Tout le monde déteste Macron (même les artistes)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:06InvitéFait
« À partir du 25 août, la loi européenne va s'appliquer à ces plateformes. C'est-à-dire que lorsqu'il y aura des contenus haineux, des contenus qui appellent par exemple à la révolte, qui appellent également à tuer, parce qu'on l'a vu aussi, des individus. »
- 13:39PrésentateurFait
« Son avocat, Yacine Bouzerou, a annoncé qu'il portera plainte pour, je cite, « dénoncer ces violences graves ». »
- 14:24PrésentateurFait
« Un appel à manifester en soutien aux policiers tueurs de Noël a été lancé pour ce mercredi 12 juillet par l'extrême droite. »
Temps de parole
- Présentateur84 %
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≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Le Média. Nous sommes le lundi 10 juillet 2023. Dans deux jours, puisque l'examen a été repoussé d'une semaine, l'Arcom se prononcera enfin sur notre dossier de conventionnement, ce qui marque une étape déterminante pour que Le Média puisse passer d'une chaîne YouTube à une chaîne véritablement télévisée. Nous sommes donc dans la dernière ligne droite et nous avons plus que jamais besoin de vous. Vous êtes plus de 50 000 déjà à avoir signé notre pétition sur notre site. Continuez. Dans cette nouvelle vidéo, qui est votre flash d'infos quotidien, nous allons passer en revue plusieurs actualités.
Les annonces d'Elizabeth Borne hier dans Le Parisien pour tenter de retourner le rapport de force en faveur du gouvernement. La manifestation du comité Adama Traoré interdite ce samedi, mais qui a quand même eu lieu à Paris le même jour. Mais avant ça, je vous propose mon édito qui revient sur la haine anti-Macron qui enfle partout au point de devenir mainstream. C'est une courte vidéo qui fait le buzz ce matin sur Twitter. On y voit Emmanuel Macron caricaturé en marionnettiste manipulant des personnes se jetant dans le vide. Une vidéo projetée sur écran géant lors d'un concert du groupe français Chaka Punk.
Une séquence dont certaines voix se sont élevées ces dernières heures pour dénoncer une caricature reprenant les codes de l'antisémitisme. Critique qui revient souvent au sujet des caricatures visant le président Macron. Cette vidéo date du 25 juin dernier, filmée au Solidays, le festival à Paris, et ce clip grimant Macron a été projeté durant tout leur concert précédent. Mais alors pourquoi buzz-t-il sur Twitter seulement aujourd'hui ? La raison est toute simple, c'est le temps médiatique, jusqu'il y a peu, occupé par les révoltes consécutives à la mort du jeune Naël.
Il y a 4 jours, le 6 juillet dernier, c'était la chanteuse pop Isia Higelin qui défrayait la chronique après un concert donné à Beaulieu-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes. Concert durant lequel, entre deux chansons, elle s'était imaginée transformer le président Macron en piñata géante.
Et ça n'a pas manqué.
Certains éditorialistes, passe-plats et autres chiens de garde l'ont copieusement insulté de folle, d'hystérique et même de possédé d'un délire satanique. Rien que ça.
Minima, donc vous dites qu'elle est complètement possédée, enfin dans un délire satanique, il faut voir la vidéo quand même.
Le maire LR de la ville où a eu lieu le concert, Roger Roux, a même déclaré, je cite, « Je n'arrive pas à y croire, on se croirait à un meeting de la France insoumise ». Pas sûr que M. Roux ait été une seule fois dans sa vie à un meeting insoumis, mais le moment est à ne jamais manquer la moindre occasion pour leur taper dessus. Tandis qu'enfin, le parquet de Nice a ouvert une enquête contre la chanteuse pour, je cite, « provocation publique à commettre un délit ou un crime ». Aussi, le soir même du concert, les gendarmes prévenus par des spectateurs ont tenté en vain de mettre la main sur l'artiste à l'abri dans son tourbus dont l'accès est légalement protégé.
Alors oui, la séquence, d'autant plus isolée comme ça hors du contexte du concert qui peut être un moment enivrant, peut paraître violente. Les propos disaient le son, mais ne serait-il pas sain, avant de vouloir condamner, réprimer, écraser, de chercher à comprendre pourquoi cette haine du président Macron enfle dans la société chaque année un peu plus, au point de devenir mainstream. Et plus le temps passe, plus les exemples s'accumulent. Le 24 juin dernier, lors de la Grande Pride parisienne, s'était exprimé des propos anti-Macron sur scène.
Et même que la foule s'était enjaillée sur un son techno signé Majest, reprenant une séquence désormais culte d'une gilet jaune en colère contre le président. J'y étais, regardez. Un son qui cumule plus d'un demi-million de vues sur la chaîne YouTube du groupe, acclamé par des centaines de commentaires. Plus tôt encore, en août 2022, c'était l'artiste franco-étasunien Marc Rebillet qui avait insulté Emmanuel Macron sur scène lors d'un festival électro au Touquet. Tout le monde a besoin d'être remis à sa place de temps en temps, avait-il déclaré, avant de recommencer lors d'un nouveau concert quelques jours plus tard.
Enfin, et c'était aussi dans le cadre d'un concert organisé sous la Tour Eiffel le 22 juin dernier, la foule s'était mise à huer le nom du président, prononcé là par la première ministre de la Barbade, avant de scander Macron d'émission. Ce qui faisait assez tâche à ce moment-là pour un événement organisé pour clôturer le sommet international pour un nouveau pacte financier mondial, se met voulu par Emmanuel Macron en personne ou étaient conviés les plus grands chefs d'État du monde.
Merci à le président Macron pour cette financement globale. Mes amis, mes amis, confiez-moi. Je veux que vous connaissez que l'un personne dans le G7 qui a apporté pour le planète a été le président Macron.
Et la liste des événements de ce type est longue, très longue. Un peu comme le sentiment de ces six années passées sous le règne de celui qui pense que le pays regrette son roi et des quatre années qu'il nous reste à tirer en sa compagnie politique qui se fait de plus en plus menaçante pour nos libertés individuelles, collectives et même pour notre intégrité physique tant sa police est toujours plus en roue libre. Mais ça, c'est une autre histoire. Je vous parlais de libertés individuelles et collectives. C'est Thierry Breton, le commissaire européen, qui nous offre là la parfaite illustration avec une annonce ce matin sur France Info.
À partir du 25 août, la loi européenne va s'appliquer à ces plateformes. C'est-à-dire que lorsqu'il y aura des contenus haineux, des contenus qui appellent par exemple à la révolte, qui appellent également à tuer, parce qu'on l'a vu aussi, des individus. Ou à brûler des voitures. Ou à brûler des voitures. Elles auront l'obligation dans l'instant de les effacer. Si elles ne le font pas, elles seront immédiatement sanctionnées. On a des équipes qui vont intervenir immédiatement. Si elles n'agissent pas immédiatement, alors oui, on pourra à ce moment-là, non seulement donner une amende, mais interdire l'exploitation sur notre territoire.
Alors que la France sera le nez dans les grandes vacances d'été, c'est une sorte de retour de la défunte loi Avia, qui déjà en 2020 souhaitait s'attaquer au contenu dit haineux en ligne, mais cette fois-ci dans une version dopée et musclée suite aux dernières émeutes, révoltes urbaines et autres événements venant ébranler le pouvoir exécutif dans sa toute puissance. Et puisque la dernière fois ça n'avait pas fonctionné, le texte s'étant heurté au Conseil constitutionnel, c'est par la législation européenne que son retour tente de s'opérer et ainsi de s'imposer dans la législation française.
Cela entre évidemment en écho avec les déclarations pour le moins perturbantes du président Macron le 4 juillet dernier, qui évoquaient l'idée, depuis confirmée par Véran puis Borne, de bloquer les réseaux sociaux en cas de crise. Condamnés, les appels au meurtre ou à la haine xénophobe, par exemple, sont déjà des crimes et délits punis par la loi.
Pousser la chose alors jusqu'à déléguer aux plateformes essentiellement états-uniennes le soin d'agir en amont de toute action judiciaire en supprimant des contenus revient à donner à Twitter, TikTok ou encore Facebook un rôle lourd de conséquences et pose nombre de questions dont les premières réponses donnent à voir une démocratie libérale française qui s'effrite, ressemblant toujours plus à ce qui se fait en Turquie ou en Chine. Pas certain que ce soit là la meilleure des méthodes pour retrouver le calme dont le gouvernement nous fait l'injonction du retour depuis des jours. Ce week-end a été également politique.
Au-delà des polémiques effarouchées, Elisabeth Borne a en effet accordé un long entretien aux Parisiens paru hier dimanche 9 juillet. Alors que les 13 et 14 juillet sont dans tous les esprits, après les révoltes urbaines de ces derniers jours, la Première ministre a d'emblée annoncé des moyens massifs pour, je cite, « protéger les Français ». Tandis que les 100 jours pour apaiser arrivent à leur fin cette semaine, avec pour point d'orgue le fameux 14 juillet, il faut dire que le compte n'y est pas vraiment. Même si la Première ministre se refuse de l'admettre, le pays paraît plus divisé et les tensions plus électriques que jamais.
La Première ministre apparaissait de son côté grandement fragilisée et des rumeurs de remaniement couraient ça et là. Dans les colonnes du Parisien ce dimanche, Parisien détenu par Bernard Arnault, la chef du gouvernement a donc pu soigner sa com et tenter de renverser le rapport de force à coups de chiffres et d'éléments de langage. Les émeutes et révoltes urbaines ont donc été le premier sujet abordé et la question des sanctions aux familles d'émeutier a pu être rapidement mise sur la table. Elisabeth Borne a donc pu annoncer d'entrée de jeu des sanctions financières aux familles, je cite, « dès la première connerie » avec la création d'une amende spécifique.
Une petite phrase qui a tourné, vous l'avez vu, et qui a fait scandale dans l'opposition de gauche. Évidemment, au lieu d'avoir un regard critique sur la politique de la ville, du gouvernement, elle la défend, la Première ministre préfère s'en prendre, une fois n'est pas coutume, à la France insoumise. C'est plus pratique que d'admettre que la réforme de retraite fut un échec à tous les niveaux. Et ce n'est pas moi qui le dis, c'est le corps. Non, elle la défend, cette réforme, pour imposer l'idée de sa réussite et de la réussite des fameux 100 jours pour relancer le pays. On verra également si le projet de loi plein emploi continuera d'apaiser et de relancer le pays.
Ceci dit, les vacances d'été ne nous mettent pas à l'abri d'une petite section extraordinaire au Parlement dont le but de faire passer son projet de loi de casse sociale en douce pendant que tous les regards seraient tournés et seront tournés ailleurs. À la question du remaniement, de sa place à Matignon, ou encore de la légitimité de Marlène Schiappa, mise en cause dans l'énorme affaire du fonds Marianne, arresté au gouvernement, Elisabeth Borne botte en touche. Elle ne fait pas de commentaire, dit-elle. Pour finir, revenons sur le week-end de lutte où au moins 2000 personnes se sont rassemblées ce samedi à Paris pour les 7 ans de la mort d'Adama Traoré.
Malgré l'introduction de la préfecture de police de la marche initialement prévue dans le Val-d'Oise à Persans et à Beaumont-sur-Oise, Assa Traoré, figure du combat contre les violences policières, n'a pas souhaité en rester là et a donc appelé à un rassemblement Place de la République à Paris pour y dénoncer les violences et la discrimination dont sont victimes les quartiers populaires, mais aussi, ici, la censure du droit de manifester. Nos journalistes, Rémi Kenzo-Pagès et André Manévit, étaient présents et ont pu recueillir ses propos. On écoute.
On veut cacher nos morts. Nos morts ne peuvent même pas exister en étant morts. On veut cacher les violences policières. On veut cacher le déni de justice. On veut cacher le silence. Ne pas montrer une marche, une marche aujourd'hui où il y a tout le monde, où il y a les quartiers, où il y a les centres-villes, peu importe d'où ils viennent, peu importe ce que vous ne voulez pas montrer.
Une marche citoyenne, organisée dans le calme, comme chaque année, soutenue par de nombreux députés NUPES, essentiellement LFI et ELV, ainsi que par plus d'une centaine d'organisations, dont la LDH, Attaque, Greenpeace, la CGT, Amnesty, etc., pour ne citer qu'eux. Des sommations policières pour évacuer la place ont vite été prononcées. Un cortège rapide, car non autorisé, s'est élancé sur le boulevard Magenta, sans bien aller loin, pour, je cite, je cite Assa Traoré ici, avoir le dernier mot, avant d'appeler eux-mêmes à la dispersion.
L'image qui a marqué cet événement est celle de l'arrestation plus que musclée de Youssoufou Traoré, avec les mêmes méthodes qui ont ôté la vie de son frère Adama en 2016. Une vidéo, filmée par le street reporter Amar Tehawali, montre la violence disproportionnée des agents de la Brabem, notamment contre cette femme, cette jeune femme, jetée gratuitement au sol, et contre des journalistes, par exemple Clément Lanneau, dont un policier, se saisit de son appareil photo pour le projeter au sol.
Ces images,
elles ont été partagées et visionnées des millions de fois depuis, notamment sur Twitter. Embarqué au commissariat du 5e arrondissement de Paris, Youssoufou Traoré en est ressorti sur un bracard des pompiers pour être hospitalisé. Sa garde à vue fut levée pendant son hospitalisation, durant laquelle des médecins ont pu constater, je cite, « une fracture du nez, un traumatisme crânien avec contusions oculaires, des contusions thoraciques, abdominales et lombaires ». Fin de citation. Son avocat, Yacine Bouzerou, a annoncé qu'il portera plainte pour, je cite, « dénoncer ces violences graves ».
Dans un communiqué diffusé ce dimanche sur les réseaux sociaux, une trentaine de signataires ont appelé à une nouvelle manifestation ce samedi 15 juillet en soutien au comité Adama pour réclamer justice. Aussi, une tribune signée par plus de 500 personnalités de tous horizons a été publiée dans Mediapart pour alerter des menaces d'interdiction de manifester ainsi que pour dénoncer des peines de prison ferme pour un vol de canette dans le cadre des révoltes urbaines suite au meurtre de Noël. Quel rapport avec Adama Traoré, vous allez me demander ?
Eh bien, l'équipe rédactrice de cette tribune a précisé, pendant la publication de la tribune, apporté son soutien à Yossoufou Traoré et au comité Adama suite aux événements de ce samedi. Pour finir, un appel à manifester en soutien aux policiers tueurs de Noël a été lancé pour ce mercredi 12 juillet par l'extrême droite. Gérald Darmanin et la préfecture de police de Paris, pourtant prompt à réagir non pour l'instant fait aucun commentaire. On ne lâchera jamais à lancer Assa Traoré ce samedi contre qui une procédure judiciaire pour organisation d'une manifestation non déclarée a été ouverte.
Le combat contre les violences policières qui n'existe pas aux justes du gouvernement macroniste et des droites n'est pas prêt de s'arrêter. Et voilà, c'est la fin de ce bulletin d'infos quotidien qui entre dans notre programmation d'été. Comme à chaque fin de saison, nous réduisons, vous le savez, quelque peu la voilure avec notamment la mise en pause de nos directs. Mais l'actualité ne s'arrête pas, alors nous non plus, nous allons continuer à vous fournir dans ces moments importants nos reportages, enquêtes, entretiens, plateaux d'analyse, de débats et de décryptage et ce, au quotidien.
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