Tomblaine : onze morts dans le crash d'un avion civil - 28/06
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir et bienvenue sur le plateau de BFM Grand Soir. On va évidemment continuer de parler de cet accident d'avion et de ce bilan dramatique. 11 morts, aucun survivant, 5 moniteurs de parachutisme, 5 élèves qui effectuaient donc un baptême. Un cycle pilote ont perdu la vie ce dimanche dans le crash de l'avion qui les transportait. C'était à Tomblaine, près de Nancy. L'appareil, vous le voyez ici à l'image, s'est écrasé. Quelques instants seulement après son décollage, le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd puisqu'il s'est écrasé à proximité d'une zone résidentielle et à proximité immédiate d'un lotissement et d'un supermarché.
On va retrouver tout de suite en direct de Tomblaine Nicolas Dumas. Bonsoir Nicolas. Une enquête ce soir est ouverte. Elle a été confiée au pôle collectif du Parquet de Paris. On va revenir avec vous sur les faits bien sûr, mais avant cela une question ce soir. Les corps des victimes ont-ils pu être extraits de l'appareil ? Il y a encore quelques corps des victimes puisque vous pouvez le voir au loin sur les images de Thomas Errico. On voit encore au moins un corbillard des pompes fumetres.
On en a vu déjà partir puisque les victimes sont restées dans la carcasse de cet avion le plus longtemps possible pour que les enquêteurs puissent prendre des photos notamment et des relevés autour de ce qu'il s'est passé. Et ce qu'il faut savoir c'est qu'il y a au total 11 victimes qui doivent être extraits de cette scène. Il y a notamment les constatations des autorités qui sont toujours en cours. Elles sont confiées au parquet de Paris et le BEA est également présent. De sources nous ont dit que l'enquête du BEA va durer plusieurs jours ici pour pouvoir extraire les moindres données possibles pour pouvoir connaître les raisons de cet accident.
Merci beaucoup Nicolas Dumas avec Thomas Errico. L'avion, on le disait, s'est écrasé dans une zone résidentielle entre la route et la piste cyclable à quelques mètres seulement d'un supermarché. Il y a donc de nombreux témoins et parmi eux, John. Vous allez l'entendre, John était dans son jardin lorsqu'il a entendu le moteur de l'avion se couper. Et puis, un grand boum. On l'écoute et on en parle juste après.
On était dehors avec mon fils et on a entendu qu'il passait assez près. Je pense qu'il était au décollage parce que c'est le sens où il décolle. Et d'un coup, il n'y a plus eu de bruit moteur. Et tout de suite derrière, on a entendu un gros boum. J'ai pris mon fils, on a été mort sur place. Et quand j'ai vu les dégâts sur place, en fait, il se trouvait que l'avion était tombé à terre. Malheureusement, il n'y avait pas de signe de vie des gens. Il se trouvait qu'il y avait deux personnes que j'ai vues à côté qui étaient éjectées de l'avion. Et à l'intérieur, on n'a pas pu s'approcher parce qu'on avait peur d'une explosion.
Et j'ai mis à l'abri mon fils et il y avait une ou deux personnes qui étaient à côté. Personne n'osait s'approcher de l'avion, en fait. Mais on ne voyait aucune personne qui donnait signe de vie. Et il s'est écrasé à moitié sur la route, à moitié sur la piste cyclable et à moitié dans l'herbe, en fait. Juste à côté de la route, mais il est à une vingtaine des habitations, en fait. Vingtaine de mètres. Et il passe au-dessus de chez nous assez régulièrement. Jean Serra, ce témoignage, il va être clé pour les enquêteurs. On l'imagine bien quand cet habitant nous dit qu'il y a un moteur qu'il n'entend plus à un moment donné. Qu'est-ce que cela nous dit et vers quoi ça peut orienter ? Exactement.
Cet après-midi, lorsqu'on a entendu pour la première fois ce témoignage, pour nous, ça a amené un éclairage extrêmement important. C'est-à-dire que l'avion vient juste de décoller. Il entend le bruit du moteur. Il voit que l'avion a décollé dans le sens normal de la piste. Et là, d'un seul coup, il n'entend plus le moteur. Et immédiatement après, il entend le bruit du crash. Donc, jusqu'à ce qu'on ait ce témoignage, on se disait qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce qu'ils ont perdu les commandes ? Est-ce qu'il y a eu un problème avec le fameux réglage dont on pourra parler, qu'on appelle le trim ou des choses comme ça ?
Il viendrait sur le trim, qui est une petite molette qui permet de stabiliser l'avion, c'est ça ? Je réexpliquerai tout ça. Mais là-dessus, quand on a entendu ce témoignage, on s'est dit, c'est beaucoup plus simple que ça. À peine il a décollé, il était arrivé à 30-40 mètres de hauteur par rapport au sol. Et là, d'un seul coup, plus de moteur. Et là, il a décroché. Ou est-ce que lui a essayé d'éviter la zone qui est très, très construite tout autour ? La zone résidentielle dont on parlait, une zone commerciale aussi. Une zone résidentielle, plus le grand supermarché qui est là, plus tout ça. Il a peut-être essayé de... Je vais essayer de me poser sur la route, quelque chose comme ça.
Et puis, ils ont décroché, ils sont partis et ils sont tombés.
Oui, parce qu'on parle d'un pilote, Laurent Valdiguier, plutôt expérimenté. On parle d'un pilote qui avait l'habitude de conduire ce type d'avion. Est-ce que dans ces cas-là, il y a quelque chose à faire ? Ou alors, ces quelques secondes, elles sont trop courtes ?
On a fait des calculs tout à l'heure avec Jean Serrat. C'est à peu près... S'il a fait 300 mètres en bout de piste, c'est à peu près une dizaine de secondes. C'est entre 10 et 20 secondes. Donc, ça va quand même assez vite. C'est vrai que ça m'a fait penser, en vous écoutant, à l'accident de Diane Barrière. En juillet 1995, elle est à bord d'un petit avion, alors qu'il y a deux hélices. C'est un Bichcraft et il n'y a pas d'essence. Le pilote est en panne d'essence. On sait que c'est une vraie panne d'essence. C'est l'enquête qui l'a déterminée. Pareil, il y a des gens dans une ferme qui voient un avion passer et puis tout d'un coup, qui entendent très bien le moteur s'arrêter.
Ça fait quand même du bruit, un avion sans moteur qui passe. Ça fait une espèce de bruit. Ils sont allés les secourir. Paradoxalement, c'est que l'avion de Diane Barrière, il n'avait pas d'essence. Il n'y avait zéro essence. Mais en revanche, quand il s'est craché, il y a eu la combustion de l'huile du moteur. Donc, il y a eu un incendie. Là, c'est vrai que quand on voit cet avion... Il n'y a pas d'infondi, il n'y a pas de flammes. Ça fait dix fois en coulisses que je pose la question à Jean Serra. Mais enfin, Jean, pourquoi, alors que l'avion est censé être plein de carburant, pourquoi il n'explose pas ? Pourquoi il n'y a pas de flammes ? Pourquoi il n'y a pas de feu ?
Pourquoi il n'y a pas d'incendie ? Ça aussi, ça fera partie de l'enquête. En fait, on dit l'enquête, il y en a deux enquêtes. Il y a l'enquête du bureau d'accident. Ça, c'est une enquête technique qui va devoir dire quelle est la cause de la panne. Est-ce que c'est une panne, une casse, une défaillance du pilote ? Et puis, il y a les gendarmes des transports aériens qui, eux, vont donner le volet pénal. Le volet pénal, c'est est-ce qu'il y a eu une faute pénale ? Alors, la faute pénale, le pilote, il est décédé, donc il ne sera jamais poursuivi. Mais il peut y avoir des fautes pénales en amont, notamment dans l'entretien et la réparation de l'avion.
Est-ce qu'il y a des petits boîtiers d'enregistrement, des boîtes noires comme dans les gros appareils ?
Non, sur ces petits avions, ça serait trop simple. Parce que pourtant, ces petits avions, souvent, ils ont des incidents. Et malheureusement, la législation ne les oblige pas à voir comment les bus, parce que les bus, c'est les cars qui transportent des passagers, ils en ont des enregistreurs. Ceux-là, ils n'ont pas de boîte noire. Donc, ceux-là, ça complique l'enquête qu'il n'y ait pas de boîte noire parce qu'ils vont devoir désausser le moteur. Ah oui, c'est les pièces de l'appareil qui vont parler, c'est ça ?
Et puis, c'est pour ça que les corps, ils ont mis toute la journée à désincarcérer, c'est l'expression, les corps de l'avion, de la carcasse de l'avion, parce qu'il ne faut toucher à rien dans la carcasse de l'avion. Parce que c'est cette carcasse de l'avion, quand elle va être expertisée, où il y a peut-être un petit détail.
Concrètement, on ne peut pas tronçonner la carcasse pour faire ça.
Il faut le faire méticuleusement pour justement essayer chaque pièce compte. C'est un puzzle. Je dirais même plus sur l'enquête. La première chose qu'ils font, c'est pour ça qu'on isole complètement la zone de crash, la première chose qu'ils vont faire, c'est prendre des photos de toutes les pièces qui sont réparties un peu partout, pour savoir au centimètre près où est-ce qu'elles sont, comment elles étaient réparties, pourquoi cette pièce est partie là-bas, celle-là ici, de manière à pouvoir analyser le crash, comment il s'est passé.
Vraiment, tout est analysé avant que l'on commence à toucher à la fois aux gens qui sont à l'intérieur, mais également ensuite ramener ces pièces dans un hangar, où là elles seront étudiées une par une pour voir si on avait respecté par exemple les butées d'utilisation qu'il y a. Il y a tendeur pour une pièce, au bout de tendeur, qu'elle soit de bonne qualité ou pas, vous devez la changer. Ils vont vérifier toutes ces choses-là. Bonsoir Michel Polacco, merci d'être avec nous. – Avant de parler des hypothèses, vous avez sans doute entendu ce témoignage de John, un mot sur cet appareil, le Pilatus. Vous l'avez, vous pilotez, si je ne me trompe pas.
Quelles sont les spécificités de cet appareil ? Peut-être même les difficultés ? – Non, je ne l'ai pas piloté, j'ai volé à bord plusieurs fois. – Ah, vous avez volé à bord, pardon. – Oui, absolument, j'ai volé à bord plusieurs fois, parce que c'est un avion qui a été utilisé dans les années 70 pour établir les liaisons aériennes d'Héralp entre Paris-le-Bourget, qui était à l'époque un grand aéroport de Paris, Charles de Gaulle n'existait pas, et les stations de sport d'hiver, de Courchevel, Mégeve, l'Alpe-du-Hez et Méribel. Donc j'ai inauguré toutes ces lignes, et donc j'ai volé pas mal sur ces avions.
Mais bon, ce sont des avions connus, robustes, on pourrait dire, on les appelle un peu les « jeeps de l'air ». Il n'y a jamais eu vraiment de soucis avec ces appareils-là. Maintenant, il y a eu quelques accidents qui, souvent, ont été dus à des mauvaises manœuvres ou à des mauvaises manipulations. Mais sinon, la turbine qui est dessus est une turbine extrêmement fiable, et la cellule est aussi quelque chose de très fiable. Ce n'est pas un avion de tourisme et de loisirs, c'est un petit avion de transport de passagers ou de travail aérien, qui peut faire des missions en montagne à très haute altitude.
C'est un avion qui a battu un record de posée en altitude à 8000 mètres, je crois, quelque chose comme ça, dans l'Himalaya, etc. Enfin, pour un avion, bien sûr. Donc voilà, c'est un avion connu, répertorié. Il a 60 ans, 65 ans, et on ne lui connaît pas de défauts majeurs.
Michel Polaco, ce sont des avions qui chargent des passagers, qui décollent, puis qui reviennent, qui chargent de nouveau des passagers, qui redécollent. Est-ce qu'on peut imaginer que ces rotations successives finissent par user, probablement, le moteur, ou user, en tout cas, l'appareil ?
Non, les rotations n'usent pas le moteur, ils n'usent pas l'appareil. En revanche, la Noria, c'est-à-dire la répétitivité du décollage, atterrissage, embarquement des parachutistes, décollage, atterrissage, embarquement des parachutistes, c'est quelque chose d'assez particulier, parce que, bon, ces avions, ils coûtent assez cher. Ils ont une turbine, ils consomment du carburant en grosse quantité, puisque c'est des turbines, et donc, si vous voulez, il faut qu'ils fassent un maximum de rotation dans l'heure.
Donc, les pilotes qui font ça, c'est des pilotes qui sont, je dirais, assez joufflus, qui se débrouillent pour décoller très vite, comme c'est un avion à décollage, atterrissage court, il décolle en 400-500 mètres, ensuite, ils montent très vite, parce que c'est des moteurs puissants, il y a 700 chevaux, 750 chevaux à l'avant de l'avion, et puis, dès qu'ils sont arrivés à 3-4 000 mètres, puisque je crois que là, c'était le but avec les stagiaires parachutistes, ils larguent leurs paras, et badaboum, ils redescendent, moteur tout réduit, à toute vitesse, ils se posent, ils réembarquent des passagers, etc.
Cela dit, de temps en temps, il faut quand même s'arrêter vraiment, faire un avitaillement en carburant, regarder les niveaux, les températures, etc. Enfin, il faut faire un petit entretien de temps en temps, et quand on a fait une heure ou une heure et demie de rotation, généralement, il faut mettre du carburant, et surtout s'assurer qu'on utilise le bon réservoir, c'est-à-dire des réservoirs qui ne sont pas coupés. Alors, est-ce que cet avion a décollé avec un réservoir de carburant plein qui était coupé, ou avec un réservoir qui était sélectionné et qui était un réservoir vide ? Je ne sais pas. Est-ce que c'est vraiment une panne de la turbine au décollage ?
Ce qui est surprenant, c'est que si la turbine s'est arrêtée dans la phase initiale de décollage, chose que je fais en exercice assez souvent avec des pilotes en formation, eh bien, dans ces cas-là, on pousse sur le manche très rapidement, et on essaye de se poser droit devant. Or, apparemment, on n'a pas véritablement perçu une manœuvre du pilote. On a l'impression que l'avion est allé un peu à volo, qu'il a décroché le Néo, et qu'ensuite, il a basculé sur le côté. Alors, est-ce que c'est lié à l'avion ? Est-ce que c'est lié à la manière dont il a été piloté ?
Est-ce que ça veut dire que les vitesses qui avaient été choisies, alors qu'il fait chaud, et que l'avion était très chargé, étaient insuffisantes, et qu'elles ne permettaient donc pas au pilote de reprendre la main ? Tout ça, on ne le sait pas.
L'enquête le déterminera, en tout cas.
Merci beaucoup, Michel Polacco.
Michel Polacco.
On va partir tout de suite retrouver Victor Pérez-Boucheron sur place à Tomblaine. Pourquoi ? Parce qu'il y a une cellule d'urgence médico-psychologique, bien évidemment, qui a été mise en place très vite. Et on se doute bien qu'il y a beaucoup d'émotions. Vous avez parlé à quelques personnes qui étaient dans cette cellule d'urgence médico-psychologique, Victor. Oui, exactement. Anne, parlons tout d'abord de l'émotion. Vous l'avez dit, nous avons pu discuter avec deux personnes, Hélène notamment, qui, elle, était dans le vol précédent, dans le vol d'hier. Elle a donc été baptisée dans cet avion.
Elle décrivait beaucoup d'aides, d'entraides, c'est-à-dire des moniteurs qui étaient derrière elle, qui l'accompagnaient, qui la faisaient rigoler, tout pour mettre dans de très bonnes conditions. Elle n'a pas du tout été choquée par une quelconque pièce manquante dans l'avion ou quoi que ce soit qui pourrait, eh bien, mettre en péril le vol. Et du coup, vous l'avez dit, sur le volet maintenant, de qu'est-ce qui va se passer dans les prochains jours, eh bien, une cellule, donc, d'écoute psychologique a été mise en place. Elle est fermée à cette heure-ci. Elle réouvrira donc demain.
conjointement également entre les mairies de Nancy et les mairies de Tomblen, eh bien, les deux maires ont décidé d'ouvrir des carnets de doléances qui seront donc remis aux familles à l'issue des obsèques. Et demain matin, au petit matin, le maire de Tomblen a prévu de rendre visite à tous les habitants de la rue Salvador Allende sur laquelle nous nous trouvons.
Merci, Victor, avec Jérémy, Paolini, Ludovic, Pingano, comme souvent lors des baptêmes de parachutisme, des proches viennent, filment, recueillent même les impressions. À la sortie, une fois au sol, ils étaient là, ils ont vu leurs amis, leurs familles mourir en direct. Aujourd'hui, pour eux, c'est terrible.
Oui, c'est terrible, c'est un moment festif. Il y a ceux qui décollent, qui vont sauter en parachute et il y a ceux qui sont en bas et qui profitent de la fête, qui profitent de ce moment intense et qui, effectivement, sont aussi là pour filmer leurs amis, leurs familles, leurs femmes, leurs maris quand il va descendre en parachute. Et imaginez la douleur, imaginez la sidération quand cet avion a dû se crasher. Ces gens sont là, ils assistent à ce drame et ils ne peuvent rien faire. Et ensuite, pour eux, c'est le vide complet. Ils ont absolument besoin d'être accompagnés par cette cellule d'urgence médico-psychologique. C'est indispensable.
On n'imagine pas une seule seconde qu'ils puissent rentrer chez eux comme ça, sans être accompagnés et ça va durer longtemps. Bonsoir, Mylène. Merci d'être avec nous. Vous avez fait, vous, votre baptême de parachute hier au même endroit, depuis le même avion, ce Pilatus. Tout d'abord, une première question. Dans quel état d'esprit vous êtes ? Puisqu'on le dit, vous avez volé juste quelques heures avant. Est-ce qu'on a la sensation d'être un peu parfois, pardonnez-moi l'expression, une miraculée ? Ben, bonsoir. Écoutez, sous le choc, effectivement, quand on a vu ça aujourd'hui.
Surtout parce qu'on se dit que la prise en charge, elle est juste incroyable du début à la fin et on ne s'imagine pas qu'un tel drame puisse arriver. miraculée, je ne dirais pas ça, mais on peut dire qu'on a eu sûrement une bonne étoile d'avoir pris cet avion la veille et pas aujourd'hui. Et on pense bien sûr à toutes les familles des victimes aujourd'hui.
Vous avez probablement sauté hier, Mylène, avec des moniteurs accompagnateurs qui peut-être aujourd'hui ont perdu la vie. Vous êtes monté, vous le disiez, dans cet avion. Est-ce qu'il vous est apparu étrange, bizarre ou alors totalement normal ? Vous ne vous êtes posé aucune question. Vous n'avez eu aucun doute sur la fiabilité de cet appareil ?
Non, vraiment aucun doute. Après, il faut dire qu'on est dans un état de stress où l'appréhension, c'est vraiment la chute en elle-même. Mais non, on n'a eu aucun bruit suspect. Le décollage s'est très bien passé, dans les airs également. Les moniteurs nous rassuraient tous les 1500 mètres. Ils nous donnaient l'information sur à quel niveau on était. C'était vraiment rien à dire au niveau de l'avion et de la prise en charge qu'il y a eu autour. Est-ce que vous recommenceriez ce saut bientôt, dans les prochains jours, les prochains mois peut-être ? Dans les prochains jours, peut-être pas. Parce qu'effectivement, il y a quand même un choc.
Mais en tout cas, s'il fallait re-sauter avec cette même équipe, ce même centre, je n'hésiterais pas. Parce que malgré ça, c'est vraiment des professionnels aguerris. Et c'est un accident rare, malheureusement mortel. Mais j'y retournerai, oui, s'il fallait.
Merci beaucoup, Mylène, pour votre témoignage ce soir. Après ce crash d'un appareil qui transportait 11 personnes, un pilote, 5 moniteurs et 5 élèves qui faisaient leur baptême de parachutisme. Encore de nombreuses zones d'ombre ce soir. On y reviendra évidemment. On y reviendra évidemment.