Poulaillers XXL : faut-il des fermes-usines pour nourrir la France ?
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter Bonjour, bienvenue dans le débat de midi sur France Inter. Ce matin, nous sommes dans la peau d'une poule. Enfin, dans la peau d'une poule qui n'en a plus vraiment. Bienvenue dans un poulailler géant du Pas-de-Calais. 40 000 congénères, 21 volailles au mètre carré. Une lumière artificielle qui ne s'éteint jamais. Du maïs, quelques antibiotiques. Et dans 41 jours, c'est l'abattoir, sans jamais avoir vu le soleil. Loin, très loin des publicités le Gaulois. La campagne verdoyante, la ferme souriante. En France, la consommation d'œuf explose. 237 par an et par habitant. Les Français dévorent la volaille, c'est leur viande préférée. Et le pays ne tient plus la cadence.
Un poulet sur deux est importé d'Ukraine, de Pologne ou du Brésil. Souvent d'élevage encore moins regardant que les nôtres. Alors, via la loi d'urgence agricole, le gouvernement veut accélérer la construction de méga-poulaillers sans demander l'avis des riverains. Résultat, partout où ces fermes-usines s'annoncent, c'est la guerre, des pétitions, des militants qui bloquent les chantiers. Faut-il industrialiser nos campagnes pour retrouver notre souveraineté alimentaire ou sacrifier le bien-être animal sur l'hôtel du poulet pas cher ? On en débat jusqu'à midi 45. Et ce débat sur l'œuf et la poule a déjà des allures de bataille, les auditeurs.
Vous êtes nombreux à nous écrire sur le WhatsApp de l'émission 0145 24 7000. Marc a voulu témoigner. J'habite à côté d'un projet de méga-poulaillers dans Lyon, 40 000 poulets à quelques centaines de mètres de chez moi. Imaginez les odeurs, personne ne nous a demandé notre avis. Et Camille lui répond, non mais attends, quelle hypocrisie, on refuse des poulaillers en France et on importe du poulet ukrainien élevé dans des conditions désastreuses. Au moins chez nous, il y a des contrôles. Et vous, les auditeurs, vous êtes déjà nombreux au standard. On va vous prendre dans quelques instants. Est-ce que vous faites attention à l'origine de votre volaille ?
Est-ce que vous avez augmenté votre consommation d'œuf ? Et pourquoi ? Vous nous appelez tout de suite au 01 45 24 7000. Et pour débattre, deux personnes, deux camps, bien tranchées dans ce studio. Bonjour Brigitte Gauthier. Bonjour. Vous faites partie de l'équipe Bien-être Animal. On peut le dire qu'aux fondatrices de L214, qui publie souvent des images de ces méga-poulaillers. 21 poulets au mètre carré, c'est ça nourrir la France ?
C'est exactement ça. Aujourd'hui, l'élevage de poulets, c'est 80%. Donc 8 poulets sur 10 qui sont dans des élevages intensifs avec des poulets qui grossissent 4 fois plus vite qu'en 1950 avec une génétique poussée qui les rend en permanence en situation de mal-être avec des boiteries, des problèmes cardiaques, des problèmes respiratoires. Et en ce moment, en fait, ils sont en train de littéralement retirer dans les élevages à cause de la canicule. Et en fait, ils sont contributeurs aux émissions de gaz à effet de serre par la culture des céréales qu'il va falloir pour les nourrir, par la déforestation importée, je pense, au soja.
Et par ailleurs, dans les élevages, c'est là que s'exprime le réchauffement climatique, notamment, et où on voit un taux de mortalité qui augmente de 1200% dans certaines régions.
Bon, on a bien compris, les mégapoulaillers, vous êtes franchement contre. Et pourtant, il y a cette question de la souveraineté alimentaire. Bonjour, Yann Nedelec. Bonjour. Vous êtes directeur général de l'Envol. L'Envol, c'est quoi ? C'est l'Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair. Vous, vous voulez construire plus de poulaillers. Pourquoi ? Parce que c'est vrai, quand on entend les arguments de Brigitte Gauthier, ça fait un peu peur.
Aujourd'hui, la consommation de poulet, elle augmente constamment. Elle a augmenté de 25% en 5 ans. Donc, pourquoi il faut construire de nouveaux poulaillers ? Pour répondre à la demande des Français qui, aujourd'hui, malheureusement, se tournent vers la viande d'importation qui ne respecte pas du tout les mêmes règles que chez nous. Donc, antibiotiques, facteurs de croissance, carcasses lavé à l'eau de Javel, ferme-usine, etc. Ce qui n'existe pas en France. C'est pour ça qu'il faut qu'on construise des poulaillers pour lutter, justement, contre ces productions qui ne respectent pas les règles que nous respectons, nous, en France.
Les auditeurs sont déjà nombreux à vouloir interagir avec vous, à vouloir débattre. Jean-Louis nous dit, industrialiser, oui, mais avec des solutions propres et durables. Possible, ça, Brigitte Gauthier ? Propres et durables ? Non, j'ai bien entendu, je me doutais bien. Marie est énervée, elle dit, ce qui se profile, c'est seulement du profit supplémentaire pour des industriels. Alors, on va en débattre, évidemment. Dans un instant, on sera en ligne avec Nina Lejeune. Elle a 26 ans, elle élève des poules pondeuses bio dans le Haut-Var. Il y a un méga projet de poulailler qui va s'installer près de chez elle. Est-ce une concurrence déloyale ? Vous nous appelez 01 45 24 7000.
Vous nous dites aussi, est-ce que vous êtes prêts à payer plus cher pour du poulet français ? Ce débat fait l'effet d'une bombe dans les campagnes et justement, on écoute Dynamique Shaker. Midi 13 sur France Inter, c'est le débat de midi. On se demande s'il faut industrialiser nos campagnes pour nourrir la France. On parle de ces poulaillers géants, vous savez, ces poulaillers XXL. On en débat avec Brigitte Gauthier de L214 et Yann Nédélègue d'Envol. L'Envol, c'est quoi ? C'est l'association nationale interprofessionnelle de la volaille et de la chair. La question, évidemment, vous divise. Vous êtes nombreux à nous écrire au 01 45 24 7000. Alors, je vous raconte un peu les coulisses.
Les équipes de France Inter qui s'occupent du débat de midi m'impriment souvent des papiers avec des réactions d'auditeurs avec pour les poulaillers géants et contre les poulaillers géants. Eh bien, monsieur Nédélègue, il n'y a personne qui est pour les poulaillers géants. Je vais vous lire des auditeurs qui disent « Les fermes usines doivent être interdites. Pas question pour moi de manger du poulet de batterie. Je préfère m'en passer. » Et puis, il y a aussi Sandra qui dit « Il n'y a aucun bon sens dans ce projet si ce n'est faire plaisir aux agro-industriels. » Alors, répondez-leur à tous ces auditeurs.
Pourquoi est-ce que c'est important de construire plus de poulaillers et des grands poulaillers ?
Alors, c'est très simple. Déjà, un poulailler géant, moi, je ne sais pas ce que c'est. Aujourd'hui, le moyen de production standard en France sur du poulet standard, c'est un poulailler de 1500-2000 m². Pourquoi il faut qu'on construise des poulaillers comme cela ? C'est qu'aujourd'hui, les Français, ils plébiscitent le poulet du quotidien, celui que vous mangez dans les salades César, dans les sandwiches poulet crudités ou autres. Et ce poulet-là, aujourd'hui, malheureusement, c'est la viande d'importation qui le fournit. De la viande ukrainienne, brésilienne, thaïlandaise, polonaise et en ce qui concerne le Brésil ou l'Ukraine, qui ne respectent pas les mêmes règles que chez nous.
Donc, l'enjeu, c'est de redevenir autosuffisant en viande de poulet, notamment en construisant ces poulaillers. Mais on ne construit pas que des poulaillers comme ça. On a aussi des poulaillers labelles rouges plus petits. Aujourd'hui, la moitié des éleveurs, par exemple, français, sont des éleveurs de volailles labelles rouges en plein air.
Donc, c'est une question aussi de souveraineté alimentaire, c'est-à-dire être responsable de notre consommation et pouvoir la contrôler.
Tout à fait. Aujourd'hui, la moitié des poulets que les Français consomment ne sont pas produits en France. Donc, à un moment donné, on ne peut pas d'un côté vouloir consommer du poulet et de l'autre, ne pas accepter que des poulaillers se construisent. Et je préciserai une dernière chose, la taille moyenne d'une exploitation avicole française, c'est la plus petite au niveau européen. C'est un à deux poulaillers. Si on veut importer le modèle ukrainien, brésilien ou autre, il va falloir faire un choix. Mais nous, on est totalement opposé à des fermes usines, en l'occurrence, qui ont 10, 15, 20, 30 poulaillers sur le même site et qui produisent en même temps 2 millions de poulets.
Ce n'est pas le modèle qu'on souhaite défendre. Brigitte Gauthier. Pour les poulets, ça ne fait pas guère de différence. Il y a 1, 2, 3, 4 bâtiments. Les oiseaux sont à 2 000 m², à 40 000 dans le bâtiment. Donc, voilà, c'est de ça dont on parle. Des poulets qui sont boiteux, qui ont vraiment du mal-être, des espèces de poussins avec des corps de gros poulets où on a déséquilibré par sélection génétique parce qu'on va manger le blanc de poulet. Et donc, on a développé ça. Moi, je reviens sur la demande parce qu'on dit qu'il faut qu'on réponde à la demande. Mais la demande, on la fabrique. On la fabrique par l'environnement alimentaire, par les messages qu'on envoie.
Aujourd'hui, l'industrie du poulet, elle veut récupérer les hommes. Elle veut faire consommer les hommes puisque la volaille, c'était une viande blanche plutôt consommée par les femmes. Et aujourd'hui, on voit apparaître plein de messages sur les protéines, c'est dans le poulet. Donc, on voit très bien qu'une manipulation, la demande, en fait, ça n'existe pas, la demande. C'est vraiment les tunnels de consommation qu'on va faire. C'est la proposition qu'on va avoir en supermarché, en magasin. La proposition qu'on va avoir dans les restaurants, effectivement, dans les salades César, les nuggets, les tenders, etc. Donc, c'est vraiment ça qu'il faut.
Et donc, la souveraineté alimentaire, si on veut la récupérer, ce n'est pas en produisant plus, parce que si on produit plus, il va falloir plus de céréales, plus de légumineuses. Aujourd'hui, on les importe massivement. Est-ce que vous savez, par exemple, fun fact, une personne qui mange en 100% végétal consomme 5 kg de soja par an et par personne. Si on regarde les Français qui consomment de façon moyenne leurs 85 kg de viande par an et par personne, ils consomment, par cet intermédiaire, 50 kg de soja. Donc, voilà. C'est ça, la réalité, et du soja, importée de zones déforestées au Brésil, là-bas.
Donc, au lieu d'essayer de faire, d'essayer de concurrencer avec, justement, enfin, ce poulet du quotidien, est-ce qu'au quotidien, on a besoin de manger du poulet ? Pas du tout. On peut réduire même à zéro sa consommation de produits.
Mais est-ce qu'on a envie aussi ? On va demander aux auditeurs, justement, est-ce que vous aimez manger votre salade César, avoir une petite protéine à chaque repas, ou est-ce que vous êtes prêts à vous en passer ou pas ?
Oui, la protéine, justement, aujourd'hui, on fait penser que la protéine, c'est une protéine d'origine animale, alors que nous avons des protéines d'origine végétale, notamment les légumineuses, qui sont, en plus, excellentes pour notre modèle agricole et qui pourraient nous permettre de nous passer des engrais d'importation qu'on apporte à 80%.
On est en ligne avec Florence, qui nous a appelé au 01 45 24 7000. Bonjour, Florence. Je crois que vous nous appelez de Lyon. Et vous avez une question pour le directeur général d'Envol, l'association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair.
En fait, je vais être claire, c'est à un moment donné, quand est-ce que vous allez arrêter de vous moquer de nous, en fait ? Parce que là, sous prétexte de nourrir la population, vous allez encore conditionner des bêtes. Et comme le disait la dame tout à l'heure, du coup, ils ont été génétiquement modifiés, tout ça. Alors qu'en plus, du coup, vous dites que les gens, ils achètent du poulet.
Mais en fait, quand vous voyez les gens, oui, ils vont aller vers le moins cher, parce que tout est cher, mais je suis sûre qu'une majorité, parce que j'en ai parlé autour de moi déjà, parce que moi, personnellement, je ne mange plus de viande depuis quelques temps parce que je suis dégoûtée de la manière dont les bêtes sont traitées. On entend, Florence.
On entend, effectivement. Il y a cette question, Yann Dédelèque, du prix. Les Français, aujourd'hui, n'ont plus d'argent. Quand ils font leur course, ils font leur course avec des calculettes, il y a cette question du pouvoir d'achat. Est-ce que le poulet français, ça coûte plus cher ?
Alors, le poulet français, ça coûte un peu plus cher, en effet, que les poulets d'importation, mais ça reste la viande la plus accessible. Et aujourd'hui, en gros, les Français, comme je vous le disais, augmentent de plus en plus leur consommation de poulet. Par contre, je voudrais revenir sur deux, trois choses. J'ai entendu que nos poulets étaient génétiquement modifiés. C'est totalement faux. Sélection génétique, tu veux dire ? On est sur de la sélection génétique. On a sélectionné les poulets sur leur caractère, en effet, de croissance, de robustesse ou autre. Et je voudrais revenir sur le bilan carbone qui a été évoqué tout à l'heure.
Il s'avère que c'est la viande qui est la moyenne maîtrise de carbone aussi. Un repas complet avec du poulet, aujourd'hui, c'est 1,46 kg équivalent CO2. C'est un tout petit peu plus, en effet, qu'un repas végétarien. Mais ça reste un des produits les plus avantageux. On a parlé du prix. C'est une des viandes les moins chères. Mais c'est aussi bon pour la santé puisque ça a été dit, c'est la viande la plus riche en protéines et la moins grasse. Et ensuite, pourquoi il y a un tel succès aussi ? C'est une des viandes qui n'a aucun interdit religieux et qui aussi est très facile à cuisiner ou très facile à consommer à l'extérieur de chez soi, etc.
Ça réunit beaucoup d'atouts et c'est pour ça qu'il y a cet engouement et qu'il faut qu'on puisse y répondre. On ne crée pas la demande. On la constate.
Lucie est au standard. Elle a appelé le 01 45 24 7000. Bonjour Lucie. Je crois que vous, au contraire, vous dites qu'il ne faut pas être hypocrite et qu'il faut accepter d'aller plus loin dans la construction de ces poulaillers. Tout à fait. Déjà, je tenais à dire que grâce à L214, j'ai drastiquement baissé ma consommation de viande. Néanmoins, je considère qu'il relève de ma liberté que de choisir si je veux continuer d'en manger ou pas. Alors le choix que j'ai fait, c'est de manger une fois par semaine de la viande blanche, une fois par semaine de la viande rouge et des oeufs. Le tout totalement bio.
Sauf qu'il suffit de regarder la différence de prix entre le poulet bio et le poulet pas bio. Je pense que c'est la plus grosse différence au niveau des viandes. Et du coup, ça m'interroge. Sur les méga-fermes, vous avez dit, je crois, elles sont quand même d'utilité publique. Il faut bien nourrir la France. Elles sont d'utilité publique. Parce que qu'est-ce qui peut justifier un tel écart de prix entre du bio et du pas bio qu'on fait venir et qu'on importe ? On ne connaît pas les conséquences à long terme de cette viande importée avec tous les antibiotiques, l'antibioresistance, tout ce que ça implique. Donc en fait, on va laisser à ceux qui sont aisés les moyens de manger de la viande bio.
Et ceux qui ne le sont pas vont continuer de manger du poulet importé. Et on va fermer les yeux. Par contre, il faut un contrôle drastique sur les conditions de vie de ces animaux-là. Il ne faut plus laisser faire toutes les dérives que L214 a mises en évidence. Mais il faut que la société française puisse manger de la viande de bonne qualité et arrêter de faire venir de la viande de je ne sais où et d'un point de vue écologique, d'un point de vue de santé publique et d'un point de vue aussi d'égalité entre les Français. Merci, Lucie, d'avoir appelé le standard. Brigitte Gauthier, qu'est-ce que vous lui répondez ?
Effectivement, on ne va pas se mettre des pots de saucisson sur les yeux, on y va, on construit nous-mêmes, on nourrit la France et on arrête d'importer dans des conditions qui sont sûrement moins bonnes que celles françaises.
Alors, justement, c'est vraiment le choix de société de comment on va répondre à la souveraineté. Aujourd'hui, répondre à la souveraineté en construisant de nouveaux poulaillers, c'est une illusion puisque nous n'aurons pas les terres agricoles pour faire pousser l'ensemble des céréales légumineuses qu'il va falloir pour nourrir les animaux d'élevage. Il faut entre 3 et 4 fois plus de surface pour produire de la protéine à partir d'animaux que directement à partir de végétaux. L'alimentation 100% végétale prend moins de terre, prend moins d'eau et on voit qu'on a des enjeux sur l'eau.
Et donc, c'est ce que propose L214 au travers du sauvetage du siècle, c'est-à-dire réduire de moitié le nombre d'animaux qu'on fait tuer, donc qu'on élève ou qu'on importe et qu'on fait tuer pour la consommation alimentaire française, de façon justement à pouvoir répondre aux impératifs de souveraineté. Donc,
on entend bien que vous, c'est ne pas répondre à la demande, c'est réduire notre consommation de virus. Et encore une fois,
la demande, on la fabrique et le prix, alors on parle toujours du prix, c'est la protéine la moins chère, c'est la protéine animale la moins chère, il y a des protéines végétales qui sont moins chères et si on réduit la consommation, on récupère du pouvoir d'achat. Et je précise que ça ne va pas dans la poche des éleveurs. Les éleveurs, ils sont sous contrat avec des grandes complexes agroalimentaires, des ténors et eux ne s'en sortent pas. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on pousse des éleveurs à produire, à construire des méga-poulaillers alors même qu'ils vont s'embêter et que ça ne va pas mal.
Là, aujourd'hui, ils sont tous en PLS, leurs animaux sont morts et en fait, il va y avoir des aides de trésorerie, il va falloir les rembourser.
Alors, on va prendre une éleveuse en ligne justement, elle s'appelle Nina Lejeune. Bonjour Nina, vous avez 26 ans, vous élevez des poules pondeuses dans le Ovar, je crois que vous vivez avec vos poules depuis des années. Racontez-nous ce qui se passe là pour vous, vous avez 257 volailles et on s'apprête à ouvrir un méga-giga poulailler. Racontez-nous ce cauchemar que vous vivez, Nina.
Oui, bonjour Nina, j'ai 36 ans, actuellement, j'ai qu'un bâtiment en fonction. Déjà, moi, juste pour commencer, je suis assez horrifiée sur ce que je viens d'entendre de la part de vos deux invités. Moi, je suis éleveuse de volailles, de pondeuses particulièrement. Moi, ce que je vois comme urgence, c'est l'urgence d'installer des paysans sur le territoire, d'aider le modèle d'élevage paysan qu'on prône notamment à la Confédération Paysanne. On parle de souveraineté alimentaire, mais on voit aussi qu'il y a un détournement de ce concept de souveraineté alimentaire. Vous dites que tous vos auditeurs sont contre l'implantation de poulaillers industriels.
La souveraineté alimentaire, c'est le droit de la population à définir les politiques agricoles et alimentaires. Donc, au bout d'un moment, on ne peut pas parler de souveraineté alimentaire à mon sens quand on veut juste produire assez, peu importe quelle quantité, en venant bousculer aussi des environnements. Moi, j'ai un mot pour mes collègues qui vivent des crises sanitaires. Là, on parle beaucoup de la crise climatique, mais la crise sanitaire avec la grippe aviaire, chaque année, se retrouve avec l'introduction notamment de la grippe aviaire dans des poulaillers industriels. Ça vient complètement nous bouleverser nos marchés, ça vient bouleverser nos environnements.
Donc, moi, je suis complètement effiée par rapport à ce qu'a pu être dit par le directeur général de l'envol et aussi d'El 214 qui s'attaque en fait à tous les outils dont on a besoin pour avoir un élevage paysan. En premier lieu, les abattoirs, en premier lieu, nos élevages paysans. Donc, au bout d'un moment, en fait, il faut vraiment que les choses soient comprises. Les gens, ils veulent manger des produits de qualité et les politiques agricoles et alimentaires aujourd'hui, elles aident l'agro-industrie. On a entendu,
justement, racontez-nous cette différence entre votre élevage de 250 volailles et ce grand méga giga, je ne sais pas quel est le bon mot, cette ferme usine qui va s'ouvrir. Racontez-nous comment vous travaillez et ce qui s'annonce juste à côté de chez vous et ce que vous appelez donc de la concurrence déloyale.
Eh bien, nous, ça fait des dizaines d'années sur mon territoire qu'on travaille pour installer des paysans en élevage, notamment de volailles, pour avoir des maraîchers qui se diversifient, pour avoir des outils collectifs, des fabriques d'aliments pour nos volailles, un couvoir autonome paysan qu'on est en train de monter. On a des circuits de commercialisation qui sont cohérents. On peut fournir à la fois la restauration collective, les magasins spécialisés, mais pas que. là, on va débarquer une unité en élevage avec 30 000 poules. 30 000 poules ! La manière de travailler va être complètement différente des nôtres.
Quand on parle de prix, je pense qu'il est important de mettre aussi en parallèle le coût social et environnemental de ces projets. Sur le coût social, on a quand même des personnes qui passent par des prestataires qui sont l'unique de la traite d'êtres humains. Donc en fait, les gens aussi, quand ils choisissent leurs poulets, quand ils choisissent leurs œufs, il faut aussi qu'ils aient la vision. Ce n'est pas uniquement sur le mode d'élevage qu'il faut regarder, c'est aussi qu'est-ce que ça coûte à la société dans son ensemble.
Merci Nina. Effectivement, la responsabilité des consommateurs. Yann Nedelec, ce n'est pas possible d'avoir des exploitations comme Nina qui a 250 volailles en plein air. Est-ce que ce n'est pas possible pour nourrir la France d'avoir ce genre de modèle ?
Le modèle pour nourrir la France, il ne peut pas être justement appuyé sur un seul modèle. Nous, la filière volaille de chair, elle a cette capacité à produire à peu près tout ce que le consommateur demande. Je l'ai dit, la moitié des éleveurs sont des éleveurs plein air. La Belle Rouge, on a des éleveurs en poulet bio, en poulet certifié et en poulet standard. Aujourd'hui, il faut avoir en tête quand même quelque chose, c'est que pour sortir un revenu, un éleveur en poulet du quotidien, c'est à peu près deux poulaillers, entre 2000 et 3000 mètres carrés. En poulet, la Belle Rouge, c'est six poulaillers de 400 mètres carrés.
On ne peut pas comme ça d'un claquement de doigts avec 200, 300 poules et c'est des modèles qui ont totalement leur place, encore une fois, mais qui ne répondent pas au même marché, créer, on va dire, des exploitations de ce type-là pour nourrir la France. Vous imaginez qu'en cinq ans, la consommation de poulet a augmenté de 25%. C'est un kilo de plus par an par habitant. Donc, c'est énorme. Il faut pouvoir répondre à cette demande et encore une fois, je le répète, les fermes-usines n'existent pas en France. La meilleure manière de défendre l'agriculture familiale, c'est de défendre la création de poulaillers en France, sinon on importe depuis les fermes-usines.
Pardon, M. Nedelec, mais par exemple, 50 000 volailles dans une même ferme, pour vous, ce n'est pas une ferme-usine ?
Non. Il faudrait que vous veniez visiter justement un élevage de poulet de chair. Vous avez des... Déjà, vous pouvez vous balader tranquillement quand j'entends que les poulets rôtissent aujourd'hui. Évidemment qu'il fait chaud, mais est-ce que nos poulets ne sont pas logés dans des hangars ? Ce sont des bâtiments dynamiques avec des filtres à air, avec de la brumisation. Je peux vous assurer qu'en pleine calcule, quand vous rentrez dans un poulailler, vous êtes parfois beaucoup mieux que l'heure. Brigitte Gauthier,
qui s'est pris la tête, qui s'est pris la terre. Si vous étiez là avec nous dans le studio, vous verriez, les auditeurs, que vous n'êtes pas d'accord, là, je sens.
Non, je ne suis pas d'accord. On voit quelques images qui arrivent à filtrer de la situation. On entend même les témoignages des éleveurs qui disent combien ils perdent d'animaux. Ils les voient mourir, ils les ont par centaines qui sont morts à cause de la canicule. Donc, on peut faire tous les efforts qu'on fait avec ventilateurs, brumisateurs et tout ça. Même nous, on le sent dans nos maisons, dans nos appartements, combien la chaleur nous atteint.
Mais imaginez, vous êtes au milieu de 20 000 autres congénères, 20 000 autres individus autour de vous en train d'avoir mais tellement chaud et en plus, vous avez grossi, grossi, grossi en fait sur quelque chose qui met en danger votre santé déjà en temps normal. Voilà. Et si, les fermes-usines, elles existent et moi, je n'appellerais même pas ça des fermes-usines mais juste des usines à poulet où on va produire plus, plus, plus. Et si on se, justement, enfin, demandons aux citoyens et aux citoyennes quel modèle elles veulent et quand on leur demande est-ce que vous seriez OK pour diminuer de moitié la consommation de viande et de poisson, on a 65% des gens qui disent oui.
Alors on va demander aux auditeurs de France Inter. Aider-nous à lutter contre l'importation. Aider-nous à lutter contre l'importation. On a déposé, on a, en ce moment, au Parlement européen se discute le début de la PAC avec l'OCM avec des mesures miroirs que nous soutenons effectivement pour éviter des importations de produits dont les animaux n'auraient pas eu les mêmes standards, les mêmes minimums exigés en Europe. Sauf qu'aujourd'hui, pour bloquer les importations, il faudrait vraiment qu'il y ait une différence entre ce qui se passe en France, en Europe et ce qui se passe dans d'autres pays. Vous avez cité l'Ukraine et le Brésil. Et les densités ne sont pas si énormes que ça.
Les souches, elles sont utilisées partout dans le monde. La ROS 308, le turbopoulet, c'est celui qui est utilisé en majorité partout dans le monde. Qu'est-ce que c'est, pardon, excusez-moi ? Ce turbopoulet, c'est justement cette sélection génétique effrénée qui fait que d'un côté, on a les poules pondeuses qui pondent des oeufs et on va broyer les poussins, c'est interdit maintenant. Mais on avait quand même 50 millions et c'est grâce aux images qu'on a pu montrer que ça, c'est interdit. Et ensuite, de l'autre côté, vous avez les poulet de chair qui sont optimisées pour grossir le plus vite possible. L'EFSA dit au-delà de 50 grammes de prise de poids par jour, c'est mauvais pour les animaux.
On est à 110 grammes par jour. Voilà ce que c'est avec des animaux qui souffrent du début à la fin. Entendu,
on imagine les auditeurs qui sont peut-être à table. Bon, bon appétit, mais effectivement, c'est bien de prendre conscience de notre consommation alimentaire, de cette responsabilité qu'on a toute quand on consomme. On va se poser cette question ensemble. Je vous laisse deux minutes pour appeler le standard 01, 45, 24, 7000. Est-ce qu'il faut repenser entièrement notre modèle alimentaire ? Manger moins ? Manger mieux ? Manger local ? Deux minutes, le temps de passer à table. C'est le banquet, ce midi, 01, 45, 24, 7000. Block Party nous y invite. Banquet, c'est pour vous. C'était Block Party, le banquet.
Le débat de midi à Olapuerari. sur France Inter.
France Inter, il est midi, 35. C'est le débat de midi. Alors, on parle de poulet et de souveraineté alimentaire et on a quand même le courage de débattre, il faut le dire, avec Brigitte Gauthier de L214, bien-être animal, et Yann Nédélec de la profession de la volaille de chair. On allait peut-être se réconcilier puisque le but, c'est de débattre, mais c'est aussi de trouver des terrains d'entente. Mais d'abord, je voudrais vous lire les réactions des auditeurs qui nous écrivent. Ils disent « Bonjour, merci pour vos émissions. Je n'avais pas conscience de l'impact de la consommation de poulet en France. Je vais donc modifier ma consommation. Merci pour vos intervenants.
» Agathe témoigne, elle aussi, au standard, au 01, 45, 24, 7000. Elle dit « Nous habitons une petite commune de l'Eure-et-Loire et nous sommes face à un projet d'installation d'un méga poulailler. Le village se mobilise contre ce projet, mais le plus grave dans cette histoire est le jeune agriculteur qui se fait manipuler par l'industrie agroalimentaire et Michel nous dit aussi « On en a un pas loin et cela pue terriblement quand on passe à côté en voiture et en plus, ça a provoqué une baisse des prix des maisons aux alentours. » Et Tom a appelé le standard 01, 45, 24, 7000. N'hésitez pas. Tom, bonjour. Je crois que vous êtes un énorme mangeur de poulet.
Oui, moi, je consomme énormément de poulet parce que moi, j'ai un bouchard à côté de chez moi qui me permet du coup d'avoir un apport de viande tous les jours pour pas tellement cher. Il me permet du coup de continuer à me nourrir malgré du coup le fait que j'aille à la musculation. Ça veut dire que j'ai besoin du coup de manger beaucoup plus de protéines et du coup me permettre d'avoir un gros apport de protéines pour pas très cher. Je trouve que ça me sauve la vie parce que déjà un poulet, c'est gros donc ça veut dire que rien que le manger tout ça, ça peut me caler pour pas très cher donc ça me fait un repas pour 5 euros.
C'est plein de protéines donc ça me permet du coup de donner à mon corps tout ce qu'il a besoin pour les muscles, tout ça, tout ça et surtout ce qui est bien c'est que mon boucher juste en bas du coup je fais tourner l'économie de là où j'habite et ça veut dire qu'avec le boucher il peut du coup avoir de nouvelles choses acheter par exemple des poulets de meilleure qualité acheter des poulets peut-être plus gros ou par exemple
Et avoir de plus gros muscles aussi Tom je voudrais vous faire discuter avec Brigitte Gauthier L214 qui disait que peut-être vous aviez vous étiez un peu manipulée par le lobby de la volaille Brigitte Gauthier qu'est-ce que vous répondez ? On a entendu par exemple le youtubeur Thibaut InShape dire à ses abonnés il faut manger de la protéine il faut manger énormément de protéines comme ça on aura des gros muscles
Ah bah c'est sûr que pour avoir des gros muscles il faut manger de la protéine le problème c'est qu'on restreint les protéines seulement aux protéines animales alors que les protéines végétales sont bien moins chères et apportent tout autant elles créent moins de gaz à effet de serre moins de pollution enfin voilà on est gagnant sur tous les tableaux et peut-être pour revenir là-dessus
Alors si on mange des lentilles Brigitte Gauthier ça fait le même effet parce que là je pense que Tom nous écoute encore il a envie d'avoir des muscles Tom
Je l'invite à regarder le documentaire The Game Changer où justement ce sont des personnes qui font de la musculation qui font du sport et qui justement racontent combien leurs performances sont meilleures aujourd'hui en ayant opté pour une alimentation végétale en fait c'est la récupération qui est beaucoup plus facile quand on est avec des protéines d'origine végétale voilà donc en fait effectivement c'est à la fois un choix des consommateurs mais pas seulement on est forcément tous et toutes perméables aux messages qu'on va avoir aux messages qui nous sont répétés effectivement par des influenceurs influenceuses par des gens des nutritionnistes etc et en fait on a une industrie de la viande qui est très très forte on est persuadés tous d'avoir réduit notre consommation de viande quand vous faites des sondages les gens disent j'ai réduit en fait on est à 85 kilos par an et par personne et on n'a pas bougé depuis 20 ans on mange un peu moins de bœuf mais on mange beaucoup plus d'oiseaux en fait on fait tuer beaucoup plus d'animaux aujourd'hui qu'il y a 20 ans en arrière Yann Dédelac moi je crois qu'il ne faut pas opposer encore une fois ni les régimes alimentaires ni les modèles chacun mange ce qu'il veut ce qu'on sait c'est qu'en tout cas en effet vous pouvez avoir de l'apport de protéines à partir de certains végétaux mais il faut quand même en consommer plus l'avantage du poulet c'est qu'il concentre il a le taux de protéines le plus important et donc en effet pour les sportifs autres c'est une viande idéale encore une fois nous on ne dit pas d'en bouffer 4 kilos par jour ou encore plus mais à un moment donné nous ce qu'on dit c'est que quand les français veulent consommer du poulet autant qu'ils soient français parce que ça sera un poulet de qualité et encore une fois je voudrais revenir sur un sujet les jeunes agriculteurs les agriculteurs qui s'installent qui créent des poulais aujourd'hui ne se font pas manipuler vous êtes sur des chefs d'entreprise ils ne sont pas comment dire manipulés par l'agro-industrie derrière ils sortent des revenus il s'avère que ça a été dit la filière volaille de chair est une filière très contractualisée ça veut dire quoi alors en effet vous avez un contrat qui vous lie un abattoir par exemple mais derrière ça vous sécurise la marge aujourd'hui sur un poulailler de 2000 ou sur un poulailler de 2000 mètres carrés vous sortez un revenu privé en tout cas un prélèvement privé qui va être entre 15 et 17 000 euros ce qui pour un mi-temps de travail j'insiste là-dessus donc par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure en effet ça pourrait être possible d'élever 200-300 poulets mais vous ne gagnez pas votre vie aujourd'hui avec ça en tout cas pour répondre à ce marché là
alors on va essayer trouver un arbitre entre vous deux Bonjour Péricault Légas merci d'être avec nous au téléphone vous êtes journaliste gastronomique vous défendez le bien-manger français depuis des années des décennies même comment est-ce qu'on peut réconcilier ces deux notions c'est-à-dire la notion de souveraineté alimentaire et la notion aussi de nourrir la France tout en préservant le bien-être animal essayer de trancher
il faut savoir ce que l'on veut pour s'alimenter on peut se passer de protéines animales ça je suis tout à fait d'accord mais si on a décidé de manger du poulet en France c'est plutôt une tradition qui se perpétue et qui se préserve le problème vient du fait que l'Europe a ouvert ses frontières à des producteurs de volailles qui ne respectent rien notamment l'Ukraine ou la Pologne qui envoient sur le marché français des poulets qui sont élevés dans des fermes de 1 ou 2 ou 3 millions d'animaux c'est-à-dire ce sont des usines à malbouffe c'est pas des élevages ce sont des usines à malbouffe ce poulet envahit le marché français non seulement la restauration collective cantine scolaire hôpitaux EHPAD mais en plus il commence à séduire parce que la grande distribution est toujours à la recherche du prix le plus bas on explique aux gens que c'est quand même du poulet or ce produit il est défaillant exactement comme si on disait à des gens qui n'ont pas beaucoup d'argent vous allez acheter une voiture pas chère attention le système de freinage est pas très sûr les pneus sont un petit peu lisses mais c'est moins cher vous avez le droit de rouler en voiture ou sur des vêtements on vous dirait voilà vous pouvez acheter des vêtements pas chers au bout de 6 mois ils vont se détruire
alors mais c'est quoi la solution père et collègue c'est nous même de créer ces méga poulaillers
c'est-à-dire non c'est-à-dire non à Chine on a dit non à Chine on a dit non à Chine le gouvernement la marque de fast fashion on dit non on dit non à ce poulet on dit non à cette forme de production agro-industrielle de malbouffe c'est de la malbouffe nous avons des poulets français je ne vais pas citer les filières la belle roue je vais la citer vous prenez la filière du poulet de louer qui est un poulet à grande échelle c'est un poulet élevé en liberté avec du grain fashion fermière évidemment qu'il est un peu plus cher que la merde qu'on importe d'Ukraine et puis qu'on réidentifie à l'européenne voilà il faut que le consommateur sache ce qu'il veut faire il est libre de choisir mais s'il écoute la grande distribution qu'il lui dit c'est très bien c'est pas cher du tout mais c'est très bon ce n'est pas vrai on lui ment a beaucoup aidé avec le 214 à comprendre la matrice animale cet organisme est essentiel les françaises et les français les consommateurs même de petits moyens qui veulent manger du vrai poulet au lieu d'en bouffer 8 fois par mois ils en mangeront 5 ou 4 fois mais ça sera du vrai poulet français élevé au grain et on a pour ça une filière exceptionnelle et par contre on se refuse à tomber dans le bas de gamme et à se vautrer dans la malbouffe importée par l'agroalimentaire et la grande distribution pour tromper le consommateur
Entendu Perico M. Yann Nédela qu'est-ce que vous pouvez dire aux auditeurs qui nous écoutent comment bien choisir son poulet comment bien choisir un poulet français est-ce que c'est écrit sur l'étiquette à quoi est-ce qu'il faut faire attention ?
Le premier réflexe c'est le logo volaille française le logo hexagonal bleu blanc rouge avec marqué volaille française celui-là ça garantit une volaille née élevée abattue nourrie en France ensuite si vous voulez justement vous diversifier et comme l'a dit M.
Légas aller manger du label rouge du bio vous avez le logo label rouge le logo bio etc et ensuite vous avez aussi vous pouvez varier vos plaisirs en l'identifiant de la pintade de la dinde etc si je prends la pintade par exemple vous pouvez quasi être sûr que c'est systématiquement français on est les seuls justement à faire et c'est le côté unique de la France on est le seul pays un à faire autant de label rouge à faire autant de pintades de dinde etc on est un exemple à ce niveau-là par contre je voudrais revenir quand même sur les importations la distribution n'est pas l'acteur majeur en matière d'importation aujourd'hui vous allez retrouver les viandes importées beaucoup dans la restauration et également dans les produits élaborés transformés c'est là-dessus qu'il faut agir
Brigitte Gauthier en un mot qu'est-ce qu'on met dans une salade César si on ne met pas de poulet
et bien on a pas mal d'alternatives on peut aller sur des protéines végétales brutes avec des pois chiches c'est excellent et on a une super filière pois chiches en France on ne le dit pas assez mais on importe beaucoup de légumineuses de légumes et tout ça on n'a pas assez de place en France c'est là qu'on devrait essayer de récupérer de la souveraineté alimentaire et de l'autre on a aussi des alternatives végétales aussi qui se développent et finalement vous mangez pareil une salade César avec d'excellentes alternatives au poulet aujourd'hui voilà je veux revenir sur volaille française les contrôles il y a très peu de contrôles c'est 1% d'élevage contrôlé en France par an c'est très peu de contrôles
merci Brigitte Gauthier merci Yann Nedelec poulet salade César avec du poulet ou avec des pois chiches j'espère que vous vous êtes fait votre opinion merci Anina Lejeune et Perico Légaz d'avoir été au téléphone avec nous et merci à vous les auditeurs d'avoir animé ce débat avec moi le débat de midi c'est terminé pour aujourd'hui mais demain on va parler politique le film la bataille de Gaulle frôle les 2,5 millions d'entrées c'est le phénomène de l'été mais dans les urnes qui est vraiment l'héritier du général Dominique de Villepin Marine Le Pen Gérald Darmanin tous se revendiquent de Gaulle partout de Gaulle nulle part on en débat Manon Rutin Caroline Prota merci à mon équipe nos stagiais Elisabeth Narsel et Mabezem à la réalisation Céline Hila à la programmation musicale c'était Valentine Cheuxdebois et à la technique aujourd'hui Enzo d'Hospital et Corentin Rouchy et Mabezem
et Mabezem