Vincent Jeanbrun : « LFI doit faire le ménage dans ses rangs pour participer au débat public »
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Questions et réponses
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- 0:52OuverteRéponse directe
Est-ce que vous redoutez que cet acte ouvre un cycle de violences politiques ?
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Qu'est-ce que vous leur demandez exactement ?
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Qu'est-ce que ça veut dire ?
- 4:39RelanceRéponse directe
Mais la France insoumise n'a pas la majorité au bureau. Qu'est-ce que vous leur demandez ?
- 5:10OuverteRéponse directe
Est-ce que vous demandez à la Présidente de l'Assemblée nationale de durcir les règles de débat ?
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Est-ce que vous, vous qualifieriez aujourd'hui le logement de bonde sociale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Oui, je le redoute. »
- 1:22PrésentateurFait
« Et je pense que malheureusement, la France insoumise joue un rôle très très important dans cette libération de la parole violente, qui finit par être une libération, voire une sorte de caution de la violence. »
- 1:59PrésentateurFait
« Et donc au fond, ils finissaient par légitimer ce qu'était la violence. »
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« Mais ça ne me surprend pas quand vous avez Manuel Bompard, qui une fois au micro, je crois que c'était Jean-Jacques Bourdin, finit par lui dire, oui, oui, notre but, c'est de foutre en l'air la République. »
- 2:15PrésentateurFait
« Quand vous avez M. Delogu, qui a été condamné parce qu'il est en marge d'une manifestation, il a tapé à coups de pied un proviseur dans un lycée et sa conseillère principale d'éducation, vous voyez bien que la violence, elle est presque intrinsèque. »
- 3:39PrésentateurFait
« Ce n'est pas acceptable. »
- 3:49PrésentateurPromesse
« Mais à un moment donné, qu'ils fassent le ménage s'ils veulent participer sereinement au débat public. »
- 8:06PrésentateurFait
« Absolument. Je l'ai dit quand j'ai été nommé. J'étais moins ministre du logement que ministre de la crise du logement. »
- 10:45PrésentateurPromesse
« produire 2 millions de logements en plus d'ici 2030 »
- 12:06PrésentateurChiffre
« Un quart des familles françaises dorment dans un logement qui est la propriété d'un petit bailleur privé »
- 15:34PrésentateurFait
« le Sénat a voté un assouplissement de la loi SRU sur les quotas de logements sociaux »
- 17:15PrésentateurFait
« j'ai une logique méritocratique qui consiste à dire qu'une commune qui fait des efforts ça ne va pas l'exempter de l'amende socle mais la majoration doit baisser »
- 20:20PrésentateurFait
« le narcotrafic doit pouvoir être expulsé du logement social »
- 20:47PrésentateurFait
« quand on est un criminel on ne bénéficie pas de la solidarité nationale dans le logement social »
- 21:49PrésentateurFait
« ma grande crainte c'est celle-là et je n'ai pas envie au second tour des présidentielles d'être dans mon canapé à regarder les deux extrêmes s'affronter »
Temps de parole
- Présentateur83 %
- Invité8 %
- Présentateur 28 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Vincent Jambrun. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, ministre de la Ville, du Logement. Vous êtes là parce qu'aujourd'hui, comme tous les mardis, on se consacre aux enjeux des municipales et le logement fait évidemment partie des enjeux majeurs. On avait envie de vous entendre sur ce sujet. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Yann. Bonjour Vincent Jambrun. Bonjour.
Vincent Jambrun, on va évidemment parler de la question du logement, mais d'abord un mot sur l'actualité. Le jeune militant nationaliste Quentin Deran, qui a donc été mortellement agressé en marge d'une conférence de l'eurodéputé LFI, Rima Hassan. C'était jeudi soir à Lyon. Est-ce que vous redoutez que cet acte ouvre un cycle de violences politiques ? Oui, je le redoute. Ça a déjà commencé, des permanences taguées cette nuit de députés LFI. Et de toute façon, on voit un climat politique qui est extrêmement tendu. Dans mon département, le Val-de-Marne, j'ai vu des têtes de liste aux municipales d'ores et déjà agressées, y compris à leur domicile.
Et on le voit bien qu'il y a une tension dans le débat politique qui est énorme, avec finalement non plus une confrontation sur le fond des idées, mais bien sur la détestation des personnes. Tout ça n'est pas nouveau. Et je pense que malheureusement, la France insoumise joue un rôle très très important dans cette libération de la parole violente, qui finit par être une libération, voire une sorte de caution de la violence. D'ailleurs, on constate qu'ils n'ont pas condamné fermement les violences. Ils expliquent qu'ils n'auraient rien à voir avec la jeune garde, après les avoir défendues il y a encore quelques jours.
Ils expliquent qu'ils n'ont rien à voir avec ces violences, mais jamais ils ne les condamnent. Et je dois vous dire qu'à titre personnel, ça me rappelle avec beaucoup de tristesse les émeutes de 2023, où Jean-Luc Mélenchon s'amusait sur ses tweets à ne jamais condamner la violence et simplement dire, quitte à brûler un truc, éviter de brûler les écoles quand même. Donc en fait, ils faisaient la liste de ce qu'on pouvait brûler ou pas brûler. Et donc au fond, ils finissaient par légitimer ce qu'était la violence.
Mais ça ne me surprend pas quand vous avez Manuel Bompard, qui une fois au micro, je crois que c'était Jean-Jacques Bourdin, finit par lui dire, oui, oui, notre but, c'est de foutre en l'air la République. Vous voyez déjà le vocabulaire. Quand vous avez M. Delogu, qui a été condamné parce qu'il est en marge d'une manifestation, il a tapé à coups de pied un proviseur dans un lycée et sa conseillère principale d'éducation, vous voyez bien que la violence, elle est presque intrinsèque. Et au fond, quand on choisit comme nom la France insoumise, eh bien ça dit long sur l'état d'esprit.
Et moi j'ai envie de leur dire, maintenant il serait peut-être temps de vous soumettre, la France insoumise, aux règles du droit élémentaire et au respect du débat public. Ça nous changerait. Mais ils emportent la seule responsabilité, la France insoumise ? Non, ce n'est pas le sujet. Vous avez différentes formations politiques qui sont dans les positions extrêmes et dogmatiques. C'est vrai des deux extrêmes, c'est souvent d'ailleurs pour ça qu'on les appelle extrêmes. Vous avez des groupuscules d'extrême-gauche qui envoient jusqu'à leurs représentants à l'Assemblée nationale, je pense à Raphaël Arnaud.
Mais vous avez évidemment des groupuscules d'extrême-droite et il faut bien les regarder comme les deux faces d'une même pièce. Il ne s'agit pas de dire tout l'un ou tout l'autre. Mais en revanche, c'est de se dire qu'est-ce qu'on veut comme démocratie, comme système politique. Et quand vous avez aujourd'hui une mouvance comme la France insoumise qui se serait honorée à condamner fermement ces violences, à expliquer que des mouvements comme la Jeune Garde n'ont pas leur place en République, ils se seraient honorés à faire ça.
Aujourd'hui, j'ai l'impression, dans leur prise de parole et encore ce matin sur toutes les chaînes de télé, ils expriment leur solidarité avec la famille mais ne condamnent pas les violences. Ce n'est pas acceptable. Et ils ont en leur sein des parlementaires, des élus qui font preuve de violence et qui sont même condamnés pour ça. Soit à du sursis, soit à des amendes. Mais à un moment donné, qu'ils fassent le ménage s'ils veulent participer sereinement au débat public.
Qu'est-ce que vous leur demandez exactement ? De faire le ménage chez eux, de parler moins fort à l'Assemblée nationale quand vous dites qu'il faut qu'ils respectent les règles ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Parce qu'eux, leur argument est de dire qu'on parle fort à l'Assemblée nationale, ça permet de canaliser la colère populaire. Au contraire.
Je ne suis pas sûr qu'on donne une très bonne image de l'Assemblée nationale comme je l'ai vu en tant que député il y a encore très peu de temps. On hurle, on insulte, on invective et on fait même des actions, j'allais dire physiques, puisqu'à l'occasion d'une niche du groupe droite républicaine, vous savez, c'est les journées où c'est une formation politique qui défend ses idées et ses propositions. La France Insoumise est quasiment descendue au pied du perchoir de la Présidente, a fait une sorte de sitting en s'assayant sur les pupitres et on était à deux doigts d'avoir des bousculades. Mais il faudrait quoi ?
Que les règles soient plus strictes à l'Assemblée nationale, par exemple ?
Évidemment, bien sûr.
Donc ça, c'est un appel à Yael Brown-Pivet, par exemple.
Mais c'est surtout, vous avez Jean-Luc Mélenchon, à qui on peut reconnaître une forme de culture. C'est quelqu'un qui est féru d'histoire, de philosophie, et qui prétend élever le débat. Et pourtant, dont les troupes passent leur temps à être violents, agressifs, dans l'invective. À un moment donné, il y a une incohérence, donc on a envie de le dire. Vous vous prétendez insoumis, mais je pense qu'en République, il faut se soumettre à des règles de vie communes, et c'est important.
Est-ce que vous demandez à la Présidente de l'Assemblée nationale de durcir les règles de débat dans l'émission ?
La Présidente de l'Assemblée nationale a eu une réaction, par exemple, tout de suite en suspendant le collaborateur parlementaire de Raphaël Arnaud, et je le remercie. Elle est également obligée de traiter, et c'est normal, avec le bureau de l'Assemblée nationale. Et la composition de ce bureau, aujourd'hui, n'est pas simple, et ce qui fait que, quand elle décide d'une sanction, elle doit la soumettre au bureau. Et là, qu'est-ce qu'on voit ? Effectivement, la France insoumise, présente au bureau, en général, défend toujours ses propres troupes. C'est toute la difficulté. Mais je pense qu'il faut qu'on durcisse le règlement.
Mais la France insoumise n'a pas la majorité au bureau.
Non, certes, mais empêche d'aller au bout des sanctions, d'une part, et deuxièmement, il faut que ce parti politique qui prétend faire partie de l'arc républicain, de la France insoumise, soit en capacité de faire le ménage dans ses propres troupes. Vous savez, quand ces gens-là disent « la police tue », quand une ancienne députée que j'ai battue dans ma circonscription, Rachel Kéké, me regarde droit dans les yeux et me dit « j'aimerais bien que la police tue vos enfants pour que vous compreniez ce que ça fait », eh bien, on se rend compte qu'il y a une violence intrinsèque dans le logiciel même de la France insoumise qui est, pour moi, une menace extrêmement importante pour la République.
Vous-même, vous avez été attaqué lorsque vous étiez maire. Est-ce que vous redoutez que ce climat ait des conséquences sur la campagne des municipales ? Oui, bien sûr, je vous le disais tout à l'heure, évidemment, vous avez des candidats. Mais d'ailleurs, de toutes parts, c'est-à-dire qu'on voit monter dans cette extrême-gauche une espèce de légitimation de la violence où, vous savez, Hercile a soudé, me disait l'autre fois en commission, elle dit « vous êtes une charogne capitaliste ». Charogne capitaliste. Elle me mêle un vectif. Immédiatement derrière, sur les réseaux sociaux, elle en remet des couches et des couches.
Au fond, c'est envoyer le message à ces soutiens qu'on est l'adversaire, on est l'ennemi, on n'est pas digne de respect. Donc, bien sûr que j'ai cette crainte pour les municipales. Mais je pense que la crainte, elle doit être pour toutes les formations politiques parce que quand on hystérise à ce point-là le débat, on libère la colère, la haine et je pense que c'est extrêmement dangereux. Je me félicite d'ailleurs que le gouvernement ait fait avancer un certain nombre de textes de loi sur la protection des élus. Et typiquement, je vous citais le cas d'un jeune candidat à Gentilly dans le Val-de-Marne qui a subi des menaces très importantes.
Le préfet a activé le plan de sécurisation pour qu'il puisse bénéficier d'une protection et d'une sécurité pour essayer de terminer la campagne dans de bonnes conditions. Parce qu'encore une fois, on risque déjà gros dans notre vie personnelle de manière générale quand on fait de la politique. Mais on n'est pas là pour prendre des risques pour soi-même ou pour sa famille. Et je pense qu'il faut apaiser le débat. Et là, pour le coup, là, tout de suite maintenant, la France Insoumise a une responsabilité immense. Témoigner de leur solidarité avec la famille de Quentin, c'est bien. Condamner fermement tout acte de violence, c'est mieux. On va parler de la question du logement.
On le disait, un sujet de préoccupation majeure des Français. Est-ce que vous, vous qualifieriez aujourd'hui le logement de bonde sociale ? Absolument. Je l'ai dit quand j'ai été nommé. J'étais moins ministre du logement que ministre de la crise du logement. Ce que vivent aujourd'hui les familles françaises est extrêmement compliqué. Vous avez des Français qui n'arrivent plus à se loger tout court. Vous en avez d'autres qui sont logés, mais dans de mauvaises conditions, soit à cause des enjeux de passoires thermiques ou tout simplement de logements trop petits. Vous avez un problème d'adéquation entre l'offre de logement et l'emploi. Bref, on voit que ça tend à tous les niveaux.
Ce n'est pas qu'un mal français. Toute l'Europe est concernée. Et d'ailleurs, on le voit quand on a cette crise sociale, en général, ça s'exprime aussi dans les urnes par un vote beaucoup plus contestataire. donc on a un défi démocratique, un défi social à réaliser. C'est pour ça que je me félicite qu'avec le budget, on ait pu adopter des premières mesures qui vont aller dans l'une logique de plan de relance du logement.
Est-ce que des erreurs peuvent expliquer cette situation ? Des choix gouvernementaux peut-être pas judicieux comme la suppression du Pinel ou la suspension de ma prime rénov' ? Est-ce que ça a aggravé, vous diriez, la situation aujourd'hui ? Est-ce que ça explique la situation dans laquelle on est ?
Permettez-moi de focaliser sur l'avenir. Ce qui est sûr, c'est qu'on a hérité de différents passages. C'est important de savoir ce qui s'est passé
pour en arriver là, pour ne pas reproduire aussi. Vous avez quand même
plusieurs choses. Vous avez un enjeu de financement du logement où effectivement, les Français n'avaient plus forcément un intérêt économique à sortir leur argent de la banque pour l'investir dans la pierre. Et c'est ce qu'on a réussi à faire avec un nouveau dispositif fiscal qui est extrêmement généreux, un des plus généreux qu'on ait connu. Et ça va être vraiment une bonne nouvelle. Les Français qui nous regardent peuvent se dire que ça vaut vraiment le coup maintenant de réinvestir dans la pierre.
Donc là, c'est le dispositif que vous proposez qui consiste à défiscaliser une partie de l'investissement dans le locatif.
Maintenant, c'est rentable d'investir dans la pierre parce que c'est important. On ne dort pas dans un PEA donc il faut que cet argent soit mobilisé. Vous avez un enjeu aussi sur le zonage. Historiquement, les dispositifs comme celui du Pinel, par exemple, sont zonés sur des zones déjà très denses. Là, le dispositif fiscal n'est pas zoné. Donc, on a une grande liberté. Et puis surtout, il s'applique au neuf et à l'ancien. L'ancien, on pourra améliorer évidemment. Et ça, c'est la première chose. Il fallait relancer l'investissement dans le logement. Après, vous avez aussi, il faut le dire, ces dernières années, il y a eu le Covid.
Il y a eu la guerre en Ukraine qui a fait exploser les coûts de construction. Donc, tout ça n'a pas facilité la situation. Mais là, ce qu'on peut dire aujourd'hui aux Français, c'est qu'on a signé un pacte avec ce qu'on a appelé l'équipe de France du logement avec le Premier ministre, avec les promoteurs, les constructeurs, les agences immobilières, le logement social, tout l'écosystème du logement. Et avec cette équipe de France du logement, on s'est fixé un objectif, produire 2 millions de logements en plus d'ici 2030, ce qui est considérable et ce qui va, je l'espère profondément, fluidifier le marché et redonner une possibilité de parcours résidentiel.
Pourquoi est-ce que vous avez fait le choix d'un dispositif qui concerne les familles les plus aisées, donc celles qui peuvent investir dans du locatif, plutôt que d'aider les primes ou excédents qui ont du mal à investir dans leur premier logement ?
– Alors d'abord, ce n'est pas tout à fait vrai parce que le prêt à taux zéro, qui est un outil extrêmement important pour permettre l'accès aux familles, a été soutenu et renforcé. Il y a d'autres dispositifs, rentré dans des sujets trop techniques, mais le bail réel et solidaire, vous savez, où on achète l'appartement, mais pas le terrain, pas le foncier, ce qui permet d'accéder à la propriété de manière beaucoup plus facile et abordable. Il y a des dispositifs qui continuent à accompagner les primo-accédents et c'est très important, vous avez raison de le dire. Mais pour pouvoir acheter un bien en tant que primo-accédent, encore faut-il qu'il y ait du logement produit.
Or, on constate qu'aujourd'hui, quand vous construisez, quand les promoteurs construisent un immeuble, il y a besoin d'avoir un peu de tout à l'intérieur de l'immeuble. Du primo-accédent qui va se loger lui-même et puis ce qu'on appelle des bailleurs privés, c'est-à-dire des Français comme vous et moi qui vont mettre un peu de leur épargne dans la pierre pour pouvoir avoir un revenu locatif. C'est important parce que peut-être juste un chiffre pour se donner un ordre de grandeur.
Un quart des familles françaises dorment dans un logement qui est la propriété d'un petit bailleur privé, c'est-à-dire d'une famille qui a mis en location un appartement et en moyenne, ces bailleurs privés, ils ont 1,1 logement. C'est-à-dire qu'on n'est pas sur des professionnels qui auraient des dizaines et des dizaines. C'est ça qu'on a été chercher avec ce nouveau statut fiscal. Encore une fois, je le dis à vos téléspectateurs, ça vaut le coup désormais d'investir dans la pierre. Non seulement c'est rentable économiquement, mais en plus, vous donnez un soutien important pour les familles françaises qui aujourd'hui ont du mal à ça.
Vous le disiez, c'est un dispositif qui concerne principalement les logements neufs puisqu'il concerne les logements classés A ou B, donc plus compliqué d'être classé A ou B dans l'ancien. Est-ce qu'il n'y avait pas une priorité, par exemple écologique, à privilégier plutôt la rénovation que la construction de neufs ?
Alors, d'abord, le statut, il a été beaucoup discuté. Il fait d'ailleurs il a pris sa racine dans un rapport du sénateur Dobress et du député Cosson, ce statut du pailleur privé, donc ce nouveau avantage fiscal tel qu'il a été pensé. Et dès le départ, dans leur rapport, ils ont bien considéré qu'il fallait et du neuf et de l'ancien.
D'accord.
La copie qui sort du 49-3 fait que l'ancien est un peu moins généreux pour le moment que le neuf, mais dans les prochains textes de loi, on entend avec le Premier ministre corriger cela avec un accès plus simple pour l'ancien et vous avez raison de le dire, sur les notes, l'idée c'est de progresser comme pour ma prime rénov' de deux lettres sans être dans une loge. Parce qu'on est dans
un débat municipal et les maires se plaignent beaucoup de logements vides, notamment dans les centres-villes, centres-villages qui ont du mal à être rénovés, d'où ma question.
D'où l'importance d'avoir relancé ma prime rénov' qui va permettre d'accompagner la rénovation des logements anciens partout sur le territoire national, c'est très important. Avec un autre enjeu et je veux le dire ici dans cette belle maison qui est le Sénat, vous avez la sénatrice Gaquer qui a porté un texte de loi pour fluidifier les enjeux environnementaux notamment autour du DPE, la fameuse note ABCD sur la performance énergétique du bien.
Aujourd'hui, si on ne fait rien, si la proposition loi de la sénatrice Gaquer n'est pas adoptée rapidement à l'Assemblée, le risque, c'est qu'il y ait 700 000 logements du passeport thermique qui sortent de la location et elle, ce qu'elle propose et ce que je soutiens totalement, c'est l'idée de dire on peut continuer à louer avec, par contre en contrepartie, l'engagement de rénover le bien d'un point de vue énergétique en 3 ou 5 ans en fonction de ce qui est
Toute dernière question très rapide, MaPrimeRénov' vous engagez à ce que ce soit une prime qui soit pérenne désormais parce qu'on a vu les complications que sa suspension a suscitées. tout à fait,
en mauvais français le stop and go qui a connu ma prime rénov' ça c'est un engagement
que vous prenez
est délétère et effectivement on met tout en oeuvre pour qu'on puisse avoir une prime rénov' ouverte, le guichet ouvert toute l'année sans fermeture intempestive on le fait parce que...
On met tout en oeuvre mais vous vous y engagez à ce qu'elle soit pérenne ?
J'ai demandé à l'ensemble de l'administration qui s'en occupe et notamment l'Agence nationale pour l'habitat de tout mettre en oeuvre pour qu'il n'y ait plus de fermeture ça c'est évident avec un objectif c'est celui de lutter pleinement contre la fraude et celui effectivement d'accompagner les rénovations d'ampleur et c'est l'objectif. Sur les logements sociaux le Sénat a voté un assouplissement de la loi SRU sur les quotas de logements sociaux vous avez soutenu le texte est-ce qu'il ne va pas conduire à un affaiblissement du logement social et de la mixité sociale comme le disent ces détracteurs ?
D'abord moi je vais vous rappeler une chose toute bête moi j'ai grandi dans le logement social si mes parents ma famille n'avaient pas bénéficié du logement social je ne serais pas devant vous en train de vous parler donc j'y suis totalement attaché. Ce qu'a défendu la présidente Dominique Estrosi-Sasson au Sénat avec ce texte qui était proposé également et soutenu par Mathieu Darnot c'est l'idée toute bête d'aider les communes qui ont envie de produire du logement social à pouvoir le faire plus facilement.
Je pense notamment au fait de pouvoir compter le logement intermédiaire vous savez que c'est des loyers un petit peu au-dessus du logement social dans l'effort qui est fait par une collectivité qui serait en dessous du fameux taux des 25% de logements sociaux. L'idée ce n'est pas de compter des logements intermédiaires dans un stock global l'objectif c'est toujours d'atteindre les 25% mais simplement quand une commune fait des efforts et bien ça peut être pris en compte en gros c'est dans le flux pardon c'est un peu technique mais ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on n'est pas dans une logique de renoncer à produire du logement social il en faut trop de français n'arriverait pas à se loger sans cela mais simplement vous avez aujourd'hui une logique dans la loi SRU qui consiste à dire vous avez une première amende si vous n'avez pas atteint le quota et vous avez en plus la possibilité pour l'état de majorer cette amende et parfois jusqu'à 400% par exemple je connais des cas dans cette situation et le risque c'est de dégoûter les municipalités qui font des efforts si quand elles font des efforts elles sont majorées de la même manière que si elles n'en font pas et moi j'ai une logique méritocratique qui consiste à dire qu'une commune qui fait des efforts ça ne va pas l'exempter de l'amende socle mais la majoration doit baisser parce que sinon effectivement les maires vous disent que je fasse des efforts ou que je n'en fasse pas je suis prélevé pareil à un moment donné je vais arrêter donc c'est juste cette logique-là d'accompagnement qu'on défend avec la présidente Dominique Estrosi-Sasson
Un mot là-dessus Concernant le logement social il y a une idée qui a été émise il y a quelque temps et que vous portez aussi qui serait la fin du logement social à vie où est-ce que vous en êtes de cette idée ?
On en débat on concerte mais évidemment l'enjeu pour que les spectateurs comprennent bien c'est de se dire qu'un peu comme dans le privé tous les trois ans c'est ce que je propose on peut être évidemment plus souple il y a un temps de rencontre entre le locataire du parc social le bailleur social et qu'il puisse y avoir un point d'étape avec pour le locataire la possibilité de mieux se défendre et il y a parfois malheureusement dans notre pays des logements indignes même dans le parc social ce qui doit être absolument corrigé et puis de l'autre côté un bailleur social qui est capable de dire je gère mon patrimoine donc stop ou encore avec l'idée que si la famille paye son loyer et toujours dans les critères du logement social et se comporte bien il n'y a pas de raison qu'on ne renouvelle pas le contrat de location
se comporte bien qu'est-ce que ça veut dire ?
alors j'y viens mais d'un autre côté si vous avez une famille qui a une variation très importante de ses revenus peut-être que ça vaut le coup justement de ne pas attendre que ce soit trop tard et qu'on dise à la personne en fait vous sortez du parc social vous n'y avez plus le droit mais plutôt de dire on voit que vos revenus évoluent vous étiez dans du très social on va peut-être vous monter dans du social puis du social vous avez le social plus et vous avez même l'intermédiaire bref accompagner le parcours aussi c'est une chose vous avez des questions sur effectivement la composition de la famille sur occupation sous occupation et puis il y a un enjeu aussi de comportement parce que aujourd'hui le bailleur social si vraiment il y a des troubles de jouissance avérés il doit judiciariser c'est-à-dire que le bailleur doit aller devant le tribunal ça prend énormément de temps
si j'ai bien compris vous demandez un casier judiciaire vierge
c'est autre chose mais je termine juste sur le point de la gestion du patrimoine quand vous avez des personnes qui aujourd'hui cassent les pieds à tout le monde que le bailleur ait la possibilité d'aller voir le locataire et la famille en disant vous savez si ça continue comme ça le risque c'est que vous ne soyez pas renouvelé donc faites attention corrigez votre comportement et moi je pense que c'est important de donner ce pouvoir-là aux bailleurs sociaux qui n'ont pas vocation à mettre dehors les gens par le plaisir c'est bailleurs sociaux ils ont une logique d'accompagnement mais il faut leur redonner la maîtrise ça ça me paraît très important
et donc une étude du casier judiciaire
et par ailleurs c'est pas mon propos mais par ailleurs de manière générale et indépendamment de ce qu'on vient de se dire sur le contrat à vie ou pas moi je pense que le logement social c'est un logement d'intérêt général on cotise collectivement pour offrir à ceux qui ne pourraient pas se loger sur le marché privé un logement il y a une contrepartie c'est d'être exemplaire et donc quelqu'un qui est condamné pour narcotrafic là c'est déjà le cas grâce à la loi le narcotrafic doit pouvoir être expulsé du logement social et je voudrais étendre cette réflexion à tous les faits graves à tous les crimes et délits graves qui font que on ne bénéficie pas du logement social quand on est un criminel ou un délinquant parce qu'à côté de ça vous avez des mamans qui dorment dans une voiture élevant parfois un enfant et qui elles attendent ce logement social et qui seraient elles exemplaires et donc il y a juste une logique de priorisation quand on est un criminel on ne bénéficie pas de la solidarité nationale dans le logement social Deux questions politiques pour terminer Vincent Jean Brun vous qui venez des Républicains est-ce que vous approuvez la déclaration de candidature à la présidentielle de Bruno Retailleur ?
Ce n'est pas à moi d'approuver ou pas il a totalement le droit d'être candidat et de défendre ses idées C'est le bon moment ?
Sur la question du moment pour être tout à fait honnête moi vous savez je considère qu'un président de parti il est là pour rassembler et c'était plutôt de bonne augure quand il a lancé ce groupe de travail pour connaître le mode de désignation primaire, pas primaire comment ça allait fonctionner et comme beaucoup je pense j'étais surpris de voir qu'il annonçait sa candidature avant qu'on ait le mode de désignation ce qui est un peu étonnant maintenant il a évidemment le droit et il parle non mais attendez chacun a sa liberté et on est en démocratie et c'est une bonne chose en revanche le vrai sujet c'est que au-delà de Bruno Retailleur chacun est en train de se lancer peut-être dans une ambition individuelle or le risque vu le contexte c'est que à force d'accumuler des ambitions individuelles on risque de connaître un échec collectif et moi ma grande crainte c'est celle-là et je n'ai pas envie au second tour des présidentielles d'être dans mon canapé à regarder les deux extrêmes s'affronter donc il faut une primaire et donc il faut une candidature unique ça je l'affirme avec beaucoup de force mais c'est encore possible
avec la déclaration de candidature de Bruno Retailleur je crois que ?
évidemment moi je suis convaincu qu'il faut qu'on ait un mode de départage et au-delà des républicains à travers ce qu'on avait appelé le bloc central c'est-à-dire au fond la droite et le centre elles ont ces familles politiques ces courants historiques des choses à dire des choses à porter mais pour vous ça s'arrête à la droite et au centre ça ne va pas jusqu'à Sarah Knafow comme le dit Laurent Vauquiez par exemple Madame Knafow elle siège avec l'extrême droite allemande au Parlement européen donc c'est compliqué quand même de l'imaginer dans une même primaire donc de toute façon une primaire si elle devait avoir lieu mais en tout cas ce mode de départage d'une candidature unique elle doit rassembler des forces qui disent non à l'alliance avec le RN non à l'alliance avec l'ALFI de l'autre côté ça paraît évident mais donc la droite et le centre Vous sentez encore appartenir au LR aujourd'hui ?
Moi je n'ai pas changé de valeur j'ai toujours défendu Mais vous dites que vous avez exclu vous êtes suspendu vous êtes exclu On est suspendu on est dans les limbes on est dans un entre deux alors je le dis avec le sourire je peux comprendre que la famille politique demande au ministre de ne pas engager la famille politique et à ce stade très bien en revanche je trouve dommage de se priver de relations et de dialogues avec une famille politique pour laquelle on s'est toujours battus Merci Vincent Jeanbrun Merci beaucoup d'avoir été notre invité Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada
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