Prix des carburants, loi Yadan, suppression des ZFE... Le "8h30 franceinfo" de Laurent Jacobelli
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Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Vous êtes député de Moselle, porte-parole du Rassemblement National. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul Barcelone. Bonjour à tous. On commence évidemment par les carburants. Le gouvernement ne semble satisfaire personne, ni l'opposition, ni les distributeurs avec son projet de décret pour plafonner les marges. Encore hier soir, Jean-Anne Bardella sur France 2.
L'idée dérisoire sur le papier, ce n'est pas ça qui va rendre du pouvoir d'achat aux Français. Il faut baisser les taxes sur le carburant. Donc je demande au gouvernement une baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur le carburant.
Plafonner les marges des distributeurs comme le propose le gouvernement, pour vous, c'est un effet de communication ?
Oui, c'est un effet de communication. D'ailleurs, quelques heures après, la porte-parole du gouvernement, qui est aussi en charge de l'énergie, Madame Bréjon, expliquait que rien n'était finalement dans les tuyaux, que c'était une idée comme ça. Le gouvernement n'a pas encore tranché. Voilà. Donc, une fois encore, on parle beaucoup, mais ça fait depuis le début de cette crise, depuis le début de cette guerre, que le gouvernement parle, essaye de rassurer, mais ne fait rien. Il nous avait dit, vous allez voir, c'est temporaire, les prix ne vont pas être augmentés, ils vont rebaisser. Comment vous pouvez dire qu'ils ne font rien ?
Ils ont fait des ciblés, quand même.
Si je ne peux pas rien faire, factuellement. Un centime, un centime de baisse sur le plein de l'essence. Tout cela est dérisoire. Il faut prendre des mesures chocs. Il faut effectivement, comme l'a dit Jordan Bardella, et comme le propose aussi Marine Le Pen, baisser la TVA sur l'essence, et sur les énergies d'ailleurs, de manière générale, de 20% à 5,5%. Aujourd'hui, vous avez trois acteurs. L'État, les distributeurs et producteurs d'essence, et les consommateurs. L'État ne fait aucun effort. Les producteurs ne font aucun effort.
Les seuls sur qui tout repose, le poids de la guerre, le poids financier de la guerre en France, reposent sur ceux qui se lèvent le matin, qui vont bosser, et qui sont obligés de prendre leur voiture. 270 millions de recettes supplémentaires. Voilà ce qu'a encaissé l'État. Voilà ce que les Français ont payé. Ça suffit, parce que ça veut dire ralentissement de l'économie demain. Ça veut dire des gens qui ne peuvent plus aller bosser. Et ça veut dire baisse de la consommation, baisse de la production. Et donc, si on ne prend pas des mesures urgentes, les Français s'appauvriront, et notre économie ira dans le mur.
On a un État incapable d'algir, qui me fait penser, excusez-moi de l'expression, mais assez vache, dans les prix qui regardent passer les trains. Comparer l'État à une vache, vous. C'est une comparaison, vous avez bien compris, je ne compare pas les personnes. Mais qui regardent passer les trains en étant complètement incapables d'agir, agir sur le plan international, agir pour défendre le pouvoir d'achat des Français, il est temps de prendre ces mesures.
On a bien compris votre proposition au Rassemblement National, baisser la TVA de 20 à 5,5%. Cela coûterait, selon les estimations du gouvernement, 1 milliard d'euros par mois, 12 milliards d'euros à peu près aux finances publiques par an. Où est-ce que vous trouvez l'argent, et comment vous financez cela, à l'heure où les caisses sont vides, Laurent Jacobelli ?
Alors, ces 12 milliards, ils vont d'une manière ou d'une autre être financés. Donc aujourd'hui, on demande simplement aux Français qui bossent et qui payent des impôts, qui payent des taxes de financer. Vous savez, 12 milliards dans le budget de l'État, finalement, ce n'est pas grand-chose. Ce n'est pas grand-chose si on regarde, par exemple, le coût de l'immigration, si on regarde le coût de la contribution à l'Union européenne, si on regarde le frais de fonctionnement de l'État. Qui doit payer demain ? Est-ce que vous trouvez logique de demander aux Français de faire des efforts en disant on ne fera aucun effort sur les soins gratuits ou l'hébergement des migrants ?
Vous trouvez normal de demander aux Français de faire des efforts en disant eh bien, on va continuer à caser les copains avec des salaires à 15 000 euros par mois ? Vous trouvez tout cela normal ? Eh bien, pas nous. S'il y a un effort à faire aujourd'hui, c'est à l'État sur son train de vie et sur les mauvaises dépenses. Et un deuxième raisonnement. Si vous ne faites pas cet effort maintenant, ce n'est plus 63 000 faillites par an que vous allez avoir, mais c'est 70, 80, 100 000 faillites par an. Et donc, des cotisations sociales qui ne rentreront plus dans les caisses de l'État, alors même qu'il y aura plus de chômage et qu'il faudra plus de social.
Mais vous dites qu'il faut couper dans les dépenses sociales, les dépenses de santé, de l'éducation ?
Non, non, non. Je dis, il y a des dépenses dont on a déterminé qu'elles étaient aujourd'hui des mauvaises dépenses. On va être très clair. Le surcroît de contributions au budget européen. Il y a 5 à 6 milliards à les trouver. Le coût de l'immigration. Vous avez 11 milliards à les trouver. Le train de vie de l'État. Vous avez des dizaines de milliards à les trouver. Je crois qu'il faut d'abord faire cette cure d'amaigrissement de l'État avant de dire aux Français vous allez payer votre plein d'essence 15, 20, 30, 40 euros plus cher. Tout simplement, vous allez payer un droit à l'essence pour aller travailler. C'est amoral et inefficace.
C'est un programme de campagne, de la prochaine campagne, la présidentielle, pour laquelle vous vous positionnez. Mais là, dans l'urgence, on fait quoi ?
Deux mesures, je vous le dis. Baisse de la TVA et baisse de la TICPE, je ne veux pas être technique. De 16 centimes. Exactement.
Qui est une taxe sur l'essence,
baisse de 16 centimes sur cette taxe. Pourquoi ? Parce que si on fait l'ensemble de ces taxes, c'est, allez, 20 euros d'économie par plein, c'est énorme.
25 euros, a dit Jordan Bardella.
25 euros sur un plein de 50 litres. Voilà. Ça dépend des voitures, etc. Je donne toujours le seuil le plus bas pour ne pas qu'on vienne me critiquer les chiffres. Mais moi, je veux bien qu'Emmanuel Macron et que son gouvernement soient plus intelligents que la Terre entière et plus intelligents que son opposition. Mais enfin, pourquoi l'Espagne le fait ? Pourquoi l'Italie le fait ? Pourquoi même l'Allemagne le fait aujourd'hui ? Aujourd'hui, je le répète, en France...
Ce sont des pays qui ne sont pas exactement dans les mêmes situations de l'état des finances publiques. Bien sûr.
Donc, ils ont géré notre pays comme des sagouins et maintenant, ils disent, puisqu'on a mal géré, vous allez en plus payer. Alors ? 1,70, 1,80 ou 1,90, c'est le coût du litre d'essence chez les pays voisins. Est-ce que vous croyez une seconde que les Français qui habitent à la frontière vont faire le plan en France ? Non. Donc, en ayant une essence trop chère, c'est moins de consommation à France et c'est moins de recettes fiscales. On a un gouvernement qui n'a aucune notion d'économie, mais ça, on le savait.
Alors, Paul vous interrogeait tout à l'heure sur le fait que ni les oppositions, on l'entend dans votre voix ce matin, ni d'ailleurs les distributeurs ne sont d'accord avec cette proposition de plafonner les marges. Ce serait contre-productif, disent les uns et les autres, notamment dans la grande distribution. Dans une lettre ouverte hier au Premier ministre, les distributeurs demandent au gouvernement de suspendre temporairement la collecte de ce qu'on appelle les certificats d'économie d'énergie, ce qui représente 15 à 20 centimes par litre sur le prix du carburant. Cette petite enveloppe financière-là sert à financer la transition écologique. Donc, les distributeurs veulent la suspendre.
Est-ce que c'est une solution ? Vous êtes sûr ?
Parce que moi, je lis les rapports de la Cour des comptes, c'est toujours intéressant, et je vois que ces certificats d'économie d'énergie, selon cette Cour, sont mal gérés, dont on ne peut pas déterminer les flux financiers. On n'est même pas sûr, d'ailleurs, qu'ils servent à financer
la transition écologique. Pour avoir lu le rapport dont vous parlez aussi, ils disent aussi que ça sert notamment à financer l'isolation des bâtiments. Ah mais ça, c'est sur le papier, vous avez bien raison.
Et en pratique aussi. Sauf qu'il y a une déperdition d'énergie, permettez-moi la comparaison, entre l'argent collecté et l'argent financé réellement dans la transition écologique. Bref, c'est un impôt déguisé, on va arrêter de tourner autour du pot. Donc, une fois encore, est-ce qu'il faut aujourd'hui augmenter la pression fiscale ou la diminuer ? Ces certificats d'énergie ont augmenté récemment. D'ailleurs, je rappelle que le Rassemblement National, par la voix de Jean-Philippe Tanguil, avait dénoncé qu'on a été traité à peu près de tous les noms pour l'avoir fait. Or, aujourd'hui, tout le monde voit cette évidence. C'est un impôt supplémentaire qui ne sert pas à grand-chose.
Vous savez, je vais vous dire quelque chose. Si c'est pour construire des éoliennes qui ne servent à rien ou des panneaux solaires chinois, honnêtement, autant arrêter.
Est-ce qu'il faut que les Français se mobilisent maintenant ? Peut-être durement ? Est-ce que vous les appelez clairement ce matin sur France Info à retourner sur les ronds-points façon époque gilet jaune et à se faire entendre ?
Non, non. Moi, j'appelle. Vous savez, moi, je crois en une chose. C'est la transition non pas énergétique, même si elle est utile parfois, mais la transition démocratique. Il nous reste un an à tenir. Moi, je le dis à nos compatriotes, un an à tenir. Donc, regardez ce que fait le gouvernement aujourd'hui. Rappelez-vous qu'Édouard Philippe avait augmenté les taxes sur l'essence. Ça a été sa première décision. Et demandez-vous qui demain défendra les Français qui bossent et les automobilistes ?
Donc, vous ne les appelez pas à descendre dans la rue mais à voter pour vous
dans un an. Mais évidemment, qui aujourd'hui matraque les automobilistes ? Qui ont fait des parias de la société alors qu'une fois encore, on a interdit le centre-ville aux Français les plus défavorisés ? Qui ? Eh bien, ce gouvernement... Moi, je rappelle qu'on a eu une victoire récemment. C'était il y a un jour ou deux. C'est la fin des zones à faible émission au centre-ville.
On va en parler après le fil d'info mais avant, j'aimerais qu'on parle sur le détroit d'Hormuz parce que hier, estimez que la France payait déjà pour le détroit d'Hormuz. C'est en anglais, tendez l'oreille, on vous l'a traduit. Nous payons déjà, tout le monde paie. Donc, tout ce qui peut permettre au pétrole de naviguer librement est le bienvenu. Mais avec une grande réserve, nous pensons que les lois internationales en termes de circulation maritime doivent être appliquées.
Bon, alors, depuis, le ministère de l'économie a expliqué qu'il ne s'agissait non pas de droits de péage, la France paye les conséquences de la guerre et donc du blocage de ce point stratégique mais on se souvient que Roland Lescure avait déjà fait une boulette qui lui avait été reprochée par le président de la République sur le choc pétrolier. Est-ce que ça, pour vous, c'est une nouvelle boulette, le ministre ?
Mais monsieur Lescure est au ministère de l'économie, ce que je suis à la danse classique. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'il n'y connaît rien. C'est bien le problème. Le problème, c'est que ce ministre affirme à l'Assemblée nationale et sur les plateaux des choses en disant qu'ils sont les seuls à savoir et que les oppositions ou les pays étrangers font n'importe quoi. Mais au final, quand on gratte un peu, il n'y connaît rien. Et c'est bien le problème de ce gouvernement.
C'est-à-dire qu'il doit démissionner ?
Écoutez, ça, c'est sa décision. Et puis, c'est au Premier ministre et au Président de la République de le décider. Mais vous savez, on peut faire la liste des ministres. La plupart ne connaissent pas de quoi ils parlent. Il faut venir à l'Assemblée nationale et je vous y invite. J'appelle tous vos téléspectateurs à regarder. Quand on pose aux ministres des questions, ils sortent une fiche, ils ne comprennent pas pour la plupart.
Vous n'êtes pas un peu caricatural ? Il n'y a pas des ministres compétents au gouvernement ?
Il y en a peut-être. Je ne les ai pas trouvés. Mais peut-être qu'en grattant un peu, ils sont tellement nombreux. On va peut-être en trouver un derrière les lambris dorés de la République qui fait son boulot. Mais moi, pour l'instant, je ne l'ai pas trouvé. On a aujourd'hui des marionnettes qui récitent des éléments de langage. Je vais vous dire ce qu'ils font. Ils essayent d'anesthésier les Français avec des fausses promesses ou des fausses réassurances. Ils n'ont plus qu'un an à attendre. Et cette année-là, ils vont essayer de se préserver et de leur voie de fonction et leurs indemnités. Agir pour les Français, ça ne semble pas leur première priorité.
C'est votre élément de langage à attendre un an.
Sur le fond de ce que dit Roland Lescure, est-ce que pour vous, les entreprises françaises doivent s'asseoir sur les consignes françaises et payer les droits de péage à l'Iran pour passer le Détroit ?
Non, il y a des règles internationales maritimes. Notamment que le Détroit d'Ormousse comme d'autres Détroits doit être gratuit et dédié à la circulation des biens. Mais vous savez, il ne faut pas être naïf. Aujourd'hui, entre les droits d'assurance, les droits d'escorte pour essayer de traverser en toute sécurité ce Détroit, il y a déjà des coûts. Aujourd'hui, au moment où on se parle, il y a des négociations, en tout cas des débuts de négociations, des espoirs de négociations et de dialogues à peu près dans tous les sens. Attendons avant de tirer des conclusions, mais une fois encore, le recours au péage, le recours à la taxe, il faut arrêter avec ce réflexe pavlovien.
Au final, c'est toujours le consommateur qui paye.
Malgré tout, si on en est là, c'est peut-être aussi en partie de la responsabilité de Donald Trump, le président américain. En un mot, Laurent Jacobelli, est-ce que vous ne regrettez pas d'avoir salué son élection, son retour au pouvoir aux Etats-Unis ? Jordan Bardella s'était même interrogé pour savoir d'où il tenait toute cette énergie.
Oui, mais enfin, on peut reconnaître que quelqu'un est énergique sans pour autant le soutenir. Vous savez, on a une règle d'or, c'est que nous n'intervenons pas pas d'ingérence dans les élections locales.
Vous aviez quand même salué le vent de liberté qui soufflait sur l'Amérique.
Ah, mais un vent de liberté, oui, c'est-à-dire que des Américains ont voté pour le candidat que les médias leur demandaient de ne pas élire. Donc, le phénomène est remarquable. En revanche, le candidat, nous n'avons jamais soutenu. Et pour être très honnête avec vous, je trouve que ces paroles parfois un peu brutales et vulgaires qui sont prononcées chaque jour, ces changements de cap d'heure à heure du président de la Fédération américaine ne sont pas rassurants.
Toujours avec Laurent Jacobelli,
député de Moselle, porte-parole du Rassemblement national. Et avec Paul, on voulait vous interroger, Laurent Jacobelli, sur la proposition de loi portée par Caroline Laiadant, députée ensemble pour la République, députée macroniste qui sera examinée aujourd'hui à l'Assemblée nationale qui vise à lutter contre l'antisémitisme, notamment en créant un délit d'appel à la destruction d'un État. D'abord, et avant d'entendre Aurore Berger, la ministre qui sera au banc cet après-midi, allez-vous voter ce texte ou pas avec le Rassemblement national ?
Écoutez, nous verrons bien le texte final que nous aurons parce que vous imaginez bien qu'il y a beaucoup d'amendements, notamment de la gauche, qui vont être proposés. C'est le débat parlementaire. Pardon ? C'est le débat parlementaire. Nous verrons bien, ça fait des semaines qu'on en parle, vous ne savez pas ? Ah ben moi, je ne sais pas ce qui va être voté ou pas voté. Vous savez, souvent, les rangs de la majorité sont vides, les rangs du groupe des Républicains sont vides Non mais, le texte du moment, je vais répondre à la question Vous votez le texte du moment ? Je ne vais pas me défiler. Est-ce que c'est un bon texte ? Non.
Est-ce qu'il y a une urgence à voter un texte sur l'antisémitisme en France ? Oui. Est-ce que nous le voterons ? Très probablement. Très probablement. Pourquoi ? Parce qu'une fois encore, je ne sais pas ce qu'il y aura à la fin. Mais, pour revenir sur ce texte, il part d'une nécessité. Le nombre d'agressions physiques, verbales, de menaces contre nos compatriotes de confession juive a explosé. Il n'est pas seulement en hausse. Il a explosé depuis les pogroms du Hamas du 7 octobre. Aujourd'hui, il y a une force politique, on va le dire, qui fait de l'antisémitisme un élément pour rabattre un certain nombre d'électeurs, notamment issus du communautarisme. C'est la France insoumise.
Donc, oui, bien sûr, il y a un danger aujourd'hui en France. Est-ce que le texte est assez précis ? Non. Est-ce que ce texte est amélioré par rapport à la première version où, très honnêtement, il y avait des risques pour la liberté d'expression ? Oui. Donc, vous le voterez en l'état.
On va écouter Hor Berger, qui est ministre chargé de la lutte contre les discriminations ce matin sur France Info.
Aujourd'hui, appelé à la destruction de l'État d'Israël, considéré qu'Israël devrait être rayé de la carte, même se poser la question clairement, d'où vient cette obsession maladive à l'encontre de l'État d'Israël si ce n'est parce que c'est le seul État refuge au monde pour les Juifs ?
Question très simple. Avec ce texte, est-ce qu'on pourra toujours critiquer très durement la politique d'Israël sans être accusé d'antisémitisme ?
Oui, je le crois et c'est le curseur dont je parlais tout à l'heure entre la liberté d'expression et la condamnation de l'antisémitisme. Or, aujourd'hui, il faut dire les choses clairement. Il y a, chez Jean-Luc Mélenchon et chez ses affidés, une propension à travers la critique d'Israël, déguisée en antisionisme, de faire de l'antisémitisme crasse. Vous mettez
antisémitisme et antisionisme désormais sur le même plan au Rassemblement National ?
Ça ne l'est pas à l'origine, mais il y a une instrumentalisation telle qu'il faut bien des outils pour agir. Et aujourd'hui,
la loi ne suffit pas ?
Non, mais regardez ce qui se passe. Regardez à l'Assemblée Nationale, écoutez les discours de Jean-Luc Mélenchon, d'un certain nombre de ses députés. Très clairement, aujourd'hui, il y a des signaux antisémites qui sont envoyés sans que la loi... Pour autant,
Rima Hassan a été interpellé, placé en garde à vue. Ça veut dire que la loi, aujourd'hui, d'une certaine manière, permet au juge de prendre manifestement des mesures.
Oui, dans une certaine limite, mais c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a une forme d'apologie du terrorisme qui est déguisée. Quand on dit qu'on veut l'éradication d'Israël, même si on le dit avec des termes fleuris et choisis, ça veut dire l'extermination d'un peuple. Donc, il y a un moment, il faut dire les choses, il y a une instrumentalisation de l'antisémitisme. Il y a un antisémitisme 2.0. On n'est plus dans l'antisémitisme des années 70 et 80. Aujourd'hui, il y a un antisémitisme d'extrême-gauche qui est malheureusement largement représenté au sein même de l'Assemblée nationale avec des gens qui ont pignon sur rue et qui crachent leur haine du matin au soir.
Est-ce qu'il faut laisser faire ? Non. Est-ce qu'il faut réagir ? Oui. Est-ce que c'est la meilleure des lois ? Non.
Mais une fois encore, on fait avec ce qu'on a. Au-delà de la France insoumise, plus de 700.000 personnes ont signé une pétition contre cette loi. Des étudiants se mobilisent et puis il y a la Commission nationale consultative des droits de l'homme qui alerte elle aussi sur des risques pour la liberté d'expression. Est-ce que vous comprenez, sans nous répondre s'il vous plaît, à la fille, on a bien compris, ça fait deux fois que vous répondez à la fille, est-ce que vous comprenez ces inquiétudes ?
Bien sûr que je comprends ces inquiétudes parce que même, je vous le dis, la première version du texte nous avait donné les mêmes inquiétudes sur la liberté d'expression qui est un droit sacré et qu'il faut préserver certains amendements faits pour encore préciser les choses que l'idée ici est d'attaquer l'antisémitisme et non pas la liberté d'expression. Et c'est en fonction de cet équilibre que nous voterons au final. C'est pour ça que j'ai eu une position mesurée au début parce qu'à deux ou trois amendements près, on peut arriver à un texte déséquilibré, ce que nous ne voulons pas.
Mais lutter contre l'antisémitisme aujourd'hui, dire aux Français de confession juive ce pays est le vôtre, vous n'avez pas à partir, vous n'avez pas à avoir peur, vous n'avez pas à déménager.
Donc le Rennes se pose comme un rempart, on a entendu votre ordinateur.
Mais nous sommes le dernier et le seul rempart parce que nous sommes les seuls à avoir défini la menace qui est l'islamisme et le communautarisme.
Laurent Jacobelli, autre sujet au cœur de l'actualité du Rassemblement National. Jordan Bardella, le président de votre parti déjeunera lundi avec le bureau exécutif du MEDEF, je précise comme d'autres candidats plus ou moins déclarés à l'élection présidentielle. Marine Le Pen, de son côté, a dîné avec des grands patrons c'était début avril. Quel est l'objectif de cette opération drague, si j'ose l'expression ? Est-ce que l'idée est que le Rennes soit devenu un parti comme les autres, y compris aux yeux du capitalisme ?
Non, je crois que l'idée est de préparer l'alternance. On voit bien ce que donne la préparation. On le a vu aujourd'hui avec le gouvernement et le président actuel. C'est-à-dire qu'on a des gens qui prennent des mesures sans définir les conséquences, sans savoir si elles auront un impact positif sur la société. Nous, on veut préparer notre arrivée. Et donc, on discute avec tout le monde, y compris bien sûr les grands patrons qui ne sont pas des parias, qui sont des gens qui créent de la richesse et qui créent de l'emploi, qui créent aussi le rayonnement de la France à l'international.
Il est normal qu'eux nous posent des questions parce qu'il y a beaucoup d'images d'épinales, de caricatures de notre programme. Il est normal, nous aussi, qu'on teste nos idées avec eux pour voir si elles seront bénéfiques pour l'économie.
Est-ce que vous partez pas de loin parce qu'à en croire les journaux de l'Opinion et le Nouvel Obs, ce dîner entre Marine Le Pen et quelques patrons du CAC 40, on va notamment citer Patrick Poyennet de Total ou Bernard Arnaud d'LVMH, se serait mal passé et ils en seraient repartis consternés. Est-ce que l'économie n'est pas le talent d'Achille de votre parti ?
Oh non, pas du tout. Vous savez de quoi souffre notre économie aujourd'hui ? Elle souffre de la mondialisation, elle souffre du coût du travail trop cher, elle souffre d'une imposition devenue complètement délirante et elle souffre de normes complètement absurdes. Ce sont quatre points sur lesquels nous voulons agir. Dans une France gouvernée par Marine Le Pen et Jordan Bardella, nos entreprises seront libérées de l'étau fiscal, de l'étau normatif, l'emploi sera moins cher et les salariés seront mieux payés. Donc, excusez-moi, je crois que c'est bénéfique pour tout le monde. Est-ce que pour autant,
dîner avec des patrons du CAC 40, déjeuner avec le comité exécutif du patronat, le MEDEF, cela ne fait pas du REN la fin du parti anti-système ? Vous vous êtes souvent présenté comme ça ? Le parti du peuple, des gens, ce n'est pas un peu contradictoire ? Le mot système,
ça veut dire qu'il y a connivence. Voilà, connivence entre certains qui défendent leurs intérêts au lieu de défendre l'intérêt national. Nous, on veut continuer évidemment à défendre l'intérêt des Français et l'intérêt de notre économie et pour ça, nous discutons avec ceux qui la font. Je ne comprends même pas, en fait, pour être très honnête avec vous, ce qui vous surprend dans l'histoire. Évidemment, on a des points d'accord, on a des points de désaccord. Nous, on assume qui nous sommes, on assume notre programme, mais c'est complètement normal que tout le monde le connaisse.
Une fois encore, nous ne nous en sortirons pas s'il n'y a pas une relance de la productivité, une relance de la croissance, une relance de la production et nous ne le ferons pas seuls. Certains ont essayé, les socialistes ont essayé avec leur politique désastreuse, Emmanuel Macron a essayé avec sa non-politique. Nous, nous essaierons de travailler pour l'intérêt de la France et on le fera avec les patrons, avec les salariés, avec tout le monde.
Autre actualité, les zones à faible émission. Le Parlement a intériné hier après le vote du Sénat la suppression de ces zones à faible émission qui avaient été décriées. Le Rassemblement National a d'ailleurs voté leur suppression il y a deux jours à l'Assemblée. Est-ce une victoire pour vos troupes et les troupes de Marine Le Pen ? Une victoire politique ?
Clairement, il faut le dire à ceux qui nous regardent, si demain, les ZFE sont supprimés, c'est grâce...
Donc détricoter des avancées écologiques est une victoire pour le RN.
Ce n'est pas une avancée écologique, c'est un recul social. Comment peut-on imaginer qu'on interdise les centres-villes aux Français les plus défavorisés et aux classes moyennes ? On a dit aujourd'hui, si vous n'avez pas une voiture électrique qui coûte 50 000 euros, vous ne pouvez plus aller dans les centres-villes. C'est pas un peu caricatural ? Non, c'est la vérité. Et qu'est-ce qu'on a fait en même temps ? Enfin, on, ils. Ils ont supprimé les services publics en périphérie et ils ont tout remis en centre-ville.
Donc grosso modo, si vous voulez vous faire soigner, si vous voulez étudier, si vous voulez avoir recours aux services publics, il faut aller au centre-ville mais vous n'avez pas le droit d'y aller parce que votre voiture n'est pas achetée chère. C'est ça la démocratie ? C'est ça la République ? Évidemment, non. Je tiens à dire que tous les groupes politiques ont été lâches, que le gouvernement a réintroduit ces ZFE dans le texte.
Mais le Conseil constitutionnel peut passer par là-dessus et supprimer la mesure qui a été votée par le...
Nous ne lâcherons rien. Nous ne laisserons pas les centres-villes devenir la propriété des bobos, des seuls Français qui gagnent très bien leur vie et de ceux qui veulent exclure 75% de la population française et puis lâcher les automobilistes. Une fois encore, lâchez-les. Vraiment. On a besoin d'eux et ils n'ont pas fait le choix souvent. Il est 8h56
sur France Info Leur de la question qui est retrouvée sur nos réseaux sociaux. Aujourd'hui, la question qui secoue le monde de l'édition. Le Festival du Livre ouvre ce soir à Paris le départ d'Olivier Nora. De Grasset inquiète une partie des écrivains. Cette nuit, 114 auteurs annoncent leur départ dans une lettre ouverte. Ils dénoncent l'influence de Vincent Bolloré. Est-ce que vous comprenez ces inquiétudes ? Et qu'est-ce qui se passe si vous arrivez au pouvoir dans le monde de l'édition ?
Alors, excusez-moi, mais nous n'aurons aucune mesure sur le monde de l'édition. Chaque société peut diriger, peut choisir son dirigeant. C'est les actionnaires qui doivent le faire. Les auteurs peuvent aller dans la maison d'édition qui le veulent.
Vous avez un programme dans le monde de la culture notamment sur le CNC. Dans le cinéma, vous avez annoncé notamment sur ce plateau vos collègues du RN. Bien sûr. Dans le monde de l'édition, il n'y a pas de programme.
Mais là, ce n'est pas qu'il n'y a pas de programme. C'est que ce sont des entreprises privées qui ne sont pas financées par l'État. Donc pourquoi est-ce que l'État irait s'immiscer dans la nomination de patrons et de grands patrons ? Alors je sais que c'est la mode. Je sais bien et on le voit en ce moment avec la Macronie, on recycle les copains. Donc on les met à la tête d'entreprise, etc. Mais nous, on ne raisonne pas comme ça.
Est-ce que pour autant vous félicitez de la prise d'influence de Vincent Bollereux au sein des éditions Grasset ?
Mais je n'ai pas à me féliciter ou à m'inquiéter. On a un homme d'affaires qui prend des parts dans des entreprises culturelles, qu'elles soient de médias audiovisuels, de presse écrite. C'est son droit. Les auteurs iront chez l'éditeur de leur choix. Il y a d'autres éditeurs. Nous sommes dans un pays d'économie libre et c'est tant mieux. Je serais inquiet que ce soit le gouvernement qui choisisse les patrons de maisons d'édition. Ce serait très inquiétant entre vous et moi et je serais inquiet qu'il n'y ait qu'une seule maison d'édition en France. Ça s'appelle la liberté. Liberté d'expression, liberté d'écrire, liberté d'entreprendre. Liberté. Il faut retrouver le sens et le goût de ce mot.
Merci Laurent Jacobelli de votre porte-parole du Rassemblement National. Merci Paul.
Merci.
Jordan Bardella