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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 17 juin 2021 8 minComplaisantFond programmatiqueNumériqueEurope & internationalÉconomie & entreprises

Stéphane Israël, président exécutif d’Arianespace, demande la régulation du trafic dans l’espace

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:29FerméeRéponse directe

    Êtes-vous mauvais perdant Stéphane Israël ?

  • 1:41OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça a un sens de continuer à occuper cette orbite basse avec des constellations de satellites ?

  • 2:34OuverteRéponse directe

    Est-ce que vos lanceurs sont adaptés au programme des prochaines années, Stéphane Israël ?

  • 3:39RelanceRéponse directe

    Est-ce que le marché n'a pas plutôt besoin de lanceurs plus petits, moins chers ?

  • 4:36OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'Arianespace a absolument besoin de ces start-up pour continuer à avancer ?

  • 5:34OuverteRéponse directe

    Ces start-up, ce sont elles qui ont besoin de vous d'abord ? Ou vous en avez besoin pour avancer ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25Locuteur non identifiéFait
    « Il y a quelques jours, vous l'avez accusé de monopoliser l'espace. »
  • 0:40Locuteur non identifiéFait
    « Je ne suis pas mauvais perdant tout simplement parce que la concurrence continue et nous sommes tout à fait actifs dans cette concurrence. »
  • 0:49Locuteur non identifiéFait
    « Et effectivement, nous alertons sur le fait que ces lancements à très très haute fréquence peuvent à un moment donné poser des problèmes dans l'orbite basse. »
  • 1:02Locuteur non identifiéFait
    « Il va falloir que globalement tous les acteurs de l'espace s'organisent pour éviter des collisions spatiales qui engendreraient des débris qui à terme rendraient l'orbite basse impraticable. »
  • 1:12Locuteur non identifiéFait
    « une situation où en déployant à jet continu des satellites, ça met notre concurrent en position de force vis-à-vis des instances de régulation pour avoir d'une certaine manière toujours plus de droits. »
  • 1:58Locuteur non identifiéFait
    « Eh bien, il faut un espace responsable. Je pense qu'on a tous les moyens pour le faire. »
  • 2:02Locuteur non identifiéFait
    « Il faut veiller à ce que les fusées, quand elles ont fini leur travail, puissent ce qu'on appelle déorbiter les étages supérieurs, qu'ils ne restent pas dans l'espace. »
  • 2:16Locuteur non identifiéFait
    « Il faut une meilleure connaissance de l'espace pour pouvoir réguler le trafic dans l'espace. »
  • 2:26Locuteur non identifiéFait
    « Simplement, il faut des règles du jeu. Il ne faut pas un espace Far West. »
  • 2:45Locuteur non identifiéFait
    « Alors, nos lanceurs sont parfaitement adaptés au programme des prochaines années. »
  • 2:54Locuteur non identifiéFait
    « ces constellations en orbite basse, c'est des satellites de 200, 300, 400 kilos qui vont chercher à être lancés par 10, par 20, par 30 ou par plus. »
  • 3:02Locuteur non identifiéFait
    « grâce à la version lourde d'Ariane 6, qu'on appelle Ariane 64, avec quatre gros moteurs à poudre sur le côté, on peut, de façon très compétitive, déployer ces projets de constellations. »
  • 3:20Locuteur non identifiéFait
    « Et nous allons pouvoir faire des missions lunaires et des missions martiennes avec Ariane 6, ce que nous ne pouvions pas forcément faire avec Ariane 5. »
  • 3:54Locuteur non identifiéChiffre
    « le segment de ces petits projets qui vont chercher des lanceurs plus petits, c'est un segment qui est tout petit, qui ne va être même pas le dixième de la valeur du marché. »
  • 4:51Locuteur non identifiéFait
    « Est-ce que vous pouvez faire sans elles aujourd'hui ? »
  • 6:18Locuteur non identifiéFait
    « L'enjeu, pour les Chinois, il est avant tout géopolitique. C'est faire de l'espace un terrain de jeu pour affirmer une puissance géopolitique. »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié68 %
  • Présentateur32 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir à tous. Dans l'espace, une bataille économique est décidément en cours. Cette bataille, c'est Elon Musk avec sa société SpaceX qui l'a engagée et qui l'anime. Bonsoir Stéphane Israël. Bonsoir Jean-Lémarie. Président exécutif d'Ariane Espace. La société d'Elon Musk envoie des satellites par centaines dans l'espace en ce moment. Il y a quelques jours, vous l'avez accusé de monopoliser l'espace. Êtes-vous mauvais perdant Stéphane Israël ?

0:31
Locuteur non identifié

Je ne suis pas mauvais perdant tout simplement parce que la concurrence continue et nous sommes tout à fait actifs dans cette concurrence. Nous déployons une autre constellation qui s'appelle OneWeb dont la taille est certes plus modeste mais ce qui la rend aussi plus compatible avec un espace durable. Et effectivement, nous alertons sur le fait que ces lancements à très très haute fréquence peuvent à un moment donné poser des problèmes dans l'orbite basse. Alors deux types de problèmes. Un problème de risque de collision.

Il va falloir que globalement tous les acteurs de l'espace s'organisent pour éviter des collisions spatiales qui engendreraient des débris qui à terme rendraient l'orbite basse impraticable. Et puis, une situation où en déployant à jet continu des satellites, ça met notre concurrent en position de force vis-à-vis des instances de régulation pour avoir d'une certaine manière toujours plus de droits. Et nous nous disons, il faut qu'il y ait d'autres grands projets dans l'espace. Il y a le projet de SpaceX, il y a OneWeb que nous déployons, il y a d'autres projets de constellation. On peut penser à celui de Jeff Bezos.

Eh bien, il faudra que l'orbite basse soit durablement praticable par plusieurs acteurs. Donc, ce n'est pas du tout être mauvais et perdant, c'est être vigilant pour la suite.

1:41
Présentateur

Est-ce que ça a un sens de continuer à occuper cette orbite basse avec des constellations de satellites qui vont nous assurer un Internet de meilleure qualité sur l'ensemble de la Terre ? Jusqu'où est-ce qu'on peut aller ? Vous-même, vous pointez du doigt les risques de pollution, de déchets omniprésents dans notre espace. Alors, pourquoi continuer ?

1:58
Locuteur non identifié

Eh bien, il faut un espace responsable. Je pense qu'on a tous les moyens pour le faire. Il faut veiller à ce que les fusées, quand elles ont fini leur travail, puissent ce qu'on appelle déorbiter les étages supérieurs, qu'ils ne restent pas dans l'espace. Il faut que les satellites, une fois qu'ils sont en fin de vie, se déplacent avant de rentrer dans l'atmosphère. Il faut une meilleure connaissance de l'espace pour pouvoir réguler le trafic dans l'espace. Donc, c'est tout à fait possible. Il y a quand même beaucoup de place dans les différentes orbites et notamment dans l'orbite basse. Simplement, il faut des règles du jeu. Il ne faut pas un espace Far West. Il faut un espace durable.

Et c'est ce pourquoi nous sommes très engagés.

2:34
Présentateur

Vous peaufinez Ariane 6 qui sera, si tout va bien, en service inauguré l'année prochaine. Est-ce que vos lanceurs sont adaptés au programme des prochaines années, Stéphane Israël ?

2:45
Locuteur non identifié

Alors, nos lanceurs sont parfaitement adaptés au programme des prochaines années. Je vais en prendre plusieurs exemples. D'abord, l'exemple, c'est ces constellations en orbite basse qui connaissent un développement extraordinaire. Et en fait, ces constellations en orbite basse, c'est des satellites de 200, 300, 400 kilos qui vont chercher à être lancés par 10, par 20, par 30 ou par plus. Et grâce à la version lourde d'Ariane 6, qu'on appelle Ariane 64, avec quatre gros moteurs à poudre sur le côté, on peut, de façon très compétitive, déployer ces projets de constellations. Je donne un autre exemple. Il y a en ce moment un retour vers la Lune. Il y a l'espoir de Mars.

Et nous allons pouvoir faire des missions lunaires et des missions martiennes avec Ariane 6, ce que nous ne pouvions pas forcément faire avec Ariane 5. Donc, c'est un deuxième progrès. Et je prendrai un troisième exemple. C'est l'exemple d'ailleurs de VivaTech. Il y a des petits satellites qui cherchent des lancements partagés, des systèmes de taxi, si vous voulez. Et avec Vega et Ariane, on va pouvoir en faire beaucoup plus que par auparavant.

3:39
Présentateur

Est-ce que le marché en ce moment n'a pas plutôt besoin de lanceurs plus petits, moins chers ? C'est ça le débat, y compris en Europe d'ailleurs, y compris entre les pays européens. Est-ce qu'on ne doit pas aller vers ça plutôt que vers ces lanceurs perfectionnés, intéressants, mais beaucoup plus massifs que vous développez ?

3:54
Locuteur non identifié

Alors, le segment de ces petits projets qui vont chercher des lanceurs plus petits, c'est un segment qui est tout petit, qui ne va être même pas le dixième de la valeur du marché. Donc non, le marché a besoin de gros lanceurs. Et je dirais qu'avec les constellations, voire l'exploration lointaine, on n'a plus que jamais besoin de gros lanceurs. Ensuite, il est vrai que pour ces satellites plus ponctuels, vous aurez deux solutions. Il y a ce que nous proposons, nous, en lancement partagé. On a fait avec Vega un lancement où il y avait 53 satellites et parmi ces 53 satellites, c'était des projets de 250 grammes à 150 kilos.

Et de temps en temps, ces petits projets vont chercher des micro lanceurs dédiés. Et ça, c'est vrai que nous n'en avons pas, mais c'est une toute toute toute petite portion du marché.

4:36
Présentateur

Vous avez cité VivaTech, salon des nouvelles technologies, des start-up. Vous y êtes en ce moment. Est-ce qu'Arianespace a absolument besoin de ces start-up pour continuer à avancer, pour continuer à progresser ?

4:49
Locuteur non identifié

Est-ce que vous pouvez faire sans elles aujourd'hui ? Eh bien, nous faisons avec elles et nous faisons pour elles. Le lancement de Vega, qui avait 53 satellites à bord, il y avait ce que j'appellerais neuf primo-accédants à l'espace. Il y avait neuf sociétés qui, pour la première fois, prenaient un ticket pour aller vers l'espace avec des projets très innovants. Et demain, nous allons organiser un concours et remettre un prix à une start-up. Nous avons offert un ticket gratuit pour l'espace. Et nous avons donc fait un appel à projets. Nous avons eu plus de 40 réponses de l'ensemble du monde. C'est assez impressionnant.

Demain, il y aura 6 start-up qui vont faire ce qu'on appelle un pitch devant nous. Et nous allons récompenser sur deux critères. La plus innovante et le projet le plus utile pour les terriens. Parce que nous, nous sommes des militants d'un espace utile pour les terriens.

5:34
Présentateur

Ces start-up, ce sont elles qui ont besoin de vous d'abord ? Ou vous, encore une fois, qui en avez besoin pour avancer ?

5:40
Locuteur non identifié

Ces start-up, ici, on parle de projets de satellites. Et donc, ces projets de satellites qui vont être faits par des laboratoires, par des universités, par des jeunes pousses, ont besoin d'un accès à l'espace plus démocratique. Auparavant, c'était compliqué parce qu'on n'avait pas, effectivement, ces solutions pour des tout petits satellites. Et aujourd'hui, grâce à nos fusées, nous avons les moyens de les embarquer.

6:02
Présentateur

Et c'est à elles aussi que vous vous adressez. Il nous reste quelques instants, Stéphane Israël, pour parler, évidemment, de cette nouvelle station spatiale chinoise. Puisque les premiers astronautes sont arrivés dans cette station baptisée Palais Céleste. Quel est l'enjeu, là, pour les Chinois ? Est-ce qu'il est politique, technologique, économique ? Qu'est-ce que c'est ?

6:18
Locuteur non identifié

L'enjeu, pour les Chinois, il est avant tout géopolitique. C'est faire de l'espace un terrain de jeu pour affirmer une puissance géopolitique, pour se poser en égal des Etats-Unis, un peu comme il y a eu Etats-Unis-Union soviétique dans les années 60-70. On a aujourd'hui ce match Etats-Unis-Chine. Et pour nous, Européens, il est absolument clé que nous soyons présents dans ce match. Vous voyez que le vol habité fait son retour. Et là, il y a évidemment une grande question qui est posée aux Européens. Est-ce qu'un jour, nous aussi, nous allons faire du vol habité ? Est-ce qu'un jour, il y aura un décollage d'un astronaute depuis la Guyane ? Je pense que c'est possible.

6:52
Présentateur

Est-ce que c'est un rêve ? Ou une réalité concrète ? Et à quel horizon ?

6:57
Locuteur non identifié

Eh bien, je pense que ce qui était un rêve va finir par devenir une réalité. Parce que le vol habité est en train de s'imposer partout. Les Indiens vont aussi aller vers le vol habité. Et je sens une sensibilité croissante de nos agences pour cette thématique. Il y aura l'année prochaine un grand sommet spatial qui sera organisé par l'Agence Spatiale Européenne. Et je souhaiterais qu'on puisse parler de vol habité à cette occasion.

7:23
Présentateur

Stéphane Israël, merci. Le président exécutif d'Ariane Espace, invité éco de France Info. VivaTech, le forum des start-up, continue à Paris avec France Info jusqu'à samedi. Sous-titrage ST' 501