La prise de parole d'Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bien, merci beaucoup. J'ai souhaité en effet réunir en début de matinée, d'ailleurs pour la première fois sous cette forme, l'ensemble des organisations syndicales du monde agricole. Et je remercie les dirigeants qui, à mes côtés et aux côtés des ministres, se sont rendus à cette invitation qui nous a permis, après tous les échanges qu'il y a eu avec le Premier ministre, les ministres et les différentes réunions bilatérales que j'avais eues ces dernières semaines, d'aborder les questions de fond et la crise agricole que nous vivons. Je pense que c'était important et je le dis parce qu'il faut être à la fois humble et lucide. On ne répondra pas en quelques heures à cette crise agricole.
Elle ne sera pas réglée aujourd'hui ou durant ce salon. Et le salon de l'agriculture est un moment important pour nos agriculteurs. C'est des mois de travail pour les exploitants qui viennent ici présenter leur bête, leur travail. C'est très important pour nos compatriotes. C'est un moment de fierté, de reconnaissance. Et donc il faut que ce salon se passe bien, dans le calme, pour l'agriculture française et nous partageons tous ce même objectif. Maintenant, je veux parler sur le fond de ce que nous nous sommes dit, de ce à quoi je m'engage. D'abord, je veux ici redire que depuis le premier jour, je suis aux côtés de nos agriculteurs et de l'agriculture française.
En lançant dès 2017 les états généraux de l'alimentation à Rungis, qui ont donné lieu à plusieurs lois, à des plans de filière inédits pour le revenu et pour la transition. Ensuite, je ne l'oublie pas, en ayant des mots clairs et forts pendant la période du Covid, où j'appelais à l'importance de cette souveraineté alimentaire, disant que personne ne pouvait déléguer le soin de nourrir à la population française. Et cette deuxième ligne que sont nos agriculteurs, nous en avons eu tant besoin. Et je pense à nos agriculteurs, mais aussi à tous les salariés de nos PME de l'agroalimentaire. Et donc nous les avons reconnus, on en a besoin d'eux, on les a accompagnés.
Et puis, il y a deux ans, j'étais jour pour jour ici même dans le salon. Je crois que j'ai fait la présence présidentielle la plus longue dans l'histoire du salon. J'ai fait aussi la plus courte. C'était il y a deux ans. La guerre commençait en Ukraine. Et j'ai dit aux agriculteurs qu'on aurait besoin d'eux dans cette période. Et c'est le cas. Et puis, durant ces dernières années, on a procédé ensemble à des avancées majeures, avec des plans de filière inédits, un lancement d'un plan protéine, avec l'assurance récolte, qui était une demande depuis des décennies que nous avons mise en place, avec aussi des retraites agricoles qui étaient attendues depuis tant d'années.
Donc beaucoup de choses ont été faites et ont avancé. Néanmoins, on a aujourd'hui une crise, qui est une crise de revenus, une crise de confiance, une crise de reconnaissance. Et donc, je le dis ici aussi, nous avons besoin de mettre de la reconnaissance, du respect, de la fierté, pour le modèle agricole et pour nos agriculteurs. C'est ce dont nous avons discuté à l'instant avec l'ensemble des représentants. Premier point sur lequel je voulais insister sur le fond. D'abord, on a un modèle agricole qui est solide et est clé pour le pays. La ferme française, ce sont près de 400 000 exploitants agricoles.
C'est un modèle qui produit, qui pour l'essentiel des filières est souverain et permis de nourrir la France. Et nous consommons un tiers des calories que nous produisons, nous en exportons deux tiers. Donc on a, aujourd'hui, nous sommes une puissance agricole avec une diversité de modèles, avec des années, les deux dernières années, qui ont été des bonnes années en termes de revenus à l'échelle du pays, mais des difficultés et des exploitations qui sont en difficulté réelle et profonde. On a des filières qui sont en grave difficulté, fruits et légumes, arboriculture, élevage.
Et on a des régions qui sont en vraie difficulté parce qu'elles ont des problèmes d'adaptation climatique ou sectorielle. En parallèle, il faut rendre aussi ici hommage et reconnaître tout le travail fait par nos agriculteurs. Ils ont fait tout ce travail, ils ont produit, nourri la France en baissant les intrants. Et ça, il faut rendre cet hommage. C'est-à-dire que depuis 2018, pour la première fois, on a baissé nos produits phytosanitaires. De plus de 90% pour les plus dangereux, ce qu'on appelle les CMR1, mais on a déjà réduit d'un tiers les glyphosates. Donc on est en train de réduire l'usage de ces intrants et les choses avancent, avec néanmoins une variété de situations.
Et je crois qu'on s'est tous mis d'accord sur ce constat de manière générale. Maintenant, quels sont les objectifs ? Quel est le cap qu'on va poursuivre ? On a trois objectifs pour la Femme France. Le premier objectif, c'est de nourrir le peuple français et d'avoir cette souveraineté française et européenne, souveraineté agricole et alimentaire. Le deuxième objectif, c'est de protéger. Protéger nos sols, protéger le pays, parce que ça, c'est aussi l'intérêt des agriculteurs. Ils le savent, ils le portent, dans la mesure où cette protection, c'est leur outil de travail. Et c'est aussi protéger les agriculteurs eux-mêmes, nos compatriotes, c'est la transition.
Et le troisième objectif, c'est le renouvellement, parce que le défi de la Femme France, c'est sa transition démographique et qu'on sait qu'on va avoir près de 200 000 exploitants agricoles à recruter dans les années qui viennent, d'ici à la fin de la décennie. Face à ça, j'ai pris l'engagement ce matin ici devant les organisations syndicales, d'abord de reconnaître notre agriculture et notre alimentation comme un intérêt général majeur de la nation française. Ce sera inscrit dans la loi, ce qui permettra de protéger notre agriculture de manière ferme et solide. Ensuite, il y a la bataille du revenu. C'est la plus importante, celle que je posais d'Hérangis.
Je le disais, égalime 1, 2, 3 ont permis d'avancer. Nous allons renforcer les contrôles. Et donc, là-dessus, ça a déjà été fait, etc. Je veux ici prendre l'engagement que les fruits de ces contrôles et les amendes qui seront perçues seront reversés au monde agricole pour accompagner les transitions et financer les mesures de trésorerie. Et donc, c'est pour moi un élément clé de cohérence. Ensuite, au-delà de cela, nous allons renforcer, là aussi, les contrôles et la transparence sur la restauration collective et les débouchés. C'est déjà dans la loi égalime 2, mais pour que les consommateurs sachent exactement où l'on va et comment les objectifs sont remplis.
Deuxième élément, à court terme, il y a, et ça a été souligné par plusieurs organisations, des difficultés de trésorerie réelles et des situations absolument dramatiques qui existent. Face à cela, nous allons mettre en place, mais pour plusieurs secteurs, pas simplement l'agriculture, on sait qu'on a aussi dans le bâtiment l'artisanat des difficultés comparables qui sont liées au contexte macroéconomique, un plan de trésorerie d'urgence.
Dès la semaine prochaine, les ministres, ici présents avec moi, avec leurs collègues de l'économie et des finances, rassembleront les banques et l'ensemble aussi des secteurs pour pouvoir mettre en place ces plans de trésorerie et nous lancerons un recensement dans chaque région des exploitations qui sont dans les plus grandes difficultés de trésorerie pour pouvoir les accompagner. Mais je souhaite aussi qu'on aille plus loin au niveau national et au niveau européen. En effet, la mission parlementaire a été lancée, mais si on veut vraiment répondre à la question du revenu, on doit protéger le revenu agricole.
Et donc, dans chaque filière, on sait qu'on a un indicateur maintenant qui doit être construit. Cet indicateur doit servir de prix plancher pour permettre de garantir justement le revenu agricole. Et donc, l'objectif que je fixe aux travaux qui ont été lancés par le Premier ministre et ses ministres, et en particulier les travaux parlementaires, c'est qu'on puisse déboucher sur véritablement ces prix planchers qui permettront de protéger le revenu agricole et de ne pas céder à toutes les pratiques les plus prédatrices qui, aujourd'hui, sacrifient nos agriculteurs et leurs revenus. Ensuite, on a un travail européen. Je l'ai annoncé il y a quelques semaines.
Nous devons lancer un égalime européen, car nous avons aujourd'hui des grands groupes de distribution qui ne jouent pas le jeu et utilisent l'Europe pour contourner la loi française. Et donc, nous allons durcir cela aussi par un travail au niveau européen. En parallèle de cela, les éléments de compétitivité qui ont été annoncés par le Premier ministre et les ministres, les éléments de filière, en particulier pour l'élevage, évidemment, seront mis en oeuvre dans les semaines qui viennent. Je le dis, ils sont activables dès cette année et ils seront transcrits dans les textes financiers qui viendront dans les mois à venir, mais j'en confirme ici l'engagement.
Ensuite, il y a évidemment l'objectif de simplification, qui est absolument clé. La complexité, elle mange du revenu, elle mange du temps agricole, elle pèse aujourd'hui sur les exploitations. Cette simplification, nous allons évidemment la poursuivre. Ce sont les 62 mesures qui sont portées par le gouvernement, et donc nous allons les mettre en oeuvre. On gardera nos objectifs en matière phytosanitaire. Très clairement, il n'y aura toujours, je l'ai dit, pas d'interdiction sans solution, mais on va simplifier les modalités, en particulier sur le Conseil stratégique phytosanitaire.
J'ai indiqué que nous le suspendrons pour trouver une mesure beaucoup plus pragmatique, compte tenu des complexités, qui s'adaptera par filière et par territoire. Ensuite, nous devons accompagner la transition. Et donc l'accompagnement se fera par la consolidation de mesures par filière financière et part aussi de la recherche finalisée filière par filière, comme on a su le faire, par exemple, sur l'oeuf, comme on est en train de le faire sur le néonicotinoïde, et comme on veut le faire sur l'élevage. Et donc là, ce sont des plans d'accompagnement par filière que nous allons finaliser. À côté de ça, j'ai pris l'engagement ici, que nous allions mobiliser nos ressources.
Nous savons que l'eau est en train de devenir une ressource rare. Je l'ai dit il y a maintenant plusieurs années. J'ai lancé un plan eau il y a maintenant un an. Il est en train de se déployer. Il y a des endroits où il se déploie bien. Il y a des endroits où il est beaucoup plus difficile, parce que les conflits d'usage ne sont pas les mêmes, parce qu'aussi le stress hydrique n'est pas le même.
Et donc, à cet égard, nous allons aussi déployer dans la réponse structurelle à notre modèle agricole des plans d'adaptation, pour bâtir aussi de nouvelles filières dans les territoires qui doivent s'adapter et changer parfois de modèle, mais aussi, je le dis très clairement pour nos agriculteurs, pour que l'agriculture soit un usage priorisé dans l'utilisation de l'eau sur nos territoires. Il y a ensuite la question de l'installation et de la transmission pour nos jeunes. Le projet de loi a été échangé. Il est en train d'être finalisé. Il sera présenté le 20 mars prochain au Conseil des ministres. Et il se nourrira aussi des échanges qui se sont tenus.
Puis enfin, il y a la question de l'Europe, parce que tout ce que je dis là doit se décliner au niveau européen. Et je compte continuer de défendre en Europe deux choses, la production et la protection. La production, c'est que nous ne pouvons pas avoir une Europe qui va dans le sens d'une décroissance et qui va vers une réduction de sa production, parce que nous voulons rester souverains, parce que nous sommes sur une planète qui va avoir de plus en plus de défis alimentaires. Et donc, l'Europe doit continuer d'être une grande puissance alimentaire et agricole pour elle-même, mais aussi pour l'export. Et l'Europe doit investir davantage dans la transition des modèles agricoles.
Et c'est ce que nous porterons. En parallèle, j'ai demandé à ce que soit lancé un travail de simplification. Il commence. Nous avons obtenu ce qui était demandé sur les jachères, avec une exception pour cette année sur les 4% de jachères, où seront permis, justement, des éléments de la production de différentes catégories, aujourd'hui, de cultures. Nous avons aussi obtenu de la commission une simplification qui était attendue par beaucoup d'agriculteurs sur les prairies, parce qu'on était dans une situation ubuesque, où des agriculteurs à qui on avait demandé d'arrêter l'élevage se retrouvaient obligés de faire des prairies alors qu'ils ne faisaient plus d'élevage.
Là, nous avons obtenu un bouger de la commission et qui sera validé par les ministres de l'Agriculture dès lundi. Et donc, nous allons, là, avancer sur ce sujet, poursuivre ce travail de simplification, et on le fera sur tous les sujets au niveau européen. En méthode, il est clair que la nature de la tension qu'il y a aujourd'hui dans le monde agricole ne permet pas, au moment de ce salon d'aujourd'hui, de trouver une issue à la crise. Je viens ici de prendre des engagements à l'issue de cette réunion avec les organisations syndicales.
Le gouvernement, depuis plusieurs semaines, travaille sur un plan avec 60 de mesures qui sont déjà toutes lancées, et pour certaines, mises en œuvre, et nous allons continuer le travail. Le premier objectif à court terme, c'est que le salon doit se tenir dans le calme. Vous entendez les énervements dès ce matin, et je le dis pour tous les agriculteurs, vous n'aidez aucun de vos collègues en cassant des stands, vous n'aidez aucun de vos collègues en rendant le salon impossible, et, en quelque sorte, en faisant peur aux familles, y venir. C'est contre-productif.
Et donc, j'appelle tout le monde ici au calme, et cette semaine doit se passer dans les meilleures conditions possibles, parce que ce sont des mois de travail pour beaucoup d'agriculteurs qui sont là, qui portent parfois le fruit de travail d'une vie, de toute une exploitation avec fierté, et il faut que nos compatriotes puissent y venir dans le calme, l'inquiétude qui va avec ces salons.
C'est pourquoi, ce matin, j'ai pris des engagements qui répondent déjà à plusieurs demandes, un engagement de méthode, vous l'avez compris, il y aura dès lundi des mesures d'urgence de trésorerie avec ces rencontres, le travail se poursuit, le gouvernement poursuit le travail des mesures, et dans 3 semaines, je réunirai à l'Elysée, donc après le salon, dans le calme, donc dans 3 semaines à l'Elysée, je réunirai l'ensemble des organisations syndicales, l'ensemble des filières du monde agricole et les parties prenantes que nous aurons définies ensemble pour, d'une part, consolider les mesures d'urgence, d'autre part, consolider et officialiser les engagements nationaux et européens, et 3, bâtir véritablement un plan d'avenir agricole français et européen à 2040, qui sera ensuite décliné par filière et par territoire avec des contrats d'avenir très précis et une méthode que nous aurons établie.
Il y a des mesures d'urgence, mais on le voit très profondément, il y a un besoin de vision, de cap pour notre agriculture, qui est essentiel à la nation. Ceci suppose de continuer à travailler avec calme, méthode et détermination. Moi, je serai toujours aux côtés de notre agriculture, comme je suis depuis le 1er jour, avec esprit de responsabilité, avec engagement et avec efficacité.
Vous maintenez la déambulation ? Vous maintenez la déambulation, M. le Président ?
Je vais voir dans un instant. Je sors de la réunion de l'intersyndicale. Je vais maintenant regarder la situation et on va regarder avec les organisateurs pour que les choses se passent dans le calme.
Il y a eu des violences assez impressionnantes. Les forces de l'ordre sont débordées par moment. C'est un peu un peu de hasard en ce moment. Est-ce que ça vous permet de déambuler ?
Mais je pense que nous sommes tous faits. Nos agriculteurs, ils savent ce que c'est que le désordre. Parce que parfois, ils le subissent dans leurs exploitations. Ils le condamnent quand ils le vivent. Donc je pense qu'ils auront à cœur de ne pas le faire subir aux autres.
Vous parliez de l'éthane, M. le Président, en revanchez-vous, d'avoir songé à inviter un mouvement comme le soulèvement de la terre. C'est ce qui a aussi...
Alors, je vais vous dire, je déments totalement cette information. Totalement. Je n'ai jamais songé initier une telle invitation. Et vous parlez au Président de la République qui a assumé de faire passer en Conseil des ministres la dissolution du soulèvement de la terre. Donc toute cette histoire m'a mis en colère à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Je suis le Président de la République qui a proposé de les dissoudre. Le Conseil d'État, et je respecte les décisions de justice, a ensuite cassé cette mesure. Mais j'ai proposé de les dissoudre. J'ai toujours condamné la violence. J'ai toujours condamné les associations, les groupements qui rentraient dans les fermes, qui attaquaient.
On a mis en place une cellule d'éméthère pour protéger les agriculteurs. Donc là, ça, c'est n'importe quoi. Ça n'a jamais été le cas. Moi, je suis du côté du calme, du civisme et du respect.
Est-ce qu'il y a des sanctions contre ceux qui l'ont proposé ?
Non, je comprends la colère. Je ne légitime jamais la violence et l'irrespect. Pour qui que ce soit. Il faut être cohérent. Ceux qui disent qu'on ne veut pas des gens qui ne partagent pas nos idées, mais qui les expriment avec violence dans nos exploitations, ne peuvent pas venir le faire au salon non plus. Donc je condamne toutes les violences, quelles qu'elles soient. Il n'y a pas de violence dans la République. On peut exprimer des désaccords. On peut manifester. C'est protégé constitutionnellement. On vote librement dans la diversité et le pluralisme des opinions. Mais à côté de cela, il y a un respect et il y a un calme.
C'est pourquoi toutes les associations qui pratiquent la désobéissance et les attaques de biens privés, la dégradation de biens privés et publics et l'atteinte aux personnes, je les condamne très fermement. J'ai proposé pour certaines, dont le soulèvement de la terre, leur dissolution. Et je considère qu'elles ont des pratiques inacceptables. Mais de la même manière, quand on a des individus, des groupements qui pratiquent la dégradation, les attaques ou qui sabotent des moments comme le salon, je pense que c'est inacceptable. Est-ce que vous y retrouvez la confiance ? Vous expliquez à un moment donné qu'il y a eu cette invitation potentielle. Mais je voulais vous répondre.
Il n'y en a pas eu.
Ah si, il y a eu.
Non, il n'y en a pas eu. Il n'y a pas eu d'invitation. Je vous le dis.
Il y avait cette volonté.
Il n'y a pas non plus eu la volonté. Il y a eu une hiérarche qui a été faite quand ce groupement a été cité. Mais c'est faux. Il y a eu la volonté d'organiser un débat avec toutes les parties prenantes, avec les distributeurs, avec la grande distribution, avec les industries agroalimentaires et avec les organisations qui sont dans les conseils. C'est-à-dire les organisations qui ont pignon sur rue, qui sont pacifiques et qu'on retrouve dans les conseils éco-phytos, etc. WWF, Greenpeace, etc. Je ne vais pas toutes les citer. Point barre. Les organisations qui pratiquent la menace, qui détruisent... Jamais. Et moi, je veux vous parler à quelqu'un qui a assumé de les dissoudre.
Qui d'autre l'a fait ? Il faut que ce soit clair pour nos agriculteurs parce que le message qu'on a laissé s'installer sur ma personne, sur le gouvernement, est inacceptable. Donc je le déments avec la plus grande fermeté. Mais après, à un moment donné, il faudra que ce dialogue se tienne. Il faudra que ce dialogue se tienne. Je le dis en toute sincérité. Parce que vous n'aurez pas... C'est une transition que vit notre pays. Et donc à un moment, il faut que toutes les parties prenantes puissent parler entre elles. Ce n'est pas le moment aujourd'hui. La tension est trop grande.
Mais à un moment, si vous ne mettez pas autour de la table les agriculteurs, les industriels, les distributeurs, les élus et les associations qui représentent la cause environnementale dans le respect de la loi, mais qui représentent cela et qui sont reconnues dans les instances de concertation, on n'avancera pas. Parce que sinon, on est pris d'une violence à l'autre. C'est-à-dire, on est pris par ceux qui détruisent parce qu'ils pensent qu'on ne va pas assez loin sur la transition et ceux qui détruisent parce qu'ils pensent qu'on va déjà trop loin. Donc là, on est dans un moment où il faut apaiser, mais il faut garder nos encres. Et je le dis d'autant plus que nous avons des résultats.
C'est que la ferme française, elle continue de produire, elle continue d'exporter et elle commence à faire sa transition. Et je le redis, pour la première fois depuis qu'on a mis en place un modèle agricole qui était basé sur la chimie après-guerre. C'est la réalité. Et c'est ce que la France a fait et organisé. Pour la première fois depuis 2018, on baisse les produits phyto. Simplement, il faut le faire au bon rythme, il faut laisser personne dans l'impasse, il faut le faire avec de la science et il faut le faire sans jamais baisser notre production. Voilà. C'est la politique que je suis. Je la suis depuis le premier jour.
Mais moi, je n'ai aucune complaisance avec les gens qui créent le désordre. Aucune. Vous pouvez retrouver
la confiance du monde agricole. Vous pouvez retrouver la confiance du monde agricole. Mais après,
bien évidemment qu'il faut le faire. Il faut le faire par des résultats sur le terrain, des éléments très concrets qui vont permettre de montrer que les choses avancent. Et on en a déjà eu. Et cette confiance, elle part par de rien. Enfin, qui a mis en place l'assurance récolte ? Qui a mis en place les retraites agricoles ? Qui a mis en place les plans de filière qui ont permis déjà de déboucher tant de choses ? Qui a mis en place les lois égalimes qui fait qu'au moment où je vous parle, si on n'avait pas égalimes, qu'on était resté simplement dans la loi de modernisation de l'économie ? Mais on ne serait pas dans la même situation.
Vous auriez la moitié de vos producteurs de lait qui seraient déjà au tapis. C'est ça la réalité ? Si elles sont respectées. Les contrôles ne sont pas suffisantes. Mais attendez. D'abord, ce n'est pas vrai qu'elles ne sont pas... Non, non, je dément totalement ces choses-là. D'abord, un, les lois sont respectées, elles sont contrôlées, il y a eu des amendes record. Deux, il y a beaucoup d'endroits où elles marchent bien. Maintenant, quel est notre problème ? Un, elle n'est pas encore suffisante parce qu'on a des situations où les indicateurs ne sont pas décidés par la filière, soit ces indicateurs ne permettent pas d'acheter tous les volumes et ne protègent pas assez le prix agricole.
C'est pour ça que je dis maintenant qu'il faut qu'on aille vers un prix plancher. Point. La deuxième chose, c'est qu'on a des mécanismes de contournement qui passent par les centrales d'achat européennes. Alors, on a essayé de les attraper dans EGALIME 2, je ne veux pas être trop technique, mais il y avait déjà des éléments de réponse. Et à côté de ça, on doit maintenant avoir un niveau européen qui nous permette d'attraper ces acteurs. Donc, c'est un élément, mais c'est normal, on doit continuer d'améliorer, mais on a déjà consolidé des résultats.
Après, le cœur de l'exaspération, ce qui a commencé, le « on marche sur la tête », il est assez vrai, c'est que comme notre monde agricole et alimentaire est extrêmement complexe parce qu'il est aussi très administré, c'est une économie mixte, parce qu'on a beaucoup de mécanismes d'intervention pour aider nos agriculteurs au niveau national européen, la ferme française, elle touche 10 milliards et demi à peu près de subventions, européennes et françaises. Donc, il y a beaucoup de contrôles.
Et ces contrôles, ils sont aujourd'hui parfois organisés de manière qui n'est pas satisfaisante, ils sont parfois trop nombreux dans des conditions qui ne sont pas bonnes, et on peut simplifier beaucoup de choses. C'est tout le travail qui a été lancé et c'est un travail vraiment d'exécution et de remise en cohérence de nos objectifs avec ce qui est fait sur le terrain. Les violences, la colère, on a tous le droit d'être en colère, moi-même, je me suis mis en colère.
Les violences qui ont eu lieu de l'intérieur notamment expliquaient que la colère des agriculteurs devait être entendue et qu'elle était légitime, quelles que soient les modalités de son expression et même s'il y avait des dégradations de bâtiments publics,
des blocages de tournois, par exemple. Non, alors, je vais être très clair avec vous. La colère, elle peut s'exprimer, c'est mieux quand il n'y en a pas, mais enfin, elle peut s'exprimer. Les éléments de blocage, les manifestations, ça fait partie des... je n'ai jamais légitimé et je ne pense aucun membre de mes gouvernements successifs les violences contre les biens, les personnes, publiques et privées. Ça, c'est une ligne rouge. Voilà. Pour qui que ce soit. Mais moi, je suis toujours de la même fermeté. C'est une ligne rouge. Parce qu'en République, il n'y a pas de violence. Il n'y a pas de violence contre les biens, contre les personnes.
On peut exprimer sa colère, on peut essayer de bloquer parfois les choses, même si ça crée toujours des ordres pour les autres, mais il ne peut pas y avoir de violence et il n'y a pas de compromission avec qui que ce soit. Parce qu'à ce moment-là, les lois de la République, elles décident ce qui est légal. Il n'y a pas un principe de légitimité. Si vous considérez, commencez à dire que telle violence est légitime, ce que je vais trouver légitime, vous n'allez pas le trouver légitime et vous allez trouver une autre cause. Et à ce moment-là, on détruit tout, tous ensemble.
Les coups de soin étaient excusés.
Non, mais enfin, je vais régler le problème tout de suite. On a le droit d'être en colère, on a le droit de manifester, on a le droit de s'exprimer librement. Rien ne justifie, n'excuse des violences contre les personnes et les biens. Voilà, point barre. Mais je vais... Vous savez quoi ? Là, je voulais vous parler de fonds. Je voulais vous donner le cap, le fonds, ce que nous sommes en train de faire. Vous savez, ce qui m'importe, c'est le présent et l'avenir de notre agriculture. Ce qui m'importe, ce sont nos agriculteurs dans leurs fermes que le revenu tombe, c'est que la vie de nos agriculteurs s'améliore et que dans le pays, les choses s'améliorent.
Après, je vais maintenant regarder avec le président du salon, les organisations, les équipes, les choses pour que la journée et surtout la semaine se passent dans les meilleures conditions possibles. Il faut du bon sens. Non, la priorité, c'est que, d'abord, l'agriculture française aille mieux et que ce modèle qui est une fierté française, une force de notre pays, où il y a beaucoup de choses qui vont bien, s'améliorent totalement et que le salon se passe dans les meilleures conditions. On ne s'arrête pas à l'écume des jours.
Vous ne redoutez pas d'être hué, sifflé ? Parce que là, c'est ce qui se passe.
En général, je ne redoute pas. Non, ça m'est égal.
Je me suis présente aux opposants politiques et notamment à l'extrême droite. Eux ont prévu de déambuler dans le salon. Est-ce que vous craignez qu'ils récupèrent cette colère agricole ?
Non, écoutez, je ne raisonne pas comme ça et je ne... Je suis là au service de l'intérêt général et du pays. Ce qui m'apporte, c'est d'apporter des réponses au concret. Ça fait 7 ans qu'on travaille, comme je l'ai dit, d'arrache-pied. Je n'ai pas attendu les difficultés d'aujourd'hui pour travailler sur l'agriculture française, m'engager, être à ses côtés. Quand ça allait bien au début pour donner des perspectives, quand c'était dur dans les crises, et je serai toujours là et je serai aux côtés de nos agriculteurs. Et après, je pense que nos agriculteurs, qui est des jeux politiques, je crois qu'on est tous lucides, mais après, je sais que nos agriculteurs sont aussi des gens lucides.
Ils savent qu'il y a un gouvernement, un président qui sont à leur côté et qui essaient de faire de leur mieux, qui a une Europe qui est parfois trop complexe mais dont ils ont besoin. Et je le redis ici aussi, j'aurai l'occasion d'y revenir, mais l'agriculture française, elle a besoin de l'Europe parce qu'elle a besoin d'un grand marché européen. Elle exporte beaucoup, l'agriculture française. Elle a besoin d'une PAC forte. C'est celle qu'on a négociée, qu'on a même sauvée il y a maintenant 3 ans. Et donc, on a besoin de continuer d'avoir une Europe forte, ouverte, ambitieuse, plus simple, plus accessible, plus intelligible parce que là, aujourd'hui, il y a trop de complexité.
On a besoin de cette Europe. Donc, il y a toujours les démagogies du moment, les raccourcis qui utilisent la colère. Mais la colère, il faut y répondre de manière profonde, la plus intelligente possible. Et donc, c'est en apportant ces réponses sincères, honnêtes, profondeur qu'on évite que d'autres la récupèrent avec des mesures de court terme et plutôt un plan d'appauvrissement du pays qui, je crois, est leur projet.
Justement, concrètement, le prix plancher, c'était une demande de longue date des agriculteurs. A partir de quand il sera mis en place l'objectif ?
L'objectif, c'est que dans la réforme que nous sommes en train de bâtir, et j'y reviendrai dans 3 semaines, nous puissions avoir, justement, filière par filière ces prix planchers et que dans un texte de loi qui viendra dans les prochains mois, EGALIME et la loi de modernisation de l'économie soient modifiées en ce sens. C'est dans quelques mois. Mais les négociations commerciales viennent de s'achever il y a quelques semaines. Donc il faut que ça puisse couvrir celles de l'année prochaine. Ce sera le cas. Merci à tous et toutes. A tout de suite.
Emmanuel Macron