Plan santé de Bayrou : Le gouvernement annonce ses mesures d’économies
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Hier donc la ministre de la santé Catherine Vrain a détaillé le plan de François Baou pour faire des économie sur la santé demandant et confirmant aux patients de se responsabiliser un plan d'économie de 5 milliards pour les dépenses de santé. Bonjour Sébastien Guérard. Bonjour.
Merci d'être avec nous. Vous êtes président de l'Union nationale des professionnels de la santé. J'aimerais vous faire réagir déjà à cette déclaration hein dans dans cette interview donné au monde hier.
Il faut arrêter avec cette idée que l'assurance maladie c'est gratuit. J'y ai droit. Martel la ministre, comment vous réagissez à ces propos ?
C'est probablement un des propos avec lesquels je suis le plus en phase avec un ministre et j'entends cette notion de responsabilisation du patient auquel elle l'appelle. Responsabilisé. Oui, culpabilisé.
Non. Euh j'ai le sentiment aujourd'hui qu'on paye quand même euh des choix politiques antérieurs euh imposés hein par le les gouvernements précédents voulant amener un tir payant généralisé pour permettre un meilleur accès possible aux soins. Et ce qu'on peut constater sur le terrain, c'est que ça fonctionne.
En revanche, effectivement, derrière, il y a des effets de bord et parmi ces effets de bord, bah euh un patient qui ne voit plus ce que coûte le soin et qui n'a plus conscience de ce que ça pèse dans dans dans la dépense et donc qui considère ça comme un droit, comme un acquis et qui aujourd'hui tombe dans une forme de consumérisme. Euh là où on peut on peut rentrer un petit peu dans le détail des annonces qui ont été faites notamment avec ces franchises médicalisées, le doublement du plafond des franchises médicales he c'est ça à 100 € par an. Oui.
Euh pour pour moi c'est c'est une mesure qui n'a pas de sens. On voit bien que les franchises existent déjà. Elles n'ont absolument en rien responsabilisé et réouvert les yeux sur le patient sur le coût réel de ses soins.
Euh ce qui est d'autant plus affligeant dans les mesures qui ont été annoncées hier par la ministre, c'est qu'elle souhaite que ce soit les professionnels eux-mêmes qui récupèrent au comptoir. C'est comme ça qu'elle l'a annoncé. Donc on se dit que ça va plutôt être pour nos copains pharmaciens mais mais je pense que l'ensemble des professionnels de santé vont être mobilisés sur ce sujet euh de de récupérer cette nouvelle contribution.
Ce qui ce qui veut dire quoi concrètement honnêtement pour les gens qui nous écoutent qui comprennent pas très très bien ces histoires de comptoir de reste à charge Sébastien Guérard ? Qu'est-ce qui changerait en fait ? Ben écoutaujourd'hui l'assurance maladie a du mal à récupérer euh ses franchises médicales pour la puré et simple raison que beaucoup de patients sont en LD donc ont une prise en charge à 100 % et donc ne font jamais d'avance de frais.
Donc l'assurance maladie n'est pas en capacité d'aller récupérer ses franchises médicales. Donc aujourd'hui, la ministre nous annonce qu'elle double le plafond de la de la franchise, donc elle va passer de 50 à 100 €. Elle nous explique qu'elle veut mensualiser le plafond pour protéger les plus démunis à 8 € mais demande aussi au professionnels de santé d'aller récupérer cet argent.
Or nous nous nomes pas collecteurs de données publiques. Donc les professionnels de santé sont farouchement opposés à ce que la ministre met sur la table. Ouais.
Alors, parmi les autres mesures annoncées pour faire des économies, Sébastien Guérard, les arrêts maladies selon le gouvernement, il y aurait des dérives et des abus. Alors là, est-ce que vous validez ou c'est la culpabilisation ? La question, elle est trop complexe pour qu'on y réponde de façon binaire comme ça.
En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il y a un dérapage avec une augmentation des des de la consommation enité journalière. Ça c'est très factuel. Ce qu'on sait aussi, c'est que plus de tiers de ces arrêts de travail sont des arrêts de travail longs.
Euh donc aujourd'hui, la question qui doit être posée, c'est euh comment on contrôle et comment on s'assure que ces patients en arrêt pour des arrêts de travail longs soient bien justifiés. Et ensuite, en ce qui concerne les arrêts de travail court, moi ce que je note, c'est l'absence de courage politique de la mesure puisque la ministre propose une mesure qui consiste à augmenter le délai de carence qui aujourd'hui est de 4 jours et de l'étendre à 7 jours. Je pense que c'est une excellente idée pour diminuer le nombre d'arrêts de travail court et responsabiliser en part en partie le patient. en revanche, faire porter la mesure financièrement et c'est en ça que je trouve qu'elle n'est pas assumée à l'employeur et de mon point de vue une erreur monumentale puisque c'est l'entreprise qui va supporter cette charge financière sans responsabiliser l'usager et surtout qui va évidemment tendre les relations employeurs employés et fragiliser les usagers qui sont dans une situation d'emploi précaire ou déjà dans une situation de fragilité.
H ouais. Une chose importante que la ministre pointe du doigt par contre sur ce sujet-là et et que je salue, c'est qu'elle elle relève que 28 % des personnes en arrêt de travail souffrant de trouble musculétique n'ont pas de soin de kinésithérapie. Là pour le coup, je salue complètement cette prise de conscience et je vais même plus loin puisque 85 % des patients qui sont en maladie professionnelle le sont du fait d'un trouble musculosquelettique.
Mais dans le même temps, alors que les kinésithérapeutes revendiquent depuis près de 20 ans un accès direct pour ces patients, le gouvernement ne suit pas et n'assure pas les mesures qui doivent pousser dans ce sens. Et dans le même temps, le gouvernement a exclu sur les différentes opérations qui consistent à permettre aux usagers d'avoir des bilans aux acheté de la vie. On pas incorporer les kinésithérapeutes à ces à ces Ouais.
Message bien compris. Responsabilisé, d'accord. Culpabilisé, non.
Merci beaucoup Sébastien Guérard d'avoir été avec nous, président de l'Union nationale des professionnels de la santé.
François Bayrou