Télévision publique : comment votre argent finance Hanouna, Bolloré et les riches amis de Macron
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 95 %Défensif 5 %
Questions et réponses
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- 0:25OuverteRéponse directe
Est-ce que vous savez combien donne l'État à France Télévisions et à Radio France par an ?
- 2:14OuverteRéponse directe
Comment est-ce possible que les chaînes de l'audiovisuel public paient des factures à des groupes concurrents ?
- 9:38OuverteRéponse directe
Quels sont les liens politiques entre MediaOne et Macron ?
- 14:30RelanceÉludée
Pourquoi Delphine Ernotte ne répond pas aux questions sur ces collusions ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35PrésentateurChiffre
« On donne à France Télévisions, à Radio France, 4 milliards. »
Temps de parole
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Les patrons de l'audiovisuel public de France Télévisions en particulier et leurs autorités de tutelle, c'est-à-dire des membres du gouvernement Macron-Borne, sont-ils masochistes en tout cas ? Cyril Hanouna pense manifestement que oui. Avec eux, ils croient tout pouvoir se permettre. Regardez, c'était le lundi 16 janvier de cette année 2023.
J'ai vu un truc qui m'a fait halluciner. Est-ce que vous savez combien donne l'État à France Télévisions et à Radio France par an ? Combien ils leur donnent ? On donne à France Télévisions, à Radio France, 4 milliards. Et ça, c'est sans les pubs, parce qu'ils ont les pubs toute la journée aussi, que ce soit Radio France et France Télévisions. 4 milliards. Avec 4 milliards, on peut en acheter des autos pour la police. On peut refaire quelques hôpitaux quand même. Privatisez-moi ça. Non mais sans rigoler.
Au moment où le chouchou de l'empire médiatique de Bolloré surjoue l'indignation devant des millions de téléspectateurs, combien sont ceux qui savent que lui, qui prétend ne pas cracher dans la main qui le nourrit, est précisément en train de le faire ? Car Cyril Hanouna ne touche pas de l'argent que de C8, de Vivendi et donc de Bolloré. Il émarge également dans les caisses de l'audiovisuel public qu'il prétend dénoncer.
Dans un article fouillé publié par le média en ligne indépendant off-investigation, mon confrère Gauthier Mesnier nous raconte les coulisses d'un univers où règne la porosité entre le service public et les médias des milliardaires, entre des concurrents apparents qui seraient absolument en désaccord sur la thématique des valeurs. Alors Hanouna, mais aussi Bolloré et le groupe Canal+, Martin Bouygues et le groupe TF1, Xavier Niel et les amis milliardaires d'Emmanuel Macron, ils profitent tous de l'argent octroyé par France Télévisions. Et Gauthier Mesnier est là sur notre plateau pour nous raconter. Salut Gauthier, comment ça va ? Salut Théo, ça va et toi ? Ça va.
L'article que tu viens de publier sur le site de Off Investigation, réservé à ses abonnés, nous vous invitons à vous abonner, c'est à partir de 5 euros par mois et c'est bon pour la démocratie. Et bien cet article nous met en face d'un paradoxe apparent. Les chaînes de l'audiovisuel public, qui ont pendant longtemps été financées par notre redevance et le sont désormais par nos impôts, paient de généreuses factures à des groupes médias concurrents et contrôlés par les milliardaires. Comment est-ce possible ?
Alors je pense que ce qui est quand même déjà intéressant de rappeler, en tout cas pour les gens qui ne connaissent pas la télévision, France Télévisions commande en fait pour ses programmes, ses talk shows, ses émissions politiques, ses jeux, commandent en fait tous ses programmes à des sociétés de production. Et ce qui est intéressant, c'est des prestateurs externes, tout n'est pas fait en interne. Et nous, on a voulu un peu s'intéresser, un petit peu, savoir quels sont en fait les clients de France Télévisions, qui produit les talk shows, les jeux, les émissions du service public.
Et là, on est tombé sur un rapport d'information du Sénat, rédigé par le vice-président du Sénat, Roger Carucci, qui détaille les principaux fournisseurs de contenu du service public. Et là, on a quand même été étonné de voir que l'un des principaux fournisseurs de contenu du service public était Banidjé. Banidjé, c'est un monstre audiovisuel, un groupe mondial, dirigé par Stéphane Courbitte. Et ce qui est intéressant chez Banidjé, c'est que c'est tenu à 32% par M. Vincent Bolloré, qui est propriétaire de CNews et du groupe Canal+. CNews, C8, Canal+, les chaînes qu'on connaît.
Et donc là, on se dit, on voit ce fournisseur de contenu de France Télévisions qui réalise un chiffre d'affaires de 75 millions d'euros par an avec le service public. Donc on se dit Banidjé, Bolloré, etc. Banidjé, c'est les ch'tis, c'est les Marseillais. Mais c'est aussi un jeu sur deux sur France Télévisions. Donc c'est en fait tout le catalogue de Nagui. N'oubliez pas les paroles. C'est également Fort Boyard, des jeux qu'on connaît bien. Et on se dit, qu'est-ce que c'est que ça ?
Pourquoi le service public commande autant de programmes à Banidjé qui est Banidjé ou Bolloré sur ses chaînes, que ce soit CNews ou C8, ses animateurs vedettes promeuvent à longueur d'antenne la privatisation du service public ? On sait qu'un de ses animateurs vedettes aussi sur CNews, Éric Zemmour, a été condamné pour incitation à la haine raciale. On se dit, qu'est-ce que fait le service public à commander autant de programmes à Banidjé ?
Alors ce qui est aussi étonnant, c'est que le service public, les animateurs du service public, donnent l'impression que, en tout cas dans leur posture, qu'ils sont farochement hostiles à la démarche de Vincent Bolloré qui a en quelque sorte corrompu le groupe Canal. Totalement, oui. Quand on entend récemment, en janvier 2022, quand on entend Delphine Ernaut qui est passée devant une commission d'enquête sénatoriale sur la concentration des médias, Delphine Ernaut pour fend les chaînes d'opinion. Donc voilà, c'est un clin d'œil à Vincent Bolloré, les chaînes d'opinion qui cherchent la culture du clash.
Delphine Ernaut défend le service public en disant que le service public défend la circulation de fausses informations, etc. Défend le pluralisme dans ses offres, etc. Donc oui, effectivement, il se pose, publiquement, il se pose en anti-Bolloré, anti-C News, anti-C8, etc. Et en fait, quand on entend ce discours-là et on regarde la réalité des faits, on voit que, voilà, c'est quand même devant ce rapport d'information sénatoriale, on voit que Banijé est le premier client de France Télévisions. Donc on se dit, qu'est-ce que c'est que cette affaire ? Le premier fournisseur de France Télévisions. Le premier fournisseur de contenu de France Télévisions.
C'est ce que je répète, c'est un jeu sur deux à France Télévisions. Il y a une contradiction en tout cas. Alors, Banijé, c'est Vincent Bolloré, c'est Yannick Bolloré, de manière plus particulière, je crois, mais c'est également Cyril Hanouna lui-même. Également, voilà, c'est ça. C'est ça aussi qui est rigolo dans cette histoire, c'est que l'aspect de production d'Hanouna H2O a été racheté par Banijé. Hanouna est maintenant actionnaire à 1,5% de Banijé. Quand on voit la valorisation, la capitalisation boursière de Banijé, c'est à peu près 4 milliards d'euros. Je vous laisse faire le calcul, 1,5 de 4 milliards, c'est environ 60 millions d'euros. Donc, ce n'est pas rien.
Donc, en fait, on voit que Cyril Hanouna est actionnaire de Banijé. Banijé qui vend des jeux télévisés au service public. Donc, la sortie d'Hanouna lundi dernier sur Touche pas à mon poste était rigolo. C'est-à-dire qu'en tout cas, au moins, on sait qu'il mord la main qui le nourrit. Voilà, c'est ça, exactement. Alors, il y a aussi le fait que Banijé est également une sorte d'incubateur d'influenceurs et notamment d'influenceuses particulièrement sulfureuses comme Magali Berda. Magali Berda, exactement. Magali Berda qui a été mise en cause notamment par les enquêtes d'une émission de service public qui fait la promotion de produits qui relèvent de l'escroquerie, etc.
Oui, dans un très bon documentaire de complément d'enquête. Puis c'est aussi des objets télévisuels, des machins télévisuels comme les ch'tis, comme les marseillais. Donc voilà, on se dit, bon, quel est l'intérêt pour Delphine Ranaut et la direction du service public d'engraisser ce géant mondial dirigé quand même par Stéphane Courbit qui a été condamné dans l'affaire Betancourt pour abus de faiblesse. Il n'a pas fait appel à 250 000 euros. Donc est-ce que c'est le rôle du service public de passer commande à ce genre de société proche de Vincent Bolloré dont Anouna est actionnaire ? Voilà, on se dit, c'est quand même drôle en fait cette histoire.
Delphine Ranaut et la direction de France Télévisions enrichissent en fait les oligarques, les animateurs qui veulent la liquider, quoi. C'est vraiment ça, quoi. Nous, indirectement, on finance Cyril Anouna et puis les ch'tis, les marseillais et puis d'une certaine manière Magali Berda, etc. Bref, c'est très, très flou tout cela. Le groupe TF1 fait également de belles affaires avec France Télévisions, son principal concurrent.
Oui, ce qui est marrant, c'est que quand Martin Bouygues et le groupe TF1 rachètent New N, qui est une société de production audiovisuelle, en 2015, Delphine Ranaut, elle vient d'être réélue à la tête de France Télé et elle tonne dans un communiqué en disant que ce n'est pas possible que l'un des principaux fournisseurs du service public était New N à l'époque, New N, c'est plus belle la vie, c'est qu'en distre noir, c'est 100 millions d'euros de chiffre d'affaires à l'époque avec France Télévisions, Delphine Ranaut dit que ce n'est pas possible qu'un de nos concurrents directs, Martin Bouygues et TF1, rachète une société de production qui travaille avec nous. Le principal prestataire.
Exactement. Et là, Delphine Ranaut dit que ce n'est pas possible, etc. Elle dit quelque chose d'intéressant, elle dit que ce n'est pas possible que l'argent de la redevance enrichisse nos concurrents directs. Sept ans après, ce qu'on voit, effectivement, il y a des programmes produits par New N dans le service public, comme les maternelles, ont été arrêtés. Mais des programmes phares de New N, comme Plus belle la vie, ça a quand même encore duré. Et puis, on voit qu'en fait, New N continue de faire affaire avec le service public. C'est notamment les séries de fiction qu'on connaît, comme Candice Renoir, via sa filiale Tell France.
C'est aussi tous les documentaires et talk shows santé qu'on connaît avec Michel Simès et Marina Carrère d'Ankos. Et en fait, ce qu'on voit, c'est que le New N, c'est encore 45 millions d'euros par an. Delphine Ranaut enrichit son concurrent direct. Mais ce qu'on voit, c'est qu'en fait, par exemple, entre privés, on ne fait pas ça. Canal Plus n'achète pas des programmes à New N, et inversement. Donc, en fait, le service public, on ne sait pas pourquoi, finance ses concurrents directs. C'est quand même, encore une fois, un petit peu rigolo, quoi. C'est la bonne poire.
Alors, je voudrais qu'on aborde maintenant un aspect plus politique de ces liens troubles et qu'on parle de MediaOne, cofondé par deux proches d'Emmanuel Macron, Pierre-Antoine Capeton et Xavier Niel. Et Xavier Niel, c'est le patron de Free. Il est actionnaire principal du Monde et d'autres médias. Deux potes du chef, on peut dire, qui produisent plusieurs émissions, dont des émissions d'actualité d'une grande importance, où il est souvent question d'évoquer le chef en question. Commençons par les émissions de divertissement de MediaOne. Oui, MediaOne. Alors, MediaOne, c'est du coup ce que tu as rappelé.
C'est une boîte qui a été cofondée par Xavier Niel et Pierre-Antoine Capeton, deux intimes du président de la République. Xavier Niel est proche de Macron depuis 2017, voire un peu avant. Pierre-Antoine Capeton est un intime également. Il a suivi la campagne de 2017 d'Emmanuel Macron. Il en a sorti un documentaire plutôt complaisant le lendemain de son élection, qui s'appelle Emmanuel Macron, les coulisses d'une victoire, diffusé sur TF1. Et donc, Pierre-Antoine Capeton, qui, encore en novembre dernier, a accompagné Emmanuel Macron dans sa visite officielle aux États-Unis. Il était dans l'avion du président de la République. Ça, c'est mon confrère Marc Endewell qui le révèle dans la tribune.
Ces deux intimes du président de la République ont fait leur trou dans le service public, c'est le moins qu'on puisse dire, avec des émissions de divertissement. Tu le rappelais, ils produisent notamment le retour du Grand Échiquier, l'émission mythique présentée par Claire Chazal, facturée, selon les échos, 1,2 million d'euros la soirée. C'est à peu près l'équivalent du direct du 14 juillet. Donc, c'est une raison de 13 émissions. Ça fait quand même un beau petit impact. 13 émissions par an. 13 émissions. Ça fait à peu près 15 millions d'euros pour un comeback dont on ne sait pas si ça marchera.
Donc, du divertissement, mais surtout des émissions politiques, des talk shows politiques qu'on connaît bien sur France 5 notamment, comme C'est à vous, animé par Elisabeth Lemoyne, avec Patrick Cohen, Pierre Lescure, etc. Pierre Lescure, on y reviendra aussi également au célèbre d'eau, animé par Ali Badou. Ce mélange des genres entre une société de production audiovisuelle qui est détenue par des très proches d'Emmanuel Macron, qui produisent des émissions politiques sur le service public, ça n'a pas l'air de déranger spécialement Delphine Ernot. Je parle de mélange des genres, mais il y a aussi toute une sorte de collusion.
Pierre Lescure, qui est animateur sur C'est à vous, qui se voit octroyer une émission culturelle. Il va remplacer le passage des arts qui était présenté par Claire Chazal. Lui, il va remplacer Pierre Chazal sur le service public, une émission qui va parler de cinéma, qui sera produite par MediaOne. Et ce qui est intéressant, c'est que Pierre Lescure a des intérêts chez MediaOne. Il a été au conseil de surveillance de MediaOne. Donc voilà, il y a une petite collusion, en fait de l'entre-soi quoi, de l'entre-soi. Moi, quand j'interroge les syndicats là-dessus sur MediaOne, on me dit beaucoup, c'est de l'entre-soi.
C'est de l'entre-soi, voilà, Pierre Lescure, etc., au conseil de surveillance de MediaOne, qui fait son trou dans le service public, qui est chroniqueur sur C'est à vous, etc. On peut trouver bizarre que la direction de l'audiovisuel public, Delphine Ernotte notamment, ne tape pas du point sur la table quand ses journalistes sont malmenés ou quand Hanouna insulte ouvertement un service public déjà maltraité, avant la disparition de la concurrence. Je parle des journalistes malmenés parce que, dans ton article, tu racontes une anecdote selon laquelle, finalement, les équipes de MediaOne sont privilégiées par rapport à la rédaction de France Télévisions.
Oui, c'est un épisode que je raconte dans l'article. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron fait une visite officielle à Kiev, en Ukraine, en juin dernier pour rencontrer Volodymyr Zelensky. L'Élysée choisit les journalistes qui suivront les périgrénations du président de la République. Ce sera un journaliste de BFM et un journaliste de C'est à vous, donc C'est à vous, à l'émission de MediaOne, préférée à la rédaction nationale de France Télévisions. Le CNJ France Télévisions. Le CNJ, donc le syndicat national des journalistes.
Exactement, s'est fendu d'un communiqué assassin en disant, et en pointant ces collusions-là, en disant, est-ce que la proximité du président de la République avec Xavier Niel, cofondateur de MediaOne, est-ce que la proximité du président de la République avec MediaOne a pu jouer dans la sélection de journalistes préférés à la rédaction nationale de France Télévisions ? Delphine Ernaud s'en est pas ému spécialement.
Dans sa diatribe, Anouna parle de la pub qui serait omniprésente sur le service public, ce qu'il faut, parce que sous Nicolas Sarkozy, elle a été limitée au bénéfice des groupes privés déjà, et il dit privatisez-moi ça, mais il y a déjà, manifestement, une privatisation partielle au moins de la production. S'il est aussi sûr de lui, en attaquant ainsi la main qui le nourrit, c'est peut-être parce qu'il y a une sorte de consensus au sujet de l'affaiblissement de l'audiovisuel public, un consensus entre les milliardaires, nos gouvernants, en fait, il faut affaiblir l'audiovisuel public progressivement, pour renforcer les grands groupes privés français.
Oui, c'est ça qui est assez troublant, en fait, dans l'enquête, c'est que quand on demande à Delphine Ernaud pourquoi vous vous engraissez ceux qui veulent vous liquider ? Pourquoi ? On a envoyé un mail avec une série de questions assez précises, ils ne nous répondent pas, il n'y a pas de réponse, etc. On est quand même en droit, je pense, de savoir un peu ce que le service public fait avec son argent, quand même, c'est notre argent, il faut quand même le rappeler, c'était la redevance, maintenant ça sera apparemment la TVA qui financera ça, donc ça sera quand même toujours notre argent. On se demande, alors moi je me suis demandé, c'est quoi ?
C'est de la naïveté, c'est de la candeur, c'est de la proximité. Étant donné qu'ils ne nous répondent pas, on peut émettre quelques hypothèses. Moi, quand je vois comment Delphine Ernaud a réagi à l'attaque en règle de Danouna lundi dernier, en disant privatisez-moi tout ça, Delphine Ernaud a répondu le lendemain avec une extrême prudence, en disant je connais bien Cyril, c'est un animateur professionnel, il est allé un peu trop loin, mais je le connais bien, il a passé 10 ans dans le service public. En gros, très prudent, face à une attaque quand même, une attaque en règle, privatisez-moi tout ça.
Elle répond avec une extrême prudence, une extrême prudence qui confine à la collusion, à la complaisance. Il y a des éléments que vous avez en votre position qui permettent de documenter, en tout cas, une sorte de mélange de genre ou alors de, disons, de relations incestueuses. Oui, totalement. Il y a des collusions qui interrogent. Je pense notamment à l'ex-numéro 2 de France Télévisions, M. Takis Kandilis, qui est un producteur qui était passé par la Gardère, est le numéro 2 directeur des antennes et des programmes, donc un rôle stratégique quand même dans France Télévisions.
Il est débauché par Delphine Ernotte en 2016 à Banidjé, propulsé du coup numéro 2 de France Télévisions en 2018, et deux ans plus tard, qu'est-ce que fait M. Takis Kandilis ? Il revient à Banidjé en qualité de conseiller. Et entre-temps, le canard enchaîné le rappelle, Banidjé, entre 2018 et 2020, là où Takis Kandilis est directeur des programmes, bizarrement, Banidjé a signé toute une flopée de contrats avec France Télévisions. Donc en fait, c'est des liaisons dangereuses. Et ça n'émeut pas, encore une fois, ça n'émeut pas Delphine Ernotte. Donc on se dit, en fait, ce n'est pas de la naïveté, en fait, il y a vraiment quand même eu un sentiment vraiment de collusion.
De collusion très dérangeante. Finalement, on n'est pas face à une illustration du néolibéralisme, une sorte de système où le pouvoir politique dépouille l'État d'un certain nombre de ses actifs et de ses prérogatives pour les livrer à des oligarques dans une sorte de fausse loi du marché. Quand on regarde le mandat de Delphine Ernotte, qui a été émaillé par quelques échecs, notamment Salto, Salto, c'est à peu près 180 millions de pertes pour France Télévisions. Mettre Netflix à la française. Netflix à la française, qui est un véritable naufrage.
Quand on voit les soupçons de collusion, parce que l'enquête, ce que je n'ai pas dit, c'est que la justice, il y a une plainte qui a été déposée pour les liaisons dangereuses entre Banigé et France Télévisions, plainte qui a été déposée par la CGC, notamment, à France Télévisions, sur le cas de Takis Kandilis. Ce qu'on voit, c'est qu'il y a plusieurs échecs, il y a des soupçons de collusion d'intérêt. Bizarrement, Delphine Ernotte est reconduite en 2020, ce qui est assez rarissime quand même à la direction de France Télévisions. Et on se demande pourquoi l'ARCOM, pourquoi le pouvoir politique finalement reconduit Delphine Ernotte.
Et en fait, on peut se demander est-ce que le projet, parce qu'on voit quand même que ces oligarques, que ce soit Xavier Niel, Vincent Bolloré, auraient peut-être intérêt à ce que France Télévisions soit privatisée. En tout cas, le mot a été lâché par Hanouna. Donc, le mot a été lâché et le débat public peut être lancé. Il a ouvert une fenêtre un peu, en posant la privatisation sur la table, il a ouvert une fenêtre pour une possible, en tout cas, dans les têtes, ça devient possible, une privatisation du service public. Que ça soit France 3, alors peut-être qu'ils garderont France 2, etc. Ça peut-être être privatisation de France 3, etc.
Quand on voit que Xavier Niel a été intéressé par le rachat d'M6, Xavier Niel aimerait avoir une chaîne, donc tout bon oligarque aimerait avoir une chaîne. Et donc, on se dit, devant les mandats de Delphine Ernotte, avec des échecs, des collusions, des scandales, etc., parce qu'on se dit, est-ce que le but final, ce serait pas on laisse Ernotte saccager le service public. On affame la bête, comme on le voit, vous parlez du néolibéralisme, c'est une stratégie d'affamer un service public pour après dire, regardez comme c'est géré, regardez, voilà. Donc, comme c'est mal géré, du coup, on va privatiser.
D'autant plus que, finalement, l'idée de privatisation de l'audiovisuel public, elle vient directement du Rassemblement national, mais elle n'est pas tout à fait contestée par l'ex-LREM ou bien même les Républicains. C'est une idée qui suit son chemin. Qui suit son chemin. Merci beaucoup, Gauthier, de cette interview. Je rappelle que tu as publié un article fort intéressant sur le site du Off Investigation, un article réservé aux abonnés, mais l'abonnement, il n'est pas cher, il est à 5 euros par mois. Et donc, c'est un article qui est à lire, que nous vous invitons à lire parmi d'autres articles toujours très, très intéressants.
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