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interviewLe Monde (sur YouTube)· 26 juin 2026 6 min

Pourquoi Israël ne veut pas de l’accord Etats-Unis-Iran

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pourquoi Benjamin Netanyahu semble aujourd'hui aller à l'encontre de Donald Trump ? Alors que les États-Unis négocient un accord avec l'Iran incluant un cesser le feu entre Israël et le Liban, Benjamin Netaniaou continue de bombarder le pays. Et ces derniers jours, le premier ministre israélien le Martel Michel.

Aujourd'hui, Netaniaou considère que cet accord est une défaite stratégique pour pour Israël et ce risque existe que Netaniau se saisisse du moindre incident, du moindre problème pour essayer de faire tomber un accord. Mais pourquoi ? D'abord, les États-Unis et Israël n'ont désormais plus les mêmes objectifs de guerre.

Pour Israël, ce n'est pas terminé. Ça, c'est un point important. a promis à plusieurs reprises la victoire totale, je le cite, c'est-à-dire l'idée que en menant toutes ces guerres, Israël réussirait à éliminer tous ses adversaires.

La situation après plus de 2 ans et demi, elle est évidemment pas celle-là. Et si le Esbola comme le Hamas, comme l'Iran ont vu leur potentiel militaire être fortement réduit, ces organisations demeurent assez puissantes. En revanche, côté américain, cette guerre pèse fortement sur l'inflation et sur l'opinion publique américaine.

Trump veut donc l'arrêter coûte que coûte, quitte à aller [musique] contre les intérêts de son allié. Donald Trump lorsqu'il négocie avec l'Iran n'associe pas du tout Israël. Toutes les négociations sur le protocole d'accord se font sans la moindre intervention israélienne.

Très clairement aujourd'hui Trump euh a pris la main et impose sa volonté à Netaniaou et au-delà de Netaniaou à l'ensemble du gouvernement et et de l'État d'Israël. Ce qui veut dire que du point de vue israélien, il y a le sentiment que on est dans une situation qui est qui est d'un point de vue stratégique devenue très délicate, très négative. Mais Israël n'a pas les moyens d'imposer sa vision aux États-Unis. car il en est dépendant et qu'il est isolé diplomatiquement depuis la guerre à Gaza.

S'il reste un allié à Israël aujourd'hui, c'est ce sont d'abord les États-Unis. Sans les ressources militaires américaines, ne serait-ce qu'en terme de munition, par exemple, l'État d'Israël n'a pas les mêmes capacités pour faire face aux menaces de ces États ou de ses voisins qui sont des des ennemis. Et puis il y a une deuxième raison qui pousse Benjamin Netaniaou à ne pas vouloir de cet accord.

Le maintien de la guerre lui sert pour ses ambitions personnelles. Le 15 juin, le Premier ministre israélien a annoncé être candidat aux prochaines élections législatives. Elle devrait se tenir d'ici à octobre pour Netaniaou qui était en en poste au moment du 7 octobre.

Il y a aussi la responsabilité de probablement la plus grande faillite sécuritaire de l'histoire de de l'État hébreu sur lequel beaucoup d'Israéliens sont extrêmement critiques. Faire la guerre, maintenir un état de guerre, ça lui permet aussi de ne pas avoir à répondre politiquement de sa responsabilité pour le le l'attaque terroriste du 7 octobre. De nombreux Israéliens imputent également à Netaniaou les dizaines de victimes israéliennes dans la guerre avec le esbola au Liban.

Aujourd'hui, dans l'opinion publique israélienne, ce qui domine c'est une forme de déception, un sentiment que ces guerres étaient indispensables à la fois contre l'Iran et contre lebola et le constat qu'elles n'ont pas porté leurs fruits. Beaucoup y voi finalement un affaiblissement du pays et de son premier ministre Benjamin Netaniau tenu hors des discussions entre les États-Unis et l'Iran. un argument que réutilise ses opposants politiques.

Le fait notable ces dernières semaines, c'est la montée en puissance d'un des opposants à Netaniaou qui est un ancien chef d'étatmajor de l'armée israélienne. Cet homme, c'est Gad Aencôte et il est aujourd'hui celui qui semble se présenter comme le principal opposant à Netaniaou. Le candidat sait que les questions sécuritaires et militaires sont décisives pour le prochain scrutin.

Dans des vidéos de propagande publié le 15 juin, Gadier Zencot a donc fait diffuser des images de lui-même en uniforme lorsqu'il était chef d'état-major. Et en fond sonore, le discours d'éloge que Benjamin Netaniaou avait prononcé en son honneur le jour de son départ à la retraite en 2019. Enfin, il y a un autre sujet qui fragilise Benjamin Netaniaou auprès des Israéliens, c'est déboire judiciaire.

Le premier ministre israélien est notamment en procès pour corruption. C'est évidemment un handicap politique majeur parce que ça renvoie pour un premier ministre en exercice. L'image de quelqu'un qui ne respecte pas les règles, l'image de quelqu'un qui a fraudé.

Isel évidemment, ça ça a pu inciter Benjamin Netaniaou à s'impliquer encore plus dans dans les guerres depuis le 7 octobre. Il peut faire le calcul que cela lui permettra d'un point de vue de l'opinion d'éviter cette ce risque là. S'il veut rester au pouvoir, le camp Netaniaou devra obtenir au moins 61 sièges au parlement.