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interviewSud Radio· 13 avril 2026 25 min

"Où est le respect des victimes ?" : les avocats en colère contre le projet Darmanin

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le grand matin Sud Radio, [musique] la vérité en face. Jean-François Aili. Alors, justice efficace ou justice expéditive, c'est la question qui est posée ce matin.

Les avocats se mobilisent ce lundi dans toute la France à l'appel du barreau de Paris de la conférence des bâtonniers contre le très controversé projet de loi sur la justice criminelle. On appelle ça déjà la loi d'Armanin façon raccourci qui doit être voté au Sénat. Euh objet de la colère, l'instauration d'un PL découpable pour les crimes.

Nous allons savoir de quoi il en retourne. Alors, c'est une mesure phare qui vise à désengorger euh les tribunaux. Bonne ou mauvaise idée.

Bonjour à vous, maître Judic Couturier. Bonjour Jean-François. Avocate, présidente du Conseil national des barreaux.

J'imagine que cette loi d'Armanin n'a pas forcément votre faveur, hein. Elle n'a [grognement] clairement pas notre faveur. Vous y êtes opposé.

Oui, oui, nous nous y sommes opposés en effet et et la profession est unie. Euh sur sur ce point, vous avez cité opportunément le barreau de Paris, la conférence des bâtonniers et donc le Conseil national des barreaux que j'ai l'honneur de présider et qui est l'instance de représentation des avocats en France. Donc oui, il a 164 barreaux.

Alors 164 barreaux, 79000 avocats surtout euh en France euh aujourd'hui. Alors qu'est-ce que vous reprochez à ce plaidé euh euh qui permettrait de de euh le PL des coupables he qui permettrait de d'accélérer les procédures ? Alors allons-y.

Alors on lui reproche d'être peut-être une mauvaise solution à un constat qu'on peut partager. Euh le constat qu'on peut partager, c'est qu'en effet euh le nombre de dossiers criminels est très important aujourd'hui et que combien sont en souffrance ? 6000 à peu près et c'est vrai que ça a beaucoup augmenté euh ces dernières années.

Euh j'allais dire pour de bonnes raisons si l'on peut dire puisque c'est aussi les conséquences de l'explosion du mouvement mitou qui fait que euh la parole s'est libérée et que même si hélas on est encore très très loin du compte sur la prise en compte des plaintes des victimes de de violence sexuelle et sexiste, il n'en reste pas moins que le multiplication d'affaires VSS depuis depuis l'avénement de MITou. Absolument. Euh devant les juridictions criminelles, ce sont de tiers euh des contentieux qui sont euh des infractions de nature sexuelle.

Euh donc encore une fois, on est très loin du compte puisque il y a encore énormément de de violences qui ne sont pas prises en considération par la justice, mais pour autant euh malgré tout l'institution judiciaire progresse dans dans cette prise en charge et et heureusement et c'est ça qui fait qu'aujourd'hui le nombre de de dossiers criminels a beaucoup augmenté. Il y a aussi évidemment Oui, il y a il y a pas que ça, il y a aussi le narcotrafic mais il y a aussi il y a aussi ça. Voilà.

Oui. Julie Couturier donc le narcotrafic effectivement également l'idée ce serait que au fond le procureur puisse se négocier directement avec l'avocat de de l'accuser en fait. Alors de l'accuser mais encore une fois la question c'est celle de la nature des infractions parce qu'on nous oppose souvent que nous étions aussi opposés à la CRPC quand elle est advenue en 2004.

La CRPC, c'est la la la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité euh qui permet en effet qu'en matière délictuelle, c'est-à-dire des infractions de moindre gravité et la plupart du temps d'ailleurs plutôt des atteintes au bien, on puisse en effet négocier la peine. Mais là, on est sur des affaires criminelles, c'est-à-dire les infractions les plus graves, c'est-à-dire les sanctions les plus lourdes qui nécessitent à notre sens un procès public. Euh parce que c'est aussi euh ce que la justice donne à voir aux citoyens avec un rôle de l'oralité et de la parole aussi bien de l'accusé de la victime qui doit pouvoir se déployer.

Alors 0826 300 300 vous nous appelez pour témoigner éventuellement euh parce que ce sujet nous concerne très largement là-dessus. Julie Couturier quand vous dites ça dépend des affaires, est-ce que çaà dire que pour certaines affaires, vous trouveriez peut-être la la procédure intéressante ? C'est très difficile de généraliser.

Encore une fois, nous on est très attaché euh à l'oralité, c'est-à-dire à la nécessité d'un échange contradictoire pour les mais pour les accuser aussi. C'estàd que la question c'est celui aussi du sens de la peine. Ce que c'est que cette publicité, cette confrontation dans le cadre d'un procès public avec un certain nombre de de témoins qui peuvent s'exprimer et cetera, c'est aussi une façon pour l'accuser de prendre conscience des conséquences de son acte et de donner un sens à la peine qu'il lui sera le cas de pédagogie en fait.

Oui. Oui. Euh Jean-Pierre, vous nous appelez de Marseille, vous voulez intervenir dans ce débat ce matin ?

Bonjour Jean-Pierre. Oui, bonjour Jean-François. Bonne ou mauvaise idée selon vous ?

Bonjour monsieur. Je crois que c'est une excellente idée. Euh j'ai une vision peut-être trop fonctionnel et pragmatique, mais je crois que ça c'est à l'embouteillage qui existe devant les les tribunaux, les cours de justice.

Le fait qu'il y a le même nombre de juges depuis à peu près 200 ans en France et qu' a pas quand même trois fois plus de population et donc beaucoup plus d'affaires. Il faut trouver des solutions lorsqu'on a toutes les évidences pour un mot anglais ou franglais et toute l'épreuve, on peut pourrait proposer à des à des personnes dont on sait pertinemment qu'elles sont coupables un PL des coupables justement pour pour alléger le travail de la justice, avoir une justice plus rapide et éviter éventuellement que certains certaines personnes en détention provisoire alors que elles sont parfaitement innocentes puissent puissent être jugé elle plus rapid rapidement aussi et être dégagé de tout façon plus rapidement aussi. Voilà.

Vous êtes vous êtes de la partie Jean-Pierre ? Vous êtes de la partie vous êtes de la partie Jean-Pierre ? Vous je suis pas de la partie non j'ai on va dire historiquement une formation juriste.

Donc j'ai une certaine vision et j'ai des beaucoup d'amis avocats aussi. D'accord. Julie Couturier qui répondez-vous à notre Jean-Pierre qui pense que c'est une bonne idée quand même.

Malgré tout je pense qu'on a un point de convergence avec Jean-Pierre. C'est le fait que nous payons tous aujourd'hui collectivement 40 ans d'abandon de l'institution judiciaire et ce à quoi fait référence Jean-Pierre, c'est au nombre de magistrats, de greffiers, de personnel de justice et le sujet il est là. Alors moi encore une fois, je je je n'attaque pas les hommes, j'attaque les idées.

Donc je comprends le pragmatisme de notre garde de dessous qui cherche tes solutions. Je le comprends simplement. Je pense que celle-ci n'est en effet pas la bonne.

C'est-à-dire que même si c'est dans le la volonté louable encore une fois de désengorger euh la la justice, euh il n'en reste pas moins que ce n'est pas au au mépris, si je puis dire, euh des principes fondamentaux du procès pénal que ça doit se faire. Jean-Pierre là-dessus, intervenir, allez-y. Ben, je vois pas de quel mépris il s'agit dans la mesure où on aurait quelqu'un qu'on ne contraindrait pas appeler des coupables.

Je comprends pas le mot de mépris dans le débat. Alors euh on parle d'un sentiment alors que là il s'agit simplement de fait. Donc une personne qui accepterait le PL des coupables, en quoi elle est méprisé ?

Alors non, c'est pas c'est pas la question du méprise. Enfin ce que je dis c'est que c'est le c'est le c'est on va dire pour l'exprimer autrement que c'est au détriment euh de des principes fondamentaux du procès pénal. sur la question euh de l'accord en effet de l'accusé euh ou de et de l'absence d'opposition de la victime.

Euh c'est vrai que là-dessus notre position est qu'en réalité on tort le bras en réalité de l'accusé et de la victime compte tenu en effet des délais euh de procédure qui ont actuellement court. C'estàd qu'un accusé en effet compte tenu des conditions dans lesquelles le cas échéant il sera détenu pourra avoir la tentation de faire des aveux de circonstan pour bénéficier de cette procédure. Est-ce que c'est véritablement ça une justice de qualité ?

Jean-Pierre dernière intervention vous êtes dans une construction intellectuelle, vous parlez par hypothèse. Moi je moi je crois par contre, je ne prétends pas savoir que si quelqu'un sait qu'il est coupable quand il propose au lieu d'avoir je sais pas 30 ans de prison avec je dirais 22 ans de peine incompréhensible au lieu de ça on lui on lui dit ben ok mais que 15 ans de peine incompréhensible je crois qu'il pourrait éventuellement ne pas être en désaccord et je vois pas à quel moment on préjudicie au droit de cet accusé et si les victimes sont la plupart du temps le procès est aussi thérapeutique. Elles sont contentes qu'il y a un coupable, que le coupable reconnaisse ses défits.

Alors que la fiction selon laquelle les avocats arrivent à quitter les gens lorsqu'ils sont coupables, euh ils sont connais parfois sans jamais avoir reconnu les faits. Les victimes et les les parents de victimes ou les enfants de victimes en souffrent pendant des années, ellent pas à avancer euh je dirais psychiatriquement quasiment. Donc je je vois pas où est le sujet en fait.

Bon, en tout cas, nous entendons vos arguments. Merci Jean-Pierre depuis Marseille. Nous allons vous merci infiniment depuis Marseille.

Nous allons vous répondre évidemment tout au long de cette émission avec vous maître Jolie Couturier. C'est l'idée aussi qu'on entend souvent pour rebondir sur ce que dit Jean-Pierre à l'instant, c'est grosso modo mieux vaut une justice rapide que ce [grognement] sentiment de pas de justice du tout. Vous voyez, c'est voilà, c'est la question des délis encore une fois, je je et puisqu'on évoque la question de de la nuance, il est évident que que la question des délais est un est un vrai sujet.

Euh maintenant, je pense aussi que parce qu'on nous parle aussi beaucoup de respect des victimes et et c'est vrai que le storytelling, c'est que euh c'est une loi qui vise justement euh euh à respecter les victimes euh dès lors qu'elles peuvent s'opposer à la mise en œuvre de cette procédure euh de jugement sur crime reconnu. Or là aussi, est-ce que quelle est la réalité de de euh du consentement des victimes ? [grognement] Et est-ce que c'est tellement plus respectueux quelque part de faire peser sur elle les conséquences d'une opposition à la mise en œuvre de cette procédure en disant soit vous ne vous opposez pas à cette procédure, soit [grognement] l'infraction dont vous avez été victime sera jugée dans 2 ans, 3 ans, 4 ans.

Euh c'est ça c'est quand même ça fait peser sur les victimes et sur les partis civiles une charge mentale qu'à mon sens elles n'ont pas à prendre sur leurs épaules. même si les victimes en question attendent depuis des années parfois avec une espèce immanquablement de sentiment de de vous savez de de lassitude qui peut s'installer. Mais encore une fois, est-ce qu'il y a pas des solutions peut-être plus dans l'amont de la procédure ?

Parce qu'en réalité, il faut voir que cette procédure, elle se situe après l'instruction à un moment où le temps a déjà passé entre la commission de l'infraction et le moment où où l'affaire criminelle va être audiencée. Je pense que on peut se mettre d'accord sur le fait que les enquêtes pourraient être plus courtes, que les instructions pourraient être plus courtes, qu'il y a peut-être en effet des moyens de préparer l'audience criminelle. Bon, encore une fois, je pense qu'il y a peut-être dans l'amont de la procédure criminelle d'autres solutions euh que le sacrifice de cette audience pénale euh et de cette audience criminelle à laquelle on est encore une fois très attaché.

Parce que là, nous parlons de de d'affaires majeures. Imaginons, appliquons cela, le Squarnec, tiens, au hasard euh imaginons une négociation et ce monsieur aurait pu se soustraire un un une confrontation publique, un débat classique. Il faut avoir parce que ça on l'a beaucoup entendu ces derniers jours.

Je pense qu'il faut quand même là aussi pour promouvoir la nuance avoir quand même l'honnêteté de dire que de toute façon dans un procès comme le Squarnec ou dans un procès comme Pélico puisqu'on en a aussi beaucoup parlé cette procédure n'aurait pas pu avoir cours inéligible pour un tel un tel procédé absolument quel serait le le curseur finalement alors en général c'est quand un accusé oui euh et quand il y a effectivement une une victime ou une partie civile qui qui s'est qui s'est déclaré. Donc ce sont effectivement pour des affaires qui ne sont pas aussi massives que les deux affaires. Donc c'est le mauvais exemple en réalité pour évoquer.

En tout cas, c'est pas c'est pas un bon exemple pour en effet le le contester. La mobilisation des avocats, elle vous paraît massive aujourd'hui là-dessus ? Il y a il y avait vraiment un vent de contestation par rapport à ce que vent de contestation très fort et et je dois le dire qu'il n'est pas un combat corporatiste.

Euh c'était la suite de la question. Ouais. Parce qu'en réalité pour les avocats, il y a pas véritablement d'enjeu, enfin je vais le dire de façon un peu un peu familière, mais il y a pas d'enjeu de business.

C'est pas ça le sujet. Je pense que on est là euh on se bat véritablement pour les principes euh fondamentaux du procès du procès criminel. Oui.

Nous aurons dans un instant en ligne Nicolas Bastuc hein qui est notre journaliste à l'On rédacteur en chef droit et justice spécialiste de ces questionsl qui intervient régulièrement dans cette émission la vérité en face qui portera peut-être la contradiction avec vous. Encore une question la question qui est posée maître Julie Couturier c'est d'accord mais qu'est-ce qu'on fait alors ? Alors [rires] alors c'est toute la question revenir encore après la pause mais je l'amorce qu'est-ce qu'on fait ?

Ben oui, j'ai j'évoqué des pistes sur la mond de la procédure, sur éventuellement le le les délais d'enquête, sur les délais d'instruction, sur la préparation des audiences criminelles et puis la question des moyens, même si je sais que les efforts ont été évidemment euh même si c'est des questions d'effectif, c'est des questions de salle, c'est des questions de la lenteur de l'institution judiciaire à s'adapter à l'augmentation du contentieux. Euh votre auditeur le rappelait tout à l'heure, le le nombre de magistrats a augmenté très faiblement. Euh alors que les contentieux explosent.

Oui, mais vous avez dit 79000 avocats. 79000 avocats. Donc là pour le coup euh ça fonctionne, il y a pas de déficit mais c'est l'appareil judiciaire en face qui qui qui justement est en train de faillir hein.

Oui. 9000 magistrats, ça a très peu augmenté. Encore une fois, des efforts sont faits, il faut les reconnaître. euh des efforts budgétaires, des efforts de d'effectif et on est parfaitement conscient et lucide sur le fait qu'on forme pas les magistrats en 2 minutes, ni les greffiers, ni les personnels de justice.

Allez, vous restez avec nous. Julie Couturier, maître Couturier, vous dites non à cette loi d'Armanin qui se profile. C'est cet article phare he qui mobilise essentiellement les avocats.

Nous verrons le point de vue dans un instant de Nicolas Bastuc de l'abdomadaire le point tout de suite pour la suite de la vérité en face sur Sud Radio. Le grand matin Sud Radio, la vérité en face. Jean-François Aili [musique] avec maître Julie Couturier, avocate présidente du Conseil national des barreaux sur cette mobilisation des avocats en France contre la loi d'Armanin et son article phare le le PL découpable.

Bonjour à vous mon cher Nicolas Bastuc. Bonjour Jean-François. Bonjour à tous.

Journaliste au point l'abdomadaire rédacteur en chef droit et justice. Vous êtes un fin connaisseur de en la matière. Vous en pensez quoi Nicolas Bastuc de ce débat là ?

Faut-il aller vers le vœu de Gérald Darmanin, simplifier le le système ou alors on s'en tient à ce qui existe déjà au regard de ce que pourrait en attendre les les victimes ? Alors, vous savez, dans ce monde de fake news et de de mirage de de la communication, je suis toujours attentif à la manière dont on nomme les choses. Et je dois dire que là, je ne suis pas très rassuré pour deux raisons.

D'abord, le projet s'appelle projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Et moi, je me demande où est le progrès et où est le respect des victimes dans ce dans ce projet qui va les priver d'un procès, de l'occasion de s'expliquer, de se confronter, d'évoquer leurs préjudices, de plaider leurs causes. Alors certes, on aura besoin de leur accord pour pour en passer par le plaid des coupables.

Mais moi, j'imagine déjà les pressions qui pourront s'exercer sur elle et le procureur qui pourra dire à leur avocate, "Écoutez, c'est ça dans 6 mois ou alors un procès dans 5 ans ?" Voilà. Donc moi, ça m'énerve un peu cette manière de mettre constamment en avant la victime.

Moi, je dis qu'elle a bon la victime parce qu'elle est assez maltraitée par l'institution judiciaire et pour autant on en fait toujours un alibi. Ça serait une double une double peine en quelque sorte à vos yeux. Oui.

Oui. Et puis alors l'autre l'autre manière de malommer les choses et donc comme disait l'autre d'ajouter au malheur de la justice, c'est d'appeler cette procédure procédure de jugement des crimes reconnus. Alors effectivement, si on considère qu'un jugement, c'est simplement rendre une décision, ça colle.

Mais pour moi, un jugement c'est quand même un processus qui conduit à une décision, mais après un procès équitable, contradictoire. Voilà. hors ce procès disparaît.

Alors pour répondre à votre question, moi je suis pas forcément contre le principe euh d'un plaid coupable même au criminel, mais pas dans ces conditions, pas dans cette précipitation. Vous vous rendez compte quand même ça bouleverse de siècles et demi de tradition juridique. Il y a d'abord eu l'effacement du du citoyen dans les cours criminelles départementales et aujourd'hui c'est l'effacement du débat.

Un procès c'est quoi ? un accusé qui est confronté à à la société qui lui demande des comptes. Mais c'est aussi un procès des clés de lecture pour comprendre le phénomène criminel.

Certains certains phénomènes comme par exemple les violences intrafamiliales, la notion d'emprise et cetera. C'est aussi le droit au public d'être informé sur la manière dont la justice de se rend et tout ça tout ça disparaît. Pourquoi en réalité ? pour des impératifs de de pure gestion.

On a 6000 dossiers à traiter. On n pas su anticiper la manière de les de les de les juger et de façon expéditive, on sort du chapeau quelque chose qui qui mériterait au moins un peu de réflexion et de méditation. Maître Julie Cout, vous êtes d'accord avec Nicolas Bastuc ?

Je suis évidemment d'accord avec Nicolas Bastuc. Euh évidemment et et c'est ce que je disais tout à l'heure sur euh en effet euh la nécessité, l'effet catarctique euh du procès pénal qui est indispensable aussi bien pour l'accusé que pour euh la partie civile. et et c'est ce que j'évoquais sur notamment la pression du temps, c'est-à-dire le transfert de charge qu'on fait peser sur la victime qui va si elle s'oppose à la mise en œuvre parce qu'en fait c'est pas c'est pas on demande pas son accord, on lui permet lorsque l'accusé et et le parquet sont d'accord de s'opposer.

On lui donne 15 jours pour le cas échéant s'opposer à la 1909 de cette procédure. Ça veut dire que on fait peser sur elle en effet et par l'effet de la contrainte du temps la responsabilité du retard d'audiencement. Euh et c'est en réalité à mon sens et je rejoins là-dessus complètement Nicolas Bastuc euh le contraire du respect qu'on doit aux victimes.

Nicolas Bastuc, vous disiez à l'instant euh vous n'êtes pas totalement opposé à euh cette loi d'Armanin. Y a-t-il des en la matière des peut-être des certains dossiers qui pourraient euh euh passer par cette négociation là à vos yeux ? Ce que je dis c'est que on peut éventuellement y réfléchir pour certaines affaires mais pas pas avec cette précipitation.

Vous vous rendez compte que il est prévu donc en cas de PL des coupables une procédure une audience d'homologation qui durerait une demi-journée au cours de laquelle un juge du siège d'une certaine manière validerait euh la transaction qui aurait été trouvée entre le parquet et et l'accusé. Mais dans le texte, il n'y a rien. On ne sait pas comment va se dérouler cette audience d'homologation, qui va pouvoir y prendre la parole, comment ça va se passer, est-ce qu'il y aura des voix de recours ?

Voilà, donc c'est une c'est une une proposition de loi, un projet de loi plutôt qui qui a été vraiment mené dans la précipitation parce que monsieur Darmanain, qui est un agenda politique veut par tous les moyens euh résorber une partie de son stock. Mais moi, je dis que la justice, ça n'est pas la grande distribution. On ne gère pas des stocks.

La justice, c'est quelque chose de sérieux et d'important. Alors, ce qui ce qui me choque aussi, c'est le champ d'application de cette loi. Vous vous rendez compte quand même qu'un assassinat d'enfants, des actes de torture et de barbarie, une prise de hautage ou un enlèvement et une séquestration pourront passer comme ça par le plaid des coupables.

Alors bon, monsieur Darmana a quand même pris soin d'écarter les crimes contre l'humanité, tant mieux. CL Barbie n'aurait pas pu être jugé de cette [rires] manière. la criminalité organisée en effet et le terrorisme.

Mais tous les autres crimes passibles de la perpétuité, voire de la perpétuité incompressible pourrait théoriquement être jugé comme ça de de cette manière et et moi je trouve que c'est extrêmement grave de de sortir comme ça du chapeau un projet aussi rapidement, sans concertation, sans que la société a pu réfléchir, sans que les professions du droit, mais pas seulement les professions du droit, les citoyens aient pu s'exprimer là-dessus. Julie Couturier, pour rebondir et pour reprolonger he ce que dit à l'instant Nicolas Bastuc, est-ce que euh si on pourrait imaginer euh l'établissement d'une liste de de types d'affaires euh qui seraient hors le champ de cette de ce PL des coupable euh à quel niveau à quelle jauge si je puis dire, pardon, de parler de façon aussi triviale pour des souvent des crimes particulièrement tragiques. Qu'est-ce qu'on pourrait imaginer dire ça ?

Oui, ça non. Voilà. Alors le la commission des lois du Sénat a déjà commencé, si je puis dire, ce travail.

Il faut là aussi le le reconnaître puisqu'il y a un certain nombre de crimes qui ont été sortis du champ de cette procédure de jugement sur crime reconnu, notamment tout ce qui concerne les mineurs, viol sur mineur de ce ce type d'infraction. Euh si vous enlevez les VSS, au fond, il restera pas grand-chose à ce stade-là. à ce stade-là.

Effectivement, nous notre position est effectivement une position d'opposition claire et nette tout simplement à cette procédure et donc totale. Donc on n'est pas à discuter des termes. C'est vrai qu'on regrette, je le dis puisque Nicolas parle de de précipitation mais c'est clair que c'est une réforme qui s'est en tout cas construite sans concertation incontestablement.

Oui. Nicolas Bastuc pour clore cet échange. Là ça va au Sénat.

Euh il y a une mobilisation, vous allez nous dire curi Oui. Oui. Euh où est-ce qu'on va avec ce texte selon vous hein Nicolas Bastuc ?

Vous qui êtes rompu à ce type de de débat parlementaire ? Écoutez, je pense que le ministre qui encore une fois est un peu obnubilé par son agenda politique n'avait pas vu venir euh ce mouvement de contestation. Et donc je crois que aujourd'hui ça sa sa volonté c'est de c'est d'éteindre l'incendie qu'il a lui-même allumé.

Voilà. Alors, je ne sais pas le le texte va sans doute être adouci. C'est un petit peu dommage de commencer la concertation au moment où la loi est présentée au Sénat.

Moi, pour conclure, ce que je voulais dire, c'est que je ne vois pas où est le progrès ni est ni où est la qualité judiciaire dans ce projet de loi. Et j'aurais préféré à la limite que Gérard de Darmanin soit plus franc et nous dise "Écoutez, on a un gros souci, on a 6000 dossiers sur les bras. euh en souffrance, trouvons une solution pour pour régler ce problème mais ne bouleversons pas toute notre tradition juridique de manière aussi précipitée.

Merci à vous Nicolas Bastuc de l'abdomadaire le point maître Julie Couturier conclusion également. Vous pensez que ce texte va au fond être un petit peu mis en stop ? Euh nous le souhaitons de tout cœur. [rires] Je ne suis pas certaine pour autant que le ministre reculera.

On verra ce que donne la discussion du texte au Sénat, mais je pense très sincèrement que le combat qui est mené par les avocats, mais pas que par les avocats, il faut quand même le dire. l'impression d'être entendu par les parlementaires. Alors, on est entendu par un certain nombre de parlementaires.

On est aussi rejoint, il faut le dire, hein, par les associations de victimes, par les associations notamment féministes qui ne sont pas dupe euh de de cet affichage euh qui consiste à dire qu'effectivement c'est respectueux des victimes. Donc, les associations nous rejoignent, un certain nombre de magistrats nous rejoignent également. Euh donc voilà, 13h30 placé de Montrostan.

Aujourd'hui, les avocats français seront au combat. Maître Julie Couturier, avocate, présidente du Conseil national des barreaux, merci d'avoir participé à cette vérité en face. Bonjour à vous Valérie Expert.

Bonjour cher Jean-François. Écoutez, on va essayer de se mettre d'accord. On va parler des élections en Hongrie, entre autres.

On va évoquer également ce 15 de France féminin qui a 44 ans après récupéré le coq sur maillot. ces femmes qui n'existaient pas il y a 44 ans. C'estàd que la Fédération française de rugby ne reconnaissait pas le rugby féminin et donc ça a été réparé ce weekend.

On a plein d'autres sujets. On va parler de la violence à l'école avec ce qui s'est passé à Montpellier avec le témoignage très très fort de cet enseignant. Bref, beaucoup de sujets avec vous.

À tout de suite. Bonne émission. No.