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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 5 décembre 2023 22 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Attentat près de la tour Eiffel : "Nous sommes un des pays les plus exposés", estime Xavier Bertrand

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:40OuverteRéponse directe

    Avez-vous le sentiment que le pays tient malgré tout, qu'il résiste à ces crises ou voyez-vous des fissures, des fractures, de la fatigue ?

  • 1:27OuverteRéponse partielle

    C'est avec combien de temps, à votre avis ?

  • 1:55RelanceRéponse directe

    Après l'attaque terroriste de samedi commise par un fiché S qui avait fait de la prison, faut-il accepter, même si c'est insupportable, Xavier Bertrand, que la France est durablement sous le coup de la menace islamiste radicale, comme l'a dit Gérald Darmanin ?

  • 3:07RelanceRéponse directe

    Elle n'est pas suffisante à vos yeux, la fermeté.

  • 4:39OuverteRéponse directe

    Comment vous recevez ces mots du ministre de l'Intérieur ? Le défaut du suivi psychiatrique est une explication nécessaire, mais pas suffisante, là, en l'occurrence ?

  • 5:15RelanceRéponse partielle

    Vous savez bien que le risque zéro est impossible.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:07Invité politiqueFait
    « Nous savons que nous sommes l'un des pays les plus exposés »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « Nous savons aussi que d'autres pays européens sont toujours sous le coup de cette menace terroriste. »
  • 5:13Invité politiqueChiffre
    « En 1999, je crois qu'il y avait à peu près un million de personnes à suivre. Aujourd'hui, surtout après le Covid, vous devez être à 2,3 millions, 2,4 millions avec moins de psychiatres. »
  • 6:08Invité politiqueChiffre
    « Le ministère de l'Éducation a dit l'autre jour que 85 jeunes qui avaient manifesté sont sortis des lycées et collèges. »
  • 6:33Invité politiqueFait
    « Le plus difficile à régler, ce sont des Français radicalisés, des Français qui sont potentiellement des terroristes islamiques. »
  • 7:03Invité politiqueFait
    « aujourd'hui, il faut avoir été condamné à 15 ans de prison. »
  • 9:32Invité politiqueFait
    « on s'est aperçu qu'il y a encore des endroits où les expertises n'ont pas eu lieu. »
  • 9:57Invité politiqueChiffre
    « Vous savez, c'est 380 euros, c'est une franchise légale »
  • 10:37Invité politiqueFait
    « On a nos agriculteurs. Il y a un nouveau programme sur les calamités agricoles. »
  • 10:49Invité politiqueChiffre
    « et d'autres qui ont perdu jusqu'à 70% de leur chiffre d'affaires »
  • 15:44Invité politiqueChiffre
    « aujourd'hui, il y a à peu près 5 milliards d'euros. C'est rien, c'est une goutte d'eau. »
  • 16:40Invité politiqueFait
    « en tant que ministre de la Santé, ai durci les conditions, parce que vous avez des conditions qui étaient vraiment très laxistes à l'époque. »
  • 16:47Invité politiqueFait
    « En 2011, nous avions mis en place un droit de timbre, comme ça se fait en Angleterre, comme ça se fait aussi en Allemagne. »
  • 20:16Invité politiquePromesse
    « Je pense que c'est possible et je pense que c'est absolument nécessaire d'éradiquer le Hamas. »
  • 20:47Invité politiqueFait
    « On n'avait jamais vu de telles scènes depuis la Shoah. »

Temps de parole

  • Xavier Bertrand75 %
  • Invité13 %
  • Présentateur12 %

8,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-10 le président de la région eau de France. Questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Xavier Bertrand, bonjour.

0:15
Xavier Bertrand

Bonjour à tous les deux.

0:16
Présentateur

Merci d'être à notre micro. On va revenir avec vous sur les inondations dans votre région. Vous nous direz si les plaies sont pensées ou s'il reste encore beaucoup de choses à faire avant le retour à la normale. Mais d'abord, un mot sur l'état de notre pays en cette fin d'année, marquée par un nouvel attentat terroriste, par les répercussions du conflit au Proche-Orient, par la guerre en Ukraine qui se poursuit elle aussi. Avez-vous le sentiment que le pays tient malgré tout, qu'il résiste à ces crises ou voyez-vous des fissures, des fractures, de la fatigue ?

0:49
Xavier Bertrand

Les Français tiennent. Il y a une très grande solidarité familiale. Il y a une très grande solidarité entre les amis. Mais il y a une grande, grande inquiétude sur la sécurité. Il y a aussi des sujets comme le pouvoir d'achat, sont des sujets toujours là, surtout à la veille des fêtes de fin d'année. Il y a aussi la question sur nos services publics qui tiennent les Français, ceux qui vont bien, ceux qui ne vont pas bien. Et puis, il y a toujours ce besoin d'espoir, d'espérance, notamment pour les enfants, pour les petits-enfants, qui est là, mais qu'on n'arrive pas à voir matérialisé. Je le dis souvent, ça fait longtemps qu'il n'y a pas eu du bleu dans le ciel. C'est très longtemps.

1:27
Invité

C'est avec combien de temps, à votre avis ?

1:28
Xavier Bertrand

Ça fait certainement maintenant des années. Et on voit que même des grands événements sportifs, populaires, c'est un peu une parenthèse. Et au final, pourtant, il y a une grande attente par rapport à l'État, par rapport aux responsables publics, aux responsables politiques. Parce qu'ils savent que c'est quand même la politique, si elle n'y a pas renoncé, qui peut changer la vie, qui peut améliorer la vie, qui peut changer le cours des choses. C'est la raison pour laquelle je continue à m'engager avec autant d'énergie.

1:55
Invité

Après l'attaque terroriste de samedi commise par un fiché S qui avait fait de la prison, faut-il accepter, même si c'est insupportable, Xavier Bertrand, que la France est durablement sous le coup de la menace islamiste radicale, comme l'a dit Gérald Darmanin ?

2:07
Xavier Bertrand

Que nous soyons sous le coup de la menace terroriste, c'est un fait. Que nous baissions les bras et que nous acceptions l'idée qu'il y aura forcément des attentats, ça c'est impossible. Il n'en est pas question. Nous savons que nous sommes l'un des pays les plus exposés, nous savons aussi que d'autres pays européens sont toujours sous le coup de cette menace terroriste. Parce que le mode de vie à la française, les valeurs républicaines, la laïcité, c'est ce que détestent les islamistes. Et c'est pour ça qu'ils voudraient que l'on change notre mode de vie, il n'en est pas question. C'est vrai que c'est une guerre qui est menée entre eux et nous. Et c'est nous qui devons l'emporter.

Mais on est aussi à un moment où on doit se rendre compte que si nous n'apportons pas des réponses très fermes, très dures, maintenant, il y a le risque que les Français soient prêts à accepter moins de droits, moins de démocratie. Et là, ça pourrait être la bascule dans autre chose. Donc c'est aussi aux républicains, au sens large, aux démocrates, de faire la preuve de leur fermeté et de leur capacité à protéger les Français. C'est ça aussi qui se joue en France et pas seulement en France.

3:07
Invité

Elle n'est pas suffisante à vos yeux, la fermeté. Hier, on avait Hugo Micheron, qui est spécialiste du djihadisme, qui était à votre micro, et qui disait que la réponse sécuritaire en France est très bonne. Le problème, c'est la réponse politique face au djihadisme. Mais la réponse sécuritaire, les policiers agissent très vite, beaucoup plus vite qu'à Londres.

3:23
Xavier Bertrand

Il déjoue également nombre d'attentats. La DGSI fait un travail remarquable. Derrière, il y a aussi la réponse judiciaire. Mais là, sur cette réponse judiciaire, il faut aussi que les lois soient au niveau de ce dont on a besoin. Et puis, vous le savez également, il y a aussi tout un aspect pour cette guerre contre l'islamisme que nous devons mener, sur la question de l'éducation et qui ne repose pas seulement sur l'école. Mais ce combat, si on veut le mener, il faut faire preuve de beaucoup de lucidité. Derrière, il faudra faire preuve de beaucoup de courage. Parce que c'est une guerre qu'il mène contre nous. Et il faut accepter de la mener comme une guerre.

Mais encore une fois, les Français veulent qu'il y ait des résultats. Et ça, c'est quelque chose d'essentiel. Je l'ai vu, vous savez, à Arras, quand il y a eu l'attentat, quand Dominique Bernard a été assassinée par ce terroriste islamique, les gens me disent, on ne veut plus que ça se passe. Les dangereux, il faut les mettre à l'écart. On veut vraiment être protégé. La dame qui m'a dit ça, c'était une agente du lycée. Elle le disait sans haine, sans violence. Mais un professeur, le lendemain matin, dans la salle, disait en présence du ministre, les hommages, les bougies, tout ça, c'est plus ça qu'on veut. On veut vraiment être protégé. Et il le disait sans agressivité.

4:32
Invité

Vous savez bien que le risque zéro est impossible.

4:34
Xavier Bertrand

Oui, mais on ne doit pas se dire, il y a le risque zéro qui est impossible, alors vous aurez des attentats. Ce n'est pas possible ça non plus.

4:40
Présentateur

Gérald Darmanin a affirmé qu'il y avait eu un ratage dans le suivi psychiatrique du suspect. Les médecins, à plusieurs reprises, je le cite, ont considéraient qu'il allait mieux et qu'ils pouvaient vivre librement, alors que, je le cite toujours, les services du ministère de l'Intérieur ont, eux, fait le maximum. Comment vous recevez ces mots du ministre de l'Intérieur ? Le défaut du suivi psychiatrique est une explication nécessaire, mais pas suffisante, là, en l'occurrence ?

5:06
Xavier Bertrand

Non, il y a aussi plusieurs autres choses. Vous le savez, sur la question de la psychiatrie, de la santé mentale, il y a un déficit terrible dans notre pays. En 1999, je crois qu'il y avait à peu près un million de personnes à suivre. Aujourd'hui, surtout après le Covid, vous devez être à 2,3 millions, 2,4 millions avec moins de psychiatres. Mais là encore, ce n'est pas seulement la réponse psychiatrique qui apporterait une solution. Dans ce cas précis, moi, j'essaye, notamment, ce que je fais avec mon mouvement Nous France, quand on rencontre des experts, on a essayé de scinder les choses. Il y a notamment la question des radicalisés, des terroristes islamiques étrangers.

Et vous le savez, j'ai fait des propositions qui sont valables juridiquement. Je pense qu'elles vont être reprises dans le texte sur l'immigration. C'est-à-dire que toute personne qui est expulsable, qui fait l'objet d'une OQTF, obligation de quitter le territoire français, ne reste pas en liberté, ne reste pas chez elle. Elle est justement dans un centre de rétention administrative, une peine privative de liberté. C'est une solution qui nous permettrait de nous mettre à l'abri par rapport à cela. Vous avez ensuite la question de ces jeunes radicalisés. Le ministère de l'Éducation a dit l'autre jour que 85 jeunes qui avaient manifesté sont sortis des lycées et collèges. Ils sont où ?

Je demande à Gabriel Attal de nous dire où ils sont. Quel est le niveau de prise en charge ? Vous avez ensuite la question des détenus radicalisés. Ouh là, la réponse n'est pas suffisante, nous le savons bien. Et on a besoin de mettre en place de nouvelles structures dans la pénitentiaire pour cela. Et puis il y a le sujet le plus important. Le plus difficile à régler, ce sont des Français radicalisés, des Français qui sont potentiellement des terroristes islamiques. Et vous savez que dans aucun pays au monde, on enferme quelqu'un parce qu'il y a un doute. Par contre, on doit avoir une autre qualification juridique pour permettre à la justice...

6:49
Invité

C'est-à-dire concernant, par exemple, celui qui a passé à l'acte samedi soir à Paris.

6:51
Xavier Bertrand

La consultation des sites, le fait d'être en contact avec ceux qui sont dans des entreprises terroristes. Et quand vous avez notamment des peines de sûreté, vous savez, après qu'il ait purgé sa peine, aujourd'hui, il faut avoir été condamné à 15 ans de prison. Il faut que ce quantum de peine soit beaucoup plus bas, encore une fois, pour qu'on puisse se protéger. Vous voyez, il ne s'agit pas de dire « Oh, j'ai un doute, on va l'enfermer dans aucun pays, ça ne marche. » Et ceux qui se livrent à ces idioties dans le débat public... Jordan Bardet, là, par exemple. Marion Baréchal, également, là, qui nous dit ça. Même Guantanamo, ça n'existe plus, il n'y a aucun pays qui fait cela.

En revanche, il faut évaluer en permanence nos lois, il faut les corriger et se permettre, c'est peut-être pas du spectaculaire, mais de voir quels sont tous les angles morts. Et vous savez, il y a une démarche politique. Je m'étonne que le président de la République n'ait pas choisi. Il y a les entretiens de Saint-Denis. Pourquoi ne pas réunir l'ensemble des responsables politiques, en disant « On va lutter contre l'islamisme de façon plus forte encore, pour se protéger. » Eh bien, dans ces conditions-là, vous venez avec vos propositions. Vous venez avec vos propositions, et je vais vous faire rencontrer également tous les acteurs juridiques. On va voir ce qui est possible ou pas possible.

7:58
Invité

C'est-à-dire que plutôt que la démagogie à deux balles, plutôt que les généralités,

8:05
Xavier Bertrand

chacun vient avec ses propositions, et on va voir comment on se protège.

8:08
Invité

Xavier Bertrand, la démagogie à deux balles, vous parlez vous-même des rencontres de Saint-Denis, je vous signale que votre patron, le patron de votre parti, Eric Ciotti, il n'y a pas allé, il a séché.

8:14
Xavier Bertrand

J'y serais allé pour ma part, parce que je n'aime pas la politique de la chaise vide. Mais toujours est-il que sur un sujet comme celui-ci, qui doit mobiliser toute la société française, pour combattre l'islam politique, je pense que ça vaut la peine de dire, si vous avez des idées sérieuses, solides, pour qu'on protège mieux les Français, alors on travaille dessus. Mais ça, c'est une responsabilité qui incombe au président de la République.

8:34
Présentateur

Avant de revenir plus en détail sur le projet de loi immigration, on voulait évoquer avec vous les inondations qui ont frappé le Pas-de-Calais début novembre, un mois après, quel est le moral, Xavier Bertrand, des habitants sur place qui ont été si durement éprouvés ?

8:49
Xavier Bertrand

Il n'est pas très fort, parce que beaucoup ne sont pas encore rentrés dans leur maison. Et dans une vie antérieure, j'étais assureur, j'ai lu à connaître des très grandes inondations, notamment dans l'Aisne, et là, en parlant d'expérience. La solidarité, elle a été formidable. Les maires ont été exceptionnels, et à ceux qui disent, il y a peut-être trop de communes, trop de maires en France, qu'ils viennent voir quand il y a un drame comme celui-là. Et l'État aussi, tout le monde a été là. Après, il y a les étapes d'après. Les assureurs, vous savez que je suis, c'est vrai, un râleur, mais je connais bien...

9:18
Invité

Vous avez dit, il faut que les assureurs jouent le jeu à fond.

9:21
Xavier Bertrand

À fond, à fond. Est-ce qu'ils le jouent ? Oui, ça va mieux, mais on a encore vu hier, Gérard Larcher était à l'invitation du sénateur Rapin dans le Pas-de-Calais, on s'est aperçu qu'il y a encore des endroits où les expertises n'ont pas eu lieu. Je veux qu'il y ait des expertises rapides, on a triplé le nombre d'experts. On a ensuite obtenu le principe d'une avance remboursable, parce que vous savez, c'est tout simple. Mais il va falloir racheter au début un frigo, une cuisinière, une machine à laver pour pouvoir repartir très vite. Vous ne pouvez pas attendre des semaines pour pouvoir le faire.

Et avec le département du Pas-de-Calais, on a décidé de prendre en charge la franchise Catastrophe Naturelle. Vous savez, c'est 380 euros, c'est une franchise légale, sauf qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui avaient mis de côté 380 euros pour payer la franchise. Donc nous, on la prendra en charge. Parce que si on ne la prend pas en charge, c'est autant que vous avez en moins sous le sapin ou sur la table dans trois semaines.

10:06
Invité

Marine Le Pen, députée RN du Pas-de-Calais qui était sur France Bleu Nord hier, a demandé au gouvernement de suspendre temporairement certaines cotisations sociales pour les particuliers et pour les entreprises victimes des inondations. Elle a raison.

10:16
Xavier Bertrand

Et vous croyez qu'on l'a attendu ? Ça fait trois semaines que c'est mis en place. Elle se réveille un peu tard. C'est vrai que dans son tourisme électoral, elle est revenue dans le Pas-de-Calais, elle s'y intéresse. Mais ça fait des semaines et des semaines que c'est mis en place, très clairement.

10:29
Invité

Pourquoi vous parlez de tourisme électoral pour Marine Le Pen ?

10:31
Xavier Bertrand

Tu pointes une fois tous les 36 du mois. Mais après, c'est son choix, c'est son droit. Je vais jusqu'au bout du raisonnement parce que vous me permettrez d'être concret. On a nos agriculteurs. Il y a un nouveau programme sur les calamités agricoles. On sait qu'il y aura des trous dans la raquette. Les éleveurs qui ont perdu notamment certaines bêtes d'élevage, on ne peut pas les laisser comme ça. Et notamment, vous avez les entreprises qui ont été inondées et d'autres qui ont perdu jusqu'à 70% de leur chiffre d'affaires, même en n'étant pas inondées parce que plus personne n'est venu chez elles. Je pense notamment aux restaurateurs.

Et puis ensuite, un autre point, les entreprises du secteur ne pourront pas faire les travaux toutes aussi rapidement qu'on le souhaiterait. Et donc, ça fait aussi partie des sujets sur lesquels, un, on doit travailler et puis surtout éviter que ça se reproduise comme ça. Vous n'empêcherez pas l'eau de tomber, mais vous devez l'évacuer plus vite et la retenir dans beaucoup d'autres endroits.

11:15
Présentateur

Vous avez déclaré à la Voix du Nord, on voit bien les effets des gaz à effet de serre. Il ne faut pas se raconter d'histoire. Tout ça est lié au dérèglement climatique. On ne peut pas continuer à détourner le regard. Diriez-vous, Xavier Bertrand, que vous-même et la droite en général avez trop longtemps détourné le regard de la question climatique et du réchauffement ?

11:34
Xavier Bertrand

Je ne le pense pas. Jean-Louis Borloo, que ce soit Nathalie Cochisco-Morizet, ont toujours été précurseurs en la matière. J'ai toujours beaucoup travaillé avec eux.

11:41
Invité

Ils étaient minoritaires pendant un temps.

11:43
Xavier Bertrand

Ce n'est peut-être pas l'image que l'on a, tout simplement parce qu'on veut marier développement et écologie. C'est ce que je fais dans ma région, avec un programme qui s'appelle Rêve 3, la troisième révolution industrielle. Non, mais seulement il y a une courbe de vitesse.

11:53
Invité

Sur l'application, il y a Christophe qui vous dit que Xavier Bertrand découvre l'enjeu climatique le jour où il a les pieds dans l'eau.

11:59
Xavier Bertrand

Non, ce n'est pas le jour où j'ai les pieds dans l'eau. C'est peut-être depuis que je suis papa, non ? Je ne sais pas, c'est vous qui nous dites, j'en sais rien. Oui, c'est son droit à ce monsieur de penser ça. Mais quand vous avez perdu vos familles, vous réfléchissez aussi par rapport à vos enfants.

12:11
Invité

La conversion à l'écologie reconnaissait qu'elle a été plus tardive du côté de la droite.

12:16
Xavier Bertrand

Non, ce n'est pas ça. Je pense que ce sont surtout les verts qui ont abîmé la notion de l'écologie, avec l'écologie punitive, alors que c'était à mon avis l'enjeu clé de montrer que c'était incontournable, que ce défi climatique est incontournable. Et comment on fait notamment pour le marier avec le développement économique, la décarbonation, ce que je fais beaucoup dans ma région. Vous savez, quand je me suis battu pour avoir les usines de batteries électriques, c'est parce que c'est de la décarbonation. C'est aussi ça, derrière la transformation économique des milliers d'emplois, mais aussi beaucoup plus combattus.

12:42
Invité

Vous avez combattu aussi les éoliennes.

12:44
Xavier Bertrand

Bien sûr, mais pourquoi ? Parce que trop, c'est trop. Quand vous avez 6% du territoire national et que vous avez grosso modo 29% des éoliennes, vous trouvez que le rapport est équilibré ? D'ailleurs maintenant le gouvernement dit, ah oui c'est vrai, il a raison.

12:56
Invité

Vous voulez toujours les démanteler, les éoliennes ?

12:58
Xavier Bertrand

Ah, je n'ai jamais dit de les démanteler, moi.

12:59
Invité

Ah si, vous aviez dit.

13:00
Xavier Bertrand

Non, non, pardon, vous confondez. Vous confondez avec le Front National qui sort ce genre de conneries. Moi, j'ai toujours indiqué que je n'en voulais pas plus. Mais moi, je ne suis pas un menteur qui dit qu'on va scier les mains.

13:10
Invité

Venons-en au projet de loi immigration qui arrive dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale le 11 décembre prochain. Xavier Bertrand, il a été fortement amendé par le Sénat, à tel point que Bruno Retailleau s'est exclamé, ce n'est plus le texte de Gérald Darmanin, c'est le nôtre. C'est le nôtre, celui des LR. Est-ce qu'il ne s'est pas réjoué un peu trop vite, parce qu'il y a maintenant l'Assemblée nationale qui amende les dispositions du Sénat ?

13:28
Xavier Bertrand

Déjà, j'aimerais qu'on s'y retrouve un peu, parce qu'on ne sait plus où on en est. Vous avez un ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, que je connais bien. Quand le texte sort du Sénat, il dit « c'est un très bon texte ». Et maintenant, quand le texte sort de la commission des lois de l'Assemblée nationale, il est totalement différent, il dit « c'est un très bon texte ». Alors, il pense quoi, le ministre de l'Intérieur ? Elle est où la vérité ?

13:49
Invité

Vous dites qu'il est toujours content, c'est ça ?

13:50
Xavier Bertrand

Oui, il faudrait au final que l'on sache exactement ce que l'on va voter. Moi, si on est sur une position qui correspond à celle qui est sortie du Sénat, si j'étais député, je serais prêt à voter. J'ai posé trois conditions pour voter ce texte. La première, c'est que, je vous l'ai dit tout à l'heure, nous avons absolument besoin de nous protéger des étrangers expulsables, d'être mis en centre de rétention. C'est aussi la fin de l'aide médicale d'État, pour la remplacer par l'aide médicale d'urgence. Ça, c'est un point important. Et puis, il faut aussi convenir d'autres choses. C'est que la grande loi, certainement plus efficace, on ne l'aura pas dans les trois ans qui viennent.

On ne l'aura pas. Alors, si ça protège ce texte plus les Français, alors il faut l'apprendre. Mais attention, la position qui est celle du Sénat, parce qu'elle durcit vraiment ce texte et qu'elle rend les choses...

14:40
Invité

Oui, mais là, il n'y a plus le texte du Sénat. Par exemple, l'aide médicale d'État qui avait été supprimée par le Sénat et remplacée par l'AMU, il revient dans le texte de la Commission des lois. Ça, vous me dites, c'est une ligne rouge. Ça veut dire que vous ne le voteriez pas ?

14:52
Xavier Bertrand

Tout à fait. Je viens de vous dire, il y a trois conditions. Et il y a aussi la question sur le fameux article 3, notamment sur les travailleurs qui sont clandestins, mais que le gouvernement veut régulariser, parce qu'en la matière, vous ne faites pas de « en même temps ». Par contre, j'aurais voulu dire une chose, j'aurais voulu dire mon regret. Ce texte, il est unijambiste. Ce texte, il est unijambiste parce que vous ne ferez croire à personne que le texte le plus ferme qui soit dissuadera des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers, notamment d'Africains, de venir en Europe. Ce texte, il aurait dû être co-écrit avec le ministère des Affaires étrangères.

Je le vois dans le Calaisie, je le vois à Grande-Sainte, à côté de Dunkerque. Il n'y a quand même personne qui s'est levé un matin en disant « je vais aller dormir sous le périphérique à Paris » parce qu'ils espèrent bien évidemment qu'à un moment ou un autre, ils pourront travailler. Il faut vraiment mettre le paquet comme jamais sur l'aide au développement. Aujourd'hui, il y a à peu près 5 milliards d'euros. C'est rien, c'est une goutte d'eau. Si on veut développer justement l'Afrique en faisant en sorte que l'argent aille vraiment sur le développement de l'Afrique, sur le développement de la jeunesse, c'est ça la clé.

Et pas seulement pour la France, mais aussi pour l'ensemble de l'Europe. Quand est-ce qu'on va se réveiller au niveau européen et de comprendre que vous n'aurez pas des murs de 10 mètres, vous pourrez faire 15 mètres demain, ça ne suffira pas. Vous avez besoin des deux.

16:07
Invité

Sur l'AME que vous voulez supprimer, il y a eu un rapport qui a été remis au gouvernement signé de Claude Evain et de Patrick Stefanini et le rapport souligne, je le cite, « l'utilité sanitaire de l'AME pointe les limites et les risques de son remplacement par une aide médicale d'urgence ». C'est Patrick Stefanini, qui n'est pas franchement un gauchiste, qui co-écrit ce rapport. Ça ne vous convainc pas ?

16:25
Xavier Bertrand

Regardez notamment la page 19 de ce rapport, c'est intéressant, qui montre aussi comment ça se passe dans les autres pays étrangers. Je ne vous dis pas qu'il fallait la faire disparaître, je vous dis qu'il faut mettre en place une aide médicale d'urgence. Il y a eu plusieurs réformes sur l'AME. En 2005, c'est moi-même qui, en tant que ministre de la Santé, ai durci les conditions, parce que vous avez des conditions qui étaient vraiment très laxistes à l'époque. En 2011, nous avions mis en place un droit de timbre, comme ça se fait en Angleterre, comme ça se fait aussi en Allemagne. Ça a été supprimé à partir de 2012.

Mais ils disent bien, Claude Evain, et il dit également, Patrick Stefanini, qu'il faut modifier l'AME. C'est pour ça que je ne vous dis pas de la supprimer, mais de la transformer en AMU. Pour les soins d'urgence. Ils ne le disent pas.

17:06
Présentateur

Certains dans votre parti dénoncent une ligne trop droitière défendue par Éric Ciotti, le président du parti, qui a refusé de condamner, par exemple, la manifestation de l'ultra-droite à Romand-sur-Isère, quand Jordan Bardella, lui, l'a condamné. Vous comprenez cette position d'Éric Ciotti, vous la partagez ?

17:25
Xavier Bertrand

Non, mais je voudrais vous parler de M. Bardella. Je voudrais vous parler de M. Bardella.

17:31
Invité

La question a été sur Éric Ciotti.

17:32
Xavier Bertrand

Oui, mais je viens de vous dire non. Voilà, très bien. On va passer un peu de temps.

17:35
Invité

Vous condamnez les magistrats

17:37
Xavier Bertrand

sur l'ultra-droite. On va passer aussi un peu de temps sur M. Bardella. Prêt à tout pour arriver au pouvoir. Prêt à tout pour arriver au pouvoir.

17:46
Invité

C'est-à-dire ?

17:46
Xavier Bertrand

Vous avez vu la dernière, il était sur Sud Radio. On lui pose la question, est-il vrai que le Rassemblement National a déposé un amendement pour dire que les entrepreneurs des entreprises de moins de 11 salariés n'avaient pas à vérifier si les salariés étaient en règle avec leur papier ou pas ? On lui pose la question et il dit non, ce n'est pas vrai, on n'a pas déposé cet amendement. C'est vrai. C'est un amendement qui a été déposé et qui a été discuté le 30 novembre. Ce sont des menteurs, ces gens-là. Prêt à tout. Prêt à tout pour profiter du malheur des gens. Prêt à tout pour profiter de la colère et pour faire un clientélisme permanent. Voilà ce qu'est le Front National aujourd'hui.

18:24
Invité

Le Rassemblement National ?

18:25
Xavier Bertrand

Oui, c'est pareil. Vous avez Bertrand,

18:27
Invité

alors pourquoi ils sont à 28% dans les sondages aux européennes alors que vous êtes à 8 ?

18:32
Xavier Bertrand

Oui, et puis ils devaient aussi gagner dans la région des Hauts-de-France en 2015. C'était imparable, Mme Le Pen allait être élue. Et puis en 2021, il était évident que le Front National l'a emporté et ils ont reculé de 15 points.

18:42
Invité

Donc vous ne pensez pas que Marine Le Pen peut accéder au pouvoir ?

18:44
Xavier Bertrand

Non, ce n'est certainement pas une fatalité. Mais il faut aussi se battre et il faut aussi, je vous l'ai dit tout à l'heure, que les démocrates, les républicains fassent preuve à la fois de fermeté et répondent aux questions des Français et aux problèmes des Français. C'est ce que j'essaye de faire moi dans ma région. Visiblement, s'ils ont reculé, c'est peut-être parce qu'il y a un peu moins de colère, un peu moins de misère. On n'a jamais fini tout ce travail. Mais encore une fois, ça vaut la peine si on fait de la politique de vouloir changer, améliorer la vie des gens.

19:07
Invité

À huit mois, sept mois des européennes, vous n'avez toujours pas votre tête de liste, alors que Jordan Bardella est nommé, Marion Maréchal également. Ça tarde un peu, non ?

19:16
Xavier Bertrand

Oui, oui, oui, ça tarde, oui. Ça tarde, mais surtout, ce qui est important, c'est de déterminer la ligne. Il faudra que la ligne soit bel et bien européenne. Vous voyez, vous m'avez...

19:24
Invité

Je crois que Xavier Bellamy, pour vous, c'est un bon candidat.

19:26
Xavier Bertrand

Écoutez, j'attends aussi de voir un peu quelles seront ses positions sur un débat qui interviendra bientôt, notamment qui est l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution. Ce sera aussi important pour moi de savoir s'il veut être tête de liste, quelle est sa position sur cette question. Moi, j'y suis favorable. Je n'ai pas le sentiment qu'en France, il y a la même remise en cause que celle qu'il a pu y avoir aux États-Unis, mais je pense que cette inscription a effectivement du sens.

19:48
Présentateur

Quelques mots sur le Proche-Orient, l'armée israélienne étant ses opérations terrestres à toute la bande de Gaza, notamment vers le sud. Ce samedi, Emmanuel Macron a haussé le ton avec une vigueur inédite à l'égard de la stratégie israélienne appelant un cessez-le-feu durable et déclarant la destruction totale du Hamas. Est-ce que quelqu'un pense que c'est possible si c'est ça l'objectif, a dit le Président de la République,

20:13
Xavier Bertrand

la guerre durera dix ans ?

20:15
Présentateur

Il a raison.

20:16
Xavier Bertrand

Moi, je pense que c'est possible et je pense que c'est absolument nécessaire d'éradiquer le Hamas. Je ne suis pas d'accord avec les propositions du Président qui nous disaient, voilà quelques semaines, qu'il fallait une coalition internationale contre le Hamas. C'est quand même quand il va en Israël et quand il se rend dans cette région du monde, c'est quand même ce qu'il propose. C'est le même qui nous dit aujourd'hui, non, ça ne sert à rien d'éradiquer le Hamas et puis ça va nous faire dix ans. Je suis désolé. Pour Israël, le Hamas, c'est une question existentielle. Moi, je n'oublie pas ce qui s'est passé le 7 octobre. Je n'oublie pas ce qui s'est passé le 7 octobre.

On n'avait jamais vu de telles scènes depuis la Shoah. Il n'est pas question de traiter ça comme un événement de l'actualité. C'est un drame absolu. Et derrière ça, la question du Hamas, c'est pas seulement le sujet d'Israël, c'est notre sujet. Israël, c'est la pointe avancée de l'Occident. Les terroristes du Hamas, vous en avez aussi, qui sont sur notre territoire et qui peuvent passer à l'acte. Donc, éradiquer le Hamas, c'est absolument nécessaire. C'est vrai que ça prendra du temps, mais une chose est certaine, c'est que ce combat, c'est le combat de tous.

21:14
Invité

Mais vous ne pensez pas que même s'ils affaiblissaient le Hamas militairement, demain, il y a un autre Hamas qui naîtrait tant que les Palestiniens n'ont pas de droit,

21:22
Xavier Bertrand

ça peut continuer ? L'hydre islamique, vous devez faire attention si vous coupez l'une des têtes, est-ce qu'il n'y a pas une nouvelle tête qui revienne ensuite ? Mais pourquoi aussi ? C'est tout simplement parce que bien souvent, quand on pense avoir eu une victoire militaire ou une victoire politique, derrière, qu'est-ce qui se passe ? Vous passez à autre chose. Le problème, c'est que beaucoup de responsables politiques font du zapping, passent d'un sujet à l'autre. Or, il faut savoir très clairement ce qu'on veut et il faut justement vaincre cet islamisme.

21:48
Invité

Merci Xavier Bertrand d'avoir été avec nous ce matin.

21:51
Présentateur

Il est 8h46.

Attentat près de la tour Eiffel : "Nous sommes un des pays les plus exposés", estime Xavier Bertrand — Xavier Bertrand · Pourquijevote