Accord de paix États-Unis/Iran: "Il y a un grand perdant, c'est Israël", pointe Thierry Breton
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Thierry Breton. Bonjour.
Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes bien sûr ancien commissaire européen, ancien ministre de l'économie et l'arrivée de Donald Trump hier. Donald Trump dont on peut repréciser ici que vous n'êtes toujours pas officiellement autorisé à fouler le sol américain, on en est où ? – À ce stade non mais on va voir, ça peut évoluer. – On va voir, vous voulez dire que peut-être que dans les 24 heures vous obtiendrez votre votre visa, plus sérieusement Thierry Breton, si précisément il vous a été refusé.
C'était le signe déjà sans doute d'une difficulté à trouver la meilleure manière d'être à la fois indépendant, autonome, concurrent même avec les Etats-Unis sans en être les vassaux. Conférence de presse de Donald Trump cet après -midi, grand dîner à Versailles demain soir. On va parler évidemment du G7 mais d'abord cet accord ou ce pré-accord dont on commence à connaître les détails.
Peu de détails, ça devrait tenir sur un bristol quasiment. C'est ce que nous disait François Clemenceau tout à l'heure. Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle cet accord La bonne nouvelle, c'est que cette guerre qui n'avait aucun sens, puisqu'on voit maintenant qu'aucun début de guerre n'a été atteint, touche à sa fin.
En tout cas, il faut vraiment l'espérer. Donc ça, bien Bien sûr, les uns et les autres vont dire, on va y revenir très certainement, finalement c'est pire qu'avant, etc. La bonne nouvelle, c'est qu'on voit enfin le bout du tunnel.
Et pardon de le dire, mais il faut s'en réjouir. D'abord, pour les Iraniens ? Parce que c'est quand même le peuple martyre.
Le peuple martyre à qui on a fait croire qu'on viendrait les libérer, ça a été l'un des éléments de déclencheur de la guerre, on s'en souvient. Je fais allusion évidemment à Donald Trump lorsqu'il a dit après son succès de l l'exfiltration, je mets les guillemets, de monsieur Maduro. Attendez, j'arrive, j'arrive et on a vu ce qui s'est passé, des dizaines de milliers de morts.
On sait que c'était évidemment la première logique, le changement de régime. On a vu ce qu'il en est. Le deuxième objectif, c'était évidemment l'arrêt de la capacité dont l'Iran s'est doté d'être très proche de l'arme nucléaire.
On voit ce qu'il en est. Je dis on voit ce qu'il en est parce que maintenant cette interdiction légitime, encore une fois je le redis, elle est reléguée au calende. Bien sûr on va en discuter, on va se donner 60 jours.
Vous n'avez pas l'air d'y croire beaucoup à ça ? Non parce que derrière il faut évidemment revenir quasiment à ce qui avait été fait avec l'accord du JCPOA, c'est-à-dire la possibilité d'avoir sur le terrain des inspecteurs indépendants et notamment ceux de l'AIEA pour aller contrôler. On ne peut pas prendre pour argent comptant la parole l'iranienne.
Non, bien entendu, on le sait, on les connaît bien. Donc, voilà, on verra et je le souhaite, évidemment. Je souhaite évidemment qu'on puisse y arriver.
Enfin, ça va prendre un temps fou. Et puis surtout, Pauline de Malherbe, surtout, on va et on l espèrent tous arriver à se cesser le feu qui va durer, la fin des hostilités, la réouverture progressive du détroit d'Hormouz. Mais il est inconcevable je pense pour toute personne sensée de penser que les Etats Unis vont redémarrer une guerre donc ce spectre qui avait quand même fait bouger l'Iran il est derrière donc on va rentrer dans une phase de discussion de 60 jours 90 jours que sais -je sans avoir ce spectre donc Donc on espère tous évidemment qu'on va convaincre les Iraniens d'avoir à tout le moins, peut-être à tout le mieux du reste, je dirais un temps pendant lequel on dit 20 ans, on dit 15 ans, et ils vont s'interdire de procéder à la nécessité.
Mais il faudra rester au minimum vigilant, si je le comprends. Plus que vigilant. Avec quand même, pardon, quelques contradictions dans ce que vous venez de dire Thierry Breton.
Parce que vous commencez par dire, il faut malgré tout s'en réjouir, y compris pour le peuple iranien. Est-ce que vraiment on peut se réjouir pour le peuple iranien, que l'Iran sorte. Alors je ne sais pas renforcer mais au minimum pas affaibli.
Vous avez raison de le signaler sans réjouir parce que c'est quand même ils ont été victimes de bombardements. Pardon, excusez du peu, y compris, on s'en souvient des écoles avec des petites filles. Donc ça a été quand même épouvantable.
On sait qu'aujourd'hui il y a 68%, 68 % vous m'entendez, d 'inflation depuis le début de l'année en Iran. Donc on sait qu'aujourd'hui l'Iran et donc le peuple iranien ne peut disposer de l'ensemble des matières premières dont il a besoin, y compris pour se nourrir à cause du blocus dans le blocus. Mais lorsque vous dites vous-même, c'est évidemment, je ne parlais pas des bombardements, mais lorsque vous dites vous-même que dans ce début d'accord, en gros on va donner pendant 60 jours une sorte de coup d'effranche aux Puisqu'ils n'ont plus le pistolet sur la tempe d'une menace de reprise de la guerre, que tout le monde a compris, éloignée désormais.
Est-ce qu'il n'y a pas une forme d'abandon quand même du peuple iranien ? Alors ça c'est le deuxième point évidemment. Le premier C'était quand même pour l'instant.
Bien sûr, sur le fait que les canons se taisent, bien sûr. Les hôpitaux puissent refonctionner, il faut aussi les reconstruire, etc. Mais le deuxième élément, et c'est ce que je disais peut-être au préalable de nos propos, c'est que le changement de régime qui avait été, je dirais, la raison principale, en tout cas vu américain, officiellement disons, il est complètement derrière nous et malheureusement, et vous avez parfaitement raison de le rappeler, et malheureusement on a là un régime qui s'est survécu à lui-même, qui a résisté, qui va du reste revendiquer cette victoire stratégique, clairement, puisqu'il a résisté, c'est comme ça qu'il le vend évidemment, et à sa population mais aussi à l'ensemble des autres pays de la région, y compris plus élargie au sein du BRICS.
Donc voilà donc David qui a résisté contre Goliath. Et donc Ce sera le scénario, ce sera le récit. Ça va être le narratif iranien.
Et donc le peuple iranien, on n'a toujours pas réussi à lui rendre sa liberté. Il va continuer à vivre sous Au-delà des scénarios, du récit que chaque parti va en faire, lorsque l'on regarde les faits, est-ce que vous diriez qu'aujourd'hui Donald Trump est un homme puissant ou un homme faible ? Il va arriver de toute façon en majesté, c'est ce qu'il voulait.
Il va arriver là au G7, il est arrivé hier soir au G7, donc il va se revendiquer de cet accord, encore une fois, de la fin probable des hostilités qu'il avait lui-même déclencher et donc on va avoir un narratif triomphant, on sait qu'il est très fort pour cela, donc on va entendre pendant trois jours le narratif triomphant. L'ensemble des six autres membres, le G7, ils sont sept, donc donc 6 plus 1, donc il y avait peur qu'il ne vienne pas parce que c'est quelque part le temple, le symbole du multilatéralisme. Est-ce que tout le monde vit dans une forme de crainte désormais vis-à-vis de Donald Trump ?
Bien entendu, bien entendu, une sorte de crainte, le mot est peut-être un peu fort, mais en tout cas, tout le monde a compris que nous étions désormais dans une logique de rapport de force, puisque la confiance qui était, je dirais, l'élément qui nous a permis de rebâtir le monde d'après-guerre, a volé en éclats, c'est Donald Trump qui l'a fait voler en éclats, et donc s'est remplacé aujourd'hui par des rapports de force. Les Etats-Unis exercent ces rapports de force, pas toujours du reste avec succès, on le voit aujourd'hui en Iran. On a exercé des rapports de force, et au fond, qu'est-ce qui se passe ?
On rouvre le détroit d'Hormuz, mais on va être obligé de payer. On a quand même aujourd'hui, je dirais, détruit à peu près 0 ,8 à 0 ,9 % de la croissance mondiale, ce qui crée des répercussions dramatiques dans un certain nombre de pays, y compris les pays en voie de développement et en particulier l'Afrique. On a, nous, en Europe, une croissance qui était estimée à 1 ,2 % qui va être au mieux à 0 ,8%.
Donc Donc on paye tout ça. ça, c'est vraiment le coût de ce qu'il s'est joué au niveau – Au niveau européen, au niveau français aussi, puisque notre croissance a été revue à la messe. – Si on est à 0 ,6%, 0 ,7%, ce sera quand même le maximum, le bout du monde, alors qu'on était plutôt à 0 ,9 % voire 1%.
Donc évidemment, et puis tous ceux qui nous écoutent ce matin, l'ont Ils ont payé aussi parce qu'on a vu quand même les conséquences directes à la pompe. Donc voilà, ça va baisser. Ça baissera du reste moins rapidement qu'on ne le souhaiterait.
On va prendre du temps maintenant parce qu'il va falloir libérer le détroit d Dormous, ça va prendre un peu de temps. Les bateaux, ils ne vont pas sortir comme ça du jour au lendemain. Reconstituer les stocks, ça va prendre du temps.
Donc il ne faut pas s'imaginer que dès la semaine prochaine, on va repasser à 1 ,65 le prix du S .P .K.
Vous avez été commissaire européen, vous avez été ministre de l'économie française. Vous l'avez dit, on va payer à Hormuz. C'est en tout cas ce qui est en train de se dessiner dans cet accord.
Alors ça ne s'appellera pas un péage, ça s'appellera un service, mais enfin globalement on a quand même l'impression que là-dessus, au moment où on se parle en tout cas, Donald Trump s'est plutôt couché. La France dit, on n'acceptera pas ça mais qu'est-ce qu'on peut faire concrètement ? Et bien ce qui va se passer vraisemblablement, alors encore une fois on va voir parce que vous l'avez rappelé, ça tient sur une page, on n'a pas encore signé.
On va signer maintenant ensuite vendredi, qu'est-ce qu'on va signer à Pauline de Malherbe ? Ce qu'on appelle en anglais un « memorandum of understanding », c'est-à-dire un accord cadre. Donc ce n'est pas encore un accord, c'est un accord cadre.
C'est et maintenant on va cadrer les discussions, on va dire voilà exactement ce sur quoi il faut s'entendre. Et on n'a pas cette feuille, on n'a pas cet accord cadre encore, c'est-à-dire les éléments de la négociation. Parce qu'évidemment, Donald Trump ne va pas les donner pendant le G7, parce qu'il veut encore une fois garder le flou parce que quand on va rentrer dans le détail évidemment ce sera pas glorieux donc on va garder ce flou on va rentrer évidemment dans ses négociations après le g7 on va voir ce qui se passe vendredi à genève on espère tous évidemment pour l'instant on a la nation iranienne, on n'a pas vraiment la version américaine.
J .T. Vance dit qu'il pourrait éventuellement dans les heures qui viennent commencer à en dévoiler le contenu.
Enfin on sent que c'est encore très flou. Mais bien sûr et pour la raison que je viens d'indiquer. Mais derrière, on voit bien que ce qui va se passer, c'est une recomposition, y compris du Proche-Orient.
Et ça, c'est vraiment en route. Il y a évidemment, je dirais, un grand perdant à l'heure où nous parlons. À l'heure où nous parlons, c'est évidemment Israël.
Israël et on voit du reste comment aujourd'hui Donald Trump traite Benjamin Netanyer, où il emploie des mots très méprisants. Très méprisants et par parenthèse celui qui a ses grâces, c'est le nouvel Ayatollah. Un homme bien, ils sont pragmatiques, intelligents.
Vous voyez, ça bouge, ça évolue. C'est inouï. Je vois dans votre regard que vous êtes j'allais presque dire affligé.
Non, c'est la réalité du monde dans lequel nous sommes. Voilà, il faut le prendre pour ce que c'est. Mais qu'est-ce que ça veut dire derrière, Apolline de Malabre ?
La la géographie, elle reste. Donc on va recomposer évidemment le Proche-Orient. Et ça va être comment ?
Le Proche et Moyen-Orient vont être complètement recomposés. Évidemment Israël sera un acteur majeur, il va rester par définition bien entendu. L'Iran qui renforce l'Iran, l'Iran qui renforcée.
Il va en sortir renforcé, bien sûr ça va prendre du temps parce qu'il y a eu beaucoup de destruction. Ils évaluent ça à 280 milliards de dollars, on verra bien. Et donc oui ils vont essayer de se faire refinancer la reconstruction et puis des nouveaux acteurs, des Les acteurs qui sont là, mais qui vont jouer un rôle important, qui ont déjà joué un rôle important.
On pense évidemment à la Turquie. Vous avez déjà ces trois acteurs qui vont reconfigurer quelque part la région et les rapports de force. Vous avez vu que je n'ai ni cité les Etats-Unis, ni cité l Donc à charge pour nous de revenir très vite.
Et puis vous avez aussi le Pakistan, bien entendu, et derrière, la Chine qui est là et qui a observé de façon clinique ce qui se passait, qui a continué à soutenir l'Iran, notamment dans sa nécessité pour la propulsion de ces missiles balistiques, missiles balistiques dont vous avez constaté comme moi qu'ils sont sortis de l'accord alors que ces missiles peuvent toucher l'Europe donc on est quand même concernés. Donc voilà, ça c'est la recomposition du monde qui est en route aujourd Et une recomposition qui, quand je regarde effectivement le dessin que vous en faites, met l'Europe quand même à la marge. Il faut que nous arrivions à reconquérir.
Est-ce que la symbolique, est-ce que le fait que par exemple demain soir on On garde Donald Trump sur le sol pour un dîner à Versailles. Est-ce que c'est important ? Est-ce que ça peut jouer ?
Ou est-ce qu'on n'est pas en train de se faire avoir par Donald Trump ? J'entends ceux qui raillent et moquent cette soirée de demain. Je ne suis pas de ceux-là.
Je pense que c'est Très important. Personne n'est dupe sur ce qui se passe désormais aux Etats-Unis. Personne n'est dupe sur ces nouveaux rapports de puissance.
Pour autant ? Mais pour autant, il faut évidemment qu'on en tienne compte. Et donc, il faut continuer à Il faut s'adapter évidemment à ces nouveaux interlocuteurs et j'allais dire épouser leur grammaire.
Mais pour autant, il faut qu'on en tire les conclusions. Ça veut dire que pour nous, l'Europe puissance, c'est maintenant une urgence absolue. Non pas encore une fois parce que nous sommes une puissance, ou nous voulons, nous aspirons être une puissance hégémonique, mais pour peser dans ces rapports de force dont je rappelais tout à l'heure qu'ils vont façonner le monde qui vient.
Alors moi je veux bien qu'on essaye de peser dans ces rapports de force, alors moi je veux bien qu'on essaye de peser dans ces rapports de force, mais enfin la réalité des derniers jours avec notamment ce qui s'est passé sur l'intelligence artificielle Donald Trump qui a littéralement coupé l'accès aux plus aboutis des outils de Claude Fable 5 qui est donc l'un des... censé être l'un des meilleurs moteurs d d'intelligence artificielle au monde.
Et vendredi soir, il a décidé pour des raisons de sécurité intérieure de couper cet accès à tout le reste du monde européen compris. Nous sommes dépendants. C'est-à-dire que s'il décide ensuite de couper d'autres choses, s'il décide de couper nos iPhones, nos Outlook, Google, il peut le faire d'un coup.
Vraiment, on a l'impression qu'il a l'interrupteur. Appeler de Malherbe, il peut le faire d'un coup. Appeler de Malherbe, il peut le faire d'un d'un coup, pour peu que ça n'ait pas de répercussions économiques.
Alors aujourd'hui, couper nos iPhones, couper Outlook, etc., ça aurait beaucoup trop d'implications économiques par rapport auxnisseurs. Il a besoin de nous comme client ?
Mais bien entendu, donc il ne le fera jamais. En revanche, vous avez parfaitement raison, ce qui s'est passé sur anthropique est absolument systémique. Mais je voudrais le relier à autre chose.
Pour lui, ce qui a été très important la semaine dernière, c'était deux choses me semble-t-il. La première, c'était d'abord préparer son anniversaire parce que c'était finalement « je réunis le peuple maga autour de moi, je rassemble la famille ». Il l'a fait notamment avec la Maison Blanche, avec la grande soirée de MMA et de motocross.
Et puis le deuxième, c'était de réussir la plus grande mise en bourse jamais réalisée. Celle d'Elon Musk, qui est totalement...
Alors il y a une base de réalité évidemment, mais les analystes, je m'abrite derrière les analystes, sur la valorisation de 1 800 milliards, excusez du peu, c'est-à-dire la moitié du PIB français. Pour une entreprise qui fait 18 milliards de chiffre d'affaires, c'est-à-dire 100 fois une valorisation sur son chiffre d'affaires. C'était du jamais vu.
Il fallait qu'il la réussisse. Il fallait qu'il la réussisse. Les analystes disent que ça valait 700 milliards ou 750 milliards.
Bon, il y a donc 1000 1 milliard uniquement sur la marque Elon Musk, ce qui n'est jamais vu dans l'histoire. J'ai envie de vous dire que c'est la liberté de ceux qui décident d'y aller. Et pourquoi je dis qu'il fallait que ça réussisse ?
Parce que précisément, si jamais ça ratait, alors c'était précisément la bulle intelligence artificielle qui risquait d'exploser et qui aurait eu des répercussions massives sur le cours...
Mais ce que vous êtes en train de nous dire, c'est que c'est une bulle. Mais bien entendu, je vous dis qu'il y a 1000 milliards. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est les analystes.
Donc il y a 1000 milliards de plus qu'on ne sait pas qu'on ne s'est pas expliqué. Il n'en demeure pas moins que lorsqu'on fait une introduction en bourse où le Nasdaq est à moins de 2%, c'était le cas jeudi matin, parce qu'il avait déclaré « Les choses vont vite, Apolline de Malherbe ». Jeudi matin, il relançait la guerre, vous vous en souvenez, en Iran.
Et donc les bourses se plongeaient. Ce que je veux vous dire, c'est que dans le milieu de l'après-midi, on a annoncé qu'enfin, on allait avoir un accord. Les bourses ont remonté.
Ce que je veux dire, c'est que c'était très important. Et pour les États-Unis, et pour lui que précisément dans la recomposition de l'intelligence artificielle. Est-ce que ça veut dire qu'au fond, vous êtes en train de laisser entendre que c'est une forme de super délit d'initié ?
C'est-à-dire que c'est une sorte d'amitié faite, de de tripou...
Je dis que lorsque Donald Trump...
Tripatouillage, c'est le mot que j'ai cherché. Je vais être très précis sur ce point. Lorsque Donald Trump, 39 fois ou 40 fois depuis le début des hostilités avec l'Iran, va dire qu'on y arrive, on n'y est pas arrivé.
On y arrive, on ne veut pas arriver. Il s'adresse aussi au marché. Il ne faut jamais qu'on l'oublie.
Car ses propos pèsent dans un sens. Et on l'a vu sur les marchés. Est-ce que ça veut dire Thierry Breton ?
C'est quand même très important ce que vous êtes en train de dire. Est-ce que ça veut dire, Thierry Breton, que vous considérez qu'au fond, ce qu'on vient de se dire depuis le début de cet entretien, la question d'un accord, le timing choisi, est en réalité avec une arrière-pensée économiques, et en particulier le momentum, le moment de la mise en bourse d'Elon Musk ? Je suis de nouveau très précis.
Cette mise en bourse est un élément absolument majeur dans l'histoire. Il ne fallait pas qu'elle rate. Je vais être très précis dans ce que je vous dis.
Il y évidemment la lecture géopolitique, on vient de le faire au cours de cet entretien. Il y a la lecture économique, mais il y a aussi toujours, pour Donald Trump, la logique marché. Du reste, les premiers propos qu'il va tenir, c'est que les navires recommencent à circuler, que le pétrole recommence à circuler à flot et les marchés repartent en avant.
Donc pour lui, ce que je veux dire, c'est que ses actions, toutes ces actions sont à lire désormais avec avec cette vision multicritère, la dernière d'entre elles, n'est pas la moins importante. C'est tout ce que je dis parce qu'encore une fois, c'est le financement des Etats-Unis et de la tech américaine. Et c'est pour répondre à votre question très légitime sur Anthropique.
Sur l'intelligence artificielle. Sur Anthropique, évidemment, on sait qu'il faut quoi ? On sait qu'il faut des talents.
Désormais, avec Anthropique, on vient de dire, il dit que les talents non-américains n'auront pas accès au développement. À charge pour nous de réinviter ces talents. Il y y a beaucoup d'Européens qui ont des visas H1B qui sont aux Etats-Unis, qui ne peuvent plus donc désormais travailler dans l'intelligence artificielle.
Mais il faut leur proposer évidemment de les atterrir...
Est-ce que vous diriez comme Raphaël Glucksmann qui a dit notre ennemi a un visage, il a un nom, il s'appelle Elon Musk, il s'appelle Sal Altman. Est-ce que vous diriez ces formules ? Ce n'est pas une question d'ennemis, c'est aujourd'hui une question encore une fois, c'est pour ça que je voulais représenter dans cette reconfiguration du monde les éléments qui pèsent, c'est évidemment la la capacité à attirer des financements majeurs du monde entier pour financer l'incertain.
L'IA, c'est du certain, mais aussi de l'incertain. Donc il ne fallait pas rater ça, il ne faut pas rater ça, et on va continuer dans cette politique Vous avez vu que Donald Trump a également annoncé lundi, c'est le New York Post qui l'assure, que les Etats-Unis n'allaient pas avoir d'autre choix que d'imposer des droits de douane de 100 % sur le vin français si Paris ne supprimait pas sa taxe numérique sur les gens Américains de la technologie, ça repart Et pourquoi Paris ? Il y a 8 pays européens aujourd'hui qui ont imposé qui ont mis une taxe imposée parce que c'est légitime encore une fois on offre notre marché intérieur à ceux qui veulent y pénétrer il faut qu'ils suivent qu'ils respectent nos règles par rapport à la première question que vous m'avez posée.
Mais vous y croyez ou est-ce que c'est une menace ? Ça fait partie des menaces, ça fait partie des menaces de déstabilisation. Il y a 8 pays, encore une fois, européens qui ont mis ces taxes.
Donc j'imagine que si jamais il veut qu'elle soit supprimé, je ne sais pas pourquoi du reste parce que encore une fois c'est vraiment l'objet de notre démocratie qui est souveraine d'avoir décidé ceci. Ce n'est pas contre quelqu'un, c'est vraiment uniquement pour pouvoir bénéficier de notre marché intérieur. Il va falloir sans doute le faire aussi à l'Italie, il va falloir le faire au Danemark, il va falloir le faire à l'Autriche, à 8 pays, à l'Espagne.
Mais je rappelle qu'on a accepté 15 % de droits de douane de façon unilatérale pour aller vendre des produits aux Etats-Unis contre zéro désormais pour les produits américains en Europe. La contrepartie, c'était la stabilité. Alors il faut que la Commission européenne fasse respecter la stabilité parce qu'encore une fois, c'est l'engagement qui a été pris.
Merci beaucoup Thierry Breton d'avoir répondu à mes questions. Une dernière, vous êtes à la fois français et sénégalais, je crois que vous avez reçu la nationalité sénégalaise à 21h ce soir. Vous serez partagé devant le match ?
Je ne vais pas regarder. Vous ne regarderez pas du coup. Thierry Breton, ancien commissaire européen et ancien ministre de l'économie, merci d'avoir répondu à mes questions sur AMC BFM Voilà Thierry Breton qui est revenu notamment sur