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interviewSud Radio· 28 août 2025 11 min

Comme le dit Bayrou les « boomers » sont-ils dans le déni de la dette ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

B Frédéric Brindel les deux Mathieu sont là. Mathieu H secrétaire général adjoint du millénaire Mathieu Davi avocat en droit de la presse et de la propriété intellectuelle face à face c'est le coup de projecteur des vraies voix les vraies voix sud radio. Le coup de projecteur des vraies voix.

François Bairou a frappé fort mercredi soir sur TF1. Le premier ministre a accusé la génération du baby boom les boomers d'avoir creusé la dette publique pour son confort laissant aux jeunes français le fardeau de le rembourser pendant toute leur vie. Le Premier ministre a mis en avant la lucidité comme première vertu d'une nation, tout en relançant un débat générationnel brûlant.

Entre la jeunesse qui se sent sacrifié et les retraités souvent perçus comme protégé, sa sortie risque de raviver les tensions et de secouer l'électorat centriste qui est le pilier du président Macron. La définition du boomer précise qu'il s'agit d'une catégorie de gens nés entre 1943 et 1968. Certains s'appellent Simone mais François aussi.

Oui, monsieur le Premier ministre, il y a des François également. Ils ont grandi, c'est Nicolas, vous savez, on en entend pas mal parler en ce moment. Oui, voilà, c'est ça.

Ils ont grandi dans l'insouciance des tres glorieuses, mais aussi dans la torpeur de la guerre froide. Ils ont accédé à la propriété, au travail sans trop d'encombre. Sont-ils pour autant incapables de percevoir la réalité brandie par François Baïou ?

Nous vous posons la question sur le compte X de Sud Radio. Comme le dit François Bairou, les boomers sont-ils dans le déni de la dette ? Et bien vous dites non à 78 %, vous êtes monté au créneau les boomers.

Allez 0826 300 300 si vous voulez réagir évidemment vous le faites. On est avec Michel F sociologue et politologue pour en parler mais juste avant un petit son à écouter. Oui oui parce que François Beou cet après-midi s'est expliqué sur sa déclaration concernant les boomers.

C'était lors de son intervention face au MEDF à Roland Garos. Écoutez-le. Vous déformez ce que j'ai dit.

Alors je vais dire ce que j'ai dit. Boomer. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire ceux qui sont les enfants du baby boom. Qu'est-ce que je dis ? Je dis que ceux-là qui ont profité de l'aisance de l'après-guerre, qui ont travaillé beaucoup mais qui ont profité de cette de cet élan là, il devrai être aujourd'hui à mes côtés les premiers pour qu'on baisse la dette et pour que ça ne soit pas les plus jeunes qui soient obligés de la payer.

Vous avez entendu ce que j'ai dit là ? le la dette qu'on a accumulé, c'est votre génération qui va la payer, ceux qui sont au travail et ceux qui seront au travail demain. Et je trouve qu'il y a là quelque chose qui est immoral, que une génération ne pense pas à la génération suivante qu'elle lui impose, sans le lui dire la charge d'avoir à payer pendant des décennies des facilités que nous avons rencontré aujourd'hui.

Ça n'est pas normal. Voilà. Michel Fiz.

Ouais. Michel Fiz, je rappelle que vous êtes sociologue et politologue. Euh moi personnellement euh je suis pas boomer mais je paye déjà beaucoup j'ai l'impression et je pense que c'est la majorité des Français en ce moment.

Qu'est-ce que vous en pensez ? Alors d'abord vous pouvez rajouter à la liste des boomers les Michels puisque j'en suis un. Oh je je pourrais je pourrais mettre Frédéric aussi mais moi je suis juste après la définition.

Bon alors je je pense qu'il faut quand même il faut quand même être sérieux dans dans cette histoire et partir déjà d'un fait simple. Toutes les générations n'ont pas le même sort dans l'histoire. Il y a des générations chanceuses.

J'ai eu la chance d'appartenir à cette génération. Et puis il y a des générations malchanceuses, hein, ceux qui partaient sur le front, les poilus en 1914. Bon et dans d'autres et dans d'autres conflits, voilà, c'est comme ça.

Euh nous n'y pouvons rien. Alors maintenant, je pense que euh on ne peut pas reprocher à une génération heureuse d'avoir été heureuse. Voilà.

Alors, je rappelle quand même que euh dans à notre époque, tout n'était pas simple malgré tout, hein. On travaillait beaucoup, on n'avait pas le confort euh que l'on a que l'on a aujourd'hui. He, on avait des diplômes qui étaient probablement plus difficiles à obtenir, je pense, au bac en particulier qu' qu'aujourd'hui, hein, en 1955 ou en 1960.

C'était très très dur de devenir de devenir bâchelier. Voilà. Alors, d'abord, je pense que les boomers ne se moquent pas de la dette, mais ils estiment que la réponse gouvernementale n'est pas la bonne.

Alors, quelle est la manipulation dans cette affaire depuis depuis maintenant plusieurs mois ? Et bien, c'est simple, nous dit le gouvernement. Si vous ne suivez pas ma politique qui est par définition bonne, responsable, juste, solidaire, et bien vous êtes désirresponsables.

Ça c'est le mot de monsieur Macron ou quelque part dans le discours de monsieur de monsieur Baï tout à l'heure, un gras. Oui, après moi le chaos quoi. C'est après moi le chaos.

Bon Michel Fiz, on en parle aussi avec nos nos vraies voix. Restez bien avec nous. Euh Mathieu Davis euh il y a quelque chose que je ne comprends pas, c'est de globaliser, de généraliser.

C'est comment ? C'est comme ça qu'on commence le racisme ? Enfin, on dit tiens, tous les boomers sont comme ça.

C'est assez bizarre comme démarche. Euh n'est-il pas, monsieur l'avocat, sans prendre une génération d'absolument aucun sens. Euh alors, ceci dit, il y a une petite évolution.

Quand on va sur les boomers, effectivement, est-ce qu'on n'est pas et soi-disant des boomers qui se sont enrichis ? Est-ce qu'on n'est pas en train de dire au français qu'on ne veut surtout pas toucher aux français plus modestes et peut-être aux classes moyennes actives, c'est-à-dire ceux qui ont entre 25 et 45 ans ? C'est peut-être un message qui est lancé.

Mais une fois qu'on a dit ça, euh toucher les boomers en fait, j'ai l'impression qu'il demande quand on écoute son explication que les boomers soient à ses côté pour faire comprendre le message. Donc en fait, il demande à nos parents de nous dire que c'est normal ce qui doit se passer à savoir de faire passer la réforme fiscale que le premier ministre essaie de de vouloir faire. Sachant qu'il y a certains de nos parents qui vont le soutenir et d'autres pas puisque tout le monde ne pense pas de la même manière en fonction de son âge.

Et puis par exemple, si on parle des boomers, on parle de gens qui arrivent à la retraite ou qui sont déjà en quoi les deux jours fériers vont les concerner ? Donc finalement, j'ai envie de dire, monsieur le Premier ministre, explicit vos propos parce que avoir les boomers de votre côté pour en fait influencer les jeunes générations, je veux bien mais sur quelle mesure ? Ou alors on va revenir à un autre sujet mais qui plaira peut-être pas à mon à à mon à mon à mon confrère aujourd'hui.

Les boomers riches peut-être, mais pas les boomers pauvres. Et alors quand on est au milieu, Non mais c'est vrai Mathieu qu'il y a pas que des riches et des pauvres dans ce pays hein. Bien sûr.

Voilà. Et puis il y a aussi des gens qui sont de la classe moyenne et qui travaillent et qui ont plus de 45 ans et qui sont la majorité. Et qui sont la majorité qui sont la majorité.

Aujourd'hui, on a un vrai problème dans notre pays, c'est qu'on a 28 millions de gens actifs qui payent pour 68 millions de personnes. Donc quand parce que ça se matérialise très concrètement quand vous êtes un actif, vous payez pour vos enfants, ce qui est normal, mais également pour vos aînés de plus en plus puisque aujourd'hui le la prise en charge de du vieillissement, de la perte de dépendance et cetera avec les ÉPAD, vous devez payer en fait en gros l'école, l'université et les pad en même temps et en plus on vous taxe de plus en plus et cetera. Donc c'est un vrai problème.

Est-ce qu'il y a un problème aujourd'hui de dépenses de retraite infinançable et cetera ? La réponse est oui. Est-ce que c'est imputable aux retraités eux-mêmes ?

La réponse est non. Le le vrai problème aujourd'hui, c'est ça qu'on peut reprocher à François Bairou, c'est mais pas qu'à lui d'une certaine façon, c'est de se défausser sur les sur les Français et donc en l'occurrence ici sur les boomers. Ce sont pas les les les en fait les les parce qu'il a même dit une il a dit un moment dans son dans ses interventions, les Français consomment de la dépense publique mais les Français ne consomment pas de la dépense publique.

Les Français ne consomment pas des dépenses de retraite. Euh c'est tout ceci est l'argent des Français, c'est l'argent du travail des Français et les retraités ont sont des gens qui ont cotisé à un moment donné. Alors effectivement, il y a un rapport démographique aujourd'hui qui est euh, on va dire difficile pour les actifs actuellement et pour les jeunes actifs, mais ça c'est pas imputable au retraiter.

Le vrai problème aujourd'hui de fond, c'est que c'est l'État qui gère mal l'argent. C'est ce sont les responsables politiques qui ont pris des décisions, certaines décisions par exemple sur sur les retraites. On dit que les retraites sont à l'origine de quasiment la moitié du des des de la dette faite sous Emmanuel Macron. 500 milliards sur les 1000 milliards de dettes qui ont été faites par c'est vrai mais c'est surtout vrai parce qu'on a aussi des régimes spéciaux et on a des le régime des fonctionnaires qui ont qui ont déséquilibre le régime général lui est à l'équilibre par exemple donc vous voyez on peut pas tout tout le temps dire c'est la faute ce sont la faute c'est la faute des Français voilà alors Michel Fiz euh cette histoire de boomer ça dit quoi parce que vous vous associez le côté sociologue et le côté politologue.

Est-ce que politiquement ça a une valeur d'aller chercher dans certaines catégories de population quand on est justement dans un moment où il faut rassembler tout simplement ? Oui. Alors, d'abord, je voudrais préciser, je crois ce qui a été dit par l'un ou par l'autre des intervenants précédents, c'est que tous les boomers ne sont pas devenus des millionnaires ou des milliardaires, hein.

Tous les retraités ne sont pas des retraités qui aujourd'hui peuvent se permettre des voyages à l'autre bout de de la planète. Alors, je crois qu'il faut quand même rappeler, bon, qui a fabriqué la réussite économique, celle qu'on a appelé les tres glorieuses. Et bien, ce sont les boomers.

Pourquoi ? Parce que les boomers, ils ont fait des enfants. Il y a eu le boom démographique.

Le boom démographique qui a permis le boom économique, un boom économique qu'on a plus jamais reconnu qui a permis aussi, j'ai envie de dire, le boom politique. Ça a été le passage d'une 4e République à une 5e République. Ça a été une stabilité institutionnelle donc incarnée par le général de Gaulle.

Alors qu'ensuite les gouvernements qui ont suivi la pierre des tr glorieuses et fait un mauvais usage de ce que le boomer leur avaiit apporté, et bien ça c'est pas l'affaire et c'est pas la responsabilité des boomerss. Alors un petit mot si vous permettez sur les jeunes. Bon les jeunes encore une fois moi ça fait 40 ans que je les suis hein.

Les jeunes sont dans une position sinistrée hein et depuis 30 ans, depuis le le questionnaire baladure de 1994 ça va rajunir personne. Mais donc aujourd'hui les jeunes, quelle est leur préoccupation ? C'est de se nourrir, de se loger, voilà, de se soigner pour beaucoup hein, les étudiants qui font la queue derrière effectivement les restos du cœur.

Voilà hein. Est-ce que monsieur Baou ne pourrait pas s'intéresser à ça avant de se préoccuper si les jeunes sont inquiets pour la dette ? Mais non, ces jeunes sont pas inquiets pour la dette future, ils sont inquiets pour le présent.

Donc il faut résoudre le présent. Mathieu d'avier va vous donner le mot de la fin rapidement s'il vous plaît sur ce débat. Justement, moi je suis assez d'accord dans ce qui a été dit par Mathook.

On on continue à monter les Français les uns contre les autres génération par génération, groupe de population par groupe de population. Euh est-ce qu'il est pas temps de s'attaquer véritablement à ce qui à ce que veulent les Français ? C'est qu'il faut vraiment sonder les Français.

Est-ce que c'est s'attaquer au dégraissage de l'État ? Bon, c'est un point de vue s'attaquer aux ultra riches, autre point de vue, tous sont respectables. Mais je pense qu'il faut surtout protéger la très très grande majorité des Français qu'ils aient 25, 45 ou 65 ans qui triment, qu'on pas beaucoup devant eux et et et qu'on peut pas aujourd'hui stigmatiser d'une manière ou d'une autre.

Donc la méthode du premier ministre, elle me paraît complètement à côté de la plaque. Merci. Merci à tous.

Merci beaucoup Michel Fiz. On rappelle que vous êtes sociologue et politologue d'avoir participé à ce débat aujourd'hui. Merci Mathieu.

HC.