« Perdre nos enfants » ? Le chef d’état-major des armées va trop loin
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 35 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Pourquoi ces phrases du chef d'état-major ont-elles choqué à gauche, notamment chez LFI ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Sur la forme, ces propos dépassent-ils ses fonctions ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la France est prête à perdre ses enfants en cas de conflit ?
- 5:00OuverteRéponse partielle
Le déplacement des ministres à Marseille est-il une opération de communication ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Faut-il légaliser les stupéfiants pour lutter contre le trafic ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30Laurent MarcangliFait
« Nous avons fait campagne, nous avons été à la rencontre des habitantes et des habitants de nos territoires. »
- 4:30Antoine LeandFait
« Si tu veux la paix prépare la guerre. »
- 5:30Antoine LeandFait
« On fait pas la paix avec ses amis, on fait la paix avec ses adversaires. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Aujourd'hui face- à face deux députés. D'abord Laurent Marcangli, député horizon de Corse du Sud, ancien ministre de l'action publique et de la fonction publique et face à vous Antoine Léoman député de la France insoumise de l'essonne. Bonjour à tous les deux.
Commençons, si vous le voulez bien, par cette petite phrase qui a été prononcée non pas devant des députés, mais devant des maires prononcées par le chef d'état-major. Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants parce qu'il faut il faut dire les choses de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production de défense par exemple. Si on n'est pas prêt à ça, alors on est en risque.
Ça a beaucoup fait réagir à gauche, notamment chez vous à LFI. Pourquoi elles vous ont choqué ces phrases ? Antoine Loman ? parce que c'est pas le rôle du chef d'étatmajor des armées de prendre des positions qui sont des positions politiques.
Bien sûr, c'est le rôle du chef d'état-major des armées de faire des des analyses, de les fournir au responsables politiques. Mais vous savez comme député, nous siégeons à l'Assemblée nationale, chaque séance à 15h commence par une cérémonie dans laquelle les armées rendent hommage à la présidence de l'Assemblée nationale pour dire que le pouvoir militaire répond au pouvoir politique et obéit au pouvoir politique. Bien, je crois que là le chef d'état-major des armées a outrepassé sa fonction et c'est d'abord ça qui est problématique.
Ensuite, évidemment on peut revenir sur le fond de ces propos. Oui, là vous êtes sur la forme pour l'instant. bien sûr, d'abord la forme, mais ensuite sur le fond de ces propos sont des propos qui évidemment sont inquiétants, qui peuvent inquiéter largement les Françaises et les Français et légitimement inquiéter les Françaises et les Français parce que précisément l'engagement militaire de notre pays, ce doit être d'abord et avant tout un débat politique, une discussion politique et une décision démocratique par la voix des représentants de Alors, sur la forme dans un premier temps, Laurent Marc Angélique, alors sur la forme, ce sont des propos qui font plus qu'interpeller.
Je crois que que l'opinion est très sensible à cela. Nous avons fait campagne, nous avons été à la rencontre des habitantes et des habitants de nos territoires. Nous savons que dans tous les foyers de France, ce qui se passe notamment en Ukraine inquiète.
Moi, j'ai demandé cette semaine dans donc il a raison de les tenir ses propos pour vous. Euh [rires] je sais pas si je les aurais tenu comme ça en tout cas en ce qui me concerne parce que je trouve que ça va très fort et je veux pas que notre population soit dans une anxiété trop forte. mais sur la forme sur la forme, il vous repasse ses fonctions ou pas ?
Non, je n'irai pas jusqu'à ce que ce qu'a dit mon mon collègue Antoine Léomand, mais je voudrais parler du fond, vous le permettez. Moi, j'ai demandé en tant que député euh cette semaine lors des séances de questions gouvernement, ce que nous aurions un débat euh à l'Assemblée nationale sur l'engagement militaire français suite à la lettre d'engagement que le président de la République a signé avec Oludimir Zelenski sur la vente des rafales et sur également les agressions dont la Pologne aujourd'hui fait l'objet par le régime de Vladimir Poutine. Je crois que les parlementaires doivent être associés pleinement à ce qui se passe du côté de l'Ukraine et plus largement sur ce que l'armée française aujourd'hui représente dans les conflits de notre de notre planète.
Il y a un côté va en guerre dans cette déclaration Antoine Laoman. Oui, il y a un côté va en guerre. en même temps, comme chef des armées, il est euh au au fait de la situation militaire et de l'engagement de notre pays.
Mais précisément, je je rejoins là pour le coup, il y aura pas de différence entre mon collègue et moi parce que il faut qu'on puisse avoir des débats politiques sur les questions militaires. Ce ne sont pas des questions qui précisément n'engageraient pas le peuple français. Bien au contraire, ce sont des situations là, on parle d'une entrée dans un niveau de mobilisation qui est un niveau de mobilisation quasi total.
En réalité, on parle de d'une transformation de l'économie et de l'engagement de nos enfants. Euh, ce sont des débats qui sont des débats politiques d'abord et avant tout et qui doivent se tenir aux yeux au su devant la population française. Alors, il y a peut-être un sujet justement sur lequel vous seriez un petit peu moins d'accord, c'est sur le fond.
Est-ce que la France est prête à perdre ses enfants ? Est-ce qu' si demain il y avait un conflit, il y aurait un engagement générationnel des jeunes comme il y a eu chez nos grands-parents, nos arrières grands-parents et cetera et cetera. C'est vrai que euh avec la hausse des tensions, tout le monde se pose un petit peu cette cette question.
Je crois que d'abord il faut tout faire pour l'éviter. Ça c'est sûr. Ceci étant dit, ceci étant dit, on peut pas euh euh se cacher la vérité.
Euh il y a une stratégie russe qui est une stratégie de la tension permanente et euh lorsque l'on parle de l'intervention de la Russie, de l'invasion de la Russie en Ukraine, déjà cela veut dire que la Russie a décide de taper à la porte de l'Europe et que lorsque vous voyez que des pays baltes que la Pologne aujourd'hui sont sous tension, la Pologne a dénoncé des traités. Est-ce que la Pologne a dénoncé des traités de non prolifération il y a plus de temps, il faut avoir conscience du monde dans lequel nous vivons. Je ne le souhaite pas mais aujourd'hui au regard de la situation du monde il faut se tenir prêt.
Si vetpatchem parabelou, les Romains l'ont inventé, je pense qu'en réalité il faut faire preuve de résilience. Ça sera pas forcément peut-être un engagement militaire physique, mais nous allons être attaqués. Nous le sommes déjà et il faut être prêt parce que aujourd'hui je crois que la France représente quelque chose dans la solution euh pour d'abord éviter le conflit et y faire face si d'aventure malheureusement cela est nécessaire.
Si tu veux la paix prépare la guerre. C'est ça la situation latin que vous venez de faire Antoine Leand je suis pas d'accord. Oui, je suis pas d'accord parce que si tu veux la paix prépare la paix.
La paix, c'est euh une situation qui est une situation politique et qui n'est pas d'ailleurs l'état de nature. Elle intervient euh dans le cadre de négociation, d'accord. Et en réalité, si on veut préparer la paix, et bien précisément ce qu'il faut faire, c'est discuter avec ses adversaires.
On fait pas la paix avec ses amis, on fait la paix avec ses adversaires. Moi, je crois qu'il y a une tendance qui existe désormais dans notre pays qui est à une augmentation des tensions, à une augmentation de l'achat de matériel militaire notamment. Nous sommes engagés dans une une alliance militaire que je conteste qui est l'OTAN et précisément la situation polonaise inquiète parce que étant associé à la Pologne dans le cadre de l'OTAN et bien si la Pologne devait être attaquée, elle pourrait faire jouer les clauses de l'OTAN qui exigent une défense collective et dès lors, nous pourrions être entraînés dans une logique par les logiques d'alliance dans une forme de participation à un conflit militaire plus intense.
Ça c'est parce que chouette mais pour répondre dans le détail à ce que vous disiez tout à l'heure, est-ce que nous serions prêts à aller au combat comme nos grands-parents et et nos arrières grands-parents ? Certains d'entre nous d'ailleurs de la famille engagée militairement. Mais il y a une situation qui est quand même très différente, c'est qu'avant nous avions une conception d'armée citoyenne dans laquelle les citoyens participaient à la défense du pays par la formation militaire.
Aujourd'hui, nous avons une conception qui est celle d'une armée de métier. Donc ce ne serait pas par la force des choses la même situation. Et il peut y avoir des débats sur est-ce que c'est une bonne chose d'avoir une armée de métier ou une armée citoyenne, mais précisément c'est ce sont des débats qui sont extrêmement politiques et qui doivent être tranchés par les citoyennes et les citoyens, pas par euh que ce soit monsieur Macron tout seul ou le chef d'étatmajor des armées, encore moins puisqu'il n'a pas de légitimité politique pour le faire.
Autre débat citoyen et politique qui est au cœur de l'actualité, le débat sur la lutte contre le narcotrafic. En ce moment même, les ministres de la justice et de l'intérieur sont à Marseille après le terrible assassinat de la semaine dernière. le petit frère d'Amine Kessassi qui a été abattu.
C'est de la com ce déplacement Laurent Marcangli déplacement de plus ou bien ça sert vraiment quelque chose ? Imaginez si si les deux ministres s'étaient pas rendus après ce drame ce drame abominable, ce qu'on aurait entendu. Ce qui se passe à Marseille est particulièrement inquiétant.
Euh et ça ne date pas d'hier. J'ai été député entre 2012 et 2017. il y avait déjà eu des plans euh puisque le nombre d'assassinats liés à trafic de stupéfiants était déjà important à cette période.
Cette ville, elle se dégrade à vue d'œil. C'est euh j'y suis allé il y a peu dans le cadre de mes fonctions ministérielles lorsque j'étais au gouvernement, j'ai vu une ville qui se popérise, une ville qui se détruit elle-même et je crois que il y a aujourd'hui des plans d'action à mener pour lutter contre ces équipes. Nous ne sommes pas les seuls à être concernés en Europe hein par cela hein.
Vous avez on a l'impression que les différents plans Marseille en grand tout ça finalement bah ça ne marche pas. Et bien visiblement visiblement il faut peut-être revoir un certain nombre de plans. Moi je fais pas partie des béniwioui qui vont vous dire que tout va très bien madame la marquise.
Et ce qui se passe à Marseille c'est aujourd'hui particulièrement inquiétant. Vous savez je suis élu de la Corse. Ça a des influences hein.
La criminalité organisée, je sais de quoi je parle lorsque je l'évoque. Et aujourd'hui, je pense qu'il faut avoir une une véritable réflexion de fond sur la lutte contre le narcotrafic. Il faudra pas le faire seul parce que c'est une lutte internationale puisque beaucoup de pays sont aujourd'hui concernés.
On voit même que ça pose des problèmes d'ordre démocratique. Un problème de moyens ou de méthode ? Les deux très probablement.
Antoine Levent. Oui, je suis d'accord pour le coup. Les deux effectivement d'abord il y a un sujet qui est jamais évoqué, c'est la lutte contre le trafic d'armes puisque si les trafiquants tuent des gens, c'est en utilisant des armes, il y a 8 millions d'armes en circulation et si on veut lutter efficacement contre la criminalité organisée, c'est un des points qui sont centraux.
Mais maintenant, moi je suis pour un changement total de paradigme. C'est-à-dire que pour l'instant, on fait quoi ? on va harceler des points de en se disant bon bah peut-être que ça va régler le problème.
En tout cas, ça donne l'impression qu'on fait quelque chose aux habitants du quartier qui est concerné par un point deal. Néanmoins, ce qui est efficace si on veut lutter contre les réseaux, c'est d'aller taper le ce qu'on appelle le haut du spec, c'est-à-dire les grands trafiquants, notamment en luttant contre le blanchiment, notamment en empêchant l'import de drogue sur le territoire national et pour ça, il faut renforcer les moyens des douigners. Puis enfin, il faut renforcer la police judiciaire, la police d'enquête pour essayer de démanteler ces réseaux.
Et parfois ça veut dire, c'est malheureux, mais parfois ça veut dire infiltrer les réseaux de trafiquants pour pouvoir remonter jusqu'au chef. Et puis de l'autre côté, il y a un absent total dont on ne parle jamais et dont on devrait parler d'ailleurs plus avec les ministères de la santé que le ministère de l'intérieur et de la justice, c'est la question de la consommation. Toutes les personnes que j'ai auditionné dans le cadre de ce rapport que j'ai fait sur le trafic de stupéfiant disent "Tant qu'on ne fera pas diminuer la consommation, on narrivera à rien." Vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron quand il parle des petits bourgeois qui alimentent le trafic ?
D'accord. précisément non parce que monsieur Macron se trompe d'analyse. Ce ne sont pas les petits bourgeois, c'est beaucoup de gens dans notre pays et parfois même ce sont des métiers extrêmement pénibles qui sont concernés par la consommation d'un certain nombre de stupéfiants, notamment les stupéfiants type cocaïne qui sont des des stupéfiants qui sont qui boostent dans le dans certains types de travail notamment avec des horaires décalés.
Mais justement ce qu'il faut faire c'est réussir à faire 1 éviter l'entrée dans la consommation 2 pour ceux qui ont une consommation régulière mais pas de dépendance faire baisser la consommation et puis trois pour ceux qui sont dépendants faire du soin parce qu'on ne peut pas faire autrement que de faire du que ça touche tout le monde c'est aussi le sentiment des français hein. Ils sont plus de 80 % selon notre sondage BFM TV à penser que la drogue est maintenant présente sur l'ensemble du territoire, pas que sur Marseille, pas que en Corse et pas que dans les Laurent Marcogelli, que peut-on faire de plus ? Et est-ce que il a raison le président quand il dit cette petite phrase sur les sur les petits bourgeois d'après vous ?
Bon, ça c'est encore les les petites phrases et je pense pas que ça soit à la hauteur de la situation dramatique dans laquelle quand mme un problème sur C'est vrai, les consommateurs qui parfois consomment de la drogue de façon un petit peu légère. rendre compte que c'est tout ça est basé sur le sang. Parti je fais partie de celles et de ceux qui considèrent que nous devons effectivement avoir une réflexion aussi tournée sur la consommation.
Alors, j'ai une différence majeure avec monsieur Léomand, c'est que je suis opposé à la légalisation et je considère que ce ne serait pas la bonne décision. En revanche, je considère que le consommateur doit également faire l'objet d'une sanction forte, dissuasive, euh financière, pécunière euh parce que je crois que les loi de 72 sur euh euh le la détention, l'usage euh de stupéfiant aujourd'hui, euh elle est un peu vieillote. Elle doit être revue notamment concernant le la consommation de cannabis parce que je ne mélange pas tout.
Vous avez également aujourd'hui une utilisation fréquente dès un très jeune âge et quelle que soit la classe sociale de drogue beaucoup plus dure que le cannabis qu'il ne faut pas du tout prendre à la légère. Et je crois qu'en réalité, il faut avoir cette réflexion autour de la consommation parce que le consommateur sans le savoir de manière parfois un peu désinvol comme s'il le savait pas sans le savoir en tout cas sans en avoir totalement en conscience participe à une chaîne une chaîne qui était en réalité un jeu de massacre. ce problème qui concerne effectivement l'ensemble du territoire alors on le sait maintenant et qui est au cœur de l'actualité de ce jour avec dans quelques instants donc cette visite de Laurent Nunes et de Géral Armanin qui se poursuit à Marseille.
On va voir quelles sont les conclusions, si des mesures particulières sont annoncées.
Antoine Léaument