Hanane Mansouri, députée UDR de l'Isère | La politique et moi
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Questions et réponses
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- 0:32OuverteRéponse directe
Bonjour Anna de Mansoury. Je voudrais commencer cet entretien en vous montrant quatre photos.
- 0:44FerméeRéponse partielle
Quel point commun entre ces personnalités ?
- 0:57OuverteRéponse directe
On peut le dire, est-ce que vous avez ce niveau d'ambition ? Vous voulez faire votre vie en politique ?
- 1:20OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pouviez alors imaginer franchir les portes du Palais Bourbon en plein cœur de cet été 2024 ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Et vous, vous vous dites quoi face à l'annonce de l'alliance LR-RN ?
- 2:50OuverteRéponse directe
Que répondez-vous à ceux qui vous disent que vous avez fait un choix d'opportunisme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:24Invité politiqueFait
« Je me dis, enfin, il était temps. C'est vraiment ce que j'attendais. »
- 2:28Invité politiqueFait
« Je suis convaincue depuis un certain temps que la droite ne pourra pas gagner seule. »
- 3:10Invité politiqueFait
« Moi, j'ai toujours soutenu les personnalités que je pensais à un moment donné pouvoir être capable justement de rassembler un maximum de personnalités de droite. »
- 3:36Invité politiqueFait
« On sort en plus d'un premier et demi-mandat d'Emmanuel Macron qui a mené le pays dans un chaos total. »
- 4:15Invité politiqueFait
« Je prenais ces remarques-là avec beaucoup de recul en me disant... Enfin, je m'étais habituée, en fait, d'avoir des messages d'insultes à caractère raciste, en plus, régulièrement. »
- 4:36Invité politiqueFait
« Et récemment, il y a eu un événement à l'Assemblée nationale où j'ai pris la défense de Boilem-Sensal en hémicycle. Et depuis, j'ai reçu un courrier écrit de menace de mort, me menaçant de subir le même sort que Samuel Paty. »
- 5:33Invité politiqueFait
« Il y a un côté très pudique de ma part. Je suis issue de l'immigration du Maroc, en l'occurrence. J'en suis très fière. »
- 6:27Invité politiqueFait
« Moi, je refuse qu'on m'essentialise et qu'on considère que parce que je suis issue de l'immigration, j'aurai moins de chances que d'autres d'avoir tel poste ou tel appartement. »
- 7:34Invité politiqueFait
« Il est né pendant mes cours de sociologie, où justement, on nous parlait de l'ascenseur social qui était en panne en France. »
- 9:13Invité politiqueFait
« Non, parce qu'honnêtement, je savais déjà que j'étais en confrontation avec l'extrême-gauche. Je n'ai pas eu besoin de me faire tabasser en pleine rue pour le comprendre. »
- 10:19Invité politiqueFait
« Allez les racistes. Vous mettez-nous en question d'avoir un député que des islamistes vous êtes présentés. »
- 10:50Invité politiqueFait
« Moi, je lui pose la question. Est-ce que c'est exemplaire de la part d'une présidente de l'Assemblée nationale d'autoriser une association islamiste à venir dans l'enceinte de l'Assemblée quand bien même cette association avait été dissoute en France ? »
Temps de parole
- Hanane Mansouri61 %
- Présentateur39 %
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Elle est la Benjamine de l'Assemblée, mais elle a déjà beaucoup fait parler d'elle. Venue des Républicains, elle a suivi Éric Ciotti dans la rupture avec sa famille politique pour s'allier avec le Rassemblement National. Elle rêve d'union des droites et un adversaire désigné d'extrême-gauche. Bonjour, Anna de Mansoury. Bonjour. Je voudrais commencer cet entretien en vous montrant quatre photos. Trois hommes et une femme, ils ont tous un point commun avec vous. Michel Barnier, François Fillon, Laurent Wauquiez et Marion Maréchal. Quel point commun ?
La jeunesse sur les images.
Oui, la jeunesse. Mais il y a un autre point commun, c'est qu'ils étaient tous Benjamin ou Benjamin de l'Assemblée. Ils ont eu des brillantes carrières politiques. On peut le dire, est-ce que vous avez ce niveau d'ambition ? Vous voulez faire votre vie en politique ?
Je ne sais pas si je veux faire ma vie en politique, mais en tout cas, ce qui m'anime vraiment, c'est de pouvoir porter mes valeurs et porter l'idéal que j'ai de la France. Donc, tant que ce combat-là ne sera pas réussi, je continuerai de m'engager.
Et ça peut prendre une vie ?
Ça peut prendre une vie, oui, mais je ne le souhaite pas.
En juillet 2024, donc après la dissolution, vous avez été élue députée à l'âge de 23 ans. Quelques mois plus tôt, vous n'étiez encore qu'étudiante en droit public à l'Université de Grenoble. Est-ce que vous pouviez alors imaginer, franchir les portes du Palais Bourbon en plein cœur de cet été 2024 ?
Honnêtement, non. Je ne pensais pas. Je n'avais pas d'ambition, en tout cas, pour avoir un mandat en particulier. En revanche, j'étais engagée dans un parti politique. J'étais vraiment une militante de terrain. Donc, c'est vraiment quelque chose qui m'animait pour le coup.
Vous y prépariez d'une certaine façon. Vous avez été aussi assistante parlementaire.
Bien sûr, j'ai travaillé pour des élus auparavant. Donc, c'est vraiment une vocation que j'ai eue très tôt.
C'était dans un coin de votre tête. Alors, votre carrière politique a donc débuté par un coup d'éclat, on peut le dire. Le 11 juin 2024, Éric Ciotti, alors président des Républicains, annonce au journal de 20h de TF1 qu'il veut voir sa famille politique s'allier avec le Rassemblement National pour les Législatives. Des millions de Français sont alors incrédules. Un grand nombre d'élus de droite crient à la trahison. Et vous, vous vous dites quoi ?
Je me dis, enfin, il était temps. C'est vraiment ce que j'attendais. Je suis convaincue depuis un certain temps que la droite ne pourra pas gagner seule. Je savais qu'à un moment donné, il fallait aller vers l'Alliance. Et malheureusement, il y a eu un tabou qui s'est créé vis-à-vis du Rassemblement National que je n'ai jamais compris dans mon engagement. Donc, quand Éric Ciotti a annoncé ça, pour moi, c'était vraiment une bonne nouvelle pour notre famille politique et pour les Français aussi qui attendent que la droite arrive au pouvoir.
Alors, votre choix n'a pas plu à tout le monde. Certains vous reprochent un parcours en zigzag. En 2021, lors de la primaire de la droite, à laquelle concourait déjà Éric Ciotti, vous aviez soutenu Michel Barnier. Un an plus tard, lors de l'élection à la présidence des Républicains, à laquelle concourait encore Éric Ciotti, vous soutenez cette fois Bruno Retailleau. Que répondez-vous à ceux qui vous disent que vous avez fait, en 2024, un choix d'opportunisme ?
Moi, j'ai toujours soutenu les personnalités que je pensais à un moment donné pouvoir être capable justement de rassembler un maximum de personnalités de droite et surtout parce que j'étais convaincue qu'ils n'auraient pas se noyer dans le centrisme. Visiblement, pour certains, je me suis trompée à ce moment-là. Et au moment des législatives, en tout cas, il y avait une telle urgence. Honnêtement, comme vous l'avez dit en présentation, moi, mon combat principal, c'est l'extrême-gauche, c'est la gauche parce que je considère que c'est eux qui mettent à mal notre pays. On sort en plus d'un premier et demi-mandat d'Emmanuel Macron qui a mené le pays dans un chaos total.
Donc l'urgence n'était plus de savoir entre quelles personnalités de droite il fallait choisir, mais plutôt comment est-ce qu'on allait tous se rassembler pour enfin essayer de faire gagner la droite.
Alors, ces choix politiques et la proximité avec le rassemblement national prônée par cette union des droites vous ont valu, pendant votre campagne, de nombreuses attaques, certaines ayant un caractère raciste. On voit ici une capture d'écran postée par vous, dénonçant certains de ses propos. Serpillère, beurrette, arabe de service, peut-on lire ? C'est très violent. Comment avez-vous réagi ?
Alors, au départ, pour être tout à fait honnête, je prenais ces remarques-là avec beaucoup de recul en me disant... Enfin, je m'étais habituée, en fait, d'avoir des messages d'insultes à caractère raciste, en plus, régulièrement. Donc je les prenais avec beaucoup de recul. Et récemment, il y a eu un événement à l'Assemblée nationale où j'ai pris la défense de Boilem-Sensal en hémicycle. Et depuis, j'ai reçu un courrier écrit de menace de mort, me menaçant de subir le même sort que Samuel Paty.
Donc je prends ces menaces-là avec beaucoup plus de sérieux et je me rends compte que c'était vraiment ma réaction qui était anormale parce que j'avais vraiment banalisé le fait de me faire insulter, de me faire menacer constamment. Or, ce n'est pas normal quand ma seule volonté, c'est de défendre les intérêts de mon pays. Je le fais dans un cadre démocratique. Il n'y a aucun problème là-dessus. Et en contrepartie, je dois m'habituer à avoir des messages de haine constamment. Et ça, c'est vraiment mon quotidien.
Alors, ce point nous amène, d'une certaine façon, à la question de vos origines sociales, culturelles et de votre parcours. Vous avez grandi dans un quartier populaire de Grenoble. Votre famille est originaire du Maroc. Arrivé en France dans les années 1960, votre grand-père est venu travailler comme mineur. Je crois. Votre père était, lui, dans le BTP. Vous êtes très discrète sur ses origines et sur votre famille. Pourquoi ?
Il y a un côté très pudique de ma part. Je suis issue de l'immigration du Maroc, en l'occurrence. J'en suis très fière. Je vais régulièrement en vacances là-bas. Et pour autant, mon engagement politique se fait en France. Je suis née ici. Et ce qui m'anime au quotidien, c'est vraiment de faire en sorte que mon pays, la France, soit le meilleur possible. Sur l'aspect familial, mes parents, effectivement, sont issus de classe moyenne. Mon père était dans le bâtiment. Et ma mère est dans le social. C'est une famille tout à fait discrète qui ne fait pas du tout de politique.
Pas du tout. On ne parlait pas de politique chez vous. Dans une interview, vous avez déclaré, je vous cite, « Je déteste qu'on me définisse comme quelqu'un issu de l'immigration. Il faut arrêter de se chercher des excuses. » Quelles excuses refusez-vous ?
Moi, je refuse qu'on m'essentialise et qu'on considère que parce que je suis issue de l'immigration, j'aurai moins de chances que d'autres d'avoir tel poste ou tel appartement. Et ça, c'est vraiment un discours typiquement qui est poussé par l'extrême gauche, qui a tendance à mettre les personnes dans des cases, la communauté maghrébine, la communauté africaine, la communauté LGBT aussi. Moi, je refuse ça parce que je considère qu'il y a une seule communauté et qu'elle est française. Et que c'est ça la grande chance de notre pays aussi. C'est de pouvoir, à un moment, trouver les points qui nous rassemblent plutôt que nos différences.
Et la chance de la France aussi, c'est d'avoir les mêmes chances de réussite. On a tous accès à l'école, on a tous accès à des services publics gratuits qui nous permettent de nous éduquer. Mais quand bien même on est avec des cartes qui sont différentes, comme je vous l'ai dit. Moi, je viens d'un milieu qui est assez modeste. Mes parents n'ont pas fait de grandes études. Et pour autant, ils me poussaient à me cultiver du mieux que possible et à aller travailler.
Alors, vous parlez de l'école. Je crois que votre engagement politique, il est né au lycée. Vous pouvez nous raconter comment ?
Alors, il est né pendant mes cours de sociologie, où justement, on nous parlait de l'ascenseur social qui était en panne en France et qu'on nous disait que, globalement, si on était une femme ou qu'on était ce qu'on appelle racisé, on aurait moins de chances de réussir que les autres. Et moi, c'est vraiment un discours que je ne comprenais pas, qui presque me blessait parce que j'avais l'impression de travailler autant que les autres et de me donner les moyens. Et je refuse, en fait, ce discours qui est défaitiste. Vraiment, je considère qu'on a tous les chances de réussir et peu importe dans quel domaine, tant qu'on se donne les moyens.
Alors, votre positionnement et votre discours vous placent à l'antithèse de l'extrême-gauche. En me plongeant dans votre parcours, j'ai été frappé de voir à quel point la confrontation idéologique avec l'extrême-gauche était centrale dans votre parcours. Vous diriez que c'est votre ennemi, votre adversaire, en tout cas, principal ?
C'est mon adversaire principal parce que je considère vraiment qu'ils ont un rôle néfaste pour notre société, qu'ils contribuent à la division, à cette culture de l'excuse. C'est un réel handicap, en fait. Notamment quand on est jeune comme moi, j'aurais aimé avoir un discours beaucoup plus porteur d'espoir, notamment. Et la gauche est constamment dans l'excuse et dans le défaitisme. C'est un discours qui ne me plaît pas du tout, effectivement.
Alors, je parle de confrontation idéologique, mais ça a été même plus loin. En 2022, alors que vous militez pour le syndicat étudiant-uni, vous êtes victime d'une agression dans la rue. Vous êtes frappé au visage. Vous dites avoir reconnu des militants antifa. Cet épisode a laissé des traces. C'est aussi ce qui fait que vous éprouvez un rejet quasi viscéral de ces mouvements ?
Non, parce qu'honnêtement, je savais déjà que j'étais en confrontation avec l'extrême-gauche. Je n'ai pas eu besoin de me faire tabasser en pleine rue pour le comprendre. En revanche, ça m'a confortée dans mon idée que je considère la bonne, puisque eux ont besoin d'avoir recours à la violence. C'est des personnes qui, sans cesse, nous expliquent à quel point ils sont féministes. Et pour autant, ça n'a pas empêché quatre hommes de gauche de me frapper en pleine rue. Donc, voilà, je sais que mon combat, il se fait sur les idées, que la France est en train de se réveiller et partage les idées que nous défendons. Et qu'on n'a surtout pas besoin d'avoir recours à la violence.
Alors, à l'Assemblée, ce combat contre l'extrême-gauche vous a valu de vous faire remarquer à plusieurs reprises. La première fois, c'était en mars 2025. Vous dénoncez alors la présence de membres du collectif contre l'islamophobie en Europe à une table ronde, organisée par le député de la France Insoumise, Raphaël Arnaud. Vous vous invitez, si je puis dire, à la réunion. On regarde.
On a un certain nombre de collègues députés qui ont demandé l'adaptation de cette table ronde. Bonjour. Allez les racistes. Vous mettez-nous en question d'avoir un député que des islamistes vous êtes présentés. Pourquoi tu filmes comme ça ?
Allez les racistes. Alors, suite à cet incident, la présidente de l'Assemblée publie un communiqué dans lequel elle vous recadre assez sèchement. Elle vous reproche d'avoir provoqué un incident donnant une image déplorable de l'Assemblée. L'Assemblée n'est pas un lieu de spectacle et de coup médiatique, mais une institution qui doit être exemplaire, écrit-elle. Que dites-vous ? C'était une erreur ou si c'était à refaire, vous le referiez ?
Moi, je lui pose la question. Est-ce que c'est exemplaire de la part d'une présidente de l'Assemblée nationale d'autoriser une association islamiste à venir dans l'enceinte de l'Assemblée quand bien même cette association avait été dissoute en France ? C'est plutôt à elle de se remettre en question. En réalité, elle a essayé de faire un coup de force avec les faibles là où elle n'a pas osé justement interdire cette réunion qui est proprement scandaleuse.
Mais tout de même, le fait d'avoir filmé cette scène, de la diffuser, il y a quand même une côté culture de l'image et du buzz. Vous assumez ce côté clash ? Vous avez une stratégie de communication derrière ça ?
Ce que j'assume, c'est surtout de vouloir dire la vérité. C'est mon objectif principal, de pouvoir montrer ce qui se passe, parce que c'est qu'en connaissant la vérité qu'on pourra régler les problèmes. On a autorisé une association islamiste à tenir une réunion dans l'Assemblée nationale, soit. Dans ce cas-là, il faut assumer pleinement son choix et il faut que les Français sachent aussi. Parce que derrière, on représente des Français. Raphaël Arnaud a été élu député. Il représente la nation au même titre que moi. Et donc, je considère que c'est mon rôle aussi de montrer aux Français ce qu'on fait de leur institution.
Néanmoins, certains vous reprochent d'alimenter une culture du conflit et de l'importer dans l'Assemblée. Est-ce que c'est bien le lieu et est-ce que c'est bien votre rôle ?
Écoutez, je poste beaucoup sur les réseaux sociaux d'un fait de génération, je pense. Quand il y a de bonnes images de l'Assemblée nationale, je les montre aussi. Mais quand il y a des défauts, encore une fois, moi, je m'attache à montrer ce qui se passe avec le plus de véracité possible.
Allez, pour terminer l'émission, je vous propose de passer à notre quiz. Vous allez voir apparaître des débuts de phrases. À vous de les compléter. Quand on vous qualifie d'éponge, Anna de Mansoury ?
Ça, c'est une qualification de Yannick Noderre. Ça me fait plaisir parce qu'il l'a dit justement dans le sens où j'apprends vite. Et donc, ça me fait plaisir de savoir qu'il a remarqué ça.
Entre Dalida et Jul, je choisis.
Je ne peux pas choisir. J'écoute les deux, j'aime les deux, c'est deux styles différents. Très différents. Mais c'est représentatif de... Ce n'est pas la même génération non plus. Voilà. Mais c'est représentatif aussi de ma personnalité, en attachement à la France ancienne et puis en modernisme.
Enfin, une journée sans boisson énergisante. On ne peut pas citer laquelle, mais vous en consommez beaucoup.
C'est fatigant.
Il en faut des boissons énergisantes pour tenir le rythme de l'assemblée.
Oui, on a un rythme qui est particulièrement intense. Donc, ça m'aide beaucoup.
Bon, attention à la tachycardie quand même, Anna de Mansoury. Merci, en tout cas, d'être venue dans La Politique et moi.
Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Hanane Mansouri