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ChroniqueSébastien Gobert· 5 septembre 2025 14 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalNumérique

Les milliers de volontaires colombiens combattant pour l'Ukraine

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Sébastien GobertFait
    « La diplomatie de Donald Trump sur ce sujet a échoué. »
  • 8:00Sébastien GobertFait
    « La Colombie est le seul pays du continent sud-américain qui a le statut de partenaire stratégique de l'OTAN. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Sures zones du front en Ukraine, on entend plus parler l'Ukrainien ou le russe, mais plutôt l'Espagnol et un espagnol avec un accent fortement marqué de Colombie. Les Colombiens sont devenus ces deux dernières années le premier contingent des combattants étrangers en Ukraine pour des raisons à la fois politiques mais aussi pratique. Ils soutiennent les forces armées ukrainiennes qui on le sait souffrent d'un manque cruel d'homme et cela avec des résultats assez tangibles.

Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où l'on parle du phénomène de recrutement de combattants étrangers qui prend de l'ampleur en Ukraine à un moment où les Européens n'en finissent plus d'hésiter déploiement de leurs troupes en Ukraine et sur ce que peuvent vouloir dire leur garantie de sécurité. Est-ce que ça vaut vraiment le coup que je m'étende sur la réunion de la coalition des volontaires hier à Paris le 4 septembre ? parce que en gros, j'ai vraiment l'impression que c'est encore une fois beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

Les Européens ont certes affirmé leur détermination et montrer leurs muscles, mais leur initiative ne va probablement déboucher sur rien. D'une part parce que il répètent à tout bout de champ que leur garantie de sécurité et notamment le déploiement éventuel de certains contingents européens en Ukraine comme une force de réassurance, ça ne peut se faire que après l'établissement d'un cesser le feu. Et ce cesser le feu, il n'arrivera pas.

On voit que la diplomatie de Donald Trump sur ce sujet a échoué et on voit que les Russes n'y ont aucun intérêt et que ça ne rentre de toutes les manière pas dans leur tradition de négociation qui est donc de négocier avec une méthode d'ultimatum. Ça c'est la fameuse méthode gros mico dont j'ai déjà beaucoup parlé sur cette chaîne. Et d'autre part parce que les Européens sont dépendants ou en tout cas se perçoivent comme dépendants de la bonne volonté de Donald Trump.

Et Donald Trump en ce moment, il est de très mauvaise humeur. Il a des problèmes sur le front intérieur avec des décisions de justice qui contrari sa politique douanière, mais lui doit aussi réaliser l'échec de sa diplomatie. Et ça, on le voit à travers ces messages d'adolescents frustrés sur ses réseaux sociaux, notamment sur son truth social comme celui-ci où on a vraiment l'impression d'un enfant dans la cours d'école qui vient de perdre deux copains ou en tout cas ce qu'il pensait être ses copains et qui constate juste avec amertume que ils s'en sont choisi un nouveau Xijingping. reste assez pathétique mais ça a des conséquences très pratiques et selon le tableoïde allemand build conversation d'hier donc jeudi 4 septembre à Paris entre les Européens Vladimir Zelenski d'une part et Donald Trump d'autre part s'est très mal passé puisque les Européens souhaitaient une assurance ferme que leur garantie de sécurité allait être soutenue d'une manière ou d'une autre par la Maison Blanche.

Donc que ce soit en assurant une partie de la défense aérienne de l'Ukraine ou une surveillance d'une partie du front. Mais en fait, Donald Trump se serait énervé contre eux en répétant que les Européens doivent faire plus, encore plus, que c'est leur guerre, que c'est leur problème et que lui-même n'a pas envie de rajouter des sanctions ce à quoi l'appelaient les Européens. Et là-dessus, si effectivement cette dispute téléphonique se confirmait, et bien on pourrait discerner ici les contours du piège que Vladimir Poutine attendu à Donald Trump, c'est-à-dire d'arriver avec des exigences maximalistes, mais de formuler ces exigences pour faire croire que ce sont les Ukrainiens et les Européens qui sont les seuls obstacles à la paix. puisque ils empêchent l'Ukraine de capituler.

Bon bref, voilà, sans vouloir trop en parler, j'ai quand même développé un peu tout ça pour dire que ce projet de la coalition des volontaires, il paraît quand même très bancal tout simplement parce que il repose sur la bonne volonté à la fois de Donald Trump mais aussi de Vladimir Poutine, deux acteurs qui ont démontré qu'il n'étaient pas là pour faciliter la vie de l'Ukraine ou des Européens. Et ça évidemment en disant ça c'est un euphémisme. Et je ne parle même pas ici de la déclaration de Vladimir Poutine selon laquelle les troupes européennes déployées en Ukraine serait des cibles légitimes.

Ça, j'ai envie de dire c'est une bonne guerre. C'est assez classique. C'est normal que le cremelin n'aime pas cette idée et qu'il la considère comme une ligne rouge à ne pas franchir.

Mais les lignes rouges du crémelin, on sait très bien ce qu'elles valent. Et en fait, elles deviennent petit à petit rose pâ jusqu'au moment où elles sont franchies sans provoquer de conséquences apocalyptiques. Et donc, j'ai envie de dire cette déclaration, on s'en fiche un peu.

Par contre, le fait que les Européens n'arrivent pas à imposer leurs propres initiatives de sécurité et de défense sur leur propre continent et que ce soit pour des bonnes ou des mauvaises raisons, ça c'est beaucoup plus préoccupant. Et là, je vous renvoie à cette déclaration du chancelier Mertz qu'il a fait aujourd'hui et qui est un constat d'un puissance criant, même si lui représente la 3e puissance économique du monde. Bon voilà, j'en termine là avec cette longue introduction sur les Européens qui parlent pendant des mois depuis le mois de février déjà pour à la fin décider de ne rien faire pour revenir sur le sujet des combattants étrangers et pour rappeler d'ors et déjà que au contraire des Européens, les Nord-Coréens ont beaucoup moins hésité et que leur intervention a été très résolue et que ce n'est potentiellement qu'un début.

Mais ça, évidemment, en parlant de la Corée du Nord, on parle d'un état qui envoie un contingent de son armée régulière pour se battre sur le terrain d'un autre état souverain. Et donc qui de facto a rejoint la Russie dans sa guerre contre les Ukrainiens et a déclaré la guerre donc de manière officieuse à l'Ukraine. Et ça, c'est un phénomène différent de celui des combattants étrangers qui sont donc des volontaires et qui se battent du côté ukrainien comme du côté russe.

Et ça depuis le premier jour de l'invasion généralisée, même avant puisque on avait déjà la présence de combattants étrangers des deux côtés de la ligne de front entre 2014 et 2022. À l'époque, c'était beaucoup de postes soviétiques, donc notamment beaucoup de Geéorgiens du côté de l'Ukraine et beaucoup d'Européens, des Polonais, des Allemands, des Français, des Finlandais. Mais entre 2014 et 2022, on parlait de quelques dizaines voire quelques centaines de combattants étrangers alors que dès le 24 février 2022, leur nombre a grossi immédiatement de plusieurs milliers.

Et du côté ukrainien, ils ont été intégrés avec plus ou moins de succès, que ce soit au sein de ce qu'on a appelé la légion internationale ou dans des unités spéciales. Dans un premier temps, c'était beaucoup de ce que on appelait à l'époque des occidentaux, c'est-à-dire des Européens, des Nord-Américains, des Australiens, des Nouveau-Zélandais. Mais après 1 an, 2 ans, ce flot de nationalité occidentale, c'est tari puisque ceux qui étaient venus pour des raisons politiques et idéologiques pour défendre la liberté de l'Ukraine face à l'envahisseur ont déchanté face à des problèmes administratifs et financiers, face à des différences culturelles et linguistiques et aussi face à la réalité du terrain qui avec la dronisation de la ligne de front complique réellement les conditions d'engagement.

Mais même si le flot de ces nationalités sari, et bien l'Ukraine a continué à aller voir ailleurs. La Russie a fait exactement de même en recrutant dans différents pays, par exemple des pays africains, en Syrie, au Sri Lanka, dans des Républiques d'Asie centrale. Et là, dans le cas russe, on parle de recrutements qui ne sont pas forcément explicites, qui ne sont pas forcément désirés par les intéressés puisque on a beaucoup de témoignages de personnes qui ont été attirées en Russie pour un emploi dans le civil mais qui se sont retrouvés très vite recrutés et dépêchés vers le front.

Du côté ukrainien, on connaît très bien les problèmes de recrutement auquels fait face et les méthodes brutales de l'office de recrutement ici vis-à-vis de sa propre population. Ça, j'en avais fait une vidéo récemment, mais en ce qui concerne le recrutement des combattants étrangers, ça se fait avec quand même beaucoup plus de souplesse, beaucoup plus de transparence et avec beaucoup plus de respect des règles. Il y a évidemment des cas d'incompréhension, des barrières culturelles et linguistiques, des problèmes légaux et administratifs.

Et globalement, l'essentiel des combattants étrangers en Ukraine sont enregistrés officiellement intégrés à l'armée régulière avec un bulletin de salaire et des prises en charge en cas de blessures. Évidemment, ça n'empêche pas les problèmes et ça n'empêche pas les situations qui sont frustrantes, mais dans leur immense majorité, ces combattants étrangers sont régularisés. Alors, est-ce qu'on peut parler de mercenaires ?

La frontière est assez floue puisque comme j'ai dit, ce sont des combattants étrangers qui sont intégrés dans l'armée régulière mais la majorité d'entre eux est venue pour des raisons financière pour l'argent et donc on peut dire que ils correspondent à la description de mercenaires. Et donc parmi eux beaucoup de Sud-Aricains qui aujourd'hui représenteraient 40 % des combattants étrangers combattants pour l'Ukraine. Le premier contingent au sein de cette délégation sud-américaine, ce sont les Colombiens qui sont estimés aujourd'hui à environ 10000 individus donc se battant sur le front au côté des Ukrainiens.

Et comme je disais dans mon introduction, il y a des endroits sur le front où on entend plus parler russe ou ukrainien. Et ça c'est visible par exemple dans la 47e brigade mécanisée dont au moins une unité est composée quasi uniquement de Colombien. Et donc c'est vraiment un phénomène en soi.

Ça s'explique parce que la Colombie souffre déjà depuis plusieurs décennies d'une guerre civile qui est donc marqué par des affrontements notamment dans des zones forestières entre les forces régulières et des guerrias. Et donc ce qui fait que déjà depuis des décennies des générations entières sont sensibilisées à la chose militaire, ont une expérience de combat et l'essentiel des colombiens qui sont aujourd'hui mobilisés en Ukraine viennent de l'armée régulière. Même si on a aussi des qu spécifiques de colombiens qui appartenaient à des guerrias qui ont déposé les armes ces dernières années.

En plus de cela, deuxième raison, il faut voir que la Colombie est le seul pays du continent sud-américain qui a le statut de partenaire stratégique de l'OTAN. Il y a quelques pays dans le monde qui ont ce statut et dont la Colombie. Et il y a donc des échanges nourris entre l'armée régulière de Colombie et l'OTAN en règle générale et évidemment les États-Unis en particulier.

Alors que dans le même temps, les guérias donc principalement dans les régions forestières de Colombie sont alimentés par le Venézuela qui lui-même est un associé de la Russie. Et donc pour ces colombiens qui viennent des rangs de l'armée régulière colombienne, il y a une sorte d'alignement idéologique avec l'Ukraine contre la Russie. Il y a aussi une trisè raison politique, c'est que on entend de colombien ici en Ukraine des références à Simon Bolivard, le Libertador, celui qui a lutté pour l'indépendance de la Colombie et du Nord de l'Amérique du Sud au début du 19e siècle.

Et donc, il y aurait là le prolongement d'une lutte contre l'impérialisme et d'une lutte pour la liberté. Mais ça évidemment c'est très symbolique. À ces raisons politiques qui ont canalisé des milliers de colombiens vers l'Ukraine s'ajoutent des considérations pratique.

Beaucoup d'entre eux étaient au chômage. Ils n'avaient plus trouvé leur place dans les forces colombiennes ou alors ils avaient été poussés à prendre une retraite anticipée. Mais en plus de ça, le salaire et les compensations qu'ils peuvent recevoir ici en Ukraine peuvent être jusqu'à 10 fois leur salaire en Colombie. et ce qui fait que ces deux dernières années se sont mis en place de véritables structures pour assurer un recrutement régulier et ça que ce soit à travers des réseaux personnel ou plus institutionnalisé mais en tous les casse principalement par les réseaux sociaux et en premier lieu TikTok.

Et là, je vous invite par exemple à regarder cette vidéo de cette soldate colombienne très enthousiaste pour motiver ses compatriotes à venir combattre pour l'Ukraine. Estamos de vuelta. Esta es la nueva página del Centro de Reclutamiento de Voluntarios Extranjeros.

Dale me gusta, suscríbete y comparte. Esta página tendrá mucho más información para los futuros voluntarios. Gloria Ucrania.

Bon, évidemment, comme je l'ai déjà mentionné, il y a des fraudes, il y a des arnaques, mais ça c'est quasiment inévitable dans ce genre de processus de recrutement. Qu'est-ce que les colombiens donnent sur le terrain ? Et bien, en règle générale, ils sont très appréciés du commandement ukrainien pour leur professionnalisme et pour leur détermination.

La réputation que les Colombiens ont ici en Ukraine, c'est que au contraire d'autres nationalités, ils n'ont en général pas froid aux yeux. Alors, il y a évidemment énormément de défis et d'obstacles pour les intégrer dans les forces armées ukrainiennes. Et en premier lieu, c'est une adaptation à leurs exigences culinaires ou culturelles.

Et puis ensuite, évidemment des défis linguistiques, des défis administratifs, des défis légaux, des défis financiers. Mais avec les Colombiens comme avec d'autres nationalités, les Ukrainiens y arrivent bonhom malant et ça donne des résultats assez tangibles. D'autant plus que maintenant le phénomène de recrutement de colombien et de sud-américains en règle générale a atteint un tel effet de masse qu'ils arrivent à constituer leurs propres unités.

Donc comme j'ai dit au sein de la 47e brigade mécanisée et donc ce qui fait que les Colombiens ont beaucoup moins de problèmes d'intégration au sein des forces armées ukrainienne d'autant plus que maintenant on a déjà des vétérans des premières vagues de volontaires de 2023-2024 qui ont appris l'Ukrainien, qui ont appris le Russe et qui peuvent donc servir d'intermédiaire et d'interprète. Alors est-ce que ce modèle a de l'avenir ? Bien, visiblement oui puisque les Ukrainiens tentent vraiment d'explorer cette direction et d'encourager des recrutements à l'international sur le même modèle que celui des Colombiens.

Et ça c'est évidemment quelque chose qui pourrait permettre aux forces armées ukrainiennes de tenir sur la durée. Mais la grande question c'est de savoir si le recrutement à l'international des Ukrainiens va être au même niveau que le recrutement à l'international des Russes. En tous les cas, pourquoi est-ce que ce cas des Colombiens est intéressant ? d'abord par ce phénomène de masse qui fait qu'il y a vraiment une nationalité qui envoie énormément d'individus pour se battre au côté des Ukrainiens, mais aussi parce que ça en dit long sur la mondialisation du conflit.

Donc encore une fois, ce n'est pas un conflit mondial, mais c'est un conflit mondialisé dont les conséquences se font ressentir sur d'autres continents. Et en plus de ça, l'afflux de colombien et de sud-américains en règle générale, ça fait ressortir de manière encore plus criante l'absence des Européens et l'absence des Nord-Américains qui eux viennent de pays qui sont officiellement alliés à l'Ukraine. Et ça compte tenu des discussions d'hier à Paris qui pour l'instant ne débouchent sur rien, c'est particulièrement parlant.

Merci d'avoir regarder cette vidéo jusqu'au bout. aussi et je vous retrouve très vite.