est-ce qu'il y a encore une survie possible pour le bloc central ?

48:18
Maud Bregeon

oui j'en suis convaincue pourquoi ? et je pense que le bloc central ne sera victorieux en 2027 que s'il est uni j'aurais d'ailleurs dû utiliser l'expression commune désormais du socle commun je vais le dire plus simplement il faut un candidat unique de la droite et du centre en 2027 sans quoi tous les candidats potentiels ou déclarés pourront regarder le second tour depuis leur canapé alors comment on fait primaire ?

c'est à eux d'en discuter je n'ai pas d'avis définitif et tranché sur la primaire ce que j'aimerais d'abord c'est entendre une parole claire des uns et des autres l'objectif ce n'est pas de faire survivre des appareils partisans l'objectif c'est de faire gagner des idées il se trouve que ça fait un an et demi qu'on gouverne ensemble c'est bien la preuve qu'on a réussi à se retrouver sur l'essentiel sur les questions économiques sur les questions industrielles et même sur les questions régaliennes cette logique là doit impermativement perdurer sans quoi nous offrirons aux français un second tour entre monsieur Bardella et monsieur Mélenchon et nous serons jugés extrêmement durement par l'histoire et ceux qui auront refusé la dynamique unitaire et qui auront laissé ce choix là aux français entre l'extrême gauche et l'extrême droite seront jugés extrêmement durement par l'histoire

49:29
Invité

je ne sais pas s'il faut une primaire ou pas les sondages ça varie beaucoup qui est aujourd'hui à vos yeux le meilleur candidat de cette alliance entre macronistes et la droite aucun candidat

49:40
Maud Bregeon

aujourd'hui ne peut prétendre d'y arriver seul donc chercher le meilleur candidat sans d'abord avoir travaillé à une dynamique d'union ça n'a pas de sens il faut impérativement qu'on arrive à un candidat qui rassemble on le dit quand il n'y a pas de d'eux en fait qui rassemble du socle commun je vois bien les sondages et si je m'en tiens au sondage le mieux placé aujourd'hui c'est Edouard Philippe et moi j'ai beaucoup d'amitié et d'estime pour Edouard Philippe par ailleurs sa ligne politique me va plutôt bien mais j'alerte sur une chose si nous avons deux ou trois candidats quand bien même ils sont très compétents et très talentueux ça ne suffira pas et donc il faut que les uns et les autres se parlent et je constate qu'on est de plus en plus nombreux à porter ce discours là on parlait de Gérald Darmanin Gérald Darmanin le fait Laurent Wauquiez avec des bornes un peu différentes mais enfin parle quand même de rassemblement Aurore Berger le fait et un certain nombre de parlementaires et de députés commencent à prendre la parole pour le dire nos électeurs encore une fois nous demanderons de nous entendre

50:40
Invité

quand vous entendez Nicolas Sarkozy dire que Bardella lui fait un peu penser au RPR au temps de Chirac ou dire encore qu'il n'appellera pas un front républicain contre Marine Le Pen en cas de législatives anticipées est-ce que cela vous choque ?

50:55
Maud Bregeon

En tout cas moi je me souviens du Nicolas Sarkozy de 2007 et des européennes de 2009 qui mettait tout en oeuvre pour faire reculer l'extrême droite et qui avait d'ailleurs réussi à l'époque je pense que c'est ce que nous devons faire collectivement se rassembler pour faire reculer le rassemblement national et certainement pas lui servir de marche-pied j'ajoute une chose on parle beaucoup d'union des droites dans les médias depuis quelques mois de ça arrêtons je vous en conjure de reprendre cette expression de l'union des droites le rassemblement du rassemblement national et des républicains c'est pas l'union des droites c'est la soumission de la droite à l'extrême droite et c'est fondamentalement différent

51:36
Invité

en 2022 quand on vous interrogeait sur la mission du second mandat d'Emmanuel Macron vous aviez répondu à l'IB notre priorité est d'éviter que Le Pen soit à l'Elysée dans 4 ans ça semble à l'évidence mal parti

51:52
Maud Bregeon

moi je suis pas comment vous dire je ne vis pas dans le déni des résultats électoraux du rassemblement national depuis les législatives de 2022 les législatives de 2024 et entre temps les européennes de 2024 également cette dynamique elle est évidente et elle rend plus que jamais nécessaire encore une fois je le redis l'union de toutes celles et tous ceux qui à droite et au centre estiment que le projet que nous portons n'a rien à voir avec le projet de Mme Le Pen et de M. Bardella de ceux qui estiment que les valeurs que nous portons n'ont rien à voir avec celles de Mme Le Pen et de M.

Bardella et donc il nous reste un an et demi pour construire nous sommes en train de le faire au gouvernement avec Sébastien Lecornu et nous devrons le faire demain avec tous les partis qui composent le socle commun

52:44
Présentateur

et nous il nous reste une minute et demie avant la fin de cette émission Maud Bréjean je vous propose de passer au vrai ou faux une phrase d'explication maximum il y en a pas mal pas de questions donc pas de nuances au plus près de la vérité vous êtes prête politiquement Sébastien Lecornu est plus habile que Michel Barnier vous étiez porte-parole des deux vous êtes porte-parole du premier vrai ou faux

53:05
Maud Bregeon

deux contextes différents mais en tout état de cause pour le moment Sébastien s'en sort très bien

53:10
Présentateur

le personnage principal de la pub virale d'Intermarché est un renard vrai ou faux faux c'est un loup c'est une bonne idée de supprimer le carrément le 49.3 vrai ou faux faux Rachida Dati serait une très bonne mère de Paris vrai ou faux vrai vous utilisez régulièrement une intelligence artificielle vrai ou faux faux le front républicain face au rassemblement national ça ne sert plus à rien vrai ou faux faux Gérald Darmanin ferait un bon président de la république vrai ou faux s'il était candidat probablement vrai Nicolas Sarkozy a raison de comparer sa condamnation à l'affaire Dreyfus vrai ou faux faux tout le monde écrit des livres politiques vous-même vous avez déjà gardé quelques notes vrai ou faux faux il faut rouvrir les maisons clos en France j'ai gardé des notes

53:55
Maud Bregeon

quand même des maisons clos non certainement pas vous avez menti pendant ce vrai ou faux faux

54:00
Présentateur

bien sûr il faut simplifier la route et supprimer les feux rouges les lignes blanches et les panneaux de signalisation comme le préconise Louis Sarkozy vrai ou faux faux mais alors vous vous rendez compte où on en est dans les débats quand même merci Maude Bréjon d'avoir répondu à nos questions politiques merci à toutes les équipes de cette émission auditeurs auditrices téléspectateurs téléspectatrices rendez-vous la semaine prochaine