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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 17 janvier 2026 20 min

Les annonces de Sébastien Lecornu, le budget 2026... Le "8h30 franceinfo" de Philippe Brun

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Philippe Brun. Bonjour. Et merci d'être avec nous sur France Info, député socialiste de l'heure. Et vous êtes également le négociateur principal du budget pour le PS. Budget qu'on va évidemment évoquer très largement avec vous ce matin. Vous êtes la clé, vous le PS de ce budget, de son adoption. Avant cela, le concret, les mesures annoncées hier soir par Sébastien Lecornu. Et on commence par écouter le Premier ministre.

0:36
Invité

La solidarité nationale, pour ses salariés des secteurs privés comme public, d'ailleurs, s'exprime par un complément de revenu. C'est la prime d'activité. Le budget initial envisageait d'en réduire la portée. Il faut le reconnaître, c'était une erreur.

0:51
Présentateur

Voilà, le Premier ministre qui veut un budget, effectivement, très axé, dit-il, sur le travail. Et donc, la principale annonce, c'est cette augmentation de la prime d'activité. 50 euros par mois pour 3 millions de ménages. Alors, des annonces, il y en a d'autres. Pas d'augmentation d'impôts pour les ménages. 2 000 postes en plus dans l'éducation nationale. Repas 1 euro pour tous les étudiants. 200 millions pour le fonds vert. Ça y est, vous avez réussi à faire céder le gouvernement à peu près sur tout.

1:16
Philippe Brun

En tout cas, on a été exigeants. Il fallait à la fois permettre de défendre le pouvoir d'achat. On a une baisse de la consommation en France. Dans les trimestres, elle a encore baissé de 1%. On a une augmentation des prix toujours à la caisse. Et je pense qu'il fallait défendre les gens qui travaillent. La prime d'activité, ça touche tous les gens entre 1 et 1,3 SMIC qui ont des bas salaires et qui galèrent dans la crise que nous vivons aujourd'hui. Il fallait revaloriser cette prime d'activité. Le montant est important. Je rappelle que c'est autant que pendant le mouvement des gilets jaunes.

C'est-à-dire qu'on a obtenu, autant que les gilets jaunes avaient obtenu en 2018, un volume de 2 milliards d'euros de dépenses. 2 milliards. C'était la même chose. Et donc, c'est 50 euros en moyenne par personne qui touche la prime d'activité.

1:57
Présentateur

Comment vous qualifiez ce qui s'est passé ? C'est un pas ? C'est une victoire ? Ou c'est moins que ça ?

2:03
Philippe Brun

Écoutez, les annonces sont très positives. Elles correspondent bien sûr à ce que nous avons négocié âprement avec le Premier ministre. Maintenant, on attend de voir comment cela va s'équilibrer. Parce que ces propositions-là, qui sont d'ailleurs celles du contre-budget et du Parti Socialiste, nous, nous les financions avec un certain nombre de recettes supplémentaires sur le budget. On va en parler, des recettes, bien sûr. Les marchés financiers, les très grandes banques, les très grandes entreprises. Ces recettes, il n'en a pas parlé hier. Alors aujourd'hui, je peux vous dire notre satisfaction, bien sûr, sur la copie, puisque c'est celle que nous avons proposée.

Mais vous dire, en même temps, notre attention à ce que les économies ne soient pas faites sur d'autres ministères ou sur d'autres postes qui toucheraient directement les classes populaires et les classes moyennes.

2:44
Présentateur

Sur la partie dépenses, c'est un budget PS, d'une certaine façon ?

2:48
Philippe Brun

Non, parce qu'en vérité, il y a quelques mesures qui ont été égrenées, qui correspondent effectivement à ce qu'on demande. Je rappelle que le reste du budget ne correspond pas à nos demandes. Il y a le budget de la culture qui baisse, le budget de Radio France baisse et de France Télévisions, le budget d'un grand nombre de services publics baisse.

Et donc, les mesures que nous proposons sont des mesures d'urgence, le pouvoir d'achat, vous l'avez rappelé, le logement, l'écologie, avec l'augmentation du fonds vert et des moyens pour la rénovation énergétique, l'éducation nationale, parce que même quand on fait des économies budgétaires, il ne faut pas sacrifier l'avenir des recrutements pour des recrutements d'enseignants et d'AESH, donc les personnes qui s'occupent des enfants porteurs de handicap dans les écoles. C'était important de permettre ces recrutements.

3:28
Locuteur non identifié

Donc, des nouvelles dépenses, des nouveaux moyens dans cette copie mise à jour du gouvernement pour le budget, mais comment est-ce qu'on va les financer ? Est-ce que le Parti Socialiste, sur la partie recette qui n'a pas été développée, présentée hier soir, est-ce que vous avez des demandes très concrètes, très fortes ce matin ?

3:50
Philippe Brun

Alors nous, nos demandes, elles étaient bien sûr sur la copie de dépenses. Sur les recettes, nous avons été battus à l'Assemblée nationale sur nos propositions. Nous avons proposé la taxe Zuckman, vous savez, 2% sur les gens extrêmement riches, rejetés par l'Assemblée nationale.

4:03
Locuteur non identifié

Donc vous avez fait votre deuil sur la taxe Zuckman.

4:05
Philippe Brun

Écoutez, en tout cas, nous, évidemment que nous la demandons toujours. Le jour où nous arriverons au pouvoir en 2027, je l'espère, nous la mettrons en place. En attendant, effectivement, elle n'est plus dans le débat aujourd'hui. Nous avons aussi proposé...

4:17
Présentateur

Vous reconnaissez que ce n'est par exemple pas un motif de censure ?

4:21
Philippe Brun

De toute façon, elle a été rejetée par l'Assemblée et par le Sénat. Il faut être démocrate. Elle a été rejetée par les deux assemblées. Elle n'est pas dans le débat aujourd'hui. De toute façon, on ne peut même pas légalement la réintroduire dans la discussion. Nous avons aussi proposé l'impôt sur la fortune. C'était adopté par la Commission des Finances, rejeté dans l'hémicycle. C'est en débat. Le gouvernement peut l'ajouter dans le texte s'il le souhaite. Il y a la question de la surtaxe sur les grandes entreprises, qui avait été créée par Nicolas Sarkozy, je le rappelle, ce grand gauchiste, puis par un autre grand gauchiste qui s'appelle Michel Barnier.

Vous voulez que ça le rapporte 8 milliards, c'est ça ? C'est ce qu'elle a rapporté l'année dernière. Donc, on n'est pas des révolutionnaires. On propose de reconduire la taxe de Nicolas Sarkozy et de Michel Barnier, qui rapporte 8 milliards.

5:00
Locuteur non identifié

Celle-ci aussi a été rejetée dans l'hémicycle la semaine passée ?

5:04
Philippe Brun

Oui, après avoir été adoptée en Commission et adoptée surtout en première lecture à hauteur de 6 milliards. Bon, donc il y a la copie que nous proposons, 8 milliards. Il y a ce que le gouvernement proposait initialement, 4 milliards. On va voir, mais encore une fois, ce sont ce dialogue idéologique. Moi, j'ai parlé avec ces très grandes entreprises qui sont concernées. En fait, ce sont les entreprises du CAC 40 et les grandes banques qui sont essentiellement concernées. Elles sont prêtes à cet effort exceptionnel pour soutenir les finances publiques. Donc, je crois qu'il faut sortir de l'idéologie.

Ce prélèvement qui paraît peut-être important est tout à fait l'épaisseur du trait pour ces très grandes entreprises et peut nous permettre de colmater les brèches dans ce budget. Et puis, il y a... 8 milliards, c'est l'épaisseur du trait ? C'est l'épaisseur du trait pour ces grandes entreprises-là. C'est un retour finalement au taux d'impôt sur la société qu'elles avaient avant l'arrivée d'Emmanuel Macron. Vous vous souvenez, l'impôt sur la société était à 33%. Il est aujourd'hui à 25% pour ces très grandes entreprises qui réalisent des chiffres d'affaires supérieurs à 1 milliard. On propose effectivement de revenir à l'ancien taux d'impôt sur la société.

Ce n'est quand même pas confiscatoire. Et c'était le cas l'année dernière. C'était une surtaxe qui avait été proposée aussi sous Nicolas Sarkozy pendant la crise grecque. Vous voyez, c'est un outil qui a été utilisé quand la France allait très mal, quand les finances publiques étaient en difficulté. C'est un geste de solidarité de nos très grandes banques françaises, de nos très grandes entreprises françaises pour nos finances publiques. Je pense que c'est acceptable. Et puis, il y a d'autres propositions recettes. Il y a la question, vous savez, de l'impôt de production qui s'appelle la CVAE. Est-ce qu'on le baisse cette année ou pas ? C'est en débat, effectivement.

Et puis, il y a la question de la taxe sur les holdings que le gouvernement a proposé, que nous, nous proposons de doper un peu pour augmenter son rendement. Vous qui êtes le négociateur en chef, donc ? Pas en chef, il y en a d'autres.

6:43
Présentateur

L'un des négociateurs, en tout cas, l'un des négociateurs importants, que vous répond le gouvernement à ce stade.

6:53
Philippe Brun

Écoutez, moi, je n'ai pas d'informations à vous donner. J'ai autant d'informations que vous. Les annonces hier sur les dépenses.

6:58
Présentateur

Vous n'en avez pas ou vous ne pouvez pas nous en donner ?

7:00
Philippe Brun

Non, je n'ai pas d'informations. Et à ma connaissance, d'ailleurs, ces choses-là ne sont pas arbitrées.

7:04
Locuteur non identifié

Ça veut dire quoi ? Que vous allez, par exemple, ce week-end, continuer à discuter avec la ministre des Comptes Publics, Amélie de Montchalin, avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, sur cette partie recettes pour financer les mesures annoncées hier ?

7:16
Philippe Brun

Il n'y a pas de rendez-vous prévus ce week-end. J'imagine que le gouvernement reviendra vers nous avant mardi, puisque nous continuons le débat ce mardi. Et nous verrons bien d'ici mardi. Pour l'instant, en tout cas, nous n'avons pas d'informations sur cette question des recettes.

7:30
Locuteur non identifié

Mais en tout cas, ce que vous nous dites, le message politique ce matin, c'est que pour le Parti Socialiste, ces mesures nouvelles, par exemple sur le rehaussement de la prime d'activité, doivent être financées par les grandes entreprises. C'est très important de le souligner. C'est ce que vous nous demandez.

7:47
Philippe Brun

C'est-à-dire que c'est quoi la prime d'activité ? Rappelons-le, c'est l'État qui a été obligé de créer une allocation qui coûte 11 milliards, avec ce qu'on a obtenu, 12 à 13 milliards d'euros par an, parce que les entreprises n'augmentent pas les salaires. C'est quand même ça l'histoire. C'est comme les salaires en France sont trop bas, ils augmentent moins que dans le reste des pays européens, on est obligé de subventionner les bas salaires entre 1 et 1,3 SMIC, parce que les entreprises ne feront pas le travail.

Donc, comme l'État, aujourd'hui, met la main à la poche, ça fait longtemps, la prime d'activité, elle est ancienne, il me paraît quand même logique que les grandes entreprises contribuent à ce geste pour le pouvoir d'achat, et puis elles en bénéficient. Parmi les grandes entreprises qui paieront la surtaxe sur les grandes entreprises, il y a Carrefour. Carrefour va bénéficier directement de l'augmentation de la prime d'activité, parce que ça se verra dans les cadis.

8:29
Présentateur

Et si je liste un petit peu ce que vous venez de nous dire, Philippe Brun, donc il y a cette surtaxe qui serait maintenue à 8 milliards, il y a l'idée de l'ISF, vous avez encore évoqué un certain nombre d'autres taxes, taxes sur les holdings. Quelles sont, je sais que c'est un terme qui était très à la mode l'année dernière, mais quelles sont vos lignes rouges ? Est-ce qu'il y a des choses qui, si elles ne sont pas là, vous direz, pour nous, ça n'est pas acceptable ?

8:51
Philippe Brun

Non, il faut prendre le sujet à l'envers. Ce budget n'est pas le nôtre, il ne sera jamais le nôtre. Il y a des accords assez profonds avec ce qu'il est proposé.

8:58
Présentateur

On va y revenir, mais il n'est pas question que vous le votiez de toute façon.

9:00
Philippe Brun

Il n'est pas question que nous le votions. Donc nous, notre position, c'est de regarder ce qu'il y a dedans et de décider si cela est tellement inacceptable qu'il faut censurer le gouvernement ou que nous pensons que le coût de la censure est supérieur à celui de la non-censure. Alors je pose la question à l'envers, qu'est-ce qui serait donc inacceptable ? Ce qui serait inacceptable, c'est qu'on finance par exemple les annonces très positives qui ont été faites hier, par exemple en sabrant les budgets d'investissement, en sabrant les budgets, par exemple, de l'emploi ou des services publics, en réduisant les moyens dans les territoires ruraux.

Aujourd'hui, on n'a pas de visibilité, c'est-à-dire qu'on a à la fois

9:41
Présentateur

des annonces très positives... Mais sur l'aspect des recettes, pardonnez-moi, est-ce qu'il serait inacceptable qu'un ISF ne soit pas réintroduit ? Est-ce qu'il serait inacceptable qu'une surtaxe sur les entreprises ne rapporte pas 8 milliards ? Est-ce que c'est ça qui serait inacceptable ? Il n'y a pas de fétichisme fiscal chez nous.

9:55
Philippe Brun

C'est-à-dire qu'il faut comprendre que moi je ne me lève pas le matin en me disant mon Dieu, j'ai envie de créer une taxe. Si on propose des taxes, c'est parce qu'il faut bien financer des besoins. On va vous dire qu'on peut les financer par des économies. Nous, ce qu'on souhaite simplement, c'est que des besoins soient financés. Ce qui est clair, c'est que ce projet de loi de finances ne sera pas celui de la justice fiscale puisque tout ce qu'on proposait pour la justice fiscale a été balayé d'un revers de main par l'Assemblée nationale et par le Sénat.

Donc aujourd'hui, on sait très bien qu'on en est réduit à discuter d'impôts anciens et d'essayer de voir comment colmater les brèches et faire entrer les drôneaux dans la valise, comme on dit.

10:26
Locuteur non identifié

Une toute dernière question sur ce sujet. Est-ce que, oui ou non, Philippe Brun, il y a des milliers de Français fortunés qui échapperaient totalement à l'impôt sur le revenu ? C'est un débat qui a été relancé par l'ancien ministre de l'économie, Éric Lombard. Vous avez vu que votre collègue de la Commission des finances, Éric Coquerel, de la France Insoumise est allé hier chercher des documents à Bercy. Comment est-ce que vous vous positionnez sur cette question ? Est-ce que, oui ou non, ça existe ?

10:53
Philippe Brun

Oui, c'est pour ça qu'on proposait la taxe Zuckman. Quel est le système aujourd'hui ? Il faut que les gens qui nous écoutent comprennent. Quand vous avez une holding personnelle, vous ne vous versez jamais de salaire et vous vivez sur votre holding. C'est-à-dire qu'au lieu de toucher un salaire et de payer un impôt sur le revenu et de la CSG dessus, tous vos revenus sont perçus par cette holding qui achètent votre appartement, achètent votre voiture, achètent éventuellement votre yacht, assurent l'ensemble de votre train de vie.

Si bien qu'il y a, oui, des milliers de contribuables qui ne se versent pas de revenus et donc ne payent pas d'impôt sur le revenu ou se versent le minimum de revenus pour ne pas être imposable.

11:29
Locuteur non identifié

Combien de contribuables, vous savez ?

11:30
Philippe Brun

Alors, Eric Coquerel a dit qu'il y avait plusieurs milliers qui étaient concernés d'après les contrôles qu'il a fait hier. C'est aussi le mot d'Éric Lombard. C'est pour ça que nous proposions la taxe Zuckman qui est précisément une taxe qui vise à lutter contre cette optimisation dans la holding. Il y a une version dégradée qui est la taxe holding qui est aujourd'hui dans le budget qui vise à taxer ce qui est dans la holding et qui n'est pas relatif au fonctionnement de l'entreprise mais qui est une dépense somptuaire ou une dépense personnelle. Je rappelle qu'aux États-Unis, les holdings sont très lourdement taxés.

Dans l'Amérique de Donald Trump, les holdings sont taxés à 20% La pression fiscale

12:11
Présentateur

est un petit peu plus faible par ailleurs aux États-Unis par rapport à la France.

12:14
Philippe Brun

Le taux d'impôt sur les sociétés aux États-Unis est supérieur à la France. Le taux d'IS est supérieur à la France. Moyen parce que ça varie selon les États mais en moyenne il est supérieur. Et les holdings sont taxés à 20%. La taxe holding qui est dans notre budget à nous elle est à 2%. Ce que nous proposons c'est de copier l'enfer fiscal américain.

12:31
Présentateur

Vous restez avec nous Philippe Brun on se retrouve dans quelques secondes. On va parler de la manière aussi peut-être de faire adopter ce budget juste après l'info en une minute 9h moins le quart Philippine Thibodeau.

12:40
Locuteur non identifié

Moussa van der Leyen la présidente de la commission européenne sort la plume et signe officialise aujourd'hui au Paraguay l'accord commercial avec le Mercosur un traité refusé par la France et contesté par une partie du monde agricole il facilite l'entrée en Europe de bœuf, volaille et sucre et favorise les exportations européennes de voitures, vins ou encore fromage. En France à plus de 4000 km de l'Iran le soutien des organisations syndicales aux mobilisations iraniennes durement et mortellement réprimées depuis plusieurs jours elles organisent un rassemblement à Paris à 15h.

Fin de la grève des médecins libéraux après 10 jours de mobilisation satisfaits des gages donnés par la ministre de la Santé Stéphanie Riste notamment le fait de revenir sur la nouvelle règle de quota d'arrêt maladie prévue dans le projet de budget de la sécurité sociale. Et puis deuxième journée de l'Euro de Hande après leur victoire face à la République tchèque les Bleus affrontent l'Ukraine s'ils gagnent ils peuvent ainsi se qualifier pour le tour principal coup d'envoi 18h en Norvège.

France Info Le 8.30 France Info Adrien Beck Mathilde Sirot Toujours avec Philippe Brun ce matin député socialiste de l'heure vous êtes on l'a rappelé l'un des négociateurs en chef sur le budget nous avons très largement évoqué les nouvelles orientations budgétaires de ce budget à la suite des annonces du Premier ministre mais il y a effectivement un sujet dont il n'a pas parlé c'est comment est-ce qu'il compte procéder pour faire adopter ce budget on sait a priori qu'il n'y aura pas de vote l'examen d'ailleurs au Parlement a été suspendu depuis jeudi il va reprendre mardi vous l'avez dit et alors vous en réunion de groupe avec les députés socialistes vous avez dit non aux ordonnances c'est vraiment voilà ce que vous ne voulez pas pour faire adopter ce budget vous avez vous personnellement comparé cette procédure à un coup d'état est-ce que vous réitérez ce matin qu'il n'est pas question que le gouvernement ait recours aux ordonnances pour faire adopter le budget

14:40
Philippe Brun

écoutez moi je vous le dis très clairement les ordonnances ce serait un précédent catastrophique d'un point de vue démocratique quel est le principe dans tous les pays démocratiques les députés votent le budget les députés ont été inventés à la révolution française pour consentir à l'impôt et s'assurer du bon usage des données publiques au nom des citoyens cette procédure d'ordonnance elle ferait adopter le budget sans aucun vote le 49-3 au moins on a un vote le parlement peut s'opposer par une motion de censure donc vous ne voulez plus

15:10
Locuteur non identifié

49-3 et maintenant vous le demandez au gouvernement

15:12
Philippe Brun

je ne demande pas le 49-3 je pense qu'il ne faut ni 49-3 ni ordonnance c'est un peu compliqué après c'est le gouvernement qui est le maître de ses choix simplement je dis que l'ordonnance c'est absolument impossible imaginez demain n'importe quel gouvernement pourrait donc s'amuser à faire traîner les débats à l'assemblée vous déposez 4000 5000 amendements il faut les 70 jours passés vous faites passer par ordonnance c'est finalement une rupture avec toute notre histoire démocratique pour la première fois depuis la révolution française on interdirait au parlement de voter le budget et cela nous ne pouvons pas l'accepter on ne peut pas créer non plus un précédent 1818 pardonnez-moi je précise pour nos auditeurs c'est depuis 1818 qu'un budget est voté tous les ans effectivement par les députés et donc c'est la base du régime représentatif et c'est le cas aux Etats-Unis c'est le cas dans tous les grands pays démocratiques il n'y a pas un pays démocratique au monde dans lequel on ne vote pas le budget et donc moi je dis très clairement j'ai pris cette position personnellement d'abord aujourd'hui elle est partagée par mes collègues contre les ordonnances ce serait un précédent terrible donc ordonnance égale censure qu'on pourrait donner demain en tout cas moi je vous le dis à titre très personnel je serai le premier à écrire une motion de censure s'il y avait recours aux ordonnances ce serait de mon point de vue oui un coup d'Etat un coup d'Etat très antidémocratique et un précédent absolument terrible pour la suite ça donnerait finalement au président de la République tous les pouvoirs dont celui de se passer du Parlement de marcher sur le Parlement il suffirait juste de déposer 4000 5000 amendements pour passer 70 jours et ensuite vous êtes passé votre budget tranquillement imaginons pardonnez-moi je me permets de préciser

16:37
Présentateur

parce que ce que vous dites est un tout petit peu technique on parle de délai les ordonnances peuvent être actionnées l'article 47 de la Constitution après un certain délai au moment où le budget

16:47
Philippe Brun

n'a pas été adopté j'ajoute à cela que l'article 47 dit également que c'est possible seulement si le Parlement ne s'est pas prononcé oui or l'Assemblée s'est prononcée au mois de novembre nous avons voté contre ce budget et donc il y a en plus je le crois une forme de forfaiture à interpréter de manière assez contraire à la lettre de la Constitution cet article

17:07
Locuteur non identifié

donc il reste à Sébastien Lecornu l'outil du 49-3 qu'on connaît déjà il devra l'actionner à plusieurs reprises c'est la procédure pour faire adopter le budget dans ces cas-là le parti socialiste les 69 députés ne voteraient pas une motion de censure

17:21
Philippe Brun

non je ne peux pas vous dire ça aujourd'hui puisqu'on n'a pas la copie finale on a des annonces positives on a annoncé le sucré on attend de voir le salé donc on va regarder ce que sont les vraies mesures d'économie qui compensent ces mesures en dépense et quelles seront les mesures de recette et c'est en ayant connaissance de la copie finale que nous prendrons notre décision

17:41
Présentateur

si le budget tel qu'il est aujourd'hui avec les mesures annoncées hier soir et la copie on va dire gouvernementale initiale c'était ce budget-là qui devait être présenté ça vaudrait censure en l'état ? je ne vais pas demander votre question si la copie était celle on va dire du gouvernement sans les modifications sur les recettes que vous avez que vous avez que vous avez souhaité était celle qui était présentée au final ça vaudrait censure y compris malgré les annonces d'hier soir

18:10
Philippe Brun

au tout cas je dis simplement imaginons qu'il y a les annonces pour très positives d'hier soir qu'il n'y a aucun effort en recette et que dans le même temps on décide par exemple de supprimer des postes de policiers et de gendarmes de supprimer des postes de juges à priori c'est exclu

18:28
Locuteur non identifié

les budgets régaliens

18:29
Philippe Brun

sont réservés donc en tout cas je ne peux pas faire de politique fiction on n'a pas la copie finale donc on va regarder la copie finale ça veut dire que vous négociez

18:36
Locuteur non identifié

en permanence avec le gouvernement et pour autant vous n'avez pas accès aux documents vraiment à la copie comme vous dites au texte

18:43
Philippe Brun

je crois que le gouvernement dans le même temps lui discute avec les autres groupes politiques et donc la question des recettes est particulièrement difficile notamment avec le bloc central et la droite qui refusent toute mise à contribution des plus riches dans ce pays donc je crois bien que les discussions ont toujours lieu et c'est la raison pour laquelle on n'a pas d'informations à ce stade

19:02
Locuteur non identifié

Est-ce que vous à l'inverse en tant que député socialiste parfois la pression de vos collègues insoumis peut être difficile à supporter on sait que vous avez été prise à partie vous personnellement par Jean-Luc Mélenchon dans un tweet hier il a un peu ironisé sur votre position quant justement à votre position aux ordonnances est-ce que c'est difficile au quotidien de supporter dans l'hémicycle cette pression politique

19:26
Philippe Brun

Non non je m'en sors tout à fait bien et je vous avoue qu'il y a des choses plus dures dans la vie que la France insoumise heureusement

19:32
Présentateur

Merci à vous Philippe Brun vous êtes député socialiste de l'heure vice-président de la commission des finances de l'Assemblée négociateur on l'a compris pour le budget merci d'avoir été avec nous ce matin sur France Info un grand merci Mathilde Siro notre consoeur du point et restez bien sûr sur France Info