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Podcast / conversationLe Crayon· 15 mars 2022 30 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleNumérique

A-t-il mené son président à sa perte ?

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 42 %Défensif 28 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09RelanceÉludée

    Est-ce que c'est pas à cause du mandat de François Hollande et du coup en partie à cause de toi, si la France est à droite aujourd'hui ?

  • 0:25OuverteRéponse directe

    Est-ce que lui a causé la perte de François Hollande et le fait qu'il ne se représente pas en 2017 et se fasse trahir par Emmanuel Macron ?

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Selon vous, les conseillers en communication ont-ils trop de poids, trop de responsabilité vis-à-vis des présidents de la République ?

  • 3:13OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas un problème, justement, dans la communication politique, où on oublie un peu les grands thèmes, on oublie des choses qui intéressent réellement ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Est-ce que toi, tu l'as vu de l'intérieur aussi ? Est-ce que tu y as participé ?

  • 5:28OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas un problème aujourd'hui, justement, que les gens qui conseillent des politiques se retrouvent après à conseiller des entreprises et inversement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueFait
    « Je pense que quand François Hollande a été élu, la France était, on va dire, à 50-50 gauche-droite. »
  • 0:06Invité politiqueFait
    « Mais en fait, la droite a vite pris sa revanche. »
  • 4:04Invité politiqueFait
    « On a retenu un seul truc, c'est les non-vaccinés, j'ai bien envie de les emmerder. »
  • 11:38Invité politiqueFait
    « François Hollande a proposé l'extension de la déchance de nationalité contre les terroristes à la suite des attentats de novembre 2015. »
  • 11:15Invité politiqueFait
    « La création de la banque publique d'investissement et de la French Tech, l'accord de Paris sur le climat, le mariage pour tous. »
  • 11:40Invité politiqueFait
    « C'était vraiment une idée totalement fausse et mortifère. »
  • 15:31Invité politiqueFait
    « Angela Merkel a téléphoné à François Hollande, elle lui a dit écoute François là c'est plus, en allemand, je ne parle pas allemand, François c'est plus possible, il faut que la Grèce sorte de la zone euro, on va les mettre dehors, tous les états membres de la zone euro sont d'accord, donc on va faire ça. »
  • 15:51Invité politiqueFait
    « François Hollande lui a dit écoute Angela Merkel, Angela c'est pas comme ça que ça va se passer, parce que moi je ne souhaite pas bientôt il n'y aura plus de zone euro et on est allé convaincre les uns après les autres les états de renégocier avec Cipras. »
  • 19:33Invité politiqueFait
    « Écoute, je pense que tu sais, je ne sais plus quel philosophe disait, les hommes font l'histoire, mais ils ne savent pas l'histoire qu'ils font. »
  • 20:14Invité politiqueFait
    « Moi, quand j'ai fait mes études il y a longtemps, l'attachement à l'Europe, le dépassement du cadre national, l'ouverture au monde, l'accueil des migrants, des plus fragiles, c'était vraiment une idée moteur, centrale dans le débat public. »
  • 23:32Invité politiqueFait
    « Je pense que des personnages comme Mimi Marchand sont quand même particulièrement dangereux. »
  • 24:00Invité politiqueFait
    « Cette femme a été condamnée à plusieurs reprises, a fait des séjours en prison, elle a des méthodes extrêmement borderline dans ses rapports avec les personnalités publiques. »
  • 24:50Invité politiqueFait
    « C'est Mimi Marchand qui a été une de celles qui a agi pour qu'il y ait des photos au scooter rue du cirque. »
  • 24:54Invité politiqueFait
    « c'est Mimi Marchand qui a été une de celles qui a agi pour qu'il y ait des photos au scooter rue du cirque »
  • 25:18Invité politiqueFait
    « il y a quand même une photo qui a été prise à l'intérieur de l'Elysée au mépris de toutes les consignes de sécurité »
  • 25:31Invité politiqueFait
    « il n'y a aucun des membres de son entourage qui fait l'objet d'une poursuite judiciaire et qui est menacé de se retrouver en prison »
  • 25:41Invité politiqueFait
    « ses deux prédécesseurs ont fait l'objet de poursuites judiciaires et de condamnations lui il n'y a même pas une poursuite qui est en cours »
  • 26:52Invité politiqueFait
    « j'étais membre du parti socialiste mais je ne connaissais pas du tout François Mitterrand »
  • 27:49Invité politiqueFait
    « l'expérience a prouvé que ça pouvait être bien pire parce qu'il est descendu beaucoup plus bas dans les sondages et il a pas pu être candidat à sa réélection »

Temps de parole

  • Invité politique81 %
  • Présentateur17 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité politique

Je pense que quand François Hollande a été élu, la France était, on va dire, à 50-50 gauche-droite. Mais en fait, la droite a vite pris sa revanche.

0:09
Présentateur

Mais donc, est-ce que c'est pas à cause du mandat de François Hollande et du coup en partie à cause de toi, si la France est à droite aujourd'hui ? Crayoniste, bonjour. Dans l'épisode d'Ouille pour Oeil d'aujourd'hui, je reçois Gaspard Ganser, ancien conseiller en communication de François Hollande. Avec lui, je suis revenu justement sur le rôle d'un conseiller en communication sur le mandat de François Hollande. Est-ce que lui a causé la perte de François Hollande et le fait qu'il ne se représente pas en 2017 et se fasse trahir par Emmanuel Macron ? C'est dont on avait parlé avec Gérard Davé d'ailleurs.

Selon vous, les conseillers en communication ont-ils trop de poids, trop de responsabilité vis-à-vis des présidents de la République ? Donnez-moi votre avis en commentaire. Si cette vidéo vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner et à activer la petite cloche pour être notifié lorsqu'une prochaine vidéo sortira. Laissez un j'aime, mettez un commentaire, ça fait plaisir. Bonne vidéo !

0:55
Invité

Je crèverai avec une queue dans la bouche. Il faut lui mettre dans la bouche de la nourriture et pas sa bite en fait. Marine Le Pen est une démagoge. Si c'était pour le Frexit, pourquoi ils ne vous ont pas élu en 2017 ? Si nous sommes à l'image de la société, dans la société, il y a forcément du racisme. Les médias ont changé. Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'il faut aller chez Cyril Hanouna sur TPMP pour débattre ?

1:17
Présentateur

Gaspard Glanzer, bonjour.

1:18
Invité politique

Bonjour.

1:19
Présentateur

C'est un vrai plaisir de t'avoir ici aujourd'hui pour cet épisode de la République. Gaspard Glanzer, tu es un ancien conseiller en communication politique, notamment de François Hollande pendant son mandat. On approche très récemment de l'élection présidentielle. Comment, en tant qu'ancien conseiller politique, on se positionne, on pense à l'élection présidentielle ?

1:40
Invité politique

D'abord, on la pense comme citoyen. Là, l'élection présidentielle n'a plus lieu que dans quelques semaines. Donc, c'est vraiment la dernière ligne droite. Et paradoxalement, ce qui est très bizarre, c'est qu'on a le sentiment que la campagne n'est pas vraiment lancée. On a l'impression qu'on est un peu comme des cyclistes sur piste qui font des tours dans un vélo-drome sans jamais déclencher l'emballage final. Et moi, qui ai travaillé de l'autre côté du miroir, parce que j'ai travaillé avec un maire de Paris, un Bertrand Delannoy, un ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, un président de la République, François Hollande.

Je suis un peu frustré de cela, parce que moi, j'aime le débat d'idées. Alors, moi, j'ai fait le choix de ne pas y participer directement, parce que moi, je ne suis plus dans la politique au sens actif du terme. Je la décrypte, je l'analyse et je conseille des entreprises dans leur stratégie, parfois, vis-à-vis des politiques. Mais en tant que citoyen, je suis un peu frustré pour l'instant, mais ça va peut-être changer. Est-ce qu'il y a un candidat qui a tes faveurs ou pas ? Je n'ai pas encore décidé pour qui j'allais voter, pour te dire la vérité. Alors, je sais pour qui je ne vais pas voter.

Je ne vais pas voter pour l'extrême droite, bien évidemment, que ce soit dans sa version Éric Zemmour ou dans sa version Marine Le Pen. Je n'aime pas tous les excès en politique. En revanche, je n'ai pas encore décidé pour qui je mettrais mon bulletin de l'enlève, sachant qu'on ne connaît pas encore la liste finale des candidats. Le Pen de la République sortant, je n'en ai pas dit officiellement s'il se présentait. On ne sait pas exactement quel sera son programme. Et puis, les autres qui sont les candidats de gauche, c'est plutôt ma famille politique d'origine. On ne sait pas qui sera candidat au bout du compte.

Est-ce qu'il y aura toujours Hidalgo, Taubira, Roussel, Jadot, Mélenchon ou est-ce qu'il n'y aura plus que certains d'entre eux ?

3:07
Présentateur

Aujourd'hui, justement, dans cette campagne politique, on a l'impression que chacun choisit sa petite phrase, son sujet. Est-ce que ce n'est pas un problème, justement, dans la communication politique, où on oublie un peu les grands thèmes, on oublie des choses qui intéressent réellement ? Est-ce que toi, tu l'as vu de l'intérieur aussi ? Est-ce que tu y as participé ?

3:23
Invité politique

Il y a un brouhaha politique et médiatique qui est très fort, notamment depuis l'émergence des réseaux sociaux. C'est très difficile pour une personnalité politique de se faire entendre. Et donc, la tentation pour une personnalité politique, pour se faire entendre, c'est de faire une provocation ou d'utiliser une formule. Moi-même, j'ai souvent préparé des interviews avec François Hollande, Bertrand Donnet ou Laurent Fabius. Et dans l'ensemble, c'est des gens qui maîtrisent leur langage, préfèrent le fond que la forme. Mais une bonne formule, c'est difficile d'y résister parce qu'on sait qu'elle va provoquer une reprise, elle va peut-être créer le buzz.

Mais c'est un piège parce que le problème, c'est qu'au bout du compte, on ne retient que le buzz. Regarde, récemment, le président de la République avait donné une interview aux Parisiens dans lesquelles il parlait de sujets très variés, notamment la situation sanitaire. On a retenu un seul truc, c'est les non-vaccinés, j'ai bien envie de les emmerder. Phrase qui est contestable tant sur la forme que sur le fond, d'ailleurs. Mais au-delà du fait qu'elle soit contestable tant sur le fond que sur la forme, ce qui pose problème, c'est qu'elle efface tout le reste et on ne retient que la petite phrase au détriment d'un raisonnement qui était certainement plus intéressant que cela.

4:20
Présentateur

Mais derrière, donc, il y a un Gaspar Gantzer, derrière Emmanuel Macron, qui lui a dit qu'il faut dire aux Français d'emmerder les Français.

4:27
Invité politique

En l'occurrence, je ne pense pas que ça soit passé comme ça. J'ai eu ma thèse, je peux me tromper. Je pense que c'est un propos qui a échappé au président de la République et qu'ils ont cherché à rationaliser a posteriori. Mais de façon plus générale, les conseilleurs, les conseillers, ceux que j'ai été, ne sont jamais les gens qui, au final, prennent la décision ou communiquent vraiment eux-mêmes. Il ne faut jamais oublier qu'il y a un seul boss, c'est un élu, une élue, un chef d'entreprise, une chef d'entreprise. Et c'est eux qui ont à être maîtres de leurs paroles. Bertrand Delaney me disait souvent quelque chose qui est très vrai.

Il me dit, voilà, quand on conseille quelqu'un, il ne faut jamais être d'accord avec lui plus de 50% du temps. Il ne faut jamais qu'il suive tes décisions ou tes conseils plus de 50% du temps. Pourquoi ? Parce que sinon, ça veut dire qu'il y en a un qui est soumis à l'autre. Et ça, ce n'est pas du tout une bonne chose. Donc là, j'imagine que dans les interviews du président de la République, il y a des éléments de langage, des formules qui sont travaillées. Il y a des spin doctors, c'est-à-dire des conseillers en communication qui doivent trouver des formules. Mais au final, c'est quand même Emmanuel Macron qui décide lui-même de prononcer des mots ou pas.

Ce n'est pas une marionnette dont quelqu'un tirerait les fils derrière.

5:28
Présentateur

Tu disais qu'aujourd'hui, tu travailles en entreprise, tu travailles pour des entreprises. Est-ce que ce n'est pas un problème aujourd'hui, justement, que les gens qui conseillent des politiques se retrouvent après à conseiller des entreprises et inversement, qui conseillent des entreprises, conseillent des politiques, qui fait une sorte de mélange un peu bizarre, pour les citoyens, exactement. Une porosité qui, pour les citoyens, paraît pas très claire. Et donc, c'est quoi ? Les politiques font de la publicité ? Ils nous vendent des choses ?

5:51
Invité politique

En fait, c'est vrai que ça peut poser problème dans les deux sens. Et tu m'aurais interrogé il y a 20 ans, je t'aurais clairement dit que c'est inacceptable, que c'est du mélange des genres. Maintenant, je ne pense plus du tout cela, parce que je crois au contraire que c'est plutôt bien qu'il y ait une forme de fluidité entre des carrières dans le public et dans le privé. Je n'aime pas du tout l'idée qu'en face de la politique, pour toute la vie, la professionnalisation en outrance de la politique, je pense qu'elle fait beaucoup de mal.

Et à l'inverse, je pense que c'est intéressant pour des gens qui travaillent dans le secteur privé d'aller faire un tour à un moment en politique pour se rendre compte qu'aussi, faire de la politique, ce n'est pas si simple. Il n'y a pas que des gens pourris en politique, des gens cyniques, des gens individualistes ou hyper intéressés. Il y a aussi des gens qui ont des convictions, des valeurs à défendre. Et donc, c'est bien que les deux mondes ne vivent pas de façon séparée, mais qu'ils se croisent de temps en temps à l'échelle d'une carrière professionnelle. Après, il y a quand même des conditions. Un, le respect de la loi.

La loi encadre strictement quand même les passages du public vers le privé. Moi, quand j'ai quitté l'Elysée, j'ai dû passer devant une commission de déontologie qui a regardé de façon extrêmement précise tout ce que j'avais fait avant et elle m'a donné une autorisation de travailler dans le secteur privé parce que je n'avais jamais eu à exercer une tutelle sur quiconque, etc. Je n'avais pas de conflit d'intérêts. Moi, j'avais fait juste de la com, j'avais parlé à des journalistes, donc je pouvais tout à fait travailler avec des entreprises. Je n'avais jamais été en contact avec une entreprise quand j'étais à l'Elysée.

7:05
Présentateur

Il y a des gens qui ont interdit de travailler après l'entreprise ?

7:07
Invité politique

Oui, bien sûr. Ça représente combien de pourcents ? C'est très rare, mais ça arrive. Par exemple, quand tu as participé à la création d'une organisation, une fonction de contrôle parce que c'est une entreprise publique ou une entreprise privée avec des capitaux publics. Par exemple, si tu étais en charge de la tutelle de EDF ou d'ENGIE dont une partie du capital est public et que tu te charges du contrôle au quotidien donc que tu donnes des instructions, après, tu ne peux pas aller travailler là-bas parce que sinon, ça laisse entendre qu'il y a une forme de trafic d'influence ou de corruption. Ce sont des cas très rares, mais ce qui est bien...

Je peux très bien aller dans une autre entreprise. Je peux aller dans une autre entreprise, mais pas une entreprise à qui tu as soit donné de l'argent, soit exercé une fonction de contrôle. Moi, quand je travaillais à l'Elysée, je n'exerçais aucune fonction de contrôle. Je faisais de la communication, je m'occupais essentiellement de relations avec les journalistes donc j'avais le droit de faire ce que je voulais. Mais en revanche, si j'avais donné des subventions à une entreprise ou assuré des fonctions de contrôle, je n'aurais pas pu le faire. Donc il y a la loi qu'il faut respecter et puis après, il y a aussi une forme de morale. Moi, je ne suis pas du tout gêné par le concept de morale.

Bien au contraire, je trouve qu'il doit être réhabilité et quand on a eu la chance de travailler pour son pays, il ne faut pas aller faire n'importe quoi dans le secteur privé. Aller vendre des armes, aller travailler pour une puissance étrangère. Moi, par exemple, je suis assez choqué qu'on ait un ancien Premier ministre, François Fillon, qui soit membre du conseil d'administration de plusieurs entreprises russes qui sont contrôlées par l'État russe. Je ne trouve pas ça normal. Je ne trouve pas ça normal qu'un ancien président de la République puisse travailler pour des gouvernements étrangers, même dans le cadre de conférences.

Je pense que quand on a servi son pays, même si ce n'est pas interdit par la loi, il faut pouvoir se fixer des limites.

8:45
Présentateur

Oui, mais justement, les citoyens peuvent totalement douter de la morale et des politiques et des conseillers politiques. Oui, bien sûr.

8:51
Invité politique

Et parfois, ils ont raison d'ailleurs parce qu'il y a eu beaucoup d'histoires abarquées de Montes qui ont concerné des conseillers. Regardons l'entourage de Nicolas Sarkozy à l'époque où il était président de la République. Claude Guéran, au moment où on se parle, il est quand même en prison à la santé. Plusieurs de ses anciens conseillers ont été condamnés à des peines de prison avec sursis. Sous Chirac. Chirac lui-même a fait l'objet d'une condamnation. Paie son âme, bien évidemment, mais il a quand même fait l'objet d'une condamnation. Donc oui, il y a eu des affaires de corruption. Oui, il y a eu des problèmes.

Mais ce n'est pas parce qu'il y a des brebis galeuses, des gens qui ne respectent pas la loi, que tout le monde doit être mis dans le même panier, jeté avec l'eau du bain. Faire de la politique, c'est quand même extrêmement exigeant aujourd'hui. Oui, tu as des satisfactions liées à l'élection, liées à la rencontre avec les gens, au fait que tu défends des valeurs et que tu as du sens dans ton action. Mais en même temps, tu peux te faire battre à une élection et te faire remercier du jour au lendemain, même si tu as fait un boulot correct. Tu passes ta vie à te faire insulter sur les réseaux sociaux.

C'est souvent abrasif sur le terrain parce que les gens ont une grosse défiance d'avis politique. Il y a un petit côté sacerdotal quand même dans l'engagement politique. Et ça aussi, il faut le respecter.

10:04
Présentateur

Il faut plaindre les politiques. Alors, pas les plaindre, mais les respecter. Quand on conseille un président de la République, on a quand même des responsabilités entre ses mains. Comment on fait au quotidien ? Qu'est-ce qu'on lui apporte sur la table ? Quelles décisions François Hollande a prises qui viennent de toi, par exemple ? Et est-ce que, même si j'allais même plus loin, est-ce que s'il n'a pas été réélu, c'est à cause de toi ?

10:24
Invité politique

Oui, bien sûr que c'est à cause de moi. Si j'avais fait parfaitement mon travail, si j'avais été génial dans les conseils que j'avais pu lui donner, il aurait été candidat à sa réélection. Il aurait peut-être même gagné. Moi, je ne suis pas du genre à me cacher dans mon petit doigt. Je ne considère pas que j'avais un rôle subalterne. Je n'étais pas le président de la République. Je n'étais pas son principal conseiller, parce qu'il avait un secrétaire général qui était Jean-Pierre Jouillet. Mais j'étais un des conseillers qui voyait le plus et qui le conseillait le plus. Donc, évidemment, le fait qu'il n'ait pas pu être candidat, c'est aussi de ma faute.

Ce n'est pas que de ma faute, mais c'est aussi de ma faute. Il y a plein de choses que j'aurais certainement dû faire de façon différente. Et moi, j'ai deux ou trois regrets très importants. Le premier, c'est de jamais avoir réussi à montrer François Hollande tel qu'il est. François Hollande, c'est quelqu'un d'extrêmement drôle, sympathique, intelligent. Mais parfois, il apparaissait comme un peu bloqué quand il arrivait dans les médias. Et je n'ai jamais trouvé le moyen de débloquer quelque part sa personnalité. C'est la première chose. La deuxième chose, je pense qu'il y a des très bonnes décisions qui ont été prises dans ce quinquennat.

La création de la banque publique d'investissement et de la French Tech, l'accord de Paris sur le climat, le mariage pour tous. Mais on n'a jamais réussi la fonction d'expliquer le début, le milieu, la fin et le sens de tout cela. Même si parfois, il y a des choses qui étaient improvisées. La troisième, c'est une décision très pratique. C'est un moment, François Hollande a proposé l'extension de la déchance de nationalité contre les terroristes à la suite des attentats de novembre 2015. C'était vraiment une idée totalement fausse et mortifère. Et j'aurais dû faire barrage de mon corps pour que ce ne soit pas le cas. Alors heureusement, ça a été retiré à temps.

Mais vraiment, j'ai eu honte que ça puisse être proposé. C'était une idée de toi ? Ah non, pas du tout. Il faut savoir prendre ses responsabilités. Je pense que j'aurais dû être beaucoup plus ferme et beaucoup plus dur à ce moment-là. C'est un débat entre vous ? Non, il n'y a plus de débat. On a été mis devant le fait accompli. Mais quand tu es conseiller, à un moment, il y a des limites que tu dois pouvoir te fixer, des limites morales. Et là, pour le coup, je pense que chez moi, elle a été franchie à ce moment-là. Heureusement, François Hollande a retiré cette mesure quelques semaines plus tard.

Mais sur le moment, c'est peut-être dans l'état de choc et de sidération qui était lié aux attentats, je n'ai pas pu agir comme j'aurais dû le faire. Et ça, c'est un regret. Après, il y a des choses dont je suis fier. On a partagé l'aventure incroyable de la conférence de Paris sur le climat. Tout le monde se foutait de nous en disant vous n'arriverez jamais à avoir un accord. On a réussi à le faire. Et puis, la réaction de l'État et de la France face aux attentats a été extrêmement digne. Moi, j'ai participé à l'organisation de la marche du 11 janvier 2015 à la suite des attentats de Charlie Hebdo, l'hypercachère et les trois policiers qui avaient été tués.

Et franchement, c'est un des plus beaux moments de ma vie professionnelle et même de ma vie tout court parce qu'il y avait eu cet élan de fraternité autour des valeurs de la République après ce moment absolument terrible. Et j'en étais extrêmement fier parce que, parmi d'autres, on a pu organiser cette manifestation absolument invraisemblable. Il y avait 5 millions de personnes dans la rue, des gens de toutes les couleurs, de tous les milieux qui défendraient les valeurs de la République. Il y avait des chefs d'État et de gouvernement de tous les États, y compris de pays qui aujourd'hui considèrent qu'on n'a pas une bonne politique en matière de laïcité.

C'est une forme d'épiphanie qui malheureusement semble bien loin aujourd'hui.

13:18
Présentateur

Et quand François Hollande arrive au Mali et qu'il dit que c'est son plus beau jour de sa vie politique, est-ce que ça vient de lui sur ça comme ça ? On n'en contrôle pas ?

13:26
Invité politique

Alors, ce jour-là, je n'étais pas là parce que je travaillais au Quai d'Orsay à l'époque mais j'ai souvent parlé avec lui de cet épisode. Je crois que son émotion à ce moment-là était totalement sincère parce que c'était la première fois que François Hollande avait eu à décider d'une intervention armée et je pense que quand il arrivait au Mali et qu'il a pris conscience en fait du rôle qu'avait joué l'armée française au Mali pour stopper l'arrivée des terroristes djihadistes qui étaient en train de foncer sur Bamako et qui avaient mis la ville de Tombouctou dans le nord du Mali à feu et à sang, je pense qu'il a été submergé par l'émotion et donc ses mots sont sortis.

Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui quand tu prends du recul tu trouves cette phrase un peu décalée. On imagine que dans sa vie personnelle, dans sa vie politique il a eu d'autres moments absolument fantastiques mais sur le moment je pense qu'il a dit ce qui lui sortait du cœur et c'est bien de temps en temps de laisser l'armure se fendre.

14:13
Présentateur

Justement, pour rester sur le mandat de François Hollande, toutes les différentes crises donc les attentats, le Sahel, on en a parlé, la crise de l'euro avec la Grèce, etc. en 2015, est-ce que quand on est conseillé on se dit oulala, qu'est-ce qui me tombe dessus et c'est problématique ou au contraire on est content, on se dit plein de challenges et on va pouvoir

14:32
Invité politique

passer le président ? Honnêtement, j'ai tout vécu à peu près comme un cauchemar. J'ai beau être quelqu'un d'optimiste, joyeux, j'aime bien aller vers les autres, etc. Il y avait un côté, c'était la loi de l'emmerdement maximum, la loi de Murphy comme on dit en permanence. C'est-à-dire que tous les matins j'arrivais avec une idée à défendre, un plan de communication à mettre en œuvre sur un truc positif parce qu'on avait envie de montrer que ça allait mieux, on était enthousiastes et à chaque fois une catastrophe nouvelle nous tombait dessus.

Quand ce n'était pas un attentat, c'était un avion comme celui de la Germanwings qui fonçait dans une montagne, en flamme dans le sud, c'était les inondations les plus grandes du siècle, des trucs vraiment invraisemblables. Et donc à chaque fois c'était une angoisse, je dois le dire, mais on se bat en fait, c'est un peu comme un pompier qui intervient sur un incendie difficile, et bien il faut, j'ai beaucoup de respect pour les pompiers donc c'est beaucoup moins dur ce qu'on faisait nous, mais on arrive, on ne se pose plus la question et on tentait de faire au mieux pour résister.

Il y a des moments où on a vraiment bien fait de le faire, on l'a bien fait, tu parlais à l'instant de la crise grecque, je peux te dire que moi j'étais dans le bureau de François Hollande le soir où les grecs ont voté par référendum contre l'accord qui avait été négocié à Beaucelle. Angela Merkel a téléphoné à François Hollande, elle lui a dit écoute François là c'est plus, en allemand, je ne parle pas allemand, François c'est plus possible, il faut que la Grèce sorte de la zone euro, on va les mettre dehors, tous les états membres de la zone euro sont d'accord, donc on va faire ça.

Et là François Hollande lui a dit écoute Angela Merkel, Angela c'est pas comme ça que ça va se passer, parce que moi je ne souhaite pas bientôt il n'y aura plus de zone euro et on est allé convaincre les uns après les autres les états de renégocier avec Cipras, alors au final l'accord est resté très dur pour la Grèce, certainement trop dur de mon point de vue, mais on a quand même réussi à maintenir la Grèce dans la zone euro ce qui était bien.

16:15
Présentateur

Donc du coup c'est François Hollande qui a sauvé la Grèce dans la zone euro ? Pas tout seul,

16:19
Invité politique

il a été celui qui a dû l'autre.

16:20
Présentateur

Même après ne plus être conseiller politique, vous faites un conseiller, enfin vous êtes encore un conseiller en com, vous dites du bien de François Hollande.

16:27
Invité politique

J'essaie d'être sincère, c'est-à-dire qu'il y a des choses que je pense qu'on n'a vraiment pas été bon quoi, je parlais tout à l'heure de la question de la déchance de nationalité, notre incapacité à montrer François Hollande tel qu'il était, notre incapacité à montrer ce qu'on avait réussi et ce qu'on avait raté, notre incapacité à gérer la majorité qui s'appartit totalement dans les coins, enfin c'était n'importe quoi, les gens se déchiraient, on donnait une mauvaise image de la politique avec les frondeurs et compagnie et puis il y avait un manque d'autorité. Mais en même temps, quand les choses sont bien, il faut le dire quoi. Maintenant, t'es macroniste ? Non, on ne peut pas dire ça.

J'aime bien Emmanuel Macron puisque j'ai travaillé avec lui, enfin je travaillais avec lui en tant qu'étudiant parce qu'on a fait nos études ensemble. J'ai voté pour lui aux deux tours de l'élection présidentielle. Lors des municipales de 2020, moi j'avais tenté de mener une liste indépendante et finalement ça n'a pas marché donc j'ai rejoint la majorité présidentielle mais aujourd'hui, je ne me considère pas comme macroniste. Évidemment, je souhaite que l'action conduite par le président de la République et son gouvernement face à des crises comme le Covid fonctionne.

Moi, je préférerais, pour te dire la vérité, qu'il y a un candidat de gauche ou une candidate de gauche un peu solide qui arrive à émerger. Te birra, j'adore. Pour l'instant, sur le papier, il n'y a personne qui me convainc totalement. J'aime bien Roussel. C'est un peu à la mode peut-être de dire ça en ce moment. Il y a des choses sur lesquelles je ne suis pas d'accord avec lui du tout parce que, par exemple, il est totalement pro-nucléaire à fond. Je pense que le nucléaire n'a pas vraiment une énergie d'avenir. C'est une énergie utile.

Mais bon, il faudrait quand même réfléchir à développer d'autres formes d'énergie et ne pas considérer simplement la seule solution c'est de créer de nouvelles centrales alors qu'on est incapable de sortir un EPR depuis 20 ans et que ça coûte très cher et que c'est très dangereux. Mais hormis la question du nucléaire, je trouve qu'il a un bon style et surtout, il recommence à parler de sujets qui sont importants pour moi, la lutte contre inégalité, la lutte contre la pauvreté. Je trouve qu'on ne parle plus jamais de la question sociale dans des débats publics et ça me pose problème.

Et Emmanuel Macron, pour qui j'ai de l'affection à titre personnel, on ne peut pas dire qu'il ait fait de la lutte contre les inégalités et la lutte contre la pauvreté sa priorité. Or pour moi, ça doit être la priorité. C'est un président de droite, Emmanuel Macron ? Ils sont trop droits, on va dire, si on ne veut pas être trop méchant.

18:26
Présentateur

Si Gaspar Lanzar était son conseiller en com, on miserait sur le côté droite ?

18:30
Invité politique

Alors Dieu soit loué, je ne suis plus à l'Elysée, je n'y retournerai jamais. Dieu soit loué aussi, il a un très bon conseiller d'Elysée et que je ne suis plus là-bas. Je ne suis pas stratégiquement, il doit se dire que le pays est à droite et donc c'est là-bas qu'il faut aller chercher des voies. C'est vrai ? Le pays est à droite ? Je pense que le pays est assez conservateur, en tout cas, c'est sûr. Assez conservateur sur les valeurs, très attaché à la sécurité, très individualiste aussi. Et c'est vrai que moi, les sujets qui m'importent le plus, c'est la solidarité, la culture, l'ouverture internationale, l'humanisme.

L'écologie, tout ça, je trouve que ce n'est pas ce qui est porté le plus dans la société française.

19:13
Présentateur

Et sous François Hollande, selon toi, la France était aussi de droite ?

19:17
Invité politique

Elle est devenue, en tout cas. Je pense que quand François Hollande a été élu, la France était, on va dire, à 50-50 gauche-droite. Mais en fait, la droite a vite pris sa revanche.

19:27
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas à cause du mandat de François Hollande et du coup en partie à cause de toi

19:31
Invité politique

si la France est à droite aujourd'hui ? Écoute, je pense que tu sais, je ne sais plus quel philosophe disait, les hommes font l'histoire, mais ils ne savent pas l'histoire qu'ils font. Donc évidemment, j'ai une responsabilité personnelle dont je ne me chercherai jamais à m'exonérer. Après, je suis suffisamment systémique pour reconnaître que ce n'est pas un individu ou même deux ou même trois qui font l'histoire. Je pense qu'il y a des tendances lourdes dans la société. Je pense que la montée de l'individualisme, la tentation du repli identitaire sont des choses qui viennent de très loin.

Peut-être que l'erreur de la gauche, c'est de ne pas peut-être assez avoir défendu sa propre vision du monde, son attachement à la solidarité, aux valeurs de la République, son ouverture au monde. Je pense qu'il y a une bataille idéologique, par exemple, sur la question de l'identité. Moi, quand j'ai fait mes études il y a longtemps, l'attachement à l'Europe, le dépassement du cadre national, l'ouverture au monde, l'accueil des migrants, des plus fragiles, c'était vraiment une idée moteur, centrale dans le débat public.

Aujourd'hui, si tu commences à dire que tu souhaites accueillir des migrants dans le pays, que tu es hyper européen et que les gens ont bien le droit de vivre comme ils le veulent, selon leur culture, tant qu'ils respectent les lois de la République, si tu veux, tu te fais insulter. Quand tu commences à dire que tu es attaché à l'égalité sous toutes ses formes, l'égalité d'un point de vue social, d'un point de vue des genres, d'un point de vue culturel, tu te fais montrer du doigt. Donc, je pense que la gauche a une part de responsabilité là-dedans parce qu'elle a cédé trop de terrain vis-à-vis de la droite.

Aujourd'hui, si les questions identitaires, nationales, dominent dans le débat public, c'est certes parce qu'il y a des gens nauséabonds pour les porter, mais c'est aussi parce que la gauche, parfois, n'a pas assez tenu fermement la digue.

21:10
Présentateur

Donc, François Hollande ? Notamment.

21:12
Invité politique

Notamment. C'est un travail collectif. Collectivement, on aurait pu faire davantage. Moi, lui. Mais moi, je suis fier de ce qui a été fait. Donc, tu ne me feras pas tout jeter d'un coup d'un seul.

21:26
Présentateur

Mais est-ce que, justement, tu as été candidat pour la mairie de Paris récemment ? J'ai perdu d'ailleurs.

21:32
Invité politique

J'ai réussi le bel exploit d'être candidat à une élection et de ne pas être élu du tout. Mais ça fait partie du jeu démocratique. Je voulais justement... Je voulais appuyer là. Allez, rebours le côté de la clé. Je me disais, est-ce qu'on va devoir passer par ce chapitre ? Mais bon, je me dis, allez, vas-y, allons-y. Ne m'épargne pas.

21:46
Présentateur

En tant que conseiller en communication politique, comment ça se fait qu'on n'arrive pas à se conseiller soi-même et à être bon soi-même ?

21:52
Invité politique

Alors, je pense qu'il y a deux réponses. La première, c'est peut-être qu'il faut que je regarde la vérité en face et peut-être que je suis un très mauvais conseiller. Donc, les mauvais conseils que je donne aux autres, je me les suis donnés à moi-même. Première hypothèse. La deuxième, c'est qu'on se conseille en général pas très bien soi-même parce que justement, le rôle du conseiller, c'est d'apporter un regard extérieur et peut-être qu'à certains moments, j'ai manqué de lucidité. Quand je reviens sur cette aventure, il y a des choses absolument formidables que j'ai vécues. C'est une aventure humaine et collective. C'est extraordinaire. Tu rencontres un nombre de gens incalculables.

Tu fais des rencontres que tu n'aurais pas pu faire dans un cadre différent. Tu réfléchis aussi beaucoup pour toi-même. Moi, je suis très fier d'avoir apporté des idées dans le débat public, notamment sur la suppression du périphle, la construction du Grand Paris. J'aime beaucoup cela. Mais après, j'ai commis une erreur. C'est-à-dire qu'en fait, au bout d'un moment, on était un peu dans une impasse politique. Tu vois, à six mois de l'élection, il y avait trop de candidats. Villani, Hidalgo, Griveaux, Bournazel, Desécolos, etc. Et là, j'aurais dû me dire, bon, écoute, voilà, il n'y a pas d'espace politique. Il faut donner tes idées au débat public et puis après, passer à autre chose.

Et je me suis un peu entêté trop longtemps et ce qui a été une erreur. Mais j'ai appris. C'est important.

22:54
Présentateur

Très récemment, il y a eu un documentaire sur complément d'enquête avec Mimi Marchand où ça révèle qu'elle a eu un impact non négligeable dans la campagne du président actuel Emmanuel Macron. Est-ce que c'est un problème ? Est-ce que ça a toujours existé ? Est-ce que c'est récent ? Est-ce que c'est quelque chose qui, le fait qu'elle organise et qu'on lui donne des missions stratégiques ? J'avais reçu Gérard Davé à ta place ici qui m'expliquait, enfin, dans son livre, on raconte que Brigitte Macron a un problème parce qu'on soupçonne Emmanuel Macron d'être homosexuel et elle demande à Mimi Marchand de s'occuper de ça et de faire en sorte que ça ne sorte pas ou ce genre de choses.

Est-ce que c'est quelque chose de nouveau ?

23:32
Invité politique

Je pense que des personnages comme Mimi Marchand sont quand même particulièrement dangereux quand même, en revanche, je ne sais pas comment Emmanuel Macron s'est retrouvé avec cette personne dans son entourage. Je viens d'écouter l'histoire que tu m'as racontée mais je n'en ai jamais parlé ni avec lui ni avec son épouse Brigitte. Mais quand j'ai vu l'image, on doit s'en souvenir, de Mimi Marchand les bras en V faisant le signe de la victoire dans le bureau du président de la République, je me suis dit mais comment est-ce qu'on a pu en arriver là ?

Cette femme a été condamnée à plusieurs reprises, a fait des séjours en prison, elle a des méthodes extrêmement borderline dans ses rapports avec les personnalités publiques, elle a quand même une sorte de mainmise sur le milieu des paparazzis et des photographes, elle travaille avec des publications, je n'ai rien contre les gens qui travaillent dans ces publications en tant que telles mais qui ne font quand même pas beaucoup de bien à la démocratie, voici, closer et compagnie et elle a joué le rôle de conseillère image du président ou du candidat président et de son épouse, je pense que ça ne devrait pas arriver et d'ailleurs, depuis qu'il y a eu les premières révélations sur qui était Mimi Marchand, celle-ci semble quand même avoir été mise un peu de côté mais c'est quand même très problématique.

Est-ce que François Hollande il avait Mimi Marchand ? Il l'avait, mais contre lui.

Il avait Mimi Marchand elle-même contre lui parce que c'est Mimi Marchand qui a été une de celles qui a agi pour qu'il y ait des photos au scooter rue du cirque après le responsable c'est celui qui fait la faute ce n'est pas le photographe tu sais ce n'est pas le radiologue qui est responsable quand tu t'es cassé la jambe c'est la même chose ce n'est pas le photographe qui est responsable du fait que tu te fais prendre en flagrant délit d'adultère mais bon elle a quand même monté de quelques manips et plus généralement le milieu des paparazzi n'a pas fait du bien au cacanat François Hollande il y a quand même une photo qui a été prise à l'intérieur de l'Elysée au mépris de toutes les consignes de sécurité ou sur le lieu de vacances de François Hollande on a quand même vécu des galères où on sentait qu'il y avait un peu trop de porosité on était un peu par certains aspects un peu faibles par contre il n'y a aucun des membres de son entourage qui fait l'objet d'une poursuite judiciaire et qui est menacé de se retrouver en prison lui-même il n'y a aucune affaire qui porte sur lui je te rappelle que ses deux prédécesseurs ont fait l'objet de poursuites judiciaires et de condamnations lui il n'y a même pas une poursuite qui est en cours on voit l'avocat de François Hollande

25:52
Présentateur

je suis aussi concerné j'ai l'intérêt à le défendre parce que je me défends aussi pour moi-même c'est qui selon toi le meilleur communicant de la 5ème archulique ?

26:05
Invité politique

alors si je dis la première chose qui me vient je dis Jacques Pilan c'était une réponse très originale alors Jacques Pilan c'était le conseiller de François Mitterrand qui a aidé François Mitterrand à reconstruire son image à partir de 1984 au moment où François Mitterrand était vraiment très mal dans les sondages et on savait déjà qu'il allait perdre les élections législatives de 1986 et puis après Jacques Pilan qui était un peu un mercenaire est passé de François Mitterrand à Jacques Chirac avec Armé Bagage là où ça s'est un peu moins bien passé puisque c'est un de ceux qui a conseillé la dissolution de 1997 qui a conduit à l'arrivée de Nulé Jospin donc je dirais que le meilleur communicant c'est lui et ça reste lui

26:43
Présentateur

Et comment on rentre pour un peu mieux comprendre comment on rentre à l'Elysée en tant que conseiller communication est-ce que c'est via le parti c'est-à-dire qu'on a une étiquette Il y a beaucoup de hasard

26:50
Invité politique

moi en l'occurrence j'étais membre du parti socialiste mais je ne connaissais pas du tout François Mitterrand je ne l'avais jamais vu de ma vie il a fallu un concours de circonstances absolument invraisemblable pour que je me retrouve là un il a fallu que la personne qui s'occupait de la communication Aquilino Morel doive partir assez vite de l'Elysée parce qu'il a été pris dans une histoire assez obscure de cirage de pompe au sens propre du terme dans les salons de l'Elysée mais aussi il y avait une enquête de Mediapart sur son dos et donc en urgence François Hollande a dû chercher un conseiller en communication il en a parlé à un gars qui s'appelle Philippe Grandjon qui à l'époque travaillait chez Capgemini et qui était un de ses amis et qui aujourd'hui est plutôt ami d'Emmanuel Macron et donc Philippe Grandjon a suggéré mon nom et donc j'y suis allé j'ai rencontré François Hollande et j'ai eu une sorte de coup de coeur professionnel alors que tout le monde m'avait dit surtout ne va pas travailler avec lui c'est n'importe quoi il est mauvais en communication il écoute personne etc il est à 18% dans les sondages etc et moi je me suis dit bêtement il a l'air sympa il est intelligent, honnête c'est quand même vachement bien de travailler pour des gens sympas, intelligents, honnêtes et puis il est à 18% dans les sondages ça peut pas être pire l'expérience a prouvé que ça pouvait être bien pire parce qu'il est descendu beaucoup plus bas dans les sondages et il a pas pu être candidat à sa réélection

27:55
Présentateur

Dernière question désormais qu'on pose à tous nos invités est-ce qu'il y a quelqu'un que t'aimerais voir ici assis à ta place pour une prochaine interview qu'on ferait éventuellement quelqu'un que tu aimes ou que tu aimes pas d'ailleurs peu importe

28:05
Invité politique

déjà une première réponse générale je trouve que c'est bien de venir ici donc je le souhaite je le souhaite à tout le monde la deuxième c'est que je trouve que ce qui est bien dans votre média c'est que vous donniez la parole à tout le monde en même temps c'est vrai que moi tu vois génération identitaire je peux pas du tout ça me fait totalement vomir mais bon je comprends qu'il y a des gens qui sont prêts pour les écouter donc je vais dire ça je vais peut-être me le faire insulter après sur les réseaux sociaux pour répondre à ta question soit des auteurs ou même des auteurs moi c'est ça qui m'intéresse le plus c'est d'avoir le point de vue d'artiste sur la société d'artistes extrêmement connus tu vois je sais pas si tu pourrais inviter un jour Michel Houellebecq Karine Tuile Nicolas Mathieu ou de gens au devenir tu vois sur l'émergence tu vois il y a des auteurs plus jeunes que je trouve absolument exceptionnels par exemple récemment j'ai lu le bouquin d'une fille qui s'appelle Jade Ségalène que j'ai trouvé absolument exceptionnel donc voilà il y a beaucoup de choses à faire

29:08
Présentateur

très bien très bon conseil en tout cas et dernière question est-ce que tu as une citation qui t'accompagne au quotidien est-ce qu'il y a une phrase que tu voudrais que les gens retiennent dans cette interview ah c'est très difficile

29:19
Invité politique

bah écoute il y a une citation que j'aime beaucoup dans la promesse de l'homme c'est elle intervient au moment où en fait Romain Garry apprend il est mal classé à l'école de l'air et donc il vit ça comme une humiliation et là il dit que quand il est confronté à l'adversité il se tourne toujours vers l'adversité les points serrés et qu'il se sent à l'aube du premier combat j'aime bien cette expression l'aube du premier combat merci beaucoup Gaspar Lanzar je t'en prie

29:44
Présentateur

cet épisode de Pourœil est terminé j'espère qu'il vous a plu si c'est le cas n'hésitez pas à vous abonner à activer la petite cloche pour être notifié lorsqu'une prochaine vidéo sortira à mettre un j'aime et à nous laisser votre avis en commentaire ça nous intéresse c'était Antonin pour Le Crayon salut merci