L''interview intégrale de Jordan Bardella sur RMC
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Cynisme absolu. C'est-à-dire qu'après avoir voulu débattre incessamment de l'immigration, les premiers débats qu'on aurait eu si le texte avait été accepté, si la motion de rejet avait été rejetée, c'était un amendement notamment de l'opposition qui évoquait un débat obligatoire sur l'immigration au Parlement. Avouez que ça ne manque pas de sel. Donc évidemment, le Rassemblement national a hier fait ce qu'il sait faire finalement. C'est un parti d'opposition qui n'est pas prêt à gouverner parce qu'il n'est pas prêt à prendre des mesures. Voilà. Et qu'il préfère les problèmes aux solutions. Le gouvernement avait des solutions. Elles étaient plébiscitées par les Français.
C'est sans doute ce qu'a fait peur à Mme Le Pen. Mais ce n'est pas grave. Vous savez, 100 fois, il faut remettre le métier sur l'ouvrage.
C'est compliqué d'assumer ses responsabilités quand on est ministre. Le Rassemblement national a protégé les Français de l'instauration dans notre droit d'une nouvelle filière d'immigration, celle de la régularisation des travailleurs sans papier, qui serait la plus grosse filière d'immigration, l'une des plus grosses filières d'immigration depuis l'instauration du regroupement familial. Donc nous avons toujours été très clairs. Nous n'avons jamais menti, ni aux Français, ni aux ministres de l'Intérieur. Si cet article 3, qui est devenu le 4 bis, qui visait à faciliter la régularisation des travailleurs clandestins, nous avions dit dès le départ que nous ne voterions pas ce texte de loi.
J'ai dit dès le départ que si cet article de loi ne figurait pas dans le projet de loi final, alors les députés du Rassemblement national voteraient en faveur de ces quelques mesures administratives, bien qu'insuffisantes, qui permettraient de contrôler à minima un certain nombre de procédures migratoires.
Sauf que Jordan Bardena, il n'y aura même pas de débat. Vous avez effectivement voté avec la France insoumise, le Rassemblement national et les Républicains. C'est pour ça qu'ils vous accusent de cynisme ?
Non mais Madame, il y a eu un débat. Il y a eu 45 heures de débat en commission à l'Assemblée nationale. Le texte, il a été débattu au Sénat. Maintenant, la démocratie, c'est le vote. Il y a eu un vote sur ce texte. Nous, nous avions été très clairs. Il y a eu deux motions de censure qui ont été proposées, deux motions de rejet, pardonnez-moi. L'une d'Europe Écologie, les Verts, et l'autre des Républicains. C'est celle des Verts qui est passée en premier. Nous l'avions votée parce qu'encore une fois, il était de notre devoir de protéger les Français. Il faut juste que M.
Darmanin comprenne que je ne suis pas élu dans sa majorité et que le Rassemblement national est un parti d'opposition à la politique du gouvernement. Par conséquent, nous défendons à l'Assemblée nationale ce pour quoi les Français nous ont choisis. Les Français nous ont choisis pour contrôler la politique d'immigration, pour impulser un retour à la raison après trois décennies d'excès en ce sujet. Et c'est précisément ce que nous avons fait.
D'ailleurs, à ceux qui nous disent concrètement, à quoi servent les députés RN ?
À mettre en échec cette nouvelle fédération.
À mettre en échec un certain nombre de points sur lesquels, certes, vous estimez que ça n'allait pas suffisamment loin, mais enfin tout de même, d'échéance de nationalité en cas de condamnation pour homicide ou tentative d'homicide sur personnes dépositaires de l'autorité publique. Vous êtes contre ?
Non, madame. Encore une fois, je suis très clair. Il y a dans ce texte de loi des petites évolutions administratives. Qui ne permettront pas de régler la question de l'immigration. Tout le monde le dit. Les députés de la majorité, un certain nombre de députés, moi j'ai entendu Naïma Mouchou, qui est vice-présidente de l'Assemblée nationale, qui est membre de la majorité d'Emmanuel Macron, et qui dénonce une partie de ce texte de loi en disant qu'il va constituer une forme d'appel d'air pour les travailleurs clandestins. Premièrement, M.
Shuttle, l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, a donné une interview remarquable dans les colonnes du Point, dans laquelle il dit que ce texte de loi ne permettra pas le contrôle de l'immigration en France. Donc, encore une fois, je suis très clair. Ce texte de loi contient un article qui est pour moi une ligne rouge absolue. Cet ancien article de 3, devenu 4 bis. Et je ne vote pas, et nos députés ne votent pas, en faveur de la création d'une nouvelle filière d'immigration. On est très clair. Et je vais vous dire, la réaction de M. Darmanin, elle est très intéressante.
Parce que c'est pour moi le signe d'un pouvoir qui perd pied, d'un pouvoir qui a perdu toute son autorité et qui ne contrôle plus rien dans notre société. Je crois qu'on est là au-devant d'une crise politique majeure. Or, la seule voie honorable quand on est confronté à une crise politique majeure, c'est d'en revenir au peuple. Ils ont, à force de 49-3, à force d'avoir érigé le 49-3 en méthode de gouvernement, ils ont oublié qu'ils étaient minoritaires.
Vous appelez donc à une dissolution ?
Je pense que nous entrons dans une crise politique qui a été un petit peu dissimulée, avec laquelle on a gagné du temps depuis plusieurs mois, à cause de 49-3 qui se sont multipliés dans notre société. Et je pense que face à cette crise politique majeure, il faut revenir au peuple. Et l'un des moyens de revenir au peuple qui est en démocratie, le souverain ultime, c'est la dissolution de l'Assemblée nationale. Et si tel devait être le cas, alors le Rassemblement national serait évidemment prêt à assumer ses responsabilités.
Vous demandez une dissolution de l'Assemblée nationale, vous demandez également la démission de Gérald Darmanin.
Je ne vois pas comment on peut faire autrement que de démissionner quand on a le pire bilan sécuritaire, probablement de la décennie en cours, parce que les affaires se sont multipliées, les mensonges du Stade de France, le sketch de l'expulsion ratée de l'imam Iqusen, les 120 attaques au couteau par jour, les étrangers sous OQTF qui ne sont pas reconduits dans leur pays de départ et qui conduisent sur le sol français.
Qu'il vous dit, si vous n'aviez pas stoppé net cette loi, ces expulsions auraient été possibles, vous les empêchez dans un sens.
En quoi ce texte de loi, qui contient des dizaines d'angles morts, rien sur la suppression du droit du sol, rien sur l'acquisition quasi-automatique de la nationalité, rien sur les mineurs étrangers non accompagnés qui sont responsables, d'après les services de l'État, d'après les forces de police, de la quasi-totalité de la délinquance de rue dans les grandes villes, rien sur le fait que notre pays est devenu aujourd'hui une pompe aspirante pour l'immigration et que beaucoup d'étrangers qui viennent en France considèrent notre pays comme un guichet social.
Et voyez bien que les quelques petites mesures de fermeté qui ont été adoptées par le Sénat ont toutes été détricotées à l'Assemblée nationale conjointement par l'ANUPES et par la majorité d'Emmanuel Macron. Donc ce texte de loi n'était pas un texte contre l'immigration, je le dis aux Français, c'était un texte pour l'immigration. Par conséquent, nous avons protégé le peuple français de ce qui apparaissait comme une nouvelle filière d'immigration.
Jordan Bardella, je reprends dans l'ordre, vous estimez qu'il faut que Gérald de Darmanin en tire les conséquences et qu'il démissionne, vous estimez qu'il faut dissoudre l'Assemblée et j'imagine qu'Elisabeth Borne elle-même, à vos yeux, ne peut pas rester Premier ministre ?
Mais comment on peut se maintenir quand on perd sa légitimité ? Je veux dire, il y a eu des votes à l'Assemblée nationale. La réalité, madame, c'est qu'au moment de la réforme des retraites, il aurait déjà dû y avoir une dissolution de l'Assemblée nationale. On ne peut pas gouverner contre le peuple français. Lorsqu'on est désavoué par le Parlement, lorsqu'on porte une politique qui est rejetée massivement dans le pays, je parle de la réforme des retraites, il faut se rendre devant les Français et démissionner.
Et donc, par conséquent, je crois qu'on ne trouvera pas d'autres issues face à une majorité qui n'existe pas, qui n'est que relative à l'Assemblée nationale, que de revenir, c'est sain de revenir devant les Français en démocratie. Il y a des élections européennes dans six mois. Je crois qu'il faut en amont que le président de la République revienne devant les Français en organisant une dissolution de l'Assemblée. Et si tel était le cas, je pense que le Rassemblement national pourrait obtenir une majorité à l'Assemblée.
Alors, tirons le fil. On est en janvier. Il y a une dissolution. Vous obtenez une majorité. Est-ce que vous accepteriez, vous ou Marine Le Pen, d'être Premier ministre d'Emmanuel Macron ?
Si les Français le décident, alors nous aurons la charge de la politique de la nation, bien sûr.
Vous accepteriez d'être le Premier ministre d'Emmanuel Macron ?
D'être un Premier ministre de cohabitation, bien sûr. Si Emmanuel Macron dissout l'Assemblée nationale, que le Rassemblement national obtient une majorité, nous assumerons notre responsabilité. Et pour une raison très simple, c'est que nous sommes prêts non seulement à revenir devant les Français, mais que nous sommes prêts également à gouverner la France. Le projet de loi sur l'immigration, nous l'avons, il est rédigé, il est prêt et il est mille fois plus dur que celui qui a été proposé par le gouvernement.
Le projet de loi contre l'idéologie islamiste, qui a été rédigé par Jean-Paul Garraud, magistrat, père du parquet national antiterroriste, il est prêt à être voté à l'Assemblée nationale. Nos mesures en faveur de la baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur le carburant, elle est prête, elle est sur la table. Nous avons mille et une mesures pour rendre aux Français leur sécurité les fruits de leur travail. Et si nous revenons devant les Français, nous solliciterons évidemment une majorité absolue. Et moi, je souhaite qu'on puisse travailler aussi avec des gens qui ne viennent pas du Rassemblement national.
Moi, j'avais proposé, vous vous en souvenez, pendant la réforme des retraites, lorsqu'on avait agité ce débat sur la dissolution, que le Rassemblement national, que mon mouvement politique ne présente pas de candidats en cas de dissolution face à des candidats de LR, patriotes sincères, qui auraient voté la censure du gouvernement. Je pense que nous pourrions envisager la même chose parce que je pense que la France a besoin d'un gouvernement d'union nationale avec tous ceux qui, patriotes sincères, sont attachés au redressement de notre pays et qui ont envie de remettre de l'espoir dans le pays.
– Dans les coulisses, vous parlez déjà avec un certain nombre de députés LR ?
– Oui, bien sûr, et à l'Assemblée nationale, au Parlement européen, mais on est en campagne tout le temps pour les Français. Voilà, évidemment qu'on est en campagne. Moi, je n'ai qu'une seule obsession, c'est que les idées que nous représentons avec Marine Le Pen et le Rassemblement national, que je crois majoritaires dans le pays, puissent arriver à la tête de l'État et que nous puissions effectivement, derrière, conduire la politique de la nation et porter l'optimisme pour tous dans notre société, à l'heure où Emmanuel Macron semble avoir éteint la lumière.
– Et puisque vous êtes en train de tout dire aux Français et de donner votre plan, Premier ministre, ce serez-vous ou Marine Le Pen ?
– Marine Le Pen a indiqué clairement, elle a été candidate trois fois à l'élection présidentielle, peut-être une quatrième fois, je souhaite sa candidature. Par conséquent, il y aura une répartition des rôles. Je suis président du premier parti d'opposition et j'assumerai par conséquent ma responsabilité si les Français devraient nous faire confiance.
Vous êtes donc, ce matin, devant moi, candidat au poste de Premier ministre.
– Non mais je ne suis pas candidat. À un moment donné, c'est les Français qui choisissent. Et je dis aux Français, s'il doit y avoir une dissolution de l'Assemblée nationale, s'il doit y avoir demain la tenue d'élection, je veux leur dire les yeux dans les yeux que le Rassemblement national est prêt à assumer ses responsabilités. Nous avons aujourd'hui 88 députés à l'Assemblée nationale. Nous avons un peu plus d'une centaine de parlementaires en comptant nos députés européens, nos sénateurs. Nous avons beaucoup de gens, croyez-moi, une équipe compétente autour de nous, qui travaille à nos côtés, qui prépare des projets de loi extrêmement précis, extrêmement sérieux, extrêmement rigoureux.
Et surtout, je crois que nous avons au fond du cœur et dans nos convictions ce que souhaite aujourd'hui une majorité de Français. Parce que non seulement nous comprenons leurs problèmes, nous avons eu la lucidité de les décrire avant tout le monde. Nous comprenons leurs angoisses, mais aussi leurs espérances. Et nous avons, je le crois, sincèrement, les solutions pour susciter l'espoir dans notre société.
Je me souviens, Jordan Bardella, de Jean-Marie Le Pen, candidat à la présidentielle, qui, le 21 avril 2002, était arrivé effectivement au second tour, mais qui, a posteriori, avait avoué qu'en fait, il n'était pas prêt du tout et qu'il ne souhaitait même pas vraiment accéder au pouvoir. Est-ce que c'est votre cas ?
Les temps ont changé.
Les temps ont changé. Aujourd'hui, vous dites, on est prêt.
Je pense que le Rassemblement national, qui pendant très longtemps a été une formation d'opposition, devient, à mesure que les tempêtes s'accélèrent, à mesure que nous travaillons et que nous évoluons aussi, nous, une formation de gouvernement. Et je veux rassurer tout le monde. Si nous arrivons au pouvoir, nous entendons tendre la main aussi à des gens sincères, qui ont des convictions, qui aiment profondément la France et qui veulent travailler à nos côtés. Et moi, la question, je pose une seule question. Est-ce que les Français vont enfin se choisir, à la tête de l'État, des gens qui les aiment, qui les respectent et qui les considèrent ?
Vous estimez que ce n'est pas le cas aujourd'hui ? Vous dites d'Emmanuel Macron qu'il n'aime pas les Français, qu'il ne les considère pas ?
J'estime qu'il a, à leur égard, une brutalité dans la manière de faire de la politique, dans la manière de décider, dans la manière d'agir et dans la manière de ne pas comprendre ce que les Français ont au fond du cœur. Les tempêtes se multiplient dans notre société et ils vont continuer à se multiplier. L'insécurité n'est pas résolue. Nous vivons une crise migratoire majeure. Quand on parle de l'immigration, Madame, on ne parle pas simplement de statistiques. Les Français ont, je crois, une volonté, c'est celle de rester eux-mêmes.
Et il y a des millions de Français dans notre société qui ne reconnaissent plus leur pays et qui considèrent que l'immigration fait peser sur notre pays une menace pour la sécurité, pour les finances publiques, pour notre identité et notre art de vie.
En attendant, Gérald Darmanin, là-dessus, il dit exactement la même chose que vous. Et il dit précisément que ce texte de loi, de manière quasi immédiate, lui aurait permis d'expulser 4000 délinquants étrangers par an. 82% des Français qui ont voté pour vous, et c'est le résultat d'un sondage élable, étaient favorables à cette loi. Ils estimaient que cette loi, elle permettait de mieux lutter contre l'immigration illégale. Qu'est-ce que vous leur dites ce matin ?
Vous avez rappelé il y a quelques instants, madame, qu'il y avait deux choses dans ce projet de loi. Qu'il y avait des mesures qui facilitaient l'expulsion administrative. Et il y avait, j'y viens, et il y avait deuxièmement...
Je vais vous répondre... On vous dit, on vous donne les outils pour le faire et celle-là, vous les jetez aujourd'hui.
Je vais vous répondre. Dans ce texte de loi, il y avait deux choses. Ces mesures facilitaient, entre guillemets, quelques expulsions minoritaires, mais pour les faciliter. C'était des mesures administratives. Et il y avait l'instauration de cette nouvelle filière d'immigration que je conteste et qui était pour moi et pour nous une ligne rouge.
Marine Le Pen elle-même avait dit, je le précise, c'est une petite loi avec des petites mesures, mais qui améliore un tout petit peu la situation.
Je vais vous répondre. Marine Le Pen va déposer ce matin à l'Assemblée nationale, en son nom et en nom de tout notre groupe, une proposition de loi qui va réintégrer, et je n'ai aucun doute sur le fait que l'Assemblée nationale votera et que la majorité sera cohérente, la fin de cette dérogation qui nous empêche aujourd'hui d'expulser, ça correspond au cas que vous avez cité, des gens qui seraient criminels ou délinquants en France et qui seraient arrivés sur le territoire de la République française avant 13 ans. Aujourd'hui, il existe une dérogation dans le droit français absolument hallucinante qui protège ce type de profil.
À laquelle cette loi allait mettre fin ?
Par conséquent, je conteste ce projet de loi pour les raisons que j'ai évoquées. Marine Le Pen déposera ce matin une proposition de loi à l'Assemblée nationale qui permettra précisément de mettre fin à cette dérogation et d'expulser les gens dont a parlé M. Darmanin. Et je pense que ce compromis, il est à mon avis respectable, digne et souhaité par une majorité de Français.
Mais vous n'avez même pas discuté de ce point qui était inscrit dans la loi.
Mais je n'ai pas besoin de... Avec qui il faut discuter ? Avec M. Darmanin. Il y a eu 45 heures de débat en commission, madame. Donc je veux dire, on peut débattre, on peut bavasser pendant des mois. Mais la démocratie, c'est le vote. Or, il y a eu un vote. Et je crois que ce qui s'est exprimé, en tout cas à l'Assemblée nationale aujourd'hui, va dans le sens de la protection des Français.
Il semble. Il y a plusieurs scénarios sur la table, évidemment. Mais il semble qu'au moment où on se parle, le gouvernement souhaite continuer. C'est ce qu'a d'ailleurs affirmé Gérald Darmanin à nouveau ce matin. Il a dit on ne va pas arrêter là, on va continuer. Ça veut dire qu'il y a donc deux options. Soit le texte repart au Sénat, soit il part directement en commission mixte paritaire. Si sortait soit du Sénat, soit de la commission mixte paritaire, le texte de loi, le même qu'aujourd'hui, mais moins le fameux article, l'ancien article 3, désormais 4 bis, dans lequel il y a cette régularisation des travailleurs illégaux dans les métiers en tension. Est-ce que vous le voteriez celui-là ?
Bien sûr. D'accord. Donc il suffirait qu'en fait, le gouvernement là supprime cet article 4 bis et vous votez.
Oui, mais vous voyez là où je conteste les accusations en cynisme du ministre de l'Intérieur, c'est que c'est précisément la position que nous avons adoptée depuis le départ. Moi j'ai dit quoi depuis le départ ? J'ai dit que ce texte était une petite loi dans un contexte extraordinaire qui ne permettrait pas de contrôler la politique d'immigration en France et de mettre fin à 30 ans d'excès en la matière.
Mais qu'il y avait un certain nombre de petites avancées administratives qui permettaient de faciliter des procédures et que par conséquent, si on enlevait cet article 3 devenu 4 bis sur la régularisation des travailleurs sans papier, qui allait pour moi constituer une nouvelle filière d'immigration encore une fois, alors on voterait ce texte. La réalité, madame, c'est qu'une grande partie de la politique d'immigration en France est aux mains de jurisprudence française, européenne et internationale.
Et que le seul moyen de reprendre le contrôle de notre politique d'immigration, de permettre aux Français de reprendre le contrôle, c'est un référendum sur l'immigration, qui permettrait de soumettre aux Français un projet de loi, un bouclier qui est rédigé, qui est disponible sur le site du Rassemblement national, un bouclier juridique, administratif, politique, pour faire en sorte qu'on puisse, un peu à la danoise, mettre en place ce qu'on appelle un opt-out à la française, c'est-à-dire qu'on sacralise la gestion de l'immigration et de la sécurité des Français et on rend les textes qui précisément vont en ce sens absolument intouchables par les jurisprudences françaises, européennes, internationales, qui aujourd'hui nous empêchent d'expulser un certain nombre de produits.
Je vous en prie.
Je pense que cet exemple, il est aujourd'hui. Il y a eu une expulsion depuis le terroriste d'Arras, il y a eu une accélération des expulsions d'étrangers présentant des dangers pour la France. Parmi eux, il y a ce citoyen ouzbék, qui depuis deux ans faisait l'objet d'une OQTF, mais qui n'avait pas été appliquée jusqu'alors. Il a fait un certain nombre de recours. Il a malgré tout été expulsé. Il est aujourd'hui en Ouzbékistan, il est même en prison en Ouzbékistan, tellement il est considéré comme dangereux. La Cour européenne des droits de l'homme a estimé que la France n'avait pas le droit de l'expulser parce que dans son pays, il serait maltraité, malgré le danger qu'il représente ici.
La France est condamnée, au moment où l'on se parle, à aller rechercher celui qu'on a expulsé et même à lui verser 3 000 euros. Vous, là, aujourd'hui au gouvernement, vous feriez quoi ?
Deux choses. Voyez bien, un, que cette loi ne suffirait pas, que la loi dont on parle depuis un quart d'heure ne suffirait pas à régler cette question extrêmement concrète.
Il faut, en fait, avant tout sortir de la CEDH ?
Il faut rendre en matière, sur les questions d'immigration et de sécurité, sur le modèle danois, les règles françaises, les lois françaises, au-dessus de toute autre loi.
En attendant, vous seriez au gouvernement, vous vous retourveriez exactement dans la même situation. Vous seriez obligés d'aller les chercher.
Par conséquent, si nous arrivons à la tête de l'État en 2027, nous engagerons dès les premières semaines et nous en prenons la responsabilité, un référendum sur l'immigration. On soumettra un projet de loi.
Vous feriez dès janvier si vous aviez, vous, la majorité ?
Vous savez que ce référendum, il est à l'initiative du président de la République parce que nous souhaitons utiliser notamment l'article 11 de la Constitution, comme l'avait fait le général de Gaulle lorsqu'il a instauré le référendum, pardonnez-moi, le suffrage universel direct pour l'élection du président de la République. Donc, avec notre référendum, avec le vote de ce projet de loi, avec cette instauration de la supériorité du droit français sur tout autre droit et sur toute autre jurisprudence, la CEDH ne pourrait pas condamner la France et ne pourrait pas imposer à la France sa politique d'immigration. Qui décide aujourd'hui de la politique d'immigration ?
Ce sont les juges et les étrangers eux-mêmes qui, en venant sur le sol français, peuvent bénéficier d'un certain nombre d'avantages et qu'ils répondent ou non aux critères d'un maintien sur le sol français, peuvent dans tous les cas s'y maintenir. Et M. Darmanin, il a, au niveau européen, le record de faiblesse en matière d'exécution d'OQTF. On expulse 5 ou 6% de ceux qui doivent effectivement être expulsés. Je crois que c'est 15 ou 20% en Allemagne. Donc, il faut aujourd'hui reprendre le contrôle de la politique d'immigration au risque de graves basculements dans notre société. Et moi, je souhaite que les Français puissent, au XXIe siècle, rester eux-mêmes.
Et c'est la raison pour laquelle je place la question civilisationnelle et la question migratoire peut-être au-dessus de toute autre question fondamentale.
Jordan Bardella, un mot sur Issou. C'est là, dans un collège, qu'une professeure s'est vue menacée pour avoir présenté un tableau à ses élèves, un tableau du XVIIe siècle, qui est exposé au Louvre, qui représente notamment des femmes dénudées. Certains élèves se sont détournés, ont détourné le regard. Il y a eu des menaces qui ont été proférées. Elle a été considérée comme raciste, ayant fait une forme de provocation. Le ministre de l'Éducation, Gabriel Attal, s'est rendu sur place. Il a estimé qu'il n'en était pas question, que dans l'école de la République en France, on ne détournait pas le regard et qu'on respectait les enseignements. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
Oui, je suis d'accord avec cela. Maintenant, on a beaucoup parlé sur ces questions. Charlie Hebdo, Samuel Paty, Dominique Bernard. La liberté d'expression est aujourd'hui menacée en France par un islam politique conquérant qui impose dans notre société ses lois, ses coutumes, ses modes de vie et ses interdictions. L'islamisme n'est pas arrivé en France par l'opération du Saint-Esprit. Il est le fait d'une politique migratoire complètement folle, complètement dérégulée, qui nous impose aujourd'hui un retour à la raison après des décennies d'excès. Donc, un, il faut contrôler l'immigration. Deuxièmement, il faut défendre la laïcité. Il faut protéger aujourd'hui les enseignants.
Il faut protéger ceux qui sont en première ligne. Protéger, ce sont des mots. Maintenant, il faut des actes. Et je pense qu'il faut éloigner de l'école de la République française tout élément perturbateur, que ce soit pour des faits, de violences ou des contestations de la laïcité. Il faut poser la question au ministre de l'Éducation nationale. Je le ferai, il se ralala. Je vois qu'il monte un peu dans les baromètres. Et je me permets de remarquer qu'à chaque fois que quelqu'un monte dans les baromètres, c'est quand il dit la même chose que nous, en fait. C'est très intéressant, d'ailleurs. Donc, moi, je propose aux Français de choisir l'original.
Jordan Bardella, vous étiez la semaine dernière en Guadeloupe. La présentatrice du journal de la radio privée RCI, qui s'appelle Barbara-Olivier Zandronis, a été mise à l'écart après un entretien avec vous. Est-ce que c'est ça, le RN ?
Je ne suis pas, madame responsable, sauf votre respect des choix éditoriaux d'une radio. C'est un choix dont vous n'avez rien demandé. J'ai eu une interview pour que les gens... Non, absolument pas. Qui a donc lié à l'écart cette journaliste. Absolument pas, pour que les gens qui nous écoutent comprennent. J'étais en Guadeloupe il y a quelques jours. J'ai eu une interview assez... d'une personne que j'ai trouvée assez agressive, inélégante, dans la manière de nous considérer, qui, j'ai rappelé qu'en étant agressive à mon égard, elle était en fait agressive à l'égard des 70% de Français qui avaient voté pour Marine Le Pen en Guadeloupe.
Elle a demandé aujourd'hui qu'elle soit rétablie dans son job.
Je ne demande rien, madame. Je n'ai pas à m'ingérer dans la gestion. Nous sommes un pays de liberté, la presse est libre et je n'ai pas à m'ingérer dans la manière dont les radios gèrent leur journalisme et leurs équipes. Ce que je note, c'est que la direction de la radio a estimé que l'interview n'était pas une interview, mais un débat politique qui a décidé de mettre à l'écart cette journaliste. J'ai rappelé que c'était de la liberté éditoriale de la radio et que je n'avais évidemment aucune responsabilité là-dedans, fort heureusement.
Merci Jean-Anne Bardella d'avoir répondu à mes questions ce matin. Merci à vous. Président du Rassemblement national et donc candidat en quelque sorte au poste de Premier ministre, en tout cas prêt à être Premier ministre de cohabitation, vous appelez à la dissolution. 8h53 sur AMC BFM TV.
Merci beaucoup Apolline. Dans un instant, le live BFM largement consacré évidemment à cette crise politique que nous sommes en train de vivre depuis hier. Gérald Darmanin assure qu'il fera passer les propositions d'ici la fin de l'année. Mais tout cela est-il bien réaliste ? Comment gouverner la France aujourd'hui ? Faut-il un remaniement ? Faut-il une dissolution ? Le RN, vous l'avez entendu, se dit prêt à un gouvernement de cohabitation. Dans un instant, nous serons à l'Elysée, nous serons à l'Assemblée nationale. Toutes les équipes de BFM TV, mobilisées. A tout de suite.
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Jordan Bardella