Européennes, dissolution... Le RN crie victoire - Laure Lavalette, est l'invitée des 4V du 10 juin 2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:20OuverteRéponse directe
Bonjour et bienvenue à vous, David Lysnard, dans ces 4V.
- 0:27OuverteRéponse partielle
Je vais lire un tweet que vous avez posté il y a 13 minutes qui prouve que vous êtes peut-être un peu perdu.
- 0:30RelanceRéponse directe
Parce que vous expliquez qu'il fallait déposer sa candidature le 4e vendredi précédant le 1er tour.
- 0:42OuverteRéponse directe
Est-ce que vous serez candidat aux législatives, vous, du coup ?
- 0:55OuverteRéponse directe
Des villes dans lesquelles, selon un décompte quasi définitif du ministère de l'Intérieur, le Rassemblement national et Jordan-Bardella sont arrivés en tête presque partout. 94% des villes françaises. Comment vous expliquez ça ?
- 1:37OuverteRéponse directe
Il y a une demi-heure, c'est Yannette Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée, qui était assise à votre place. Elle ne comprend pas, manifestement, le choix de dissoudre d'Emmanuel Macron. Est-ce que vous, vous le comprenez, ce choix ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« il fallait déposer sa candidature le 4e vendredi précédant le 1er tour. »
- 1:18Invité politiqueChiffre
« un tiers des Français qui se sont exprimés, ou quasiment un tiers, ont voté pour les listes du Rassemblement national. »
- 1:52Invité politiqueFait
« il y a quelques mois, lorsqu'il avait nommé Gabriel Attal, qu'il se mettait dans la seringue, que nommer, changer la première ministre pour Gabriel Attal à quelques mois des européennes risquait de le mettre dans une impasse au soir des européennes. »
- 3:05Invité politiqueFait
« Le pays, on voit des boutiques qui ferment. On voit des points de deal partout. On voit des problèmes d'immigration partout. »
- 4:30Invité politiqueChiffre
« des urgences hospitalières qui ferment dans 24% des cas au moment où on se parle. On n'a jamais pourtant autant dépensé dans l'hôpital. »
- 5:01Invité politiqueFait
« il y a quelques heures, on nous disait que les Jeux olympiques étaient l'alpha et l'oméga de toute la vie, même pas politique, mais française. »
- 6:03Invité politiqueChiffre
« on vous remet la retraite à 60 ans, 62 ans. »
Temps de parole
- Invité politique78 %
- Présentateur19 %
- Présentateur 23 %
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Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Et tout de suite, exceptionnellement, un autre 4V, un 4V spécial dissolution. Thomas, vous recevez David Lysnard, maire LR de Cannes et président de l'Association des maires de France. Bonjour et bienvenue à vous, David Lysnard, dans ces 4V. Je vais lire un tweet que vous avez posté il y a 13 minutes qui prouve que vous êtes peut-être un peu perdu.
Les déclarations de candidature... — Que j'ai précisé depuis, que je viens de préciser.
— Ah d'accord. Parce que vous expliquez qu'il fallait déposer sa candidature le 4e vendredi précédant le 1er tour.
— Et comme cela m'a été rappelé à juste titre, les dispositions constitutionnelles s'imposent aux dispositions législatives ou réglementaires, donc au code électoral. Donc il y a eu précédent 80 et 88. Voilà. — Bon. Est-ce que vous serez candidat aux législatives, vous, du coup ? — Ah non. Moi, je suis maire. Je reste maire. Et en plus, j'ai une excellente députée sur la sélection de Cannes-Valoris, Mont-de-Lieu-Théoul, qui s'appelle Alexandra Martin.
— Vous êtes le président de l'Association des maires de France également. Des villes dans lesquelles, selon un décompte quasi définitif du ministère de l'Intérieur, le Rassemblement national et Jordan-Bardella sont arrivés en tête presque partout. 94% des villes françaises. Comment vous expliquez ça ?
— Ça confirme tout ce que disent tous les sondages. Les villes, ce sont des communautés d'habitants. Et les habitants en majorité hier, un tiers des Français qui se sont exprimés, ou quasiment un tiers, ont voté pour les listes du Rassemblement national. D'ailleurs, c'est ce qui est surprenant dans tout ce qu'on vit depuis hier soir. C'est qu'on a l'impression qu'on découvre le résultat, alors que les sondages, qui n'ont pas toujours été le cas dans l'histoire des élections, ont été extrêmement fiables.
— Il y a une demi-heure, c'est Yannette Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée, qui était assise à votre place. Elle ne comprend pas, manifestement, le choix de dissoudre d'Emmanuel Macron. Est-ce que vous, vous le comprenez, ce choix ? Est-ce que vous comprenez ce qui se passe ?
— De toute façon, qu'on le comprenne ou pas, il a eu lieu. J'avais dit – je crois d'ailleurs que c'était sur votre antenne – il y a quelques mois, lorsqu'il avait nommé Gabriel Attal, qu'il se mettait dans la seringue, que nommer, changer la première ministre pour Gabriel Attal à quelques mois des européennes risquait de le mettre dans une impasse au soir des européennes. Et on n'en est pas loin aujourd'hui. Alors il y a eu une élection. Il faut relever le défi électoral. Ce qui compte, c'est surtout de ne pas se contenter de jouer sur les peurs ou les ressentiments, etc.
Et ce que nous attendons, nous, en tant que Français, moi, si je me suis engagé dans la vie politique et depuis peu nationale, c'est pour essayer de proposer une vision, des principes, la capacité de remettre de l'ordre dans le pays, un projet puissant et pas de tomber dans les combinations d'appareils et les jeux politiciens.
— Mais ça veut dire que vous n'êtes pas prêt à faire bataille commune avec la majorité présidentielle, comme le propose Stéphane Séjourné ?
— Vous voulez dire la minorité présidentielle, d'une part. D'autre part, il faut bien comprendre une chose. Si on ne part pas autour de quelque chose de puissant... Et je pense que notre pays est dans un tel déclassement... Je le parcours, le pays. Je parcours dans toutes les communes. Vous l'avez rappelé tout à l'heure. Et je vois bien les atouts, les inconvénients. — Mais c'est quoi quelque chose de puissant ? — Je voudrais juste développer cela, parce que c'est extrêmement important. Le pays, on voit des boutiques qui ferment. On voit des points de deal partout. On voit des problèmes d'immigration partout.
Ce que demandent les gens, c'est pas l'extrémisme, mais simplement qu'on en finisse avec l'impuissance publique. Ils veulent des choses claires. Ils veulent une capacité d'exécution. Or, aujourd'hui, si on veut éviter l'extrémisme, il faut une radicalité dans la réforme de l'État. Or, le conformisme qui nous dirige depuis des décennies, le technocratisme, ce qu'on retrouve avec l'énarchie au pouvoir, etc., est le meilleur allié de l'extrémisme, du rassemblement. On le voit bien. Enfin, tout ce qu'on dit là, c'est ce que je... — Ça fait des décennies qu'on l'entend, ça. — Pardonnez-moi, mais pas du tout. À chaque fois, on nous ressort les vieilles antiennes.
Alors on va faire le front républicain, le front machin, etc. Tout ça, c'est du théâtre. Donc je vous le dis, moi, très objectivement...
— Il n'y aura pas de front républicain ?
— J'en sais rien. Je n'en sais rien. Je suis pas... Moi, ce que je vous dis, c'est que j'ai un parti qui s'appelle Nouvelle Énergie, que j'appartiens à une droite dite classique, que ma boussole, c'est la liberté, la responsabilité, l'unité de la nation, et qu'on ne pourra, à mon sens, reconstruire une alternative puissante que si on part d'un projet puissant, c'est-à-dire qu'en évitant tout ce qui pourrait paraître a priori, qu'on minationne après. On verra quelles sont les tactiques des uns ou des autres. Ça fait partie de la vie aussi. Mais la situation du pays, le déclassement économique est-elle.
Ce nœud gordien, comme disait le grand président Pompidou, du record de la dépense publique, alors qu'on n'a jamais aussi peu de services publics de proximité, des urgences hospitalières qui ferment dans 24% des cas au moment où on se parle. On n'a jamais pourtant autant dépensé dans l'hôpital. Donc il faut sortir de cette façon de diriger le pays comme si on devait reprendre une entreprise en difficulté et être cohérent, être constant. C'est tout ce qui manque à la vie politique depuis trop longtemps. Donc il faut proposer une alternative qui soit assez radicale.
En attendant, votre ancienne candidate à la présidentielle, Valérie Pécresse, a estimé qu'Emmanuel Macron jouait à la roulette russe avec le destin du pays. On en est là ou pas ?
Je trouve que la formule est bonne. Et puis toute cette contradiction. Souvenez-vous, il y a quelques heures, on nous disait que les Jeux olympiques étaient l'alpha et l'oméga de toute la vie, même pas politique, mais française. Qu'il fallait une stabilité, qu'il y avait un risque terroriste, que ça allait incarner le rayonnement de la France. Et puis on nous dit, attention, il y a le diable qui arrive. Les bottes sont au pouvoir quasiment avec les chemises noires, Rassemblement national, etc. Et le président de la République nous met dans une configuration avec seulement trois semaines de campagne pour laisser le pouvoir au Rassemblement national.
Il y a une incohérence totale dans tout cela. Par rapport à ce que l'on ne maîtrise pas, il faut se recentrer sur ce que l'on maîtrise. Ce que l'on maîtrise...
Ça vous ferait peur, vous, Jordan Bardella à Matignon ?
Je n'aime pas ce terme. Je ne résonne ni en peur, ni en ressentiment, des choses comme ça. Je pense que le Rassemblement national fait beaucoup de séduction électorale, qu'il a senti le mal-être du pays, notamment sur les questions régaliennes. Et là-dessus, oui, il a raison de le ressentir.
Vous pourriez travailler avec lui ?
Non, parce que ses propositions sont totalement incohérentes. Ils sont dans le social-étatisme. Enfin, tout ce qu'ils proposent, c'est plus de dépenses. C'est de la flatterie quand ils disent au public qu'on vous remet la retraite à 60 ans, 62 ans. Ils sont au niveau de l'extrême gauche. Donc tout cela, c'est de la politique politicienne, y compris au Rassemblement national. Et c'est pourquoi il faut quelque chose de bien plus puissant, de bien plus nouveau. Il faudra peut-être le construire dans le temps ou pas. On va voir si on a une fenêtre de tir en trois semaines.
Mais moi, c'est ce que je vais essayer de proposer avec Nouvelle Énergie, avec LR, avec tous ceux qui voudront s'inscrire dans une alternative, et pas simplement une alternance de jeux politiciens.
Merci beaucoup, Dédé, d'être venu ce matin dans les 4V. Merci. Merci à tous les deux. Merci aussi à Frédéric Chevalier pour la traduction en langue des signes. C'était Les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.