Œuvrons pour la paix en Europe - Jordan Bardella au Parlement européen
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Madame la présidente, monsieur le président Zelinski, mes chers collègues, il y a 4 ans, presque jour pour jour, l'Europe s'est réveillé avec fracas sur notre continent que nous pensions définitivement réconcilier avec lui-même. La guerre d'invasion redevenait réalité. En décidant d'attaquer l'Ukraine, Vladimir Poutine n'a pas seulement violé des frontières, il a défié un principe fondateur de l'ordre européen, celui selon lequel aucune nation ne peut être soumise par la force à la volonté d'une autre.
Depuis 4 années, le peuple ukrainien endure l'épreuve du feu. Des villes bombardées, des familles dispersées, des enfants arraché à leur quotidien, des infrastructures méthodiquement détruites. Mais face à cette entreprise de négation, l'Ukraine a opposé quelque chose que nul missile ne peut briser.
La conscience d'être une nation libre. À ceux qui contestaient son identité, l'Ukraine a répondu par le courage. À ceux qui prédisaient son effondrement, elle a répondu par la tonacité.
L'histoire européenne est jalonnée de ces moments où des peuples ont dû arracher leur liberté aux ambitions impériales. Notre continent sait le prix de l'indépendance et c'est pourquoi la cause ukrainienne n'est pas étrangère à l'Europe. Elle touche au cœur de ce que nous sommes.
Oui, l'Ukraine doit pouvoir tenir et négocier en position de force. Oui, l'Europe doit contribuer à sa capacité de résistance par un soutien logistique et humanitaire. Mais notre devoir est double.
Soutenir l'Ukraine sans affaiblir durablement nos propres nations. Car des nations européennes qui se fragiliseraient ne rendraient service à personne, ni à elle-même ni à l'Ukraine. Les mécanismes financiers engagés sans exclusivité européenne dans les achats d'armement, les prêts garanties qui ne seront, nous le savons, jamais remboursés et les perspectives d'élargissement accéléré soulèvent des interrogations légitimes dans l'opinion publique.
En France notamment, nombre d'agriculteurs déjà confrontés à une crise profonde redoutent une éème concurrence déloyale et à terme un nouveau risque de disparition. Dire cela, ce n'est pas se détourner. Dire cela, ce n'est pas faiblir.
Dire cela, c'est assumer une exigence démocratique. Nous le disons depuis le premier jour, il ne peut y avoir autre issue à cette guerre que celle de la paix. de la paix négocier, de la paix pour faire terre les armes, de la paix pour permettre à l'Ukraine de garantir demain sa sécurité.
La paix que nous appelons de nos vœux ne sera ni l'abandon de l'Ukraine, ni la perpétuation indéfinie d'un conflit d'usure. Cette paix suppose des nations européennes plus fortes capables d'assumer leur propre défense, de peser diplomatiquement face à Poutine sans dépendre des humeurs de Washington. Elle suppose une Europe des nations capable de protéger ses frontières, son agriculture, son industrie.
L'enjeu de la période que nous vivons dépasse la guerre elle-même. Il s'agit de savoir si le 21e siècle européen sera celui de la servitude aux empires ou celui de la puissance des nations. Puissance au service de la paix, de la stabilité et au service des peuples.
Monsieur le président ukrainien, à travers vous, je veux redire au peuple ukrainien que votre combat n'est pas ignoré et qu'il ne sera jamais banalisé ni oublié. Merci. Mais je veux aussi affirmer ici que la solidarité véritable ne consiste pas à applaudir ou à s'indigner.
Elle consiste à assumer dans la durée les actes que l'on pose et leurs conséquences. Merci. C'est à cette nouvelle architecture européenne que nous devrons travailler et c'est à cette paix que nous devrons œuvrer.
Je vous remercie. Ah.
Jordan Bardella