José Bové : "En Europe il n’y a pas de courage politique des Etats"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:17OuverteRéponse directe
Y a-t-il aussi de votre part un peu de lassitude de la politique ?
- 1:57OuverteRéponse directe
Pourquoi l'action politique serait-elle plus facile à mettre en œuvre au niveau de l'Europe plutôt que dans chacun des États membres ?
- 3:01RelanceRéponse directe
Les citoyens ne sont pas forcément conscients de ce que vous venez de dire. C'est bien pour ça que la pire ennemie des élections européennes, c'est l'abstention.
- 3:56OuverteRéponse directe
Depuis ces dix dernières années, en quoi l'Europe a-t-elle fait avancer la politique de l'environnement et de la biodiversité en particulier ? Sur quels exemples précis ?
- 5:35RelanceRéponse partielle
Ce que vous dites, c'est que les décisions prises, les directives ou les lois européennes prises à Strasbourg ou à Bruxelles, finalement, elles ne sont pas toujours applicables et pas appliquées dans chacun des États membres ?
- 6:47OuverteRéponse directe
La PAC, la politique agricole commune, est-ce qu'elle est bonne pour l'environnement, la dernière mouture ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« Être élu, ce n'est pas un métier, c'est un engagement auprès des citoyens, auprès de ceux qui ont voté pour vous. »
- 1:34Invité politiqueFait
« En France, on a un système majoritaire, et donc on voit bien qu'à partir du moment où les élections sont liées à l'élection présidentielle, il y a une vague pour le président qui est élu, et il y a une majorité, une minorité. »
- 2:40Invité politiqueFait
« Mme Merkel qui a décidé de sortir du nucléaire, alors que les écologistes n'étaient pas majoritaires. »
- 4:46Invité politiqueFait
« Il n'y a pas de courage politique au niveau des États. »
- 5:06Invité politiqueFait
« Sur le scandale du Dieselgate, on y est arrivé. Il y a eu une commission d'enquête et c'est grâce au Parlement européen, grâce à Karima Dely, la présidente écolo de la commission des transports du Parlement européen, qu'on est arrivé aujourd'hui à avancer. »
- 7:12Invité politiqueFait
« Si le Parlement avait voté la réforme de la PAC telle que l'a proposée la Commission, ça serait une catastrophe pour l'environnement parce que chaque pays pourrait mener la politique qu'il veut. »
- 7:29Invité politiqueChiffre
« moins de 12% sur les aides directes aux agriculteurs, ça veut dire que ça sera le moins-disant. »
- 9:44Invité politiqueFait
« moi j'ai l'impression que depuis le grenelle de l'environnement, donc en 2007, on n'est pas avancé d'un millimètre. »
- 10:55Invité politiqueFait
« Qu'en est-il aujourd'hui du CETA ? Puisque théoriquement, le CETA n'est pas définitivement mis en œuvre. »
- 12:46Invité politiqueFait
« l'électricité nucléaire, contrairement à beaucoup de discours, est la plus chère. »
- 13:05Invité politiqueChiffre
« une part de calendrier, au début, on était à 2025, maintenant, on est à 2035. »
Temps de parole
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Bonjour José Bové. Bonjour. En duplex de France Bleu et Roa à Montpellier, José Bové, eurodéputé, sortant Europe Écologie Les Verts, après dix ans de mandat au Parlement européen, vous avez préféré ne pas vous représenter parce que la politique, dites-vous, ce n'est pas un métier. Y a-t-il aussi de votre part un peu de lassitude de la politique ?
Alors écoutez, je me suis engagé avec Danny Cohn-Bendit en 2009. C'était un engagement que j'avais pris de continuer le combat d'une autre manière en me disant au Parlement européen aussi, on peut faire bouger les choses parce qu'on peut faire des lois et à partir de ce moment-là, on peut faire bouger les lits. Eh bien, j'avais annoncé dès ce moment-là que si j'étais élu, je ferais éventuellement un deuxième mandat, mais que pour moi, dix ans de mandat, c'était quelque chose de suffisant et qu'il me semblait que, justement, il ne fallait pas concevoir le fait d'être élu comme quelque chose de professionnel.
Être élu, ce n'est pas un métier, c'est un engagement auprès des citoyens, auprès de ceux qui ont voté pour vous. Donc voilà, j'ai essayé de respecter cet engagement. J'aurais pu me représenter, ce n'était pas un problème. Simplement, je crois qu'il faut respecter les lignes qu'on se donne au moment où on est élu. Respecter votre parole. Aucune lassitude, donc, de la politique, du monde de la politique ? Alors, en tout cas, quand on est au Parlement européen, je dirais que c'est un endroit où on peut faire bouger les lignes, où on peut s'engager. C'est un Parlement qui est élu à la proportionnelle, et donc chaque député compte.
Comme il n'y a pas de majorité, sur chaque thème, on construit une majorité, et donc on peut faire changer les choses. On n'est pas dans une logique comme au Parlement français, avec une majorité et une opposition. Si on est dans la majorité, on suit. Si on est dans l'opposition, on râle. Mais en réalité, ça ne sert pas à grand-chose.
Précisément, José Bové, pourquoi l'action politique serait-elle plus facile à mettre en œuvre au niveau de l'Europe, plutôt que dans chacun des États membres ?
Alors, je crois qu'il y a un véritable problème, c'est sur le mode de désignation de nos assemblées. En France, on a un système majoritaire, et donc on voit bien qu'à partir du moment où les élections sont liées à l'élection présidentielle, il y a une vague pour le président qui est élu, et il y a une majorité, une minorité. Dans beaucoup de pays, je pense en Allemagne, par exemple, où il y a une très forte part de proportionnelle, il y a un débat beaucoup plus riche, et il y a des constructions qui se font pour faire des compromis, pour essayer de faire bouger les lignes.
Je prends juste un exemple en Allemagne, c'est Mme Merkel qui a décidé de sortir du nucléaire, alors que les écologistes n'étaient pas majoritaires. Et ça montre bien qu'il y a un moment, quand l'opinion va dans un certain sens, on est en capacité, quand la démocratie fonctionne, de faire bouger les lignes. Malheureusement, ce n'est pas forcément le cas dans un pays comme le nôtre.
Mais José Bové, les citoyens ne sont pas forcément conscients, d'ailleurs, de ce que vous venez de dire. C'est bien pour ça que la pire ennemie, peut-être, des élections européennes, c'est l'abstention. Or, vous vous dites, il faut aller voter.
Pour moi, je dirais que s'il y a une élection où chaque voix compte, c'est l'élection européenne, puisque les sièges sont répartis à la proportionnelle intégrale. Et donc, à partir de ce moment-là, on aura les élus pour lesquels on aura mis un bulletin de vote. Donc, ne pas aller s'abstenir dans l'élection européenne, je dirais que c'est la plus grosse erreur à faire. Donc, moi, j'appelle vraiment les gens à se mobiliser et de voter véritablement pour les gens de leur choix. Il y a, à partir de ce moment-là, une possibilité d'agir, puisqu'on agit dans les commissions.
Et donc, plus on est en capacité d'influer dans les commissions, plus on est capable de passer des compromis, on fait bouger les lignes. C'est ce qu'on a fait sur le climat,
c'est ce qu'on a fait sur la pêche. Pour être précis, justement, José Bové, depuis ces dix dernières années, en quoi l'Europe a-t-elle fait avancer la politique de l'environnement et de la biodiversité en particulier ? Sur quels exemples précis ?
Alors, je dirais que quand on parle de l'Europe, on parle à la fois de la Commission, du Conseil et du Parlement européen. C'est vrai, et ça, il faut le dire, il y a une opposition forte, souvent, entre les États et le Parlement européen. Les États sont souvent repliés, chacun, sur leurs propres intérêts individuels, n'ont pas une vision européenne, alors que le Parlement européen, qui représente les 500 millions de citoyens, essaye de faire bouger les lignes. Donc, on a des conflits très forts. Ça s'appelle la politique d'alignement. Aujourd'hui, c'est, je dirais, une politique par le bas qui est menée par les États. Il n'y a pas de courage politique au niveau des États.
On l'a vu sur la question de la pêche, où il y a eu beaucoup de pression pour ne pas qu'on interdise le salutage dans l'eau profonde. On y est arrivé. On a eu des pressions sur la pêche électrique de certains États. On est arrivé à l'interdire. Sur le scandale du Dieselgate, on y est arrivé. Il y a eu une commission d'enquête et c'est grâce au Parlement européen, grâce à Karima Dely, la présidente écolo de la commission des transports du Parlement européen, qu'on est arrivé aujourd'hui à avancer. Donc, on est en train de faire bouger les lignes. Mais ça ne va pas assez vite.
Ce que vous dites, c'est que les décisions prises, les directives ou les lois européennes prises à Strasbourg ou à Bruxelles, finalement, elles ne sont pas toujours applicables et pas appliquées dans chacun des États membres ?
Ce n'est pas ce que je dis. C'est qu'au moment où on prend les décisions, il faut qu'il y ait un accord entre le Parlement, le Conseil, donc les États, et la commission. Donc là, c'est ce qu'on appelle les trilogues. Et là, souvent, il y a de la bagarre. Et souvent, les États tirent vers le bas. La commission est frileuse parce que la commission, eh bien, elle est dans sa logique plutôt de la construction européenne du départ. C'est-à-dire, en gros, c'est un dialogue entre les États et l'exécutif. Eh bien, le Parlement européen, au fur et à mesure, prend de plus en plus de pouvoir.
Par exemple, il vient de décider de refuser d'accepter un budget qui ne soit pas ambitieux parce qu'il ne permet pas de faire plus de politique. On va, par exemple, il vient de refuser aussi de voter la politique agricole commune en disant c'est pas à ce Parlement aussi de le faire, c'est à la prochaine, suite à la prochaine élection, qu'il faut avoir un débat de fond parce que sinon, eh bien, on va tourner le dos à tout ce qu'on a avancé il y a cinq ans avec le commissaire Sciolos, le précédent, etc., etc. Donc on peut multiplier les exemples.
Aujourd'hui, le Parlement européen doit avoir le courage de son indépendance en tant que Parlement et c'est comme ça qu'il aura encore plus de pouvoir après.
Vous évoquiez la politique agricole, la PAC, la politique agricole commune, est-ce qu'elle est bonne pour l'environnement,
la dernière mouture ? Alors, si le Parlement avait voté la réforme de la PAC telle que l'a proposée la Commission, ça serait une catastrophe pour l'environnement parce que chaque pays pourrait mener la politique qu'il veut. Ça, c'est le premier élément. Deuxième élément, tout ce qui est politique environnementale, eh bien, ce budget qui avait été proposé baisse de 25% l'ensemble des mesures qui permettent d'aller vers plus de respect de la biodiversité et de lutter contre le réchauffement climatique. moins de 12% sur les aides directes aux agriculteurs, ça veut dire que ça sera le moins-disant. Donc, c'est pour ça qu'aujourd'hui, il faut tout remettre à plat. C'est possible.
Ça dépendra du Parlement européen quand il va se réunir après les élections de dire eh bien, on rejette, on redemande à la Commission, au nouveau commissaire qui sera désigné, qu'elle est de monter un nouveau projet. Mais je crois qu'il faut être ambitieux parce qu'on n'a pas le temps d'attendre par rapport au réchauffement climatique et surtout aussi par rapport à un élément qui n'est souvent pas assez pris en compte qui est la chute dramatique de la biodiversité partout sur la planète mais en Europe aussi notamment dû à l'utilisation de plus en plus importante des pesticides parce que l'utilisation des pesticides ne recule pas malheureusement.
José Bové, député européen sortant, ancien leader de la Confédération Paysanne. On va reprendre cet entretien dans un instant avec Patricia Martin. On va entendre vos commentaires après la conférence de presse du président Emmanuel Macron jeudi dernier. On parlera également des gilets jaunes. A tout de suite.
Un jour, le cœur de mamie a commencé à beaucoup l'embêter. Il l'empêchait de bien respirer pendant la nuit. Il le faisait gonfler ses pieds et elle ne pouvait même plus mettre ses chaussures. Alors, elle a parlé avec son docteur et maintenant, son cœur est bien plus sage. Et moi, je suis bien contente parce que... Tu parles toute seule, ma chérie ? Viens,
on va faire des crêpes.
Parce que j'adore les crêpes de mamie.
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France Inter, le 6-9 du week-end.
Notre invité ce matin pendant 10 minutes encore, José Bové, député sortant Europe, euro-député sortant Europe Écologie, Les Verts. L'urgence climatique, José Bové, l'urgence climatique selon Emmanuel Macron. Ça passera désormais en France par un nouveau conseil de défense écologique sous l'autorité du Premier ministre. L'idée vient de Nicolas Hulot. ce futur, ce nouveau comité, est-ce suffisant à vos yeux ? Nécessaire en tout cas ?
Écoutez, moi j'ai l'impression que depuis le grenelle de l'environnement, donc en 2007, on n'est pas avancé d'un millimètre. Alors, aujourd'hui, on nous annonce cette nouvelle instance. Donc, pourquoi pas une nouvelle instance ? Le problème, c'est qu'avant d'avoir une instance, il faut savoir où on veut aller, quelle est la ligne. Et là, on est en train de nous expliquer qu'on va à nouveau faire une conférence de citoyens. Je ne suis pas contre, au contraire, les conférences de citoyens, mais pour définir des objectifs qui sont déjà définis depuis 15 ans. Sur le transport, on sait ce qu'il faut faire. Sur l'isolation des bâtiments, on sait ce qu'il faut faire.
Sur la transition énergétique pour sortir à la fois des énergies carbonées et du nucléaire, on sait ce qu'il faut faire. Donc, moi, ce que j'attends, c'est clairement une ligne. En même temps, ce que je vois, c'est que sur beaucoup d'accords internationaux, eh bien, rien ne se fait. On nous a annoncé, par exemple, qu'il ne devrait plus y avoir d'accords de libre-échange si la question du climat n'était pas posée de manière claire. Alors, j'ai entendu les déclarations par rapport aux Etats-Unis. Qu'en est-il aujourd'hui du CETA ? Puisque théoriquement, le CETA n'est pas définitivement mis en œuvre. Or, on importe des pétroles de l'Alberta, des fameux sables bitimineux.
Ceci, évidemment, va à l'encontre. Donc, il faut une ligne. Mais, José Bové,
lundi, après-demain, la France va accueillir l'IPBES, c'est la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité. Le président Macron n'y sera pas, il ne sera pas présent. Ce n'est pas un signe très encourageant.
Moi, je dirais que ce n'est pas du tout encourageant sur la biodiversité. On le voit, la biodiversité chute. Tous les éléments, tous les étages, on va dire, de la vie sont aujourd'hui menacés. Ça va des insectes jusqu'aux oiseaux et aux mammifères. Donc, aujourd'hui, on est dans une situation catastrophique. La Commission européenne, suite à la saisie, d'ailleurs, du Parlement européen, est allée en Bretagne et s'est rendue compte qu'il y avait de plus en plus de pollution, que ça ne reculait pas et que donc les nitrates et les phytosanitaires continuent à faire des dégâts. Voilà, ça, c'est la réalité dans laquelle on vit.
Alors, comment on sort de cette logique-là si on n'a pas une vision d'ensemble ? Et c'est ce que je reprocherais au président de la République, c'est de ne pas avoir de vision sur l'écologie et le ministre, M. De Rugy, essaie tant bien que mal de vivre au quotidien cette réalité-là, mais malheureusement, on ne bouge pas. Et dernière critique, je viens de voir ce rapport où on nous explique, par exemple, qu'on va séparer EDF en deux pour maintenir au niveau de l'État le nucléaire et on va continuer à construire des centrales alors qu'on ne sait toujours pas quoi faire des déchets et comment démanteler les centrales.
Et dans le même autre côté, on dit, il faut faire en sorte que les citoyens aient une électricité pas trop chère. Ce n'est pas possible. Aujourd'hui, l'électricité nucléaire, contrairement à beaucoup de discours, est la plus chère. Donc, à cause de la non prise en compte du démantèlement et des déchets. Tout ça fait des incohérences,
à mon avis. C'est incohérent, mais il y a tout de même un calendrier de réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique.
Alors, une part de calendrier, au début, on était à 2025, maintenant, on est à 2035. Et la question, c'est qu'à la fois, on nous dit, voilà, on reporte, on reporte. Comment, aujourd'hui, avoir une véritable politique sur les énergies renouvelables quand, dans le même temps, on veut maintenir les niveaux des centrales nucléaires ?
Comment est-ce qu'on va faire ? Si on reporte, c'est aussi pour des questions de soudure. Vous connaissez un peu ce dossier, des soudures qui ne sont pas fiables et ça reporte d'autant les projets. Un autre sujet d'actualité, José Bové, aujourd'hui, l'acte 24 des Gilets jaunes, depuis six mois. Est-ce que vous avez été surpris par cette mobilisation ?
Disons que, dans un premier temps, j'ai été surpris de la façon dont elle s'est mise en place. Depuis, un certain nombre d'éléments ont été apportés. C'est qu'on sait que, six mois avant que ce mouvement ne démarre, un certain nombre de sites et de réseaux ont travaillé. C'était les sites notamment Colère, avec le numéro du département derrière, sur la question de la vitesse à 80 km heure, sur le prix de l'essence. Et on voyait bien quel type de mouvement était en train de se mettre en place. Alors aujourd'hui, six mois, cinq mois après, les mouvements ont changé. Mais quelle est la réalité et la profondeur à part, en gros, l'additionnement de beaucoup de rancœurs que je peux entendre.
Mais, à mon avis, aujourd'hui, le problème qu'on a, c'est qu'on ne peut pas avoir une contestation du modèle si c'est uniquement une accumulation de cas particuliers. Même si je sens, sur le fond, quel est le besoin qui se fait ressentir, mais on ne peut pas en rester là. Et donc, cette réflexion-là, ce type de mouvement, aujourd'hui, me paraît contre-productif par rapport à la transformation nécessaire de la société. Pourquoi contre-productif ? Parce qu'on reste uniquement dans le réactif. On n'est pas sur de la proposition.
Moi, je pense qu'aujourd'hui, il faut aller beaucoup plus loin sur la transformation de la société, sur la question de la souveraineté alimentaire, sur la question des transports de l'énergie. Aujourd'hui, on ne peut pas simplement demander des baisses des coûts de la vie si, en même temps, on n'impose pas, par exemple, la fin des passoires énergétiques dans les bâtiments. Parce que, je dirais que le meilleur revenu, c'est à partir du moment où on diminue les dépenses. Et diminuer les dépenses, c'est changer de modèle. Et changer de modèle, c'est aussi créer de l'emploi.
Toujours à propos des Gilets jaunes, José Bové, je rappelle que vous aviez participé au démontage du McDo de Millau en 1999. Vous l'aviez d'ailleurs payé assez cher. N'avez-vous jamais été mal à l'aise avec la violence en marge des mouvements des Gilets jaunes ?
Je l'ai dit depuis le début de manière très claire, je me suis toujours opposé à des actions violentes, notamment sur les personnes et à des actions qui se font à visage couvert. J'ai toujours assumé mes actes et je pense que on peut désobéir à des lois injustes, on peut agir pour changer le système, mais toujours à visage découvert en assumant ces responsabilités. J'ai accepté d'être jugé, j'ai accepté d'aller en prison après des fauchages d'OGM, mais en assumant les actes parce que ça me paraît fondamental. La déshélicence doit toujours être non-violente.
La veille de votre incarcération en 2002, José Bové, vous avez passé comment ? Vous êtes consolé peut-être comme ça d'un joli petit bijou, un voilier, un bateau, à 9 mètres ?
C'est votre prochaine étape ? Ça faisait longtemps que j'en rêvais et vous savez, être sur la mer pour moi c'est quelque chose d'absolument formidable parce que c'est être aussi avec des éléments et c'est des éléments qui guident et en même temps le combat pour les océans, le combat pour la mer c'est quelque chose de formidable. C'est pour ça que je continue aussi ces combats notamment contre les bourrouges à Marseille qui continuent malheureusement à se déverser sur terre et sur mer.
Eh bien merci et bon vent si j'ose dire José Bové merci eurodéputé sortant et merci aussi à France Bleu Hérault qui a donc permis cette liaison en duplex de Montpellier. Merci José Bové et bonne journée. Merci. Merci. Merci.
Merci.
José Bové