La jeunesse : angle mort de l'action politique française ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 6 %Attaque 3 %Défensif 1 %
Temps de parole
- Invité33 %
- Présentateur28 %
- Présentateur 218 %
- Auditeur6 %
- Auditeur 26 %
- Auditeur 33 %
- Auditeur 43 %
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Ils ont entre 16 et 25 ans l'âge du passage vers la vie adulte. C'est une étude de la Fondation des apprentis d'Auteuil qui nous a inspiré. Le thème du téléphone sonne de ce soir car une partie de cette jeunesse se sent exclue du débat public. Elle exprime même une sorte de défiance, en tout cas de méfiance envers les décideurs politiques. C'est un sondage Opinion Way qui vient livrer son baromètre annuel pour la Fondation des apprentis d'Auteuil. 7 jeunes sur 10 se considèrent donc comme des citoyens de seconde zone. Alors on essaiera ce soir de comprendre pourquoi ce sentiment, pourquoi l'entrée dans la vie d'adulte se fait plus tardivement que dans les générations précédentes.
On parlera ce soir de précarisation, de pauvreté mais aussi d'engagement. La jeunesse dans l'angle mort de l'action publique avec quelles conséquences notamment sur la santé mentale de ces jeunes adultes. C'est donc le thème du téléphone sonne. J'attends vos questions, vos témoignages. Le téléphone va sonner jusqu'à 20h. Le téléphone sonne. 0145 24 7000. Avec un premier appel au standard. Olivier nous appelle de Saint-Ouen. Bonsoir Olivier.
Oui bonsoir Eric Delvaux. Et puis je voulais avant toute chose, comment dire, souhaiter que Radio France continue de vivre. Et puis voilà.
C'est un autre débat mais merci. Merci de nous le dire.
Vraiment je vous le dis très honnêtement du fond du cœur. C'est très gentil.
C'est très gentil. On va se recentrer sur le débat de ce soir. Votre question.
Tout à fait. Alors je voulais commencer, même si mon âge est bien plus avancé que celui des personnes qui ont été interrogées. Mais je voulais revenir un peu en arrière et parler de 2002. Vous savez où Jean-Marie Le Pen était qualifié au deuxième tour. Et où il y a eu des manifestations très très importantes et où on a mobilisé la jeunesse. Et j'ai le sentiment qu'à ce moment-là, on s'est un peu payé leur tête et qu'on leur a fait croire qu'en participant à des manifestations, c'est comme s'ils étaient rentrés dans l'histoire en disant on va barrer la route au fascisme.
Et je me demande si le fait de s'intéresser à la jeunesse aujourd'hui, enfin en 2025, c'est pas parce qu'on se dit merde en 2027, potentiellement Le Pen pourrait revenir au pouvoir. Et donc je me demande s'il n'y a pas un discours hypocrite de la classe politique pour s'interroger à la jeunesse, pour tout d'un coup se dire tiens, ça serait peut-être intéressant de s'intéresser à cette jeunesse.
Merci.
Et maintenant, attendez, je ne suis pas terminé. Et ce que je voulais dire, c'est que pour moi, il y a aussi, les politiques sont en partie responsables de leur désintérêt. Et je pense évidemment à ces problèmes d'écologie, d'inégalité, du partage des richesses, de l'avenir de cette jeunesse, de l'avenir des étudiants, etc. Et que pour ma part, ça fait des années que je ne vote plus et que mes rêves politiques se situent du côté de l'anarchie qui, comme disait Léo Ferré, c'est l'ordre moins le pouvoir, histoire de remettre les choses un peu à l'endroit.
Merci de citer Léo Ferré ce soir dans une émission consacrée à la jeunesse. Et pour vous répondre ce soir, il y a trois invités. Salomé Arbault, vous êtes chargé de plaidoyer à la Fondation Les Apprentis d'Auteuil et cette enquête opinionnée que vous avez impulsée. On va en parler dans un instant. Christelle, Cristal Lopez, bonsoir. Vous avez 25 ans, vous habitez à Rouen, en Normandie. Et vous venez de terminer votre doctorat en chimie et vous aurez un premier contrat, je crois, dans les semaines qui viennent au CNRS de Montpellier. Et votre témoignage de jeunes nous sera précieux ce soir pour éclairer les auditeurs.
Et puis Nicolas Duvoux, bonsoir à vous aussi, professeur de sociologie à l'Université Paris 8, Vincennes Saint-Denis. Vous êtes co-auteur de Jeunesse française contemporaine, co-rédigée qui a été parue aux éditions CNRS. Et vous êtes aussi spécialiste des questions de pauvreté, d'inégalité sociale et de politique publique. Je signale aussi un livre plus ancien écrit en 2023 qui s'appelait, pour les jeunes là aussi, le titre était « L'avenir confisqué ». Évidemment, on fera référence à tous ces thèmes ce soir. Cristal Lopez, je me tourne vers vous, 25 ans. Alors on a entendu cet auditeur dire que les politiques ne s'intéressent aux jeunes qu'au moment de voter.
On va parler de votre expérience. D'abord, quel regard vous portez sur les politiques ? Votre regard cautionne cette étude Opinion Way pour les apprentis d'Auteuil, la fondation Apprentis d'Auteuil. Et ces jeunes qui se disent négligés par la classe politique. Vous partagez ce constat ?
Oui, je partage.
Vous le partagez avec quel marqueur ? Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
Disons que les jeunes en ce moment ont plus de mal à se faire écouter, à se faire entendre surtout.
Et vous avez le sentiment depuis longtemps que la classe politique ne vous écoute pas, qu'il n'y a pas de place pour les jeunes dans le débat politique public ?
Mais c'est rare quand on entend des jeunes dans le débat. Enfin, on constate tous les jours.
Salomé Arbault, vous êtes donc à la fondation des apprentis d'Auteuil. Et vous avez mis toute votre énergie pour que ce sondage voit le jour. Sondage Opinion Way pour juger et jauger, surtout jauger, le sentiment des jeunes vis-à-vis de la classe politique. Vous vous attendiez à des conclusions. Mais qu'est-ce qui vous a le plus étonné dans cette enquête Opinion Way ? Alors peut-être pour resituer pour nos auditeurs, la fondation Apprentis d'Auteuil, elle accompagne chaque année 40 000 jeunes en situation de fragilité. Et effectivement, ces résultats du sondage ne nous ont pas forcément étonnés.
Puisque nous, on constate tous les jours dans nos établissements, ce que nous racontent les jeunes qu'on accompagne, c'est qu'effectivement, ils ne se sentent pas entendus, écoutés, considérés. Et par rapport à la question de notre auditeur, effectivement, il y a plein de sujets qui touchent les jeunes au quotidien, notamment les difficultés d'insertion professionnelle, des jeunes qui peuvent être éloignés avec des difficultés de mobilité, des sujets de précarité, d'exposition aux violences, de santé mentale, qui ne sont pas forcément des sujets qui sont au centre du débat.
Donc on ne s'attendait pas forcément à ces résultats, pardon, mais on ne s'attendait pas forcément à des chiffres aussi massifs, puisque ce que dit le sondage, c'est qu'on a 84% des jeunes, donc une écrasante majorité, qui ne se sentent pas suffisamment écoutés par les politiques. Et 66%, donc 7 sur 10, qui se sentent relégués au rang de citoyens de seconde zone. Donc voilà, une fois qu'on a posé le constat, qui est extrêmement grave et qui doit nous alerter, c'est qu'est-ce qu'on fait pour renverser ce sentiment et leur donner plus de place dans la société ?
Alors on verra en fin d'émission, dans un second temps, effectivement, ce que propose la Fondation des Apprentis d'Auteuil sur le sentiment quand même qu'on va développer ce soir, le sentiment de cette jeunesse. Nicolas Duvoux, je rappelle que vous êtes professeur de sociologie à l'université Paris-Vincennes-Saint-Denis. Tous ces jeunes qui ne se sentent pas considérés par la classe politique, comment notre auditeur parlait d'abstention ? Comment est-ce que ça se traduit d'ailleurs en termes d'abstention au moment de voter dans cette tranche d'âge, enfin dans les jeunes adultes en tout cas ?
Ça se traduit d'abord par un décrochage important en termes de participation électorale par rapport aux autres catégories de la population. Il y a plusieurs interprétations possibles. Soit il y a une interprétation générationnelle. On dit que celles et ceux qui ont aujourd'hui des âges plus élevés, en fait appartiennent à des générations où voter n'était pas une option. C'était quelque chose de beaucoup plus normal, de beaucoup plus naturel en quelque sorte. Ça appartenait aux choses qu'il fallait faire dans la vie sociale. Ça c'est un effet de génération peut-être. Il y a un effet d'âge aussi.
Une collègue a évoqué une sorte de moratoire civique en disant on prend plus de temps pour entrer dans la vie politique et citoyenne comme on prend plus de temps pour entrer dans la vie économique, dans l'emploi. L'âge du départ de chez les parents, de l'autonomisation résidentielle, c'est élevé. L'âge du premier enfant, c'est beaucoup élevé. L'âge de l'emploi stable, c'est aussi très nettement élevé. Et donc, au fond, ça sera en quelque sorte logique que la participation citoyenne suive cet écart dans le temps. Au fond, ça ne serait que reporté. Mais là, je dirais, c'est des interprétations qui sont intéressantes mais qui ratent peut-être l'essentiel.
C'est que ce n'est pas tellement l'abstention qui est importante. C'est le fait du vote intermittent. En fait, les jeunes votent, mais ils ne votent pas à chaque fois. Donc, ils choisissent leur combat, si on peut dire les choses de manière imagée. Et donc, ça, c'est à mon avis quelque chose d'important parce que ça veut dire que les jeunes ne sont pas sortis de la participation politique. Ils ne sont pas sortis du débat électoral. Ils sont présents, mais ils sont présents d'une manière plus intermittente que les autres catégories de la population.
Et évidemment, ça a des effets parce que si vous êtes du côté de l'offre que vous voulez vous faire élire ou gagner une élection, en fait, vous allez miser sur les catégories de la population dont vous êtes sûr qu'elles vont voter à chaque fois. Et donc, les jeunes, ce n'est pas qu'ils soient abstentionnistes ou qu'ils soient sortis du débat, mais c'est qu'ils ont des pratiques politiques ou des pratiques d'engagement qui font que ceux qui sont présents ou celles qui se présentent n'ont pas forcément intérêt à adresser leurs préoccupations en priorité.
Et donc, on se retrouve avec une situation objective, on en parlera, qui, sur un grand nombre de sujets, fait que le sentiment qui est exprimé dans ce sondage, mais comme dans d'autres études d'opinion, en fait, il est vraiment fondé par des réalités.
On va aborder ces réalités. Cristal Lopez, on ne va pas faire de généralité, mais vous concernant, d'abord envisagez-vous d'aller voter, de vous abstenir lors des prochains scrutins municipales en 2026, présidentielles 2027. Où est-ce que vous irez voter ? Est-ce que vous le savez déjà ?
Oui, j'irai voter.
Et vous savez pour qui déjà ?
Non.
Je ne vais pas vous demander pour qui, mais juste savoir si vous savez déjà pour... Alors, on ne connaît pas tous les candidats, vous avez raison de me dire qu'on va attendre d'abord que tous les candidats se déclarent. On va retourner au standard avec Patrice, qui nous appelle. Bonsoir, Patrice. Oui, bonsoir. Vous êtes à l'antenne. Une question, un témoignage ?
Ben, disons que c'est une réaction par rapport à ce qui s'est dit. Moi, je n'ai pas l'impression que les hommes politiques s'adressent uniquement aux anciens, entre guillemets, lorsqu'ils font des discours, des projets. Quand quelqu'un vote un projet pour la Sécu ou pour augmenter le budget des armées, ça s'adresse à tout le monde. Ce n'est pas uniquement à une certaine catégorie de Français ou de Françaises à partir d'un certain âge. Ça concerne tout le monde. Donc, je crois que c'est une erreur de dire qu'on oublie les jeunes. C'est un ensemble, c'est tout. C'est pour tous les citoyens et citoyennes.
Alors, on aurait tort de dire que les politiques oublient les jeunes. On parlait ce soir du sentiment des jeunes d'être oubliés. C'est ce que montre cette enquête Opinion Way pour la fondation des apprentis d'Auteuil. Salomé Arbeau, hier soir, les orphelins d'Auteuil ont organisé au Rex, à Paris, donc une grande soirée. Il y avait des jeunes qui sont montés sur scène pour exprimer, pour se raconter. Et tous ceux qui ont pris la parole n'avaient pas le même parcours que Cristal, docteur, doctorante en chimie, qui est là ce soir en studio. Qui a parlé hier soir ? Alors justement, Cristal, elle était sur scène hier soir. Mais tous n'avaient pas le même profil.
En fait, le but de cette soirée stand-up d'apprentis d'Auteuil, c'était de donner la parole à des jeunes qu'on n'a pas l'habitude d'entendre, qu'on entend peu, voire pas du tout. Des jeunes qui peuvent avoir eu des parcours de décrochage scolaire, un passage en protection de l'enfance, des difficultés d'insertion. Donc pour donner et visibiliser cette jeunesse-là, qu'on entend beaucoup moins, et montrer que malgré la difficulté, il peut y avoir des parcours de résilience et des très belles histoires. Mais que pour ça, il faut pouvoir avoir des moins tendus, des personnes qui les accompagnent au quotidien.
Mais donc le but, c'était vraiment de leur donner le micro et d'écouter une jeunesse et des récits qu'on entend beaucoup moins. Et il y a trois mois et demi des municipales et un an et demi de la présidentielle, quel message retenez-vous de ces témoignages hier soir ? Ils ont parlé de politique ou pas ? Oui, on avait notamment Elsa qui était sur scène et qui a parlé de la difficulté de s'engager en tant que jeune. Alors elle est très engagée à titre personnel, elle a travaillé pour une asso qui accompagne des jeunes LGBT notamment.
Elle a fait des distributions alimentaires quand elle était à la fac et elle a raconté que les jeunes ont envie de s'engager mais il faut leur donner aussi les moyens de le faire. Et quand on connaît notamment la précarité, quand on est une jeune étudiant, que peut-être dans des difficultés de santé mentale, c'est aussi difficile de se tourner vers les autres et de dédier du temps. Et donc sa conclusion, c'était de nous laisser le temps d'être jeunes et qu'on saurait le rendre plus tard dans la vie.
Nicolas Duvoux, quelles sont les raisons objectives que vous avez pointées qui peuvent expliquer ce sentiment des jeunes, d'une partie de la jeunesse en tout cas, de passer pour des citoyens de seconde zone ?
Je vais d'abord rebondir sur une partie de la jeunesse. Vous avez dit cette jeunesse-là. Il faut en parler au pluriel des jeunesses ? Il faut en parler au pluriel. Bien sûr. Parce que c'est pour ça que d'ailleurs le titre de l'ouvrage publié, qui est vraiment une synthèse, c'est un ouvrage qui visait à faire un état des lieux, le CNRS, l'institution de la recherche publique en France, avait commandé cette synthèse.
Jeunesse française contemporaine, tout au pluriel.
Tout au pluriel. Et tout au pluriel, c'est très important, parce qu'on voit des disparités énormes entre les différentes catégories qui composent la jeunesse, avec une ligne de partage quand même très centrale autour de la possession, et du coup, Cristal est vraiment du bon côté de la ligne, la possession du diplôme. Pourquoi ?
Parce que la question du diplôme est vraiment devenue, et des études, est vraiment devenue un marqueur extrêmement important de, on va dire, l'opposition entre plusieurs franges de la jeunesse qui vont avoir des destins extrêmement différenciés, extrêmement polarisés, avec, je dirais, beaucoup moins de difficultés et beaucoup moins de distance avec l'engagement bénévole, par exemple, ou avec l'engagement politique pour la partie de la jeunesse qui est diplômée. Et donc, tout ce qu'on dit, effectivement, sur l'abstention, sur des choses assez générales, c'est beaucoup moins vrai si on différencie en disant, voilà, il y a la question du diplôme qui est vraiment un enjeu...
On va parler tout à l'heure de la question des territoires aussi, j'imagine que ce n'est pas la même chose selon qu'on habite en ruralité, en zone urbaine, ou bien même outre-mer.
Ou dans les quartiers, enfin, il y a dans les quartiers populaires, il y a beaucoup de différenciations, mais celle-là est quand même un marqueur, est quand même un marqueur extrêmement important. Alors après, pour venir au fond de votre question, je dirais qu'il y a deux critères majeurs qui font qu'aujourd'hui, la France est dans une situation, la jeunesse en France, avec cette précaution de la diversité, est quand même dans une situation difficile. La première, c'est l'exposition à la pauvreté.
Je veux dire, quand on regarde par âge, les enfants, d'abord, les enfants sont toujours les enfants de leurs parents, ils sont calculés, ils sont comptés comme ça, et les jeunes adultes sont les catégories les plus pauvres de la population. Et pour une raison en partie simple, c'est que notre système de protection sociale commence à 25 ans. Le revenu de solidarité active, il est ouvert à partir de 25 ans. Il y a quelques exceptions avant, mais globalement, la société française, et ce n'est pas une fatalité, il y a des pays...
Je peux faire une parenthèse dans votre démonstration. Dans les années 70, c'était les seniors qui étaient les plus vulnérables à la précarité, à la pauvreté. Aujourd'hui, vous nous rappelez que ce sont les jeunes, et notamment les femmes, pour les mêmes raisons d'ailleurs.
Les familles monoparentales, les femmes qui élèvent seules leurs enfants.
Je voulais vous demander,
que s'est-il passé entre-temps ? Qu'est-ce qui s'est passé entre-temps ? Tout simplement, les systèmes de retraite sont montés en puissance. Ils n'étaient pas encore là dans les années 70, et au fond, les personnes âgées étaient pauvres parce qu'il n'y avait pas de revenus qui venaient leur permettre de satisfaire leurs besoins. Et on voit revenir cette question de la pauvreté des retraités depuis quelques années. Je ferme la parenthèse, ce n'est pas le sujet. Mais donc, on voit un déplacement. Les retraités ont quand même été très fortement protégés par les évolutions du système.
Et inversement, le chômage, mais peut-être plus encore que le chômage, la précarité de l'emploi, sont venus frapper massivement celles et ceux qui entrent dans la vie active. Et avec là, vraiment, le critère de l'éducation, du diplôme qui va créer une différence radicale qui n'existait pas dans les années 70. Donc, je dirais, premier point, cette grande vague du chômage et de la précarité de l'emploi qui est une espèce de grand test, de grand lessiveuse, dans lesquelles passent de très nombreux jeunes aujourd'hui. Et l'autre point, c'est qu'on ne protège pas les jeunes parce que cette catégorie de la population... Les protéger de quoi ?
Les protéger simplement du manque de ressources, du manque d'un accès à des droits sociaux comme les autres catégories de la population.
Cristal Lopez, je rappelle que vous avez 25 ans, que vous êtes une toute jeune doctorante, à peine diplômée, et ça date de quelques jours, je crois, le 25 novembre. Est-ce que vous vous sentez aujourd'hui protégée par votre diplôme, protégée socialement ? Est-ce que ça va vous donner un avenir ?
Oui, je pense que oui. Je pense que ce diplôme-là, il va m'ouvrir des portes que je n'aurais peut-être pas pu avoir, enfin, qui n'auraient pas été ouvertes avant. Et ce diplôme, j'ai réussi à l'avoir parce que j'ai été encadrée par les apprentis de Thaï, parce que grâce à eux, j'ai pu toucher une bourse et si je n'avais pas eu cette bourse, je n'aurais jamais pu faire des études.
L'une des grandes différences avec les années 60, et je me retourne vers vous encore, Nicolas Duvoux, on va retourner aux orphelins de Thaï dans un instant, évidemment. L'une des grandes différences avec les années 60, quand on parle de jeunes générations, et on les mettra au pluriel, c'est le nombre de diplômés qui a explosé. Quelles conséquences a eu cette massification scolaire ?
Deux conséquences. La première, c'est que c'est beaucoup plus difficile de vivre, de construire sa vie dans la société française aujourd'hui, que c'était le cas il y a 50 ans si on n'a pas de diplôme. Pour une raison très simple, c'est que quand un bien ou un capital se massifie, ne pas l'avoir devient une pénalité extrêmement forte. Et ça, c'est quand même quelque chose de très important. C'est pour ça que le grand clivage entre les diplômés et non-diplômés, et je pense que vous avez tout à fait raison d'avoir confiance dans votre diplôme, il va vous protéger sur le long terme parce qu'il vous a donné une clé d'entrée dans la société.
Mais qu'est-ce qu'on fait des 100, 150 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans titre et donc avec un avenir qui pour le coup est très compliqué. Donc ça, c'est la première chose. La deuxième réflexion et c'est le deuxième point, je dirais, le point noir de la société française dont tous les gouvernements sont parfaitement au courant, c'est le fait qu'on vit dans une société qui affiche égalité sur le fronton des mairies et qui donne une grande importance au système scolaire dans l'organisation sociale et c'est un système scolaire qui est organisé d'une manière à sélectionner les meilleurs.
Au fond, la logique, c'est d'organiser la sélection et du coup, c'est un système qui va vraiment renforcer les inégalités sociales et beaucoup moins les corriger que d'autres pays. Et donc, cette organisation qu'on retrouve les universités d'un côté, les grandes écoles de l'autre, par exemple, ça n'est qu'un exemple mais c'est un peu la logique du système qui vise à former très très bien peu de gens. C'est comme ça que c'était prévu.
Donc ça a été fait comme ça et puis on a tiré un peu tout le monde vers le haut et donc ça veut dire que quand on a tiré tout le monde vers le haut, la massification scolaire, on a en fait déplacé plutôt qu'annulé les inégalités entre les personnes qui rentrent dans le système éducatif et ça crée évidemment quelque chose qui est très profond parce que la jeunesse quand elle vote, elle vote aussi pour par exemple le rassemblement national. Statistiquement, c'est une réalité très importante qui est d'ailleurs montrée dans les résultats
et aussi à l'autre extrême.
Et aussi à l'autre extrême, avec d'ailleurs une polarité, les très très jeunes c'est plutôt à la France insoumise et puis un tout petit peu plus vieux quand peut-être on s'est confronté à la dureté du marché du travail ou à d'autres choses, c'est le rassemblement national qui prend la dominante. Mais c'est quand même ce fait de la confrontation à, je dirais, un monde social extrêmement dur quand on rentre, notamment du côté de l'emploi et aussi pour beaucoup la blessure de ce qui s'est passé à l'école qui laisse des traces dans la vie.
On va retourner au standard avec une question de Catherine. Catherine est en ligne. Bonsoir.
Oui, bonsoir. J'ai deux remarques à faire. La première, je travaille avec des jeunes et des adultes sur leur projet. Projet pro, projet de vie. Et je vois qu'en ce moment, les jeunes qui ont le plus le sourire et qui ont retrouvé l'enthousiasme et la motivation sont ceux qui font un pas de côté. C'est-à-dire que je pense qu'il serait important de déformater un petit peu cette jeunesse sur le bac, les études, etc. Moi, je vois des jeunes qui ont des projets magnifiques, qui travaillent, qui font des saisons, qui partent en oufignes après et qui ont des envies différentes auxquelles on n'attache pas de c'est d'attention, je trouve.
Mais franchement, en ce moment, c'est ceux qui ont le plus la banane. Pas en généralité, bien sûr, mais moi, je me rends compte qu'ils font vraiment un pas de côté. Le formatage est beaucoup trop important. Et la deuxième chose que j'ai envie de dire, c'est qu'on parlait tout à l'heure des abstentionnistes et des votes blancs, et pour moi, c'est clair qu'un autre projet de société que celui-là viendra d'eux, ne viendra pas des urnes. Et je pense que c'est dommage qu'on n'aille pas écouter les propositions sociétales des gens qui votent blancs, des abstentionnistes, ils ont des choses à dire aussi, jeunes et adultes.
Merci de ce témoignage et de ces deux idées. Catherine, je vais me tourner vers vous, Salomé Arbeau, pour la Fondation des Orphenins d'Auteuil. Catherine nous racontait qu'elle travaille, elle fait des projets, elle suit les projets personnels et professionnels des jeunes. Ceux qui ont la banane, dit-elle, sont ceux qui ont fait un pas de côté. Vous, à la Fondation Auteuil, qui êtes engagée dans la protection de l'enfance, vous accordez beaucoup d'importance à ce petit pas de côté de temps en temps ? Oui, complètement.
Merci Catherine pour cette question parce qu'effectivement, c'est toute l'ambition de ce qu'on fait à Apprentis d'Auteuil, c'est de se dire, on ne peut pas demander aux jeunes de devenir des citoyens engagés d'un coup de baguette magique à 18 ans si on n'a pas créé les conditions de la participation dès le plus jeune âge. Et donc, il faut leur donner des espaces de consultation, de concertation et même de co-construction pour leur permettre de prendre la parole et de proposer des choses. Et ça peut aller jusqu'à la construction de la politique publique. Je pense justement à Asmaï qui a témoigné sur scène hier soir.
C'est une jeune qui nous vient de Mayotte et elle a participé à la CIVIS, donc la commission indépendante sur les violences sexuelles faites aux enfants. Et c'était un groupe de jeunes concernés qui ont construit des recommandations à destination des pouvoirs publics. Et donc, quand on demande aux jeunes et notamment aux jeunes concernés par un sujet leur avis, ils ont plein d'idées, plein de propositions super pertinentes. Et alors, c'est à nous de les appliquer derrière et que ça ne reste pas l'être morte. Mais effectivement, c'est redonner du pouvoir d'agir aux jeunes en leur permettant de proposer des choses. Et en fait, ils ont plein d'idées et des idées super pertinentes.
Si je peux donner juste un autre exemple, on a eu récemment une commission du CESE sur la question de la santé mentale. Le Conseil économique, social et environnemental. Oui, tout à fait. Et il y avait un groupe d'enfants qui avaient entre 12 et 18 ans qui ont fait des propositions sur la santé mentale. Et en fait, ils ont travaillé très longtemps et leurs propositions sont vraiment très très loin d'être délirantes. On avait la régulation des réseaux sociaux, l'accès gratuit, anonyme et illimité aux psychologues en milieu scolaire. Donc, on voit que quand on leur donne la parole et qu'on crée les conditions d'une participation, ils ont des propositions qui sont super pertinentes.
Pardon, parce que j'ai parlé des orphelins d'Auteuil. C'est bien la fondation des apprentis d'Auteuil de faire cette confusion. Nicolas, Nicolas est en ligne. Bonsoir Nicolas. Vous êtes dans le bassin d'Arcachon, je crois.
Oui, oui, tout à fait. Bonsoir. Donc, alors, je ne suis pas, enfin, je suis jeune, mais pas très très jeune. J'ai 57 ans. Mais votre sujet m'a interpellé puisque j'ai trois enfants. Alors, je suis précisément dans un village, Le Porge, qui est au nord du bassin d'Arcachon, donc dans la ruralité. sur la question pourquoi les jeunes ne s'intéressent pas à la politique en discutant avec mes enfants qui, quand même, ils sont sensibilisés, mais se sentent exclus de par certaines décisions ou leurs difficultés par rapport à la mobilité puisque dans la ruralité, la mobilité est très très compliquée. Dans notre village, on n'a pas de transport en commun pour bouger de village à village.
On a un problème de logement aussi, notamment quand, par rapport au tourisme, on a une zone touristique quand même, le bassin d'Arcachon au sud. Il n'y a pas de logement pour ceux qui viennent travailler, les saisonniers qui sont souvent des jeunes ou des étudiants. L'autre point qui est important, c'est que quand ils font des études, que ce soit CAP, BEP, Bac Pro, Université, le logement social, pardon, oui, le logement social est problématique, le logement étudiant est extrêmement problématique. qu'en plus, on leur sucre les APL, donc il y a un autre problème à ce niveau-là.
Et finalement, quand ils rentrent sur le marché du travail, ils ont des salaires qui sont adaptés à leur âge, donc finalement, il n'y a pas trop d'égalité salariale à ce niveau-là. Et leur représentativité, que ce soit dans les institutions, dans les contre-pouvoirs, etc., est très très faible. On a très peu de jeunes députés à l'Assemblée. Le pourcentage de jeunes députés à l'Assemblée n'est pas équivalent à la représentativité réelle de la jeunesse dans la société.
Non, mais cela dit, la tranche d'âge a baissé tout de même au Parlement, mais vous avez raison, elle ne représente pas encore.
C'est vrai, c'est vrai. Et en fait, les seuls moments... Alors, j'ai entendu l'intervention précédente où effectivement, quand on les concerte, ils peuvent avoir... Ils ont leur mot à dire aussi, mais souvent, que ce soit dans les commissions extra-municipales, etc., un moment ou un autre, bon, c'est bien beau, les jeunes, c'est bien gentil, mais bon, voilà, ce sont les jeunes. Merci.
Il y a ce côté-là.
Juste deux derniers points. On va faire rapide.
Deux, je ne suis pas sûr. Allez, un dernier, dites-nous.
Un dernier point. On entend toujours, non, mais les jeunes, ils n'en veulent plus. Je l'ai entendu pour moi, mon père l'a entendu, et il y a quand même ce discours, non, mais les jeunes, ils n'en veulent plus, etc. Ils n'en veulent plus,
ils ne veulent pas travailler, si je résume.
Ils n'en veulent plus, ils ne veulent plus travailler, ils ne veulent plus s'impliquer, ils ne veulent plus être citoyens, etc. Et donc, tout ça, quand même, fait que comment ? C'est un peu la dernière roue du carreau, c'est la finesse. Pourtant, c'est l'avenir de la nation et de la patrie.
Merci de ce témoignage, Nicolas. À plusieurs tiroirs, je vais retenir notamment la représentativité. Tiens, et je vais vous poser la question, Cristal Lopez, aimeriez-vous qu'un jeune vous représente à la présidentielle ou est-ce que l'âge n'a aucune importance au final pour vous ?
C'est une bonne question.
La réponse sera d'autant mieux.
Je pense que l'âge n'a pas trop d'importance pour le représentant, mais c'est surtout les idées.
Question également sur les territoires et on va y revenir et je m'adresse à vous, Salomé Arbeau, pour la fondation des apprentis d'Auteuil. Ce sentiment d'exclusion, les jeunes ne le ressentent pas de la même façon en fonction de là où ils habitent ? Oui, tout à fait. Il y avait notamment sur avoir le sentiment que la parole ne sert à rien. Pour les jeunes ruraux, c'était 7 sur 10 qu'il y avait ce sentiment de parole inutile contre beaucoup moins pour les jeunes franciliens. Donc, on voit que c'est des fractures qui sont beaucoup plus marquées pour certaines catégories de la population, pour certaines jeunesses.
On a parlé aussi des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, qui ont encore plus le sentiment que leur parole ne sert à rien. Ou encore les jeunes femmes qui vont se sentir moins informées que les jeunes hommes. Donc, on voit qu'elles sont aussi plus... Elles se sentent moins légitimes à prendre la parole et elles ont parfois aussi moins les codes. Donc, c'est à nous et en particulier de faire l'effort pour donner aux jeunes les codes pour s'engager derrière. et on a parlé de construction de la politique publique mais même si on ne va pas jusque-là, ça commence vraiment dès l'enfance dans tous les lieux qui accueillent des enfants et des jeunes.
Ça peut être des toutes petites choses. Je vous donne un exemple très concret.
Donnez un exemple.
Par exemple, dans un de nos établissements scolaires à Nantes, ce sont les enfants qui ont réorganisé la cour de récréation puisque quand ils arrivaient et quand il pleuvait, il n'y avait pas d'endroit pour les abriter et les adultes ne s'en étaient jamais rendus compte parce qu'ils ne font même pas le même trajet que les enfants. Et donc, c'est prendre en compte le ressenti, la parole des jeunes dans leur quotidien, des toutes petites choses comme ça et après, qui amènent à pouvoir participer, se sentir considérés.
Ça peut être des petites choses comme des grandes choses jusqu'à la construction de la politique publique mais les concerter et je fais écho à une question d'un auditeur plus tôt, ce n'est pas seulement en consulter, c'est après prendre en compte et appliquer ce qu'ils ont dit. Merci de ce témoignage là aussi. Pas mal de questions WhatsApp sur la santé mentale. Je vais peut-être me tourner vers vous donc Nicolas Duvoux, cette jeunesse aujourd'hui qui a connu les crises multiples sanitaires, écologiques, économiques, avec quelles conséquences sur leur santé mentale aujourd'hui ?
La santé mentale des jeunes est très affectée. C'est des questions très complexes parce qu'on touche à l'intimité, on touche à la question du psychisme, de la personnalité, donc évidemment beaucoup de prudence dans l'interprétation mais quand même quand on regarde les faits, on voit que d'abord la dégradation de la santé mentale des jeunes et des jeunes femmes en particulier, parce qu'il y a un écart de genre qui est quand même très important, avec une situation beaucoup plus dégradée en termes de comportements autodestructeurs, de tentatives de suicide chez les jeunes femmes.
Et de passage à l'acte aussi.
Des idées noires
mais aussi des passages à l'acte.
Oui, mais les passages à l'acte, c'est compliqué parce qu'il y a plus de passages à l'acte mais il y a moins de réussite dans le passage entre guillemets. Et merci de mettre
beaucoup de guillemets et de faire très attention.
On touche à des choses très profondes et beaucoup de personnes vivent très mal et donc il faut évidemment respecter ça infiniment. Mais on voit une situation très dégradée et on voit que les crises, la crise sanitaire évidemment de la Covid a fait changer d'échelle mais a fait changer d'échelle une tendance qui préexistait.
Et ça c'est vraiment un point quand même très important c'est que ça révèle quand même une crise très large des modalités d'appartenance à la société de construction de soi et avec je dirais une incertitude un flou sur comment se construire comment se projeter en l'idée d'avenir confisqué mais je vais revenir sur le déterminement matériel mais il n'y a pas que du matériel le matériel joue beaucoup parce que la dégradation de la santé mentale il y a un effet de genre mais il y a aussi un effet de position sociale de ressources et je dirais l'exposition il y a un terme un peu technique mais en gros il y a un certain nombre de difficultés de pathologies qui sont vraiment beaucoup plus répandues chez celles et ceux qui sont les plus modestes et quand vous regardez évidemment il y a des cas qu'on connaît par exemple le diabète le diabète c'est une maladie qui est beaucoup plus répandue quand on n'a pas beaucoup de moyens et les troubles psychiatriques c'est la même chose on a une différence qui est exactement la même ça veut dire qu'il y a vraiment des conditions sociales qui font que dans un climat d'incertitude qui déterminent des maladies qui déterminent pas mais qui disons que dans un contexte d'incertitude généralisée favorisent l'émergence de difficultés et de santé mentale et ça je crois qu'il faut vraiment dire ces choses là de manière très forte ce sont pas des difficultés qui sont une fatalité et qui sont pas liées à des troubles purement individuels c'est que la société ne donne pas les repères les perspectives et un certain nombre de vos auditeurs qui ont pris la parole ont dit le dernier notamment la question du logement de l'impossibilité de dire je vais pouvoir me loger trouver un toit sous lequel construire une vie une famille ça c'est un point
sauf ces marqueurs suppression des APL je pensais aussi à la suppression de l'aide à l'apprentissage tout récemment est-ce que les politiques sont en train de favoriser plutôt les seniors que les jeunes donc ils se disent bon ben finalement est-ce que c'est aussi flagrant que ça ?
il y a quand même un certain nombre de marqueurs il y a même presque aujourd'hui une sorte je dirais de tabou sur le fait d'ouvrir des protections générales de droit commun à 18 ans et d'aligner la citoyenneté civique et politique sur la citoyenneté sociale ça c'est quand même un vrai problème parce qu'on a vu quand il y a des crises pendant la crise sanitaire on a vu qu'il n'y avait pas de ressources pour beaucoup de jeunes et ça conduit à des situations de difficulté en tant qu'enseignant du supérieur on voit tous les jours que quand on n'a pas les ressources on ne peut pas être dans la réussite éducative c'est ce que Christal a dit tout à l'heure des apprentis d'Auteuil à sa manière
il nous reste assez peu de temps on va prendre François qui est au Havre bonsoir François
bonsoir merci de prendre mon appel alors moi je rebondis sur ce qu'il a dit précédemment en fait on ne laisse pas du tout la place la place aux jeunes dans nos sociétés même à l'éclos local qui commence par les municipales donc les premières les premières vies politiques en fait on a le conseil municipal des enfants jusqu'à 12 ans et après il n'y a plus rien et au niveau du conseil municipal tous les postes se sont frustrés par les seniors qui se réalisent d'année en année et aujourd'hui il n'y a plus de représentativité donc moi ce que je suggère cette année en 2026 on demande la parité je souhaiterais qu'il y ait une plus forte représentativité qu'il y ait avec des quotas pour que les jeunes puissent être représentés dans les conseils municipaux
et bien merci de l'avoir dit ce soir sur France Inter sur vous parliez de la représentativité on parlait de quelques marqueurs j'en cite un près de 8 jeunes sur 10 souhaitent s'impliquer davantage dans les thématiques qui concernent la jeunesse et son avenir Cristal Lopez je rappelle que vous avez 25 ans est-ce que vous autour de vous les jeunes des jeunes des jeunes ont envie de s'impliquer et est-ce qu'ils connaissent les circuits et les codes pour le faire
oui on est plusieurs on est beaucoup à vouloir s'impliquer le problème je pense aussi c'est que c'est difficile vraiment au niveau du politique tout ça c'est difficile d'apprendre c'est pourquoi
je parlais des codes et des circuits parce que avoir l'envie est une chose passer à l'axe et donc vous discutez entre vous dans les réseaux sociaux vous discutez sur quel circuit pour finaliser ce qui ne devrait pas rester qu'une simple ambition
au niveau des circuits je ne sais pas après moi je sais que ça a été difficile pour moi de me mettre à la politique parce que je viens d'une famille qui ne parle pas de politique à l'école ce n'est pas quelque chose qu'on parle vraiment souvent et en fait quand on arrive à 18 ans qu'on doit voter et qu'on n'a jamais entendu parler de politique c'est compliqué
Salomé Arbeau aux apprentis d'Auteuil dont je rappelle que vous êtes engagé dans la protection de l'enfance apprendre la politique aux enfants ça fait partie des leviers que vous mettez en avant en tout cas c'est surtout apprendre la participation et pour ça et ça fait écho à la question qui a été posée avant je pense que la balle elle est vraiment dans le camp des adultes et si les auditeurs doivent repartir avec quelque chose c'est ça c'est à nous de changer de regard à changer de posture à apprentis d'Auteuil la question de la participation ça fait vraiment partie de notre ADN on a une formation à destination des professionnels des travailleurs sociaux pour qu'ils puissent organiser des espaces de dialogue et alors c'est pas forcément de la politique c'est vraiment apprendre à prendre sa place la citoyenneté c'est ça à participer dans tous les espaces de vie et quand on l'a fait toute son enfance après on se sent beaucoup plus légitime à le faire à l'âge adulte vous le confirmez le sociologue le confirme je vous vois une heure et 20 secondes
le sociologue il dit qu'il y a quand même beaucoup de manifestations d'engagement des jeunes après il y a eu des émeutes en 2023 suite à la mort d'un jeune homme lors d'un contrôle de police les jeunes s'expriment de différentes manières par différents canaux et bien merci d'avoir répondu aux auditeurs de France Inter le téléphone sonne c'est terminé