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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 11 juillet 2024 14 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprisesJustice

L'interview en intégralité de Gilles Le Gendre, ancien député Renaissance à Paris

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Gilles Lejean, vous avez les mêmes échos ?

  • 0:05OuverteÉludée

    Qu'est-ce qui vous impressionne là-dedans ?

  • 0:09OuverteRéponse partielle

    Vous allez me dire si ça ressemble notamment à l'Emmanuel Macron que vous avez connu, que vous avez soutenu dès le début, vous êtes un des historiques à l'avoir soutenu, quand il y a cette députée qui dit « Je ne crois pas que le président donne un gouvernement avant les JO parce qu'il lui faut déjà six mois pour choisir la couleur de sa cravate ».

  • 1:01RelanceRéponse directe

    Je prends les choses dans l'ordre, vous dites, c'est l'huile dynamiteur qui a tout fait exploser.

  • 1:47RelanceRéponse directe

    Mais quand vous dites que la coalition qu'il appelle de ses voeux hier dans cette lettre, des forces républicaines comme il dit, vous dites que ses chances de réussite sont quasi nulles. Est-ce qu'il le sait Emmanuel Macron en écrivant cette lettre ?

  • 2:49RelanceRéponse directe

    Mais est-ce que, vous posiez la question, est-ce que le dynamiteur peut être le reconstructeur ? Qu'est-ce que vous répondez à cette question-là ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39Invité politiqueFait
    « La vérité, c'est que la vraie question pour le président de la République, que trahit la lettre d'hier, c'est de savoir si le dynamiteur peut être le reconstructeur. »
  • 0:47Invité politiqueFait
    « C'est la seule question. »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « La décision de la dissolution a entraîné des réactions en chaîne dont on n'a pas encore vu le terme. »
  • 1:24Invité politiqueFait
    « La coalition hors les extrêmes. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « Cette coalition a une chance pratiquement nulle de se réaliser. »
  • 1:39Invité politiqueFait
    « La seule coalition qui existe aujourd'hui, c'est une coalition contre le président de la République. »
  • 2:01Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il gagne du temps et qu'il prend date. »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « J'ai plaidé depuis 3-4 ans quand le même président de la République était dans un déni absolu sur la gravité de la crise démocratique que le pays traversait. »
  • 2:23Invité politiqueFait
    « Non, il n'y a pas de crise démocratique, disait le président. »
  • 2:26Invité politiqueFait
    « Si, il y en a une, disait Laurent Berger. »
  • 3:02Invité politiqueFait
    « La Macronie est terminée. »
  • 3:04Invité politiqueFait
    « Le macronisme, c'est fini. »
  • 3:45Invité politiqueFait
    « Ce sont les événements. »
  • 3:47Invité politiqueFait
    « C'est une manière de gouverner. »
  • 3:49Invité politiqueFait
    « C'est un flou politique. »

Temps de parole

  • Invité politique85 %
  • Présentateur15 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Gilles Lejean, vous avez les mêmes échos ?

0:02
Invité politique

Non, parce que je ne m'y intéresse pas, mais le florilège est impressionnant.

0:05
Présentateur

Qu'est-ce qui vous impressionne là-dedans ? Et qu'est-ce qui... Attends, je vais vous soumettre deux choses. Vous allez me dire si ça ressemble notamment à l'Emmanuel Macron que vous avez connu, que vous avez soutenu dès le début, vous êtes un des historiques à l'avoir soutenu, quand il y a cette députée qui dit « Je ne crois pas que le président donne un gouvernement avant les JO parce qu'il lui faut déjà six mois pour choisir la couleur de sa cravate ».

0:24
Invité politique

Bon, c'est une ironie gratuite. Je pense que la situation est suffisamment grave pour qu'on situe la discussion à un tout autre niveau. La vérité, c'est que la vraie question pour le président de la République, que trahit la lettre d'hier, c'est de savoir si le dynamiteur peut être le reconstructeur. C'est la seule question. En d'autres termes, savoir si la crise politique dans laquelle les pays sont plongés en raison de cette décision insensée de dissolution, risque de tourner en crise de régime.

1:01
Présentateur

Je prends les choses dans l'ordre, vous dites, c'est l'huile dynamiteur qui a tout fait exploser.

1:05
Invité politique

Évidemment. La décision de la dissolution a entraîné des réactions en chaîne dont on n'a pas encore vu le terme. Ça n'est pas terminé. Et donc, la vraie question, c'est de savoir si on trouve une résolution. Le président dit, c'est la coalition. C'est ce qu'il dit en fait. La coalition hors les extrêmes. J'ai écouté votre plateau à l'instant. On entend ça aussi partout. Cette coalition a une chance pratiquement nulle de se réaliser. La seule coalition qui existe aujourd'hui, c'est une coalition contre le président de la République. Et c'est de cette situation-là qu'il doit réussir à sortir.

1:44
Présentateur

Et rien n'indique que ce sera le cas. Mais quand vous dites que la coalition qu'il appelle de ses voeux hier dans cette lettre, des forces républicaines comme il dit, vous dites que ses chances de réussite sont quasi nulles. Est-ce qu'il le sait Emmanuel Macron en écrivant cette lettre ?

1:58
Invité politique

Je n'en sais rien. Je ne l'accuserai pas de duplicité. Je pense qu'il gagne du temps et qu'il prend date. Il battait le schéma idéal auquel tout le monde peut souscrire. Moi le premier. J'ai plaidé depuis 3-4 ans quand le même président de la République était dans un déni absolu sur la gravité de la crise démocratique que le pays traversait. Souvenez-vous de la polémique avec Laurent Berger au moment des retraites. Non, il n'y a pas de crise démocratique, disait le président. Si, il y en a une, disait Laurent Berger. On voit aujourd'hui que la crise à laquelle nous assistons, c'est un produit de cette crise démocratique. C'est une nouvelle étape de cette crise démocratique.

Donc évidemment, l'union large serait nécessaire. Simplement, la crise est si grave que je ne vois pas comment nous puissions la construire, j'allais dire, dans le cadre habituel.

2:49
Présentateur

Mais est-ce que, vous posiez la question, est-ce que le dynamiteur peut être le reconstructeur ? Qu'est-ce que vous répondez à cette question-là ?

2:56
Invité politique

Je l'espère encore. Ce qui est certain, c'est qu'il ne peut plus être l'inspirateur des politiques. La Macronie est terminée. Le macronisme, c'est fini. C'est fini. En tant que force de transformation du pays, dans le cadre d'un programme cohérent, c'est terminé. C'est-à-dire la promesse de 2017 ? De même, le dépassement politique, qui était quelque chose auquel nous adhérions avec enthousiasme, s'est terminé aussi, puisqu'on voit que le corps central, qui est maintenant restreint, est enfermé dans deux mâchoires. La mâchoire d'extrême droite d'un côté, la mâchoire d'une gauche dominée par l'extrême gauche de l'autre.

Et à l'intérieur de ce bloc central, nous voyons pointe des divisions radicales qui se font précisément sur la restauration du clivage droite-gaude. Mais qui a tué la Macronie ? Emmanuel Macron lui-même ? Ce sont les événements. C'est une manière de gouverner. C'est un flou politique. C'est une dérive politique. Le en même temps qui a fait se gausser beaucoup de personnes, peut-être vous-même à l'occasion, et parfois nous-mêmes de temps en temps, cette idée forte du dépassement, nous l'avons abandonnée. Depuis 2022, ça se déglingue.

Et le président est resté sourd à tous ceux, j'en ai été modestement, très modestement, un d'entre eux, qui le mettait en garde contre le fait que cette dérive, cet abandon des idéaux initiaux, était en train de créer une situation intenable dans le pays.

4:23
Présentateur

Attendez, je veux voir la scène. Vous, Gilles Lejean, vous envoyez un message, vous allez voir le président pour lui dire ça. Qu'est-ce qu'il vous dit, le président de la République ? Pour vous dire, en gros, je ne sais pas si vous vous voyez ou vous tutoyer, mais tu as abandonné l'idée de départ, le en même temps, le droite et la gauche, d'avoir un point d'équilibre.

4:38
Invité politique

C'était le 4 septembre dernier, à 19h30, dans le bureau du président de la République, à l'Élysée. Qu'est-ce qu'il vous dit ? Il m'écoute déjà. Et ça, c'est une grande qualité du président. Il faut le reconnaître.

4:46
Présentateur

Qu'est-ce qu'il en fait derrière ?

4:47
Invité politique

Manifestement, il n'en a rien fait, mais je n'ai pas l'outrecuidance de penser qu'il était obligé d'en faire quoi que ce soit. J'étais un modeste député, ayant exercé des fonctions importantes dans le premier mandat, en président le groupe majoritaire. Mais je lui dis, tout ce que je viens de vous dire, je le lui dis, mais je ne suis pas le seul. Mais il vous dit quoi, lui ? Il écoute. Il écoute. Je lui dis notamment qu'il y a une urgence absolue pour stopper cette crise démocratique, c'est de s'intéresser à ce qui crée l'impuissance publique. L'impuissance publique qui nourrit notamment les extrêmes. Parce que les Français ne se retrouvent pas dans la manière d'être gouvernés.

Et je lui dis qu'il y a deux grands chapitres. Ce sont les institutions, la réforme de l'État. Et que ça, c'est la règle du jeu. C'est ce qui fait qu'on arrivera peut-être à vivre ensemble. Ensuite, qu'il y ait entre les partis politiques des divergences majeures sur le contenu des politiques, tant mieux, c'est la démocratie. Mais aujourd'hui, ce qui est grave, c'est que la règle du jeu est contestée et ne fonctionne plus comme on en a l'illustration depuis 15 jours. Mais alors, qu'est-ce qu'il doit faire ? Il doit partir ? Je pense que s'il y avait une chance sur mille de réussir cette coalition, ce serait précisément de la réunir sur ce sujet. Les institutions et la réforme de l'État.

C'est-à-dire la règle du jeu. Le président de la FIFA réunit les fédérations nationales pour réviser les règles des matchs de football. Et après, les équipes reprendront leurs droits et continueront de se discuter les titres.

6:25
Présentateur

Je vous repose la question. Est-ce que vous avez en tête, puisque vous nous disiez tout à l'heure, et je veux qu'on s'arrête là-dessus, en gros, c'est que le début de la crise, d'une certaine manière, et on n'a rien vu. Vous nous avez dit, on n'a rien vu pour l'instant.

6:36
Invité politique

C'est ce que je pense. C'est ce que je crains.

6:37
Présentateur

Est-ce que la suite,

6:39
Invité politique

ça peut être la démission d'Emmanuel Macron ? C'est une hypothèse que je ne veux pas évoquer, parce que l'évoquer, c'est déjà contribuer à la provoquer. Mais c'est une hypothèse. Factuellement, c'est une hypothèse. Ce qui est certain, c'est que la manière dont s'engagent les choses à la suite des élections législatives des deux derniers dimanches ne laisse aucun espoir d'une résolution solide, durable. D'ailleurs, vous entendez les responsables, ils ne s'inscrivent que dans un calendrier d'un an. Ça veut dire que pendant un an, au mieux, on va faire semblant. Mais ça ne tiendra pas. Ça ne tiendra pas. Les trois blocs sont trop proches numériquement, sont traversés de trop d'oppositions.

Et je ne cite même pas un facteur qui est malheureusement plus humain que politique, mais qui est tellement envahissant et visible qu'il en devient politique, c'est la détestation entre les individus, entre les personnes qui empêchent les incarnations, des incarnations fortes et responsables. – Là, vous parlez des responsables politiques ? – Oui. – C'est de la détestation pour vous ? – Mais pour beaucoup d'entre eux. C'est ça qui guide les batailles. Je le vois dans mon ancienne famille politique. C'est absolument clair. Les compétitions, ça y est. Le pays est ingouvernable et vous assistez déjà, par exemple, à une compétition entre M. Darmanin et M. Attal.

Et vous pensez que c'est ça que les Français attendent des responsables politiques ? – Il y a de la détestation entre ces deux-là ? Vous qui les connaissez bien ? – Je dis qu'il y a une compétition qui n'aurait pas lieu d'être. Je vois aussi les polémiques. On est dans une situation où le système s'est tellement délité au fil des ans qu'il faut invoquer des données qui ne sont pas premièrement politiques, qui sont liées à l'éthique, à la morale, aux comportements qui viennent en plus compliquer les choses. Je pense au dîner fin avec les responsables politiques et Mme Le Pen.

– Tout ça dénote une perte de repères, une perte d'éthique qui finit par entacher même le fonctionnement politique normal.

8:49
Présentateur

– Gilles Le Gendre, vous disiez tout à l'heure on est dans une crise politique et ça n'est pas terminé. Qu'est-ce qu'il y a après une crise politique ? – C'est la crise de régime.

8:56
Invité politique

C'est-à-dire le pays clairement ingouvernable, bloqué, avec en plus le fait que là nous raisonnons en vase clos. les politiques, les médias, j'en suis, vous en êtes, mais il y a un pays, il y a un pays qui vit, qui réagit, qui peut se révolter, soit légalement, on l'a vu à travers le vote massif pour les extrêmes au premier tour, mais qui aujourd'hui continue d'exister, continue de suivre le spectacle et se pose des questions en se disant mais ils sont devenus fous, ils sont devenus fous ceux qui écoutent BFM et qui sont du coup très bien informés, se disent mais où est-on ? Où est notre pays ? Où est l'ambition ? Où est la vision ? – Vous êtes tout seul à penser ça, Gilles Le Gendre ?

– Mais bien sûr que non, je ne suis pas tout seul. Il y a beaucoup de gens, y compris dans ce que vous appeliez, ce que je prends comme un compliment, les macronistes historiques. Bien sûr, certains se sont exprimés au moment des questions de désistement, je pense à mon ami Philippe Grandjon à l'époque, mais d'autres aussi. Mais enfin, le système est tellement verrouillé qu'il faut en être chassé, comme ça a été mon cas, pour pouvoir évidemment parler avec son cœur. – Précisément, Gilles Le Gendre… – Ce que je dis, c'est que je n'ai pas attendu d'être chassé pour le faire.

10:07
Présentateur

– Et c'est pour ça que vous avez été chassé ? – Et c'est pour ça que j'ai été chassé. – En gros, vous l'avez ouvert, mais vous avez parlé notamment sur la loi immigration, me semble-t-il, dans mes souvenirs. – Oui, mais ça en était plusieurs. – D'accord, mais juste une chose, précisément, certains vont dire, oui, mais Gilles Le Gendre, c'est la rancœur qu'il fait parler. – Pas du tout. – D'avoir été banni.

10:27
Invité politique

– Non, alors ceux qui me connaissent savent que c'est un sentiment qui m'est totalement étranger. Et ça serait exact si tout d'un coup, je tenais ce discours. Ça fait, dès que j'ai quitté la présidence du groupe en 2020, j'ai commencé à travailler là-dessus. J'ai créé une amicale, un cercle de réflexion, avec 60 personnes, dont un certain nombre d'élus, sur la question démocratique. Je pense que c'est la question centrale. C'est en ça que je me sens des accointances particulières, et pas sur tous les sujets, avec un homme comme Laurent Berger, par exemple, avec lequel nous avons échangé beaucoup sur ces questions-là.

Tant que nous ne résoudrons pas cette question, nous irons de crise en crise, et les crises étant de plus en plus graves, jusqu'à la crise finale, qui consistera à placer Mme Le Pen à l'Élysée en 2027 ou avant.

11:15
Présentateur

– Si on vous accorde 30 secondes face au président de la République aujourd'hui, qu'est-ce que vous lui dites ?

11:21
Invité politique

– Je lui dis, monsieur le président, avec tout le respect que j'ai pour vous, vous devez créer, vous devez essayer de créer cette coalition, mais donnez-lui un objet identifié, moins vague que les cinq textes de chapitre qui figurent dans votre lettre, créer une dramatisation politique, comme on en a eu en 45, comme on en a eu en 58, un vrai Conseil national de la refondation, et pas le gadget auquel on a assisté après 2022, en réunissant les forces politiques pendant une durée déterminée, quelques mois, pour remettre à plat les institutions et réformer l'État. Vous n'arriverez à rien tant que cette réforme-là n'aura pas eu lieu.

12:03
Présentateur

– Vous parlez plusieurs reprises dans cette interview des institutions, de remettre à plat les choses, etc. Quand on écoute les Français, vous parlez du pouvoir d'achat notamment ?

12:09
Invité politique

– Oui, mais ce que les Français ont parfaitement compris, c'est que le pouvoir d'achat qui ne va pas, les services publics qui ne vont pas, l'école, l'armée, la santé, etc., c'est précisément parce que ça ne fonctionne plus. Et puis par ailleurs, nous avons démontré à l'occasion de ces élections législatives que les institutions démocratiques, appliquées avec un scrupule absolu, dans la légalité absolue, que je ne conteste pas, ne fonctionnaient pas. C'est-à-dire qu'on a eu une figure de fin d'Assemblée qui ne ressemble à rien à ce qu'était la volonté initiale des électeurs lors du premier tour. Donc il faut évidemment décider très vite la proportionnelle, très vite.

12:50
Présentateur

– Gilles Le Gendre, certains parmi les macronistes historiques disent « je ne le comprends plus Emmanuel Macron, je ne comprends plus comment il raisonne, il a perdu la tête, je ne comprends plus comment il fonctionne. » Est-ce que vous dites la même chose ?

13:05
Invité politique

– La question doit être évidemment posée pour nous. Vous savez, il avait fait naître un rêve exceptionnel. On a tout abandonné pour le suivre. On avait tous, notamment les personnes un peu âgées comme je l'étais, on avait tous des métiers, on avait tous des activités. On est partis mais au combat, mais avec… Alors parfois, ça pouvait passer pour de l'arrogance de notre part, ou un excès d'assurance. Mais c'était surtout un espoir et un enthousiasme exceptionnel. Et de voir comment, au bout de sept ans, le rêve se fracasse, mais c'est d'abord une immense tristesse, une immense tristesse. Et ensuite, un examen de conscience. Comment avons-nous pu autant nous tromper ? – Vous lui en voulez.

– Non, mais non, parce que ça c'est de l'énergie perdue. On a un pays à redresser encore. Il faut y aller, il faut y arriver. Et chacun doit porter sa pierre. Je mets au débat, comme je l'ai fait avec le président lui-même et dans de nombreuses prises de parole publiques depuis 3-4 ans, cette notion de… On est dans une période avec des événements qui n'ont strictement rien à voir. Ça n'est ni la guerre, ni la décolonisation. Mais on est dans un moment aussi critique pour le pays que l'était 1945 et 1958. – Sous-titrage Société Radio-Canada