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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 juin 2024 16 min

Législatives : "Il faudra un gouvernement de redressement national"... Le "8h30 franceinfo" de Nicolas Bay, du samedi 22 juin 2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Nicolas Bay

France Info.

0:03
Locuteur non identifié

Bonjour Nicolas Bay. Bonjour. Vous avez longtemps été une figure du Front National, puis du Rassemblement National, parti que vous avez quitté en 2022 pour Reconquête, le parti d'Éric Zemmour. Vous avez été d'ailleurs élu eurodéputé sous cette étiquette Reconquête il y a encore quelques jours. Et aujourd'hui, où êtes-vous ?

0:20
Nicolas Bay

Eh bien aujourd'hui, avec Mario Maréchal, avec Guillaume Pelletier, avec beaucoup d'ailleurs de cadres, de militants et d'électeurs de Reconquête, nous pensons qu'il faut aller à l'essentiel. L'essentiel, c'est quoi ? C'est la France.

Et donc, il faut soutenir les candidates et les candidats de l'Union Nationale, derrière le Rassemblement National, derrière ceux des LR qui ont suivi Éric Ciotti, parce qu'aujourd'hui, on est à la fois face à un immense espoir, c'est un espoir de changement, imposer à Emmanuel Macron une cohabitation, éviter qu'il ait les pleins pouvoirs encore pendant trois années, mais nous sommes aussi face à un danger absolument majeur, c'est l'arrivée au pouvoir en France, de la gauche et de l'extrême-gauche, d'une coalition des forces de gauche et d'extrême-gauche, avec des éléments extrémistes parmi eux.

Moi, je n'ai pas envie d'avoir des députés en nombre, voire des ministres demain, qui sont des sympathisants du Hamas.

1:11
Locuteur non identifié

De changer de camp, comme ça, en quelques jours ?

1:13
Nicolas Bay

Moi, je n'ai pas changé de camp, vous savez, moi, je suis fidèle à l'esprit de reconquête. L'esprit de reconquête, derrière Éric Zemmour, quand ça a été créé il y a un peu plus de deux ans, c'était l'Union des droites, et c'était une droite qui s'assume. Moi, je n'ai rien changé de mes convictions, et c'est Éric Zemmour qui nous a exclus, parce qu'il voulait préserver, je pense, un peu une boutique, c'est-à-dire des petits intérêts d'un parti, alors qu'on est à un moment où c'est l'intérêt national qui doit primer, et donc la volonté d'union qu'on doit mettre en œuvre.

D'ailleurs, il avait défendu, il a toujours défendu l'union des droites, donc c'est lui qui n'est pas très cohérent, finalement, avec ce qu'il a toujours défendu et proposé. Voilà, moi, je regrette qu'il ait un peu détruit comme ça le mouvement auquel nous avons cru, qui était une petite formation politique, que la reconquête n'était pas un parti de masse, mais c'était un mouvement qui pouvait avoir un rôle d'aiguillon, qui pouvait rassembler des Français de droite dans le cadre d'une coalition.

2:01
Présentateur

Et vous allez le remplacer ? Est-ce que vous allez vous structurer avec Mario Maréchal ? Parce que là, vous n'allez pas adhérer au Rassemblement national. L'idée, c'est de peser. Mais en dehors, est-ce que vous allez créer une nouvelle structure avec Mario Maréchal, une organisation politique ?

2:12
Nicolas Bay

Nous soutenons l'union des droites, nous ne rallions pas, en effet, le Rassemblement national. On a des différences, on les assume, sur les questions économiques. Nous, nous défendons une vision plus attachée aux libertés économiques, moins étatiste pour les choses simplement, une vision aussi conservatrice sur les questions de société. On a des différences. Et est-ce que vous allez vous structurer ? Oui, bien sûr, le moment viendra de se structurer, peut-être au lendemain des élections législatives. On n'en est pas encore là.

Aujourd'hui, la priorité, c'est de faire en sorte qu'il y ait, le 7 juillet, 289 députés, ou même un peu plus, de patriotes et de droites, qui permettent d'avoir une majorité dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

2:48
Présentateur

Et sur le fond, pardon Nicolas Bé, mais parce qu'à l'époque, quand même, vous aviez pointé les revirements, les reculades de Marine Le Pen. Aujourd'hui, quand vous voyez Jordan Barlella qui détricote point par point son programme, vous vous dites quoi ? C'est une bonne chose parce que son programme n'était pas crédible ? Ce que vous pointiez il y a deux ans ?

3:04
Nicolas Bay

Disons que si le Rassemblement national évolue sur un certain nombre de sujets, en s'approchant des positions que nous, nous défendons, moi, je m'en réjouis. Vous savez, quand j'étais au sein du Rassemblement national, et pour Marion et Maréchal, c'était la même chose, nous défendions une vision de droite assumée. Ce qui n'était pas partagé par tous au Rassemblement national. On nous a, à l'époque, plutôt fait comprendre que notre sensibilité n'avait pas sa place à l'intérieur du mouvement, ce qui nous a conduit d'ailleurs à aller construire autre chose avec Éric Zemmour à Reconquête. C'est cette ligne plus sociale de Marine Le Pen que les choses...

C'est pas forcément une ligne plus sociale, pardonnez-moi, entre guillemets. Ils ont une ligne peut-être plus étatiste, sur le plan économique, voilà. Qu'on ne partage pas. Si le Rassemblement national évolue sur cette question, tant mieux. Moi, je m'en réjouis. Mais encore une fois, on n'est pas...

3:49
Présentateur

Le Rassemblement national dit que c'est le contexte économique qui fait que, eh bien, l'abrogation de la réforme des retraites, elle est remisée, l'exonération de l'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans, remisée. Enfin, en tout cas, tout viendra dans un second temps, dit Jordan Bardella. Pour vous, c'est parce que ces propositions n'étaient pas crédibles, ou vous les croyez quand ils disent que c'est à cause de la conjoncture ?

4:07
Nicolas Bay

C'est peut-être un mélange des deux, mais je dirais, l'essentiel n'est pas là. L'essentiel, c'est comment on crée les conditions pour qu'une coalition des droites, une coalition des patriotes, arrive au pouvoir le 7 juillet. Ces questions-là, elles devront être tranchées si il y a un gouvernement, si il y a une majorité, et donc un gouvernement. Et sans doute qu'il y aura, en effet, des améliorations importantes par rapport au programme qui était leur ces dernières années, parce que le confronter au réel, tout simplement, confronter à ce qui est possible de faire à l'instant tard, on est dans une situation très dégradée.

Emmanuel Macron, s'il quitte le pouvoir, en tout cas s'il n'y a plus de majorité dans quelques jours, il laissera la France dans un état catastrophique. Des finances publiques qui sont en état catastrophique, une dette qui a explosé, un chômage, on dit qu'il a beaucoup baissé, c'est faux. En réalité, quand on prend toutes catégories confondues, le chômage reste très élevé. On est un nombre de pauvres en France qui n'a jamais été aussi élevé. Donc on a une situation très difficile. Il faudra un gouvernement de redressement national.

5:05
Locuteur non identifié

Nicolas, le chômage qui, par ailleurs, est au plus bas depuis des dizaines d'années. Ce n'est pas totalement vrai. Sur le contexte économique.

5:12
Nicolas Bay

Si vous prenez uniquement les catégories A.

5:13
Locuteur non identifié

Alors si vous prenez, par exemple, là vous nous parlez du contexte économique qui oblige, selon vous, à revoir certaines priorités. Mais par exemple, l'interdiction du port du voile dans l'espace public que Jordan Bardella souhaite finalement décaler, à 2027, ce qui... Ça, ce n'est pas une question de conjoncture. C'est une question de volonté politique du projet. Pourquoi ça bloque ?

5:33
Nicolas Bay

Écoutez, moi, je ne suis pas au Rassemblement national. Donc moi, je défends pas... Je note cette évolution... Est-ce que vous le déplorez, par exemple ? Oui, moi, je le déplore. Moi, je pense qu'il faut être très clair là-dessus. On a un combat... Il faut interdire le voile dans l'espace public ? Oui, je pense qu'on a un combat... Tout type de voile. On a un combat qui nous est mené par les tenants d'un islam politique. Et nous devons donc accepter ce combat et gagner ce combat. Voilà, c'est vital pour la France. C'est vital pour les Français. Aujourd'hui, l'immigration de masse a conduit au développement du communautarisme partout en France.

Et ce communautarisme a fait le lit de l'islamisme, d'un islam politique. Et on touche là à la nature profonde de l'islam. Il y a bien sûr des musulmans qui renoncent à cette dimension politique de l'islam. C'est-à-dire la nature profonde de l'islam. Mais l'islam, c'est une organisation politique et sociale. Ça n'est pas qu'une spiritualité. Et par conséquent, il faut être extrêmement clair. Dans cette dimension politique, l'islam n'est évidemment pas compatible avec la République, pas compatible avec la France. On doit l'assumer. C'est pour ça que lorsqu'il y en a qui veulent installer dans l'espace public en France cet islam politique, on doit le combattre avec la plus grande fermeté.

Et ceux qui veulent imposer le voile, on voit bien d'ailleurs qu'il y a énormément de femmes, de jeunes filles, qui n'ont pas le choix en réalité, qui sont sous pression d'un certain nombre de quartiers et qui se trouvent contraintes en réalité de porter le voile. Contraintes par un environnement cas humilial.

6:51
Locuteur non identifié

C'est pas le but féministe de votre part ?

6:53
Nicolas Bay

C'est un attachement aux libertés. Parce que la France, c'est le pays des libertés.

6:58
Présentateur

Nicolas, juste une question, pardon, parce qu'on parlait de Jordan Bardella qui détricote son programme, notamment sur le voile. En plus, le président du RN pose aussi des conditions à Matignon. Il n'ira pas s'il n'obtient pas la majorité absolue. Vous qui connaissez de l'intérieur, le Rassemblement National, qui connaissez Jordan Bardella, c'est quoi pour vous ? Est-ce que c'est de l'ordre un peu du refus d'obstacle ? Est-ce qu'il y a un vertige du pouvoir au Rassemblement National ?

7:21
Nicolas Bay

Vous savez, je pense que n'importe quelle force qui serait aujourd'hui en situation d'accéder aux responsabilités peut avoir un petit vertige parce que la situation du pays est dramatique et donc il y aura la nécessité de prendre des mesures très fortes, difficiles. Donc bien sûr... De là à refuser Matignon ? Non, mais je ne pense pas qu'il y a de refus. C'est normal. Il faut une majorité. Il faut être clair. L'enjeu, et là je pense qu'il faut que tout le monde en ait conscience, il faut qu'il y ait une majorité absolue pour gouverner la France.

On ne peut pas avoir une majorité relative avec de surcroît une cohabitation avec un président qui n'a pas la même sensibilité politique parce que là la France sera ingouvernable. Donc l'enjeu du 7 juillet, du deuxième tour des législatives, c'est de dégager une majorité, d'avoir plus de 289 sièges pour la coalition des patriotes et l'union des droites dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale. Sinon on va se retrouver dans une situation d'instabilité politique.

Quand on voit l'état du pays, l'immigration, l'insécurité, le déclassement économique, on ne peut pas se permettre d'avoir des mois ou des années d'instabilité politique totale avec une absence de majorité à l'Assemblée Nationale et une cohabitation. Mais pour moi le danger principal, j'insiste, le danger principal, c'est l'arrivée, la possible arrivée de la gauche et de l'extrême gauche au pouvoir parce que ça veut dire qu'on aurait quand même concrètement des gens qui défendent des positions antisémites, des positions pro-Hamas, c'est-à-dire qui font preuve de bienveillance à l'égard d'une organisation terroriste. C'est de ça dont on parle.

Quand on voit par exemple Raphaël Arnaud, candidat, qui est dans la même coalition électorale, la même alliance électorale que François Hollande. Le 830 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.

9:08
Présentateur

Toujours avec Nicolas Bé, député européen, soutien du Rassemblement National. France 2 a diffusé une vidéo insoutenable jeudi soir, le témoignage de Divine Kinkela, une aide soignante noire qui raconte subir des cris de singe, des insultes de la part de ses voisins qui soutiennent le Rassemblement National. On voit d'ailleurs ses voisins qui se mettent à l'insulter, des insultes violentes. Est-ce que c'est ça aussi la conséquence de la progression du Rassemblement National, un racisme décomplexé ?

9:36
Nicolas Bay

Non, je ne crois pas du tout. Je crois que je n'ai absolument aucun lien. Je pense d'ailleurs que de manière générale, les Français ne sont pas racistes du tout. Et je pense qu'on a essayé pendant des années de culpabiliser les Français. Ceux qui disaient qu'il fallait arrêter avec l'immigration de masse étaient immédiatement accusés de racisme par exemple. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas... Il peut exister bien sûr de manière ponctuelle et c'est tout à fait inacceptable des gens qui se comportent.

10:00
Présentateur

Vous dites qu'il n'y a aucun lien mais dans leur jardin ils avaient des casquettes du Rassemblement National, des affiches du Rassemblement National qu'ils mettent exprès face au jardin de cette femme pour qu'elle puisse les voir. Et ce qu'elle explique dans ce sujet de France 2 c'est que ces insultes ont commencé avec la victoire du Rassemblement National aux élections européennes il y a quelques jours. Comme si la parole s'était libérée depuis ces élections. Mais vous vous dites ça n'a absolument rien à voir.

10:22
Nicolas Bay

Oui je pense que ça n'a rien à voir. Vous ne pouvez pas reconnaître qu'il peut y avoir un lien... Non mais décembre ! Non il n'y a aucun lien politique il peut y avoir des gens qui se comportent mal et qui font de la provocation. Ça ça peut exister partout et dans n'importe quel camp politique. Mais de là à en tirer une conclusion générale ça me semble totalement absurde. La vérité c'est qu'en France le seul vrai racisme qui se développe depuis des années c'est le racisme anti-français et le racisme anti-blanc. Vous savez quand Thomas a été tué...

10:48
Présentateur

Il n'y a pas de racisme autre que du racisme anti-blanc.

10:51
Nicolas Bay

Je ne dis pas que c'est... Dans tous les pays du monde il peut y avoir du racisme. Ça existe.

10:57
Locuteur non identifié

Mais est-ce que ce n'est pas le signe que la dédiabolisation du Rassemblement National cette forme de tentative de normalisation ces dernières années finalement ne cache pas totalement l'intégralité des composantes de l'extrême droite française ? Quand on voit par exemple qu'il y a un bar à Rouen fréquenté par une clientèle d'ultra-droite qui a organisé une soirée les étrangers dehors le maire a saisi la justice qu'est-ce que là encore on n'est pas aussi dans une forme de libération d'une parole un peu décomplexée ? Écoutez, honnêtement

11:22
Nicolas Bay

c'est dérisoire. Moi je veux bien qu'on prenne des faits divers et qu'on essaye d'en tirer une conséquence politique ou d'en tirer des enseignements politiques. Il peut y avoir des gens qui ont de la haine qui ont de la rancœur qui ont des sentiments racistes. Ça peut exister. C'est très critiquable, très triste. Ça existe partout dans le monde. Et ce n'est pas un phénomène politique.

11:43
Locuteur non identifié

Et ça n'existe pas plus

11:44
Nicolas Bay

au Rassemblement national qu'ailleurs ? Non, je ne pense pas que ça n'existe plus au Rassemblement national qu'ailleurs. Mais on ne parle pas de faits divers. En revanche, le vrai phénomène qui existe dans notre pays... C'est un délit, ce n'est pas un phénomène divers en l'occurrence. Non mais le racisme évidemment est critiquable. Toute forme de racisme est critiquable. Condamnable. Condamnable. Mais le racisme qu'on voit se développer partout dans notre pays et qui se traduit par des meurtres. Le meurtre de Thomas Acrépole, c'est du racisme anti-blanc. Assumer. C'est-à-dire que ce sont des racailles qui viennent de la cité voisine et qui disent on va casser du blanc et ils ont tué Thomas.

Là, c'est très concret. Là, ce n'est pas des paroles en l'air.

12:21
Présentateur

Oui, mais là, on parle du Rassemblement national et il n'y a pas que des faits divers. Il y a aussi des candidats qui ont des profils assez troubles ou sulfureux. D'ailleurs, le Rassemblement national et Éric Ciotti ont désinvesti deux candidats après la publication de messages antisémites, racistes sur les réseaux sociaux. Il y a Mediapart aussi qui a recensé 45 profils problématiques. Donc, ce ne sont pas que des faits divers. C'est qu'il y a aussi dans les rangs du Rassemblement national les éléments toujours les plus radicaux sont toujours là.

12:49
Nicolas Bay

Non, moi, je ne pense pas du tout. Pas majoritairement, mais il y en a toujours. D'abord, les critères de Mediapart, à mon avis, ne sont pas forcément très légitimes parce que ce sont des critères très politiques. Ensuite, il peut y avoir, soyons clairs, dans n'importe quelle organisation humaine et en l'occurrence n'importe quelle organisation politique, débat bigaleuse. Ça, ça existe. Moi, vous savez, j'ai fait partie des dirigeants du Rassemblement national à une époque et on peut avoir ponctuellement un candidat, un militant qui se comporte mal. Ça existe dans toutes les organisations politiques. Mais là, ce n'est pas ponctuel. Laissez-moi terminer, s'il vous plaît.

Non, ce n'est pas une série. C'est un ou deux. Les partis politiques, ils doivent être jugés sur la manière dont ils traitent ce genre de cas. Ce n'est pas le fait qu'on est dans un parti politique et quelqu'un qui se comporte mal. C'est inévitable. N'importe quelle organisation humaine, ça existe. La manière dont ils traitent le cas, je vois qu'Éric Ciotti a immédiatement désinvesti un candidat qui avait tenu des propos qui étaient contraires aux valeurs qu'il défend. Et le Rassemblement national, jusqu'à preuve du contraire, fait la même chose. Je regrette que la gauche ne fasse pas la même chose.

Est-ce que vous trouvez normal que François Hollande, ancien président de la République, soit dans la même alliance électorale que Philippe Poutou, qui est le dirigeant du NPA, qui est mis en cause pour apologie du terrorisme, ou la même alliance électorale que Raphaël Arnaud, qui est un militant ultra-violent, qui a fait des menaces de mort et qui utilise la violence et qui assume la violence dans le combat politique et qui est fiché S.

Alors, excusez-moi, mais il faudrait peut-être à un moment donné demander à ceux qui vraiment tolèrent des comportements intolérables dans leur parti ou dans leur alliance électorale des comptes, avant de chercher des poux à la droite et au Rassemblement National, à Eric Ciotti ou à Jordan Bardella, pour des cas marginaux qui sont immédiatement et clairement sanctionnés par ces partis.

14:38
Présentateur

Ce ne sont pas des cas uniquement marginaux. Il y a notamment Marie-Christine Sorin, vous la connaissez ? Investie par le Rassemblement National dans la première circonscription des Hauts-Pyrénées. Libération a enquêté. Elle écrit sur Twitter des choses comme « Toutes les civilisations ne se valent pas ». « Certaines sont juste restées au-dessous de la bestialité dans la chaîne de l'évolution ». Quand elle s'adresse à Prisca-Tévenot, elle est la porte-parole du gouvernement. « Si on lui dit de retourner sur son île, on va être taxé de racisme, on ne peut même pas lui répondre », écrit-elle. Vous trouvez que c'est marginal et cette femme a été investie dans les Hauts-Pyrénées ?

15:08
Nicolas Bay

Non, mais d'abord, encore une fois, moi, je ne suis pas au Rassemblement National. Je ne suis pas comptable de ce que disent ou font les candidats du Rassemblement National.

15:15
Présentateur

Mais ça ne vous pose pas de problème ?

15:16
Nicolas Bay

Non, mais que Libération fasse des extraits de posts sur Facebook des uns ou des autres et essaie d'expliquer qu'il y a plein de candidats qui posent problème, moi, je n'ai pas les mêmes critères que Mediapart ou Libération. S'il y a des gens qui tiennent des propos objectivement contraires aux valeurs et aux idées du Rassemblement National, le Rassemblement National, comme il l'a toujours fait d'ailleurs, sans doute, écartera ces profils-là. Mais ce qu'on demande, légitimement d'ailleurs, à Eric Ciotti ou à Jordan Bardella, à la droite ou au Rassemblement National, il serait temps, vraiment, il serait temps de le demander à la gauche et à l'extrême-gauche.

15:55
Locuteur non identifié

Nicolas Bay, il me semble que ces derniers jours, notamment, beaucoup de demandes de clarification ont été faites, notamment par rapport aux différentes composantes de ce nouveau Front Populaire. Et on attend la réponse. Merci beaucoup. Nicolas Bay, député, européen. Merci d'avoir été l'invité de celui 30 France Info. Agathe Lambrin, on se retrouve bientôt pour de nouvelles interviews.

Législatives : "Il faudra un gouvernement de redressement national"... Le "8h30 franceinfo" de Nicolas Bay, du samedi 22 juin 2024 — Nicolas Bay · Pourquijevote