Le discours de rentrée de Marine Le Pen en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Mesdames, Messieurs, chers amis, merci d'être venus si nombreux ici dans cette belle ville de Bocquer. Merci à son maire, cher Julien. Merci à vous tous, citoyens, militants, nationales, chers amis, qui nous faites l'honneur de votre présence. Et merci surtout pour votre ferveur et pour votre enthousiasme si communicatif. Cette ferveur, ces attentes si étrangers, la résignation. Merci, Jordan. Merci, Jordan, pour ton discours qui décrit la situation difficile de notre pays, les nombreux sujets d'inquiétude pour nos compatriotes, au premier rang desquels l'inflation et l'insécurité.
Ton discours a aussi rappelé qu'il n'y a pas de fatalité et que notre pays possède se redresser au service des Français, de l'Europe et du monde. Je le disais encore il y a moins d'une semaine à Hénin-Beaumont. Non seulement vous donnez un sens à mon combat et au combat de tous les élus du Rassemblement national, mais au-delà du sens. Vous nous donnez une force sans égale pour vous représenter et vous défendre au Parlement, dans le débat public. Vous le savez, chers amis. Et Jordan vient de le rappeler. Nous entrons dans une année électorale qui s'annonce décisive. Vous portez jusqu'à cette date qui, désormais, va à sa adversité. Nous nous souviendrons de longues années.
Un jour aussi dont eux, auto-désignés sous le terme de bloc central, se souviendront comme celui d'un nouveau réveil du peuple de France. Un jour de fierté et de ferveur pour que cela arrive. Le peuple de France, vous ne le faites pas. La réalité de l'appui d'un Parlement européen acquis à leurs idées pour poursuivre l'entreprise de déconstruction, affaiblir nos défenses collectives et ouvrir nos frontières aux menaces extérieures. Et si nous y parvenons, quelque chose me dit qu'il nous rappellera peut-être un autre jour de juin. Le 19, il y a à peine plus d'un an, où nous avons envoyé, déjouant tous les pronostics. Certaines que, comme moi, il vous semble que c'était déjà il y a un siècle.
Ce 9 juin 2024, enfin, nous voulons en faire le jour de l'ambition nationale, plus que jamais confiante et conquérante. Un jour de sursaut où la nation française proclamera de nouveau avec ferveur son désir de liberté. La liberté des citoyens et des nations. La liberté des hommes et des peuples. La liberté des intelligences et des esprits. C'est tout l'enjeu du prochain scrutin européen. C'est un enjeu pour les Français. En France, les peuples d'Europe, quelle belle cause pour notre peuple que celle de sa liberté à se déterminer, de son droit à l'émancipation par le choix démocratique. Ne l'oublions jamais, aux origines, franc signifie avant tout libre.
Ce n'est donc pas pour rien que notre peuple fait preuve d'une si grande aspiration à la liberté. Et plus encore, lorsqu'il sent que l'on veut le conduire, comme c'est le cas de la technocratie bruxelloise, à une forme de servitude. Le premier emblème de cette servitude, c'est bien évidemment la Commission européenne elle-même. Madame von der Leyen a beau se rêver en chef d'un nouvel État fédéral, imposé aux nations du continent, elle n'incarne de fait aucune souveraineté. Et ce sont pourtant les technocrates bruxellois qui exercent chaque année un droit de veto sur les choix des gouvernements de nos pays.
Qui empêche par exemple l'émergence de champions industriels européens pendant que notre production industrielle et notre balance commerciale s'effondrent ? Le deuxième emblème de cette servitude, c'est la façon dont les peuples des nations européennes ont été de tout contrôle démocratique dépossédés de droits, de libertés et de choix qu'ils croyaient pourtant garantis par leurs différentes constitutions. Cette dépossession, elle a été opérée par le jeu de la jurisprudence des instances européennes qui progressivement se sont arrogées des pouvoirs exorbitants. Elle s'est opérée aussi par des référendums ignorés puis bafoués comme celui de 2005 qui restera...
Le troisième emblème de cette servitude, c'est enfin l'État de minorité juridique, presque d'enfance, dans lequel nous a peu à peu placé l'extension des pouvoirs de l'Union européenne en piétant systématiquement sur le pouvoir des États. Des accords de libre-échange anachroniques ont continué d'être signés depuis 20 ans au mépris de la protection de nos entreprises et de nos agriculteurs, au mépris aussi du combat contre le réchauffement climatique. Il est plus facile, il est vrai, de faire fonctionner les micros.
Il est plus facile, il est vrai, de matraquer les consommateurs européens de taxes sur les carburants que d'imposer la volonté souveraine des États face aux intérêts de firmes mondialisées qui détruisent notre planète. Et comment ne pas évoquer alors que de nouvelles images dramatiquement inquiétantes nous viennent de Lampedusa, ces directives européennes qui ont peu à peu imposé une répartition autoritaire de flux migratoires hors de contrôle, demain qui seront imposées grâce au pacte européen sur les migrations aux pays récalcitrants. Mais quelle honte !
Nous devons rester totalement maîtres de notre politique d'immigration pour résoudre la crise migratoire comme un enfant appelle maman quand il a un problème. Ces vins de l'agence Frontex n'ont pas de décider de notre politique migratoire. Or, c'est à nous comment le dogmatisme concurrentiel européen inepte a mis et continue de mettre en péril des milliers d'entreprises et des millions au marché européen de l'électricité. Que les juges qui nous entravent ne sont pas le fait d'une quelconque fatalité, mais bien de lâcheté et même souvent de volonté. Ils ne sont pas le fait de l'Europe qui est une réalité.
Ils sont le fait de cette Union européenne qui cherche tel un empire à uniformiser par la contrainte notre vieux continent au lieu de créer les conditions d'une coopération bienfaisante entre nations libres. La côte entre nations libres, voilà ce qui devrait être le rêve européen. Et moi, si vous saviez, aujourd'hui, Mme von der Leyen et sa cohorte d'eurocrates abîment jour après jour ce rêve entraînant d'ailleurs ce réveil des peuples que nous voyons poindre au cœur des nations européennes. Eh bien, mes amis, il nous faut accompagner ce réveil. La première place, la volonté des nations.
C'est imposé, c'est aussi au-delà de la structure bruxelloise, une soumission à l'idéologie du renoncement. C'est l'arrimage de la France à un projet de déconstruction. L'acceptation de l'effondrement de nos potentiels. L'idée de puissance. Jordan, tu l'as dit tout à l'heure. Écoutez, déjà, il ne pleut pas. Tu disais, face aux forces du renoncement qui vont de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron, nous devons rassembler les partisans de la puissance. C'est-à-dire tous ceux qui pensent que la France est encore une grande nation avec une identité millénaire, des frontières et une prospérité à conquérir.
L'idée que demain se reproduise aux frontières de la Chine qui redessine d'autorité ces frontières, une tragédie similaire à celle que vit l'Ukraine depuis un an et demi du fait de l'agression russe. Sans à des sommets internationaux, les éléments de langage creux et les sanctions inefficaces sont égrénées. En réalité, seules les nations souveraines, dont la France, au premier chassité d'asseoir à la table des négociations la Russie et l'Ukraine et à mettre fin à un terme, enfin, au martyr du peuple ukrainien. Pour protéger demain les peuples du monde contre la prédation croissante que font peser les milices, qu'elles soient terroristes ou para-étatiques.
Mais à cet égard, la politique, enfin, ou plutôt la non-politique d'Emmanuel Macron en Afrique est l'une des incarnations les plus manifestes de l'échec du multilatéralisme creux. En délégant, mes amis, à l'Union Européenne notre diplomatie, nous nous sommes nation française coulée dans sa vision du monde. Une vision irrespectueuse des identités nationales qui ne convainc pas, mais impose spécifiques qui est celle de la France dans le concert des nations. La facture, mes amis, n'a pas tardé à arriver.
En multipliant les instances de dialogue sans pouvoir réel dans la bande sahélo-saharienne, c'est en réalité la force des liens affectifs et historiques si particuliers qui unissaient la France à ses États souverains que sont le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire ou le Niger que le président a détruits. Et je le dis ici solennellement, la réparation de ces liens sera un chantier important lorsque nous serons au pouvoir car c'est en Afrique que se joue une part, une part, mais une part essentielle du rayonnement culturel et économique de notre grande et belle France.
Qui sinon les nations pourra réellement préserver les peuples du monde demain et pour le siècle qui vient de l'impact toujours croissant du réchauffement climatique et de ses conséquences déjà perceptibles sur les flux de populations incontrôlées qui menacent à la fois, on est obligé de le constater, nos modes de vie et la paix civile dans nombre d'États européens. Encore une fois, ce ne sont pas les forums, les COP, les sommets qui pourront répondre à ces problématiques dont les solutions sont si profondément nationales qui pourront opérer ces choix qui relèvent de la plus stricte intimité des peuples.
Le modèle énergétique français n'a pas à être décidé par des hauts fonctionnaires allemands, espagnols ou hollandais en poste à Bruxelles. Enfin protéger les citoyens des États les plus avancés, mais aussi demain, ceux des pays en voie de développement, des menaces que fait peser sur eux la croissance exponentielle de technologies toujours plus intrusives, toujours plus opaques, toujours moins contrôlées par les instances supranationales, soi-disant d'ailleurs chargées de leurs régulations.
Mais l'actualité récente nous a montré qu'un milliardaire, Elon Musk, pouvait influer à lui seul sur le cours d'une guerre inter-étatique en désactivant des réseaux satellitaires hors de tout contrôle public. Les GAFAM tirent aussi leur puissance de leur poids financier. Ils pèsent d'ailleurs plus lourd. Nombre de pays du monde, ce qui était inenvisageable il y a encore quelques décennies pour une entité commerciale. Dans le même temps, nous nous rappelons tous comment la commission, finalement rattrapée par les moi, justifiée d'ailleurs de l'opinion, a dû renoncer à nommer une ancienne lobbyiste des GAFAM comme chef économiste en charge de la concurrence. Rien que cela.
Une fois encore, le contournement des souverainetés nationales au nom d'une régulation multilatérale et non démocratique soi-disant plus efficace n'est que le fauné d'un logiciel mondialiste aux abois. C'était celui de la France, des Capétiens à la République de Philippe Auguste au général de Gaulle. C'est ce combat qui, depuis des siècles, donne à la France cette place si singulière dans le concert des nations. La guerre en Irak. Et qui avant-hier soutenait la création des États-Unis d'Amérique. Ce combat est toujours d'une impérieuse actualité. Pour la France, il est vital. Pour le monde, il sera apaisant.
Voilà pourquoi je formule dans les mois et les années à venir l'uniformisation et de dissolution conduits depuis 50 ans. Tout comme les idéologies barbares du XXe siècle ont entraîné une prise de conscience tragique de la communauté internationale en 1945 et peu après la naissance de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Je suis convaincue que l'effondrement des illusions mondialistes appelle dans le temps présent la création de nouvelles protections pour les libertés humaines et la pluralité des cultures nationales.
Pour que les aspirations des peuples et des nations se concrétisent de manière pacifique et ordonnée, il apparaît nécessaire de faire appel aux droits et de donner à la communauté internationale un... Pour, je cite la charte de l'ONU, favoriser le progrès social et instaurer les meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande. Nous avons, au Rassemblement national, rédigé un projet de texte en ce sens. Il vous sera distribué tout à l'heure. Je formule le vœu, je formule le vœu que cette déclaration que je vais vous présenter brièvement irrigue le projet que nous porterons dans le cadre des élections européennes.
Il s'agit non seulement d'un acte de foi dans la force des nations, mais surtout la proclamation de nouveaux droits de l'international au premier rang desquels la Déclaration universelle des droits de l'homme. En effet, si celle-ci vise à protéger les hommes et les citoyens contre les abus de leur propre État, il s'agit maintenant de compléter ces droits fondamentaux des personnes par la sacralisation des droits des nations et des peuples sans lesquels, je vous le dis très clairement, les droits individuels ne peuvent s'épanouir, sans lesquels il n'existe plus réellement de liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes.
La vision que nous portons à travers ce texte est résumée en 16 articles qui gravent les droits inaliénables des nations, être et demeure respectés dans leur liberté et leur particularité. Par ce texte, nous entendons souhaiter, nous entendons, pardon, défendre la dignité et l'égalité des nations en droit, à rebours des désirs hégémoniques de quelques grandes puissances étatiques ou supranationales, dont bien sûr l'Union européenne est une incarnation, à rebours également de la logique de bloc dans laquelle la folie de quelques-uns veulent nous entraîner. Par ce texte, nous souhaitons aussi défendre la souveraineté.
Je vous dis souvent que la souveraineté est aux nations ce que la liberté est aux individus. Plus jamais, nous nous devons être supérieurs des constitutions nationales. La constitution n'appartient à défendre. Et vous, des organisations et autorités non élues ont pris l'habitude depuis des décennies d'enfermer peu à peu les États dans des carcans juridiques supranationaux qui privent de fait le choix démocratique d'être suivi des effets attendus par les citoyens. Le droit des peuples à se choisir des règles supérieures communes doit être réaffirmé. Mais il doit être aussi respecté.
Par ce texte, nous souhaitons défendre la sécurité des nations en réaffirmant le caractère incontournable du règlement pacifique des conflits indispensable à la stabilité du monde. Par ce texte, nous souhaitons affirmer notre attachement au droit pour chaque nation de défendre ses intérêts vitaux au premier chef, l'alimentation, l'énergie, la santé ou encore l'éducation. Par ce texte, le droit des nations à la défense de leur identité, c'est-à-dire le droit des peuples à la continuité historique et à la défense de leur patrimoine matériel ou immatériel. Par ce texte, nous affirmons également le droit des nations au bénéfice du progrès scientifique et technique. Ça paraît fou.
Mais aujourd'hui, dans la classe politique, il y a des gens qui remettent cela en cause. Chaque jour, des idéologies obscurantistes, du wokisme à la décroissance qui engagent des dizaines de pays à avancer dans une voie technophobe qui fait peser sur eux un danger mortel. Ils veulent, ils ne le disent pas tout à fait clairement, mais on le lit entre les lignes privées, les pays en voie de développement du progrès auquel chaque peuple peut aspirer. Par ce texte, enfin, nous affirmons le principe de consentement aux contributions diamétralement opposées aux prélèvements et diverses contributions qu'imposent plusieurs organisations supranationales à leurs États membres et l'Union européenne.
Bien sûr, est à cet égard l'une des pires incarnations de cette réalité. La légitimité, par sa puissance politique, est fondée à initier une proposition en faveur des libertés humaines. Nous sommes profondément français. Nous n'avons pas une vision étriquée. Nous n'avons pas une vision de repli. Notre vision a une vocation universelle. Je vous l'ai dit mille fois. Mille fois. La France, nous défendons. Ce texte est essentiel. Nous le présenterons dans toutes les instances où nous sommes présents. Et croyez-moi, elle commence à être nombreuse. En France. Avec une proposition de loi constitutionnelle. En Europe. D'abord auprès de nos alliés européens dans le cadre de la campagne.
Puis dans le cadre d'une proposition de résolution au Parlement européen. Je le ferai d'ailleurs dès demain auprès de la Lega de mon ami Matteo Salvini. Les États partenaires de la France, notamment en Afrique, afin de rendre à ce grand continent les signes de reconnaissance et de considération qui lui ont tant fait défaut de notre part depuis un certain nombre d'années. Vous l'avez compris, chers amis, la France a un tournant historique décisif. Et c'est à nous, patriotes français, qu'il appartient de donner une solution qui lui permettra d'aborder cette nouvelle ère avec la confiance, les principes et les responsables dans les prochaines décennies.
C'est là le sens de notre combat jusqu'au 9 juin prochain sur la scène européenne. diffuser cette conception de la souveraineté et de la liberté des nations à laquelle nous sommes si profondément attachés et nombre d'États européens avec nous. Rendre aux Français les leviers souverains qui n'auraient jamais dû lui être confisqués en matière économique et des leviers indispensables au redressement français. Redonner confiance aux dizaines de millions qui observent chaque jour avec amertume et colère la déliquescence de notre pays sur la scène européenne d'accommodement en renoncement de compromission en capitulation.
Sonner le rappel de toutes les forces qui aujourd'hui en Europe les gains des nations étaient la condition du maintien des liens fraternels qui unissent tous les peuples de notre continent à l'inverse de la vision technocratique sans âme et à bout de souffle que nous observons depuis tant d'années. Rendre à la France sa voix particulière qui ne lui fait pas seulement aimer passionnément la liberté mais lui permet de créer les outils de la liberté de toutes les nations et de tous les peuples du monde. Jordan, je sais, nous savons tous ici l'énergie qui seront nécessaires à la conduite de ce combat.
Chers amis, c'est votre force que j'ai évoquée au début de cette intervention et c'est par là que je vais la terminer. Je vais vous redire cette vérité simple. Nous sommes des millions et rien ne nous résistera si nous restons fidèles aux principes que nous défendons avec constance depuis des décennies car ils n'ont jamais été d'une si brûlante actualité. Nous incarnons et vous incarnez désormais l'espoir d'une réelle alternance politique après 40 ans d'erreurs stratégiques dont nous payons le prix chaque jour par le déclassement, la pauvreté et la perte de foi en l'avenir. Nous sommes prêts à endosser cette responsabilité de redressement national.
Le Rassemblement national était notre maison commune. En l'espace de quelques années, il est devenu celle de milliers de compatriotes qui ont compris que nos solutions et notre constance seules constituaient un espoir solide. Cette voie ne croit désormais pour cela. Notre objectif maintenant n'est plus seulement d'exister mais de faire vivre cette magnifique aspiration pour que vive le droit des peuples et des nations libres, vive la République.
Marine Le Pen