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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 4 août 2022 25 min

Rejet de la taxe sur les superprofits : François Ruffin dénonce une "injustice majeure"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bienvenue si vous nous rejoignez sur France Info, la radio et sur France Info, canal 27 pour l'invité du 8h30 avec à mes côtés, et à mes côtés comme chaque matin, Jean-François Akili. Bonjour Jean-François.

0:09
François Ruffin

Bonjour Céline.

0:10
Présentateur

Et bonjour à vous François Ruffin. Bonjour. Député la France Insoumise de la Somme, merci d'avoir accepté notre invitation ce matin. Alors vous avez sans doute lu comme nous l'interview de Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, qui annonce dans le Figaro que la loi immigration qu'il devait défendre au mois d'octobre prochain va être reporté, au moins de quelques semaines, à la demande d'Elisabeth Borne pour permettre un grand débat au Parlement. Est-ce que vous saluez un changement de méthode de la part de l'exécutif ?

0:37
Invité

Non mais qui se débrouille, puis la méthode on en discutera plus tard. Moi je vais vous dire pourquoi je suis là aujourd'hui. Je suis là aujourd'hui parce que je suis venu il y a à peu près un mois à France Info, c'était vos collègues qui m'interrogeaient, qui me disaient vous avez vu le président de la République qui était au G7, il a parlé des profiteurs de guerre, il cause comme vous, est-ce que vous saluez ça ? Je lui ai dit attendez, moi on va voir ce qu'il fait quand il rentre à la maison, parce que souvent on a un Macron qui à Davos se prétend écolo, contre l'injustice, ainsi de suite, et on va voir là, sur Total, ce qui se passe. Et là on le voit aujourd'hui.

C'est-à-dire qu'on a des maxi-profits de Total, y compris là au deuxième trimestre, puisqu'on est à 10 milliards sur les 6 premiers mois, que décide de faire le gouvernement ? Rien, zéro taxe sur les mégaprofits. Là j'ai Antonio Guterres qui est le secrétaire général de l'ONU qui vient de déclarer « Il est immoral que les firmes de pétrole et de gaz fassent des profits records sur le dos des plus pauvres. Je presse tous les gouvernements de taxer ces profits excessifs et d'utiliser cet argent pour les plus fragiles. » Voilà ce qu'on ne fait pas en France. Sachant qu'en plus, quand même, parce que ce n'est pas terminé, Total ne paye pas d'impôts sur les sociétés en France. Zéro euro !

Et on a face à ça un gouvernement qui pose les mains sur ses joues, regarde le fer, il n'y a pas de problème.

1:44
François Ruffin

Pas de taxe sur les super profits, c'est ce qui sort de la loi pouvoir d'achat. Ça, ça vous énerve ça ?

1:49
Invité

Ce n'est pas que ça m'énerve, c'est quand même une injustice majeure. J'avais hier, pendant toute ma matinée, j'ai passé à discuter avec des patrons de PME qui sont dans le bâtiment, qui sont dans la restauration, qui sont dans la communication. Je leur demande quel est votre taux d'impôt sur les sociétés. Leur taux d'impôt sur les sociétés, il est à 15%, il est à 17%, il est à 24% en moyenne, c'est 24% sur les TPE-PME. Là, on est à 0% sur Total, qui va enregistrer 10 milliards d'euros. Sur les 6 premiers mois de l'année, on va peut-être être à 20 milliards sur la totalité de l'année, et il n'y a pas un impôt là-dessus.

Je signale quand même que les États-Unis sont pour mettre en place cette taxe, la Grande-Bretagne, ce n'est pas un pays anticapitaliste, ils ont mis en place cette taxe. De façon provisoire. Oui, d'accord, mais l'Italie a mis en place cette taxe, la Roumanie a mis en place cette taxe, et nous, on ne fait rien. Il faut voir que ça a des conséquences. Ce n'est pas seulement les gros riches qui se gavent là-haut, parce que M. Pouyanné, le patron de PDG de Total, a pris plus de 52%, donc c'est quand même des profits qui sont faits sur la guerre en Ukraine et sur du gasoil à près de 2 euros, même si là, il est un peu descendu.

Mais en plus, il refuse, enfin, il ne paye pas d'impôt sur les sociétés en France. On est dans un espèce de délire, et c'est gros comme une vache pour moi au milieu du couloir.

2:57
Présentateur

On avait prévu d'y venir, rassurez-vous, François.

2:59
Invité

En tout cas, on avait prévu d'y venir sur cette taxe rejetée sur les super-profits. On est le 4 août. On est le 4 août. C'est quoi le 4 août ? C'est l'abolition des privilèges qu'on a fait il y a 233 ans, nos aînés à l'Assemblée nationale. Qu'est-ce que font les députés aujourd'hui à l'Assemblée nationale ? Ils couvrent les nouveaux seigneurs, ils protègent leurs privilèges. Il y a la nécessité aujourd'hui d'avoir une nouvelle nuit du 4 août qui fasse que, simplement, M. Total, M. Amazon, M. Hubert, ils payent leurs impôts au moins à l'égalité des TPE, PME. Je veux dire, ça relève d'un simple bon sens. Il faut voir que ça, c'est pas seulement un problème de riche et de pauvre.

3:33
François Ruffin

Vous savez ce qu'il dit, c'est que Total pour 2022 devrait payer des impôts parce que les activités de raffinage ont explosé, là.

3:39
Invité

D'accord, mais comment ça se fait qu'ils n'en ont pas payé en 2021, en 2020, en 2019 ? Quand il y a des stations Total sur le long de l'autoroute, partout, c'est pas par philanthropie qu'ils les installent. S'il y a des raffineries en France, c'est bien qu'il y a du boulot qui a été fait. Donc, comment ça se fait que depuis des années ? Mais c'est vrai pour Total. Mais malheureusement, vous savez, c'est vrai pour Renault qui ne paye pas d'impôts sur les sociétés en France. C'est vrai pour Sanofi qui s'est gavé gigantesquement ces dernières années, qui distribue des milliards de profits à ses actionnaires.

4:05
François Ruffin

Et les 500 millions d'euros de ristournes sur les carburants accordés par Total, pour vous, c'est pas assez ?

4:10
Invité

On va pas arriver à 1%. Vous savez, il y a eu la première ristourne, c'est toujours l'opération pièce jaune. On avait Bernadette Chirac dans le rôle de l'opération pièce jaune. Maintenant, on a Total, Macron, Bruno Le Maire, qui se mettent tous à nous faire des opérations pièce jaune. C'est une opération pièce jaune qui continue, qui n'est pas du tout... Là, on est en train de parler de dizaines de milliards d'euros. Il faut voir que... J'interrogeais un économiste de l'OFCE hier. Il me disait que c'est pas une petite affaire, ça. Dans le PIB de la France, c'est 2% du PIB de la France qui ont glissé, de valeurs ajoutées, qui ont glissé vers les professionnels de l'énergie.

C'est 1% en plus avec le transport maritime. C'est-à-dire que là, on parle de choses gigantesques, d'une déformation de l'économie française. Et je pense que face à ça, on ne doit pas avoir un ministre d'économie qui se croise les bras et qui regarde passer les balles, mais qui intervient pour réguler ça. Et là, il n'y a absolument aucune volonté.

4:59
Présentateur

Le rôle des députés, justement, j'en reviens à ce que je vous demandais en préambule de cet entretien, est-ce que vous avez eu le sentiment d'avoir pu défendre tout ça lors des débats parlementaires ? Est-ce que c'est allé trop vite ? Est-ce que, justement, l'Assemblée nationale a été l'endroit où on a pu faire un vrai débat sur les mesures à apporter en faveur du pouvoir d'achat ?

5:16
Invité

Non, mais j'entendais votre journaliste qui lancait et qui disait « en faveur du pouvoir d'achat ». Enfin, je veux dire, moi, au fond, surtout, me catastrophe la médiocrité de ce qu'il nous est proposé. Ce n'est même pas être pour ou être contre, mais je veux dire, là, manifestement, il n'y a pas d'ambition, il n'y a pas de projet.

5:34
François Ruffin

Vous avez 20 milliards d'euros, je ne sais pas la parole du gouvernement, mais ce qu'ils disent au gouvernement, c'est que vous avez 20 milliards d'euros pour chaque paquet, il y en a deux. C'est 40 milliards d'euros. Est-ce que c'est insuffisant, vos yeux ?

5:46
Invité

Aujourd'hui, M. Aquili, on est en train de vivre l'un de nos étés les plus chauds et dont on sait pourtant qu'il sera sans doute l'été le plus froid qu'on vivra dans notre existence. On a une guerre sur le continent européen, on a une déformation dans le temps de la valeur ajoutée au détriment du travail et au profit du capital. Dans la durée, on a tout ça qui est à affronter pour la France et on vient nous proposer quand même du bricolage, du bidouillage, du triplement de plafonds, de primes où ça n'arrivait déjà pas au plafond. On peut prendre les mesures les unes après les autres et montrer leur...

6:20
François Ruffin

C'est quoi ? C'est du saupoudrin ?

6:21
Invité

Je veux dire, ce n'est pas à la hauteur des enjeux. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on a un président de la République qui n'a pas mené campagne, qui n'a pas porté de projet. Et là, on arrive dans le cœur de l'été, il faut faire de l'affichage, donc il faut un peu occuper les gens. Qu'est-ce qui aurait été...

6:32
François Ruffin

Quelles mesures auraient été au cœur des enjeux ?

6:34
Invité

Déjà, il y a un... Il faudrait voir... Il faut gérer la situation de l'hôpital. Pour moi, là, les mesures au cœur des enjeux, sur la loi pouvoir d'achat. Je veux dire, le président de la République, je vais être d'accord avec lui, vous voyez, ce n'est pas si fréquent que ça. Mais dans les mots, je peux être d'accord avec les mots du président de la République. Lorsqu'il intervient le 14 juillet et qu'il vient nous dire « Il faut que les Français vivent de leur travail, de leur salaire », je suis d'accord. Mais qu'est-ce qu'il y a sur les salaires ? On a un texte qui s'appelle « Partage de la valeur ajoutée ». Il n'y a rien sur le fait qu'on va les prendre quand même aux grandes fortunes.

Les grandes fortunes, cinq premières fortunes, elles ont triplé sous Macron. On ne va pas y toucher. Et du côté du travail, on ne va rien faire pour les salaires. Le président de la République, le même président de la République, déclaré pendant la crise Covid-19, il faudra se rappeler que notre pays tout entier repose aujourd'hui sur ces femmes et ces hommes que nos économies reconnaissent et réunissent si mal. C'est-à-dire les aides à domicile, les caristes, les travailleurs du bâtiment. Qu'est-ce qu'il va y avoir pour leur salaire à eux ? Il ne va rien avoir. Moi, je vais réclamer deux choses.

Il y a un relèvement du SMIC qui me parlait nécessaire parce que personne ne peut penser qu'on vient. Ça, vous ne l'avez pas obtenu, le SMIC à mission. Rien. On n'a rien obtenu. Même, vous savez, vous reconnaissez quand même

7:35
François Ruffin

que tout ce que la NUP, la France Insoumise, a mis sur la table, vous n'avez pas eu grand-chose.

7:39
Invité

Non, on n'a pas eu grand-chose. Ça, c'est moins compliqué. Mais moi, je souhaitais surtout l'indexation des salaires sur l'inflation. Ça, ça me paraît une mesure clé. C'est-à-dire que quand l'inflation, comme ce cas-là, va augmenter de 6 %, mais en fait, ça sera 8 % en automne, peut-être 10 %, normalement, ce qu'on devrait avoir, c'est que les salaires suivent. Ou pas. Oui, ou pas. On peut plafonner à 6 %. Là, vous savez, on est en faveur du pouvoir d'achat. Ce qui est organisé, c'est une baisse du pouvoir d'achat. Parce qu'en vérité, quand on a une inflation à 6 % et que les salaires vont augmenter de 3 %, les salariés vont perdre 3 %. Les retraités vont perdre de l'argent.

8:16
Présentateur

On va revenir, si vous le voulez bien, François Ruffin, député de la France Insoumise de la Somme, sur les questions, effectivement, de pouvoir d'achat. Dans un instant, on s'interrompt parce qu'on fait le point sur l'actualité de ce jeudi matin à 8h41. C'est le Filinfo avec Louise Buyens.

8:30
Invité

Pékin montre encore les muscles et opère en ce moment des manœuvres militaires autour de Taïwan avec des tirs de projectiles. Intimidation en représailles à la visite de la chef des députés américains. La Chine considère l'archipel comme faisant partie de son territoire. Le gouvernement taïwanais prévient qu'il se prépare à la guerre sans chercher la guerre. Les parlementaires adoptent définitivement le premier paquet de mesures pour le pouvoir d'achat. Ils sont aussi tombés d'accord sur une version commune du texte du projet de loi Finance Rectificative. Ce deuxième volet doit être voté cet après-midi. Plusieurs syndicats pénitentiaires bloquent en ce moment la prison d'Arles.

Ils s'estiment trahis par un récent rapport de l'Inspection Générale de la Justice. Elle pointe des manquements de la direction et d'un surveillant dans la mort d'Yvan Colonna. L'assassin du préfet Erignac a succombé à ses blessures après avoir été agressé par un co-détenu. Ce matin, 26 départements sont toujours placés en vigilance orange. On vient de passer la nuit la plus chaude de cette nouvelle vague de canicule. Il a fait 27 degrés à Nice, 26 à Lyon et 24 à Toulouse. France Info Le 8.30 France Info Jean-François Aquili Céline Asselot

9:46
Présentateur

Avec toujours le député La France Insoumise de la Somme François Ruffin qui est avec nous. On a bien entendu la colère qu'avait provoquée chez vous le fait qu'il n'y aura pas de taxes sur les super profits des grands groupes. Je voudrais juste vous faire entendre la parole de Roland Lescure qui était à votre place dans ce studio ministre de l'Industrie. C'était en début de semaine où il affirme qu'en France on n'a pas de pétrole mais on a de la fiscalité.

10:10
Invité

La réalité aussi c'est qu'en France on n'a toujours pas de pétrole et on a une idée qui vient systématiquement dès qu'on a un problème c'est la fiscalité. En France on est le pays avec le Danemark qui taxe le plus les ménages et les entreprises. J'ai entendu que le Royaume-Uni par exemple fait une super taxe sur les super profits au Royaume-Uni les impôts sont bien inférieurs à ce qu'on est en France plus de 10 points de PIB donc restons le pays qui taxe le plus c'est peut-être pas la peine de s'échapper davantage et faisons confiance à la responsabilité des entreprises parce qu'elles en ont une.

10:42
Présentateur

Est-ce que c'est pas le réflexe facile et immédiat la fiscalité François Ruffin ?

10:46
Invité

Au fond là M. Lescure nous montre quel est le rôle des macronistes dans la période. Le rôle des macronistes c'est je l'ai dit c'est de couvrir les privilèges des nouveaux seigneurs parce qu'il s'agit pas de se demander si on va taxer plus de manière générale mais il s'agit de se demander si les impôts sont justes aujourd'hui dans notre pays ou pas. Je le redis qu'en total ne paye pas d'impôts sur les sociétés quand il en est de même sur Amazon sur tout le continent européen quand il en est de même pour Uber quand il est de même pour McKinsey ça pose pas de problème.

11:15
François Ruffin

Et vous voulez dire quoi vous taxez les super profits comme vous le dites comme ça se passe d'ailleurs dans d'autres pays vous l'avez rappelé il y aurait moins d'impôts pour les classes moyennes En tout cas il y a des impôts Qu'est-ce qui se passe ? C'est sur les vastes communicants que vous imaginez ?

11:27
Invité

Oui il y a des vastes communicants dans la durée Qu'est-ce qui s'est passé sur les 40 dernières années ? Si vous interrogez les fiscalistes il y a un déplacement des taxes des bases mobiles vers les bases immobiles C'est quoi les bases mobiles ?

Les bases mobiles c'est les capitaux parce qu'ils peuvent fuir c'est les grandes entreprises parce qu'ils vont aller installer leurs sièges sociaux ailleurs Il y a les bases immobiles c'est vous c'est moi c'est le patron de PME parce qu'il ne va pas aller aux Bermudes Moi non plus je ne vais pas aller m'installer au Luxembourg Donc pour nous on peut renforcer la taxation sur nous et l'alléger sur ceux qui disent attendez moi je vais partir Voilà ce qui se passe Qu'est-ce qu'il faut alors ?

12:00
François Ruffin

Il faut des lois contre l'optimisation fiscale ?

12:02
Invité

Évidemment Je veux dire ça devrait être une priorité aujourd'hui Vous savez je vous ai dit Vous savez comment ça marche les grands groupes ils iront ailleurs ?

Non c'est pas vrai Vous savez Amazon ils ont besoin de faire du fric ici Total il a besoin de faire du fric ici Stellantis c'est-à-dire Peugeot parce qu'ils changent de nom ils ont besoin de faire du fric ici donc c'est pas vrai ils ont besoin de rester ici et ils resteront ici vous savez ils partiront pas tous c'est pas vrai ça Aujourd'hui je vous ai dit je suis nu c'est la nuit du 4 août je suis nu avec mon petit bouquin sur l'abolition des privilèges parce que je recommande la lecture de ce bouquin de Bertrand Guillot qui raconte la nuit du 4 août On a besoin d'une nouvelle nuit du 4 août Qu'est-ce que ça a été la révolution française ?

Ça a été d'abord une révolution pour la justice fiscale C'était quoi ?

C'était les paysans c'était les bourgeois qui disaient attendez c'est pas juste nous on paye trop d'impôts et les seigneurs dans leur château qui se gavent sur les paysans eux ils payent pas d'impôts On a cette double injustice je termine On a cette double injustice aujourd'hui en France c'est qu'on a à la fois des grands groupes qui font remonter la plus-value qui pompent les TPE-PME et qui en plus ne payent pas d'impôts et donc ça c'est une immense injustice fiscale et la question est pas dans la généralité de se demander s'il faut taxer plus mais qui il faut taxer plus et qui il faut taxer moins et moi je suis très favorable à ce que ce qui est petit soit beaucoup moins taxé par exemple qu'il y ait une diminution de la TVA qu'il y ait un impôt dont on sait qu'il est injuste qu'il y ait une diminution de l'impôt encore sur les TPE-PME ça me poserait aucun souci mais qu'en revanche on ait une fiscalité qui soit plus juste et que ceux qui gavent qui se gavent avec des dizaines de milliards d'euros je veux dire on regarde le palmarès C'est ça qu'on a fait ça

13:29
Présentateur

François Ruffin comment on fait ça comment on fait la révolution comment on fait l'abolition des privilèges aujourd'hui 4 août 2022

13:36
Invité

déjà quand on entend M. Lescure on comprend qu'ils ne veulent pas le faire alors quand on ne veut pas faire les choses il n'y a pas de risque qu'on les fasse

13:42
Présentateur

quand on est dans l'opposition quel rôle

13:43
Invité

quelle mesure on propose quelle mesure on propose on propose une taxation sur les transactions financières ça c'est une première option c'est une deuxième option au niveau France au niveau France oui oui au niveau mais si il faut avancer vous savez vous savez que c'est une décision qui doit être au niveau monde oui oui mais quand on nous dit le truc de M. Le Maire c'est de dire mais nous on est pour une taxation à 15% de tous les groupes au niveau mondial d'ici que ça arrive et que toutes les firmes du monde et tous les pays du monde se fassent des petits bisous techniquement

14:12
François Ruffin

la taxation sur les transactions financières ça marche au niveau mondial

14:14
Invité

je ne suis pas sûr du tout à étudier techniquement mais moi nous avons la conviction que c'est faisable y compris vous savez on a la responsabilité et on doit être une force d'entraînement dans ces cas là on doit être une force d'entraînement c'est à dire que si on dit nous on va le faire l'Espagne qui est volontaire pour le faire l'Italie qui est volontaire pour le faire donc il y a ça et ensuite je suis désolé donc au niveau européen c'est ce que vous dites là ce matin évidemment on doit être une force d'entraînement on ne doit pas se mettre derrière des petits murs on doit être une force d'entraînement pour aller vers de la justice fiscale ce que nous ne sommes pas aujourd'hui quand Total ne paye pas d'impôts en France quand Amazon ne paye pas d'impôts en France est-ce qu'on doit continuer à les caresser dans le sens du poil et à dire que tout ce qu'ils font c'est magnifique ou à entamer un bras de fer avec eux je veux dire quand on voit que le président va chez ST Microelectronics qui fait de l'optimisation fiscale à tout va et qui en plus leur raccorde de nouveaux cadeaux est-ce qu'il ne doit pas avoir une discussion j'ai vu moi monsieur Macron sur un site d'Amazon à côté de chez moi à Amiens il n'a pas eu un mot sur la fiscalité de même sur Sanofi ils ont fait des tas de cadeaux

15:17
Présentateur

comment on fait quand on est la NUP aujourd'hui à l'Assemblée Nationale quelle place on peut prendre quelle opposition on peut faire le gouvernement a fait passer trois projets de loi au cours de cette première séquence parlementaire vous n'avez pas réussi à imprimer votre marque capitaliser dessus

15:32
Invité

il n'y a pas de surprise il n'y a pas de surprise un sur le fait que monsieur Macron vient pour protéger les siens son rôle dans l'histoire de notre pays aujourd'hui c'est de protéger Amazon c'est de protéger Uber c'est de protéger McKinsey c'est de protéger Total donc il opère ce rôle-là avec ses alliés au sein du Parlement donc ça, ça se fait et il n'y a pas de doute sur le fait que nous, ce que nous proposons en matière de justice fiscale soit refusé aujourd'hui par le gouvernement je veux dire normalement j'aurais pensé je vais vous dire la vérité monsieur Achille j'aurais pensé qu'il y aurait au moins des mesures cosmétiques qui seraient données je veux dire l'injustice est tellement criante vous ne pouvez pas la nier je pense que même vous elle vous choque le fait que on se dise que Total ne paye pas d'impôts sur les sociétés en France ces dernières années c'est tellement délirant j'aurais pensé qu'il y aurait au moins des mesures cosmétiques qui seraient prises pour dire bon allez on va leur prendre un petit truc comme ça au moins on ne pourra pas dire qu'eux mais même ça ils ne le font pas

16:22
François Ruffin

quand vous rentrez dans vos circonscriptions je ne vais pas faire tout le catalogue de tout ce qui a été voté il y a une commission mixte paritaire qui a enterriné tout ça mais vous dites par exemple quand vous voyez par exemple augmentation de 4% des pensions de retraite au hasard la prime sur les carburants qui va aller jusqu'à on va descendre à 1,50€ le litre le rachat des RTT vous savez dans les entreprises mais vous dites à vos électeurs nous on a voté contre tout ça même si ce sont vous dites ce sont des petits bouts mais vous pensez que ceux qui souffrent dans la vie quotidienne vont dire non aux petits bouts

16:55
Invité

j'ai toujours dit si ça permet de remplir le caddie d'une auxiliaire de vie je vais le faire mais par exemple ça ne remplit pas le caddie d'une auxiliaire de vie je veux dire qu'attendent les gens on est aujourd'hui le taux de marge les entreprises n'a jamais été aussi élevée dans notre pays et depuis 40 ans on procède à ce qu'on appelle de la modération salariale il y a un moment s'il faut mettre les mots avec les faits si on dit qu'on célèbre la valeur travail ça veut dire que le travail doit payer ça veut dire qu'on doit pouvoir vivre de son salaire moi j'ai eu des français là je les ai rencontrés qui se considèrent comme étant des français moyens qui ont deux petits salaires quand vous avez le choix de racheter des RTT est-ce que c'est du travail qui paye ?

mais non aujourd'hui c'est pas travailler plus c'est juste que le travail doit être mieux payé je n'y crois pas je ne crois pas que toutes les entreprises vont offrir des RTT je veux dire l'agent d'entretien qui est passé aujourd'hui à France Info et qui est passé ce matin à la femme de ménage à l'Assemblée Nationale est-ce que vous croyez qu'on va lui proposer des heures supplémentaires avec des RTT et puis tout ça ?

non la question c'est comment ça se fait que les métiers qu'on a considérés comme étant essentiels pendant le temps de la crise Covid ces agents d'entretien ces auxiliaires de vie 4,6 millions de salariés aujourd'hui de salariés de la deuxième ligne dont on sait qu'ils sont sous-payés comment on fait pour qu'il y ait plus de justice dans notre pays et que ces gens soient mieux payés et ça vous savez quand vous discutez avec les gens de ça il y a une évidence que c'est pas par des opérations pièces jaunes c'est pas par des chèques c'est pas par des primes qu'on doit être payé ça doit être par le salaire

18:21
Présentateur

François Ruffin député de la France Insoumise de la Somme je vous promets on reprend cet entretien dans un instant c'est l'heure du fil info à 8h51 avec Louise Buyens

18:28
Invité

il faut déterminer la cause de l'incident voir s'il y a eu des défaillances ou des erreurs techniques une enquête est ouverte pour blessures involontaires après les explosions sur le site de la poudrerie Eurinco à Bergerac l'enquête devra faire preuve de transparence avec la population il n'y a rien à cacher estime ce matin sur France Info le maire de Bergerac 8 personnes ont été blessées dans l'incident dont une gravement parce que le sujet est polémique et sensible Gérald Darmanin repousse l'examen du projet de loi sur l'immigration qui devait débuter en octobre il y aura d'abord des concertations puis un grand débat à l'Assemblée et au Sénat explique le ministre de l'Intérieur dans les colonnes du Figaro conséquence de la chaleur de la montée des températures également dans les fleuves qui servent à refroidir les réacteurs EDF envisage de baisser sa production nucléaire dans les prochains jours voire carrément d'arrêter un réacteur celui de la centrale du Tricastin dans la Drôme le ministre de la Culture augmente le fonds d'aide aux agriculteurs touchés par les violents épisodes de gel il passe de 20 à 60 millions d'euros France Info le 830 France Info Jean-François Aquili Céline Asselot

19:44
François Ruffin

François Ruffin notre invité député la France insoumise de la Somme je sais que vous détestez les questions de politique elle de mécanique des partis mais tout de même François Ruffin vous l'avez même reconnu à demi mot ou presque même tout à l'heure c'est vous ne ramenez rien dans vos filets comment ça marche cette nupe qui devait nous promettre le grand soir se disant à ses électeurs

20:03
Invité

moi je n'ai jamais produit le promis le grand soir je veux vous dire déjà Jean-Luc Mélenchon vous voulez renverser la table quand même moi je regardez ce que je raconte moi je suis très modéré parce que je vois quand on est élu de la Somme et qu'on voit ce qui s'est passé au moment des élections on ne peut pas aller fanfaronnant sur les plateaux

20:22
François Ruffin

je vous dis ça parce qu'il vous a été reproché de faire beaucoup de bruit dans l'hémicycle mais au fond de ne rien ramener de concret

20:27
Invité

d'abord je vais vous dire il y a une chose qu'on ramène de concret il faut redire les choses c'est que si jamais on n'avait pas été là pour poser la question des salaires pour poser la question du travail pour poser la question du pouvoir d'achat pendant la campagne quelle aurait été la première loi d'Emmanuel Macron ça aurait été les retraites c'est pas ça et déjà le fait que ça soit pas ça et que ça soit des micro trucs sur le pouvoir d'achat on peut considérer que c'est un mieux parce que ça aurait pu être bien pire maintenant on n'est pas là pour couvrir une imposture je voulais dire moi si c'est possible de remplir un cabine dit pour une auxiliaire de vie je le fais mais on n'est pas là pour couvrir une imposture et une loi publicitaire tout à l'heure vous me dites mais regardez les retraités ils vont voir leur portion augmenter de 4% l'inflation est de 6% ça veut dire quoi la réalité

21:08
François Ruffin

ma question est la suivante c'est le SMIC à 1500 euros que défend la gauche c'est une mesure forte que défend la gauche plutôt que de faire beaucoup de bruit pour rien est-ce qu'il n'est pas préférable de se battre là dessus pied à pied

21:20
Invité

on s'est battu pied à pied sur le SMIC à 1500 euros je me suis battu pied à pied sur l'indexation des salaires on est parmi ceux qui vont déposer le plus d'amendements pour se bagarrer là dessus donc on se bagarre là dessus maintenant c'est pas parce qu'on se bagarre qu'on l'emporte on sait très bien moi vous savez j'ai très vite diagnostiqué que dans cet hémicycle il y avait une majorité objective la majorité je veux dire entre les macronistes et les républicains il y a une une osmose idéologique quasi complète ils sont d'accord le fait que Total soit pas taxé ça ne choque ni les macronistes ni les républicains le fait que le travail un enseignant vous savez au début des années 80 il était embauché à 2,2 fois le SMIC aujourd'hui c'est 1,2 fois le SMIC voilà un travailleur

22:06
François Ruffin

vous les républicains ont réussi à faire passer pas mal de choses parce qu'ils sont

22:08
Invité

c'est une alliance de fait évidemment parce qu'au fond s'il s'agit de dire qu'il faut qu'ils sont d'accord donc ils vont avoir beaucoup moins de difficultés à passer des micro-trucs puisqu'ils sont d'accord

22:21
Présentateur

ça sera quoi les prochains chantiers parce que là on entend la déception sur le paquet pouvoir d'achat mais c'est quoi c'est retraite migration sobriété énergétique

22:30
Invité

vous savez moi je sais quelque chose c'est que on est des points d'appui à l'Assemblée Nationale on vient on fait entendre la voix moi je veux faire entendre je vous le redis la voix des aides à domicile la voix des caristes la voix des camionneurs qui se disent mais simplement au bas de ma fiche de paye et au bas de mon ticket de caisse qu'est-ce qui a changé ils le verront cet automne rien et donc moi j'ai interrogé les ouvriers de l'industrie agroalimentaire qui me disent simplement cette année on va pas partir en vacances voilà et donc nous moi j'ai la responsabilité d'être la voix de ça pour répondre à Céline Leslo et ça ne pourra pas bouger si ça bouge pas dehors voilà

23:08
Présentateur

donc ça veut dire que c'est dans la rue maintenant que ça se passe

23:10
Invité

non ça veut dire c'est l'alliance des deux moi j'ai toujours été pour la rue et les urnes évidemment il y a un truc si jamais dehors les gens font pas entendre que ce qui est décidé là en matière de prime de on vous remet un petit chèque de ça suffit pas avec des opérations pièce jaune et bien là nous serons des points d'appui beaucoup plus puissants parce qu'on sera appuyé par les minutes c'est comme ça que la prime d'activité qui est pour moi pas une mesure nulle a été obtenue sous le président le mandat de Macron il faut dire que c'est un acquis des gilets jaunes les gilets jaunes ont débloqué à hauteur de quelque chose comme 10 milliards d'euros par an en prime d'activité pour les bas salaires parce qu'il y a eu le mouvement des gilets jaunes si jamais il n'y a pas un mouvement dans le pays les voix à l'Assemblée Nationale ne suffisent pas

23:49
François Ruffin

qu'est-ce qu'il faut attendre de la mission d'information sur la question de la fixabilité des entreprises lancée sur ce plateau par Eric Coquerel le président de la commission des finances de l'Assemblée Nationale ça va déboucher sur quoi ?

24:01
Invité

ça va déboucher sur de la clarté sur ces questions là c'est montrer du doigt c'est ça ? montrer du doigt c'est mettre la lumière mettre la lumière sur ce que j'ai appelé les privilèges des nouveaux seigneurs et attendre que l'opinion publique fasse son travail derrière ? c'est pas l'opinion publique et après c'est mettre les ministres mettre les députés en face de leurs responsabilités et leur dire maintenant qu'est-ce que vous faites ? le name and shame

24:23
François Ruffin

c'est ça ?

24:24
Invité

mais c'est pas du name and shame vous savez name and shame ça voudrait dire que malheureusement le name and shame ne signifie pas name and shame parce que j'aime pas utiliser des enregistreurs ça veut dire on nomme et on fout la honte c'est ça mais ce que je fais là sur Total mais ça ne suffit pas parce qu'il faut bien voir que c'est structurel aujourd'hui les entreprises du CAC 40 la plupart elles payent moins de 4% d'impôts sur les sociétés quand les TPE, PME on paye 24% donc on n'est pas sur un truc là de pointer un tel et pointer un tel et pointer une telle c'est un groupe qui s'est auto extrait de la société vous savez au fond qu'est-ce qui se passe depuis la mondialisation depuis la mondialisation ce qui se passe c'est qu'on demande aux salariés de regarder vers le bas et vers l'ouest et de diminuer leur salaire tandis que les autres en haut ils peuvent regarder plus haut vers l'ouest et le patron de Total dire regardez je suis moins bien payé que le patron d'Exxon donc c'est une question qui est aujourd'hui structurelle

25:13
Présentateur

Merci beaucoup François Ruffin on va devoir s'arrêter là merci beaucoup d'être venu sur notre plateau sur 4 août l'abolition des privilèges c'était une date symbolique

25:22
François Ruffin

la nuit du 4 août lecture d'été sur la page et il nous faut une nouvelle abolition des privilèges député la France Insoumise

25:27
Présentateur

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Rejet de la taxe sur les superprofits : François Ruffin dénonce une "injustice majeure" — François Ruffin · Pourquijevote