Perquisitions au siège du RN: la prise de parole de Jordan Bardella en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Elle est parfaitement infondée. La justice le sait pertinemment puisqu'elle a accès par l'intermédiaire de la Commission nationale des comptes de campagne à l'intégralité des comptes de campagne du RN et de ses candidats depuis plusieurs années. L'intégralité des comptes de campagne de mon mouvement et de ses candidats ont été validés lors des élections qui sont précisément concernées par ces griefs. Nous n'avons non seulement rien à nous reprocher, mais la Commission nationale des comptes de campagne dispose déjà des différents justificatifs.
Donc je veux dire à nos électeurs et je veux dire aux Français qui nous regardent et qui nous écoutent ce soir que tout sera mis en œuvre pour nous empêcher d'arriver au pouvoir. Le harcèlement et l'acharnement judiciaire politique et financier que subit le RN est inédit sous la Vème République et aucun autre mouvement politique n'a subi un acharnement aussi dur et aussi violent. Les locaux du RN ont été perquisitionnés tout au long de la journée. L'intégralité des ordinateurs, des boîtes mail de mes collaborateurs ont été aspirés par les policiers de la brigade financière.
Ce soir, le RN n'a donc plus de secret pour personne puisque des magistrats ont décidé d'aspirer les données du premier parti d'opposition et je crois que ça pose un véritable problème. Est-ce que vous aviez des secrets jusqu'à présent ? — Mais nous n'avons rien à cacher. Je suis à la tête d'un mouvement politique qui, depuis sa création, est laserisé, étudié, regardé matin, midi et soir. Donc nous n'avons strictement rien à nous reprocher. Et permettez-moi quand même... — Il y a plus de 4 millions d'euros de somme indument perçue. — Non, on parle pas de cette affaire. Bon. Mais on pourra parler, si vous voulez, de cette affaire. J'ai aucune difficulté.
Et permettez-moi quand même de m'étonner de la concomitance de parution de ces différentes affaires. Depuis plusieurs années, les banques françaises refusent d'accorder des prêts au RN pour financer ces campagnes électorales. Par conséquent, nous avons été contraints de solliciter les Français qui, par des systèmes de prêts, des Français lambda, honnêtes, des braves gens, prêtent aux élections au RN par l'intermédiaire de conventions de prêts. Ce système de prêts, il est légal. Ce qu'on reproche à ces personnes-là est d'avoir prêté à plusieurs reprises au RN et de s'être par conséquent soustrait au rôle qui serait celui d'un établissement bancaire. Tout cela est invraisemblable.
Je vous le dis très honnêtement. Tout cela est invraisemblable. Et si l'objectif de cette procédure était simplement de bénéficier, de regarder les conventions de prêts, alors il suffisait soit de les demander au président du RN, soit simplement de se tourner vers la Commission nationale des comptes de campagne qui a fait l'objet de ce signalement.
Mais moi, je considère que cette procédure, elle avait d'autres buts que celle qui est précisément indiquée par les magistrats et que très certainement l'objectif de ces perquisitions que nous avons subies depuis ce matin visait très certainement à fouiller mon bureau, à fouiller les ordinateurs de mes collaborateurs et à aspirer l'intégralité des informations qui portent sur les activités électorales de notre mouvement.
Mais vous n'êtes pas sans savoir que les prêts des personnes physiques sont très encadrées depuis 2017. Ce qu'on appelle les prêts habituels auxquels je faisais référence sont illégaux, sont interdits. Est-ce que vous assumez d'y avoir une réponse ?
Alors pourquoi la Commission nationale des comptes de campagne a-t-elle validé à la fois mon compte de campagne des européennes, mais l'intégralité des comptes de campagne aux élections régionales, présidentielles, et en l'occurrence sur ce sujet aux élections législatives ? Donc on ne peut pas d'un côté valider des comptes de campagne et venir quelques années après expliquer que les prêts que nous avons consentis étaient illégaux. Mais soit on explique qu'un prêteur, qu'un particulier ne peut pas prêter à un mouvement politique, et à ce moment-là c'est inscrit noir sur blanc dans la loi.
Vous savez bien qu'il y a un flou juridique autour de cette notion, et que précisément la notion de prêteur régulier fait précisément l'objet d'une zone grise sur le plan juridique. Et si les prêts que nous avons consentis aux prêts de particuliers étaient illégaux, alors à ce moment-là il ne fallait pas valider les comptes de campagne. Or non seulement ces conventions de prêts ont été approuvées, non seulement nous avons fourni l'intégralité des justificatifs, mais en plus ces prêts et les comptes de campagne derrière ont été validés par la Commission nationale des comptes de campagne.
Donc on n'a rien à se reprocher, on est là dans une opération qui est une opération politique, qui vise non seulement à déstabiliser le Rassemblement national, mais également à l'empêcher de candidater aux prochaines élections, et évidemment à le mettre à mort sur le plan financier. Et donc je tiens à rassurer tout le monde, nous serons là quoi qu'il arrive, et nous serons là quoi qu'il arrive sur la grille de départ de la prochaine présidentielle, et rien ne pourra nous empêcher de représenter l'espoir aujourd'hui que portent des millions de Français au travers du vote et de leur suffrage pour le Rassemblement national.
Et on a un peu le sentiment que la France vit une dérive antidémocratique extrêmement inquiétante, qui me fait plus penser à un pays comme la Russie qu'à une grande démocratie digne de ce nom comme la France. Vous dénoncez une opération politique qui est derrière selon vous ? En tout cas, il y a une volonté réitérée de mettre à mort financièrement le Rassemblement national. Je laisse les Français qui nous écoutent ce soir en tirer les conclusions. Mais j'ai un peu le sentiment, comme beaucoup de Français ce soir, que dans la France d'Emmanuel Macron, mieux vaut être trafiquant de drogue qu'opposant politique. Ça veut dire que le pouvoir actuel est derrière l'opération que vous dénoncez ?
En tout cas, nous subissons depuis plusieurs mois et depuis plusieurs années un acharnement politique comme aucun autre mouvement politique ne subit un acharnement. Et encore une fois, rien ne justifie que l'intégralité des données, de la comptabilité, des fichiers de mon mouvement politique se retrouve ce soir entre les mains d'autorités tierces. Vous allez contester cette acquisition ? Nous allons protester, nous allons nous défendre comme nous l'avons toujours fait. Mais j'ai compris, comme beaucoup dans mon mouvement politique, que le combat judiciaire faisait partie du combat politique.
Et que je pratiquais une discipline où les règles étaient plus dures pour moi et pour nous qu'elles ne l'étaient pour les autres et pour mes opposants politiques. Merci à vous. Merci.
Jordan Bardella