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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 27 octobre 2018 18 min

Nicolas Dupont-Aignan : "Faire passer une mesure fiscale pour une mesure écologique, c'est insupportable"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter. Le 6-9 du week-end, Éric Delvaux.

0:09
Nicolas Dupont-Aignan

Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Monsieur. Député de l'Essonne et président de Debout la France. Vous soutenez les multiples appels à bloquer les routes de France. C'est prévu le 17 novembre, pour l'instant c'est prévu surtout sur les réseaux sociaux. Il s'agit d'annoncer la hausse des taxes sur les diesels et le gasoil. Vous ne croyez pas en l'argument écologiste du gouvernement qui veut limiter les énergies polluantes ?

0:33
Invité

D'abord, je regrette qu'on soit obligé dans le débat démocratique d'arriver à ces extrémités. Heureusement c'est un samedi d'ailleurs pour ne pas pénaliser les gens qui travaillent. Mais vous voyez, je crois que dans la vie on peut être en désaccord avec un gouvernement. On peut être en désaccord avec quelqu'un qui émet une opinion différente. Mais ce qui est insupportable dans le gouvernement d'aujourd'hui, et ce qui heurte de plus en plus les Français, c'est l'hypocrisie. Pourquoi hypocrisie ?

C'est-à-dire faire passer pour une mesure écologique ce qui est en vérité une mesure fiscale pour faire les poches des Français pour des milliards d'euros, en plus pour les donner à une infime minorité de la population, c'est insupportable. Car de quoi il s'agit ? Il faut quand même être précis. Lutter contre le diesel, on est tous favorables. Et moi ça fait longtemps que je le dis. Mais on pouvait très bien faire converger les prix de l'essence vers le prix du diesel, c'est-à-dire baisser le prix de l'essence au niveau du prix du diesel. Et on pouvait le faire sans que ça coûte un centime à l'État, car quand le prix du baril augmente, c'est un peu compliqué, il y a une TVA supplémentaire.

À chaque fois que le prix du baril augmente, l'État touche de la TVA en plus. Et avec cette TVA, non pas la TVA, la TVA en plus des taxes, on pouvait très bien aligner le prix de l'essence et du diesel et éviter ce racket insupportable. Or, c'est tout l'inverse qui est fait. Et le gouvernement, il faut quand même voir, j'ai un exemple, parce qu'un plein de 70 euros en diesel... Oui, on va dire que c'est une hausse entre 6 et 7 centimes. Non, non, mais plusieurs hausses, ce qui est incroyable. Un plein de 70 euros au diesel, j'ai amené les chiffres, parce qu'il faut être précis dans la vie. Le coût du pétrole, c'est 32 euros. Le coût des taxes, c'est 38 euros.

Et depuis 2015, sous François Hollande et le début d'Emmanuel Macron, on a pris 10 euros de taxes en plus, 20 centimes. Mais ce qui est pire encore, c'est que le gouvernement nous dit on va encore en remettre 20 centimes jusqu'en 2022. Cela veut dire qu'on arrivera, pour un plein de diesel, à deux tiers de taxes sur l'essence. À ce moment-là, il ne fallait pas augmenter l'essence au moins. Ah ben non, sur l'essence, ils en profitent pour remettre des taxes sur l'essence, sur le fuel, sur l'électricité, sur le gaz. Et est-ce qu'ils se rendent compte que les Français qui utilisent leur voiture, ils sont obligés ?

Vous savez, moi j'ai été, il n'y a pas longtemps, dans un département de France, et il y a une dame qui m'a dit, on nous dit, les entreprises fermes, il faut aller travailler plus loin, vous n'êtes pas mobile. Les écoles fermes, il faut emmener nos enfants plus loin. Les hôpitaux fermes, il faut emmener plus loin nos enfants. On n'a que notre voiture. On est au SMIC, on fait comment ? Et il y a un moment, si vous voulez, ce qui me sidère, c'est cette incapacité du gouvernement à comprendre ce qui se passe. Alors, s'il faut bloquer les routes, s'il faut dire à un moment ça suffit, et bien il faut le faire.

Et qu'on ne me parle pas d'écologie, parce que pourquoi le gouvernement, par exemple, laisse, il n'y a aucune taxe, aucune TVA sur le kérosène des avions ? Pourquoi il n'y a aucune taxe sur les super tankers qui font venir des marchandises du bout du monde ? C'est écologique ça ? Je ne suis pas certain que ce soit la même fiscalité pour les kérosènes. Mais il n'y a pas de taxe. Il y a zéro taxe. Et les taxes pour les particuliers. C'est tellement facile de s'attaquer aux Français qui bossent, qui sont déjà accablés de taxes, alors même qu'on ne s'attaque pas aux gros pollueurs. Voilà la réalité.

Alors qu'on ne parle pas d'écologie dans cette affaire, c'est simplement une affaire fiscale, et c'est abusif.

4:00
Nicolas Dupont-Aignan

Question à présent sur la sécurité en ce moment en France, et notamment la sécurité dans les écoles. Le gouvernement a-t-il raison de vouloir renforcer la force, les forces de l'ordre, selon les circonstances, précise le gouvernement, à l'intérieur des établissements ?

4:14
Invité

Moi je ne crois pas. Je vais vous dire pourquoi. Parce qu'il faudrait déjà renforcer les forces de l'ordre à l'extérieur des établissements, devant les établissements. Raquettes, trafic de drogue... Ce n'est pas incompatible cela dit. Non, sauf qu'il n'y a même plus de policiers et de gendarmes suffisants dans les commissariats et dans la gendarmerie. Alors, c'est tellement facile à la télévision de dire je vais mettre des policiers dans les écoles. J'ai calculé qu'il y avait 11 000 collèges et lycées en France. Comme les policiers sont toujours à 2 ou 3, il faudrait 22 000 à 33 000 agents.

Le gouvernement n'est même pas capable de recruter les 7 500 qu'il a annoncés, ou les 10 000 qu'il a annoncés.

4:50
Nicolas Dupont-Aignan

Vous faites un décompte un peu rapide parce qu'il ne s'agit pas de mettre des policiers dans chaque établissement, selon les circonstances.

4:55
Invité

Le problème de fond, et je suis élu de banlieue et je sais de quoi je parle, c'est qu'à tous les niveaux, que ce soit à l'école, les professeurs, quand il y a des insultes et des violences, ne sont pas soutenus par leur hiérarchie. Et la plupart du temps, on trouve des excuses aux élèves. Le problème de fond, c'est quand il y a des agressions dans la rue, un mineur, jusqu'à 18 ans, il peut faire 40 agressions, il sera toujours libéré et reviendra dans le quartier. Il n'y a pas de sanction. Il est jugé et condamné, mais tout de même. Mais non, il est arrêté, on l'envoie au juge et là, on le sermonne. Et il revient en héros dans le quartier. Je peux vous citer 50 exemples.

Il faut revoir l'ordonnance des mineurs, il faut qu'à chaque délit...

5:35
Nicolas Dupont-Aignan

L'ordonnance de 45 a été revue et revue,

5:37
Invité

on sent bien qu'il faudrait plutôt l'alléger que de la complémenter. Non, elle est complètement insuffisante. Vous avez des exemples, j'en ai encore eu un récemment, je l'ai dit sur une autre antenne, 48 délits, 48 délits revenant dans le quartier systématiquement. Il faut voir ce que nos concitoyens vivent. J'ai encore un exemple dans un de mes quartiers, une assistante maternelle parce qu'elle a osé protester contre trafic de drogue, qui voit sa poussette brûler, le harcèlement de nos concitoyens. Il n'y a jamais les sanctions qu'il faut. J'avais proposé en son temps, parce qu'il ne suffit pas de critiquer, il faut des réponses.

J'ai fait dans ma ville d'ailleurs, et on continue, suspension des allocations sociales quand on a des familles de délinquants qui cassent le mobilier urbain, qui menacent. On supprime les allocations sociales, facultatives bien sûr, municipales. Mais je peux vous dire qu'il y a eu une influence. Et que les comportements ont changé.

6:27
Nicolas Dupont-Aignan

Vous tenez un peu de discours. Vous venez de dire que pour les Français qui avaient des voitures en zone rurale, il ne fallait pas taxer justement au portefeuille. Et là, pour les familles de jeunes délinquants mineurs,

6:39
Invité

vous êtes prêts à taxer les familles ? Excusez-moi, j'estime que l'État doit taxer les comportements dégradants et de violences. Je veux dire par là, il serait peut-être temps un jour qu'il y ait un système de valeurs. Il faudrait peut-être un jour que quand on a un mauvais comportement, on soit sanctionné.

6:55
Nicolas Dupont-Aignan

Mais il y a des sanctions, si on prend l'exemple du jeune qui a braqué avec une arme factice... Il n'aura rien, vous verrez ? Comment ça ? Il n'a rien. Il a été exclu du lycée, exclu du département, mis en examen, pour violences aggravées, il sera jugé. La justice passe tout de même.

7:11
Invité

Mais non, tous les enseignants de France qui vivent un enfer, les pompiers, les policiers, les gendarmes, invitez-les à ma place demain. Invitez-les dès samedi prochain, ils vous raconteront ce qu'ils vivent au quotidien.

7:21
Nicolas Dupont-Aignan

On parle des agressions d'un côté, vous dites qu'il n'y a pas de justice suffisante.

7:24
Invité

La justice, elle passe ? Non, elle ne passe pas. Le laxisme des peines est absolument incroyable, lié aux lois. Ce n'est pas la faute des magistrats. Moi, je n'accuse pas les magistrats, ils appliquent les lois qu'on a votées. Quand vous pensez que jusqu'à deux ans de prison, il n'y a pas d'emprisonnement, quand vous pensez qu'on manque de 20 000 places de prison en France et qu'on va péniblement en faire 7 500, quand vous pensez qu'à tous les niveaux de la société, il n'y a pas les sanctions qu'il faut pour que les comportements changent. Mais vous savez, regardez ce qui s'est passé à New York. Il a fallu la théorie du carreau cassé, c'est-à-dire la tolérance zéro.

Si on ne met pas ça en France, la France va devenir sauvage.

7:59
Nicolas Dupont-Aignan

C'est ce qui se passe. Mais il y a plusieurs chapitres à consolider, notamment le renseignement. Le ministre de l'Intérieur réclame aujourd'hui une cartographie des bandes, cache d'escalier par cache d'escalier, dit-il.

8:11
Invité

Mais M. Castaner est totalement incompétent. La cartographie, elle existe au ministère de l'Intérieur. Les préfets savent exactement où sont les bandes. Ce n'est pas un problème de police, c'est un problème de justice. C'est un problème de renseignement aussi quand on va jusqu'en les cages d'escalier. Écoutez, j'étais maire 22 ans, je savais exactement qui trafiquait la drogue. La police le savait, tout le monde le sait. Aller dans les quartiers, tout le monde sait tout. La police, la première, simplement, elle n'intervient pas. Parce qu'à chaque fois qu'elle arrête quelqu'un, il est libéré. Les prisons sont surchargées parce qu'on n'a pas eu une politique pénale intéressante.

Il ne faut pas mélanger les primo-délinquants, bien sûr, avec des délinquants chevronnés. Écoutez, on peut aller sur Internet, Debout la France. On avait sans mesure qu'on a proposé, que j'ai proposé à la présidentielle, très étudiée avec des policiers et des gendarmes. Il ne s'agit pas d'un tout répressif. Il s'agit comme en Angleterre, comme en Allemagne, d'avoir une réponse proportionnée, immédiate. Parce que si on attend trop, le jeune notamment n'a pas le repère nécessaire, et bien évidemment avec une rééducation et une insertion après. C'est-à-dire reprendre totalement la chaîne pénale française à force d'attendre.

Ce n'est pas que ce gouvernement, je vous rassure, c'est depuis un certain temps. Et bien la situation empire et on arrive à des violences et les français ont peur de laisser leur gamin le soir sortir, parce qu'ils ne savent pas s'ils vont le retrouver vivant. C'est la question. Regardez cette famille de Grenoble, ce qui se passe à Grenoble, ce qui se passe dans toutes les villes de France. Il va falloir réagir à un moment quand même.

9:35
Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan, donc président de Debout la France, député de l'Essonne. Vous restez avec nous, on va poursuivre cet entretien. On va parler des européennes notamment. Ce sera avec Patricia Martin et avec les auditeurs. Le standard, c'est au 01-45-24-7000. A tout de suite.

9:49
Présentateur

France Inter, le 6-9 du week-end.

9:53
Nicolas Dupont-Aignan

L'invité ce matin, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et député de l'Essonne. On va parler de l'Europe dans un instant. D'abord, une première question de côté de Patricia Martin.

10:01
Présentateur

Oui, elle est vraiment de côté. Une question sur les mots et sur les images qu'ils évoquent. Debout la République, ça c'est des partis dont vous avez créé Debout la France. Ensuite, en 2016, vous avez écrit un livre, France, lève-toi et marche. Vous avez dit à plusieurs reprises que vous étiez très attaché à la position de la France dans le monde. Qu'est-ce que ça signifie ? Parce que derrière tout ça, on se dit que ceux qui ne vous suivent pas sont des gens couchés. Il y a une idée de mollesse, une idée de fainéantise qui n'est pas loin ou je me trompe ?

10:26
Invité

Vous savez, je n'ai pas cette prétention et j'ai toujours dans ma vie politique essayé de ne pas accuser les autres. Je ne suis pas comme le président de la République. J'ai découvert là hier qu'il a insulté, traité de fou ses homologues polonais et hongrois. Ce qui est assez particulier. Enfin, qu'importe. Non, qu'est-ce que je ressens ? Je ressens qu'on est un pays qui vit, on a des Français qui se battent, contrairement à l'image qu'on en donne. Et j'ai le sentiment, pour vivre dans cette classe politique depuis un certain temps, qu'il y a une démission totale. Une démission sur le côté économique. Vous allez parler d'Ascométal.

Un exemple typique, l'État est actionnaire de Valourec, une grande entreprise qui laisse tomber Ascométal, qui est une des meilleures entreprises françaises. Et il n'y a plus de politique industrielle. L'État a démissionné dans les banlieues. L'État a démissionné en matière de pouvoir d'achat. C'est-à-dire qu'il y a une espèce de laisser-aller complet. Et moi, je pense que notre pays est un grand pays. Je pense que les Français sont capables de grandes choses.

11:25
Présentateur

Que vous appelez au sursaut, les Français, là.

11:27
Invité

Mais les pauvres Français, ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Et ils sont prisonniers d'une classe politique, parfois d'une classe médiatique, qui, on l'a vu à la présidentielle, qui kidnappaient la présidentielle. Et moi, je lutte et on progresse. Donc moi, je m'en réjouis parce que ça commence à faire son chemin. Ça a été dur. J'ai quitté l'UMP parce que l'UMP avait trahi le vote des Français au référendum quand même de 2005. C'était incroyable. Et je mène mon action en essayant de porter un regard que je crois lucide. Après, c'est le mien. Et puis, c'est celui qui est partagé quand même par pas mal de gens.

Et puis ensuite, surtout, parce que je crois que c'est là le problème aujourd'hui, d'offrir des propositions à nos concitoyens. Parce que les Français savent que ça ne marche pas. Ils ont compris. Ils ne sont pas idiots. Simplement, ils ne voient pas souvent dans le monde politique les propositions concrètes, non excessives, pas excessives, qui permettraient de traiter à la racine les problèmes. Et dans tous ces livres que j'ai écrits, j'ai essayé de dire aux Français, il y a une autre politique possible. On peut s'en sortir. Mais pourquoi les autres pays s'en sortent ? Parfois beaucoup plus petits que nous. Et que nous, on a perdu la volonté de vouloir.

Je crois qu'il y a un philosophe, je ne sais plus lequel, qui parlait de la volonté de vouloir. J'aimerais que les Français croient à nouveau dans leur pays. Et que les leaders politiques ne les laissent pas tomber.

12:39
Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan, vous évoquiez à l'instant les propos d'Emmanuel Macron qui a parlé de fou en désignant, mais enfin c'est plus subtil que ça, je pense qu'il a dit, des dirigeants avec ses esprits fous qui mentent à leurs citoyens. Est-ce qu'Emmanuel Macron ne doit pas tenir un discours un peu de fermeté et de rigueur face à Viktor Orban par exemple en Hongrie ?

12:59
Invité

Il y a deux problèmes. D'abord un chef d'État, jamais un chef d'État, jamais un chef d'État, mais depuis toujours, n'a insulté ses homologues en France. Jamais. Que ce soit François Mitterrand, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Giscard, Chirac, Sarkozy, Hollande même. Jamais. C'est la première fois que le chef de l'État français passe sa vie à insulter ses homologues. Je ne sais pas si vous réalisez la gravité de l'affaire. Parce que, reprenez ses phrases, ses dirigeants, ses esprits fous, c'est donc les dirigeants qui mentent à leur peuple. Quand on ne pense pas comme Emmanuel Macron, on est fou. C'est ça en fait que ça veut dire. Ses dirigeants, ils ont été élus, comme lui.

Ils méritent le respect. Et ils sont plus populaires que lui entre nous. Premier point. Après, Emmanuel Macron a le droit, bien sûr, d'être en désaccord avec Viktor Orban, et à dire, je ne suis pas d'accord avec sa position sur les frontières, sur l'immigration, sur etc. Ça, c'est normal. Mais de là à traiter un homologue étranger de fou, je peux vous assurer, c'est très grave. Et cela produit des dégâts considérables. Parce que ce qui est curieux, c'est qu'il y a de plus en plus de dirigeants qui veulent mener une autre politique en Europe. qui veulent arrêter l'immigration, qui veulent arrêter cette politique de dumping social et d'ouverture totale des échanges.

Parce qu'Emmanuel Macron a quand même signé en douce le CETA, traité de libre-champ avec le Canada. Il s'apprête à signer avec l'Amérique latine. Ce que les Français refusent depuis des années. Ce qui est d'ailleurs un crime écologique. Donc, il y a peut-être un moment où il faudrait que le Président de la République, au moins fasse un examen de conscience, écoute la protestation populaire, et arrête de donner des leçons à la Terre entière, alors même qu'il est incapable de diriger son propre pays. Enfin, c'est quand même ahurissant ce qui se passe.

14:39
Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan, on va aller au standard. Les auditeurs veulent vous questionner. On va prendre en ligne Vincent. Bonjour Vincent.

14:45
Auditeur

Bonjour, bonjour M. Dupont-Aignan. Bonjour Vincent. Bonjour Patricia Martin. Bonjour. Donc, j'aurais une question pour M. Dupont-Aignan. C'est sur l'avenir de l'Europe. Donc, j'aimerais savoir en fait quel pari il fait sur l'avenir de l'Europe. Donc, est-ce qu'il pense que l'Europe va exploser, imploser, disparaître, et que le Brexit, c'est juste un petit peu... Vous voyez, ce qui se passe un petit peu en Italie aussi, ce sont les signes annonciataires de cette explosion, de cette disparition.

Ou au contraire, est-ce que ce sont juste quelques petites péripéties, et que finalement l'Europe, elle va continuer un petit peu comme avant, voire même peut-être que le Brexit, si ça se trouve, d'ici peu il y aura peut-être un autre référendum en Angleterre qui va annuler le premier. Donc voilà, j'aimerais savoir un petit peu quel est son pari, quelle est son analyse, et bien sûr c'est surtout aussi son analyse, c'est-à-dire que ce soit l'une ou l'autre des voix qu'il choisit, quels sont vos arguments et vos justifications à l'appui de vos thèses.

15:45
Invité

Écoutez, d'abord je vais vous dire ni l'un ni l'autre. En fait la question pour moi, c'est pas est-ce que l'Europe va exploser ou pas, c'est l'Union Européenne qui est une organisation qui a dérapé et qui défigure l'idéal européen de la réconciliation de la fin de la guerre. C'est-à-dire que pour moi on a maintenant une expérience, si on regarde avec le recul.

On a une Europe qui a marché, c'était la réconciliation franco-allemande, c'était une Europe organisée, il y avait peu de pays, il y avait une politique agricole commune, on se protégeait de l'extérieur, il y avait un tarif douanier commun, on évitait les importations qui n'étaient pas aux critères de qualité, il y a eu des projets industriels, Airbus, Ariane, c'était une Europe qui était maîtrisée par les nations et les démocraties. C'est ce qu'on a appelé l'Europe des nations et les projets, l'Europe gaullienne.

16:31
Nicolas Dupont-Aignan

Vous allez privilégier dans votre campagne cette liberté des nations contre la mise sous tutelle ?

16:35
Invité

Pourquoi ? Parce que je regarde ce qui a marché et ce qui n'a pas marché. Et puis ensuite à partir de l'acte unique, les traités de Maastricht et tous les traités, j'allais dire supranationaux, on a confié les pouvoirs à une organisation non élue, commission, banque centrale, cour de justice, qui n'est pas démocratique et qui a dépossédé les peuples et qui a voulu construire l'Europe contre les nations. D'ailleurs la preuve, vous avez parlé des référendums, monsieur, à chaque fois qu'il y a eu un référendum, il a été négatif. Et à chaque fois, on a fait revoter.

Et bien moi je considère, et je me bats depuis, avec Philippe Séguin, j'ai commencé avec Philippe Séguin, je considère que cette Union européenne est en train de tuer l'Europe et je veux qu'on remette l'Europe, un peu comme une copropriété dans un immeuble, le syndic de l'immeuble, on va le remettre à sa place, on va lui dire de s'occuper des parties communes, d'envoyer une facture moins chère et de laisser vivre les appartements, de remettre des portes aux appartements, c'est-à-dire d'avoir une Europe qui s'occupe de ce qu'on ne peut pas faire seul, mais qui arrête de vouloir tuer les nations et les démocraties parce qu'on ne construira pas l'Europe sur les décombres des identités nationales, des démocraties nationales.

J'en suis convaincu. Et on a le recul historique, je crois.

17:42
Nicolas Dupont-Aignan

Merci Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, député de l'Essonne, merci d'être venu le dire ce matin sur France Inter. Merci de votre invitation. Et bonne journée. Bonne journée et bon week-end à vous. 39 Merci d'avoir regardé cette vidéo !