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AutreFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 15 août 2025 25 minContradictoireMixte

La Ligue 1 reprend et entre dans une "nouvelle ère"

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0:00
Présentateur

C'est au Roison Park que va commencer ce soir la saison 2025-2026. De Ligue 1 de football, Rennes reçoit Marseille à 20h45 une nouvelle saison avec un PSG champion d'Europe. Une première pour un club français depuis l'OM en 1993, il faut toujours le rappeler. Avec une nouvelle chaîne de diffusion créée de toutes pièces après le fiasco des droits télé ces dernières années de Mediapro à Dazon. Et puis avec sur le terrain des anciennes gloires de retour et de jeunes pépites à suivre. Il y a beaucoup de choses à dire sur le championnat de France de foot. Alors pour en parler ce matin, trois invités. Nathalie Yannetta, bonjour. Bonjour Kévin. Vous êtes la directrice des sports de Radio France.

Bonjour Grégory Schneider. Bonjour. Journaliste foot à Libération. Et en ligne avec nous, Pierre Rondeau, bonjour.

0:43
Locuteur

Bonjour.

0:43
Présentateur

Vous êtes économiste du sport. J'attends vos questions, amis auditeurs, vos réactions pour participer à la conversation avec nous au 01 45 24 7000. Ou par écrit, application Radio France, rubrique Réagir. Merci à tous les trois d'être là ce matin. Première question, réponse courte. Chacun votre tour, s'il vous plaît. Après presque dix ans de turbulences diverses et variées, est-ce que la Ligue 1 entre aujourd'hui dans une nouvelle ère à votre avis ? Pierre Rondeau peut-être d'abord.

1:12
Invité

Oui, alors très rapidement, oui, c'est une nouvelle ère. Puisque pour la première fois, on va avoir un championnat qui est directement producteur de son contenu. Donc oui, c'est une nouvelle ère.

1:19
Présentateur

On va en parler bien sûr. Nathalie Yannetta.

1:21
Invité

Oui, c'est une nouvelle ère et c'est surtout peut-être la dernière ère. C'est-à-dire que c'est un rendez-vous crucial pour le football français. Soit ça passe, soit ça casse et pour longtemps. Grégory Schneider. Oui, c'est une nouvelle ère puisqu'ils ont budgété zéro euro de droits télé pour la saison. Plus d'un temps, c'était à peu près 40% de leurs revenus. Donc pour eux, c'est phénoménal.

1:42
Présentateur

Eh bien justement, on va en parler évidemment. C'est le sujet, les droits télé, le lancement de cette chaîne Ligue 1+. Ça a été un feuilleton, je le rappelais, les droits télé de la Ligue 1 ces dernières années. Médiapro et le milliard d'euros promis au club, milliard d'euros par an, qui n'est jamais arrivé. Le divorce avec Canal+, diffuseur historique. Puis l'instabilité Amazon, Dazone, qui ne restent pas plus de quelques saisons, des ruptures de contrats. Là, c'est la ligue de foot professionnelle. Pierre Rondeau, vous le disiez, qui a créé sa chaîne, qui s'appelle donc Ligue 1+. C'est quoi le modèle ? Parce que c'est du jamais vu en Europe, ça.

2:18
Invité

Alors c'est du jamais vu dans les championnats du Big Five, dans les cinq grands championnats européens, Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie et donc France. Ça a déjà été observé par le passé, notamment aux Pays-Bas, qui avaient tenté l'aventure de l'autoproduction. Donc là, pour bien comprendre le mécanisme, ce sont directement les clubs et la ligue qui vont produire, qui va produire les rencontres et donc la chaîne, la plateforme Ligue 1+.

Jusqu'ici, les clubs cédaient les droits de diffusion à des diffuseurs, donc vous l'avez rappelé, Canal+, Beansport, Amazon, Dazone, et n'étaient pas partie prenante, n'étaient pas directement proactifs, ils n'étaient pas directement participatifs pour le développement de la chaîne. Ils touchaient l'argent et ils laissaient faire le diffuseur pour la production et la diffusion. Dorénavant, c'est pour ça que c'est tout nouveau et c'est une nouvelle ère, dorénavant, ils sont directement partie prenante, directement proactifs, ils vont produire et ils vont toucher de l'argent si et seulement si ils ont des abonnés. C'est toute la problématique aujourd'hui. On parlait de zéro euro de Droits TV.

Effectivement, dans leur budget prévisionnel, il y a zéro euro de Droits TV. En tout cas, il y a au moins 100 millions avec le contrat Beansport qui a un match sur neuf. Mais pour le reste, c'est zéro euro et tout dépend du nombre d'abonnés.

3:26
Présentateur

Donc il faut que cette chaîne marche, Grégory Schneider, vous l'évoquiez tout de suite. Zéro euro dans le budget prévisionnel, l'enjeu est colossal pour les clubs cette saison.

3:35
Invité

Oui, mais alors ils l'ont vu venir puisque ça a été quand même une lente agonie. J'ai vu le président d'Ausserre la semaine dernière. Il avait 14 millions d'euros de Droits TV il y a deux ans. Il est passé à 3,5. Donc bon, 3,5, vous imaginez un petit peu ce que ça veut dire. Divisé par 4. Si vous refaites la sono du stade, c'est 500 000 euros. Pour vous donner un petit ordre. Si vous refaites un terrain, c'est 750 000 euros. Donc ces 3,5, il faut réfléchir différemment. Les clubs doivent réfléchir différemment. Il a 4,4 millions de recettes guichées. Et donc sur l'expérience spectateur, sur les gens qui viennent au stade.

Donc il est tenté d'améliorer l'expérience spectateur puisque c'est un de ses postes. Il a 19,7 millions de sponsoring. Donc ça le force à travailler la marque. C'est-à-dire le récit que vous racontez autour de votre club. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut penser à faire de l'argent autrement. Il faut essayer de regarder les autres postes de recettes et travailler ces postes-là. Puisqu'ils ont quand même fini d'attendre la Vierge et l'argent de canal.

4:30
Présentateur

Nathalie, ça veut dire arrêter de dépendre trop des droités.

4:34
Invité

Oui, mais ça fait dix ans qu'ils savent qu'il faut développer le produit. Le problème du championnat de France et de la Ligue de foot, c'est que c'est eux qui ont fixé le prix de leur produit. Or, ça n'existe pas. C'est le marché qui fixe le prix de ton produit. Quand ils décrètent que ça vaut un milliard, mais au titre de quoi ? Il faut travailler pour atteindre ce milliard. Ce qu'ont fait les autres championnats.

Ce n'est pas parce que la Première Ligue, qu'on va mettre à part, mais admettons la Bundesliga, qui est l'un des championnats qui génère le plus de revenus télé après la Première Ligue, ils ont travaillé, les clubs, pour fournir un produit suffisamment attractif, à la fois dans les stades, mais aussi pour les diffuseurs, ce qui a mécaniquement entraîné une augmentation des droits télé. Le problème des clubs de Ligue 1, c'est qu'ils ont tout pris à l'envers.

Ils se sont dit, on va dire que ça vaut un milliard, vous nous donnez le milliard, et ils l'ont dépensé ailleurs que, dans ce que rappelait le président d'Auxerre à Grégory Schneider cette semaine, dans les infrastructures fondamentales pour faire une entreprise saine, rentable, et qui puisse évidemment avancer et ne pas dépendre de ses droits télé. Grégory, vous voulez arranger ? Non, il faut voir effectivement, quelque part, il peut y avoir, derrière ce que dit Nathalie, il peut y avoir un côté, entre guillemets, vertueux. Parce que tu te reposes la question de qu'est-ce que je vends ? Pourquoi je le vends ? Comment je le vends ? Qu'est-ce que je raconte à un sponsor ? Et à qui ?

Et à qui je le vends ? Qu'est-ce que je raconte à une collectivité ? Tu le vends à des supporters, tu ne dois pas le vendre à des diffuseurs. Et c'est cette confusion-là qui a mis le football français dans la situation...

6:06
Présentateur

Voilà, tu dois le vendre à un public.

6:08
Invité

Exactement.

6:09
Présentateur

Et pour l'instant, concernant les tarifs, Pierre Rondeau, 10 euros par mois pour le premier trimestre si on s'abonne avant la fin du mois à Ligue 1+. 8 matchs sur 9 en direct, le 9e en différé, parce que vous l'avez dit, celui du samedi 17h, c'est toujours dans l'escarcelle de Bein Sport. La Ligue, Nicolas de Taverneau, ancien patron d'M6, qui s'occupe de ce projet à la tête de l'FP Média, divisé 1 million d'abonnés dès le début de saison. Pierre Rondeau, est-ce que ça vous semble crédible ?

6:38
Invité

Alors, vu les tarifs annoncés, effectivement, vous l'avez rappelé, pour le premier trimestre à moins de 10 euros. Après, ce sera 15 euros par mois. Exactement, 14,99 euros. Mais effectivement, on peut s'imaginer que ça puisse être un succès, en tout cas un meilleur succès d'audience. Et je précise bien d'audience que ce qu'ont été DAZone, voire par le passé Amazon. Amazon, par exemple, n'avait jamais dépassé le 1,8 million abonnés à un tarif à 12,99 euros. Avec, au sein du PSG, on avait les stars qui étaient Messi, Neymar et Bappé. Et on n'a jamais dépassé le 1,8 million.

Donc, on peut ici espérer, en tout cas, j'emploie le mot à dessin, espérer, c'est ce que veulent les clubs, atteindre le million, le 1,5 million et dépasser ce qu'ont été par le passé DAZone et Amazon. Ça serait un succès d'audience, c'est une évidence. En tout cas, on l'espère. Mais succès économique, on en est très loin. Parce que le paradoxe, c'est de vouloir attirer du monde des tarifs préférentiels. Mais si vous proposez ces tarifs préférentiels, ces tarifs attractifs et abordables, de fait, vous empochez moins d'argent.

Et quand, par le passé, les clubs construisaient des budgets prévisionnels avec 400, 500, 600, 700, 1 milliard d'euros de Droits TV et s'imaginer pouvoir dépenser en salaire, en émolument, en transfert sur cette base de Droits TV, aujourd'hui, à 9 euros, 10 euros par mois, ils ne pourront jamais dépasser les 250 millions d'euros. Donc, c'est tout le paradoxe. C'est devoir construire un budget, construire un club, développer le sportif du club sans, un, savoir ce que vous aurez. Et deux, quand bien même vous avez 1,5 million, voire 2 millions d'abonnés, ce qui est assez optimiste, vous ne pourrez jamais avoir plus de 200, 300 millions d'euros de Droits TV.

8:14
Présentateur

Il y a aussi la question du fait que Ligue 1+, va être une chaîne 100% Ligue 1. Aujourd'hui, si je suis abonné à Canal ou à Being Sport, j'ai d'autres championnats, j'ai d'autres sports même que je peux voir pour, alors certes, un peu plus cher par mois, mais je vois plus de choses. Est-ce que 15 euros, Nathalie, que pour la Ligue 1, ça vous semble être de nature à attirer les supporters, sans doute ?

8:36
Invité

En tout cas, c'est plus que les 40 euros de l'année dernière annoncés par Dazot, c'est incontestable. Moi, je crois que le million, il est atteignable et c'est peut-être l'étiage, d'ailleurs, de ceux qui aiment la Ligue 1. Parce qu'à l'époque de Canal, il y avait 4 millions, 5 millions d'abonnés à Canal. La vérité, c'est qu'ils ne l'étaient pas que pour la Ligue 1. Est-ce qu'il y avait d'abord d'autres sports ? Et puis, au-delà des fans de sport, il y avait évidemment les séries, le cinéma, etc. Donc, est-ce qu'il y a plus d'un million de personnes qui est prête à payer pour regarder la Ligue 1 ? Ce n'est pas certain. Mais un million, normalement, ils devraient les atteindre, je pense.

Il y a quelque chose qui s'est passé d'historique l'année dernière, c'est que l'argent que versaient les télévisions pour les compétitions européennes, l'argent de Canal pour la Ligue des champions, en gros, a dépassé les droits domestiques. Oui, mais pas pour tout le monde. Du coup, ça ne concerne que trois équipes. Du coup, ça concernait, mais le chiffre symbolique est terrible, en fait. Puisque tu fais une bascule qui, en fait, laisse derrière le foot français comme il est, en fait.

9:36
Présentateur

Est-ce que ça crée, selon vous, un électrochoc dans les clubs, et même y compris chez les joueurs ? On entendait dans le journal de 7h tout à l'heure, Adrien Thomasson au RC Lens, qui disait qu'il avait obligé ses collègues à s'abonner à Ligue 1+. Est-ce que ça oblige tout le monde à tirer dans le même sens ? Vous souriez.

9:56
Invité

Oui, il y a Adrien Thomasson et un garçon, comment dire, intéressant, qui a beaucoup d'idées, mais je ne pense pas qu'il soit tout à fait représentatif. Vous savez, le joueur, son horizon, c'est son contrat, c'est sa carrière, c'est un milieu profondément individuel. Déjà, si vous lui demandez de penser équipe, c'est compliqué, mais alors lui demander de penser économie globale du foot français, ça devient un peu fantasmagorique.

10:15
Présentateur

Oui, mais vous parliez tous les deux du produit Ligue 1 tout à l'heure. Tout le monde fait partie du produit Ligue 1.

10:19
Invité

Oui, c'est bien que les joueurs prennent conscience qu'ils sont les acteurs principaux de ce feuilleton télé, et que oui, alors il a raison, moi je trouve, d'inciter ses collègues à s'abonner. Et oui, là aujourd'hui, il va se jouer aussi un attachement au championnat de France, d'une certaine manière. Ceux qui s'abonnent, ceux que j'ai entendu s'abonner depuis l'ouverture de la campagne d'abonnement lundi, il y a un petit côté, allez, pour 10 balles, on va aider la Ligue 1, on va aider le football français. C'est sur cette petite corde un peu sensible, peut-être, que la bascule peut se faire. Après, le vrai rendez-vous, c'est la qualité du produit.

On va le voir dès ce week-end, on va leur laisser aussi un peu le temps de l'améliorer, parce qu'on sait tous, quand on a fait ce métier, qu'il faut se roder un peu. Mais si la qualité, elle est au rendez-vous, honnêtement, il n'y a pas de raison. Mais pour autant, il n'y aura pas un milliard de droits télé, comme disait Pierre Rondeau, à terme, dans les escarcelles du football français.

11:14
Présentateur

Grégory Schneider, en un mois, avant d'aller au standard.

11:15
Invité

C'est-à-dire que dans les clubs où je suis passé, il y a un espèce de retour au terroir, en fait. Dit comme ça, ça paraît un peu, mais c'est-à-dire à qui je parle, qui sont mes supporters, qui sont ceux qui viennent, en fait. Qui sont ceux qui sont là physiquement, qu'est-ce qu'ils sont prêts à acheter, qu'est-ce qu'ils sont prêts à consommer, qu'est-ce qu'ils sont prêts à... C'est-à-dire que ça, fatalement, c'est relativement, d'une certaine manière, c'est quand même relativement vertueux de s'intéresser à ceux qui sont quand même le socle de ta fanbase, comme ils disent aux Etats-Unis. Bonjour Patrick !

11:44
Présentateur

Bonjour, bonjour à vous. Vous nous appelez de Toulouse, justement. Est-ce que vous avez un attachement au championnat de France, toujours ?

11:52
Invité

Écoutez, j'ai un attachement au championnat de France qui est historique, donc depuis des années. J'ai pu, et j'écoute avec beaucoup d'attention ce que disent vos intervenants, et j'ai pu, comme tous ceux qui s'intéressent depuis longtemps, voir l'évolution du football. Évidemment, il y a eu une très forte, on va dire, montée, après le titre mondial des années 98. Et là, on a commencé à échafauder des choses pour le football absolument fantastiques, et des plans, on a tiré des plans sur la comète qui étaient peut-être un peu lunaires, sans jeu de mots, et les joueurs aussi y ont participé.

J'écoutais ce que disaient vos intervenants, les joueurs de football doivent prendre conscience du malaise, parce que pour moi, et c'est ma question pour faire court, je pense qu'il y a un problème de désaffection du football en France, au détriment peut-être d'autres sports. Je suis dans une région, évidemment, très marquée par le rugby, vous le savez, mais malgré tout, quand même, on a entre 30 et 35 000 personnes quand le TFC joue, alors que le TFC, vous regardez l'effectif, je l'ai encore regardé hier puisque c'était publié dans l'équipe, la totalité d'effectifs, il n'y a pas un seul joueur connu, il n'y a pas un seul joueur connu du tout.

C'est vraiment des joueurs qui viennent un peu partout d'une galaxie football planétaire. Bon, et il y a une désaffection quand même pour le public, et je finis là-dessus, c'est un peu mon sentiment, et c'est peut-être aussi ça qui fait le problème des droits télé, parce que finalement, la désaffection, c'est la consommation. Ça ne m'intéresse pas, je préfère mettre mon argent mensuellement ailleurs. Et donc, les droits télé sont directement liés à cette désaffection. Je termine là-dessus en disant ce que disait Nathalie tout à l'heure, c'est qu'en clair, il y a effectivement un problème de chiffres.

On n'a pas, pour moi, on n'a pas tout à fait un million de suiveurs du championnat de France, potentiellement en France. Et donc, ça pose un problème sur l'établissement des budgets des droits télé. Il faut qu'on soit conscient de ça. Les dirigeants, évidemment, la Ligue, les dirigeants également dans les clubs qui doivent constituer les plateaux, l'offre du produit, parce que c'est très important de dire que les dirigeants doivent participer. Ils sont un peu à l'écart, d'ailleurs, de ces critiques. Ils se mettent volontairement à l'écart, mais ils sont eux-mêmes responsables de leurs produits.

13:54
Présentateur

Merci, Patrick, pour votre réflexion que je partage à Pierre Rondeau sur la première partie de réflexion des affections. Ça, on l'a bien vu, puisque les échecs commerciaux des chaînes sont aussi liés à la désaffection. C'est juste, les stades n'ont jamais été aussi remplis. Les stades de Ligue 1 n'ont jamais été aussi remplis. Ça marche. C'est pas rien, quand même. Désaffection au niveau, en tout cas, des retransmissions télé, Pierre Rondeau ?

14:18
Invité

Désaffection, oui et non. J'irais une désaffection pécuniaire, économique. Je rappelle que l'année dernière, la saison dernière, Dazon, qui était inconnue au bataillon, est arrivée sur le marché pour 40 euros par mois. Donc, de fait, les gens n'ont pas voulu payer autant pour la Ligue 1 française. Mais en même temps, vous avez, un, les stades qui n'ont jamais été autant remplis.

14:37
Présentateur

Et deux, l'immense succès... 28 000 spectateurs par match en moyenne dans les stades l'an dernier, c'est du jamais vu.

14:41
Invité

Oui, c'est terrible. Voilà. Et d'un autre côté, l'immense succès du piratage, du streaming et de l'IPTV. Le football français intéresse. D'ailleurs, la première radio de France, France Inter, consacre une émission entière aux championnats de France. Donc, c'est la preuve que le foot français intéresse. Il y a un sondage qui est sorti l'année dernière. Alors, vous me direz qu'il est peut-être biaisé parce qu'il a été commandé par la LFP. Mais la LFP avait montré que... La Ligue de foot. Voilà. Estimé que 22 millions de personnes en France s'intéressaient au football français. Alors, je ne dis pas payer un abonnement et regarder les rencontres.

Mais en tout cas, 22 millions de personnes s'intéressaient au foot français, à ses résultats, aux matchs, aux rencontres, etc. Donc, oui, ça intéresse. Mais le problème, c'est que c'est la question du prix. À combien ça intéresse ? À 40 euros, non. Ça ne s'intéressera pas et personne ne sera prêt à s'abonner. À 15, on verra. Nathalie Gianetta. À 15, on verra, exactement. 22 millions, c'est le score d'une finale de Coupe du Monde avec l'équipe de France. Donc, il y a 22 millions de gens qui aiment regarder du football. Est-ce qu'ils aiment regarder la Ligue 1 ? C'est très différent. Et surtout, Grégory avait raison quand il parlait d'esprit de terroir et de clocher.

Il y a d'abord une culture club qu'il faut réellement travailler. Et il y a des clubs qui y arrivent. Franchement, le Racing Club de Strasbourg, par exemple, le Racing Club de Lens, évidemment l'OM. Si vous voulez aller acheter une place au Vélodrome ou pire, vous abonner pour une saison, bon courage parce que c'est complet tout le temps. Donc, il faut se fixer comme objectif de reconquérir sa base de fans, de supporters. Et puis ensuite, l'enjeu, c'est le grand public et le grand public, ça prend énormément de temps. Grégory Schneider. Une des clés, c'est quelque chose qu'ont magnifiquement réussi les Anglais, c'est de développer la puissance communautaire, le sentiment d'appartenance.

Là-bas, ils vous remplissent des stades en D4. Ils sont capables de ça parce que tu grandis dans cette espèce de culte, tu te sens protégé, et un club, aujourd'hui, doit tendre vers ça. C'est un truc que les Anglais ont maîtrisé depuis le premier matin.

16:41
Présentateur

Un dernier mot, peut-être, sur l'aspect économique et sur les droits. Il y a un certain nombre de clubs professionnels en France qui sont en difficulté. On l'a vu avec Lyon qui l'a échappé belle d'être rétrogradé en Ligue 2. Pour eux, principalement, il faut que ça fonctionne aussi, cette chaîne. Ou ça n'a rien à voir,

17:00
Invité

Grégory Schneider ? Si, mais vous savez, vous avez Angers-Le Havre qui bricole avec 25 millions d'euros de budget, vous avez le PSG qui pointe à 950. C'est un monde de misère. C'est difficile de dire, les clubs français, c'est ça, vous avez grosso modo quatre étages et on peut quand même se poser la question de mettre sur le même terrain une équipe comme Monaco qui a 250 millions d'euros de budget et une équipe comme Angers qui a 9 millions d'euros de masse salariale. C'est le salaire d'un joueur du PSG. C'est à un moment donné, vous savez, c'est une réalité qui est vraiment... Je comprends, mais à échelle...

Parce qu'en fait, les concurrents du PSG, ils ne sont pas dans le championnat de France, ils sont en Europe. Donc voilà, tout le monde l'a compris. Ils ont un budget qui est équivalent au Big Five. C'est-à-dire que le Real Madrid a un budget supérieur au PSG. Ils n'ont pas gagné la Ligue des Champions pour autant cette année. Donc eux, ils sont dans une autre dimension. Aujourd'hui, c'est la course à l'Europe qui fait que tu vas gagner de l'argent. Ils ont tous compris ça, les clubs français. Ils savent qu'il faut qu'ils finissent dans les cinq premiers parce que là, d'un seul coup, va t'arriver la manne de l'UEFA en tant que participant à une compétition européenne.

Pour le reste, maintenant, il va falloir travailler le contenu et ça prendra du temps.

18:09
Présentateur

Le PSG a fait deux transferts pour l'instant. 100 millions d'euros. Pour vous donner une idée, le budget de Metz, c'est 15 millions d'euros. Un peu plus. Un peu plus, mais c'est autour de 20, 25. Justement, le souci pour l'intérêt du championnat de France, Nathalie, est-ce que ce n'est pas ce que vous venez d'évoquer, à savoir le manque de suspense ? Tout le monde le sait, sur les 13 dernières saisons, le PSG a été champion 11 fois, ça fait 4 fois d'affilée. Les Parisiens sont champions d'Europe maintenant et la Ligue des Champions a changé dans sa formule. C'est un véritable championnat aussi. Pierre Rondeau, ça aussi, ça compte.

La Ligue des Champions est devenue peut-être un championnat, j'allais dire, comme les autres et donc ça peut porter préjudice à la Ligue 1 ?

18:51
Invité

Alors, il y a deux questions ici qui se posent. C'est un, est-ce que l'intensité compétitive et le suspense sont des facteurs déterminants à l'attractivité du championnat de France ? Alors oui, on peut se poser la question et beaucoup, j'imagine, de supporters lyonnais ou marseillais diraient qu'ils ne s'intéresseraient pas au championnat de France avec la présence du PSG, quasiment certains des champions tous les ans.

Oui, en même temps, on va aussi supposer, considérer, ça a été dit, ça a été rappelé, qu'il y a un esprit fan qui se maintient en Ligue 1 et qui, malgré tout, va toujours attirer des supporters de Metz, d'Angers ou d'autres clubs parce qu'il y a aussi le côté supporter et l'attractivité pour le club local. Ensuite, la question de la Ligue des Champions, elle est intéressante. C'est vrai que le PSG, quand on compare ses émoluments, ses gains entre championnat de France et Ligue des Champions, c'est le jour et la nuit en Ligue des Champions.

Et si, en plus, vous rajoutez les gains générés pour la Coupe du Monde des clubs auxquelles il a participé cette année, le PSG, la Ligue 1, c'est, on va dire, sa préparation du week-end pour les matchs de Ligue des Champions. Son intérêt premier et c'est la Ligue des Champions. La Ligue 1, c'est vraiment ses matchs d'échauffement, ses matchs d'entraînement. En Ligue 1, il va pouvoir espérer toucher, aller entre 20 et 25 millions d'euros, voire moins selon le succès de la chaîne de Droits TV, alors qu'en Ligue des Champions, il va être à plus de 100 millions d'euros. Donc, effectivement, c'est le jour et la nuit et le PSG, c'est aujourd'hui un club européen qui a intérêt à briller en Europe.

La Ligue 1, on va dire, c'est secondaire. D'où, derrière, pourra se poser la question, mais j'imagine qu'on n'aura pas le temps et c'est ni le lieu ni le sujet, mais on pourra aussi poser la question dans le futur du football de cette fameuse Super Ligue européenne qui amène à ce que tous les grands clubs européens se désintéressent de leur championnat local, national, pour aller constituer une ligue privée autonome continentale qui pourrait être mondialisée et pouvoir générer des centaines de millions d'euros.

20:39
Présentateur

Ça mériterait effectivement

20:40
Invité

une émission entière. C'est quelque chose qu'on entend dans les clubs, ça. C'est-à-dire que vous prenez les sept plus gros clubs français jusqu'à Rennes, puisqu'il y a la famille Pinault derrière et vous les exfiltrez et quelque part, la déshérence au niveau des droits télédomestiques dit un peu ça. J'ai entendu l'entraîneur d'Ausser me l'a raconté. C'est des choses qui... C'est des... Comment dire ? Des fantasmes ou des fantômes qui sont un petit peu dans leur tête. C'est-à-dire, vous larguez les douze derniers wagons, vous gardez les cinq premiers, vous les envoyez contre les Allemands. On n'en est pas encore là

21:10
Présentateur

quand même. Il nous reste très peu de temps. J'aimerais qu'on parle quand même un petit peu de sport les uns les autres. Vous avez hâte de voir quoi ou qui en Ligue 1 cette saison ? Nathalie, d'abord.

21:19
Invité

Ah, il faut mettre un petit billet sur une équipe parce que je pense

21:22
Présentateur

que le PSG... Qu'est-ce que vous avez envie de voir ?

21:24
Invité

On a envie de voir l'OM quand même parce que justement dans cette espèce de rivalité, c'est quand même toujours très important dès que le PSG écrase le championnat de France mais bon, le Bayern écrase aussi le championnat allemand et pour autant, il y a des rivalités à l'intérieur qui font que ce championnat est hyper attractif. Donc moi, j'ai envie de voir l'OM de la chasse au PSG en Ligue des champions mais évidemment en championnat. J'ai envie de voir ce nouvel OL avec pour la première fois une présidente à sa tête et qui a donc tout nettoyé. Donc on va voir ce que ça va donner.

Et puis après, à titre personnel, je mettrai un petit billet sur le Racing Club de Strasbourg qui est un petit poussé qui est en train de terminer la construction de son stade de la Méno et son agrandissement qui a un nouveau modèle économique assez particulier et qui fait un drôle de mercato très intéressant je trouve cet été.

22:16
Présentateur

Un petit poussé qui s'est bien installé en Ligue 1 tout de même.

22:19
Invité

Un gros poussé quand même. Oui, un gros poussé. Qu'est-ce que vous avez hâte de voir Grégory ? Des histoires en fait. Des histoires racontées par les joueurs, par les équipes, des trajectoires, l'essence même du sport et ça vous pouvez la raconter à Angers comme vous la pouvez la raconter à Paris ou c'est-à-dire que c'est quand même un réservoir de... On a envie de revoir Paul Pogba notamment. Voilà, c'est juste ce que je voulais dire. Moi j'ai envie de voir Paul Pogba parce que c'est l'un des plus grands joueurs de l'histoire du football français vraiment et le voir revenir après tout ce qu'il a vécu.

22:48
Présentateur

champion du monde en 2018-2018 suspendu pour deux pages et là il vient de signer

22:52
Invité

à Monaco. Après tout ce qu'il a vécu il revient à Monaco et moi j'ai hâte qu'il reprenne vraiment du service. On a hâte mais il n'est pas attendu avant fin octobre début novembre. Il n'est pas encore prêt.

23:01
Présentateur

Pierre Rondeau en tant que suiveur du foot cette fois qu'est-ce que vous avez envie de voir ou qui vous avez envie de voir ?

23:07
Invité

Moi je vais vous dire en tant que parisien je suis très content de pouvoir voir cette saison le derby parisien entre le Paris Saint-Germain et le Paris FC.

23:14
Présentateur

Et oui puisqu'il faut rappeler ça fait 35 ans qu'il n'y a pas eu deux clubs parisiens en ligue 1 en même temps et là ils vont même jouer l'un à côté de l'autre. 16 mètres ou 13 mètres.

23:25
Invité

On va les compter.

23:27
Présentateur

On va les compter. Est-ce que ça peut pas être on parlait d'intérêt du championnat est-ce que si jamais le Paris FC ça fonctionne évidemment est-ce que ça va pas aussi redonner peut-être un intérêt ? La France est le seul championnat où il n'y a pas deux clubs rivaux dans une même vie.

23:42
Invité

Ça va prendre beaucoup de temps déjà il faut qu'ils se maintiennent c'est dur la marche entre la Ligue 2 et la Ligue 1 elle est très très haute ils le savent Pierre Ferraci qui est le président du Paris FC a conscience que ça va prendre du temps donc déjà qu'ils se maintiennent et qu'ils s'installent durablement dans l'élite pour qu'on ait enfin ces deux clubs pendant un peu plus qu'une saison côte à côte si ce n'est face à face. Challenger un club état soutenu par le Qatar c'est compliqué. Il y a 5 ou 6 étages à monter. Même quand c'est la famille qui est derrière.

24:13
Présentateur

encore un petit peu de travail et puis il y a d'autres histoires on a parlé de Paul Pogba il y a aussi Olivier Giraud qui a marqué un très beau but en préparation alors qu'il a 38 ans

24:21
Invité

Olivier Giraud 39 et puis Florian Thauvin aussi qui est de retour à Lens il y a des belles histoires et puis moi j'ai surtout envie de voir si les présidents de club enfin ont pris conscience de la catastrophe dans laquelle ils se sont eux-mêmes précipités pour pouvoir en sortir parce que le foot français il vaut un tout petit peu mieux que ça.

24:39
Présentateur

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une excellente saison à tous les trois merci Grégory Schneider Nathalie Yaneta Pierre Rondeau d'avoir été avec nous ce matin Rennes-Marseille c'est le premier match c'est ce soir quelle heure Nathalie ?

24:51
Invité

20h45

24:51
Présentateur

Exactement Je ne peux pas vous piéger On en parlera évidemment demain matin dans le 6-9 sur France Inter Merci Merci