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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 31 mars 2023 7 minComplaisantActualité / polémiqueSolidarités & familleTravail & emploi

L'invité éco du vendredi 31 mars 2023 Franck Morel, ancien conseiller social d'Edouard Philippe : "L'arrivée de Sophie Binet à la tête de la CGT va moderniser le syndicat"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Ce changement à la tête de la CGT, qu'est-ce que ça marque ?

  • 1:57OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a une position derrière ce choix de Sophie Binet ?

  • 2:59FerméeRéponse directe

    Donc il était dans un syndicat fracturé, divisé ?

  • 3:44OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça va changer pour l'intersyndicale ?

  • 4:02OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça change, Sophie Binet, à côté d'un Laurent Berger ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour le gouvernement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43InvitéFait
    « C'est plutôt un signal de modernité, déjà dans un premier temps. »
  • 0:46InvitéFait
    « C'est une femme, plutôt jeune, qui est issue de l'UGICTE, c'est-elle le syndicat des cadres à la CGT »
  • 2:07InvitéFait
    « on ne peut pas dire que Sophie Binet a été élue sur une ligne »
  • 2:32InvitéFait
    « Ça me fait penser un peu à une situation qu'on a pu connaître il y a quelques années, quand Thierry Lepan avait succédé à Bernard Thibault. »
  • 3:20InvitéFait
    « le challenge pour Sophie Binet, ça va être de réussir à pacifier tout ça »
  • 4:05InvitéFait
    « À très très court terme, ça ne change pas grand-chose »
  • 5:03InvitéFait
    « quand vous avez des partenaires sociaux et des corps intermédiaires qui peuvent être plus dynamiques, plus forts et plus modernes, c'est une bonne nouvelle pour tout le monde »
  • 5:39InvitéFait
    « Oui, elle a raison de recevoir les syndicats parce qu'il n'est jamais trop tard pour engager une forme de dialogue »

Temps de parole

  • Invité67 %
  • Présentateur33 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info Bonsoir à tous, la CGT aujourd'hui qui a une nouvelle chef de file, Sophie Binest, une première dans l'histoire de ce syndicat, dans un contexte où la France est marquée par ce conflit autour de la bataille des retraites. Pour en parler, Franck Morel, vous êtes aujourd'hui notre invité, merci d'être là ce soir.

0:22
Invité

Merci à vous.

0:22
Présentateur

Je rappelle que vous êtes associée dans le cabinet Flichy-Granger-Avocat, mais auparavant, vous étiez le conseiller social d'Edouard Philippe à Matignon, entre 2017 et 2020, ça n'est pas si loin. Alors, ce changement, d'abord, vous qui connaissez bien les syndicats, qu'est-ce que ça marque, qu'est-ce que ça veut dire, une femme à la tête de la CGT ?

0:43
Invité

C'est plutôt un signal de modernité, déjà dans un premier temps. C'est une femme, plutôt jeune, qui est issue de l'UGICTE, c'est-elle le syndicat des cadres à la CGT, qui fait plutôt partie d'une aile plus réformiste que le reste de la CGT, et c'est surtout aussi quelqu'un qui n'est pas membre et qui n'a pas été membre du Parti communiste, comme ça a été le cas, ce qui est une première, elle était plutôt issue du Parti socialiste, puisqu'elle a été membre de l'UNEF, qui était un syndicat étudiant, plutôt classé à gauche, avant d'intégrer la CGT. La CGT qu'elle a intégrée depuis une dizaine d'années, à peu près, elle est permanente de la CGT.

1:21
Présentateur

Donc elle connaît bien la maison ?

1:22
Invité

Elle connaît bien la maison, mais en revanche, ça veut dire qu'elle n'a pas eu l'occasion, à la différence de certains de ses prédécesseurs, de travailler dans une entreprise privée ou dans une administration. Elle est statutairement conseillère principale d'éducation, mais elle est permanente au sein de la CGT depuis une dizaine d'années. C'est une spécialiste des questions d'égalité professionnelle, femmes-hommes, qui est quelqu'un de très pointu, de très technique, qui est quelqu'un qui a un abord plutôt sympathique, plutôt ouvert au dialogue. Donc au total, c'est plutôt un signal extrêmement moderne, positif, pour la CGT.

1:53
Présentateur

Alors la question, c'est aussi quelle ligne elle va suivre ? Est-ce qu'il y a une position derrière ce choix de Sophie Binet, qui, on le rappelle, a été un choix in extremis ? C'est les sorties du chapeau.

2:05
Invité

Et précisément, c'est ça la difficulté. Parce qu'on ne peut pas dire que Sophie Binet a été élue sur une ligne. Sur un programme. Sur un programme. Il y avait deux personnes qui étaient candidates. Il y a eu Marie Buisson et puis il y avait Céline Verzeletti, qui ont été toutes les deux candidates et qui se sont un peu neutralisées l'une l'autre, avec des ressentiments de part et d'autre. Et ce qui a conduit, effectivement, in extremis, sur le fil du rasoir, au fait que Sophie Binet puisse s'imposer. Ça me fait penser un peu à une situation qu'on a pu connaître il y a quelques années, quand Thierry Lepan avait succédé à Bernard Thibault.

Bernard Thibault qui avait essayé, à l'époque, de pousser Agnès Nathon et Nadine Prillon, qui n'y était pas parvenu. Et Thierry Lepan, qui était arrivé dans ce contexte-là à s'imposer, ça a été compliqué pour lui après, parce que précisément, il n'était pas arrivé sur une ligne politique.

2:53
Présentateur

Donc il était dans un syndicat fracturé, divisé, avec des camps qui s'opposaient.

2:59
Invité

Exactement, fracturé, divisé. Et les divisions sont même encore plus fortes aujourd'hui, puisque le Congrès s'est quand même caractérisé par des décimèles, on va dire, importantes à certains moments entre les participants. Et donc, on a pu voir au grand jour une forme de division assez forte entre des camps avec des lignes opposées. Et donc le challenge pour Sophie Binet, ça va être de réussir à pacifier tout ça. Et à rassembler. Et à porter une voix rassembleuse. Alors elle l'a fait un petit peu dans son discours.

Elle a essayé d'envoyer des signaux à travers, par exemple, tout le monde a vu les images de la chanson entonnée, à une certaine aile de la CGT pour montrer qu'elle était militante et qu'elle relayait une certaine parole. Mais ça va être ça la difficulté pour elle.

3:44
Présentateur

Alors, qu'est-ce que ça va changer pour l'intersyndicale ? On voit cette union notamment avec la CFDT, CGT, CFDT, qui étaient vraiment ensemble depuis deux mois dans l'opposition à cette réforme. Qu'est-ce que ça change, Sophie Binet, à côté d'un Laurent Berger ?

4:02
Invité

Alors, à très très court terme, ça ne change pas grand-chose. Mais à moyen terme, le fait que ça renvoie une image de modernité, une image d'ouverture sans doute. On ne sait pas encore ce qu'il en sera en termes de position de la CGT. Mais malgré tout, sur le papier en tout cas, ça renvoie une image de modernité et d'ouverture. Et donc ça va certainement, et c'est plutôt une bonne chose, challenger la CFDT, challenger Laurent Berger et challenger la CFDT.

Alors, est-ce que ça veut dire que c'est le grand retour de la CGT, je dirais, dans le cœur du réacteur du dialogue social, comme ça a pu être le cas, moi je me souviens par exemple, des années 2016-2008, quand la CGT avait signé, aux côtés de la CFDT, la position commune qui a permis de refonder les règles de représentativité des organisations syndicales, qui n'avaient pas changé depuis 60 ans. Donc, est-ce que ça veut dire que c'est le grand retour de la CGT ? C'est un peu tôt pour le dire. Mais en tout cas, c'est plutôt un signal positif et c'est plutôt un aiguillon, ça certainement, vis-à-vis des autres syndicats et notamment de la CFDT.

5:00
Présentateur

Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour le gouvernement ?

5:03
Invité

Écoutez, quand vous avez des partenaires sociaux et des corps intermédiaires qui peuvent être plus dynamiques, plus forts et plus modernes, c'est une bonne nouvelle pour tout le monde, le gouvernement compris. Et donc c'est une bonne nouvelle pour le dialogue social.

5:15
Présentateur

La semaine prochaine, Elisabeth Borne, à Matignon, a proposé de recevoir l'intersyndicale. Il y avait un petit suspense pour savoir si la CGT y allait. Sophie Binet a donc dit qu'elle se rendrait avec les autres syndicats à cette invitation. Est-ce qu'Elisabeth Borne a raison de recevoir les syndicats dans ce contexte ?

5:39
Invité

Oui, elle a raison de recevoir les syndicats parce qu'il n'est jamais trop tard pour engager une forme de dialogue, même si on voit bien que les positions de part et d'autre n'évolueront sans doute pas. Donc il n'y a pas grand-chose à attendre de ce rendez-vous ? Il n'y a pas grand-chose à attendre immédiatement, de manière au lendemain ou au sortir de ce rendez-vous. En revanche, il y a beaucoup à en attendre en termes de dynamique.

Et en termes de dynamique tendant à retisser des liens de part et d'autre, à réinitier une forme de dialogue, aujourd'hui on voit bien que chaque parti, le gouvernement et les organisations syndicales sont dans une forme de gestion du temps qui reste par rapport à la décision du Conseil Constitut et qui reste à passer. Et donc envoie à chacun des signaux, des signaux d'ouverture au dialogue. À la fois des signaux d'ouverture au dialogue et puis des signaux de ligne jaune à ne pas dépasser.

6:27
Présentateur

Enfin, on voit que tout ça est quand même très fragile et en tout cas on ne voit pas une sortie de crise à vous entendre qui sera très rapide la semaine prochaine.

6:35
Invité

Non, à court terme ça va être compliqué.

6:37
Présentateur

À court terme ça va être compliqué. Écoutez, merci beaucoup. Merci à vous. On attend aussi, on en parlera, la décision du Conseil Constitutionnel au mois d'avril, le 14 avril. Merci beaucoup de nous avoir donné un peu le paysage syndical avec donc cette nouvelle tête à la tête de la CGT, Sophie Binet. Merci Franck Morel d'avoir été l'invité éco de France Info.