Jacques Chirac est "en partie parvenu" à réduire la fracture sociale "comme aucun autre président", selon Jean-Louis Borloo
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Questions et réponses
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Quel est le Jacques Chirac que vous avez en tête ce matin ?
- 3:33OuverteRéponse directe
Votre Jacques Chirac, celui que les livres d'histoire retiendront ?
- 4:25OuverteRéponse directe
L'incarnation du Front Républicain porté par Jacques Chirac en 2002 ?
- 8:57OuverteRéponse directe
Quel est le déroulé précis de la cérémonie ?
- 10:40OuverteRéponse directe
Le terme 'service solennel' utilisé par l'Élysée est-il un sujet sensible ?
- 12:34OuverteRéponse directe
Avec la volonté de montrer que le visage de la France est uni aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:56Invité politiqueFait
« Celui qui supportait ni les injustices, ni la situation de ceux qui étaient ou oubliés, ou maltraités, ou en situation de handicap, quel qu'il soit. »
- 1:11Invité politiqueFait
« Jacques Chirac était fondamentalement un homme bon. »
- 2:51Invité politiqueFait
« il fait voter au Sénat la loi sur les Chibani. »
- 3:01Invité politiqueFait
« Ceux qui n'avaient pas demandé le regroupement familial et qui ne pouvaient pas toucher leur retraite, enfin le minimum vieillesse, parce qu'on doit la toucher en résident dans le pays. »
- 12:52Invité politiqueFait
« Son dernier quinquennat, c'était réduire la fracture sociale. »
- 13:04Invité politiqueFait
« Il faut quand même rappeler que le plan de cohésion sociale, ça veut dire quelque chose. »
- 14:07Invité politiqueChiffre
« Quand il quitte l'Élysée, le chômage en France est à 7,2. »
- 14:16Invité politiqueChiffre
« On construit 500 000 logements à ce moment-là. »
- 14:22Invité politiqueFait
« Il lance le plus grand chantier civil de notre histoire qui est le plan de cohésion sociale, la rénovation urbaine. »
- 14:30Invité politiqueChiffre
« 800 000 logements impactés, 600 000 résidentialisés, 200 000 détruits, reconstruits, 30 km d'avenues pour aérer les quartiers et des zones franches urbaines et les équipes de réussite éducative. »
- 14:43Invité politiqueFait
« La loi sur le sur-endettement qui était une plaie absolue de toutes ces familles qui ne pouvaient pas s'en sortir. »
- 16:02Invité politiqueChiffre
« Pour ce quinquennat, et puis alors, si on devait résumer en une phrase, il est élu pour ce mandat-là face à Jean-Marie Le Pen au deuxième tour, quand il quitte l'Elysée, il est à combien à le Front National ? Il est à moins de 10. »
- 21:00Invité politiqueFait
« Sur l'essentiel, il ne s'est pas trompé. Sur l'essentiel, il a emmené son peuple vers l'unité, vers le respect, vers la considération de l'autre. »
- 23:38AuditeurFait
« Mes chers compatriotes, vous l'imaginez, c'est avec beaucoup d'émotion que je m'adresse à vous ce soir, pas un instant vous n'avez cessé d'habiter mon cœur et mon esprit, pas une minute je n'ai cessé d'agir pour servir cette France magnifique, cette France que j'aime autant que je vous aime. »
Temps de parole
- Jean-Louis Borloo36 %
- Présentateur19 %
- Invité17 %
- Invité 210 %
- Invité 39 %
- Invité 44 %
- Auditeur2 %
- Auditeur 22 %
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Ce qui dit adieu aujourd'hui à Jacques Chirac, c'est une journée de deuil national, drapeau en berne dans tout le pays. Minute de silence cet après-midi dans les administrations, dans les écoles. Une messe réservée à la famille de Jacques Chirac débutera dans un peu plus d'une heure. Maintenant aux Invalides à Paris, suivi d'un hommage militaire. Puis d'une autre messe, cette fois-ci à Saint-Sulpice, en présence de plusieurs dizaines de personnalités. Trois anciens présidents de la République, l'actuel également, des dizaines de chefs d'État et de gouvernement. On va en parler dans quelques minutes.
On ira sur place également suivre les derniers préparatifs, le temps d'accueillir nos invités. Bonjour Jean-Louis Borloo. Oui, bonjour. Vous avez été le ministre de Jacques Chirac pendant tout son quinquennat, pendant cinq ans donc, à la ville, au logement, à la cohésion sociale, à l'emploi également. Quel est le Jacques Chirac que vous avez en tête ce matin, en cette matinée d'hommage national ?
Celui qui supportait ni les injustices, ni la situation de ceux qui étaient ou oubliés, ou maltraités, ou en situation de handicap, quel qu'il soit. Jacques Chirac était fondamentalement un homme bon. fondamentalement un homme qui, du haut de sa carrure et de ses diplômes et de sa chance, n'avait qu'une idée en tête, c'est protéger les plus faibles. Que ce soit les plus faibles des zones sahéliennes, des grands bassins du Congo, mais les plus faibles partout dans le monde, au Liban, en Irak, en Syrie. Et partout, partout, c'était sa préoccupation principale. Et si vous regardez bien tous les événements, tous, il y a un point absolument commun. C'est ça.
Vous savez, c'est probablement l'homme qui, vivant il y a encore quelques heures, avait la meilleure connaissance de toutes les cultures, les groupes ethniques, les aspirations des différents peuples. S'il ne va pas en Irak, c'est parce qu'il connaît le Proche-Orient. Il sait que ce n'est pas par une armée professionnelle qu'on va régler le Proche-Orient. S'il fait son discours de Johannesburg sur la planète brûle et nous regardons ailleurs, ce n'est pas parce que c'est la mode à Paris, c'est parce qu'il sait les dégâts, le désastre que ça provoque autour du lac Tchad ou dans les parties africaines avec des pluies absolument torrentielles qui détruisent les cultures.
Donc ce Jacques Chirac-là, c'est le même. C'est le même que celui qui... Vous savez, il y a un symbole. Les quelques minutes avant son départ, à 23h30, à l'unanimité, il fait voter au Sénat la loi sur les Chibani. Les Chibani, c'est nos anciens qui étaient venus d'Algérie pour travailler pour reconstruire la France. Ceux qui n'avaient pas demandé le regroupement familial et qui ne pouvaient pas toucher leur retraite, enfin le minimum vieillesse, parce qu'on doit la toucher en résident dans le pays. C'est son dernier geste politique. Oui. À l'unanimité, je me souviens, le Sénat était en pleurs.
On rendait enfin à ces hommes et ces femmes qui vivaient dans des sonacotras, près de Marseille ou près de Paris, la dignité de pouvoir rentrer au bled.
Le président protecteur des Français et à l'international, Jean-Louis Borloo, c'est l'image que vous gardez de Jacques Chirac. Fabrice Dalméda, bonjour. Bonjour. Historien, merci d'être avec nous également ce matin. Même question, votre Jacques Chirac, celui que les livres d'histoire retiendront en quelques mots.
C'était un 22 avril, on était en 2002, Jean-Marie Le Pen était au deuxième tour fâche à Jacques Chirac et j'étais jeune enseignant et je me souviens de l'émotion de nos étudiants qui se rendaient tous à cette manifestation qui a eu lieu pour marquer au fond le caractère démocratique de notre pays qui semblait mis en cause par ce second tour et qui fait que derrière, Jacques Chirac a obtenu un score absolument important. Cette image-là était très importante parce qu'au fond, c'était celle d'un pays qui se retrouvait. C'était, je crois, disait-on à l'époque, la plus grande manifestation depuis la libération.
Le Jacques Chirac protecteur, Jean-Louis Borloo, le Jacques Chirac barrage au Front National pour la France d'Alméda. Démocrate, on va dire ça comme ça. Renaud Delis, éditorialiste à France Info.
C'est vrai que l'incarnation du Front Républicain porté par Jacques Chirac en 2002, je pense que c'est une image très forte qui renvoie d'ailleurs au présent. C'est-à-dire que c'est la présence de l'extrême droite dans la vie politique française à continuer de s'enraciner, de s'incruster ensuite. Et Jacques Chirac, quand on regarde son parcours vis-à-vis de l'extrême droite, il n'a jamais douté, il n'a jamais failli, il n'a jamais flanché. Et il a, y compris, résisté à plusieurs reprises à certaines voies, à certains mauvais génies dans son propre camp.
On se souvient que Charles Pasqua, en 1988, l'incitait à rencontrer Jean-Marie Le Pen, à solliciter le soutien de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle face à François Mitterrand. Jacques Chirac avait refusé de tendre la main à Jean-Marie Le Pen. Et donc, que ce soit en 1988, dix ans plus tard, en 1998, lorsqu'il y a quatre présidents de régions de droite qui se font élire dans des régions avec des voix du Front National, on se souvient de Jacques Chirac, alors président de la République. Des présidents UDF, pas du RPR. UDF.
On se souvient de Jacques Chirac, secondé par Philippe Seguin, d'ailleurs, qui dirigeait le RPR à ce moment-là, intervenant à la télévision solennellement pour expliquer que c'était absolument intolérable et qu'il ne fallait jamais transiger avec l'extra-droite. Sur ce point-là, il n'a jamais changé.
Je voudrais qu'on fasse un premier détour du côté des Invalides où 7000 Français se sont donc pressés ces dernières heures pour venir écrire quelques mots en mémoire de Jacques Chirac. Hier soir, c'est la fille de Jacques Chirac, Claude Chirac, qui est venue remercier les Français qui étaient sur place. Écoutez.
De là où il est, je pense qu'il doit être extrêmement ému et heureux. Ma mère est très, très réconfortée en ayant vu ces images cet après-midi. Et du coup, on s'est dit, on y va. On a pris nos affaires, on est sortis, on est juste venus dire merci.
Elle est belle, cette image, Jean-Louis Borloo. Elle est magnifique. Je suis tellement heureux pour Claude, pour Bernadette, pour Frédéric Salabarou, pour Martin. Ça s'appelle le respect, ça. Le respect. Et puisque vous parliez du Front National, Renaud Delis, pas quatre, c'était cinq. Donc un qui s'est retiré immédiatement. Pas de serviteur. Et l'élection de Marie-Christine Blandin. Mais puisque on est sur le match national, vous savez quel est mon rêve, moi ?
Je ne sais pas si ça plairait à Claude, mais mon rêve, quand je vois l'émotion qu'il y a à Ramallah ou à Tel Aviv, en Afrique, au Japon, en Chine, au Liban aujourd'hui, mon rêve, c'est que la France propose au Nobel, au comité Nobel, non pas que Jacques Chirac soit Nobel de la paix, puisque ce n'est pas un titre posthume, mais que la Fondation Chirac, la Fondation Chirac pour la paix et la culture, soit proposée comme Nobel de la paix.
C'est votre vœu en cette journée d'hommage à Jacques Chirac. On va se retrouver dans quelques instants, Jean-Louis Borloo, Fabrice Dalméda et Renaud Delis. On ira également aux Invalides retrouver l'un des envoyés spéciaux de France Info. D'abord, un nouveau point complet sur l'actualité. Si vous nous rejoignez à l'instant, il est 9h20, c'est Soisigbourg.
Le deuxième acte des hommages à Jacques Chirac aujourd'hui, cérémonie intime aux Invalides, puis obsèque à Saint-Sulpice, où les premiers anonymes viennent d'arriver. Deux écrans géants retransmettront à la messe. 115 personnalités étrangères sont attendues. Bill Clinton, Vladimir Poutine, les premiers ministres hongrois et libanais, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Hier et 7000, l'hommage populaire a rassemblé plus de 7000 personnes aux Invalides. Justement, un moment bouleversant pour Claude Chirac, sa fille qui s'est rendue sur place. Sur France Info, Pierre Moscovici, ancien ministre et commissaire européen, salue une grande figure politique comme il n'en existe plus.
Quatre jours après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, le maire de la ville appelle à la prudence. « Je ne suis ni un chimiste, ni un physicien, je fais confiance », a-t-il déclaré sur France Info. Ce matin, toutes les écoles de Seine-Maritime ont rouvert après nettoyage. Volkswagen devant la justice. Aujourd'hui, premier grand procès de consommateurs quatre ans après le Dieselgate. Près de 45 000 personnes qui demandent réparation pour leur voiture diesel truquée. Et puis des modifications dans le 15 de France. Pour le deuxième match des Bleus contre les Etats-Unis, mercredi, le sélectionneur Jacques Brunel a fait douze changements. Louis Picamol sera capitaine.
Toute l'équipe portera un brassard noir en hommage à Jacques Chirac. France Info, et tout est plus clair.
Et après l'hommage populaire qui s'est donc achevé à 7h du matin aux Invalides, c'est une autre cérémonie qui va débuter dans un peu moins d'une heure. Maintenant, une messe privée réservée aux proches, à la famille de Jacques Chirac, qui va se tenir elle aussi aux Invalides où nous attend Franck Cognard. Bonjour Franck. Bonjour Marc. Quel est le déroulé précis de ce qui va se passer ce matin tout près de l'endroit où vous êtes ?
Alors, ce qui va se passer, c'est à partir de 9h30, donc cette messe privée uniquement réservée aux proches et à la famille de Jacques Chirac. Ensuite, les honneurs militaires seront rendus. Les Invalides qui sont fermés en fait depuis 7h ce matin, les grandes grilles bleues là se sont fermées. Elles ne laissent passer désormais que des camions de matériel. Elles ne laissent passer que des gendarmes mobiles, des militaires, des policiers qui continuent à se positionner autour de l'enceinte des Invalides, derrière un barriérage qui a été renforcé d'ailleurs.
Voilà la photo qu'on a ici depuis 7h ce matin, depuis que les Invalides ont accueilli les dernières des 7000 personnes qui ont rendu hommage à Jacques Chirac. Et parmi toutes les toutes dernières personnes à se présenter, il y avait Dana qui était arrivée à 7h moins 10.
Je suis venue saluer le grand homme, parce qu'il y a une vingtaine d'années, ou peut-être moins, je l'ai salué ce monsieur. Et je l'ai salué dans mon pays d'origine, en Algérie, à Oran. Il est venu, il y a eu un grand, grand événement, parce que Chirac est trop aimé chez les Algériens. Allez-y seulement lire les journaux, vous allez voir. Et puis, je crois, la seule chose qui a donné tout cet événement et toute cette ampleur, cette fête, on peut dire considérée comme une fête, c'était parce qu'il a toujours aimé la paix, il a toujours réuni les trois religions. Nous vous aimons beaucoup, Chirac.
Donc voilà, dans quelques instants maintenant, la messe privée, la cérémonie ensuite militaire, les honneurs rendis à celui qui était donc chef des armées, qui a aussi été jeune officier pendant la guerre d'Algérie à partir de mars 56, qui a passé 14 mois là-bas, près de la frontière marocaine. Et puis ensuite, le cortège funéraire quittera les Invalides vers 11h, pour se diriger donc vers l'église Saint-Sulpice.
Voilà, qui accueillera donc une centaine de personnalités françaises et étrangères. Merci beaucoup, Franck Cognard. Fabrice Dalméda, je rappelle que vous êtes historien. Le terme utilisé ce week-end par l'Elysée pour décrire cette messe, c'était celui de service solennel présidé par Emmanuel Macron. C'est ce qu'a d'abord indiqué l'Elysée avant de faire un rectificatif dans les heures suivantes pour reprendre le terme de messe, célébrée donc par Mgr Opetit, l'archevêque de Paris. C'est un sujet sensible parce qu'on mélange là la religion et la République.
C'est un sujet hyper sensible. Je suis historien, pardonnez-moi, mais si on remonte à la fin du 19e siècle, rappelez-vous, il y a vraiment cette rupture, cette séparation sous la Troisième République entre l'État et l'Église. Ce n'est pas seulement en 1905, dès les années 1880, on déconsacre le Panthéon pour Victor Hugo. Pour faire entrer Victor Hugo au Panthéon, on arrête d'en faire une église. Donc vous imaginez le degré d'hostilité. Et ça commence seulement avec le président Sadi Carnot parce que sa veuve lui dit, demande à ce qu'il y ait une messe pour le président. Et ce n'était pas prévu.
On avait prévu d'exposer son corps, évidemment, à l'étoile, ensuite de le faire rentrer au Panthéon qui n'était plus une église. Et elle, elle dit, je veux ma messe quand même. Donc on fait le détour par Notre-Dame en théorie comme cérémonie privée. Mais en réalité, comme c'est sur le parcours, on comprend bien que l'Église est en train de rentrer dans le parcours de reconnaissance et de consécration. Et avec de Gaulle, on a la même chose. C'est-à-dire que de Gaulle, lui, son enterrement est à Colombay. Dans l'église de Colombay, il n'y a que les compagnons de la Libération et les habitants du village et les proches, la famille.
Et donc l'État est obligé d'organiser quelque chose et ils organisent à Notre-Dame cette cérémonie dont on a tous les images en tête. Et c'est la même chose qui se produit aujourd'hui avec Jacques Chirac. Je dois avouer qu'il y a toujours quand même cette sensibilité puisqu'on se souvient que Jacques Chirac avait communié trop visiblement pour François Mitterrand en 1996. Voilà, pour François Mitterrand et qu'une partie de son camp lui avait reproché. Voilà, ça avait rouvert la polémique. Et peut-être qu'on aura aujourd'hui encore peut-être une polémique sur ce choix de mots que vous avez indiqué. Vous serez tout à l'heure à Saint-Sulpice, Jean-Louis Borloo ? Oui, bien entendu.
Oui, bien entendu. Avec la volonté de montrer que le visage de la France est uni aujourd'hui ?
Oh, moi je ne montrerai rien du tout. Vous savez, je suis un modeste, j'étais un modeste technicien en charge de ce qu'était sa volonté absolue. Son dernier quinquennat, c'était réduire la fracture sociale. Voilà. Et il y est en partie parvenu, comme en tous les cas aucun autre chef d'État n'a souhaité le faire. Il faut quand même rappeler que le plan de cohésion sociale, ça veut dire quelque chose. Le fait qu'il ait construit un ministère de la cohésion sociale, le plus puissant jamais construit dans notre pays, qui regroupait tout, l'emploi, les affaires sociales, le logement, l'urbanisme, enfin absolument tout. Et qui a permis...
Vous savez, moi j'entends un certain nombre de commentaires de gens très intelligents, très brillants, disant Chirac, il était formidable. Enfin, le bilan est nuancé.
Chirac, un homme de style, de discours, plus que de bilan. C'est une musique qu'on entend beaucoup ces derniers jours. Meilleur en campagne
qu'une fois élu. Oui, mais vous savez, quand il quitte l'Élysée, Jacques Chirac, on va parler du bilan. Une seconde. La France est à 62% de déficit. 62. Aujourd'hui, on est quasiment à 100%. On est à 98, oui. Enfin, je veux bien que le bilan soit très mauvais. Quand il quitte l'Élysée, le chômage en France est à 7,2. Bien mieux que l'Allemagne. Fait mieux que l'Allemagne sur le chômage, mieux que l'Allemagne sur le déficit. On construit 500 000 logements à ce moment-là. 5 ans avant, 230 000 logements. Il lance le plus grand chantier civil de notre histoire qui est le plan de cohésion sociale, la rénovation urbaine.
800 000 logements impactés, 600 000 résidentialisés, 200 000 détruits, reconstruits, 30 km d'avenues pour aérer les quartiers et des zones franches urbaines et les équipes de réussite éducative. La loi sur le sur-endettement qui était une plaie absolue de toutes ces familles qui ne pouvaient pas s'en sortir. La loi sur le sur-endettement, la faillite civile. C'est également Jacques Chirac. Alors, moi, je veux bien qu'on soit nuancé, mais que d'autres fassent vraiment beaucoup mieux, j'en serais ravi.
Donc, quand Nicolas Sarkozy, une fois arrivé à l'Élysée, à la place de Jacques Chirac, le décrit en roi fainéant...
Non, mais vous savez, c'est très très dur de faire l'alternance dans son propre camp. Et ça, c'est très difficile. Normalement, l'alternance, c'est le camp d'en face. Donc, évidemment, qu'il fallait se distancier de ce moment-là. Après, la situation était plus compliquée. Il y a eu la grande crise de 2008. Moi, je ne rentre pas là-dedans. Mais ce que je dis, c'est qu'en termes de bilan... Alors, je ne parle pas du bilan international. Je ne parle pas... Faites d'affronter toute l'opinion occidentale sur l'affaire de l'Irak. Parce qu'on en parle aujourd'hui comme une évidence. Enfin, pardonnez-moi de vous dire que j'étais au gouvernement.
Que d'abord, à part Jacques Chirac et Dominique de Villepin, l'ambiance française, les élites françaises étaient pour... Pour l'intervention avec les Américains, avec les Britanniques, en fait, avec le camp occidental. Donc, ce n'était pas simple. Ce n'était pas simple. Donc, je trouve que pour ce quinquennat, et puis alors, si on devait résumer en une phrase, il est élu pour ce mandat-là face à Jean-Marie Le Pen au deuxième tour, quand il quitte l'Elysée, il est à combien à le Front National ? Il est à moins de 10.
Renaud Delis. Vous évoquiez à l'instant Nicolas Sarkozy. C'est un phénomène assez fréquent. C'est vrai aussi, quoi qu'on pense du bilan de Jacques Chirac, qu'on peut évidemment discuter, débattre. Vous en êtes fait l'avocat brillamment, Jean-Louis Borloo. Il faut rappeler d'ailleurs que le nombre des textes que vous avez évoqués, vous les portiez vous-même au sein de ce gouvernement. Mais le bilan, je pense, de Jacques Chirac a été aussi, en grande partie, rehaussé par l'attitude de son successeur. C'est assez fréquent.
Je pense que quand on regarde le parcours politique de Jacques Chirac, ce qui est frappant, c'est la façon dont ce personnage qui a été dans les années 70, dans les années 80, même dans les années 90, avant d'être élu président, extrêmement clivant, qui a été combattu très fortement par ses adversaires politiques et qui a combattu lui aussi très fortement, y compris au sein de son propre camp, est devenu ensuite une forme de repère, justement, incarnant l'unité nationale à différents moments clés. Évidemment, le non à la guerre en Irak en 2003.
On se souvient aussi de l'épisode des émeutes de banlieue à l'automne 2005 où il a finalement su trouver les mots pour ne pas que la situation s'envenime de façon incontrôlable. Et donc, je pense que c'est cette image d'unité nationale qu'on voit aujourd'hui à travers les hommages de Jacques Chirac. Fabrice Dalméda, vous vouliez ajouter un mot ? Non, je suis très frappé de voir l'ampleur de l'accumulation chiracienne, si on veut vraiment faire un bilan. C'est quand même un homme qui a occupé 17 fonctions officielles différentes, de maire jusqu'à président de la République en passant par différents ministères.
La mairie de Paris, bon, il faut quand même le dire, c'est quelqu'un qui a fait le plus long passage à l'exécutif pratiquement depuis Napoléon. C'est-à-dire qu'en tant que premier ministre et président, on a 5 985 jours, c'est-à-dire je crois qu'il faut attendre, je crois que c'est Napoléon III qui est juste au-dessus. Parce que François Mitterrand est resté plus longtemps à l'Elysée, mais moins longtemps dans les ministères. C'est quelqu'un qui a pour chaque élection présidentielle fait un tour du monde. Donc il faut imaginer le nombre de fois où il a sillonné la France et où pour la seule campagne pour le traité de Nice en 2002, il fait 22 000 kilomètres.
Donc j'essaye de dire ça parce que ça veut dire quoi ? Quand on parle de quelqu'un qui a labouré le sol de France, c'est ça que ça veut dire, c'est qu'il y a des générations entières qui ont vu Chirac et qui lui ont parlé.
Fabrice Dalméda, Jean-Louis Borleau, Renaud Delivre, restez avec nous 8h51, Sois-Igbour, pour le rappel de l'actualité.
La classe politique réunie aujourd'hui pour un ultime adieu à Jacques Chirac, hommage national aujourd'hui avec une première cérémonie à 9h30 où l'on retrouvera le maire de Troyes, François Baroin, le patron des députés Les Républicains, Christian Jacob, ou encore le vice-président de l'Assemblée nationale Hugues Rançon en une interrogation encore sur la présence ou non de Bernadette Chirac très affaiblie. À 11h moins le quart, les honneurs militaires seront rendus à l'ancien président dans la cour des Invalides. Le cercueil partira ensuite dans un convoi jusqu'à l'église Saint-Sulpice. Les Français invités à se rendre sur le trajet pour un dernier hommage.
Une minute de silence sera observée dans les écoles et les administrations à 15h. La salle du conseil municipal de Grenoble totalement détruite par un incendie. Cette nuit, on ne sait pas encore dans quelles circonstances le feu a pris. Il n'y a pas eu de blessés. L'Aine et la Somme gèlent les récoltes à titre conservatoire quatre jours après l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen. Les Hauts-de-France touchés par les suies. Le gouvernement promet une transparence totale sur ce qu'il s'est passé. Et puis enfin, on vient de la prendre. EDF confirme la mise à l'arrêt définitive de deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim le premier au 22 février 2020 l'autre au 30 juin 2020.
France Info Et tout est plus clair.
Jean-Louis Borloo, une femme ne sera pas présente ce matin à la messe célébrée à Saint-Sulpice à Paris. C'est Marine Le Pen. La famille de Jacques Chirac a fait savoir hier qu'elle ne souhaitait pas qu'elle vienne. Est-ce qu'elle aurait eu sa place aujourd'hui ?
Écoutez, c'est un moment d'œil et de recueillement. Je ne veux pas rentrer dans ce sujet-là. La famille s'est exprimée et Marine Le Pen en a pris acte. Elle a bien fait
de ne pas venir. C'est ce qu'il faut comprendre à vos propos.
Oui, je pense que... Voilà, je ne suis pas convaincu que ça aurait été le souhait de Jacques Chirac mais je ne souhaite pas m'étendre particulièrement sur ce point. Restons sur ce qu'il représente pour la France et ce que ça nous dit de la situation. Ça nous dit de la situation que... vous voyez bien que la France et certains pays européens sont un peu perdus en ce moment. Entre le labour et la grande mondialisation, la vie en communauté provenant d'origines différentes, les problèmes migratoires, les problèmes de communautarisme. Enfin, on voit bien qu'on est à l'essentiel.
Et l'affection, le respect que les Français apportent à Jacques Chirac aujourd'hui, c'est celui aussi d'un deuil, d'un repère. Au fond, sur l'essentiel, il ne s'est pas trompé. Sur l'essentiel, il a emmené son peuple vers l'unité, vers le respect, vers la considération de l'autre. Vous voulez dire, Jean-Louis Borloo, que l'Ancien Monde savait aussi du bon ? Oui, je ne sais pas bien ce que ça veut dire l'Ancien Monde, mais en tous les cas, nous avons perdu aujourd'hui un repère essentiel. Et pas que nous. Pas que nous. Il faut bien se rendre compte de ce qui se passe dans le monde.
C'est un événement aussi considérable que Simone Veil et Chirac pour l'Europe et Nelson Mandela et Jacques Chirac pour le reste du monde. Il faut voir ce qui se passe en Afrique aujourd'hui. Les témoignages, parce qu'on parle des grandes mondes, de Clinton, enfin les chefs d'État africains seront là. Le nombre d'amis africains qui m'ont appelé, qui m'ont contacté et il m'a dit une chose magnifique, il m'a dit tu sais Jean-Louis, il s'est au fond consumé d'être notre lumière et j'espère que dans le cœur de ceux qui gouvernent aujourd'hui le monde, il y a un tout petit peu de Jacques Chirac.
Fabrice Dalmédam, vous me dites il y a quelques instants pendant qu'on écoutait le rappel de l'actualité, drapeau en berne en France, mais aussi dans d'autres pays, au Liban notamment.
Oui, au Liban c'est une journée de commémoration solennelle et c'est vrai qu'il y a une dimension je trouve qu'on ne dit pas assez, c'est que Jacques Chirac c'est aussi quelqu'un qui a été un formidable éducateur politique et quand on regarde aujourd'hui une bonne partie de notre échec politique, on a des Chiraciens.
Je pensais quand on regarde aussi bien des gens comme Édouard Philippe, qu'on regarde aussi bien des gens comme François Baroin par exemple dont on vient de parler, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, mais si on descend la strate en dessous et qu'on regarde par exemple dans les grands ministères, que ce soit au Quai d'Orsay, que ce soit au ministère des armes et que ce soit au ministère des affaires sociales, on retrouve des gens de la strate Chirac et une bonne partie d'entre eux constitue au fond ceux qui continuent d'essayer de faire avancer les dossiers, de faire avancer ces sujets de solidarité dont Jean-Louis Borloo a parlé et c'est très symptomatique pour moi parce qu'au fond il y avait une couche qu'on appelait pendant longtemps l'État socialiste il y a eu l'État RPR mais en réalité ce dont on se rend compte c'est qu'il y a des Chiraciens à telle enseigne que même un François Hollande promouvait des Chiraciens dans les différentes administrations et ça je trouve que c'est très significatif de l'empreinte d'un homme sur son pays.
Fabrice Dalméda, Renaud Dely Jean-Louis Borloo je voudrais avant qu'on se sépare donner la parole une dernière fois à Jacques Chirac au président Jacques Chirac c'était le 11 mars 2007 c'est-à-dire quelques jours avant de quitter l'Élysée où il venait de passer 12 ans et c'était quasiment une déclaration d'amour à la France et aux Français.
Mes chers compatriotes vous l'imaginez c'est avec beaucoup d'émotion que je m'adresse à vous ce soir pas un instant vous n'avez cessé d'habiter mon cœur et mon esprit pas une minute je n'ai cessé d'agir pour servir cette France magnifique cette France que j'aime autant que je vous aime.
Voilà
c'était le 11 mars 2007 Jean-Louis Borloo le mot de la fin sur cette déclaration. C'est tellement lui
il aimait les êtres des des routes de Corrèze mais il vivait aussi il connaissait les quartiers difficiles de Clichy-sous-Bois il les salué dans le monde entier c'est pour ça que je souhaite vraiment que la France s'organise pour tenter d'obtenir le prix Nobel de la paix pour la fondation
et on aura entendu votre appel ce matin au micro de France Info merci beaucoup Jean-Louis Borloo d'être venu nous voir ce matin et l'info politique n'oubliez pas c'est aussi un podcast original sur France Info Paris la bataille le feuilleton des municipales un nouvel épisode tous les vendredis un podcast à écouter sur franceinfo.fr disponible aussi sur l'application Radio France sur l'application
Jean-Louis Borloo