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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 1 juin 2020 7 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Interview "Découverte" : Sixième nuit de tensions aux États-Unis, Trump dénonce la mouvance Antifa - 01/06

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 40 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31ComplaisanteRéponse directe

    Bonjour Audrey Célestine, vous êtes maître de conférence à l'Université de Lille, spécialiste des questions raciales américaines.

  • 2:03OuverteRéponse directe

    Ce policier, Derek Chauvin, doit comparaître aujourd'hui devant un tribunal pour la première fois.

  • 2:18OuverteRéponse directe

    Pourquoi la vie des Noirs ne compte pas suffisamment aux États-Unis ?

  • 3:09OuverteRéponse directe

    Vous dites que Donald Trump a permis la libération de la parole raciste ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Des responsables politiques accusent des groupes d'extrême-gauche et des suprémacistes blancs.

  • 5:09OuverteRéponse directe

    Ça a dépassé la question raciale ou pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:06InvitéFait
    « On sait que c'est une commerçante qui a appelé la police le 911. »
  • 1:15InvitéFait
    « Elle se dit victime d'une arnaque. »
  • 1:27InvitéFait
    « George Floyd est maintenu à terre, à proximité d'une voiture. »
  • 1:32InvitéChiffre
    « Le policier qui a été inculpé ensuite pour homicide involontaire serait resté 8 minutes et 46 secondes le genou sur le cou de George Floyd. »
  • 1:48InvitéFait
    « On entend George Floyd dans cette vidéo supplier les policiers, dire qu'il ne peut plus respirer. »
  • 1:52InvitéChiffre
    « Le policier qui intervenait à ce moment-là a maintenu son genou sur le cou de George Floyd pendant 2 minutes et 53 secondes après les supplications de l'afro-américain. »
  • 3:47PrésentateurFait
    « « MAGA adore les Africains américains » »
  • 4:07PrésentateurFait
    « de suppression du vote des Noirs américains »
  • 5:17PrésentateurChiffre
    « le gouverneur du Minnesota hier a dénoncé le fait que 80% des personnes arrêtées pour émeute ne venaient pas de l'État. »

Temps de parole

  • Présentateur53 %
  • Présentateur 226 %
  • Invité21 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. Bien, nous allons revenir sur ce qui se passe aux Etats-Unis parce que c'est grave. Je lisais ce que déclarait cette femme noire de 31 ans. Nous avons des enfants noirs, nous avons des frères noirs, des amis noirs. Nous ne voulons pas qu'ils meurent. Nous sommes fatigués que ça se répète. Cette génération ne se laissera pas faire. Nous en avons assez de l'oppression. Nous en avons assez de l'oppression. C'est ce que dit cette femme de 31 ans. Audrey Célestine, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes maître de conférence à l'Université de Lille, spécialiste des questions raciales américaines.

Je vais revenir sur ces déclarations, sur ces manifestations, sur un peu d'explications. Ce n'est pas facile de tout expliquer parce que là se mêle. Non seulement il y a la question raciale, mais il y a aussi l'extrême gauche qui s'est mêlée aux manifestants. Il y a les suprémacistes blancs, évidemment, qui sont là aussi pour attiser la haine et attiser le feu. Des précisions sur la mort de George Floyd. On en sait un peu plus qu'Antin Vinet.

1:06
Invité

On sait que c'est une commerçante qui a appelé la police le 911. On est lundi dernier, il y a une semaine précisément, accusant George Floyd d'avoir payé des cigarettes avec un phobie. Elle se dit victime d'une arnaque. La police lui demande alors à cette commerçante si le suspect est blanc, noir, amérindien, hispanique ou asiatique et intervient quelques minutes plus tard dans la rue. George Floyd est maintenu à terre, à proximité d'une voiture. Les médias américains ont réalisé un décompte. Le policier qui a été inculpé ensuite pour homicide involontaire serait resté 8 minutes et 46 secondes le genou sur le cou de George Floyd.

Alors quelques instants ont été filmés par une adolescente, c'est la vidéo que l'on voit sur les réseaux sociaux. On entend George Floyd dans cette vidéo supplier les policiers, dire qu'il ne peut plus respirer. Le policier qui intervenait à ce moment-là a maintenu son genou sur le cou de George Floyd pendant 2 minutes et 53 secondes après les supplications de l'afro-américain.

2:03
Présentateur

Bien, Audrey Célestine, ce policier, Derek Chauvin, doit comparaître aujourd'hui devant un tribunal pour la première fois. On entend les manifestants scander, beaucoup de manifestants scandent, la vie des Noirs compte. Pourquoi ? Parce qu'aux Etats-Unis aujourd'hui, la vie des Noirs ne compte pas ? Pour un certain nombre de personnes, pour une grande partie d'entre eux afro-américains, non, elles ne comptent pas, elles ne comptent pas suffisamment. En tout cas, elles ne comptent pas au même titre que celles des autres citoyens américains. Black Lives Matter, c'est un slogan, c'est le nom aussi d'une organisation, d'un mouvement politique.

Qui a été reçu d'ailleurs à la Maison-Blanche à l'époque de Barack Obama. Qui a été reçu à l'époque de Barack Obama et puis qui s'est mobilisé dans un certain nombre de cas qui ont été médiatisés il y a quelques années. Qui a également provoqué un certain nombre de réformes dans des polices locales dans certains coins du pays. Mais qui, dès la campagne de Donald Trump, a été considéré comme un groupe terroriste. En tout cas, de manière rhétorique, il n'y a rien qui a été fait sur le plan judiciaire. Mais l'ambiance a complètement changé sous Donald Trump. Vous dites que Donald Trump a permis la libération de la parole raciste ? Oui, très clairement.

Le racisme ne commence pas aux Etats-Unis avec Donald Trump, ce serait... Non. Mais de fait, on a une grosse libération de la parole raciste. On a un certain nombre de... Vous voyez, dans cette période pendant laquelle un président prônerait l'unité, prendrait acte d'un certain nombre de choses, il a fait vraiment le service minimum. Et pour le coup, il continue à alimenter des tensions extrêmement fortes. C'est assez parlant.

Il y a deux, trois jours, il parlait de sa base électorale, du peuple MAGA, donc « Make America Great Again », qui est son slogan de campagne, en disant « MAGA adore les Africains américains », un peu comme s'ils ne faisaient pas partie de ce peuple-là qu'il est censé représenter. Donc oui, de fait, il y a quelque chose dans la présidence de Donald Trump, à la fois dans ses attitudes, ses discours, mais également dans le renforcement d'un certain nombre de politiques, de suppression du vote des Noirs américains, dans un certain nombre de politiques qui vont toucher de manière disproportionnée les Africains américains, qui alimentent d'autant plus la colère aujourd'hui.

RNC, 6h-9h, Vaudin Direct. Il est 6h46, Audrey Célestine est avec nous, maître de conférence à l'Université de Lille, spécialiste des questions raciales américaines, des responsables politiques accusent, des groupes d'extrême-gauche et des suprémacistes blancs. Quentin Vinet.

4:36
Invité

Oui, les médias américains et les journalistes présents sur place, eux, racontent que beaucoup de manifestants sont en fait des citoyens ordinaires, non politisés, mais effectivement, le gouverneur du Minnesota assure que les manifestants sont des anarchistes, des suprémacistes blancs ou des trafiquants de drogue qui agissent, pourquoi ? Pour instiller la peur et déstabiliser les grandes villes. Et selon lui, la situation aujourd'hui n'a rien à voir, n'a plus rien à voir avec le meurtre de George Floyd. Donald Trump lui dénonce également les agissements de gauchistes radicaux, notamment la mouvance antifasciste qu'il considère désormais comme une organisation terroriste.

5:09
Présentateur

Oui, Audrey Célestine, ça a dépassé la question raciale ou pas ? Alors, ça a dépassé la question raciale si on ne considère pas que la question raciale, c'est une question assez globale. De fait, effectivement, le gouverneur du Minnesota hier a dénoncé le fait que 80% des personnes arrêtées pour émeute ne venaient pas de l'État. Il a plutôt pointé du doigt le fait qu'il s'agissait de suprémacistes blancs.

Et on voit circuler, enfin, il y a plein de choses qu'on ne sait pas en fait, mais on voit circuler sur les réseaux sociaux pas mal de vidéos, de manifestants qui prennent des vidéos et qui montrent des personnes qui, visiblement, n'ont rien à faire de la cause et qui taguent, qui cassent, etc. Après, je pense qu'il y a plutôt des suprémacistes blancs qui n'ont pas grand-chose à faire des injustices raciales du pays. Mais après, ce qu'on voit aussi, c'est que comme à beaucoup de moments de l'histoire des États-Unis, lorsqu'on a des émeutes, des commerces se sont touchés, des commerces se sont brûlés.

Et je voyais ce matin qu'un des sociologues spécialistes des questions d'inégalité urbaine aux États-Unis disait, mais en fait, une des particularités cette fois, c'est quand même qu'on a beaucoup de grandes chaînes qui sont touchées. Il y a aussi quelque chose d'une dénonciation d'un système économique qui est particulièrement injuste, qui depuis les années 2000 a approfondi très fortement les inégalités dans le pays. Enfin, ce n'est pas qu'aux États-Unis, on est dans une situation globale comme celle-ci et qu'on avait en fait la conjonction de plein de choses qui se rencontraient. Et puis, le coronavirus a ajouté à la crise, si je puis dire.

Évidemment, parce que les plus touchés, ce sont les plus modestes, et la population noire aux États-Unis. C'est effectivement la population noire, mais c'est aussi le taux de chômage qui explose aux États-Unis, l'absence de filets de sécurité pour une grande partie de la population, et effectivement des populations particulièrement vulnérables. Je voudrais juste revenir un instant sur la situation politique qui, pour moi, est vraiment importante. Il y a de la contestation politique de Trump également, parce que ce qui est également visé là, c'est des tentatives et des politiques systématiques d'empêchement des citoyens noirs américains de participer pleinement au processus politique.

Et on est quand même dans une année électorale. Merci.

7:22
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.