Julien Odoul : "Retailleau est la nouvelle éolienne qui brasse beaucoup de vent !" (Public Sénat)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:17OuverteÉludée
Est-ce que c'est une bonne chose que le gouvernement rende public le rapport sur les frères musulmans ?
- 0:56RelanceRéponse partielle
Donc c'était bien de documenter ce rapport ?
- 1:16RelanceRéponse partielle
Vous voulez dire que ce rapport n'apprend rien de nouveau ?
- 1:54RelanceRéponse directe
Pourquoi il faut attendre 37 années de vie politique pour Bruno Retailleau pour découvrir que les frères musulmans sont une menace ?
- 2:04ComplaisanteRéponse directe
Bruno Retailleau n'était pas à la place à laquelle il était jusqu'à il y a peu.
- 2:29RelanceRéponse partielle
Il ne fallait pas faire ce rapport ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:24Invité politiquePromesse
« Marine Le Pen en 2021 notamment a déposé une proposition de loi avec les députés du Rassemblement national visant à interdire et à lutter contre les idéologies islamistes. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Pourquoi il faut attendre 37 années de vie politique pour Bruno Retailleau pour découvrir que les frères musulmans sont une menace pour la société française ? »
- 3:21Invité politiqueFait
« Je rappelle que les frères musulmans sont interdits en Jordanie, la Jordanie vient d'interdire les frères musulmans, je rappelle que l'Autriche a interdit les frères musulmans après un seul attentat. »
- 5:26Invité politiqueFait
« Alors c'est assez comique de la part de Gabriel Attal, puisqu'il y a deux ans, il y avait un débat entre Gabriel Attal et Jordan Bardella, où il avait dit à Jordan Bardella que ce n'était pas possible. »
- 5:56Invité politiquePromesse
« Nous, on souhaiterait, comme l'avait proposé d'ailleurs le ministre de l'Intérieur, M. Retailleau, et qui n'est toujours pas appliqué, que le voile soit interdit pour les accompagnatrices scolaires. »
- 7:45Invité politiqueFait
« Vous le savez très bien, le 18 février dernier, il y a une proposition de loi qui a été votée au Sénat sur l'interdiction des signes religieux ostensibles dans les compétitions sportives. »
- 8:41Invité politiqueChiffre
« Oui, et puis le chèque de 10 milliards d'euros, qui a été accepté par M. Macron il y a peu de temps. »
- 11:26Invité politiquePromesse
« Je dis qu'il faut effectivement changer la loi. »
- 12:50Invité politiqueFait
« On va en prison quand on est un criminel et quand on a toutes les raisons d'y être. »
- 13:22Invité politiqueFait
« C'est une très mauvaise nouvelle. J'ai très très mal dormi hier. J'ai fait des cauchemars, et j'ai fait des cauchemars de Karcher, j'ai fait des cauchemars d'un million de titres de séjour. »
- 15:02Invité politiqueFait
« M. Retailleau est la nouvelle éolienne de la droite qui brasse beaucoup de vent, qui essaye de parler comme le Rassemblement national. »
- 15:27Invité politiquePromesse
« Où est la réponse graduée qu'il avait promis face à l'Algérie ? Où est l'interdiction du voile pour les accompagnatrices scolaires qu'il avait promis ? Où est ce fameux référendum sur l'immigration ? »
- 19:00Invité politiqueFait
« Non, il n'y a pas eu d'irrégularités. »
- 20:20Invité politiqueFait
« Une majorité du groupe Rassemblement national considère que cette loi n'est pas une avancée, qu'elle est dangereuse puisqu'elle augure de dérives que l'on observe déjà chez nos voisins européens, que ce soit les Pays-Bas ou la Belgique. »
- 21:31Invité politiquePromesse
« Et je pense que, M. Macron, s'il y a un sujet à soumettre par référendum au peuple français, ce serait bien celui de la fin de vie, qu'on ait un vrai débat. »
Temps de parole
- Julien Odoul75 %
- Présentateur13 %
- Présentateur 212 %
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Bonjour Julien Oudoul. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes député de Lyon, porte-parole du Rassemblement national. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Rianne. Bonjour Julien Oudoul. Bonjour. On va commencer en parlant de ce rapport sur les frères musulmans qui est examiné aujourd'hui en conseil de défense avant de venir sur le fond. Est-ce que c'est une bonne chose que le gouvernement le rende public ?
Moi je trouve ça hallucinant et même très inquiétant qu'en 2025, après tant d'années d'alerte, alors que nous savons la réalité de l'entrisme islamiste, alors que Marine Le Pen notamment alerte les différents gouvernements sur cette menace, sur cette infiltration dans tous les pans de la société, qu'en 2025, en fait certains découvrent l'eau chaude, découvrent que l'eau chaude brûle, découvrent la réalité de ce danger.
Donc c'était bien de le documenter ?
Non, non, non, mais c'est documenté depuis des années. On le sait, les ramifications, on le sait, les financements, on sait la volonté politique des mouvances islamistes de s'ingérer dans les affaires scolaires, dans les affaires sportives.
Vous voulez dire que ce rapport, là c'est quand même la première fois qu'il y a un tel rapport examiné dans un conseil de défense présenté par Emmanuel Macron ?
Mais qu'est-ce qu'on apprend dans ce rapport qu'on le savait déjà ? Marine Le Pen en 2021 notamment a déposé une proposition de loi avec les députés du Rassemblement national visant à interdire et à lutter contre les idéologies islamistes. Ça fait des années qu'on le sait qu'à tous les niveaux, vous avez une conquête organisée par les mouvances islamistes qui cherchent à s'imposer, que ce soit à l'école, dans le sport, à l'université, dans les entreprises et à, comment dirais-je, à concurrencer les lois de la République. On le sait, pourquoi ils n'ont rien fait ?
Pourquoi il faut attendre 37 années de vie politique pour Bruno Retailleau pour découvrir que les frères musulmans sont une menace pour la société française ?
Bruno Retailleau n'était pas à la place à laquelle il était jusqu'à il y a peu.
Non mais très bien, mais ce que je veux dire c'est que toute la classe politique qui a dirigé notre pays a une responsabilité écrasante dans l'avancée de l'islamisme parce qu'elle a refusé de combattre cette idéologie mortifère. Et aujourd'hui, qu'on nous pond un rapport où, je vous le dis, on n'apprend rien, on n'apprend rien qu'on ne savait déjà, on n'apprend rien que vous avez déjà documenté.
– Il ne fallait pas le faire ce rapport ?
– Non mais faire le rapport, c'est très bien, faire le constat, on peut faire des constats pendant des années. Moi-même, avec ma collègue députée Caroline Yadant, on a rappelé certaines choses dans un rapport sur les dérives islamistes dans le sport, des choses qui ont été largement documentées par des journalistes.
– Mais en même temps, vous ne savez pas exactement si on apprend des choses ou pas. Il y a une partie de ce rapport qui est classé secret, qui ne sera pas rendu public. Peut-être qu'il y a des choses qui permettront de plus lutter contre l'islamisme. Vous ne dites pas que c'est une bonne chose ?
– Non, c'est une bonne chose s'il y a après une politique pour éradiquer l'islamisme.
– Mais ce rapport, il dit qu'il y a une politique, sinon il n'y aurait pas un conseil de défense.
– Aujourd'hui, ce que je constate, c'est qu'il y a des mosquées radicales qui ne sont pas fermées. Il y a des imams radicaux qui prêchent la haine, qui ne sont pas expulsés quand ils sont étrangers. Qu'il y a une idéologie et des mouvances, comme les frères musulmans, je rappelle que les frères musulmans sont interdits en Jordanie, la Jordanie vient d'interdire les frères musulmans, je rappelle que l'Autriche a interdit les frères musulmans après un seul attentat.
– Vous dites qu'il y a une idéologie comme les frères musulmans, comment on interdit une idéologie concrètement ? Vous vous demandez l'interdiction des frères musulmans, mais comment on interdit une idéologie ?
– C'est extrêmement clair et c'est extrêmement simple, à partir du moment où elle est définie, et elle est définie depuis très longtemps, à partir du moment où elle constitue une menace pour la sécurité publique, à partir du moment où elle entre en concurrence et en opposition aux lois de la République.
– D'accord, mais sur quelle base légale vous interdisez les frères musulmans ?
– Mais sur la même base légale que l'a fait le gouvernement autrichien après un seul attentat. – En 2020, le gouvernement autrichien, lui, ne s'est pas mis la tête dans le sable, a agi contre les frères musulmans. Et j'observe que des pays arabes, des pays musulmans, pour le coup, ont aussi désigné cet ennemi et ont pris des mesures extrêmement claires.
– Vous ne dites pas sur quelle base vous les interdisez ?
– Mais si, mais sur…
– Que pourrait dire une loi qui interdirait les frères musulmans ?
– Vous reprenez la loi de Marine Le Pen qui a été déposée en 2021. Et puis, encore une fois, il y a dans les marqueurs de l'islamisme beaucoup de complaisance de la part du gouvernement. Moi, j'étais très choqué de voir que le ministère de la Culture, je vous donne un exemple très concret, pour favoriser le pass culture, c'est-à-dire pour émanciper une partie de la jeunesse, utilise comme ambassadrice une jeune femme voilée. C'est un clip officiel où vous avez une ambassadrice du ministère de la Culture de la République française qui porte l'emblème des frères musulmans et de l'islamisme. C'est extrêmement choquant.
Comment voulez-vous, avec tous les rapports que vous voulez, là vous pouvez répondre une cinquantaine de rapports, si au plus haut niveau de l'État, vous avez cette complaisance et cette soumission-là, je veux dire, on n'arrivera pas à lutter contre cette idéologie.
– Concernant le voile, puisque vous en parlez, Gabriel Attal a fait une proposition hier qui serait d'interdire le voile aux jeunes filles de moins de 15 ans. Est-ce que vous soutenez cette proposition ?
– Alors c'est assez comique de la part de Gabriel Attal, puisqu'il y a deux ans, il y avait un débat entre Gabriel Attal et Jordan Bardella, où il avait dit à Jordan Bardella que ce n'était pas possible. Alors visiblement, aujourd'hui, pour avoir un petit peu de notoriété et pour faire parler de lui, c'est possible. – Quand vous n'êtes pas sur la proposition,
l'interdiction du voile, elle est plus large. – Vous me dites, mais pour vous, ce n'est pas seulement réservé aux mineurs de moins de 15 ans ?
– Déjà, nous, on souhaiterait, comme l'avait proposé d'ailleurs le ministre de l'Intérieur, M. Retailleau, et qui n'est toujours pas appliqué, que le voile soit interdit pour les accompagnatrices scolaires. Et que dans tout le champ scolaire, sortie, activité périscolaire, il n'y ait pas ce prosélytisme religieux.
– Donc vous n'êtes pas sur la même proposition ? Est-ce que interdire le voile aux mineurs de moins de 15 ans, c'est une bonne chose ?
– Mais c'est une bonne chose, effectivement, pour protéger notre jeunesse. Mais j'observe toute l'hypocrisie de Gabriel Attal. Et j'observe aussi que le seul moyen pour lui d'être populaire, en fait, c'est de reprendre les propositions du RN. Finalement, Gabriel Attal, le peu de crédit qu'il a eu dans sa carrière politique, c'est quand il a repris la proposition d'interdire la baille à l'école. C'est ça qui lui a donné ce petit semblant de notoriété.
– Contrairement et sur le fond du sujet, s'il proposait un texte sur l'interdiction du voile aux jeunes filles de moins de 15 ans, vous le voteriez ?
– Mais nous, déjà, on n'a aucun problème avec les textes qui viennent d'ailleurs. À partir du moment où ils reprennent nos propositions et nos valeurs. On l'a toujours fait, nous ne sommes pas sectaires, contrairement aux autres. Mais effectivement, on ne va pas s'empêcher de dénoncer la manipulation, l'hypocrisie de Gabriel Attal, qui, je le rappelle aussi, a favorisé l'élection de grands nombres de députés et les filles au moment des dernières législatives, qui, eux, sont les relais de l'islam politique, qui, eux, sont justement pour le voile, y compris dans le champ scolaire.
– Est-ce que vous allez faire d'autres propositions suite à ce rapport sur les frères musulmans ?
– Mais les propositions, elles sont déjà sur la table. Et j'allais dire, plus que les propositions, ce que nous avons et ce qu'ils n'ont pas, c'est la volonté politique, c'est le courage politique. Un autre exemple, à la suite du…
– Un contrario, ce que Bruno Retailleau a, et ce que vous n'avez pas, sont les moyens d'agir.
– Non, non, non, non, mais je prends un exemple très concret. Vous le savez très bien, le 18 février dernier, il y a une proposition de loi qui a été votée au Sénat sur l'interdiction des signes religieux ostensibles dans les compétitions sportives. Voilà, le gouvernement a dit qu'il était favorable, même M. Macron, je l'ai entendu il y a quelques jours, a dit qu'il était favorable. On attend toujours que ce texte soit mis à l'ordre du jour à l'Assemblée nationale. Ça ne vient pas. Pourquoi cette passivité ? Pourquoi cette lâcheté ? On a bien compris qu'avec ce gouvernement, en fait, sur ces questions-là, qui sont pourtant essentielles, il ne se passerait rien.
– Alors, il y a un autre sujet essentiel qui est pointé, tu dois, dans le rapport, c'est le financement des frères musulmans, et notamment par le Qatar. Est-ce que, de votre point de vue, il faut interdire le financement venu de l'étranger, notamment du Qatar ? Et comment on mène un bras de fer, surtout avec un pays qui a autant d'intérêt en France ? Je rappelle, départ dans Vinci, dans Total, le PSG, comment on fait ça ?
– Oui, et puis le chèque de 10 milliards d'euros, qui a été accepté par M. Macron il y a peu de temps. – Mais vous, au pouvoir, vous faites quoi vis-à-vis du Qatar ? – Effectivement, ça pose un certain nombre de problèmes sur la liberté d'action de notre pays, face à une puissance qui a des intérêts, qui a une idéologie, qui aussi veut s'immiscer dans nos affaires, qu'elles soient économiques ou diplomatiques. Et c'est vrai qu'on peut s'interroger, avec cet argent qui est déversé, sur une forme de tutelle, et peut-être sur des messages, notamment concernant ce qui se passe à Gaza, ou sur la diplomatie française, qui pourrait être aussi influencée par cet argent du Qatar.
– Comment on se détache de cette tutelle ?
– Mais comment on se détache ? Est-ce que, encore une fois, il y a des choix à faire quand on est à la tête d'un État, et très clairement, quand on a un État qui est très ambigu avec le fondamentalisme islamiste, et avec le terrorisme islamiste, est-ce qu'il faut lui dérouler le tapis rouge en permanence ? Je ne le pense pas.
– Pour être très concret, qu'est-ce qu'on dit aux propriétaires du PSG aujourd'hui ? Enfin, vous, au pouvoir, qu'est-ce qu'on peut dire ? Quel levier d'action vous avez ?
– Mais au-delà, j'allais dire, du propriétaire du PSG… – Non, mais c'était symbolique. – Il y a surtout, encore une fois, les partenariats que nous nommons avec ce pays, et la dépendance que nous avons vis-à-vis de l'argent qu'il nous verse ou qu'il nous prête. Donc, effectivement, ça pose un certain nombre de questions.
– Vous dites que c'est compliqué de couper les ponts ?
– Non, je ne dis pas que c'est compliqué de couper les ponts, je dis que c'est extrêmement inquiétant, et que cette tutelle de plus en plus affirmée du Qatar pose un certain nombre de questions, notamment sur notre liberté diplomatique.
– Autre sujet, il y a des opérations policières qui ont eu lieu hier dans plusieurs prisons pour saisir des mini-téléphones. Est-ce que là-dessus, vous saluez la volonté politique du gouvernement, Gérald Darmanin ?
– C'est bien tardif, effectivement, mais il faut remettre de l'ordre dans nos prisons, oui. Ne serait-ce que pour protéger les surveillants pénitentiaires qui vivent un enfer depuis des années. On le sait, les prisons sont malheureusement devenues aussi des zones de non-droit où les trafics continuent, où même on peut commanditer des assassinats depuis sa cellule. On a appris d'ailleurs, avec un certain nombre d'épisodes malheureux, que c'était quelquefois aussi le Club Med avec des activités ludiques qui sont extrêmement choquantes pour toutes les victimes et leurs familles.
– Alors, activités ludiques que Gérald Darmanin voulait interdire, le Conseil d'État a annulé l'interdiction de Gérald Darmanin en disant qu'on ne peut pas interdire ce qui est conforme au code pénitentiaire. Comment vous réagissez ?
– Je dis qu'il faut effectivement changer la loi. Il faut changer la loi, vous le savez, la prison, avant d'être un outil de réinsertion, et la réinsertion est très importante. Et dans le cadre de la réinsertion, il faut évidemment qu'il y ait des activités sportives, qu'il y ait des leviers vers l'emploi, qu'il y ait des accès à la bibliothèque, etc. Ça, on est tout à fait d'accord. Mais que vous ayez des cours de karting, des cours de danse, voire des massages, c'est extrêmement choquant. – Mais là, qu'est-ce que vous auriez fait ?
– Parce que Gérald Darmanin, il est sur la même ligne que vous, il a dit interdiction des activités ludiques, le Conseil d'État annule l'interdiction. Qu'est-ce que vous auriez fait de plus que lui ?
– Mais je le dis, il faut changer la loi, si la loi aujourd'hui permet que ces activités ludiques puissent être organisées dans les... – Donc il faut revoir le code pénitentiaire.
– Comment vous faites la différence entre activités ludiques et sport ? Vous soulignez l'importance, par exemple, de faire du sport en prison pour faciliter la réinsertion. Quelle est la différence entre l'interdiction ?
– Ah, il y a une grande différence. Vous savez, des activités notamment qui n'ont aucun lien avec une réinsertion, qui sont véritablement dans le loisir, voire dans le bien-être. Moi j'observe que depuis des années, on pense beaucoup au bien-être des détenus, un peu moins à celui des victimes. La prison doit redevenir ce qu'elle était avant, c'est-à-dire un outil de protection, mettre à l'écart des individus dangereux. Je précise qu'aujourd'hui en France, on ne va pas en prison quand on a aidé une vieille dame à traverser la rue. On va en prison quand on est un criminel et quand on a toutes les raisons d'y être. Donc c'est un instrument de protection, de réparation.
On n'a pas pensé aux familles des victimes, on ne pense pas à l'effet produit sur ce genre d'activité, ce que ça suscite notamment dans la société française. Et en dernier lieu, et je dis bien en dernier lieu, c'est évidemment un outil pour la réinsertion des détenus.
Bruno Retailleau, dimanche soir, a été largement élu à la tête des Républicains. C'est une mauvaise nouvelle pour vous ?
C'est une très mauvaise nouvelle. J'ai très très mal dormi hier. J'ai fait des cauchemars, et j'ai fait des cauchemars de Karcher, j'ai fait des cauchemars d'un million de titres de séjour. Vous avez rappelé Nicolas Sarkozy ? Exactement, ça m'a rappelé justement des trahisons d'une certaine droite. Mais plus sérieusement, c'est surtout une mauvaise nouvelle pour Édouard Philippe, parce que c'est un nouveau candidat dans le bloc central. Donc c'est la concurrence entre deux anciens ministres de M. Macron.
Il empiète aussi sur votre électorat ?
Pas du tout. Pas du tout.
Il y a un fond d'Avipop qui est publié ce matin dans le Figaro, sur les intentions de vote à la présidentielle. Bruno Retailleau, il prend des points. Jordan Bardella et Marine Le Pen, ils en perdent.
Oui, moi je vous invite à un sondage terrain dans les circonscriptions qui sont tenues par des députés du Rassemblement national. Les électeurs du Rassemblement national et même ceux qui votaient à droite auparavant n'ont aucune envie de se faire avoir une nouvelle fois.
Il y a peut-être mieux qu'il y ait un sondage terrain. Il y a des législatives partielles par exemple. C'était le cas en Saône-et-Loire dimanche, qui était une circonscription qui avait gagné le Rassemblement national. Là, selon toute vraisemblance, vous devriez la perdre en profit des Républicains,
qui sont dynamiques. Notre candidat est arrivé en tête de cette élection.
Et le candidat LR a plus de réserve de voix.
Nous verrons dimanche. Et puis si le candidat LR venait à gagner, il serait élu avec des voix de gauche. Et notamment avec des voix LFI. Mais on ne peut pas...
On ne peut pas partir d'une élection partielle.
Vous savez très bien qu'une élection partielle est faussée notamment par le manque de participation. Donc ça ne signifie rien. Moi, ce que j'observe, c'est que M. Retailleau est la nouvelle éolienne de la droite qui brasse beaucoup de vent, qui essaye de parler comme le Rassemblement national. Mais finalement, qui se soumettra comme tous les anciens de l'UMP, des Républicains, de M. Sarkozy à M. Wauquiez à M. Bellamy, qui ont montré à un moment donné qu'ils n'étaient pas clairs dans leurs convictions. Ce qu'attendent les Français...
Vous trouvez que M. Retailleau n'est pas clair dans ses convictions ?
Parce qu'il ne les met pas en adéquation avec ses actes. Où est la réponse graduée qu'il avait promis face à l'Algérie ? Où est l'interdiction du voile pour les accompagnatrices scolaires qu'il avait promis ? Où est ce fameux référendum sur l'immigration ? Mais parce qu'aujourd'hui, il a l'impression qu'il peut décider d'un référendum sur l'immigration aujourd'hui. Où est la suppression des soins pour les clandestins, l'aide médicale d'État, que lui aussi avait promis ? Il n'y a rien. Donc en fait, nous avons un moulin à parole qui, effectivement, a un discours séduisant, qui s'inscrit dans la ligne du Ration Rationale.
Aujourd'hui, il a des mains liées, parce qu'il est lié à une certaine solidarité gouvernementale et qu'il n'est pas le seul à décider, comme disait Auriane. Si jamais il était élu, vous mettez en doute qu'il applique ce qu'il propose ?
Déjà, il ne sera pas élu. Tout ça, c'est la politique fiction. Aujourd'hui, je rappelle qu'il siège aux côtés de socialistes comme M. Rebsamen ou Mme Meadel. Mme Meadel qui considère que sa ligne rouge, c'est la priorité nationale. C'est-à-dire que les Français soient juste prioritaires dans leur propre pays. Donc vous voyez que de siéger à la table du Conseil des ministres avec des gens comme ça, en dit long aussi sur l'opportunisme de M. Rotaillot et sur son manque de cohérence. Parce qu'encore une fois, on ne peut pas appliquer ou défendre une politique qui est contraire à ce qu'on dit.
– Alors vous disiez qu'il ne sera pas élu, mais Édouard Philippe n'exclut pas de lui tendre la main et de passer un ticket avec lui. Vous ne craignez pas une recomposition de la droite traditionnelle qui vous ferait de l'ombre pour le coup ?
– Non, on ne craint rien du tout. Déjà on a le cuir épais, on a l'expérience aussi.
– Et vous ne pensez pas qu'une partie des électeurs qui étaient venus chez Marine Le Pen, ils vont revenir au LR ? Une partie des électeurs LR qui étaient partis, ils ne vont pas revenir ? – Quand vous voyez que le LR triple son nombre d'adhérents juste pendant la campagne pour leur présidence ?
– Il n'est pas du tout. Regardez la dynamique du Rassemblement national, regardez l'enracinement profond de nos idées. Aujourd'hui, une très large majorité des Français rejoignent nos valeurs et nos propositions. Et surtout, ils ont bien vu que nous étions la seule alternative crédible, concrète, avec deux personnalités majeures, Marine Le Pen et Jordan Bardella. Vous savez, quand on a voté une première fois pour le Rassemblement national, on ne revient pas à la case LR pour subir mensonges et trahisons.
– Ce qui a permis à Marine Le Pen d'arriver au second tour, c'est un contexte particulier. C'est un candidat, Emmanuel Macron, qui avait absorbé une partie de la gauche traditionnelle et de la droite traditionnelle. Sophie Prima hier a daté la fin du macronisme. Est-ce que justement…
– Et l'ambiance.
– Oui. Mais est-ce que vous ne craignez pas justement une recomposition de ces pôles droite et gauche qui finalement vous ont empêché pendant plusieurs années d'arriver au second tour ?
– Non, pas du tout. Et on essaye, enfin surtout à droite, de reconstituer un clivage qui n'existe pas. Et la preuve, je viens de vous le dire, M. Retailleau, qui est soi-disant la droite de la droite, siège avec des ministres qui sont la gauche de la gauche. Et ce clivage n'existe plus. Aujourd'hui, le seul qui existe, c'est entre les patriotes, ceux qui défendent la nation, la souveraineté, la défense de l'identité française et ceux qui considèrent que la nation française doit se diluer dans l'Europe fédérale et le mondialisme. Il est là le vrai clivage. – Qui existera toujours en 2027. – Qui existera toujours bien évidemment.
Et vous avez de plus en plus de Français qui veulent plus de nations, qui veulent plus de protection, qui veulent beaucoup moins d'immigration et plus de pouvoir d'achat. C'est ce que leur proposent Jordan Bardella et Marine Le Pen.
– Le financement de la campagne de Jordan Bardella aux européennes de 2024 est dans le viseur. Il aurait emprunté plus de 4 millions à des particuliers dont une partie pourrait contrevenir au code électoral. Est-ce qu'il y a eu des irrégularités ?
– Non, il n'y a pas eu d'irrégularités. Sur le financement des campagnes, il faut rappeler quand même, parce que c'est important, qu'en 2017, on avait une promesse de M. Macron, un engagement qui était aussi porté par M. Bayrou, la création d'une banque de la démocratie. Cette banque de la démocratie, on n'en a pas vu le jour. Et très clairement, ce serait le meilleur moyen et le meilleur outil pour garantir une équité de tous les partis politiques, de tous les candidats, et en finir justement avec cette discrimination de certains qui ne peuvent pas emprunter, qui ont des difficultés avec les banques, les banques qui ne veulent pas prêter pour un tel ou un tel.
On aimerait bien que cette banque de la démocratie puisse voir le jour, peut-être avant la prochaine présidentielle.
– Et pour vous, il n'y aura aucun problème avec les comptes de campagne
de Jordan-Denis ? – Non, il n'y a aucun problème.
– Une dernière question, Christelle ? – Oui, sur la fin de vie qui est en discussion aujourd'hui, enfin, et depuis quelques jours à l'Assemblée nationale, votre groupe est divisé sur le sujet, pour quelles raisons ?
– Tous les groupes sont divisés. C'est un sujet extrêmement sensible, humain, qui fait appel à nos vécus et à notre approche de la vie et de la mort et de la fin de vie. Donc vous avez des clivages dans tous les groupes.
Une majorité du groupe Rassemblement national considère que cette loi n'est pas une avancée, qu'elle est dangereuse puisqu'elle augure de dérives que l'on observe déjà chez nos voisins européens, que ce soit les Pays-Bas ou la Belgique, et que le vrai sujet, le vrai débat, c'est la gestion de la souffrance et de la douleur, c'est le traitement par les soins palliatifs avec des lois qui, aujourd'hui, ne sont pas assez démocratisées, comme la loi Claes-Lonetti de 2016 sur la sédation profonde et continue jusqu'au décès. Il est là le vrai sujet.
Et donc il y a des échecs répétés des gouvernements qui n'ont pas mis les moyens nécessaires pour les soins palliatifs et certains aimeraient nous faire passer à une autre étape qui, je considère, est...
Aujourd'hui, les instances religieuses s'opposent à ce texte de loi. On demandait aux fidèles d'interpeller les députés. Est-ce que vous l'avez été ? Et est-ce que vous pensez que ce mouvement peut prendre de l'ampleur jusqu'à réellement contester le test ?
Oh, ça va bien au-delà des croyances et des fidèles. C'est un débat que nous devrions avoir, d'ailleurs, dans toute la société française. C'est pour ça que nous demandons un référendum sur le sujet. Et je pense que, M. Macron, s'il y a un sujet à soumettre par référendum au peuple français, ce serait bien celui de la fin de vie, qu'on ait un vrai débat.
C'est ce qu'il a plus ou moins annoncé la semaine dernière.
Mais nous aimerions, effectivement, que ce débat ait lieu, parce que ce n'est pas à 577 députés et 348 sénateurs de déterminer ce sujet extrêmement grave, extrêmement sensible, qui va percuter la vocation et le rôle du soignant, qui va même, j'allais dire, bouleverser le serment d'Hippocrate. Tu ne tueras point. Donc je considère, effectivement, que ce débat doit avoir lieu dans la société.
Le RN a organisé des réunions, par exemple, avec ses adhérents et plus largement aux électeurs ?
Ça tombe bien. On en organise une ce soir avec les jeunes du mouvement et mon collègue Gaëtan Lussosset, qui, lui, est favorable à la loi sur l'euthanasie, justement pour expliquer. Et nous aimerions qu'il y ait des réunions partout en France avec un vrai débat sanctionné par un référendum.
Merci beaucoup, Julien Doula. Merci d'avoir été notre invité.
Julien Odoul